‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 73 sur 107 · P A R A T H V ROIDES · texte numérisé non relu

P A R A T H V ROIDES

Iules épithéliales s’atténue et disparaît (Tourneux). Au sixième mois, le corpuscule épithélial est manifestement fragmenté en un certain nombre de cordons cellulaires, que séparent de minces cloisons conjonctives. Plus tard, il se fusionne, comme la thyroïde latérale elle-même, avec les lobes latéraux de la thyroïde médiane.

La troisième poche endodermique donne naissance, elle aussi, à deux formations épithéliales (fig. 855) : l’une tubuleuse (6), développée sur la paroi ventrale de la poche, c'est

Y ébauche du thymus ; l’autre, globuleuse (7), développée sur la paroi postérieure , c’est

Y ébauche de la parathyroïde externe ou glandule thymique. Lorsque les cordons thymiques se sont séparés de la paroi du pharynx pour se déplacer en bas et en dedans, les glandules thymiques, s’étant déplacées dans le même sens, se trouvent situées (fig. 856,5) chacune à l’extrémité supérieure du cordon thymique correspondant. Les glandules thymiques sont situées, tout d’abord, sur un point plus élevé que celui qu’occupent les glandules thyroïdiennes. Mais, bientôt, par suite de leur migration en bas, elles leur deviennent inférieures et viennent s’accoler, comme nous le montre nettement la figure 856, à la partie postéro-inférieure des lobes latéraux de la thyroïde, situation qu’elles conserveront désormais : le corps du thymus, poursuivant son déplacement, viendra s’abriter dans la cavité thoracique ; les glandules thymiques, elles, resteront à côté de la thyroïde.

Au total, les parathyroïdes sont des dérivés branchiaux. La parathyroïde interne ( glandule thyroïdienne ) provient de la paroi dorsale de la quatrième poche endodermique, la thyroïde latérale naissant de la paroi ventrale de cette même poche. La parathyroïde externe ( glandule thymique ) émane de la paroi dorsale de la troisième poche endodermique, le thymus tirant son origine de la paroi ventrale de cette même poche.

Fig. 855.

Figure schématique montrant l’origine des dérivés branchiaux, chez l’embryon humain : la paroi du pharynx est vue par sa (ace antérieure (d’après Tourneux).

I. II, première et deuxième poches endodermiques. — 1, tubercule impair de la langue. — 2, trajet du cordon thvréo-glpsse. — 3, thyroïde médiane. — 4, tube laryngo-trachéal. — 5, œsophage. — G. thymus. — 7, glandule thymique ou parathyroïde externe. — 8, thyroïde latérale. — 9, glandule thyroïdienne ou parathyroïde interne.

4° Signification physiologique. — Nous avons vu plus haut que les cellules parathyroïdiennes élaboraient au sein de leur protoplasma, en vertu de l’activité qui leur est propre, des granulations très variables de forme et de dimensions. Mais ces granulations, produits de l’activité cellulaire, sont encore et surtout variables par leur nature et leurs propriétés Les divers procédés d’analyse dont nous disposons nous ont permis de recon

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV. 6e ÉDIT.

f'ig. 836.

Reconstruction frontale des dérivés branchiaux avec les vaisseaux sanguins sur un fœtus humain de 29 mill. (d’après Tourneux et Verdun).

1, thymus. — 2, 2, vésicules thymiques. — 3, thyroïde. — 4, pyramide de Lalouette. —

5, glandule thymique (parathyroïde externe). —

6, glandute thyroïdienne (parathyroïde interne . — 7, grain thymique externe.

GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE

naître dans le matériel de sécrétion parathyroïdien : 1° de la substance colloïde, en tout semblable à celle que sécrète la thyroïde ; 2° des graisses, soit à l’état de graisses neutres, soit à l’état de lécithines; 3Û des lipoïdes, soit associés aux graisses, soit à l’état d’isolement. On rencontre encore dans les cellules épithéliales des cordons parathyroïdiens, à titre de produits accessoires, du glycogène et du pigment.

Ces divers produits de sécrétion du protoplasma cellulaire s’échappent à un moment donné de la cellule où ils ont pris naissance : c’est la période d'excrétion. Les uns passent directement dans les capillaires voisins. Les autres, comme nous le montre nettement la figure ci-contre (fig. 857, 3), se déversent dans le tissu conjonctif interstitiel, gagnent les espaces lymphatiques plus ou moins élargis qui se disposent le long des cordons épithéliaux et, de là, les canaux lymphatiques vrais.

Rappelons, en passant, qu’une certaine quantité du produit parathyroïdien se collecte dans des espaces intercellulaires (cavités tubuleuses et follicules). Mais il ne reste là qu’un certain temps : en définitive, il passe toujours, soit dans les capillaires sanguins, soit dans les lymphatiques.

5° Annexes des parathyroïdes. — Aux parathyroïdes se trouvent annexés dans bien des cas, mais non toujours : 1° des corpuscules, présentant la même structure que le thymus, ce sont les nodules thymiques ; 2° une ou plusieurs cavités de forme vésiculeuse, dites vésicules ciliées.

A. Nodules thymiques. — Les nodules thymiques ( lobules thymiques ou grains thymiques de certains auteurs) sont surtout très développés chez le chat, où ils ont été bien étudiés par Kohn et par Verdun. Ils se rencontrent aussi chez l’homme, mais ils y sont beaucoup plus rares.

a. Situation et rapports. — En nombre égal à celui des parathyroïdes, les nodules thymiques se distinguent, comme ces dernières, en internes et externes. — Les nodules thymiques internes, annexés aux parathyroïdes internes, sont constants, mais dans des situations variables. Tantôt, ils sont inclus dans l’épaisseur même de la thyroïde, sur le côté interne de la parathyroïde correspondante. Tantôt, s’extériorisant, ils viennent se placer contre la face interne de la thyroïde, entre cette face et le conduit laryngo-trachéal. — Les nodules thymiques externes (fig. 856, 7), annexés aux parathyroïdes externes, manquent assez souvent. Verdun ne les a rencontrés que dans les 2/5 des cas examinés. Ils se trouvent situés à la partie postérieure des lobes latéraux, présentant des relations topographiques plus

Fig. 857.

Coupe de la parathyroïde chez le cheval (d’après Bobeak).

1,1, cellules épithéliales fondamentales. — 2. tissu conjonctif interstitiel. — 3, une grosse cellule, entièrement granuleuse, écarte les cellules de l’extrémité d’un cordon pour déverser son produit dans le tissu conjonctif. — 4, un vaisseau, coupé en long.

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