‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 82 sur 107 · GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE INCORPORÉES AUX GLANDES SEXUELLES · texte numérisé non relu

GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE INCORPORÉES AUX GLANDES SEXUELLES

Des glandes à sécrétion interne, de découverte relativement récente, se développent, chacune avec une fonction spéciale, dans l’épaisseur des glandes sexuelles. Chez l’homme, nous avons la glande interstitielle du testicule. La femme, de son côté, nous présente la glande interstitielle de l’ovaire et le corps jaune .

§ I. — Glande interstitielle du, testicule

La charpente conjonctive du testicule, en dehors des éléments conjonctifs et des vaisseaux que l’on trouve dans toutes les formations conjonctives, nous présente des cellules spéciales que l’on désigne sous le nom de cellules interstitielles. Elles constituent, dans leur ensemble la glande interstitielle du testicule , la glande diastématique (de SiaaTv^a, interstice ) d’ANCEL et Bouin.

1° Disposition des cellules interstitielles. — Découvertes par Leydig en 1850, les cellules interstitielles du testicule se rencontrent dans les travées et trabécules con jonctives du lobule spermatique, de préférence dans les interstices anguleux des canalicules séminifères.Mais on.les rencontre encore (fig. 952), quoique moins nombreuses, dans les septula, dans le corps dTIighmore et jusque dans les couches les plus externes

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de l’albuginée.

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Elles sont parfois isolées, mais le fait est rare.

Le plus souvent, elles sont groupées en nombre plus ou moins considérable, soit sous forme d’amas globuleux, soit, sous forme de cordons.

Les cellules interstitielles présentent des rapports intimes avec les vaisseaux ( cellules périvasculaires de Waldeyer). On les voit, sur les coupes, se disposer tout autour des capillaires, formant à ceux-ci comme une sorte de couronne.

Coupe transversale du testicule du chien (d’après Ganpini).

1, albuginée. — 2, 2, tubes sémiQifères. — 3, cellules interstitielles, situées dans l’épaisseur de l’albuginée. — 4, autres cellules interstitielles, occupant les cloisons conjonctives qui séparent les uns des autres les tubes séminifères.

GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE

2° Caractères microscopiques. — Envisagées isolément, les cellules interstitielles du testicule (fig. 952 et 953) sont volumineuses, mesurant de 40 à 60 p. . Elles sont.

Fig. 953.

Cellules interstitielles du testicule du porc (d’après Ancel et Boujn).

suivant les cas, arrondies, ovalaires, irrégulièrement polygonales par pression réciproque.

Histologiquement, elles nous présentent, avec un protoplasma fortement granuleux, un gros noyau, arrondi ou ovalaire, se plaçant de préférence, non pas au centre, mais sur un des cô-

1, endoplasma. — 2, ectoplasma. — 3. grains de sécrétion. — 4, noyau. — 5, un groupe de trois cellules, dont le noyau n’a pas été intéressé par la coupe.

nous présente les produits de sécrétion les plus variés. Nous

tés de la cellule.

Le protoplasma y notons, en effet :

1° de nombreuses granulations, les unes acidophiles, les autres basophiles; 2Ü des grains de pigment, augmentant avec l’âge; 3° des granulations graisseuses, se colorant en noir sous l’influence de l’acide osmique ; 4° des vésicules d’une autre substance analogue à la graisse, se colorant en bleu par la méthode de Weigert; 5° des cristalloïdes (fig. 954) se disposant en forme de bâtonnets, droits ou plus ou moins incurvés, de dimensions diverses.

Les cellules interstitielles existent chez tous les mammifères, particulièrement abondantes chez le cheval, l’âne, le verrat, etc., relativement rares chez les rongeurs (lapin et cobaye), chez le taureau et chez l’homme. Elles offrent partout des caractères communs, mais avec des différences spécifiques assez prononcées.

Chez le cheval, notamment, Ancel et Bouin distinguent trois sortes de cellules interstitielles, différant les unes' des autreê par de nombreux caractères :

a) Les premières caractérisent le testicule fœtal. Ce sont des éléments très volumineux, extrêmement abondants, constituant la masse principale de l’organe. Elles augmentent considérablement de nombre pendant toute la première partie de la vie fœtale, aux dépens des éléments conjonctifs et des globules blancs émigrés des vaisseaux par diapédèse et disposés autour des tubes séminifères. Ces premières cellules disparaissent à la fin de la vie intra-utérine.

pi Les secondes caractérisent le testicule jeune ou impubère ; elles apparaissent, en effet, pendant que s’effectue la dégénérescence des premières et persistent jusqu’à l’établissement de la spermatogenèse. Ce sont des éléments fortement granuleux, isolés ou ramassés en îlo> s de trois ou quatre cellules et dont les granulations sont constituées par une substance grasse, pigmentée, normalement colorée en jaune (lipochrome). C'est pourquoi les auteurs les désigrn nt sous le nom de cellules à granulations xanthochromes (de HavGoç, jaune et couleur).

c) Les troisièmes se développent au moment où la spermatogenèse s'établit dans les tubes séminifères. Files se différencient aux dépens des cellules conjonctives intertu bub ires et aux dépens des globules blancs amassés en îlots ou follicules dans certaines régions de l'organe et pendant le stadé antérieur. Ce sont des éléments très volumineux, à noyaux excentriques, dont lé cytoplasme céntral se chargé de granulations pigmentaires, fandié qu’à la périphérie s’amassent les produits de sécrétion.

Fig. 954.

Deux cellules interstitielles du testicule de l’homme, renfermant des cristalloïdes protéiques ( d’après Tourneux).

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