Hertwig
1, lame externe de la cupule optique. — 2, lame interne. — 3, cavité du pédicule optique . — 4, cristallin, — 5, fente choroïdienne.
Le nerf optique est formé par le pédicule de la vésicule optique. La formation de la fente choroïdienne et son prolongement sur le pédicule optique font que la paroi inférieure du pédicule se continue directement avec le feuillet rétinien de la cupule optique, comme le montre la figure 1022.
Dans la gouttière du pédicule prennent place du tissu conjonctif et un vaisseau ; la gouttière se referme, le vaisseau englobé par elle devient l’artère centrale de la rétine. Les parois du pédicule s’épaississent, leurs cellules prolifèrent et forment une masse cellulaire qui fournit le tissu de soutien du nerf. Les fibres nerveuses proviennent en majeure partie de la rétine, elles sont constituées par les cylindraxes des cellules ganglionnaires ; cependant un certain nombre d’entre elles, fibres centrifuges de R. -Y. Gajal, viennent du cerveau.
4° Corps vitré. — Le tissu mésodermique qui pénètre dans la cupule optique fournit d’un part le corps vitré, d’autre part des vaisseaux qui forment la majeure partie de la membrane vasculaire du cristallin.
Le corps vitré était jusqu’ici considéré comme une forme spéciale du tissu con-
ORGANES DÉRIVÉS DE L’ECTODERME
nectif dont la substance fondamentale, extrêmement abondante et très riche en eau, ne renferme que quelques rares leucocytes. Dans ces dernières années plusieurs auteurs, à la suite de Tornatola l’ont considéré comme une production de la rétine, et par suite, comme d’origine ectodermique.
Les vaisseaux situés dans la cupule optique y arrivent par plusieurs voies. L’un deux, le plus important peut-être, est l’artère hyaloïdienne, prolongement de l’artère centrale de la rétine, qui traverse le corps vitré dans le canal de Cloquet et vient s’épanouir sur la face postérieure du cristallin. Les autres sont des anses vasculaires qui pénètrent soit par la fente choroïdienne, soit par la fente circulaire qui règne entre le bord antérieur de la cupule optique et le cristallin. Ces derniers sont en rapport étroit avec l’iris. Tous ces vaisseaux forment un lacis serré autour du cristallin, membrane vasculaire péricristallinienne, et contribuent puissamment à sa nutrition. La portion antérieure de la membrane vasculaire du cristallin, placée au niveau de la pupille et plus ou moins reliée à l’iris (par les vaisseaux signalés ci-dessus), a reçu le nom de membrane pupillaire (fig. 1021, 13). La couche vasculaire qui enveloppe le cristallin se résorbe et disparaît d’habitude avant la naissance, la membrane pupillaire peut cependant persister [atrésie cle la pupille ).
5° Enveloppes de la cupule optique. — On comprend, sous le nom d’enveloppes de la cupule optique, la cornée transparente, la sclérotique et la choroïde.
a. Cornée transparente. — La cornée n'est pas autre chose, au point de vue morphologique, que la portion de la peau (épiderme et derme) qui est située audevant du cristallin.
Chez les Mammifères, lorsque le cristallin s’est séparé de l’ectoderme, il s’interpose entre eux une couche de mésoderme qui comble l’intervalle qui les séparait, et se continue d’une part avec le mésoderme qui enveloppe la cupule optique, d’autre part avec celui qui va former le derme de la tête. A un moment donné une fente se produit au sein de cette lame mésodermique qui se divise en deux parties, l’une postérieure très mince, située au-dbvant du cristallin, contribue à former l’iris et la membrane pupillaire, l’autre antérieure plus épaisse forme le tissu conjonctif de la cornée avec toutes ses différenciations. La fente ainsi produite devient la chambre antérieure primitive de l’œil. Elle est divisée plus tard par l’iris en chambre antérieure et chambre postérieure L’épithélium qui tapisse les faces antérieure (cornéenne) et postérieure (irienne) de la chambre antérieure est formé par des cellules mésodermiques.
b. Choroïde, sclérotique . — Ces deux membranes, ainsi que la partie mésodermique de l’iris, sont produites par de simples différenciations histologiques du tissu connectif embryonnaire qui enveloppe la cupule optique.
L’histogenèse de la choroïde ‘ est peu connue ; toutefois on distingue de très bonne heure sa couche vasculaire (chorio-capillaire) , qui apparaît sous la forme d’une lame mince constituée par des éléments mésenchymateux et par un grand nombre de vaisseaux. Cette couche forme autour de la cupule optique un lacis vasculaire continu avec celui qui enveloppe le cristallin au début.
L’iris apparaît sous la forme d’un anneau mésodermique situé au-devant du bord antérieur de la choroïde. Il est doublé en arrière par l’épithélium de la pars ciliaris’ retinæ. La couche externe de ce dernier, appliquée contre le mésoderme irien, engendre le muscle dilatateur de la pupille (Grynfeltt 1898, Heerfordt, 1899), ses noyaux entourés de pigment forment avec la couche interne également pigmentée la lame connue sous le nom d’uvée. Le sphincter pupillaire dériverait aussi (Nussbaum, Collin) de l’épithélium postérieur de l’iris. Les procès ciliaires apparaissent vers le troisième mois sous la forme de replis rayonnants, constitués par une lame mésenchymateuse axiale revêtue par l’épithélium de la partie ciliaire de la rétine.
La zone de Zinn se rattache aux procès ciliaires : à l’époque de la naissance (Lapin) ces derniers sont appliqués sur l’équateur du cristallin; ils s’en écartent au fur et à mesure que l’œil s’accroît mais ils lui restent unis par une substance
EMBRYOLOGIE
réfringente qu’ils ont secrétée, et qui, étirée en fibres, forme la zone de Zinn (Damianoff, 1900).
La sclérotique apparaît comme une condensation du tissu mésodermique qui enveloppe la cupule optique. Elle est pendant longtemps assez mal délimitée d’avec le mésoderme qui entoure l’œil. A la fin de la période fœtale elle est encore très mince au voisinage de la cornée et autour du nerf optique.
6° Annexes de l’œil. — Parmi les annexes de l’œil, nous décrirons seulement les paupières, la glande lacrymale et les voies lacrymales.
a. Paupières. — Les paupières sont deux replis de la peau comprenant une lame mésodermique centrale et un revêtement ectodermique sur leurs deux faces. La lame mésodermique engendre toutes les parties squelettiques (tarses), vasculaires, musculaires qui entrent dans la constitution des paupières. L’ectotoderme du bord libre engendre les glandes de Meibomius et les cils, suivant un mode très voisin de celui qui est employé pour la formation des glandes sébacées et des poils à la surface de la peau. Sur la face postérieure des paupières l’ectoderme prend des caractères particuliers et constitue l’épithélium conjonclival. Les deux paupières apparaissent d’assez bonne heure, elles sont d’abord libres et très écartées l’une de l’autre, elles s’accroissent ensuite, et s’étant rapprochées l’une de l’autre, se soudent par leur bord libre (l’épithélium seul participe à la soudure), puis elles se séparent à nouveau.
b. Glande lacrymale. — La glande lacrymale se forme par bourgeonnement de l’épithélium conjonctival de l’angle externe de l’œil. Ses bourgeons, d’abord pleins, se ramifient un grand nombre de fois et se creusent ensuite.
c. Voies lacrymales. — Le canal lacrymal se forme au niveau du sillon lacrymal , étendu entre l’angle interne de l’œil et la cavité nasale, et situé entre le bourgeon maxillaire supérieur et le bourgeon nasal externe (fig. 1025). Il apparaît chez les Mammifères sous la forme d’un cordon épithélial plein, engendré par l’épithélium du fond du sillon, puis qui se sépare de ce dernier et se creuse ensuite d’une lumière (Bokn, Legal). Les points lacrymaux dépendent du cordon qui engendre le canal lacrymal.