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CHAPITRE PREMIER COLONNE VERTÉBRALE

La colonne vertébrale, que l'on désigne encore sous le nom de colonne racliidienne ou tout simplement de rachis, est une longue tige osseuse située sur la ligne médiane et à la partie postérieure du tronc, servant de gaine iDrotectrice à la moelle épinière et de point d'appui au plus grand nombre des viscères.

Cette colonne correspond successivement, en allant de haut en bas : 1° au cou; "2° au dos; 3° aux lombes; 4" au bassin. De là, sa division classicfue, mais purement artificielle, en cjuatre portions : In portion cervicale, portion dorsale, In portion lombaire, \dL portion pelvienne ow sacro-coccygienne.

La colonne vertébrale est essentiellement constituée par une série d'éléments osseux, discoïdes et régulièrement superposés, que l'on appelle des vertèbres. Les vertèbres sont, chez l'homme, au nombre de trente-truis ou trente-quatre, ainsi réparties : sept pour la portion cervicale [vertèbres cervicales) ; douze pour la portion dorsale [vertèbres dorsales) ; cinq pour la poiiion lombaire (vertèbres lombaires) ; neuf ou dix pour la portion pelvienne (vertèbres sacrées et vertèbres coccygiennes).

Les vertèbres cervicales restent libres et indépendantes. Il en est de même des vertèbres dorsales et lombaires. Ouant aux vertèbres sacro-coccygiennés, elles sont considérablement modifiées dans leur forme extérieure et, perdant même leur individualité, elles se soudent plus ou moins enlre elles, de manière à constituer deux os qui méritent une description spéciale, le sacrum et le coccyx. Nous étudierons successivement dans trois articles distincts : 1° Les vertèbres cervicales, dorsales et lombaires ; 2* Les vertèbres sacrées et coccygiennes ; 3° La colomie vertébrale considérée dans son ensemble.

ARTICLE PREMIEI!

VERTÈBRES CERVICALES, DORS.VLES ET L(JMBAIUEjS

(VRAIES VERTÈBHES de quelques auteurs)

(Conformées sur le même type, les vertèbres, quelle que soit la région à laquelle elles appartiennent, présentent des caractères généraux, qin permettent toujours de les reconnaître entre les différentes pièces du squelette. En outre, dans chacune des trois régions cervicale, dorsale et lombaire, les vertèbres possèdent des carac-

OSTÉOLOGIE

tàres particuliers, qui permettent de les distinguer des vertèbres des régions voisines. Enfin, dans chaque région, il est quelques vertèbres qui, quoique réductibles au type commun, revêtent des caractères spéciaux, que l'on peut appeler caractères individuels.

Caractères communs a toutes les vertèbres

Toute vertèbre présente essentiellement : \° une masse compacte, formant sa partie antérieure et appelée corps vertébral; 2° un trou ou plutôt un canal, placé immédiatement en arrière du corps, le trou ou canal vertébral; 3° un prolongement médian, V apophyse épineuse, placé en arrière du trou; 4° deux prolongements latéraux à direction transversale, les apophyses transverses; 5° quatre autres prolongements, deux de chaque côté, à direction plus ou moins verticale, les apophyses articulaires; 6° deux portions élargies ou lames, étendues des apophyses épineuses aux apophyses articulaires ; 7° enfin, deux portions amincies ou pédicules, réunissant le corps vertébral à tout ou partie de la masse apophysaire.

1° Corps de la vertèbre. — Le corps est la partie la plus volumineuse de la vertèbre, celle qui concourt à donner à la colonne vertébrale sa solidité et sa résistance. Il affecte la forme d'un cylindre et, par conséquent, nous offre à considérer

Vertèbre dorsale, vue supérieure.

I, corps. — 2, trou. — 3, apopinse épineuse. — 4, 4', apoi)liyses transverses, avec leur facétie articulaire pour la tubérosité de la cote correspondante. — .5, apoplijses articulaires supérieures. — 6, lame. — 7, pédicule. — 8, demi-facette articulaire .supérieure pour la tète des côtes. — 9, saillie latérale, déterminée par la demi-facette articulaire inférieure.

Fig. 43.

Vertèbre dorsale, vue latérale gauche.

I. corps. — 2, 2, demi-facettes articulaires supérieure et inférieure, pour la tète des côtes. — :i, apophyse transverse. — 4, facette articulaire pour la tubérosité des eûtes. — 5, apophyse éjiineuse. — fi, apophyse articulaire supérieure. — 7, apophyse articulaire inférieure. — S, pédicule, avec 8', son échancrure supérieure et 8", son échancrure inférieure.

deux bases ou faces et une circonférence. — Les deux faces sont horizontales et se distinguent en face supérieure et en face inférieure. L'une et l'autre présentent à leur centre une surface criblée de petits trous, que circonscrit une zone annulaire légèrement en saille et formée de tissu compacte. — La circonférence, excavée dans le sens vertical en avant et sur les côtés, présente ainsi une gouttière horizontale, dirigée d'un côté à l'autre. En arrière, elle est plane ou même excavée dans le sens transversal, pour constituer la paroi antérieure du trou vertébral. On y remarque à sa partie moyenne une série d'orifices, très variables en nombre et

COLONNE VERTÉBRALE

en dimensions : ils sont destinés à livrer passage aux canaux veineux, qui amènent dans les veines longitudinales du rachis le sang veineux du corps de la vertèbre.

2° Trou vertébral. — Compris entre la face postérieure du corps vertébral et l'apophyse épineuse, le trou vertébral affecte la configui-ation d'un triangle, que ses angles plus ou moins arrondis tendent à ramener à la forme ciixulaire. Les trous vertébraux, en se superposant, constituent dans leur ensemble un long canal, le canal rachidien, dans lequel se logent la moelle épinière et ses annexes.

3" Apophyse épineuse. — Placée sur la ligne médiane comme le corps, l'apophyse épineuse se dirige directement en arrière sous la forme d'une longue épine, d'où le nom qui lui a été donné. On lui distingue : 1° une base, qui la 1-attache à la vertèbre ; un sommet, parfois légèrement dévié de la ligne médiane, qui vient se mettre en rapport avec la peau ; 3" deux faces latérales, l'une droite, l'autre gauche, en rapport avec les muscles spinaux ; 4° un bord supérieur , plus ou moins tranchant ; 5° un bord inférieur, généralement plus épais cpie le précédent et aussi beaucoup plus court.

4" Apophyses transverses. — Au nombre de deux, l'une gauche et l'aulrc droite, les apophyses transverses se dirigent transversalement en dehors, comme leur nom l'indique. Comme les apophyses épineuses, chaque apophyse Iransverse possède : 1" une base, qui la soude à la vertèbre ; 2" un sommet, qui est libre; 3° deux faces, l'une antérieure et l'autre postérieure ; 4" deux bords, l'un supérieur et l'autre infé'rieur.

5° Apophyses articulaires. — Les apoph3'ses articulaires, ainsi appelées pai'ce qu'elles servent à l'arficulation des vertèbres entre elles, sont au nombre de quatre : deux supérieures ou ascendantes et deux inférieures ou descendantes. Placées symétriquement de chaque côté du trou vertébral, les unes et les autres débordent, soit en haut, soit en bas, le niveau de l'arc osseux qui limite cet orifice. Les apophyses articulaires supérieures s'articulent avec les apophyses articulaires inférieures de la vertèbre qui est au-dessus; et, vice vci'sa, les apophyses articulaires inférieures s'articulent avec les apophyses articulaires supérieures de la vertèbre qui est placée immédiatement au-dessous.

6* Lames vertébrales. — - Les lames vertébrales sont au nombre de deux, l'une droite, l'autre gauche. Aplaties et qua(h'ilatères, elles constituent la plus grande partie de la paroi postéro-latérale du trou rachidien. En raison de sa configuration, on distingue ù chaque lame : une face antérieure , qui regarde la moelle ; une face postérieure , que recouvrent les muscles spinaux ; deux bords, l'un supérieur, l'autre inférieur; une extrémité interne, qui se confond avec la base de l'apophyse épineuse ; une extrémité externe, enlin, qui se soude soit avec l'apophyse transverse, soit avec les apophyses articulaires. Au point de vue de leur direction,, les lames vertébrales ne sont pas verticales, mais légèrement obliques en bas et en arrière. 11 résulte, on le conçoit, d'une pareille disposition : 1" que, pour chaque

YerlèLre dorsale, vue postérieure.

1, coqis. — 2, trou. — 3, apoiilijse i\nncusc. — 4, apoplijse (ransvcrse. — 5, apojilijse articulaire supérieure. — 6, lame.

OSTÉOLOGIE

trou rachidien, la circonférence inférieure est plus grande que la circonférence supérieui^e ; 2° cjue, sur le squelette monté, chaque lame vertébrale déborde en ariière, par son bord inférieur, la lame vertébrale qui est immédiatement audessous et qui appartient à la vertèbi^e suivante.

7° Pédicules. — On désigne, sous ce nom, les deux portions osseuses minces et étroites qui, de chaque côté, réunissent la base de l'apophyse transverse et les deux apophyses ai^ticulaires correspondantes à la partie postérieure et latérale du corps vertébral. Les pédicules limitent ainsi, sur les côtés, le trou de la vertèbre. — Il est à remarquer que leurs deux bords ne sont pas rectilignes, mais décrivent deux courbes qui se regardent par leur convexité : relativement large à ses deux extr-émités, chaque pédicule présente donc son minimum de hauteur à sa partie moyenne et possède ainsi deux échancrures, l'une supérieure, l'autr-e inférieure. — Ces échancrures correspondent exactement aux échancrures similaires des vertèbres voisines. Elles circonscrivent ainsi, sur les côtés de la colonne vertébrale, une série régulière d'orifices, qui donnent entrée dans le canal rachidien et portent pour cette raison le nom de trous de coïijugaison. — Les trous de conjugaison sont au nombre de deux (l'un droit, l'autre gauche) pour chaque esi^ace intervertébral, et l'on peut définir chacun d'eux : l'orifice compris entre l'échancrure supérieure d'une vertèbre quelconque et l'échancrure inféineure de la vertèbre qui se trouve immédiatement au-dessus.

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