IL C.VRACTÈRES PROPRES AUX VERTÈBRES DE CHAQUE RÉGION
Une vertèbre cervicale présente des caractères propres qui la séparent très nettement d'une vertèbre dorsale ; unevertèbi^e lombaire diffère, de même, de l'une et de l'autre. Or, ce n'est pas seulement dans l'aspect général de la vertèbre qu'existent ces cai^actères différentiels. Nous les trouvons aussi dans chacune de ses parties constituantes, de telle façon qu'il est toujours possible, une de ces parties étant donnée, de reconnaître la région de la colonne vertébrale à laquelle elle appartient. La solution d'un pareil problème est le plus souvent facile ; la description suivante nous en fournit les éléments :
Invertébrés cervicales (fig. 45 et 46). — a. Corps vertébral. — Le corps vertébral, dans la vertèbre cervicale, est allongé dans le sens transversal : son diamètre frontal est presc[ue double de son diamètre antéro-postérieur ou sagittal. La gouttière horizontale, que nous avons décrite plus haut sur la circonférence, est effacée et remplacée même en avant, sur la ligne médiane, par une saillie verticale souvent très prononcée. Ce qui caractérise tout particulièrement le corps d'une vertèbre cervicale, c'est : 1° la présence, sur les deux extrémités latérales de sa face supérieure, de deux petites saillies à direction verticale, que l'on désigne sous le nom de crochets ou A' apophyses semi-lu7iaires ; 2° la présence, sur les deux extrémités latérales de la face inférieure, de deux échancrures, symétriquement placées, qui i^épondent, sur le squelette monté, aux apophyses semi-lunaires de la vertèbre située au-dessous. Nous reviendrons, en arthrologie, sur le mode d'union tout particulier de ces deux éléments osseux.
b. Trou vertébral. — Le trou vertébral est considérable et affecte une forme triangulaire. La base de ce triangle, correspondant au corps de la vei'tèbre, est beaucoup plus étendue que sa hauteur, laquelle est natui*ellement représentée par une ligne horizontale menée de l'apophyse épineuse sur le milieu de cette base.
COLONNE VERTÉBRALE
Cette hauteur varie, du reste, selon que l'on regarde le trou par sa face supérieure ou par sa face inférieure : elle est plus considérable dans ce dernier cas.
c. Apophyse épineuse. — L'apophyse épineuse est courte et peu inclinée. Son bord inférieur se creuse en une gouttière profonde et son sommet se bifurque de manière à former deux tubercules : ce sont des apophyses biliiberciUeuses.
d. Apophyses transverses. — Les ajDophyses transverses s'implantent sur les cotés du coips vert('bral. — Leur base est percée d'un trou, le trou tramversaire,
Vertèbre cervicale, vue d'en haut.
1, corps (face supérieure), avec 1', apophyses semilunaires. — 2, trou vertébral. — 3, apophy se épineuse. — 4. apophyses transvorses, avec : 4', leur tubercule antérieur ; 4 ", leur tubercule postérieur. — 5, trou transversaire, situé à la base de ces apophyses. — C, apopli;ses articulaires supérieures. — 7, apo|ih;ses articulaires inférieures. — S. lame. — 9, pédicule.
Fig. 4G.
Vertèbre cervicale, vue latérale.
i , corps. — 2, crochet de la face supérieure. — 3, échancrure latérale de la face inférieure. — 4, trou vertébral. — 5, apojihyse épineuse. — C, apophyse Iransverse et sa gouttière, avec : 6', tubercule antérieur ; 6". tubercule postérieur. — 7, trou transversaire. — 8, apophyse articulaire supérieure. — 9, apophyse articulaire inférieure. — 10, lame. — 11, écliancrurc inférieure.
destiné à livrer passage à l'artère vertébrale. — Leur sommet se termine par deux saillies ou tubeixules, généralement très distincts,, que l'on désigne, d'après leur situation, sous les noms de tubercule antérieur de tubercule postérieur . — Leur face supérieure, enfin, présente une gouttière transversale, la gouttière transversaire, où se loge le nerf rachidien à sa sortie du trou de conjugaison.
e. Apophyses articulaires. — Des quatre apophyses articulaires, les deux supérieures ont une facette qui l'egarde en arrière et en haut ; les facettes des apophyses inférieures, au contraire, regardent en avant et en bas. Du reste, de chaque côté, les deux apophyses articulaires sont exactement placées l'une au-dessus de l'autre, constituant pour ainsi dire, en arrière des apophyses transverses, une espèce de colonnette osseuse, aux deux extrémités de laquelle s'étalent les surfaces articulaires.
f. Lames. — Les lames sont régulièrement quadrilatères ; mais leur largeur l'emporte de beaucoup sur leur hauteur. Elles se dirigent obliquement en bas et en arrière et sur le squelette monté, s'imbriquent les unes les autres comme les Utiles d'un toit.
g. Pédicules. — Les iDédicules, situés en arrière des apophyses transverses, s'implantent sur le corps vertébral, en un point qui est un peu moins distant de sa face supérieure c|ue de sa face inférieure. En conséquence, les deux échancrures ne sont pas exactement égales : l'inférieure est un peu plus profonde que la supérieure.
2° Vertèbres dorsales (lîg. 47 et 48). — a. Corps vertébral. — Le corps vertébral, dans les vertèbres tiorsales, présente un diamètre transverse et un diamètre antéropostérieur, qui sont sensiblement égaux ; la gouttière horizontale de la circonf('rence est très développée; la face postérieure, en rapport avec le trou racliidien, est
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OSTÉOLOGIE
fortement excavée. Mais un caractère différentiel de premier ordre nous est fourni par la présence, sur les côtés du corps et dans le voisinage de l'extrémité antérieure du pédicule, de deux demi- facettes articulaires, l'une supérieure, l'autre inférieure (fig. 48, 2 et 2), destinées à recevoir la tête des côtes. Ces deux demifacettes, disons-le en passant, se rapprochent d'autant plus du pédicule qu'elles appartiennent à des vertèbres plus éloignées de la région cervicale.
b. Trou rachidien. — Le trou rachidien est relativement petit et affecte une disposition irrégulièrement circulaire.
c. Apophyses épineuses. — L'apophyse épineuse s'incline fortement en arrière, comme pour se rapprocher de la verticale. Elle est très longue, prismatique triangulaire et, de lîlus, elle n'est pas bifiirquée à son sommet, comme l'apophyse épineuse de la vertèbre cervicale.
d. Apophyses transverses. — Les apophyses transverses se détachent en arrière du pédicule. Elles présentent un sommet plus ou moins arrondi et, sur la l'ace
e. Apophyses articulaires — Les apophyses articulaires supérieures se dressent verticalement au-dessus de la base des apophyses transverses ; leurs facettes regardent en arrière et un peu en dehors ; entre les deux existe une forte échancrure, de forme triangulaire, dont le sommet plus ou moins arrondi correspond à l'origine de l'apophyse épineuse. Quant aux apophyses articulaires inférieures, elles n'existent pour ainsi dire pas, réduites qu'elles sont à de simples facettes articulaires, situées sur la face antérieure des lames ; ces dernières facettes sont à peine saillantes et regardent en avant et un peu en dedans.
f. Lames. — Les lames sont quadrilatères : leur diamètre tr'ansverse (largeur) et leur diamètre vertical (hauteur) sont à peu près égaux.
g. Pédicules. — Les pédicules réunissent ici le corps vertébral à la masse osseuse d'où s'échappent en divergeant les apophyses transverses et les apophyses articulaires — Ils sont échancrés sur leurs deux bords, mais Véchancrure infé-
Fig. 47.
Vertèbre dorsale, vue d'en haut.
Fig. 48.
Vertèbre dorsale, vue latéralement
1, corps. — 2, Irou. — 3, apophyse épineuse. —
4. 4, apopinses li-ansverses, avec leur facette articulaire pour la tuljérositû de la cùte correspondante. —
5, apophyses articulaires supérieures. — 0, lame. — 7, pédicule. — 8, denii-facetle articulaire supérieure pour la tôtc des cotes. — 9, saillie latérale, déterminée |)ar la demi-facette articulaire inférieure.
1, corps. — 2, 2, demi-facettes articulaires supérieure et inférieure pour la téle des côtes. — 3, apophyse transverse. — 4, facette articulaire pour la lubérosité des côtes. — 5, apophyse épineuse. — 6, apophyse articulaire supérieure. — 7, apophjse articulaire inférieure. — 8, pédicule, avec 8', son échancrure supérieure et 8", son échancrure inférieure.
COLONNE VERTÉBRALE
n'est pas rare de le voir remplacé par deux oritices, plus petits encore que celui qu'on rencontre ordinairement.
Notons enfin, à propos de la proéminence, que l'on rencontre parfuis sur la partie inférieure du corps vertébral, une toute petite facette articulaire, destinée à s'articuler avec la première cote.
5° Première vertèbre dorsale. — La première dorsale (fig. 61) est encore une vertèbre de transition : elle rappelle les vertèbres cervicales par ses apophyses articulaires, par son pédicule et avant tout par son corps, dont la face supérieure présente les deux crochets latéraux caractéristiques des vertèbres cervicales. Par tous les autres éléments, au contraire, elle se rapproche des vertèbres dorsales. On la reconnaîtra aisément à la présence, sur chaque face latérale du corps : 1° en haut, d'une facette entière pour la première côte (lîg. 6i,3) ; 2" en bas, d'un quart de facette seulement pour la deuxième côte (11g. 61, 4j, laquelle s'articule presque en totalité avec la vertèbre située au-dessous.
Fig. 61.
Première vertèbre dorsale, vue latérale.
I, cor|]S, — 2, 2, ses crochets Uil.c'r.uix. — 3, l'acelle arliculairc su|K''ricure pour la tête (Je la première colc. — 4, denu-l'acelle articulaire inférieure pour la deuxième C'">te. — 3, apoplijse épineuse — 0, apophyse arlieuiaire supérieure. — 7, ajiojih; se arliculaije inférieure.
Fig. 02.
Dixième vertèbre (lorsale. vue latérale.
1, corps. — i, deiiii-lafelle arliciilaii-e supérieure pour la l.éLe do la dixième cole. — .3, a|i0|ih;se transverse, avec 4, sa facette articulaire i^our la lubérosilé de la c"ite. — .'j, apophxse épineuse. — lî. apophyse articulaire supérieure. — 7, apophyse arlieuiaire inl'érieure.
6" Dixième vertèbre dorsale. — La dixième dorsale (fig. 62) se distingue des autres vertèbres de la ni ha î r<'gion en ce qu'elle ne présente qu'une seule demifacette, située à la joartie supérieui'e du corps et destinée à la dixième cùti\ La demi-facette inférieure fait défaut, la onzième cùte s'articulant exclusivement avec la onzième vertèbre dorsale.
1" Onzième et douzième vertèbres dorsales. — Ces deux verlèlu-es (fig. 03 et 64) se rapprochent déjà par leur aspect extérieur des vertèbivs lombaires. Elles sont essentiellement caractérisées : 1" par l'absence de facettes articulaires sur les apophyses transverses; 2° par la présence d'une facette unique sur les côtés du corps, pour la onzième et la douzième cote. Les deux côtes inférieurc's ou côtes flottantes, en effet, s'articulent exclusivement avec les corps vertébraux, et chacune d'elles ne contracte des rapports de contiguïté qu'avec une seule vertèbre, celle qui lui correspond numériquement.
D'autre parc, on distinguera facilement la douzième vertèbre dorsale de la onzième, en ce que les apophyses articidaires inférieures de cette vertM)re, identiques en cela avec les apophyses articulaires inierieures des vertèbres loiniiaii'es, sont convexes et regardent en dehors, celles des vertèlores doi'sales (Hiint ])lanes et regardant en avant.
La douzième vertèbre dorsale pourra encore se reconnaître à l'aspect de son
AN.\TOMIE IIUMAINK. — T. I, 4° ÉDIT. 10
OSTÉOLOGIE
apophj-se transverse. Cette apoplij-se, en effet, nous apparaît considérablement modifiée dans ses dimensions et dans sa constitution anatomique. Au lieu de former, à la partie externe de la vertèbre, cette longue saillie horizontale qui caractérise les vertèbres précédentes, elle est comme atrophiée et, en réalité, se trouve réduite à une soiie de tubercule plus ou moins saillant. D'autre part, elle nous présente à sa partie postérieure et externe deux petites saillies, qui ont exactement la
Fig. 60.
Onzième vertèbre dorsale, vue latérale.
1, coi'ps. — -. apophyse épineuse. — S, facelle articulaire pour la onzième cote. — 4, tubercule niamillairc. — o, facelle articulaire inférieure. — 6, ajjopliyse Iransverse .
Fig. 64.
Douzième vertèbre dorsale, vue latérale.
I. corps. — 2, apophyse épineuse. — 3, facétie articulaire pour la léte de la douzième c')te. — 4. apophyse transierse, — 5, apophyse articulaire supérieure. — 0. apophyse articulaire inférieure.
même valeur que les deux tubercules mamillaire et accessoire que nous avons déjà décrits plus haut (p. 65) sur les vertèbres lombaires. Nous ajouterons, en terminant, que, sur certains sujets, l'atrophie de l'apophyse transverse est déjà très accusée sur la onzième vertèbre dorsale, auquel cas le caractèi'e distinctif que nous Amenons de signaler est peu important ou même nul.
8'-' Cinquième vertèbre lombaire. — La face inférieure du corps X/ertébral, perdant tout parallélisme avec la face supéi'ieui^e, qui est horizontale, est fortement oblique d'arrière en avant et de haut en bas ; la hauteur du corps vertébral est donc beaucoup plus considérable en avant qu'en arrière. De plus, les apophy&es. articulaires inférieures sont redevenues planes et se ti'ouvent plus écartées l'une de l'autre que les apophyses articulaires inférieures des vertèbres situées au-dessus.
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