MUS
1, radius. ■ — 2, cubitus, avec 2", son apopllyse stvioïde. — 3. scaplioïde. — 'V, senii-iunairc. — 5, pyramidal. — 6, ôs intermédiaire de Tavant-bras. — 7, ébauctie du lii^'ament ti-ianj,^ulaii'e. — 8,8', futures cavités articulaires.
avons attribué plus haut de compléter
3" Moyens d'union.
triangulaire, en s'insérant par l'une de ses extrémités au radius et par l'autre au cubitus, contribue puissamment à unir l'une à l'autre ces deux pièces squelettiques. Il joint ainsi, au rôle que nous lui la cavité de réception de la tète cubitale^
celui, non moins important, de maintenir en présence les deux surfaces articulaires : c'est le ligament interosseux de la plupart des auteurs classiques.
Outre ce ligament interosseux, l'articulation radio-cubitale inférieure nous présente une capsule fibreuse, qui s'insère : 1° dehors, sur le rebord supérieur de la cavité sigmoïde du radius; 2° en dedans, sur le rebord supérieur de la facette articulaire de la tête du cubitus; 3° en avant et en arrière, sur les bords antérieur et postérieur du ligament triangulaire, où elle se confond avec la capsule fibreuse de l'articulation i^adio-carpienne.
Cette capsule fibreuse radio-cubitale inférieure, lâche à sa partie supérieure, est renforcée, en avant et en arrière, par deux ligaments, qui vont l'un et l'autre du radius au cubitus et qu'on appelle, pour cette raison, ligaments radio-cubitaux. On les distingue en antérieur et postérieur. — Le ligament radio-cubital antérieur, assez mal diiférencié, est représenté (fig. 452,10) par quelques faisceaux transversaux ou obliques, irrégulièrement disséminés à la face antérieure de la capsule, qui s'insèrent, d'une part sur l'extrémité antérieure de la cavité sigmo'ide du radius, d'autre part sur la partie correspondante de la tète du cubitus. — Le ligament radio-cubital postérieur (fig. 455,4), analogue au précédent, s'étend transversalement de l'extrémité postérieure de la facette articulaire du radius à la partie postérieure de la tête du cubitus et de son apophyse styloïde.
4° Syno'viale. — La synoviale de l'articulation radio-cubitale inférieure est commune à la double articulation du radius avec la tète du cubitus et de celle-ci avec le ligament triangulaire. Elle est remarquable par son ampleur et sa laxité, condition anatomique essentiellement en rapport avec l'étendue des mouvements qu'accomplit le radius autour de la tète cubitale. Elle déborde constamment, en haut, le niveau des surfaces articulaires et envoie ainsi vers l'extrémité inférieure de l'espace interosseux de l'avant-bras un prolongement en cul-de-sac de 5 ou 6. millimètres de hauteur (fig. 449,6j.
ARTICULATIONS RADIO-CURITALRS îiH
La synoviale radio-cubitale infe'rieure communique parfois (40 fois sur 100 environ) avec la synoviale du poignet par un orifice en forme de fente, qui se trouve creusé à la base du ligament triangulaire. Nous reviendrons sur cette communication dans le paragrapbe suivant, à propos de l'arliculalidii du poignet (voy. p. 518).
5'^ Rapports. — Les rapports de rarliculation radio-cubitale inférieure se confondent avec ceux de l'articulation du poignet. Nous les étudierons avec cette dernière articulation. Nous nous contenterons de rappeler ici que l'articulation radiocubitale inférieure répond : 1" en avant, au carré pronateur et, immédiatement au-dessus de ce muscle, au tendon du cubital antérieur, au nerf cubital, à l'artère cubitale flanquée de ses deux veines et, enfin, aux tendons internes des ili'chisseurs des doigts; 2" en arrière, aux. tendons du cubital postérieur et de l'extenseur propre du petit doigt, recouverts à ce niveau par le ligament annulaire postérieur du carpe ; plus superficiellement, à la branche cutanée dorsale du nerf cubital.
6" Artères et nerfs. — Les artères de l'articulation radio-cubitale inférieure sont fournies : 1° en arrière, par l'interosseuse postérieure; 2° en avant, par l'interosseuse antérieure et par cette arcade artérielle qui longe le bord inférieur du carré pronateur et qui résulte de l'anastomose à plein canal des deux artères transversales du carpe, dont l'une provient de la cubitale, l'autre de la radiale. — Les nerfs émanent de deux sources: 1" du nerf interosseux, branche du médian ; 2° de la branche postérieure du nerf radial. ,
Mouvements des articulations radio-cubitales, pronation et supination. — Les aiiicularions vadio-cubitalps, comme toutes les Iroi'hoïdes, ne présentent qu'une seule espèce île mouvements, la rotation. Ce mouvement, suivant le sens clans lequel la l'otation s'exécute, prend les noms de pronal'ion ou de supinalion
Lorsque le membre supérieur est pendant le long du corps, dans sa position de repos, la face palmaire de la main regarde en dedans, le pouce en avant. On désigne sous le nom de pronation le mouvement par lequel, l'humérus restant immobile, la face palmaii'e de la main est. portée en arrière. Par contre, on appelle supination le mouvement inverse, qui a pour résultat de porter en avant la face palmaire de la inain. Le pouce est dirig('' en dedans dans la pronation ; il est dii'igé en dehors dans la supination.
La pronation et la supination résultent l'une et l'autre d'un mouvement de rotation accompli par le radius autour du cubitus, la main accompagnant, naturellement le radius dans ses (b'placements. Ce mouvement s'exécute à la fois dans les deux articulations que nous venons de décrire et doit être examiné séparément, au point de vue de son mécanisme, dans l'articulation radio-cubitale supérieure et dans l'articulation radio-cubitale inférieure. — Dans l'arficulalion radio-cubitale supérieure, l'extrémité supérieure du radius, pour entrer en pronation, se meut autour d'un axe vertical qui passerait par le centre de sa cupule. Elle tourne donc suiplace, la bordure radiale glissant d'avant en arrière sur la petite cavité sigmoïde du cubitus, la cupule glissant sur le condyle dans le même sons. Dans le mouvement de supination, le glissement se fait en sens inverse; mais l'axe de rotation est le même. — Dans Varficula/iou radio-cvtjilale inférieure, l'extrémité inférieure du radius, pour accomplir le mouvement de ])ronation, tourne encore autour d'un axe vertical. Mais cet axe, au lieu de passer comme lou! à l'heure par le radius lui-même, passe au contraire par la tête du cubitus. Il n'y a donc jilus une simple rotation sur place, mais une véritable translation, translation en vertu de laquelle l'extrémité inférieure du radius, qui est située primitivement en dehors do la tète du cubitus, vient occuper successivement le côté antérieur et le côté interne de cette tête. Il en résulte que, lorsque le mouvement de pronation est exécuté, le radius croise le cubitus en X- La su[>ination s'opère suivant le même mécanisme, mais la translation s'effectue naturellement en sens inverso.
De la pronation à la supination, le déplacement de l'extréinité inférieure du radius est à peu près de deux angles droits.
Quel est, dans ce double mouvement de rotation du radius, le rôle du cubitus? Reste-t-il immobile ou bien oxécute-t-il, lui aussi, quelques mouvements? Voilà une question qui a soulevé bien des controverses et qui, pour certains anatomistes peut-être, n'est pas encore complètement l'i'solue. Tandis que tous nos lrait(''s classiques enseignaient que le culiitus reste absolument ininHjbili'. 0. Lrc.omte, en IST't, a ciai dcMiir coni-lure. à lu suite de i[ueli[ues recherches
ARTHROLOGIE
expérimentales, que la rotation de l'avant-bras et de la main s'accomplit par le mouvement simultané, harmonique et similaire, au niveau du poignet, des deux os antibrachiaux, le cubitus et le radius. L'opinion de Lecomte a rencontré de nombreux adeptes, parmi lesquels il convient de citer le professeur Heiberg, de Christiania. Ce dernier anatomistc a même admis, pour le cubitus, un véritable mouvement de rotation lui appartenant en propre et s'effectuant dans l'articulation du coude.
En fait, l'observation nous démontre que, dans les conditions physiologiques ordinaires, le cubitus se meut en même temps que le radius, toutes les fois que la main exécute des mouvements de pronation ou de supination : ce déplacement se voit et se sent, il est indéniable. D'autre part, lorsqu'on opère sur le cadavre et qu'on a eu le soin de fixer entièrement l'humérus, le déplacement du cubitus n'existe plus : cet os reste immobile, que le radius passe de l'état de pronation à l'état de supination ou vice versa. Il est naturel d'en conclure que dans la première expérience, c'est-à-dire lorsque les mouvements de rotation de la main s'accomplissent dans les conditions physiologiques, les mouvements exécutés par le cubitus, au lieu de se passer au niveau du coude et de lui appartenir en propre, se passent réellement dans l'articulation de l'épaule et lui sont communiqués par l'humérus : autrement dit, le cubitus ne se déplace que parce qu'il est entraîné par l'humérus avec lequel il est étroitement lié. Une pareille conclusion est en parfait accord avec la configuration anatomique de l'articulation liuméro-cubitale, qui est disposée en poulie et qui, comme telle, ne permet pour ainsi dire au cubitus que des mouvements de flexion et d'extension.
Dès 1882, le professeur Einthowen (de Leyde), dans un mémoire qui est trop oublié, avait parfaitement mis en lumière cette participation de l'humérus au double mouvement de pronation et de supination. Plus récemment (1889), Dumur nous en a donné la démonstration graphique. Après avoir désarticulé le poignet, il place trois crayons inscripteurs : le premier sur l'extrémité inférieure du radius, le second sur la petite tète du cubitus, le troisième sur la tète humérale. Puis, devant les crayons, il dispose des feuilles de carton, pour que ces derniers puissent inscrire les divers déplacements qu'effectueront les pièces osseuses sur lesquelles ils sont fixés. Tout étant ainsi disposé, il porte l'avant-bras dans la pronation et il constate tout d'abord que le radius entre seul en mouvement pour décrire environ un quart d'ellipse. Le cubitus se meut ensuite ; mais, au même instant, le crayon inscripteur qui est implanté dans la tète de l'humérus entre en mouvement et s'arrête en même temps que s'arrête celui qui est fixé sur le cubitus. Le déplacement de l'humérus et le déplacement du cubitus sont donc synchrones et l'identité des tracés nous démontre nettement que le second n'est que la conséquence du premier.
Nous devons donc conclure que, dans les mouvements de rotation de l'avant-bras et de la main [pronalion et supination), l'articulation huméro-cubitale reste immobile. Les mouvements effectués se passent : 1° dans les deux articulations radio-cubitales supérieure et inférieure, l'extrémité inférieure du radius exécutant des mouvements de rotation autour de la tète du cubitus; 2» dans l'articulation scapulo-humérale, l'humérus tournant autour do son axe et entraînant avec lui le cubitus qui liii est intimement lié au niveau du coude.
Muscles moteurs. — Les muscles moteurs du radius dans les mouvements de rotation que cet os exécute autour du cubitus se distinguent naturellement en deux groupes : muscles pronateurs et muscles supinateurs.
1° Pronateurs : principalement, les muscles rond pronateur et. carré pronateur ; accessoirement, le premier radial externe et le grand palmaire.
2° Supinateurs : le court supinateur et le biceps brachial.
Voyez, au sujet de l'articulation du coude et principalement au sujet des mouvements de pronation et de supination : Lecomte, Arch. génér. de médecine, 1874 et 1877 ; — Koster, Die Bewegung der Ulna bei Phonation und Supination der Hand, Nederl. Fydschr. voor geneesk, -1882 ; — Einthowen, Quelques remarcjues sur le mécanisme de l'artic. du coude, Arch. néerland., t. VIII; — Br.\une u. Flugel, Ueber Pronation und Supination des menschl. Vorderarmes, u. der Hand, Arch. fur Anat. u. Physiol., 1882; — Flesch, Zur Pronation und Supination der Hnnd, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1885 ; — Meyer, Ueber die Drehunrj des Unterarmes, Deutsch. Zeisschr. f. Chirurgie, Bd. XX ; — Heiberg, The movements of the ulna in rotation of the forearm, Journ. of Anat. and Physiol., 1883 -— Dwigiit, The movements of the ulna in rotation of the forearm. Journ. of Anat. and Phvsiol., 188S ; — Cathcart, On the movements of the idna in pronation and
Fig . 4.0 1 .
Mécanisme des mouvements de pronation et de supination,
XX', axe (les mouvements de pronation et de supination. — S, position du pouce et du radius en supination. — P. position du pouce et du radius en pronation.