‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 124 sur 176 · MUSCLES SUPERFICIELS DE LA RÉGION LOMBO-DORSO-CERVIGALE 75S · texte numérisé non relu

MUSCLES SUPERFICIELS DE LA RÉGION LOMBO-DORSO-CERVIGALE 75S

deuxième aponévrose, de forme triangulaire, qui correspond aux dernières cei-vicales et aux premières dorsales et qui, en se réunissant à celle du côté opposé, constitue un losange ou une ellipse ; 3" une troisième aponévrose, également triangulaire, mais beaucoup plus petite, qui est située au niveau de son angle inférieur; cette dernière, comme nous le montre nettement la ligure 624, continue en haut la direction de l'aponévrose lombaire.

2" Rapports. — Le muscle trapèze est recouvert par la peau, qui lui adhère eu haut d'une façon intime. Il recouvre, à son tour, une foule de muscles qui sont : à la nuque, l'angulaire de l'omoplate, le splénius et le grand complexus ; au dos, le rhomboïde, les muscles des gouttières vertébrales et le grand dorsal. Le bord antéro-supérieur du trapèze, réuni en haut avec le bord postérieur du sternocléido-mastoïdien, s'écarte en descendant de ce dernier muscle, ménageant avec lui, sur la face latérale du cou, un espace triangulaire dont la clavicvde forme la base : c'est le triangle siis-claviculaire de i'anatomie topographique.

3" Innervation. — Le trapèze, comme le sterno-cléido-mastoïdien, a une double innervation. Il est innervé, tout d'abord, par la branche externe du spinal, qui se termine sur sa face profonde par un certain nombre de rameaux divergents. Il reçoit ensuite, toujours sur sa face profonde, un rameau du plexus cervical profond : ce dernier rameau, appelé nerf du trapèze, provient de la branche antérieui'e de la troisième cervicale, quelquefois de la quatrième. Outre ces rameaux. rameaux principaux, le trapèze reçoit encoiT, pour sa partie t<Hife supérieure, quelques filets accessoires issus du grand nerf occipital.

4'^ Action. — La direction des différents faisceaux constitutifs du trapèze et aussi le mode de locomotion de l'omoplate, tel que nous l'avons décrit plus liant (p. 471), nous indiquent très nettement quelle est l'action de ce muscle : ses faisceaux supérieurs, obliquement descendants, portent l'épaule en dedans, en même temps qu'ils élèvent le moignon; ses faisceaux moyens, dirigés transversalenieiil. portent l'épaule en dedans; ses faisceaux inférieurs obliquement, ascendants, portent également l'omoplate vers la ligne médiane, mais en même temps ils abaissent l'extrémité interne de l'épine sur laquelle ils s'insèrent et. cunséquemment, élèvent le moignon de l'épaule. Au total, le trapèze, considéré dans son ensemble, élève le moignon de Képaule, tout en rapprochant l'omoplate de la colonne vertébrale.

Quand le trapèze prend son point d'insertion lixe sur l'omoplate, ses faisceaux occipitaux inclinent la tête de leur côté et lui font exécuter en même temps un mouvement de rotation qui porte la face du côté opposé. Ses faisceaux inférieurs peuvent dans certaines conditions favorables, lorsqu'ou est suspendu par les membres supérieurs par exemple, élever le corps tout entier et jouer ainsi un certain rôle dans l'action de grimper.

Variétés. — Les insertions spinales du trapèze peuvent s'arrêter à la hiiitiènie dorsale ou descendre jusqu'à la douzième. Les faisceaux occipitaux et même les faisceaux cervicaux supérieurs peuvent manquer. — Dans un fait rapporté par Zagorsky, le trapèze s'insérait uniquement sur les quatre dernières cervicales et les trois premières dorsales. — L'isolement de la portion supérieure a été signalé par Mac.alistkr et par Wood. — Un faisceau anostomotiquc peut réunir le trapèze et le sterno-cléido-mastoïdien (Davies-Coi.i.ey, moi-même). — Le trapèze s'étend parfois sur la clavicule au delà de ses limites classiques : je l'ai vu, dans deux cas, se confondre avec le sterno-cléido-mastoidien et recouvrir ainsi tout le triangle sus-claviculaire. — Quelques-uns de ses faisceaux passent dans le deltoïde (Macalister). — Gruber a vu, sui' un sujet, un tendon cylindrique se détacher de la face profonde du ti'apèze, passer denièr^i l'onio-hyoïdien et aller s'attacher au sternum.

MYOLOGIE

Muscle CLÉiDO-TRANSVEiiSAiRE (levator claviculœ). — Muscle surnuméx'aire particulièrement bien étudié par Wood, partant du bord postérieur de la clavicule, le plus souvent de son extrémité acromiale, et se rendant aux apophyses transverses cervicales, le plus souvent à l'atlas et à Taxis. Ce muscle se trouve •• chez tous les mammifères, l'homme excepté, ce qui semblerait prouver qu'il est une des conditions de la station quadrupède ». (Cuvier, Leçons d'Anat. comp.. t. I, p. 137.) — Gruber a décrit [Arch. f. Anal, und Phys., 1876, p. 757), sous le nom de Iracheloclavicularis imus, un petit faisceau surnuméraire qui se rendait de la clavicule à l'apophyse transverse de la sixième cervicale. J'ai démontré (A?iom. musc, etc., p. 105) que ce faisceau devait êtrr3 considéré comme une variété du cléido-transversaire.

2° Grand dorsal

Situé à la partie postérieure et inférieure du tronc, le grand dorsal (fig. 624,4) est un muscle large et mince, affectant la forme d'un triangle, dont la base répond à la colonne vertébrale et le sommet à la région axillaire.

1° Insertions. — Il prend naissance : 1° sur les apophyses épineuses des six ou sept dernières vertèbres dorsales et des cinq vertèbres lombaires, ainsi que sur les ligaments surépineux correspondants; 2° sur la crête sacrée ; 3° sur le tiers postérieur de la lèvre externe de la crête iliaque ; 4° sur la face externe des trois ou quatre dernières côtes.

Les faisceaux qui naissent sur les côtes forment trois ou quatre digitations, qui s'entrecroisent à leur origine avec les digitations du grand oblique. Les autres faisceaux s'insèrent sur la colonne vertébrale et sur la crête iliaque à l'aide d'une aponévrose triangulaire et extrêmement résistante, Y aponévrose lombaire., que nous décrirons plus loin (p. 762).

De cette vaste ligne d'insertion, les différents faisceaux du grand dorsal convergent vers l'aisselle, en suivant : les faisceaux supérieurs, une direction horizontale: les faisceaux inférieurs, une direction verticale ; les faisceaux moyens, une direction oblique en haut, en dehors et en avant. En atteignant le grand i^ond, ces faisceaux contournent ce dernier muscle de bas en haut, pour passer au-devant de lui. En même temps, ils exécutent dans leur ensemble un mouvement de torsion sur eux-mêmes, en vertu duquel les faisceaux inférieurs deviennent supérieurs, et vice versa. Finalement, ils se jettent sur un tendon aplati et quadrilatère, qui va se fixer (fig. 640,5), en avant de celui du grand rond, dans le fond de la coulisse bicipitale. Une languette aponévrotique réunit assez souvent le tendon du grand dorsal à la petite tubérosité de l'humérus.

2" Rapports. — Recouvert en haut par le trapèze, le muscle grand dorsal répond à la peau dans tout le reste de son étendue. Il recouvre successivement les muscles des gouttières vertébrales, le petit dentelé postérieur et inférieur, les côtes et les muscles intercostaux. Dans l'aisselle, son tendon est ordinairement séparé de celui du grand rond par une bourse séreuse.

Triangle de Petit. — Son bord antérieur, à peu près vertical, se trouve séparé du bord postérieur du grand oblique de l'abdomen par un espace triangulaire, bien connu des chirurgiens sous le nom de triangle de Petit (fig. 624,9). Il existe dans les trois quarts des cas, d'après Lesshaft. La base de ce triangle est formée par la crête iliaque : elle mesure, en moyenne, 3 centimètres. Son sommet est situé, d'ordinaire, à égale distance de la crête iliaque et de la dernière côte. C'est un des points faibles de la paroi abdominale, laquelle n'est constituée à ce niveau que par les muscles petit oblique et transverse, doublés du péritoine. C'est par le triangle de Petit que s'échappent les hernies lombaires.

Page 1