‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 125 sur 176 · MUSCLES SUPERFICIELS DE LA RÉGION LOMBO-DORSO-CERVICALE · texte numérisé non relu

MUSCLES SUPERFICIELS DE LA RÉGION LOMBO-DORSO-CERVICALE

. 3° Innervation. — • Le muscle grand dorsal est innervé par une branche spéciale du plexus brachial. Ce nerf, appelé nerf du grand dorsal, tire son origine du cinquième nerf cervical. Il se perd sur la face profonde du muscle, tout près du creux axillaire.

4° Action. — Le grand dorsal, agissant sur l'humérus, le porte en bas, en dedans et en arrière, en lui faisant exécuter en même temps un mouvement de rotation en dedans qui a pour effet de diriger la région palmaire vers la ligne médiane. C'est Vani scalptor de Vésale, Vani tersor de Riolan, dénominations latines très expressives, mais qui ne se traduisent pas.

. Lorsqu'il prend son point tixe sur l'humérus, le grand dorsal soulève le corps tout entier (action de grimper) ou seulement les côtes (inspiration).

Variétés. — Le grand dorsal reçoit souvent un faisceau de renforcement do l'angle inférieur du scapulum. — Ses origines sur la colonne vertébrale, le thorax et le bassin sont sujettes à ile nombreuses variations : la plus intéressante me paraît être Textension des faisceaux iliaques jusqu'au grand oblique, entraînant comme conséquence la disparition du triangle do Petit ; ce triangle n'existe ni chez le gorille, ni chez le chimpanzé. — Le grand dorsal et lo grand rond présentent parfois des connexions intimes (faisceaux anastomotiques ou fusion complète). — 11 peut se détacher du bord antérieur du grand dorsal un faisceau surnuméraire, <iui remonte jusqu'à l'apophyse coracoïde. J'ai rencontré cette disposition sur quatre sujets ; sur l'un d'eux, il existait en même temps un faisceau chondro-épitrochléen, qui se détachait du bord externe du grand pectoral. Sur un autre, le faisceau anormal coexistait avec le muscle suivant.

Arc axillaire de Langer. — C'est un faisceau musculaire aplati, le plus souvent triangulaire, dont la base prend naissance sur la portion axillaire du grand dorsal et dont le sommet plus ou moins tronqué vient se continuer avec le feuillet postérieur du tendon du grand pectoral, au niveau du point où ce tendon vient s'attacher à la coulisse bicipitale. Ce faisceau surnuméraire, que l'on rencontre trois ou quatre fois sur cent sujets, forme ainsi une sorte de pont, audessous duquel passent la longue portion et la courte portion du biceps, le coraco-brachial et le pa(iuet vasculo-nerveux de l'aisselle ; de là le nom d'arc axillaire [Achselbor/en), qui lui a été donné par Langer en 1846 (OEsterr. medic. Wochenschrift, n° 15, p. 6). Il est innervé, dans la grande majorité des cas, par le nerf du petit pectoral. L'arc axillaire existe normalement c\\e^ un grand nombre de mammifères, notanmicnt chez le chat, où le grand dorsal s'insère à la fois sur la lèvre postérieure et sur la lèvre antérieure de la coulisse bicipitale.

Muscle dorso-épitrochléen. — C'est un faisceau musculaire aplati qui se détache du grand dorsal, dans le voisinage de la coulisse bicipitale, et vient, en longeant le triceps, s'insérer sur les saillies osseuses du coude, soit l'épitrochlée, soit l'olécràne. Ce faisceau existe normalement chez le plus grand nombre des mammifères ; il est représenté, chez l'homme, par cette arcade lîbreuse, à peu près constante, qui unit le grand dorsal à la longue portion du triceps, au moment où ces deux muscles se croisent dans l'aisselle. Mais le dorso-épitrochléen peut se montrer chez l'homme à l'état charnu : Halbertsma, Wood, Macalister et nous-rnème (voy. Anom. musculaires) en avons observé des exemples très nets.

3" Rhomboïde

Le rhombo'ide (fig. 625, 7 et 7') est un muscle large et mince, assez régulièrement losangique, occupant à la fois la partie inférieure de la nuque et la partie supérieure de la région dorsale.

1" Insertions. — Il s'insère, d'une part, sur la portion inférieure du ligament cervical, sur les apophyses. épineuses de la septième cervicale et des quatre ou cinq premières dorsales.

De là, ses faisceaux se portent obliquement en bas et en dehors et viennent se fixer, d'autre part, sur le bord spinal de l'omoplate, dans toute l'étendue de ce bord qui est située au-dessous de l'épine. Ses faisceaux supérieurs s'insèrent directement sur l'os. Ses faisceaux inférieurs s'attachent plus spécialement à une sorte d'arcade fibreuse qui est parallèle au bord spinal et lui adhère fortement par ses

MYOLOGIE

deux extrémités, tandis que sa partie

Fig. 62S.

-Muscles de la région postérieure du tronc, deuxième couche.

(Les traits en pointilU' rouge répondent aux limites du grand dorsal.)

1, muscle occipital. — 2, extrémité supérieure du trapèze. — 3, grand coniplexus. — 4, splénius. — 5, extrémité supérieure du sterno-cléido-mastoïdien, érignéc en haut.

— 6, angulaire de l'omoplate. — 7, 7', petit et grand rhomboïde. — 8, muscles spinaux. — 9, 0, extrémité interne du grand dorsal. — 10, petit dentelé postérieur et inférieur. — 11, sous-épineux. — 12, petit rond. — 13, grand rond. — 14, grand dentelé. — 13, petit oblique.

— 16, coupe du grand dorsal. — 17, coupe du grand oblique. — 18, longue portion du triceps brachial. — 19, petit dentelé postérieur et supérieur, débordant le rhomboïde. — 20, sus-épineux. — C^'", septième vertèbre cervicale. — D'^", douzième vertèbre dorsale. — L^, cinquième vertèbre lombaire.

Huniéraire, aplati et généralement très grêle, lions ci'aniennes se font entre les insertions plcïus ; ses insertions scapulaires se confon

moyenne n'est reliée au scapulum que par un tissu cellulaii^e peu l'ésistant.

11 existe dans la grande majorité des cas, entre les faisceaux cervicaux et les faisceaux dorsaux du rhomboïde,, un interstice celluleux (fig. 625) qui permet d'isoler entièrement les deux portions.

Aussi quelques anatomistes, ïheile et IIyrtl entre autres, décrivent-ils deux rhomboïdes : un rhomboïde supérieur ou petit rhomboïde et un rhomboïde inférieur ou grand rhomboïde

2' Rapports. — Le muscle rhomboïde est recouvert en haut par le trapèze, en bas par le grand dorsal. 11 recouvre à son tour le petit dentelé postérieur et supérieur, le splénius, les muscles des gouttières vertébrales, les côtes et les muscles intercostaux externes. Au niveau du bord spinal de l'omoplate, son bord externe entre en rapport avec le grand dentelé, cjui est en avant, et avec le sousépineux, c|ui est en arrière.

3" Innervation. — Il est innervé par une branche collatérale du plexus brachial. Cette brandie nerveuse, le nerf du rhomboïde, provient de la quatrième ou de la cinquième cervicale.

4° Action. — Le rhomboïde porte l'omoplate en dedans. En outre, en raison de la direction oblique de ses faisceaux, il fait basculer cet os, de telle sorte que son angle inférieur est rapproché de la ligne médiane, tandis que le moignon de l'épaule se trouve abaissé.

Variétés. — La hauteur de ce muscle et par conséquent l'étendue do ses insertions, soit spinales, soit scapulaires, peuvent varier en plus ou en moins. — Kelly a vu ce muscle s'insérer seulement à l'angle mférieur de l'omoplate. — Macalister a trouvé la partie inférieure du grand rhomboïde divisée en deux feuillets. — Quelques faisceaux inférieurs du rhomboïde peuvent passer directement, au niveau de l'angle inférieur du scapulum, dans le grand dorsal (Soemsiering), dans le grand rond (Henle), dans le grand dentelé (Flesch).

Rhomboïde de la tète. — C'est un muscle surqui s'étend de l'occipital au scapulum. Ses insersupéricures du trapèze et celles du grand com- ;lent plus ou moins avec les attaches externes du

MUSCLES SUPERFICIELS DE Li RÉGION LOMBO-DORSO -CERVICALE 759

rlioniboïdc. C'est, comme on le voit, un petit rhombdide remontant à l'occipital, disposition réalisée couimc type normal clicz un grand nombre de mammifères, notamment cliez le magot. Le rhomboïde de la tète se présente^ souvent chez l'homme sous une forme incomplète : tels sont le rhombdide de l'atlas, le rhombdide de l'axis, qui, comme leur nom l'indique, s'arrêtent sur la première ou sur la seconde vertèbre cervicale, etc. — (Voyez à ce sujet l'important mémoire, déjà cité, de Wood, in Transact. of Roy. Soc. of London, 1869.)

4" AS()l'L.\IRE DE l'omoplate

L'angulaire de l'omoplate (fig. 626, 2) est tm muscle ti-iangulaire, situé sur la partie latérale de la nuque, entre l'angle supérieur de l'omoplate et la moitié supérieure de la colonne cervicale.

s'insère d'une .^rfa^j^

\" Insertions. — part, soit sur l'angle supérieur du scapuUiiu, soit sur cette portion du bord spinal Cfui est située au-dessus de l'épine. De là, il se porte en haut, en avant et en dedans et ne tarde pas à se diviser en quatre ou cinq faisceaux divergents (fig. 626, 3, 4, 5, 6 et 7), l(>squels viennent se fixer, d'autre part, sur l'apophyse transverse de l'atlas et sur les tubercules postérieurs des apophyses transverses des trois ou quatre vertèbres suivantes.

2" Rapports. — L'angulaire est recouvert par le sterno-cléido-mastoïdien, par le trapèze et par la peau. Il recouvre le splénius, le sacro-lombaiiT et le petit dentelé postérieur et supérieur.

Au niveau des apophyses transverses, il répond au transversaire et au scalène postérieur.

Muscle angulaire de l'omoplate du côté droit, vu par sa face postérieure.

3" Innervation. — 11 est innervé par une branche spéciale du plexus brachial, le nerf de Vangulaire. Ce nerf tire son origine, soit de la quatrième cervicale, soit de la cinquième, quelquefois de l'une et de l'autre.

I, fosse sus-épineuse. — 2, muscle aiisiihiii e de l'omo|ilate.

— 3, 4, ."), 6, 7, les faisceaux de ce nuiscli" dc^linrs à l'atlas, â l'axis, à la tioisième, à la qualrièmc et à la oimiuièiiie cervicales.

— 8, muscle sus-épineux. — 9, C^'", seplièmc vertèbre cervicale.

4° Action. — Quand il prend son point fixe sur la colonne cervicale, l'angulaire attire en haut et en dedans l'angle supérieur de l'omoplate, en même temps qu'il abaisse le moignon de l'épaule. Quand il prend son point fixe sur l'épaule, il incline de son côté la colonne cervicale.

Variétés. — Le faisceau destiné à l'atlas peut être distinct dans toute son étendue. — Blaxdin [Anatomie, ]>. 349) a vu l'angulaire envoyer un faisceau jusqu'à l'apophyse mastoïde. — En bas, on peut voir l'angulaire s'étendre sur la sixième et même la septième cervicale. Dans ce cas, l'espace triangulaire qui sépare ordinairement l'angulaire du gi'and dentelé se trouve comblé

ot ces deux muscles sont ainsi confondus en un large éventail charnu, qui du bord spinal de l'omoplate rayonne vers les apophyses transverses des vertèbres cervicales et vers les dix premières côtes. Cette disposition est la règle dans un grand nombre d'espèces animales, notamment chez la guenon et le cynocéphale. Dès lors, l'angulaire de l'omoplate peut être considéré, chez l'homme, comme un faisceau cervical du système du grand dentelé. — On a vu des faisceaux de l'angulaire naître anormalement du grand dentelé (Tiieile), de l'aponévrose du petit dentelé postérieur et supérieur (Wood), du tissu cellulaire compris entre l'omoplate et le thorax (Kelch), de la première et de la deuxième côte (Theile et moi-même), de l'apophyse épineuse de la septième cervicale (Reid et Taylor).

go Pki-ix dentelé postérieur et supérieur

Le petit dentelé' postérieur et supérieur (fig. 627, 5) est un petit muscle, quadrilatère et fort mince, situé au-dessous du rhombo'ide.

1" Insertions. — • Il se détache, en dedans, de la partie inférieure du ligament cervical, ainsi que du sommet des aj^ophyses épineuses de la septième cervicale et des trois premières dorsales. Cette insertion se fait à l'aide d'un tendon large et mince, qui ne se charge de faisceaux charnus qu'à plusieurs centimètres en dehors de la ligne médiane. Ces faisceaux charnus, intimement fusionnés d'abord, se partagent bientôt en quatre digitations, qui viennent s'attacher, par de courtes fibres aponévrotiques, au bord supérieur et à la face externe des deuxième, troisième, quatrième et cinquième côtes.

2° Rapports. — ■ Le muscle petit dentelé postérieur et supérieur est recouv^ert presque entièrement par le rhomboïde; ce n'est qu'en haut qu'il déborde un peu ce dernier muscle pour entrer en rapport avec le trapèze et l'angulaire. A son tour, il recouvre le splénius, les muscles des gouttières vertébrales, les côtes et les intercostaux.

3° Innervation. — Il est innervé par un certain nombre de filets très grêles, qui proviennent des quatre premiers nerfs intercostaux, Ces filets abordent le muscle par sa face profonde et disparaissent dans son épaisseur.

4° Action. — Le petit dentelé postérieur et supérieur élève les côtes sur lesquelles il s'insère : il est par conséquent inspirateur.

Variétés. — Relativement à ses origines, ce muscle n'a de constant, comme le remarque Theile, que ses insertions à la septième cervicale et à la première dorsale ; ses autres insertions peuvent manquer, ou bien s'étendre soit en haut, soit en bas. — Mômes variations pour ses insertions costales : on trouve fréquemment un faisceau pour la première côte ; dans un cas de Henle, le muscle descendait jusqu'à la sixième. — J'ai vu une fois le muscle faire entièrement défaut.

go I>EXIT DENTELÉ POSTÉRIEUR ET INFÉRIEUR

Ce muscle, situé à la partie inférieure du dos (fig. 625, 10), affecte, comme le précédent, une forme quadrilatère.

i° Insertions. — Il se détache des apophyses épineuses des deux dernières dorsales et des deux ou trois premières lombaires, à l'aide d'un large tendon aponévrotique, qui est fusionné, dans la plus grande partie de son étendue, avec l'aponévrose du grand dorsal. Il se j^orte ensuite obliquement en haut et en dehors et se divise en quatre digitations, régulièrement superposées, qui viennent s'insérer au bord inférieur et à la face externe des quatre dernières côtes.

2° Rapports. — Recouvert par le grand dorsal, le petit dentelé postérieur et inférieur recouvre successivement les muscles des gouttières vertébrales, les côtes et les muscles intercostaux externes.

Page 1