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ARTICLE II RÉGION COSTALE

Les muscles du thorax, qui sont spécialement affectés aux mouvements des côtes, sont : les intercostaux internes et les intercostaux externes, les surcostaux,

Fig. 64-2.

Coupe antéro-postcrieui-e de l'aisselle (.sehématique) .

C, clavicule. — 1, muscle sous-claviei'.

— 2, grand pectoral. — 3, polit pectoral.

— •4, graud dorsal. — S, 5', aponévrose du grand pectoral. — 6, aponévrose du sous-clavier. — 7, a|ionévrosc du creux de l'aisselle. — 8, aponévrose du grand dorsal. — 9. 10, H, aponévrose clavicoraco-axillaire, formant : en 9, l'aponévrose clavi-pecloralc ; en 10, la gaine du petit pectoral; en 11, le ligament suspenseur de l'aisselle. — 12, peau, — 13, tissu cellulaire sous-cutané.

RÉGION COSTALE

les sous-costaux, \c triangulaire du sternum et le diaphragme. Ce dernier muscle, séparant l'une de l'autre, à la manière d'une cloison transversale, les deux grandes cavités thoracique et abdominale, appartient par ce fait à l'une et à l'autre de ces deux régions; nous le décrirons plus loin, à propos des muscles de l'abdomen.

1 " Intercostaux

1" Disposition générale. — Les intercostaux sont des muscles larges et minces, situés, comme leur nom l'indique, dans les espaces intercostaux et réunissant, dans chacun d'eux, la cote qui est au-dessus à la côte qui est au-dessous. Au nombre de deux pour chaque espace, ils se superposent de dehors en dedans et se distinguent, d'après leur situation respective, en intercostaux externes et inter-

Muscles intercostaux internes et externes.

1, musclo iiitcrcoslal externe. — 2, 2, muscle intercostal interne. — 2', ce même muscle iiilcrcoslal niterne. vu u travers une fenêtre pratiquée clans l'intercostal externe correspondant. — 3, colonne vertébrale. — 4, stcinim), avec 4', son appendice xiplioïde. — C'^', articulation du quatrième cartilage costal avec le sternum.

costaux internes. De plus, ils sont en nom])re égal à celui des espaces intercostaux : on compte donc, de chaque cùté du tronc, onze intercostaux externes et onze intercostaux internes. Conformément à la nomenclature adoptée pour les côtes, on les désigne sous les noms de prem^■er, deuxième, troisième, etc., en allant de haut en bas.

Revêtant la forme de l'espace qu'il est destiné à combler, chaque intercostal mesure toute la hauteur de cet espace. Mais il est un peu moins long que lui, de telle sorte que, partant de l'une des extrémités de cet espace, il ne peut aller jusqu'à l'extrémité opposée. C'est ainsi que les intercostaux externes, cjui s'étendent en arrière jusqu'à l'extrémité vertébrale de l'espace, s'arrêtent en avant à l'articulation de la côte avec son cartilage costal. De même, les intercostaux internes, qui, en avant, commencent au sternum, ne dépassent pas, en arrière, le

MYOLOGIE

niveau de l'angle des eûtes. Toutefois, les uns et les auti^es sont prolongés jusqu'à l'extrémité qu'ils n'atteignent pas par une lame aponévrotique.

2' Insertions. — Elles diffèrent pour les intercostaux externes et pour les intercostaux internes :

a. [ntercostaux externes. — Les intercostaux externes (fig. 643/1) sont constitués par une série de petits faisceaux parallèles, à la fois charnus et tendineux, qui s'insèrent, d'une part sur le bord inférieur (lèvre externe) de la côte qui est au-dessus, d'autre part sur le bord supérieur (lèvre externe) de la côte qui est au-dessous. Ces faisceaux se dirigent oblic|uement de haut en bas et d'arrière en avant.

b. Intercostaux internes. — Les intercostaux internes (fig. 643,2) sont formés également de faisceaux parallèles, qui s'insèrent en haut sur le bord inférieur (lèvre interne) de la côte qui est au-dessus, en bas sur le bord supérieur (lèvre interne) de la côte qui est au-dessous. Ces faisceaux se portent obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Ils croisent en sautoii\ par conséquent, ceux des intercostaux externes dont l'obliquité est dirigée en sens contraire.

3'^ Rapports. — En comblant les intervalles qui séparent les lins des autres les arcs costaux, les muscles intercostaux internes et intercostaux externes prennent une part importante à la constitution des parois thoraciques.

a. Les intercostaux externes sont recouverts par les différents muscles qui viennent prendre attache sur la région costale, savoir : le grand et le petit pectoral, le scalène postérieur, le grand dentelé, les deux petits dentelés postérieur et supérieur, le grand dorsal, etc.

b. Les intercostaux internes répondent à la plèvre, dont ils sont séparés en avant par le triangulaire du sternum et, en arrière, par la série des muscles sous-costaux.

c. Dans chaque espace, l'intercostal externe et l'intercostal interne sont séparés l'un de l'autre par un petit intervalle triangulaire à base supérieure, qui, très marqué en arrière, s'atténue graduellement au fur et à mesure qu'on se rapproche du sternum et finit même par disparaître, les deux lames musculaires arrivant réciproquement au contact. Cet espace, dont la base correspond exactement à la gouttière de la côte (fig. 644), est comblé par du tissu cellulo-adipeux, au milieu duquel cheminent le nerf et les vaisseaux intercostaux. Ces trois organes ont une situation

fixe et se superposent régulièrement dans l'ordre suivant : tout à fait en haut, nous trouvons l'artère ; au-dessous de l'artère, la veine ; et enfin, au-dessous de la veine, le nerf.

4» Innervation. — Les muscles intercostaux internes et externes reçoivent leurs filets nerveux des nerfs intercostaux voisins.

5° Action. — Les physiologistes sont généralement d'accord pour rattacher le

Schéma représentant la coupe transversale des côtes et des espaces intercostaux.

1, coupe d'une côte. — 2, intercostal externe. — 3, intercostal interne. — 4, un espace intercostal. — 3, gouttière de la côte dans laquelle se superposent : 6, la venie intercostale :

7, l'artère intercostale : 8, le nerf intercostal. — n, l'euillet pariétal de la plèvre. — 10, feuillet viscéral de la plèvre. — 11, cavité pleurale. — 12, poumon.

clos - -Vf 5r7 niviNù

REGION COSTALE - 793

rôle des intercostaux à la fonction respiratoire. Mais sont-ils inspirateurs? sontils expirateurs? En d'autres termes, élèvent-ils les eûtes ouïes abaissent-ils? On a émis, à ce sujet, et sans pouvoir s'entendre, les hypothèses les plus contradictoires. C'est ainsi que les intercostaux, tant les internes que les externes, ont été considérés tour à tour comme des inspirateurs et comme des expirateurs. La plupart des auteurs, il est vrai, admettent que les intercostaux internes et les intercostaux externes sont réciproque-

ment antagonistes, mais tandis que, - ~y^( kaX^^^^^^^ pour les uns, les internes sont inspi- ^^^T^V rateurs et les externes expirateurs, ^VfVOM^ c'est le contraii-e pour les autres : ce /rVv-V^/; seraient les externes qui seraient ins- 0\ pirateurs et les internes expirateurs. ([£

Enfin, pour compléter la série des /V-,'^\i'( \0i hypothèses, nous rappellerons l'opi- "wi^5^§?<C~'---- -^i' nion émise par Mayow et par Magendie, /Crw^

d'après laquelle les intercostaux inter- V ^"^^^^^--^^I^"— ----- ]/^

nés et les intercostaux externes sont à C- \^^^\, ^"^^'^-^^^IT^ J ^ \

la fois inspirateurs et expirateurs. — ^ ^^^Çr^j?^ 4 ; .'

(Voy., comme travaux récents rela- ^ i^^r^^ , tifs au rôle des intercostaux: VoLKiMANN, O--) t.. ^ „

in Zeitschrift f. Anatomie, 1876 ; Ru-

T r » i 1 m Schéma destiné à montrer les déplacements des

TiiERFORD, in Journ. of Anat. and Phys., .^tes et du sternum au moment de l'inspira- 1876 ; Ebner, Arch. f. Anat. and Phys., tien.

1880; WiLMART, Soc. roy. des Se. méd. I, colonne verliSbrale. — 2, 2', slei-iuim. — 3, prcmièro

et nat. de Bruxelles, 1894.) ' *'

. . Pour les cotes Ct le sternum, les lignes pleines indiquent

A mon avis, les interCOSttlUX exter- ta position en expiration, tes lignes ijointlllées la position en

, , ■ , . . . , inspiration ; a, déplacement de la septième côte dans le sens

nés et les intercostaux internes ont un vertical ; a, son déplacement dans le sens antéro-postérieur.

rôle beaucoup plus modeste que celui

qu'on leur accorde généralement. Ces muscles, continuant au thorax les deux importantes lames musculaires de l'abdomen, le grand oblique et le petit oblique, jouent, relativement à la cavité qui loge l'appareil cardio-pulmonaire, roffice de simples parois élastiques. Nous estimons, en conséquence, qu'ils n'interviennent jamais par leur contractilité dans la respiration ordinaire. Ils ne doivent entrer en jeu d'une façon véritablement active et ne se contracter réellement que dans les actes respiratoires exagérés et anormaux, pour lutter contre la pression aérienne également exagérée et anormale, que cette pression vienne du dehors, comme cela se produit dans une forte inspiration, ou qu'elle vienne du dedans, comme cela s'observe dans une expiration violente ou contrariée.

Le rôle des intercostaux est, comme on le voit, bien peu impurtant. Voilà pounjLioi ces muscles sont en partie charnus, en partie iibreux. L'élément conjonctif, élément indifférent et inerte, s'y substitue peu à peu à l'élément contractile : ce sunt des formations dégénérées.

Variétés. — On a vu queli[ues intercostaux externes s'étendre jusqu'au sternum et quelques intercostaux internes se prolonger, de même, jusqu'à la colonne vertébrale. — Il n'est pas très rare de voir les derniers intercostaux externes et internes se l'usionner partiellement, les premiers avec le grand oblique, les seconds avec le petit oblique. J'ai vu, sur deux sujets, quelques faisceaux des intercostaux externes passer sur la face externe de la côte à laquelle ils auraient dù s'insérer et remonter jusqu'à la côte située au-dessus. Ils sautaient une c(He par consé-

ANATOMIE HUMAINE. — T. I, 4"^ ÉDIT. i 00

MYOLOGIE

quent : ce sont des longs intercostaux. — Les cotes surnuméraires entraînent comme conséquence rapparilion d'intercostaux surnuméraires. — Schoe.maker [Holland's Archief, Bd. II) a constaté, sur les intercostaux internes, la séparation de la portion osseuse (muscle intercostal) et de la portion cartilagineuse (muscle interchondral).

Les stircostatix (fig. 646/1) sont de petits muscles triangulaires, situés en arrière des intercostaux externes, entre l'extrémité postérieure des côtes et les apophyses transverses des vertèbres.

1° Insertions. — Ils prennent naissance, en haut, sur le sommet des apophyses transverses. Se portant de là en bas et en dehors, ils s'épanouissent chacun en

un petit éventail, qui vient se terminer sur le bord supérieur de la face externe de la côte située au-dessous, dans la région qui sépare la tubérosité de l'angle.

2' Nombre. — Les surcostaux sont au nombre de douze de chaque côté : le premier, en allant de haut en bas, s'étend de la première côte à l'apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale ; le dernier, de la douzième côte à l'apophyse transverse de la onzième vertèbre dorsale. Ils augmentent graduellement de volume du premier au douzième.

3" Rapports. — • Les surcostaux sont profondément placés en arrière des articulations costo-transversaires : ils recouvrent les intercostaux externes et sont recouverts par les muscles long dorsal et sacro-lombaire. Très rapprochés les ttns des autres, ils semblent former, par leur ensemble, un seul et môme muscle, allongé verticalement et

Fig. G4G.

Muscles surcoslaux, vus par leur face postérieure.

- 1, 1, 1, muscles surcostaux — 2, muscles inlercosLaux iutei'ues. — 3, muscles intcrcoslaux externes. — 4, la plèvre, vue à travers une fenêtre iiratiquée dans l'intercostal externe.

régulièrement dentelé sur son bord externe.

4" Innervation. — Ils sont innervés par les nerfs intercostaux correspondants.

5" Action. — • Prenant leur point fixe sur les apophyses transverses, les muscles surcostaux agissent sur les côtes, qu'ils élèvent : ce sont les levatores costorum de quelques auteurs. Ils sont donc inspirateurs.

Variétés. — Le premier surcostal est fréquemment fusionné avec le scalène postérieur. On peut voir quelques faisceaux des surcostaux franchir une côte pour venir s'insérer sur la côte suivante ; une pareille disposition (longs surcostaux) serait à peu près constante pour la région comprise entre la neuvième et la douzième côte.

3" Sous-costaux

Les seus-costaux sont de petites languettes musculaires, rubanées et fort minces, situées dans l'intérieur de la cage thoracique, entre la plèvre pariétale et l'extrémité postérieure des intercostaux internes.

RÉGION COSTALE

1° Insertions. — Ces petits muscles, moitié charnus, moitié aponévrotiques, se détachent de la face interne d'une côte. Puis, se portant en bas, tantôt verticalement, tantôt obliquement, ils viennent se fixer sur la face interne, soit de la côte sous-jacente, soit de celle qui vient après.

2° Nombre. — Théoriquement, nous devrions avoir dix ou onze muscles souscostaux, le premier se détachant de la première côte, le dernier de la dixième ou de la onzième. Mais une pareille disposition est excessivement rare. Le plus souvent, les sous-costaux supérieurs font défaut et la série de ces muscles se trouve réduite à quelques faisceaux coucliés sur les côtes inférieures. Contrairement à l'assertion de Theile, qui déclare que les trois sous-costaux inférieurs ne paraissent jamais faire défaut, j'ai constaté sur un adulte, en 1879, tant à droite qu'à gauche, l'absence de toute la série.

3" Innervation. — Les muscles sous-costaux sont innervés par des filets très grêles issus des nerfs intercostaux.

4" Signification anatomique. — La plupart des auteurs considèrent les souscostaux comme une dépendance des intercostaux internes. Nous ne pouvons accepter une pareille opinion : les sous-costaux, dans leur ensemble, doivent être considérés comme un système distinct, plus profondément situé par rapport au tégument externe, système profondément atroj^hié chez l'homme au niveau du thorax, mais se reconstituant à l'abdomen au-dessous du petit oblique, pour former le muscle transverse. Le système des sous-costaux devient ainsi la continuation au thorax du transverse de l'abdomen, d'où le nom de transversus thoracis posterior sous lequel Hexle désigne les sous-costaux.

Nous ne perdrons pas notre temps, comme le font la plupart des auteurs, à leur découvrir un rôle quelconque, les organes rudimentaires n'en ayant pas, et étant devenus rudimentaires pix^cisément parce qu'ils n'en ont pas. C'est là une formule morphogénique qu'on ne saurait trop répéter.

4" Triangulaire du sternum

Le triangulaire du sternum (fig. 647,1) est, comme sou nom l'indique, un muscle triangulaire ou en forme d'év^entail, situé en arrière du sternum et des six premiers cartilages costaux.

1° Insertions. — Il s'insère en dedans, à l'aide d'une courte aponévrose, sur les parties latérales de l'appendice xiplioïde et du corps du sternum.

De là, il se porte en dehors et, après un trajet très court, se divise en quatre ou cinq digitations légèrement divergentes, lesquelles viennent s'attacher, par de courtes fibres tendineuses, sur la face interne et le bord inférieur des sixième, cinquième, quatrième et troisième cartilages costaux, quelquefois sur le deuxième et le premier. La digitation la plus inférieure, destinée à la sixième côte, est transversale et se continue généralement avec les faisceaux supérieurs du transverse de l'abdomen ; les digitations suivantes sont obliques en haut et en dehors, se rapprochant d'autant plus de la verticale r{u'elles sont plus supérieures.

2° Rapports. — Le triangulaire du sternum i^épond, en arrière, au feuillet pariétal de la plèvre et, entre les deux plèvres droite et gauche, à la face antérieure du péricarde. En avant, il est recouvert par les cartilages des côtes et par

MYOLOGIE

l'extrémité sternalc des muscles intercostaux internes, dont il est séparé par les vaisseaux mainmaires internes.

Muscle triangulaire du sternum, vu par sa face postérieure.

i, 1, les deux muscles triangulaires. — 2, faisceaux supérieurs du transverse de l'abdomen. — 3, slerno-cléido-li\ oïdien. — 4, sterno-thyroïdien. — 5, clavicule. — 6, ligament interclaviculaire. — 7, artère mammaire inlei'ne, avec 8, 8, ses deux veines satellites. — 9, siernum. — 10, ligne blanche. — C'"', C^'', quatrième cl sixième côtes.

3° Innervation. — 11 est innervé par les nerfs intercostaux correspondants. Les filets nerveux qui lui sont destinés le pénètrent par sa face antérieure.

4° Action. — Par ses faisceaux obliques, le triangulaire du sternum peut abaisser les côtes : mais cette action doit être très faible. Comme les sous-costaux, les faisceaux du triangulaire du sternum sont des organes rudimentaires (iranstjersws thoracis anterior de Henle), continuant au thorax le transverse de l'abdomen, avec lequel il se continue du reste, comme nous l'avons noté plus haut, par sa digitation inférieure.

Variétés. — Le triangulaire du sternum, que Hyrtl appelle « le plus variable de tous les muscles », présente comme tous les organes atrophiés de nombreuses variations de forme et d'étendue. Ces variations portent avant tout sur le nombre et le développement de ses digitations. Depuis l'e.'ïtension du muscle à la première côte jusqu'à sa disparition complète, il existe tous les intermédiaires. — Camper et Tarin ont signalé des faisceaux qui, partant d'une côte, n'atteignaient pas le sternum et s'attachaient sur une côte sous-jacentc, disposition qui rappelle exactement celle des sous-costaux.

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