RÉGION EXTERNE DE I/AVAN T-I5RAS
Séparées ruiie de l'autre à leur origine par tuiite la distance qui sépare le pouce du petit doigt, elles convergent l'une vers l'autre, se rapprochent par conséquent de plus en plus et finissent même par s'adosser. C'est ainsi qu'on les rencontre dans le canal radio-carpien : elles ne sont séparées, à ce niveau, que par une mince cloison conjonctive, le long de laquelle chemine le nerf médian.
Variétés. — Parmi les variétés que peuvent présenter les gaines des fléchisseurs, variétés qui sont fort nombreuses et qui nous expliquent les divergences des anatomistes à leur sujet, l'une des plus intéressantes est la communication réciproque des deux grandes gaines digito-carpiennes au niveau du poignet (flg. 711). Cette communication, qu'on a considérée longtemps comme constante, est au contraire très rare. Gosselin ne l'a rencontrée qu'une seule fois sur plus de soixante mains exaiBinées. — En ce qui concerne la synoviale digito-carpienne interne, sa portion phalangienne peut être complètement séparée de sa portion palmaire. Il existe, dans ce cas, quatre gaines digitales. — Par contre, on peut voir la synoviale de l'annulaire aboutir à la grande synoviale digito-palmaire interne : le nombre des synoviales digitales indépendantes se trouve alors réduit à deux. — Je signalerai encore l'apparition possible au poignet, entre les deux synoviales digito-carpiennes, d'une synoviale surnuméraire ou synoviale carplenne moijenne, répondant, soit au tendon superficiel, soit au tendon profond de l'index (flg. 71:2,8).
Toutes ces variétés trouvent en pathologie chirurgicale, notamment dans la symptomatologie des kystes du poignet et du panaris des gaines, des applications fort importantes .
A consulter, au sujet des synoviales des fléchisseurs : Leguey, RecA. sur les synoviales des tendons fléchisseurs des doigts. Thèse Paris, 1837 ; — Maslieurat-LO(;émard, Anal, descriptive des synoviales de la main, Gaz. médic, 1839 ; — Gosselin, Rech. sur les kystes synoviaux de la main, et du poiynet, Mém. de l'Acad. de méd., 18.50, vol. XVI ; — Dumo.nt, Thèse de Bordeaux, 188:2 ; — A. VON RosTOHN, Langenbeck's Arch., vol. XXXIV, 1887.
§ M. — RÉCIOX EXTElîXH DE L ' A V A X T - 13 lî A S
La région externe de l'avant-hras comprend quatre muscles, insérés tous les quatre sur l'épicondyle ou sur le bord externe de l'humérus. Ce sont, en allant des couches superficielles aux couches profondes : 1° le long sitpinateur ; ^2" h' premier radial externe ; 3" le second radial externe ; 4" le court mpinateur.
i" LOXG Sl'PlNATECR
Le plus superficiel du groupe externe, le long supinateur (flg. 699,5 et 713, 1) est un muscle allongé, charnu en haut, tendineux en bas, s'étendant du tiers inférieur de l'humérus à l'extrémité inférieure du radius.
1" Insertions. — ■ 11 s'insère, en haut, sur le bord externe de l'humérus au-dessous de la gouttière de torsion, ainsi que sur la cloison intermusculaire externe (p. 871) : ces insertions d'origine mesurent 4 centimètres de hauteur environ.
De là, le muscle se porte verticalement en bas, s'aplatit d'abord de dedans en dehors, puis d'avant en arrière, et se jette, à la partie moyenne de l'avant-bras, sur un large et fort tendon, lequel, continuant le trajet du corps musculaire, vient se fixer à la base de l'apophyse styloïde du radius.
2" Rapports. — ■ La face superlicielle ou externe du long su[iinaleur répond à l'aponévrose antiijrachiale et à la peau dans presque toute son étendue. En bas cependant, au voisinage de son insertion radiale, le tendon est croisé superficiellement par le long abtluctcur du pouce et le court extenseur du pouce. — Sa face interne ou profonde recouvre successivement l'extrémité intV'rieurc de l'humérus, les deux radiaux externes, l'extrémité externe du rond pronateur, le ratlius. — Son bord postérieur répond en haut au vaste externe, dont il est séparé par la cloison intermusculaire externe, et, ])lus bas, au premier radial externe. — Son bord antérieur forme à la région du pli du coude, avec le brachial antérieur et le
MYOLOGIE
biceps, une gouHière i)l)li(|ue, au fond de laquelle cheminent le nerf radial, l'artère luimérale profonde et l'artère re'currente radiale antérieure. A l'avant-bras, il est en rapport avec la branche antérieure du nerf radial et les vaisseaux radiaux : c'est en raison de ce dernier rapport cfue le long supinateur devient, en médecine opératoire, le muscle satellite de l'artère radiale.
3" Innervation. — Il reçoit son nerf du radial. Ce nerf le p('nèlre par sa face interne et à sa partie supérieure.
4" Action. — Le long supinateur fléchit l'avantbras sur le bras et place le radius dans une demipronation. Il ne devient supinateur C]ue lorsque l'avant-bras est en pronation forcée : sa contraction remet alors l'avant-bras dans un état de demijDronation (position de repos). Le long supinateur est donc à la fois pronateur et supinateur : pronateur, quand l'avant-bras, au moment où il se contracte, est en supination complète ; supinateur, quand l'avant-bras est en pronation complète. Mais, dans l'un et dans l'autre cas , le mouvement n'arrive jamais à ses extrêmes limites : le radius, qu'il parte de la supination ou de la pronation, s'arrête toujours à la demi-pronation, qui, je le répète, est, pour le membre supérieur, la position du repos.
Variétés. — Le long supinateur peut s'insérer sur le radius, au-dessus de l'apophyse styloïde, jusque sur le tiers moyen de l'os. — Il peut aussi s'insérer au-dessous : sur le scaphoïde et le trapèze (Macalisteii) ; sur la base du troisième métacarpien (DuRsy). — Dans deu.x. cas de Calori { loc. cit.) et de E.Mi!i,ET0N' (Jourii. of Anat., t. VI, p. 217), le long supinateur envoyait quelques faisceau.x à l'aponévrose antibrachiale. — J'ai vu, plusieurs fois, le tendon inférieur perforé par le nerf radial. — J'ai vu naître le muscle par deux chefs distincts (long supinateur biceps), lesquels ne se réunissaient qu'à la partie moyenne de l'avant-bras. — Le long supinateur peut être double (Lauth, Grubek), le faisceau surajouté étant plus grêle et plus profondément placé c[ue le muscle normal. — Le long supinateur peut manquer (Humphry). — 11 peut présenter des connexions avec les muscles voisins, delto'ide, brachial antérieur, premier radial externe, long abducteur du pouce. — 11 peut envoyer im faisceau au long fléchisseur propre du pouce.
2" I'kemieu radiai, extkrnk
Le premier radial externe (fig. 713, 2) est situé audessous du long supinateur. C'est un muscle aplati, charnu dans son tiers supérieur, tendineux dans le reste de son étendue, qui va de l'extrémité inférieure de l'humérus au deuxième métacarpien.