C.Oevk
E. Bouuuz
Fig. 713.
Muscles de la région externe de l'avant-bras et muscles profonds de la région postérieure.
1, long supinateur. — 2, premier radial externe. — 3, deuxième radial externe. — 4, long abducteur du pouce. — 5, court extenseur du pouce. — G, long extenseur du pouce. — 7, extenseur propre de l'index . — 8, 8, tendons de l'extenseur commun. — 9, tendons fusionnés de l'extenseur propre de l'index et de Textenseur commun. — 10, premier interosscux dorsal. — 11, anconé. — 12, court supinateur. — 13, tendons supérieurs de l'extenseur commun et dn cubital po'^lérieur, sectionnés et érignés. — 14, tendon inférieur du cubital postérieur.
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RÉGION EXTERNE DE L'AVANT-BRAS 889
1° Insertions. — 11 s'altaclic, en liant : 1° sur le bord externe de rhnmérus, au-dessous du long supinateur, qu'il semble continuer; 2" sur la cdoison intermusculaire externe (p. 871).
De là, ses fibres se portent verticalement en bas et se jettent, un peu au-dessous du tiers supérieur de Favant-bras, sur un tendon aplati et d'a])ord fort large. Ce tendon, continuant la direction du corps musculaire, longe tout d'abord la face extei'ne du radius, glisse ensuite sur l'extrémité inférieure de cet os, dans une gouttière spéciale qui est placée immédiatement en dedans de l'apopliyse styloïde et, finalement, vient se fixer en arrière de l'extrémité sui^érieure ou base du deuxième métacarpien.
2° Rapports. — ■ Le premier radial externe est recouvert, dans la plus grande partie de son étendue, par le long supinateur et l'aponévrose superficielle. Dans le tiers inférieur de l'avant-bras, il est encore croisé superficiellement par le long abducteur, le court extenseur et le long extenseur du pouce. Par sa face profonde, il recouvre, à son tour, le deuxième radial externe, l'articulation du coude et celle du poignet.
3" Innervation. — Le premier radial externe est innervé par le radial. Le rameau que lui envoie ce tronc nerveux le pénètre par sa face interne, un peu au-dessous de son insertion supérieure.
4° Action. — Envisagé au point de vue de son action, ce muscle étend le deuxième métacarpien sur le carpe et celui-ci sur l'avant-bras. En outre, en raison de son obliquité, il incline la main sur le bord radial de l'avant-bras. C'est donc à la fois un extenseur et un abducteur de la main.
Variétés. — (Voyez le muscle suivant.)
3" l) K r X I Ji M E H A D I A L E X ï E K N E
Le deuxième radial externe (fig. 1 13,3) est un peu plus volumineux que le précédent, au-dessous duquel il est situé et avec lequel il ijrésente du reste les plus grandes analogies par sa forme, son trajet et ses insertions.
i° Insertions. — Jl prend naissance, en baut : 1" sur l'épicondyle, iiai- un tendon qui lui est commun avec les muscles superficiels de la région postérieure de l'avant-bras; 2° sur une aponévrose très forte, qui s'étale sur sa face postérieure ; 3" sur le ligament latéral externe de l'articulation du coude ; 4° enfin, sur une cloison fibreuse qui le sépare de l'extenseur commun des doigts.
De ces différentes surfaces d'attache, ses fibres se dirigent en bas et se terminent, à la partie moyenne de l'avant-bras, sur un tendijn aplati, qui accompagne le tendon du premier radial jus<]u';i l'articulation du poignet. Là, il s'en écarte à angle aigu pour se porter obliquement en bas et en dedans. Finalement, il vient s'insérer sur l'apophyse postérieure de la base du troisième métacarpien.
2" Rapports. — Le deuxième radial externe est recouvert, dans la plus grande partie de son étendue, par le premier radial. — Comme pour ce dernier, sa face superficielle est croisée successivement par les trois muscles postérieurs du pouce : un peu au-dessous du poignet, par le long abducteur et le court extenseur ; au niveau même du poignet, par le long extenseur (fig. 718). — Sa face profonde recouvre tout d'abord la face externe du radius, dont elle est séparée,
AN.MÛMIE HUMAINE. — T. I, 4'' Éûrr . 112
MYOLOGIE
r:-.ii 2
cependant, en haut par le court supinateur et à sa partie moyenne par l'insertion radiale du rond pronateur. Plus bas, le deuxième radial externe passe sur la face postérieure du radius, croise l'articulation du poignet et, enfin, glisse un peu
obliquement sur la face dorsale du carpe pour gagner la base du troisième métacarpien.
Les tendons des deux muscles radiaux, dans toute l'étendue oii ils sont en contact, sont réunis l'un à l'autre par un tissu conjonctif plus ou moins dense.
Tous les deux glissent dans la gouttière de l'extrémité inférieure du radius à l'aide d'une synoviale (fig. 721,2'), qui ordinairement leur est commune et dont la hauteur varie de 4 à 6 centimètres.
Outre cette synoviale, qui est constante et toujours nettement différenciée, on rencontre dans la plupart des cas, le long du deuxième radial extei^ne, deux bourses séreuses ; la première, habituellement très dévelopjjée, est située sur la face postérieure des radiaux au niveau du point où ils sont croisés par le long abducteur et le court extenseur du pouce ; la seconde, beaucoup plus petite, est placée sur la face antérieure du tendon du deuxième radial externe, au moment où il va s'insérer sur le métacarpien.
Enfin, entre la face profonde du deuxième radial et le court supinateur, se trouve une nappe de tissu cellulaire lâche, qui acquiert, dans bien des cas, tous les caractères des bourses séreuses intermusculaires.
3" Innervation. — Le deuxième radial externe est innervé par la branche de bifurcation postérieure du radial.
4° Action. — Comme le précédent, le deuxième radial externe étend la main sur l'avant-bras. Plusieurs anatomistes lui attribuent encore le rôle de porter la main dans l'abduction. Mais cette dernière action est assurément bien faible, si tant est qu'elle existe. Duchenne (de Boulogne), en effet, à la suite de ses expériences électro-physiologiques, n'a pas cru devoir l'admettre et a fait du deuxième radial externe un muscle exclusivement extenseur de la main.
Variétés. — Les deux radiaux peuvent se fusionner d'une façon plus ou moins complète ; il en resuite un muscle unique et un tendon unique, lequel se dédouble le plus souvent, à une distance plus ou moins considérable du métacarpe, pour venir se fixera la fois sur les deuxième et troisième métacarpiens. — Sans se fusionner, les deux radiaux peuvent être reliés l'un à l'autre par des faisceaux anastomotiques, que Wood a désignés sous le nom générique de radiaux intermédiaires; le radial intermédiaire peut, dans certains cas, s'isoler entièrement des deux radiaux et acquérir ainsi une individualité complète. — Wood a encore décrit, sous le nom de radial accessoire, un nouveau faisceau (6 fois sur 175 sujets), qui se termine d'ordinaire sur le premier métacarpien, mais que l'on voit se fixer encore : 1° sur la partie externe du court abducteur du pouce ; 2° à la fois sur le premier métacarpien et sur l'abducteur ; 3'J à la fois sur le premier métacarpien et sur l'espace iuterosseux ; 4° sur le court fléchisseur du pouce.
Le tendon de chacun des muscles radiaux peut se bifurquer et prendre sur le métacarpe des
Les muscles de la région externe, vus sur une coupe transversale passant par la Lubérosité bicipitale (sujet congelé) .
1, cubitus. — 2, radius. — 3, tendon du biceps, avec, en dehors et au-dessous de lui, sa bourse séreuse. — 4, rond pronateur. — 5, long supinateur. — 6, court supinateur. — 7, radiauic externes fusionnés entre eux. — 8, extenseur commun des doigts. — 9, artère et veines cubitales. — 10, artère et veines radiales. — 11, nerf médian. — 12, 12', branche antérieure et branche postérieure du radial.
RÉGION EXTERNE DE L'AVANT-BRAS
insertions supplémentaires : c'est ainsi que l'on voit le premier radial s'insérer à la fois sur les deuxième et troisième métacarpiens, le deuxième radial s'insérer sur le deuxième métacarpien en même temps que sur le troisième. — Il résulte d'une observation d'ÀLBiNUS, que le deuxième radial peut étendre ses insertions jusque sur le quatrième métacarpien.
4° Court supixateuu
Le court supinatcur (fig. 715, 1), profondément situé sur les côtés postérieur, externe et antérieur de l'articulation radio-humérale, s'enroule autour du radius, à la manière d'un demi-cylindre creux (fig. 714,6). Par sa situation et aussi par son rôle, il appartient à la région antibrachiale postérieure, bien plutôt qu'à la région externe.
1° Insertions. — Il prend naissance, en arrière : 1" sur ijjjk '41
cette facette rugueuse que l'on remarque sur le cubitus, / m s
au-dessous de la petite cavité sigmoïde : 2° sur le quart « Aiiifiii'".'.'.'.'.'. 6
supérieur du bord externe du cubitus; 3" sur la partie \t ■■MiiM^ai 2
postérieure du ligament annulaire de l'articulation radio- fi cubitale supérieure ; ¥ sur le ligament latéral externe de l'articulation du coude. On rencontre encore, sur bien des
sujets, un certain nombre de faisceaux additionnels qui ■
proviennent de l'épicondyle.
De ces différentes surfaces d'insertion, le muscle court ■' supinateur, s'élargissant en éventail, contourne le tiers supérieur du radius et vient se fixer sur la face externe c.Oti"- ~ re
et sur la face antérieure de cet os, depuis le ligament Fig- 'i^-
annulaire jusqu'à l'insertion du rond pronateur. Muscle court supinateur,
vu par sa face posté - 2° Rapports. — Le court supinateur recouvre succès- rieure. sivement l'articulation du coude (voy. Arthrologie), le i, court supinateur. — 2, ra-
• dius svcc 2' son extrémité su-
ligament interosseux et le radius. Il est recouvert à son périème. — icubitus. — 4, oiùtour par les deux radiaux, l'extenseur commun des doigts, 7)^i^''d7numérusf'^'~*''^°'^' l'extenseur propre du petit doigt et le cubital postérieur.
Au niveau de ses insertions radiales, il confine au tendon inférieur du biceps et à l'insertion radiale du fléchisseur superficiel des doigts.
Le court supinatcur se trouve, en outre, traversé d'avant en arrière par la branche profonde ou musculaire du nerf radial (voy. Névrologie), se rendant aux muscles de la région postérieure de l'avant-bras.
3° Innervation. — Il est innervé, comme le précédent, par la branche de bifurcation postérieure du radial. Les rameaux qui lui sont destinés se détachent du tronc nerveux, au moment où celui-ci traverse le muscle pour passer de la région antérieure du coude à la face postérieure de l'avant-bras.
4"^ Action. — Le muscle court supinateur fait tourner le radius de dedans en dehors : il est, par conséquent, supinateur.
Variétés. — Le court supinateur peut être renforcé par des faisceaux accessoires, fort variables dans leurs insertions, créant ainsi la duplicité du muscle. — J'ai vu le court supinateur se confondre avec le long abducteur du pouce. — Macai.ister (Jow/'h. of Aiiaf. and Pliys., 1868, p. 108) a rencontré dans le tendon d'origine du court supinateur un petit os sésamoïde, au-dessous duquel se trouvait une bourse séreuse. — Guuker a soigneusement décrit {Heichevt 11. Du Bois-Rei/mond's Arch., 18U5, p. 380) une petite languette charnue qui recouvre la portion antérieure du ligament annulaire et qui peut être considérée comme Un muscle tenseur de ce ligament; il existerait quinze fois sur cent sujets. — Le même anatomiste a encore décrit, un faisceau tenseur posté-
MYOLOGIE
l'ieur, distinct parfois du court supinateur, mais le plus souvent uni à ce muscle. 11 Fa rencontré 162 fois sur 220 muscles. Sa présence, on le voit, constitue plutôt l'état normal qu'une anomalie
§ III. RÉGION POSTÉRIEURE DE L ' A VA X T - B R A S
Cette région comprend huit muscles, qui sont répartis en deux couches, une couche superficielle et une couche profonde :
1° La couche superficielle nous présente quatre muscles, qui, plus ou moins confondus en haut à leur origine sur l'épicondylc, deviennent en bas très nettement distincts. Ce sont, en allant de dehors en dedans (fig. 716) : l'extenseur commun des doigts, Yextenseur propre du petit doigt, le cubital postérieur, Vanconé.
2° La couche profonde est formée par une masse musculaire d'abord indivise (masse commune), qui se partage, à quelques centimètres au-dessous de son origine, en quatre muscles distincts. Ces. quatre muscles, généralement fort grêles, se dirigent obliquement en bas et en dehors, croisant à angle aigu ceux de la couche précédente. Ce sont, en procédant de dehors en dedans (fig. 717) : le lo7ig abducteur du pouce, le court extenseur du pouce, le long extenseur du pouce et Yextenseur propre de t index.
1" Extenseur commun des doigts
Le plus externe de la couche superficielle, l'extenseur commun des doigts (fîg. 716,7), est un muscle charnu à sa partie supérieure, tendineux à sa partie inférieure, s'étendant de l'épicondylc aux quatre derniers doigts.
■1° Insertions. — 11 s'insère, en haut : 1° sur la face postérieure de l'épicondyle ; 2° sur la face profonde de l'aponévrose antibrachiale ; 3° sur les cloisons fibreuses qui le séparent de l'extenseur propre du petit doigt en dedans et du deuxième radial externe en dehors.
De là, il se porte en bas et se divise bientôt en trois faisceaux : un faisceau externe, destiné à l'index ; un faisceau moyen, destiné au médius; un faisceau interne, se rendant à la fois à l'annulaire et au petit doigt. — Les quatre tendons qui font suite à ces faisceaux charnus passent au-dessous du ligament annulaire postérieur du carpe et divergent ensuite pour atteindre leurs doigts respectifs. — Au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne, chacun d'eux reçoit sur ses bords des expansions plus ou moins considérables des muscles lombricaux et interosseux et se divise alors en trois languettes, l'une médiane, les deux autres latérales : la languette médiane, glissant sur la face dorsale de la première phalange, vient se fixer sur l'extrémité postérieure de la deuxième ; les deux languettes latérales se fusionnent ensemble sur la face dorsale de la deuxième phalange, pour venir se terminer sur l'extrémité postérieure de la troisième.
2" Rapports. — La face superficielle de l'extenseur commun des doigts répond à la peau, dont elle est séparée par l'aponévrose antibrachiale, le ligament annulaire postérieur du carpe, l'aponévrose dorsale de la main. — Sa face profonde recouvre successivement le court supinateur, les vaisseaux interosseux postérieurs, les muscles de la couche profonde, l'articulation du poignet, les métacarpiens et les muscles interosseux, les trois phalanges. — Son bord externe est en rapport avec le deuxième radial externe. — Son bord interne répond à l'extenseur propre du petit doigt.
Sur la face dorsale de la main, les tendons de rextenseur commun sont reliés les lins aux autres par des languettes fibreuses, à direction transversale ou oblique. Ces languettes, qui sont nettement représentées sur la figure 716, ont pour elïet, on le conçoit, de solidariser d'une façon plus ou moins complète les quatre derniers doigts dans leurs mouvements d'extension.
3" Innervation. — Le muscle extenseur commun des doigts reçoit ses rameaux nerveux de la branche postérieure du radial. Ces rameaux nerveux se détachent du tronc à sa sortie du court supinateur et disparaissent presfjue immédiatement après dans la face profonde du muscle.
4" Action. — Considéré au point de vue de son action, l'extenseur commun étend successivement la troisième phalange sur la deuxième, la deuxième sur la première, celle-ci sur le métacarpe, la main sur i'avant-bras et, enfin, l'avant-bras sur le bras.
Variétés. — Le tendon destiné au i^etit doigt peut l'aire défaut. — Macalisi'er a noté, de même, l'absence du tendon destiné à l'index. — Cliacun des tendons peut se diviser et fournir ainsi des tendons surnuméraires, qui se portent, soit sur le doigt correspondant, soit sur un doigt voisin; on a observé jusqu'à onze tendons (Rûdingeii, I^thmin). — L'extenseur commun peut fournir un tendon surnuméraire au pouce : j'en ai olîservc deux cas pour ma part (voy. à ce sujet Giiu- BF.ii, Beichert it. Du Bois-Beymond's Arch., 1875, p. 20 i, et Virchow's Arch., vol. LXXII, p. 500, et ibid.. 1879, p. 129). — Par développement exagéré des languettes fibreuses anastomotiques ci-dessus décrites, les trois tendons externes peuvent être transformés en une lame fibreuse indivise dans toute sa portion carpienne. — Le faisceau destiné à l'index peut être entièrement distinct du reste du muscle.
2° Extenseur propre du petit doigt
Situé en dedans du précédent, l'extenseur propre du petit doigt (fig. 710, 8j est un muscle long et grêle, étendu de l'épicondyle au cinquième doigt.
1" Insertions. — Il s'insère, en haut : 1 ■ sur la face postérieure de l'épicondyle par le tendon commun des muscles épicondyliens ; 2° sur l'aponévrose anlibrachiale, qui le recouvre ; 3" sur les cloisons fibreuses qui le séparent des muscles voisins.
Il se jette, en bas, sur un tendon aplati, qui est déjà très visible à la partie moyenne de l'avant-brns et que les fibres charnues accompagniMit cependant jusque dans le voisinage de l'articulation du poignet. Ce tendon terminal du muscle glisse sur la téte du