‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 15 sur 176 · STERNUM ET COTES, THORAX · texte numérisé non relu

STERNUM ET COTES, THORAX

Considérée à un point de vue général, la vertèbre, telle que nous venons de la définir, ne s'arrête pas latéralement au sommet de ses apophyses transverses. Elle est prolongée de chaque coté par deux arcs osseux, appelés côtes, lesquels, décrivant une courbe à concavité interne, se dirigent vers la ligne médiane antérieure, et, là, s'implantent de nouveau sur les parties latérales d'une deuxième colonne osseuse, le sternum, que nous pouvons considérer, avec Meckel, comme une colonne vertébrale antérieure {colonne sternébrale de l'anatomie comparée).

Ces éléments osseux complémentaires des vertèbres, sternum et côtes, existent théoriquement dans toute la hauteur de la colonne vertébrale. Mais ils ne sont bien développés, chez l'homme, qu'à la région moyenne de cette colonne, où ils constituent, avec les ver'tèbres dorsales, une large enceinte destinée à loger l'appareil cardio-pulmonaire, le thorax.

Nous décrirons séparément :

4° I.e sternum ;

t" Les côtes ;

3° Le thorax.

ARTICLE I STERM M

Impair, médian et symétrique, le sternum (de gtéovov, poitrine) est un os plat situé à la partie antérieure du thorax, en dedans des deux clavicules et des sept premières cotes, qui viennent prendre point d'aj^pui sur ses bords. Envisagé dans la série zoologique, il coexiste toujours avec l'épaule et le poumon ; autrement dit, tous les vertébrés qui possèdent un sternum possèdent aussi une épaule et un poumon. Sans épaules ni poumons, pas de sternum (A. Julien). Il est à remarquer toutefois que la réciproque n'est pas vraie et que certains vertébrés pulmonés et pourvus d'une épaule manquent de sternum.

1° Disposition générale. — Le sternum, que les anciens anatomistes comparaient à une épée de gladiateur, est primitivement constitué par une série de pièces, tout à fait indépendantes, qui se superposent les unes aux avitres comme les vertèbres et que l'on désigne, depuis de Blainville, sous le nom de sternêbres. Mais les différentes pièces sternales se soudent plus ou moins entre elles dans le cours du développement, de telle sorte que, chez l'adulte, le stei^num ne présente plus que trois segments qui sont, en allant de haut en bas : l** un segment supérieur.

OSTÉOLOGIE

que l'on désigne indistinctement soas les noms de poignée, manche, manubrium, presternum ; 2° un segment moyen, qui constitue le corps ou mésoslernuni ; 3° un segment inférieur, le moins important des trois, c'est la pointe ou xiphisternum, plus connu sous le nom à' appendice xiphoïde ou ensiforme.

Ainsi constitué, le sternum n'est pas vertical, mais obliquement dirigé de haut en bas et d'arrière en avant (fig. 91). Son axe, prolongé en haut, renconti^erait la colonne vertébrale au niveau de la troisième ou de la quatrième cervicale. Une ligne horizontale tangente à son extrémité supérieure coupe le rachis au niveau de la deuxième vertèbre dorsale. Une deuxième ligne horizontale, menée par la pointe de l'appendice xiphoïde, aboutit en arrière au disque intervertébral qui sépare la dixième dorsale de la onzième.

2" Dimensions. — Le sternum présente de 15 à 20 centimètres de hauteur. — Sa largeur maxima correspond à son extrémité supérieure ; elle est de 5 ou 6 centimètres. — Quant à son épaisseur, elle mesure de 10 à 12 millimètres à cette même extrémité supérieure, diminue ensuite graduellement jusqu'à l'articulation de la première pièce avec la seconde, augmente de nouveau pour atteindi'e vers l'extrémité inférieure du mésosternum 8 à 10 millimètres, et se réduit enfin à 2 ou 8 millimètres au niveau de l'appendice xiphoïde. — Le sternum de la femme est généralement moins large et plus long que celui de l'homme ; il est également moins oblique et se rapproche beaucoup de la verticale.

3- Forme et région. — Allongé de bas en haut et aplati d'avant en arrière, le sternum nous présente les régions suivantes : 1° deux faces, l'une antérieure, l'autre postérieure; 2'^ deux bords latéraux; 3° deux extrémités, que l'on distingue en une extrémité supérieure ou base et une extrémité inférieure ou sommet.

a. Face antérieure. — La face antérieure (fig. 89), à peu près plane transversalement (elle est pourtant légèrement bombée au niveau de la poignée), est plus ou moins convexe dans le sens vertical. Elle se trouve directement en rapport avec la peau, tout au moins sur la ligne médiane ; car, sur les côtés, elle en est séparée par les faisceaux sternaux du grand pectoral. On y remarque une série de lignes transversales, parallèles entre elles et se rendant d'un bord de l'os à l'autre. Ces lignes, dont le relief sur un sternum d'adulte s'atténue graduellement en allant de haut en bas, sont des vestiges de la soudure des difi'éi'entes pièces ([ui entrent dans la constitution primitive du sternum.

Sur certains sujets, la poignée du sternum forme avec la pièce moyenne un angle saillant en avant : c'est Vangle de Louis, dont on a voulu fîiire un signe patiiognomonique de la phtisie pulmonaire, mais qui paraît être le l'ésultat de la pression atmosphérique (Braune).

A la partie inférieure de cette face, immédiatement au-dessus de l'appendice xiphoïde, existe une dépression, la fossette sus-xiphoïdiemie (fig. 89,6), appréciable à la vue et au touclier, même sur le sujet recouvert de ses parties molles. • b. Face postérieure. — La face postérieure (fig. 90), plus ou moins concave, se met en rapport avec les viscères thoraciques. Elle présente, elle aussi, une série de lignes transversales, analogues à celles de la face antérieure, mais beaucoup moins accusées. Elles ont, du reste, la même signification.

c. Extrémité supérieure. — L'extrémité supérieure ou base nous offre, tout d'abord, une échancrurc médiane que l'on désigne vulgairement sous le nom de fourchette dit sternum (échancrure trachéale de c*>rtains auteurs). De cliaquecùté

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