STERNUM
de cette échancrure se trouvent deux facettes articulaires, allongées transversalement, qui regardent oblifjuement en haut, en dehors et un peu en arrière. Ces deux facettes, concaves dans le sens transversal, légèrement convexes dans le sens antéro-postérieur, sont destinées à s'articuler avec les clavicules : ce sont les facettes claviculaires du sternum.
d. Extrémité inférieure. — L'extrémité inférieure ou sommet est constituée par V appeiidice xipho'ide. Presque toujours cartilagineux, il présente daiis ses dimen-
Fis. 89. Fig. i)0. Fig. 91.
Sternum, lace aiilcrieurc. Sternum, l'ace postérieure. Sternum, vu par son bord droit.
1, poignée du slernimi, — -1. corps. — 3, appendice xiplioïdc. — 4, 4, faceUes claviculaires. — 5, foiirchcUe slerna!e. - 6. fossette sus-xii)lioïdienne. — 7, ligne de conjugaison de la poignée et du corps. — 8, ligne de conjugaison du cor|is et de l'appendice. — I), Irou siernal ou xiplioïdicu . — 10, écliancrurcs non articulaires ou intercostales.
I, II, m, IV, V, VI, VII, écliancrures articulaires ou costales ; entre elles se voient les écliancrures intercostales.
sions verticales les variations les pltis diverses. Sa configuration est également très variable : on a vu l'appendice xiphoïde triangulaire, ovalaire, rectangulaire, bilide, etc., on l'a vu se recourber soit en arrière, soit en avant: ou l)ien, al)andonnant la ligne médiane, se diriger, soit à gauche, soit à droite. La dernière pièce du sternum peut, enfin, être percée d'un trou, le trou sternal ou xiphoïdien (iig. 90, 9), à travers lequel le tissu ci'llulaire sous-cutané se continue liljrenient avec le tissu cellulaire du médiastin.
e. Bords latéraux. — Les bords du sternum se distinguent en bord di'oit et bord gauche. Sinueux et contournés en S italique (tîg. 89 et 90), ils nous présentent dans toute leur hauteur des échancrures, dont le nomlire total est de vingt-six, treize de chaque côté. Ces échancrures sont de deux ordres, articulaires et non articulaires. — Les échancrures articulaires, au nombre de sept, sont, comme leur nom l'indique, de véritables facettes articulaires, destinées à loger l'extrémité interne des sept premiers cartilages costaux : ce sont les échancrures costales. Elles se trouvent situées aux cxtr('mités des lignes de soudure transversales que j'ai mentionnées ci-dessus. — Les échancrures non articulaires, au nombre de six, correspondent aux espaces intercostaux : ce sont échancrures intercostales Elles alternent régulièrement avec les échancrures costales et se trouvent situées,
OSTÉOLOGIE
en conséquence, chacune entre deux Ugnes de soudure, sur le coté de la sternèbre corresiDoadante.
Connexions. — Le sternum s'articule de chaque côté, dune part avec la clavicule, d'autre part avec les sept premiers cartilages costaux.
Insertions musculaires. — Le sternum donne insertion à huit muscles, dont trois prennent
leur origine sur la poignée, quatre sur le corps, un sur les bords de l'appendice. Nous résumons ces insertions dans le tableau suivant (voy. flg. 92 et 93) :
l 1. Sterno-cléido-mastoïdien.
a.. Face antérieure . . .] -2. Grand pectoral.
Grand droit de l'abdomen.
Stcrno-cléido-hyoïdien, Sterno-thyro'idien.
Triangulaire du sternum.
Diaphragme.
Aponévrose du transverse.
b. Face postérieure
S^cnium, vue aiiléi-ieui'c. avec inseiiioiis musculaires.
Sternum, vue postérieure , avec insertions musculaires
(Pour la lé|;enJe, voir le tableau ci-contre.)
c. Appendice .rip/io'ide
Développement. — Le sternum se compose primitivement de deux moitiés symétriques, situées de chaque côté de la ligne médiane et affectant l'une et l'autre la forme d'une bandelette cartilagineuse, sur le bord externe de laquelle s'implantent les sept premières côtes. Ces deux moitiés sternales ou Iiémisternums sont séparées par un intervalle, qui correspond à la ligne médiane antérieure et qui, en persistant chez l'adulte, donne naissance à cette anomalie connue sous le nom de fissure sterwde (voy. plus bas). Les deux hémislernums se rapprochent peu à peu l'un de l'autre, entrent en contact et finissent par s'unir. De cette union résulte une lame unique, impaire et médiane : c'est le sternum cartilaf/ineuj:.
L'ossification du cartilage sternal ne commence guère f|u'au o" ou au 6" mois de la vie fœtale. Cette ossification présente des variations individuelles aussi nombreuses qu'étendues et il est bien difficile de dégager de toutes ces variations une formule générale. 11 convient d'étudier séparément la poignée, le corps et l'appendice xiphoide :
a. La poignée se développe le plus souvent par un seul point d'ossification, qui apparaît sur la ligne médiane vers la fin du 5" mois ou le commencement du 6°. Il est arrondi ou oblong transversalement et progresse avec une grande lenteur : à la naissance, il n'a encore envahi que la moitié du cartilage. Outre ce centre d'ossification, centre principal, Ramb.\ud et Renault ont signalé l'existence de deux points accessoires ou épiphysaires, répondant aux deux facettes claviculaires. Ces deux derniers points, destinés à modeler les facettes articulaires précitées, se soudent à la poignée proprement dite vers l'âge de vingt-cinq ou vingt-huit ans.
l>. Le corps se développe théoriquement par huit points d'ossification, disposés par paires en regard des espaces intercostaux. — Nous devi-ions donc rencontrer quatre groupes, comprenant chacun deux noyaux osseux, situés sur une même ligne horizontale de chaque côté de la ligne médiane. Mais l'existence de ces huit points est fort rare. Le plus souvent, pour un ou deux espaces intercostaux, les deux noyaux théoriques sont remplacés par un noyau unif(ue situé sur la ligne médiane elle-même. — Quoi qu'il en soit du nombre des points d'ossification destinés au corps, ces points se développent de haut en bas : les plus élevés se montrent du 7' au 8" mois de la vie fœtale; les inférieurs n'apparaissent qu'après la naissance, du 8" au 10^ mois. — L'évolution ultérieure de ces divers points est la suivante : les deux points latéraux d'un même groupe se soudent d'abord entre eux sur la ligne médiane {conjugaison latérale de CnuvEii.HiEii). Quand celte soudure latérale est effectuée pour les quatre groupes, le corps du sternum se compose en réalité, de quatre pièces homologues, superposées dans le sens vertical : ce sont les sternèbres /j/'àni'/ù'es, correspondant chacune à un espace intercostal. — Plus tard, ces pièces osseuses, abandonnant elles-mêmes leur indépendance, se soudent entre elles {conjugaison verticale). Nous ferons remarquer à ce sujet, que ce travail de soudure s'effectue de bas en haut, dans un ordre inverse par conséquent à celui qui préside à leur ossification. La pièce inférieure s'unit à la troisième, vers la deuxième ou la troisième année. Ce n'est guère que de vingt à vingt-cinq ans que la première pièce s'unit aux pièces suivantes.
c. L'appendice xiphoïde ne nous présente, d'ordinaire, qu'un seul point d'ossification ; il occupe la base de l'appendice et apparaît dans le cartilage à l'âge de trois ou quatre ans, quelquefois bien plus tard, à dix, douze et même dix-huit ans.
Chez l'adulte, le sternum, ainsi que nous l'avons dit plus haut, n'est plus constitué que par trois pièces, que les progrès de l'âge vont encore réduire. De cinquante à soixante ans, l'appen-