MUSCLE DU MEMBRE INFÉRIEUR
Adoptant, pour rétiido des muscles du membre inférieur, la division topographique que nous avons déjà suivie pour le membre supérieur, nous décrirons successivement et dans quatre articles distincts :
1° Les muscles du bassin; 2° Les muscles de la cuisse ; 3° Les muscles de la jambe ; i° Les muscles du pied.
ARTICLE 1 MUSCLES DU BASSIN
Abstraction faite du muscle iliaque, que nous avons réuni au psoas et décrit avec les muscles de l'abdomen, la région du bassin ou région fessière comprend neuf muscles, savoir : le grand fessier, le petit fessier ^ le moyen fessier, \e pyramidal, Vobturateur interne, Vobturateur externe, les deux jumeaux, et le carré crural. Tous ces muscles prennent naissance sur le bassin (éléments osseux, de la ceinture et sacrum) et viennent se terminer, au fémur, sur le grand trochanter ou dans son voisinage. Ce sont, abstraction faite du grand fessier, des muscles pielvitrochantériens de certains auteurs.
Le grand fessier (fig. 737, 1), le plus superficiel et le plus volumineux des muscles de la fesse, est constitué par une série de gros faisceaux juxtaposés et parallèles, dont l'ensemble affecte assez régulièrement la forme d'un losange.
1" Insertions. — Ces faisceaux, que séparent des cloisons cellulo-fibreuses dépendant de l'aponévrose superficielle, se détachent en haut : 1° de la partie la plus reculée de la crête iliaque (lèvre externe) ; 2" de la ligne courbe postérieure de l'os coxal et de la surface osseuse qui est située en arrière de cette ligne ; 3° du ligament sacro-iliaque postérieur; 4° de l'aponévrose lombaire ; 5° de la crête du sacrum et du coccyx; 6" enfin, de la face postérieure du grand ligament sacro-sciatique.
De cette vaste surface d'insertion, les faisceaux constitutifs du grand fessier se portent, obliquement en bas et en dehors et viennent se terminer sur cette ligne
MYOLOGIE
;iie âpre et que nous avons
rugueuse, qui s'étend du grand trochanter à la décrite, en ostéologie (p. 317), sous le nom de branche de bifurcation externe de la ligne âpre ou crêle du grand fessier. On voit le plus souvent les faisceaux inférieurs du muscle se fixer, non plus sur l'os, mais sur l'aponévrose fémorale.
2° Rapports. — Par sa face superficielle, le grand fessier répond à l'aponévrose et à la peau, doublée à ce niveau d'une couche cellulo-graisseuse généralement fort épaisse.
Par sa face profonde, il recouvre successivement une partie du moyen fessier,
le pyramidal, les deux jumeaux, le tendon de l'obturateur interne, le carré crural, le double paquet vasculo- nerveux qui s'échappe du bassin par la grande échancrure sciatique, le grand trochanter, l'ischion et les muscles qui s'y insèrent (demi-tendineux, demi-membraneux et longue portion du biceps). Le grand fessier glisse sur l'ischion au moyen d'une bourse séreuse à peu près constante, la bourse ischiatique.
Une deuxième bourse séreuse, placée entre sa face profonde et la face externe du grand trochanter, favorise son glissement sur cette dernière saillie osseuse :
c'est la bourse trochantérienne du grand fessier. Zo.ta l'a rencontrée 11 fois sur IS. Il existe, enfin, dans la plupart des cas, une troisième bourse séreuse, plus petite que les deux précédentes, entre le tendon du grand fessier et le vaste externe.
Le bord supérieur du grand fessier se porte obliquement de dedans en dehors et de haut en bas. Il est séparé du tenseur du fascia latapar un large triangle à base supérieure, dont l'aire est comblée par une aponévrose très résistante et, au-dessous de cette aponévrose, par le moyen fessier.
Le bord inférieur, oblique en bas et en dehors comme le précédent, soulève fortement la peau et circonscrit au-dessous de lui cette dépression linéaire connue en anatomie topographique sous le nom Ae pli fessier .
Z" Innervation. — Le muscle grand fessier est innervé par le fessier inférieur ou petit sciatique, l'une des branches collatérales du plexus sacré. Les rameaux que lui envoie ce nerf le pénètrent par sa face profonde, de préférence au voisinage de sa partie inférieure et de son bord interne.
4" Action. — Prenant son point fixe sur le bassin, le grand fessier agit sur le
Fi g.
Muscles de la fesse.
couche superficielle
1, muscîe grand fessier. — 2, muscle moyen fessier, recouvert tic son aponévi'ose, — 3, vaste externe, recouvert de son aponévrose.
— 4, longue portion du biceps. — 5, demi-tendineux. — 6, demimembraneux. — 7, grand adducteur. — 8, droit interne. — 9, portion de l'aponévrose du grand fessier, érignée et rejetée en dehors.
— L'^, quatrième vertèbre lombaire.
MUSCLES DU BASSIN
fémur, qu'il porte dans r(3xtension et dans la rotation en dehors. — S'il prend son point fixe sur le fémur préalablement immobilisé, il redresse le bassin sur les fémurs et joue un r(jle des plus importants dans la station bipède. Aussi est-ce chez l'homme que ce muscle atteint son plus haut degré de développement : comme l'a fort bien dit Jîi'ffox, les fesses n'appartiennent qu'à l'homme.
Variétés. — Mac.^mster rapporte un fait où le grand fessier, consid(érablernent réduit, s'insérait exclusivement sur les deux dernières vertèbres sacrées. — On rencontre quelquefois, le long du bord inférieur du grand fessier, un faisceau surnuméraire qui se détache du coccj'x ou de la dernière vertèbre sacrée et vient se terminer sur le fémur, au-dessous du grand fessier. Ce faisceau coccy-fémoral rappelle le caiidofémoral ou agilator caudee des mammifères à queue. — Anormalement, un petit faisceau, plus ou moins distinct du grand fessier, se rend de l'ischion au fémur. Ce faisceau surnuméraire ischio-fémoral s'observe normalement chez plusieurs singes.
Le moyen fessier (flg. 738,2) est un muscle large, épais, rayonné, situé au-dessous du précédent, qu'il déborde en haut et en avant.
1° Insertions. — Il prend naissance, en haut : h sur la lèvre externe de la crête iliaque, dans ses trois quarts antérieurs ; 2° sur l'épine iliaque antéro- supérieure et l'échancrure sous-jacente ; 3° sur la portion de la fosse iliaque externe qui se trouve comprise entre les deux lignes courbes ; 4° sur l'aponévrose fessière, dans l'espace triangulaire compris entre la crête iliaque et le grand fessier.
De ces divers points d'insertion, les divers faisceaux qui constituent ce muscle convergent vers le grand trochanter et s'y insèrent, non pas sur le bord supérieur de cette tubérosité, mais sur sa face externe, le long d'une ligne, toujours très marquée, qui est oblique de haut en p. 320 et fig. 293, 1).
Fig. 738.
Muscles de la fesse, couche profonde, après résection du grand fessier.
J, csli'fmilé supéi'ieure du grand fessier. — 1', son exlr^-mili inférieure. — 2, moyen fessier. — 3, vaste exlerne, recouvert, par l'aponévrose fémorale. — 4, biceps, — ."i, demi-tendineux. ~ 6, demi-membraneux. — 7, grand adducteur. — 8, droit interne. — 9, pjramidal. — 10, obturateur interne, avec 10', jumeau supérieur et 10", jumeau inférieur, s'insérant sur un tendon commun, H. — 12, carré crural. — 13, grand ligament sacro-sciatique. — 14, ischion. — 15, grand troclianter.
bas et d'arrière en avant (voy. Ostéologie,
2" Rapports. — Sa face superficielle répond en arrière au grand fessier, en avant au tenseur du fascia lata, à sa partie moyenne à l'aponévrose fessière. — Sa face profonde recouvre le petit fessier et une grande partie de la fosse iliac^ue externe. — Son bord antérieur repose sur le bord antérieur du petit fessier. — Son bord postérieur longe le bord supérieur du pyramidal, dont le séparent les vaisseaux et les nerfs fessiers supérieurs.
MYOLOGIE
Une bourse séreuse, plus ou moins développée suivant les sujets, sépare le tendon terminal du muscle du grand trochanter.
3'^ Innervation. — Le moyen fessier est innervé par le nerf fessier supérieur, branche du plexus sacré.
4° Action. — Pour atteindre le grand trochanter, les faisceaux antérieurs du moyen fessier suivent un trajet oblique en bas et en arrière; les faisceaux postérieurs, un trajet oblique en bas et en avant ; les faisceaux moyens s'y portent presque verticalement. Or, chacun de ces groupes de faisceaux a une action spéciale : les faisceaux antérieurs portent le fémur dans l'abduction et lui font exécuter en même temps un mouvement de rotation en dedans ; les faisceaux postérieurs sont également abducteurs du fémur, mais ils sont rotateurs en dehors ; quant aux faisceaux moyens, ils sont simplement abducteurs. Au total, le muscle, se contractant dans toute son étendue, est abducteur et rotateur en dedans, les faisceaux antérieurs, qui sont rotateurs en dedans, l'emportant par leur masse sur les faisceaux postérieurs, qui sont rotateurs en dehors.
Quand il prend son point fixe sur le fémur, le moyen fessier redresse le bassin comme le grand fessier et, s'il se contracte d'un côté seulement, il lui imprime en même temps un mouvement d'inclinaison latérale.
Variétés. — On a vu (Hexi.e, MACAMSTEFt) le. muscle moyen fossier constitué par deux faisceaux distincts. — Le muscle peut se fusionner plus ou moins intimement, soit avec le polit, fessier, soit, avec le pyramidal, soit avec le fascia lata.
3° Petit fessier
Le petit fessier (fig. 739,3) est un muscle triangulaire ou en éventail, situé audessous du précédent et s'étendant, comme lui, de l'os coxal au grand trochanter.
1° Insertions. — ■ Il s'insère, en haut : 1° sur la partie la plus antérieure de la crètc iliaque ; 2° sur toute la portion de la fosse iliaque externe qui est située en avant de la ligne courbe antérieure.
De là, les fibres de ce muscle se dirigent en convergeant, les antérieures obliquement en bas et en arrière, les moyennes verticalement en bas, les postérieures obliquement en bas et en avant. Elles se terminent toutes à la face profonde d'une lai'ge aponévrose, qui continue leur direction et se condense bientôt en un tendon fort résistant. Ce tendon terminal du muscle petit fessier se fixe au bord antérieur et un peu au bord supérieur du grand trochanter.
2" Rapports. — La face superficielle du petit fessier est recouverte dans toute son étendue par le moyen fessier. — Sa face profonde recouvre successivement la fosse iliaque externe, le tendon réfléchi du droit antérieur de la cuisse, la capsule fibreuse de l'articulation de la hanche. — Son bord antérieur est en rapport avec le bord antérieur du moyen fessier, qui le recouvre. — Son bord postérieur répond au bord supérieur du pyramidal, qui lui est adjacent.
3" Innervation. — 11 est innervé, comme le précédent, par le nerf fessier supérieur, branche du plexus sacré.
4° Action. — Le muscle petit fessier a la même action que le moyen fessier : il est abducteur et rotateur en dedans de la cuisse, quand il prend son point fixe sur le bassin ; il redresse le bassin et l'incline latéralement, quand il prend son point fixe sur le fémur.
MUSCLES DU BASSIN
Variétés. — Le petit fessier peut se fusionner, soit avec le moyen fessier, soit avec le pyramidal (Calori). — Il peut envoyer un faisceau au tenseur du fascia lata (Wai.sham), au vaste externe (Macalister). — On trouve fréquemment, le long de son bord antérieur, un petitfaisccau surnuméraire plus ou moins différencié, qui va, comme lui, s'attacher au grand trochanter (scansoritis, quatrième fessier de Haughton, muscle petit fessier antérieur, etc.). Ce faisceau existe normalement chez un gi'aiid nnmiire (]o mammifères (voy. Tkstut, Aiiom. musc.,]). .598),
4 " P Y R A .M I n A L DU BASSIN
Le pyramidal du bassin (11g. 738,9) est tm muscle aplati et triangulaire, s'étendant du sacrum au grand trochanter.
1° Insertions. — Ce muscle prend naissance sur la face antérieure du sacrum par trois ou quatre faisceaux plus ou moins distincts : ces faisceaux d'origine s'insèrent entre les trous sacrés, dans la hauteur correspondant aux deuxième, troisième et quatrième vertèbres sacrées. Il prend, en outre, quelques insertions sur la face antérieure du grand ligament sacrosciatique, ainsi que sur la partie la plus élevée de la échancrure sciatique.
De là, le muscle se porte dehors, sort du bassin par grande échancrure sciatique viént se fixer, à l'aide d'un tendon arrondi, sur la partie moyenne du bord supérieur du grand trochanter.
grande
en la et
2" Rapports. — Nous pouvons considérer au pyramidal deux portions , une portion intrapelvienne et une portion extrapelvienne. Chacune d'elles présente des rapports qui lui sont propres. — La portion intraj)elvie7ine recouvre le sacrum par sa face postérieure et répond, par sa face antérieure, au rectum, aux vaisseaux hypogastriques et aux nerfs du plexus sacré.
— La portion extra-pelvienne, intermédiaire au moyen fessier et aujumeau supérieur, recouvre la capsule fibreuse de l'articulation de la hanche et se trouve recouverte, dans toute son étendue, par le grand fessier.
Par la grande échancrure sciatique s'échappent du bassin, en même temps que le pyramidal, de nombreux organes qui présentent avec ce muscle des rapports
Fig. 739.
Muscles de la fesse, couche profonde, après résection du grand fessier et du moyen fessier.
1, insertions supérieures du grand fessier. — 1' et 1", Oitrémilé inférieure de ce nnisclc, s'aUaclianl sur le fémur cl sur l'aponévrose fémorale. — 2, insertions sui)érieures du mojen fessier. — '1\ son tendon Irochanlérien . — 3, petit fessier. — 4. pjramidal, sectionné à sa sortie du bassin. — 5, obturateur interne, avec îi', son tendon érigné en dedans pour montrer les languettes tendineuses qui s'étendent dans l'épaisseur du corps charnu. — 6, le tendon du même muscle sur lequel s'insèrent les deux jumeaux. — 7, carré crural. — 8, grand adducteur, sa portion supérieure, avec 8', sa portion inférieure ou interne. — 9, fémur. — 10, longue portion du biceps. — 11, demitendineux. — Ii, demi-membraneux. — l.'i, droit interne — 14, lubérosité de l'iscliion.
MYOLOGIE
importanls. Ce sont : J" au-dessus du pyramidal, dans la partie la plus élevée de l'échancrure, les vaisseaux et le nerf fessiers supérieurs; 2" au-dessous de lui, dans la partie la plus inférieure de l'échancrure, les nerfs grand et petit sciatiques, les vaisseaux ischiatiques, les vaisseaux et le nerf honteux internes.
3" Innervation. — J^e pyramidal du bassin est innervé par un rameau spécial du plexus sacré, \q nerf du pyramidal. Ce nerf le pénètre par sa face antérieure, au moment où il s'échappe du l)assin par la grande échancrure sciatique.
4° Action. — I^e pyramidal, prenant son point fixe sur le bassin, agit sur le
fémur, auquel il imprime un mouvement de rotation en dehors. Quand le fémUji-
est préalablement fléchi, dans la station assise par exemple, les contractions du
pyramidal le portent dans l'abduction.
Variétés. — iNous avons déjà mentionné sa Fusion possible avec le moyen fessier et le peUl l'essier. — 11 peut perdre un ou plusieurs faisceaux d'origine. Par contre, il peut présenter un faisceau surnuméraire partant, soit du sacrum, soit du coccyx. — Le pyramidal peut être traversé (26 fois sur 100 d'après G.ilori), soit par le tronc du sciatique, soit par l'une de ses branches (voy. Grand sciatique). J'ai vu, dans un cas, l'une des branches de bifurcation du sciatique passer au-dessus du pyramidal. Rappelons à ce sujet l'assertion ancienne de Rosenmui.i.iîh, à savoir que, chez les peuples du Nord, le nerf grand sciatique se bifurquerait très haut, tandis que cette bifurcation ne s'effectuerait, chez les peuples méridionaux, que dans le voisinage du creux poplité ; une pareille assertion a priori attend encore le contrôle des faits. (Voy., à. ce sujet, l'intéressant mémoire du professeur Calori) Sull'alta divisione dello isc/tialico, etc., Méni. de l'Acad. des Sciences de Bologne, IV° série, t. II, i882.)
5" Jl'm?:aux pelviens
Les jumeaux pelviens (lig. 738, 10' et 10") sont deux petits muscles légèrement aplatis d'avant en arrière, qui se portent transvei^salement du pourtour de la petite échancrure sciatique à la face interne du grand trochanter. On les distingue çn jumeau aupérieur çi jumeau inférieur.
1° Insertions. — Le jumeau supérieur prend plus spécialement son origine sur la face externe et le bord inférieur de l'épine sciatique. Le jumeau inférieur s'insère un peu plus bas, sur la tubérosité de l'ischion.
L'un et l'autre, se portant horizontalement en dehors, s'adossent par leurs bords correspondants et forment ainsi une gouttière transversale, ouverte en arrière, au fond de laquelle glisse le tendon de l'obturateur interne. Finalement, ils se jettent sur ce dernier tendon et gagnent, avec lui, la cavité digitale du grand trochanter.
Les relations des jumeaux avec l'obturateur interne sont assez intimes et assez constantes pour que nous considérions ces petits muscles, à l'exemple de plusieurs anatomistes, Meckel et Theile entre autres, comme de simples faisceaux extrapelviens de l'obturateur interne.
2' Rapports. — Entre le bassin et le fémur, leurs deux points d'insertion extrêmes, les deux jumeaux reposent sur la capsule de la hanche. Ils sont recouverts par le grand fessier, dont le séparent le grand nerf sciatique, le petit nerf sciatique et les vaisseaux ischiatiques.
3'' Innervation. — Le jumeau supérieur est innervé par un rameau spécial, issu ■du plexus sacré. Le jumeau inférieur est encore innervé par le plexus sacré au moyen d'un rameau qui lui est commun avec le carré crural.
4'^ Action. — Envisagés au point de vue de leur action, les deux jumeaux sont, comme l'obturateur interne, rotateurs de la cuisse en dehors.
MUSCLES DU BASSIN
Variétés. — L'un des doux jumeaux peut manquer. — L'un et l'autre ont été vus constitués par deux iaiseeaux. — On a signalé : 1° l'union du jumeau supérieur, soit avec le pyramidal, soit avec le petit fessier (Macalister) ; 2° l'union du jumeau inférieur avec le carré crural. — Les deux jumeaux s'enroulent quelquefois autour du tendon de l'obturateur, auquel ils forment, dans ce cas, un canal complet.
6° Obturateur interne
L'obtui^ateur interne (fig. 738/M, et 740/1) est un muscle aplati et rayonne', couché sur la face endo-pelvienne de la membrane obturatrice et s'étendant de là à la partie supéro-interne du gi^and trochanter.
1" Insertions. — 11 s'insère, en dedans : 1° sur la face interne de la membrane obturatrice (p. 558); 2° sur la face interne du corps et de la branche descendante du pubis ; 3" sur la face interne du corps et de la branche ascendante de l'ischion; i" sur cette surface quadrilatère qui s'étend, au-dessous de la ligne innominée, entre le trou obturateur et l'épine sciatique.
De cette large surface d'attache, les faisceaux de l'obturateur interne se portent tous, en convergeant, vers la petite échancrure sciatic{ue. Là, changeant brusquement de direction, ils s'infléchissent en dehors, du côté du grand trochanter. Finalement, ils viennent se fixer à la partie la plus élevée de la cavité digitale, à l'aide d'un foii. tendon arrondi, qui prend naissance à la face profonde du muscle par cinq ou six languettes div-ergentes. Ces languettes tendi-
neuses sont généralement en
Fig. 7-iO.
Muscles jumeaux et obturateurs, vue postérieure.
1, muscle obturateur interne. — 2, tendon de ce muscle, sur lequel viennent s'insérer les deux muscles jumeau supérieur .3, et jumeau inférieur 4 ; ce dernier a été excisé pour laisser voir le muscle obturateur externe .5, qui croise en arrière le col du fémur pour venir s'insérer au fond de la cavité digitale. — 0, tendon du pyramidal. — 7, lubérosité de l'iscliion. — 8, épine sciatique. — 9, artère obturatrice et nerf obturateur s'engageant dans le canal sous-^îubien . — 10, grand trochanter. — 11, petit trochanter. — 12, symphyse pubienne.
saillie sur le plan musculaire ; chacune d'elles, par conséquent, se creuse une rainure spéciale sur la petite échancrure sciatique oii elle repose.
2" Rapports. — Comme le pyramidal, que nous avons vu s'échapper du bassin par la grande échancrure sciatique, l'obturateur interne est situé dans le bassin par sa portion interne, en dehors du bassin par sa portion externe.
a. Dans le bassin, le muscle obturateur interne repose, par sa face antérieure, sûr la membrane obturatrice et sur le pourtour osseux du trou obturateur. — Sa face postérieure est recouverte par une aponévi^ose spéciale, qui se confond en haut avec l'aponévrose pelvienne et donne insertion aux fibres moyennes du muscle releveur de l'anus. Cette face constitue intérieurement la paroi externe du creux ischio-rectal, dont le releveur de. l'anus forme la paroi interne. ■ -
h. A sa sortie du bassin, l'obturateur interne .traverse un orifice ostéo-flbreux
MYOLOGIE
(petite échancrure sciatique), formé en haut par l'épine sciatique et le petit ligament sacro-sciatique, en dedans et en bas par le grand ligament sacro-sciatique, en dehors par l'ischion. A ce niveau, l'ischion, jouant le rôle de poulie de réflexion, se revêt d'une couche cartilagineuse et présente, en outre, une bourse séreuse {bourse de V obturateur interne) destinée à faciliter le glissement du muscle.
c. En dehors du bassin, le tendon de l'obturateur interne chemine entre les deux jumeaux. 11 recouvre la capsule fibreuse de l'articulation de la hanche et se trouve recouvert, à son tour, par la masse du grand fessier.
3" Innervation. — L'obturateur interne reçoit son nei^f, nerf de V obturateur interne, du plexus sacré. Ce nerf sort du bassin par la grande échancrure sciatique, y rentre de nouveau par la petite échancrure sciatique et vient se distribuer à la face interne du muscle par plusieurs rameaux divergents.
4° Action. — L'obturateur interne agit sur le fémur exactement comme s'il se
détachait de l'ischion, sur lequel il se réfléchit : congénère des jumeaux, il est
rotateur de la cuisse en dehors.
Variétés. — Peu nombreuses et peu importantes, elles se bornent à Fisolement plus ou moins complet de quelques-uns de ses faisceaux d'origine ou à l'addition de quelques faisceaux surnuméraires, provenant, suivant les cas : 1° du tendon du petit psoas; 2" de la tubérosité ischiatique: 3" de l'aponévrose pelvienne; 4° du bord inférieur de la .ligne ilio-pectinée ; 5" du ligament sacrosciatique ; 6° de la troisième vertèbre sacrée (Schwegl) ; 7° du pubis (Mac.^lister;. — Grubek {Virchoufs Arc/i., t. LXXIII, p. 342) a signalé la séparation de la portion pubio-ischiatique et de la portion iliaque.
7° Obturateur externe
L'obturateur externe (fig. 746,8) est encore un muscle aplati et rayonné, couché, comme son nom l'indique, sur la face extei'ne ou exo-pelvienne de la membrane obturatrice. Il s'étend, comme le précédent, du pourtour du trou obturateur au grand trochanter.
1° Insertions. — Il s'insère, en dedans : 1° sur la bandelette sous-pubienne (voy. Arthrologie, p. 560) ; 2° sur la face antérieure du corps du pubis ; 3° sur la branche horizontale et la branche descendante du même os ; 4° sur la branche ascendante de l'ischion, principalement à sa face antérieure, mais aussi par quelques faisceaux à sa face postérieure.
De là, ses fibres convergent en dehors, remontent obliquement le long de la face postérieure de l'articulation de la hanche et viennent se fixer, à l'aide d'un tendon arrondi (fig. 740,5), dans le fond de la cavité digitale du grand trochanter.
2° Rapports. — L'obturateur externe, contrairement à l'interne, qui est intrapelvien à son origine, est situé tout entier en dehors du bassin.
a. Dans ses deux tiers internes, il recouvre, par sa face postérieure, la membrane obturatrice et la demi-circonférence interne du trou obturateur sur laquelle il s'insère ; une nappe cellulo-adipeuse, très développée en bas et en arrière, s'interpose entre le muscle et la membrane obturatrice. Sa face antérieure est successivement recouverte par le psoas-iliaque, par le grand et le petit adducteurs, par le droit interne.
b. Dans son tiers externe, il répond, en arrière, au muscle carré crural, en avant au col du fémur et à la capsule fibreuse de l'articulation de la hanche.
3° Innervation. — Le muscle obturateur externe est innervé par le nerf obturateur, branche du plexus lombaire.
MUSCLES DU BASSIN
4» Action. — Il est, comme l'obturateur interne, rotateur de la cuisse en dehors.
Variétés. — Wood (Proc. of roy. Soc. of London, t. XVI, p. 522) a vu le muscle obturateur externe renforcé par un faisceau surnuméraire provenant du petit adducteur. — Macalister a constaté l'isolement d'un faisceau pubien par le nerf obturateur.
8" Carré crural
Situé à la partie postérieure de l'articulation de la hanche, le carré crural (fig. 739,7) est un muscle quadrilatère, constitué par une série de faisceaux parallèles qui se portent transversalement de l'ischion au fémur.
1° Insertions. — Ces faisceaux prennent naissance, en dedans, sur le bord externe de la tubérosité ischiatique, un peu au-devant du demi-membraneux. En dehors, ils s'insèrent à l'extrémité supérieure du fémur, non pas à la crête intertrochantérienne, mais un peu en dehors de cette crête, sur une ligne à peu près verticale qui fait suite au bord postérieur du grand trochanter.
2" Rapports. — Il est en rapport, en arrière : 1° avec le grand fessier, qui le recouvre ; 2" avec les nerfs grand et petit sciatiques et les vaisseaux ischiatiques, qui le croisent verticalement. — En avant, il répond à la capsule articulaire, au petit trochanter et au tendon de l'obturateur externe. — Son bord supérieur répond au jumeau inférieur; son bord inférieur, au grand adducteur de la cuisse.
3" Innervation. — Le muscle carré crural est innervé par un rameau qui émane du plexus saci^é. Ce rameau, comme nous l'avons déjà dit plus haut, lui est commun avec celui du muscle jumeau inférieur.
4" Action. — Il est rotateur de la cuisse en dehors.
'Variétés. — Le carré crural peut faire défaut (une fois sur 105 sujets, d'après Hallet) ; dans ce cas, les jumeaux « ont plus de volume » (Theile). — On l'a vu divisé en plusieurs faisceaux distincts. — Il s'unit quelquefois, soit avec le jumeau inférieur, soit avec le grand adducteur.
9° vVponévrose de la fesse
Sur les masses musculaires que nous venons de décrire s'étale une lai^ge aponévrose, dite aponévrose fes&ière. Détachée de la crête iliaque et du bord postérieur du muscle tenseur du fascia lata, cette aponévrose recouvre tout d'abord le moyen fessier, au niveau duquel elle présente une épaisseur considérable, et atteint bientôt le bord antéro-supérieur du grand fessier. Là, elle se divise en trois feuillets superposés : un feuillet superficiel, un feuillet moyen et un feuillet profond.
Le feuillet profond continue à recouvrir le moyen fessier, en s'amincissant graduellement. Au niveau du pyramidal et des muscles qui lui font suite, il n'est plus qu'une simple toile celluleuse, difficilement isolable par la dissection.
Fig. 741.
Coupe transversale de la région fessière suivant un plan perpendiculaire aux fibres du grand fessier.
1, Crète iliaque. — 1', fosse iliaque interne. — 1", li»ne inuominée. — 1"', partie inférieure de la coupe, intéressant le bord postérieur de l'os coxal à deux centimètres au-dossous de l'épine sciatique. — 2, petit fessier. — 3, moyen fessier. — 4, grand fessier. — o, obturateur interne. — G, jumeau supérieur.
— 7, jumeau inférieur. — 8, pyramidal.
— 9, peau. — iO, tissu cellulaire souscutané. — 11, aponévrose du grand fessier, envoyant 12, un double prolongement au-dessous de ce muscle. — 13, couche cellulo-graisseuse sous-fessière
— N, nerf grand sciatique.
MYOLOGIE
Le feuillet moyen, également fort mince, tapisse la face profonde du grand fessier jusqu'au bord postéro-inférieur de ce muscle, où il s'unit avec le feuillet suivant, pour former au grand fessier une gaine complète.
Le feuillet superficiel, enfin, recouvre la face superficielle du grand fessier dans toute son étendue. Sur le pourtour de ce muscle, ce feuillet s'attache successivement sur la crête sacrée, sur le coccyx et sur le ligament sacro-sciatique. En bas et en dehors, il se continue directement avec l'aponévrose fémorale.
En avant du grand fessier se trouve une nappe cellulo-graisseuse, souvent très développée, qui communique : 1° avec le bassin, par la grande échancrure sciatique ; 2° avec la fosse ischio-rectale, par la petite échancrure sciatique ; 3" avec le tissu cellulaire sous-aponévrotique de la cuisse, le long du nerf grand sciatique. Ces relations, on le conçoit, ont, en pathologie, une importance considérable (voy., à ce sujet, les Traités d'anatomie topographique).