APONÉVROSE DE LA CUISSE
fibreux. Puis, se portant en dehors, elle vient se fixer successivement : 'l"à la ligne rugueuse qui va du petit trochanter à la ligne âpre ; 2° à la lèvre interne de la ligne âpre ; 3° à la branche de bifurcation inférieure et interne de cette même ligne âpre ; 4° au tubercule condylien du troisième adducteur. — La cloison intermusculaire externe (flg. 750, 3) prend naissance sur le côté externe du manchon fémoral et se fixe, d'autre part : 1° sur la ligne rugueuse qui descend (lu grand trochanter vers la ligne âpre ; 2" sur la lèvre externe de la ligne âpre; 3' sur la branche de bifurcation inférieure et externe de cette même ligne âpre, qui la conduit ainsi jusqu'au condyle externe.
b. Loges musculaires. — Il résulte d'une pareille disposition que la cavité cylindrique circonscrite par l'aponévrose fémorale est réellement divisée en deux portions ou loges, une loge antérieure et une loge postérieure, séparées l'une de l'autre par le fémur et par les deux cloisons intermusculaires qui y aboutissent. Ces deux loges correspondent exactement aux deux loges (lu bras, avec cette différence, résultant de la rotation en sens inverse du fémur et de rhumérus (voy. p. 375), que la loge antérieure du bras a pour homologue la loge postérieure de la cuisse et vice versa.
La loge antérieure est occupée par le couturier, le tenseur du fascia lata et les quatre portions du quadriceps. Dans la loge postérieure sont contenus tous les autres muscles de la cuisse. Une troisième cloison interniusculaire, beaucouji plus mince que les précédentes, isole, dans cette loge postérieure, le biceps, le demi-tendineux et le demi-membraneux, du droit interne et des adducteurs.
C'est en nous basant sur l'existence de ces deux loges que nous avons divisé, dans le présent chapitre, les muscles de la cuisse en deux régions seulement, une région antéro-externe et une région postéro-interne.
5" Structure. — Au point de vue de sa structure, l'aponévrose fémorale, beau-, coup plus épaisse en dehors qu'en dedans, est constituée par deux ordres de fibres : des fibres longitudinales, qui se dirigent parallèlement à l'axe du membre; des fibres circulaires, qui croisent les premières perpendiculairement et s'entrelacent avec elles. Nous avons déjà vu, et nous le rappellerons ici en passant, que des expansions tendineuses du grand fessier, du demi-tendineux et du demimembraneux venaient s'épanouir sur cette aponévrose et la ren foreraient.
6" Gaine des vaisseaux fémoraux. — A l'aponévrose fémorale se rattache la gaine des vaisseaux fémoraux. Nous la décrirons ici succinctement, renvoyant aux traités d'anatomie médico-chirurgicale pour l'étude détaillée de cette formation
L'aponévrose féinorulo, vue sur une coupe transversale passant par la partie moyenne de la cuisse.
1, fémui-, avec 1', sa ligne ùprc. — 2, aponévrose fémorale. — 3, cloison inlernuisculaire externe. — 4, cloison interrnusculaire interne. — a, loge musculaire antérieure. — 0, loge musculaire postérieure. — 7, peau. — 8, tissu cellulaire sous-cutané. — 0, veine sapliùne interne. — 10, 10'. nerfs superficiels. — il, arlèrc et veine fémorales, avec le nerf saphènc interne. — 12, nerf sciatique, avec son paquel vasoulaire.
MYOLOGIE
anatomique, sur laquelle anatomistes et chirurgiens ont tant écrit et sont encore si peu d'accord. En débouchant du bassin par l'anneau crural (voy. p. 820), les vaisseaux fémoraux sont reçus dans une gaine fibreuse, qui les accompagne dans tout leur trajet fémoral jusqu'à l'anneau du troisième adducteur, au delà duquel ils prennent le nom de vaisseaux poplités. Cette gaine, dépendance de l'aponévrose de la cuisse, insérée en haut sur le pourtour de l'anneau crural, confondue en bas avec le pourtour de l'anneau de l'adducteur, diffère beaucoup, comme constitution et comme dimensions, selon qu'on l'envisage dans sa partie supérieure, dans sa partie moyenne et dans sa partie inférieure, a. Partie supérieure. — Dans sa 5 partie supérieure {portion correspondant au triangle de Scarpa), la gaine des vaisseaux fémoraux est
prismatique triangulaire. Elle est constituée comme suit (fig. 751). — Sa paroi antérieure n'est autre que l'aponévrose fémorale elle-même, tendue entre le couturier et le premier adducteur, et présentant à ce niveau de nombreux orifices pour le passage des vaisseaux et des nerfs : c'est le fascia cribriformis.
— Sa paroi postéro-externe est formée par un feuillet aponévrotique qui descend de l'aponévrose fémorale, au moment où celle-ci abandonne le bord interne du couturier pour se diriger vers le premier adducteur. Ce feuillet se porte en bas et en dedans, rencontre bientôt le fascia iliaca qui n'est autre que l'aponévrose d'enveloppe du psoasiliaque et se confond avec lui. — Sa paroi postéro-interne est formée, de même, par un feuillet aponévrotique qui se détache de' l'aponévrose fémorale, au moment où elle abandonne le premier adducteur pour se diriger vers le couturier. Ce feuillet descend vers le pectine et se confond avec l'aponévi^ose qui recouvre ce muscle.
Les deux parois postéro-externe et postéro-interne marchent ainsi à la rencontre l'une de l'autre : elles se réunissent et se fusionnent intimement au niveau du point où les deux muscles psoas-iliaque et pectiné se juxtaposent par leurs boi^ds.
Cette première portion, qui fait suite à l'anneau crural et que nous désignerons sous le nom de canal crural^ est fort large. Le tiers externe est occupé par l'artère, le tiers moyen par la veine. Quant au tiers interne, qui ne loge que quelques vaisseaux et ganglions lymphatiques, il constitue là, en dedans de la veine,
' Certains anatomistes, il est peut-être bon de le rappeler, réservent le nom de canal crural à la partie la plus interne de la gaine des vaisseaux fémoraux, à cette portion qui est occupée par les lymphatiques et que nous décrirons tout à l'heure sous le nom A'infundihulum crural.
Fig. 731.
L'artère fémorale, vue sur une coupe transversale de la cuisse passant par le tiers inférieur du triangle de Searpa (côté droit, segment supérieur de la coupe, -^).
I, fémur scié au niveau du petit troclianter. — 2, couturier. — 3, droit antérieur. — 4, psoas-iliaque. — 5, pectiné. — G, moyen adducteur. — 7, court adducteur. — 8, grand adducteur. — 9, vaste externe et crural.
a, artère fémorale. — 6. veine fémorale. — e, artère fémorale profonde. — rf, veine fémorale profonde. — e, veine sapliéne interne. — /, nerf saphène. — 9, aponévrose superficielle. — h, ganglion lymphatique superficiel.
comme un espace inoccupé, tout préparé, qu'on me permette cette expression, pour recevoir les hernies crurales : cet espace libre, plus large en haut qu'en bas, a la forme d'un entonnoir et a reçu, pour cette raison, le nom à'infundibulum ou A'entonnoir crural. — Sa base, dirigée en haut, correspond à la partie interne de l'anneau crural et se trouve séparée du bassin par une cloison fibreuse, que nous avons déjà décrite sous le nom de sepluni crural (voy. p. 822). — Son sommet, dirigé en bas, se termine en cul-de-sac, au point où la veine saphène interne perfore la gaine des vaisseaux pour se jeter dans la veine fémorale. — L'infundibulum crural varie naturellement dans sa longueur, comme la terminaison de la saphène qui le limite en bas : cette longueur est, en moyenne, de 3 à 4 centimètres.
b. Partie moyenne. — Dans sa portion moyenne, la gaine des vaisseaux fémoraux est beaucoup moins résistante, presque celluleuse. Conservant encore sa configuration triangulaire, elle est constituée : 1° en avant, par le feuillet de l'aponévrose fémorale qui tapisse la face profonde du couturier; 2° en dedans, par la cloison intermusculaire interne ; 3° en dehors, par la gaine du vaste interne.
c. Partie inférieure . — Dans sa portion inférieure, la paroi antérieure de la gaine des vaisseaux fémoraux se trouve renforcée par tout un système de fibres arciformes fort résistantes, qui, de la cloison intermusculaire interne et des tendons des adducteurs, se portent vers le vaste interne. L'artère et la veine fémorales cheminent là dans un véritable canal fibreux, qui précède l'anneau du troisième adducteur : c'est le canal de Hunter {canal des adducteurs de Till.\ux}. Ce canal mesure de 5 à 6 centimètres de hauteur, suivant les sujets. Il nous présente en bas, au moment oîi il aboutit à l'anneau du troisième adducteur, un petit orifice situé en avant et en dedans, destiné à livrer passage à l'artère grande anastomotique, qui provient de la fémorale, et au nerf saphène interne, qui a pénétré dans la gaine des vaisseaux au sommet du triangle de Scarpa.
ARTICLE m MUSCLES DE LA JAMBE
Les muscles de la jambe sont au nombre de quatorze, groupés en trois régions, savoir :
1° Une région antérieure ; 2° Une région externe ; 3» Une région postérieure.
§ I. — IIÉGION ANTÉRIEURE
La région antérieure comprend quatre muscles, qui sont : le janibier antérieur., Vextenseur commun des orteils, Vextenseur propre du gros orteil, le péronier antérieur. Ces quatre muscles reposent sur la face antérieure du ligament interosseux, dans le vaste espace qui se trouve compris entre le bord antérieur du tibia et le bord antérieur du péroné.
i° Jambier antérieur Le plus interne de la région, le jambier ou tibial antérieur (fig. 752,1) est un
MYOLOGIE
muscle volumineux, prismatique et triangulaire, s'étendant de l'extrémité supérieure du tibia au bord interne du pied.
1" Insertions. — Il prend naissance, en haut : 1° sur la tubérosité antérieure et sur la tubérosité externe du tibia, principalement sur le tubercule, souvent très volumineux, qui est situé entre l'une et l'autre et qui, pour cette raison, porte le nom de tubercule du jambier antérieur; 2" sur la face externe du tibia, dans ses deux tiers supérieurs; 3° sur la partie interne du ligament interosseux ; 4° à la face profonde de l'aponévrose jambière qui le i^ecouvre ; o° sur la cloison fibreuse qui le sépare de l'extenseur commun des orteils.
De ces nombreuses surfaces d'implantation, les faisceaux constitutifs du muscle se portent verticalement en bas et se jettent, à la partie inférieure de la jambe, sur un fort tendon, lequel passe sous le ligament annulaire antérieur du tarse (voy plus loin, p. 968) et vient s'attacher à la fois sur le premier cunéiforme et sur l'extrémité postérieure du premier métatarsien.
2° Rapports. — Les rapports du jambier antérieur varient suivant la région où on le considère :
a. A la janibe^ il est en rapport : en avant, avec l'aponévrose et la peau; en arrière, avec le ligament' interosseux; en dedans, avec le tibia; en dehors, avec l'extenseur commun des orteils d'abord et, plus bas, avec l'extenseur propre du gros orteil. L'artère tibiale antérieure, avec ses deux veines et le nerf de même nom, est située sur le côté postérieur et externe du jambier antérieur, qui est appelé pour cette raison son muscle satellite.
h. Alt pied, le tendon du jambier antérieur, se dégageant du ligament annulaire, se porte obliquement en bas et en dedans. En avant, il répond dans toute son étendue à l'aponévrose et à la peau. En arrière, il croise successivement l'articulation tibio-tarsienne, l'astragale, le scaphoïde et le premier cunéiforme : une petite bourse séreuse le sépare souvent de ce dernier os.
3" Innervation. — Il est innervé par le nerf tiblal antérieur, l'une des deux branches terminales du sciatique poplité externe. Il reçoit, en outre, à sa partie toute supérieure, un petit rameau qui lui vient directement du sciatique poplité externe avant sa bifurcation.
4° Action. — Le jambier antérieur, prenant son point fixe sur le tibia, agit sur le pied, auquel il imprime trois ordres de mouvements : 1" il le fléchit sur la jambe; 2" il le rapproche de la ligne médiane; 3° il lui fait exécuter un mouvement de rotation en dedans. Il est donc à la fois fléchisseur, adducteur et rotateur en dedans.
B, Dtvv
Fig. 752.
Muscles de la région antérieure de la jambe.
1, jambier anU-rieur, avec 1', sou tendon à la région dorsale du pied.
— extenseur du gros orteil, avec 2', son tendon à la région dorsale du pied. — 3, extenseur commun des orteils, avec 3', ses tendons à la région dorsale du pied. — 4, long péronier latéral, avec 4', son tendon.
— 5, court péronier latéral. — 6, péronier antérieur, avec C, son tendon. — 7, (ace interne du tibia — 8, soléaire. — 0, 9', jumeau externe et jumeau interne. — 10, long fléchisseur des orteils et jambier postérieur. — 11, pédicux.
Variétés. — Le tendon inférieur peut èlrc divisé en deux faisceaux, un faisceau pour le métatarsien, un faisceau pour le cunéiforme. Cette division, fort variable en étendue, peut remonter Jusqu'au corps musculaire et intéresser même ce dernier. C'est là une disposition simienne des plus intéressantes : le jambier antérieur est en effet la réunion des deux nmscles, fusionnés chez l'homme, distincts chez les singes, dont l'un (le tibial antérieur proprement dit) s'insère au premier cunéiforme et l'autre (le long abducteur du gros orteil) se fixe au premier métatarsien (voy. à ce sujet Tricot, Parallèle analomique des extenseurs du pied chez l'homme et chez les singes, Th. Bordeaux, 1884). — On a vu le jambier antérieur présenter des faisceaux d'altaches surnuméraires : 1° sur la première phalange du gros orteil ; 2° sur le ligament antérieur du tarse et les aponévroses dorsales du pied [muscle tibio-aponévrotique); 3° sur l'astragale et le calcanéum (voy. Grubeiî, Arch. f. Anat. nnd Pfiys.) ; 4» sur le col de l'astragale et sur la partie antérieure de la synoviale tibio tarsienne (Antonklli) ; 5» sur l'aponévrose plantaire (Wood). — Blandin {Anat. topog., 1834, p. 628) a observé un faisceau surnuméraire fort singulier, qui se rendait de l'extrémité supérieure du tibia à l'extrémité' inférieure du même os.
2° Extenseur comaiux des okteils
Situé en dehors du précédent, l'extenseur 'commun des orteils (fig. 752,3) est un muscle aplati de dehors en dedans, s'étendant de l'extrémité supérieure de la jambe aux quatre derniers orteils.
1° Insertions, — 11 s'insère, en haut : 1° sur la. tubérosité externe du tibia ; i° sur les deux tiers supérieurs de la face ■ interne du péroné ; 3° sur la partie externe du ligament interosseux; 4° à la face profonde de l'aponévrose jambière; 5° sur les cloisons fibreuses qui le séparent du jambier antérieur en dedans et du long péronier latéral en arrière.
De ces nombreuses surfaces d'attache, les divers faisceaux constitutifs de l'extenseur commun se portent en bas et se jettent sur un fort tendon, qui apparaît . tout d'abord sur le bord antérieur du muscle. Ce tendon (flg. 753,3) glisse audessous du ligament annulaire antérieur du tarse et se divise bientôt après en quatre branches ou tendons secondaires, lesquels se dirigent, en divergeant, vers les quatre derniers doigts.
Chacun d'eux, arrivé au niveau de l'articulation métatarso-phalangienne correspondante, se divise en trois languettes, une médiane et deux latérales. La languette médiane, glissant sur la face dorsale de la première phalange, vient se fixer sur l'extrémité postérieure de la deuxième phalange ou phalangine. Quant aux deux languettes latérales, elles se fusionnent ensemble sur la face dorsale de cette deuxième phalange, pour venir se terminer sur la face postérieure de la troisième ou phalangette.
Pied,
Fig 753.
vu par sa face dorsale.
I, 1, jambier antérieur. — 2, extenseur propre du gros orteil, avec 2", un tendon surnuméraire pour la première phalange. — 3, 3, long extenseur commun des orteils. — 4, 4, péronier antérieur. — j, court péronier latéral. — û, long péronier latéral. — 7, 7, pédieux. — 8, adducteur du gros orteil. — y, abducteur du petit orteil. — 10, malléole interne. — H, malléole externe. — 12, ligament annulaire antérieur du tarse. — 13, aponévrose dorsale du pied.
MYOLOGIE
2° Rapports. — Nous les examinerons successivement, comme pour le muscle précédent, à la jambe et au pied :
a. A la jambe, l'extenseur commun est en rapport : en avant, avec l'aponévrose et la peau; en arrière, avec le péroné et le ligament interosseux; en dedans, avec le
jambier antérieur d'abord et, plus bas, avec l'extenseur propre du gros orteil ; en dehors, avec le groupe des péroniers. Le paquet vasculonerveux (artère tibiale antérieure^ veines et nerf homonymes) longe tout d'abord le côté postéro-interne de l'extenseur commun des orteils; puis, il se sépare de ce dernier muscle pour venir se placer en dedans de l'extenseur propre du gros orteil, entre celui-ci et le jambier antérieur.
b. Au pied, les quatre tendons du muscle, recouverts par la peau et l'aponévrose superficielle, recouvrent, à leur tour, le muscle pédieux et les différentes phalanges sur lesquelles ils s'insèrent.
3° Innervation. — Le mode d'innervation de l'extenseur commun des orteils est exactement le même que celui du jambier antérieur. Il est innervé à la fois : 1° par des rameaux issus du sciatique poplité externe avant sa bifurcation ; 2° par des rameaux issus du tibial antérieur.
4° Action. — L'extenseur commun des orteils exerce tout d'abord son action sur
les quatre derniers orteils, qu'il incline (extension) sur le dos du pied. Agissant
secondairement sur le pied : i° il le fléchit sur la jambe; 2° il le porte un peu en
dehors; 3° il lui imprime un léger mouvement de rotation en dehors. Auxiliaire du
jambier antérieur au point de vue de la flexion, il lui est antagoniste au point de
vue des mouvements latéraux.
Variétés. — Il n'est pas rare de voir un ou plusieurs tendons se dédoubler. — La présence d'un tendon surnuméraire pour le gros orteil {muscle extenseur des cinq doigts) a été notée par WooD {loc. cit.) et par Gruber (Reichert u. Du Bois-Raymond' s Arch., 1875, p. 204). — Sur le métatarse, les tendons peuvent être réunis par des languettes fibreuses. — On a noté l'union de l'extenseur commun, soit avec l'extenseur propre, soit avec le pédieux. — On a signalé des tendons surnuméraires pour le premier métatarsien, pour le cinquième, pour le quatrième. — On a observé, comme muscle distinct : un extenseiu^ propre du deuxième orteil, homologue de l'extenseur pi'opre de l'index (Meckel, Chudzinski, Gruber, moi-même). — Ghudzinski a vu la masse de l'extenseur commun divisée en deux portions distinctes, l'une interne pour les deuxième et troisième orteils, l'autre externe pour les troisième et quatrième. — Woon (loc. cit.) a vu le faisceau extenseur du petit orteil se séparer complètement du reste du muscle.
3" Extenseur propre du gros orteil
L'extenseur propre du gros orteil (fig. 752,2 et 755,3) est profondément situé entre les deux muscles que nous venons de décrire. Recouvert par eux à son origine, il ne s'en dégage qu'à la pai^tie inférieure de la jambe.
Fig. 754.
Coupe transversale de la jambe passant par l'union du tiers moyen avec le tiers inférieur.
1, tibia. — 2, péroné. — 3, membrane interosseuse. — 4', jambier antérieur. — 5, extenseur propre du gros orteil. — 6, extenseur commun des orteils. — 7, long péronier latéral. — 8, court péronier latéral. — 9, fléchisseur propre du gros orteil. — 10, jambier postérieur. — 11, fléchisseur commun des orteils. — 12, soléaire. — 13, artère tibiale antérieure, avec veines et nerf . — 14, vaisseaux tibiaux postérieurs homonymes. • — 15, vaisseaux péroniers. — 16, nerf tibial postérieur. — 17, veine saphène interne .
RÉ(jION AÏXTÉUIEUUE DE LA JAMBE
l*' Insertions. — Il s'attache, en haut : 1° sur la face interne du péroné, dans son tiers moyen; sur la portion attenante du ligament interosseux. Il reçoit, en outre, dans le voisinage du tarse, un petit faisceau de la face interne du tibia.
En bas, son tendon terminal passe tout d'abord, comme celui de l'extenseur
commun, sous le ligament annulaire et arrive ainsi à la face dorsale du pied.
()l)liqiiant alors un peu en dedans, il longe le bord interne du pied et, finalement,
vient se fixer à la fois sur la phalange métatarsienne et sur la phalange unguéale
du gros orteil. Celte insertion terminale se fait, soit par un tendon, soit par une
expansion fibreuse, sur la partie supérieure et postérieure de la phalange.
C'est à tort que nos traités classiques font insérer le tendon de l'extenseur propre exclusivement sur la deuxième plialange du gros orteil : il se termine le plus souvent (54 fois sur 100) sur les deux phalanges ; l'insertion exclusive à la deuxième phalange constitue l'exception. Une Iiareille conclusion ressort des dissections de Gruber (Arch. f. Anat. und Physiol.. 1875, p. 565) et de Calori (Mem. delV Accademia de Boloçina, série II, t. VU, p. 35), ainsi que de nos propres l'echerches. Galori considère comme fort rares les cas où le tendon do l'extenseur du gros orteil ne présente aucune -connexion avec la prcjnière plialange.
2° Rapports. — Us sont différents à la jambe et au pied :
a. A la jambe, l'extenseur propre est en rapport : en dedans, avec lejambier antérieur; en dehors, avec l'extenseur commun; en arrière, avec le péroné et le ligament interosseux; en avant, avec le jambier antérieur et l'extenseur commun dans sa partie sui^érieure, avec l'aponévrose et la peau dans sa partie inférieure.
b. Aïo pied, il longe le bord interne du pédieux, recouvert par la peau et l'aponévrose superficielle, recouvrant à son tour et successivement le tarse, le métatarse et le gros orteil. L'artère tibialc antérieure est placée, à la jambe, sur le côté interne de l'extenseur propre du gros orteil; au niveau de l'articulation tibiotarsienne, elle le croise obliquement de haut en bas et de dedans en delaors, de telle sorte qu'à la face dorsale du pied, la pédieuse, qui fait suite à la tibialc antérieure, occupe le coté externe du tendon de l'extenseur propre.
3" Innervation. — L'extenseur propre du gros orteil est innervé par le tibial antérieur, branche de bifurcation du sciatique poplité externe.
4" Action. — Ce muscle étend, tout d'abord, les phalanges du gros orteil sur le métatarse. Agissant ensuite sur le pied : 1° il le fléchit; 2° il le porte en dedans; 3° il lui imprime un léger mouvement de rotation en dedans. L'extenseur propre du gros orteil devient ainsi l'auxiliaire du jambier antérieur.
Variétés. — Le tendon terminal est souvent double : la division du tendon peut remonter jusqu'au corps musculaire et isoler même de véritables muscles surnuméraires. — Ces muscles ou tendons surnuméraires s'insèrent, suivant les cas : 1° sur la première phalange du gros oi'teil ; 2° sur le premier métatarsien ; 3° sur le deuxième orteil (un cas do Chudzinski sur un nègre). — Ces divers tendons surnuméraii'es peuvent apparaître simultanément sur le même sujet, constituant ainsi de nombreuses variétés : tel est l'extensor tricaudatus do Gruber (voy. à ce sujet Gruber, Ueber die Var'ietdten d. Musc. E.vlensor hcdliicis longus, Arch. f. Anat. u. Phvs.. 1875).
4'-' l'ÉKONIEU ANTKlUKrii
Le péronier antérieur (fig. 752,6 et 753,4) est un muscle aplati transversalement et généralement fort mince, occupant la partie inférieure et externe de la région. Il est situé immédiatement en dehors de l'extenseur commun des orteils, avec lequel il est intimement confondu à son origine.
1" Insertions. — 11 prend naissance, en haut, sur la face antérieure du péroné, dans sa moitié inférieure. — De là, ses fibres, se portant en bas et en avant, se
ANATOUUÎ IIUMAINIÎ. — T. I, 4'^ liorr. 120
MYOLOGIE
jettent à la manière des barbes d'une plume sur le bord postérieur d'un tendon, lequel glisse sous le ligament annulaire antérieur du tarse et vient se fixer, par une extrémité élargie, sur la base du cinquième métatarsien.
2' Rapports. — Ils diffèrent, comme pour l'extenseur propice du gros orteil, à la jambe et au pied :
a. A la jambe, le péronier antérieur est en rapport : en avant, avec l'aponévrose et la peau: en arrière, avec le péroné; en dedans, avec l'extenseur commun des orteils ; en dehors, avec les péroniers latéraux.
b. Au pied, le muscle, recouvert par l'aponévrose et la peau, recouvre à son tour le pédieux, dont il croise très obliquement la face superficielle.
3" Innervation. — Le péronier antérieur est innervé comme l'extenseur commun des orteils, par le nerf tibial antérieur.
4" Action. — Auxiliaire puissant de l'extenseur commun des orteils, dont il n'est pour ainsi dire qu'un simple faisceau, il agit sur le pied, qu'il porte à la fois dans la flexion, l'abduction et la rotation en dehors.
Variétés. — Lo péronier antérieur peut être réduit à un simple tendon. — Il peut disparaître entièrement (10 fois sur 102 sujets, ^VoOD). — Il peut être double, cette duplicité portant, soit sur le tendon seulement, soit à la fois sur le tendon et lo corps musculaire. L'insertion du tendon surnuméraire se fait alors, suivant les cas : 1° sur le cinquième métatarsien; 2° sur le ([uatrième métatarsien ; 3° sur le quatrième espace interosseux ; 4° sur l'une dos phalanges du cinquième orteil ou bien sur le t'^ndon que l'extenseur commun envoie à cet orteil.