‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 17 sur 176 · STERNUM · texte numérisé non relu

STERNUM

dice xiphoïde se soude au corps et, dans l'extrême vieillesse, de soixante-cinr[ à soixante-quinze ans, la poignée elle-même finit par perdre son indépendance. Il est h remarquer, toutefois, que la soudure complète du corps et de la poignée est lort rare : il résulte, en effet, d'une statistique de Gkay, qu'elle ne se rencontre que quatre ou cinq fois sur 70 sujets âgés de plus de soixante ans, soit une proportion de 6 ou 7 p. 100.

Dans les ditl'érents ordres de Primates, placés au-dessous de l'iiomme, les différentes sternèbres qui constituent le wé.sos/e/vî«?)) se soudent moins profondément ^ ^

c[ue chez nous. C'est ainsi que nous en trouvons encore trois chez ' l'orang et le chimpanzé, trois ou quatre chez le gorille, six chez le magot; seul, le sternum du gibbon est conformé d'après le type humain et ne présente qu'une seule pièce (Bnoc.\). La mulliplicité des pièces constituantes du sternum, chez l'homme, acquiert donc toute la valeur d'un caractère simien.

(.\u sujet du développement du sternum, voyez Rvge, Morph. Jalirb.. t. VI.)

■Variétés. — Les différentes formes anormales du sternum sont le résultat d'un arrêt de développement. Les deux moitiés du sternum ne se fusionnent qu'incomplètement sur la ligne médiane : de là, la production, entre les deux, d'un vide respecté par l'ossification et désigné en tératologie, suivant ses dimensions, sous les noms de /a'rt/;/.sou de fissure. La fissure est dite simple quand elle se limite à l'os et que les parties molles ([ui la recouvrent sont normalement développées ; elle est compliquée de hernie du cœur ou ectopie cardiaque, quand l'arrêt de développement a frappé en même temps les téguments. Dans le premier cas, le cœur bat sous la peau, entre les deux moitiés du sternum; dans le second, le cœur, revêtu ou non de son péricarde, est entièrement à découvert. Si la fissure simple n'est pas incompatible avec la vie, la fissure compliquée d'ectopie cardiaque entraîne rapidement la mort. II n'est pas inutile de faire remarquer que cette indépendance complète ou incomplète des deux moitiés latérales du sternum, anormale chez l'homme, se rencontre normalement dans quelques espèces animales, notamment chez le cachalot (Floweh). Le cochon présente, lui aussi, pendant fort longtemps une suture médiane et, chez l'orang-outang, charpie segment transversal du mésosternum est formé de deux pièces homologues qui restent indépendantes jusqu'à l'àge où l'animal a atteint la moitié de sa taille (Fi.owei!).

Un degré moins avancé de l'anomalie précédente est la réunion, sur la ligne médiane, de deux ou plusieurs pièces homologues par des synchondroses verticales.

La longueur de l'appendice xipho'ide est fort varialde. On l'a vu manquer entièrement, et il résulte d'une observation de Di;s.\ult (Gavard, Trailé d'o.s/éolor/ie, 180.5) que le xiphisternum peut descendre jusqu'à l'ouibilic.

OEhl et, après lui Ruge, ont signalé sur l'appendice xipho'ùle des restes de l'extrémité antérieure des 8" et 9" côtes, lesquelles ont perdu aujourd'hui, chez rhomme, toutes espèces de relation avec le sternum.

On rencontre parfois, sur l'angle supérieur du manulirium, un pietif prolongement osseux, fusionné ou articulé avec lui : il représente le vestige de l'extrémité sternale d'une cote rudimentaire, qui est, selon le cas, ou la première tlioraciijue, ou bien la dernière cervicale. Cet élément costal du sternum est constitué parfois par un simple noyau cartilagineux. Nous ajouterons que, d'après Leboucq, le manubrium sternal reuferiiierait constamment, à l'état embryonnaire, l'extrémité antérieure de la septième côte cervicale.

Os suprasternaux. — Ce sont deux petites masses osseuses plus ou moins arrondies que l'on rencontre qiiclrpicfois sur le bord supérieur du sternum, de chaque côté de la fourchette, à laquelle elles sont reliées, soit par une lame cartilagineuse, soit par le ligament iuterarticulaire. Les os suprasternaux ont été décrits pour la première fois par BiiESCHEr {Recherches sur différentes pièces du squelette des animauj: vertébrés encore peu connues, 1838), qui les considéra à tort comme des rudiments de côtes cervicales. Luschka (Denkschr. d. /■. Acad. :u Wien, Bd. XVI) ne voit dans les os suprasternaux que des débris de l'épisternum des vertébrés inférieurs. GEdENiiAUii [Jen. Zeitsclir., Bd. 1), spécifiant encore dans ce travail de recherches liomologiques, les rattache, non pas à la partie latérale de l'épisternum, laquelle serait représentée chez l'homme par le fibro-cartilage de l'articulai ion sterno-claviculaire, mais bien à sa partie interne ou médiane.

Fig. 9'k Ossification du sternum (scliéinatique).

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