‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 160 sur 176 · III. — RÉGION POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

III. — RÉGION POSTÉRIEURE

La région postérieure de la jambe comprend iiuit muscles, qui se réparlissenl en deux couches, une couche superficielle et une couche profonde :

a. Dans lapremière, nous trouvons quatre muscles, c|ui sont : \e jumeau exlerne, le jumeau interne, le soléaire et le jjlantaire grêle. Les trois premiers de ces muscles, réunis en bas sur un tendon commun, le tendon d'Achille, consliluent un muscle triceps, que l'on désigne sous le nom de triceps sural.

b. La couche profonde nous présente également quatre muscles : en haut, le jjoplité, muscle très court qui unit le fémur au tibia ; puis, au-dessous de lui, trois longs muscles, qui, de la jambe, descendent sur le pied : le jambier postérieur, le fléchisseur commun des orteils et le fléchisseur propre du gros orteil. Ces deux derniers sont homoolgues, à la jambe, des fléchisseurs profonds ou perforants des doigts, que nous avons déjà décrits à propos de l'avant-bras.

1" .luMEAUX DE LA .1 A M H E

Les jumeaux de la jambe sont deux muscles volumineux, aplatis, de forme ovalaire, qui naissent isolément sur l'extrémité inférieure du fémur, se fusionnent un peu au-dessous de leur origine et viennent se fixer, par un tendon commun, à la partie postérieure du talon. Ils forment donc, dans leur ensemble, un véritable muscle biceps. On les désigne encore sous le nom de gastrocnémiens (de ya^-Tip, ventre et y.v-/ipL-^], jambe), parce que c'est à leur présence qu'est principalement due la saillie postérieure de la jambe (ventre de lajambej ou mollet.

1° Insertions. — ■ Les jumeaux se distinguent, d'après leur situation, en interne et externe. Us prennent naissance, en haut, chacun sur le condyle fémoral correspondant.

a. Origine du jumeau interne. — Le jumeau interne s'insère en grande partie sur le cùté postéro-supérieur du condyle interne, un peu en arrière et audessous du tubercule osseux oh vient se terminer le grand adducteur : cette insertion se fait à l'aide d'un tendon très épais et très résistant, qui, relativement étroit à son origine, s'étale bientôt sur la partie postérieure et interne du muscle en une large aponévrose, que l'on peut suivre jusqu'au quart inférieur. Ce faisceau, faisceau principal du jumeau interne, est renforcé, sur son côté externe, du côté du creux poplité par conséquent, par une série de faisceaux charnus, qui s'implantent directement sur le condyle.

b. Origine du jumeau exlerne. — Le jumeau externe est ordinairement un peu moins long et moins épais que l'iirterne, mais il nous présente des insertions analogues. Comme lui, il prend naissance à la partie postérieure du condyle externe : 1° par un fort tendon, qui s'épanouit sur la face postérieure du muscle et qui représente la portion principale ; il" par des fibres charnues, situées en dedans de ce dernier et qui s'insèrent directement sur l'os. Le tendon d'origine du jumeau externe renferme très fréquemment (1 fois sur 8 environ) un noyau fibrocartilagineux, dont le développement est fort variable et qui est susceptible de s'ossifier, formant ainsi un véritable sésamoïde intra-tendineux. Pfitz.neu l'a rencontré fois sur 278 sujets, soit une proportion de 1 sur '10.

MYOLOGIE

c. Terminaison des deux jumeaux. — Les fibres constitutives des doux jumeaux, quelle que soit leur origine, qu'elles se détachent du fémur à l'aide d'un tendon ou qu'elles s'implantent directement sur l'os, se portent toutes en bas et en avant et viennent se terminer sur la face postérieure d'une vaste aponévrose, qui occupe la plus grande partie de la face antérieure du corps musculaire; elle a, en effet, une longueur sensiblement égale à celle du muscle lui-même et, d'autre part, elle remonte, en haut, jusqu'au voisinage des condyles. Cette aponévrose, véritable tendon terminal des jumeaux, se rétrécit graduellement au fur et à mesure qu'elle descend. Elle se dégage entièrement de la portion charnue des jumeaux à la partie moyenne de la jambe et se fusionne, un peu plus bas avec le tendon terminal du soléaire. Le tendon unique qui en résulte a reçu le nom de tendon d'Achille.

d. Tendon d' Achille. — • Le tendon d'Achille est donc le tendon commun des jumeaux et du soléaire. Continuant la direction des deux muscles dont il émane, il se porte verticalement en bas, passe en arrière de l'articulation tibio-tarsienne, gagne la face postérieure du calcanéum et vient se fixer, par une extrémité légèrement élargie, sur la moitié inférieure de cette face. Le tendon d'Achille est sans conteste le plus volumineux et le plus fort du corps humain : sa longueur est de 5 ou 6 centimètres; sa largeur, mesurée en arrière de l'articulation tibio-tarsienne oii elle est minima, est de 12 à 15 millimètres; son épaisseur, au même niveau, atteint 5 ou 6 millimètres.

Cette dénomination de tendon tV Achille, donnée au tendon commun des jumeaux et du soléaire, provient vraisemblablement de ce que le tendon en question prend son insertion sur le talon, c'csl-à-diri' sur cette partie du corps qui seule, chez Achille, n'avait pas trenqjé dans la mer et, do ce luit, était restée vulnérable. On sait, du reste, que le héros succomba à une blessure que l'iiiis lui avait laite au talon.

2' Rapports. — A leur partie toute supérieure, les deux jumeaux sont séparés l'un de l'autre par un espace angulaire en forme de V, qui n'est autre que le triangle inférieur du creux poplité. — Le jumeau externe répond, en avant, à la coque condylienne externe et au plantaire grêle ; en arrière, au biceps crural, qui le croise obliquement. — Le jumeau interne recouvre, en avant, la coque condylienne correspondante et la portion initiale du muscle poplité. En arrière, il est croisé par le demi-membraneux. Une bourse séreuse, uiiiloculaire ou cloisonnée, sépare l'extrémité supérieure du jumeau interne du condyle sur lequel il s'insère : elle est, selon les cas, ou indépendante ou en communication avec la synoviale du genou.

Les deuxjumeaux, après leur réunion, recouvrent successivement, par leur face antérieure, le paquet vasculo-nerveux de la région poplitée, le muscle poplité, le tendon du plantaire grêle et le soléaire. Leur face postérieure répond à l'aponévrose superficielle de la jambe, qui la sépare du tissu cellulaire sous-cutané et de la peau. Elle nous présente à sa partie moyenne, au point de contact des deux jumeaux, un sillon longitudinal dans lequel cheminent la veine et le nerf snphènes externes.

Quant au tendon d'Achille, recouvert en arrière par l'aponévrose et la peau, il répond, en avant, à la face postérieure de l'articulation tibio-tarsienne, dont il est séparé par les tendons des fléchisseurs, par l'aponévrose qui les recouvre et par un volumineux paquet cellulo-adipeux. Tout à fait en bas, immédiatement au-dessus de son insertion, le tendon est séparé du calcanéum par une bourse séreuse, qui est plus ou moins développée, mais qui est constante. Vue en coupe sagit-

taie (fig. S83, A), cette bourse séreuse revêt la forme d'un petit triangle à base supérieure. Sa paroi postérieure r('pon(l au tendon ; sa paroi antérieui'e, à la moi-

16 iz

Fig. 7;;g. Fig. 757.

Muscles de la région postérieure de la Les mêmes, après résection de la pailie

jambe, couche superficielle. moyenne des jumeaux.

), jumeau externe. — 1', cxtr^mil.é supérieure et I", exLr(''niité inférieure de ce muscle, réséqué à sa partie moyenne. — 2, jumeau externe. — 2', extrémité supérieure et i", extrémité inférieure tie ce muscle réséqué à sa partie moyenne. — 3, soléaire, avec 3', anneau du soléaire. — 3", tendon inférieur des deux jumeaux, se fusionnant plus Las avec le tendon du soléaire pour former le tendon d'Achille, — 4, planlairegrcle, avec 4', sou tendon. — S, long fléchisseur des orteils. — 6, jamhier postérieur. — 7, long fléchisseur du gros orteil. — 8, long péronier latéral. — 9, court |iéronier latéral. — 10, malléole externe. — 11, malléole interne. — r2, creux poplité. — 13, artère poplitée. — 14, biceps crural. — 1.5, coulurier. — 16, droit inlerno. — 17, demi-membraneux. — 18, demi-tendineux. — 19, poplité.

tié supérieure, lisse et unie, de la face postérieure du calcanéum ; sa paroi supérieure, à la couche cellulo-adipeuse, signalée ci-dessus, qui s'amasse en avant du

MYOLOGIE

tendon. 11 existe là, au niveau de cette paroi sui^crieui/e un petit paquet graisseux, sorte de frange synoviale, qui s'insinue entre le tendon et l'os, pour combler le vide (fig 583,B) toutes les fois que, par suite de la contraction des gastrocnémiens, le tendon d'Achille soulève le calcanéum et s'en écarte.

3' Innervation. — Les deux jumeaux reçoivent leurs nerfs du sciatique poplité interne, l'une des branches de bifurcation du grand sciatique. Ces nerfs pénètrent le corps musculaire par sa face antérieure et dans son tiers supérieur.

4° Action. — Les jumeaux, agissant sur le talon, élèvent cette saillie osseuse et étendent ainsi le pied sur la jambe. Si le pied repose sur le sol, les jumeaux, en élevant le talon, élèvent en même temps le membre inférieur et le tronc tout entier. Ils sont, avec le soléaire, les muscles essentiels de la marche.

Secondairement, les jumeaux, après avoir placé le pied dans l'extension, fléchissent la jambe sur la cuisse.

Variétés. — J'ai pu, sur quelques sujets, isoler entièrement les deu.v jumeaux jusqu'au tendon d'Aehille. — Los jumeaux peuvent être renforcés par des faisceaux surnuméraires, provenant, suivant les cas : 1" des muscles de la région postérieure de la cuisse, biceps et demi-tendineux ; 2° du grand adducteur; 3" de la ijortion sus-condylienne du fémur (gastrocnemiiis ierlius de Krause). — Macalister signale la transformation du jumeau externe en une masse fibreuse. — ScHEFFERD (MontreciVs gênerai Hospital Reports, vol. I, 1880) a noté sa disparition complète. Au sujet du sésamoïde du jumeau externe, voyez la monographie de Gruber dans les Mém. de

l'Acad. imp. de Saint-Pétersbourg de 1875 et l'article de OsT dans le Zeilschr. f. Anat. u. Enlwic/cl., de 1876.

Le soléaire (fig. 787,3), ainsi appelé à cause de sa forme, qui l'a fait comparer à une semelle de soulier [soleus, de solea, semelle), est un muscle à la fois très large et très épais, situé au-dessous des deux jumeaux.

i" Insertions. — Il prend naissance, en haut, sur le péroné, sur le tibia, et, entre les deux os, sur une arcade fibreuse qui les unit l'un à l'autre. — Les msertions péronières se font : 1° sur la partie postéro-interne de la tête du péroné ; 2° sur la moitié postérieure de son bord externe ; 3° sur le tiers postérieur de sa face postérieure. Les fibres charnues s'insèi^ent à l'os par l'intermédiaire d'une aponévrose, à la fois très large, très épaisse, très résistante, qui s'étale sur la face antérieure du corps musculaire. — Les insertions tibiales se font: i" sur la ligne oblique du tibia, immédiatement au-dessous du poplité ; 2" sur le tiers moyen de son bord interne. Ici encordes faisceaux charnus s'attachent à l'os à l'aide d'une large aponévrose, qui, comme la précédente, répond au plan antérieur du muscle. — Les insertions intermédiaires au péroné et au tibia se font sur une bandelette fibreuse disposée en arcade et appelée arcade du soléaire (fig. 759,3). Elle naît.

Fig. 758.

L'anneau du soléaire, vue posiérieure (côté droit).'

I, muscle ])0|jlit(5, revêtu de sou aponévrose. — 2, muscle soléaire. — 3, arcade du soléaire. — 4, 4', artère et veines poplitées (sur ce sujet la veine poplitée, à la partie inférieure était double) . — 5, artère et veines tibiales postérieures. — C, artère et veines péronières (sur ce sujet le tronc tibio-péronier était extrêmement court). — 7, nerf sciatique poplité interne. — 8, nerf tibial postérieuri

en dehors, sur la tête du péroné. De là, elle se porte obliquement en bas et en dedans et vient se terminer au niveau de la ligne oblique du tibia, en partie sur cette ligne oblique, en partie sur l'aponévrose du poplité. Par son bord antérieur, concave, l'arcade du soléaire répond aux vaisseaux poplités et au nerf sciatique poplité interne, qui passent au-dessous d'elle comme au-dessous d'un pont {anneau du soléaire). Par son bord postérieur, convexe, elle donne naissance à des faisceaux charnus descendants, qui se mêlent, sans ligne de démarcation aucune, à ceux issus du péroné et du tibia.

Au total, abstraction faite de l'insertion à l'arcade, insertion qui est pour ainsi dire accessoire, le soléaire s'insère sur le péroné et sur le tibia à l'aide de deux lames fibreuses, toutes les deux très larges et très hautes, qui répondent au plan antérieur du muscle et qui, primitivement distinctes, ne tardent pas à se réunir par leurs bords correspondants pour former une lame unique. Or, il est à remarquer que, si la plus grande partie des fibres constitutives du soléaire naissent sur la face postérieure de cette lame fibreuse, il y en a aussi un certain nombre qui se détachent de sa face antérieure. Il en résulte que la lame en question, tout en étant plus rapprochée de la face antérieure du muscle que de sa face postérieure, se trouve, en réalité, située dans son épaisseur(fig. 559, 8'j: c'est V aponévrose intra-musculaire du soléaire des chirurgiens, point de repère important pour la ligature de la tibiale postérieure.

Quelle que soit leur origine, les fibres du soléaire se dirigent toutes en bas : les fibres moyennes, verticalement; les fibres externes, obliquement en bas et en dedans; les fibres internes, obliquement en bas et en dehors. Finalement, elles se jettent sur la face antérieure et sur les bords d'une nouvelle aponévrose, aponévrose de terminaison, qui s'étale à la face postérieure du corps musculaire et qui remonte jusqu'au tiers supérieur de la jambe. Cette aponévrose, très large en haut, très large encore à sa partie moyenne, se rétrécit au fur et à mesure qu'elle descend et, arrivée à 4 ou 5 centimètres au-dessus du calcanéum, se fusionne avec l'aponévrose des jumeaux pour former le tendon d'Achille (voy. le muscle précédent). Cette fusion des deux lames aponëvrotiques ou plutôt tendineuses se fait suivant une ligne qui est oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Par l'intermédiaire du tendon d'Achille, le soléaire se fixe au calcanéum.

2" Rapports. — La face superficielle ou postérieure du soléaire répond au plan-

Fig. 759.

Coupe transversale de la jambe à l'union de son tiers supérieur avec son tiers moyen (partie postérieure de la coupe pour montrer l'aponévrose intra-musculairc du soléaire) .

1, tibia. — 2, péroné. — 3, membrane iiilciosscusc. — 4, ai'tèrc tibiale postérieure et ses veines. — S, arlôre péronière et ses veines.

— 6, muscle tibial postérieur. — 7, fléchisseur commun des orteils.

— 8, soléaire, avec 8', son aponévrose intra-musculaire. — 9, jumeau interne. — 10, jumeau externe. — 11, tendon du |>lantaire grêle.

— 12, ion» péronicr latéral. — l'i, veine et nerf saiiliènes externes.

— 14, veine et nerf saplièncs internes. 15, peau. — iO, tissu cellulaire sous-culané. — 17, aponévrose supcriicielle. — 18, aponévrose jirofonde.

MYOLOGIE

taire grêle et aux jumeaux. — La face profonde ou antérieure recouvre les muscles tibial postérieur, fléchisseur commun des orteils et fléchisseur propre du gros orteil, ainsi que le nerf tibial postérieur, le tronc artériel tibio-péronier et les deux branches qui en partent. — Son bord interne et son bord externe, se dégageant de la masse des jumeaux, se mettent en rapport avec l'aponévrose superficielle et la peau.

3° Innervation. — Le muscle soléaire est innervé à la fois : 1° par des rameaux postérieurs, qui proviennent du sciatique poplité interne et le pénètrent par sa face superficielle, au niveau de son tiers supérieur ou de son tiers moyen ; 2=^ par un rameau antérieur, qui émane du nerf tibial postérieur et qui le pénètre par sa face antérieure, au niveau de son tiers moyen ou de son tiers inférieur.

4° Action. — Comme les jumeaux, le soléaire étend le pied sur la jambe et agil puissamment dans la marche et le saut.

Variétés. — J'ai vu, dans un cas, la portion tibiale du soléaire réduite à un tout petit faisceau : les faisceaux tibiau-x font défaut chez presque tous les singes. — Le soléaire peut s'insérer directement sur le calcanéum, comme on l'observe normalement chez la plupart des anthropoïdes (Bamcart, PYE-SiMrrH et Païuvs,, Guy's Hospilal Reports, vol. XIV). — On i-encontre quelquefois, à côté du soléaire normal, un so/e'ai/'e SM/'rtMOTé;'a»'e, qui se termine généralement sur le calcanéum, en dedans de lui, mais qui présente les origines les plus diverses : ligne oblique du tibia, surface du soléaire lui-même, aponévrose jambière profonde, etc. — Dans un cas, qui est peut-être unique, j'ai rencontré sur le même sujet, à la face postérieure de la jambe droite, un soléairo surnuméraire et un long accessoire des fléchisseurs (p. 981), tous les deux très développés et fusionnés ensemble en un muscle unique. Ce muscle surnuméraire recouvrait entièrement les deux artères péronière et tibiale postérieures. — Gruber a signalé (Arch. f. Anat. u. Phys., 1878. p. 474) un faisceau surnuméraire qui, détaché du tibia, venait se perdre sur l'arcade du soléaire et la tendait par ses contractions.

3° Plantaire gbèle

Le plantaire grêle (fig. 757,4) est un tout petit muscle, aplati et triangulaire, situé à la face postérieure de farliculation du genou, au-dessous et un peu en dedans du jumeau externe.

1° Insertions. — 11 s'insère, en haut, sur la partie la plus élevée du condyle externe du fémur, sur la capsule de l'articulation du genou et sur le tendon d'origine du jumeau externe.

De là, il se porte obliquement en bas et en dedans et se termine, après un trajet qui varie de 5 à 12 centimètres, sur un tendon aplati et fort mince, presque filiforme. Ce tendon, continuant la direction du corps musculaire, chemine tout d'abord dans la nappe celluleuse qui s'étale entre le soléaire et les jumeaux. Puis, se dégageant de cette couche celluleuse, il vient se placer sur le bord interne du tendon d'Achille, le longe pendant quelque temps et se termine enfin, soit sur ce tendon, soit sur le calcanéum à côté de ce dernier. On le voit aussi, dans certains cas, se perdre dans le tissu cellulaire de la région du talon.

2° Rapports. — Dans sa moitié supérieure, le plantaire grêle est recouvert par les jumeaux et recouvre successivement le ligament postérieur du genou, le poplité et le soléaire. Le paquet vasculo-nerveux du creux poplité est situé sur son côté interne. — Dans sa moitié inférieure, le muscle, réduit à un simple tendon, longe le côté interne du tendon d'Achille et en partage les rapports.

3° Innervation. — Le plantaire grêle est innervé par le sciatique poplité

interne. Le rameau qui lui est destiné, toujours très grêle, le pénètre par sa face profonde au voisinage de son bord interne.

4° Action. — La destination primitive du plantaire grêle est de se fusionner avec l'aponévrose plantaire et de s'insérer, par son intermédiaire, sur les premières phalanges des orteils ; telle est la disposition qu'on rencontre chez un grand nombre d'animaux et notamment chez les singes inférieurs. Chez l'homme, ce muscle n'existe c[u'à l'état de vestige et il n'est fixé au calcanëum que par insertion consécutive. Tel qu'il est, il devient un auxiliaire des jumeaux et du soléairc et prend à l'extension du pied une part plus ou moins considérable, qui est naturellement en rapport avec son développement.

Variétés. — Le plantaire grôle est tiès variable, comme tous les organes rudimentaires. — Il peut élre renforcé par un faisceau surnuméraire (m. biceps). — Anormalement, le plantaire grèle prend naissance au-dessous du condyle externe : 1» sur le tibia ; 2» sur l'aponévrose du muscle popiité ; 3° sur le péroné ; 4° sur l'aponévrose de la jambe ; 5° sur les muscles voisins. — D'autre part, il peut se terminer, au-dessus du calcanéum : \° sur le ligament annulaire interne : -1" dans le tissu cellulaire situé entre les jumeaux et le soléaire. — Linhaut {OEsferr. med. Wochenschriff, 1846, p, 14) Ta vu se fixer sur la synoviale articulaire du cou-de-pied. — Le muscle peut enfin, par un retour à sa destination première, s'insérer sur l'aponévrose plantaire, — Ce faisceau tenseur de l'aponévrose peut même ne pas remonter jusqu'au condyle : Wood l'a vu se détacher du péroné ; Anderson et moi-même, de la ligne oblique du tibia. — L'absence du plantaire grêle est fréquente, moins fréquente cependant que celle du petit palmaire, son homologue au membre thoracique.

4° PoPLIï/i

Le popiité (fig. 760,7) est un muscle court, aplati et triangulaire, situé à la partie postérieure du genou, uu-dessous des jumeaux et du plantaire grêle.

• 1° Insertions. — Il s'insère, en liant, sur la partie posU-rieure et externe du condyle externe, dans une fossette généralement très marquée. Il contracte en outre, au-dessous du condyle, des connexions intimes avec le cartilage semilunaire correspondant et avec la capsule articulaire du genou.

De là, il se porte oblic|uement en bas et en dedans, s'élargit en éventail et vient se fixer : 1" sur la lèvre supérieure de la ligne oblique du tibia ; 2° sur toute la portion de la face postérieure de cet os qui est située au-dessus de cette ligne.

2" Rapports. — Le popiité est recouvert, en arrière, par les deux jumeaux, le plantaire grêle, les vaisseaux poplités et le nerf sciatique popiité interne. — Il recouvre, en avant, la face postérieure de l'articulation du genou, sur laquelle il glisse à l'aide d'une bourse séreuse. Cette bourse séreuse, qui dépend de la grande synoviale articulaire (voy. p. 598), descend ordinairement jusqu'à la partie moyenne de la tête du péroné.

3° Innervation. — Le muscle popiité est innervé par le sciatique i^oplité interne. Il reçoit, en outre, au voisinage de son bord inférieur, un rameau accessoire issu du nerf tibial postérieur.

4° Action. — Il fléchit la jambe sur la cuisse, en lui faisant exécuter en même temps un léger mouvement de rotation en dedans.

■Variétés. — Rinohoffer {Virchoiv's Arch., t. XIX) a constaté l'absence du muscle popiité. — Ce muscle peut être renforcé par un faisceau additionnel situé au-dessus de lui et inséré également sur le condyle. Le popiité présente alors deux tètes : c'est un vrai muscle biceps (voy. à ce sujet Wagstaffe, Journ. cl. Anal, and Pliijs., 1871, p. 214 et Gruber, Arch. f. Anat. ii. l'hys., 1875, p. 5t)9),.

Phonateur transverse de la jambe. — Ce faisceau musculaire, homologue du carré pronateur du membre thoracique, a été signalé et décrit par Gruber (Arch. f. Anat. u. Phys., 1877, p. 401) sous le nom de peroneo-tibialis. Très variable dans son développement, il est situé au-dessous du poplité et s'étend transversalement de l'extrémité supérieure du péroné à la partie correspondante du tibia. Ce faisceau se rencontrerait 8 fois sur 100 sujets d'après les recherches de Krause et de Knott [Proc. of the Roy. IrishAcad., 1871, p. 427) ; il est constant chez un grand nombre de singes inférieurs.

5° Long fléchisseur commun ou fléchisseur tibial des orteils*

Le plus interne des muscles de la couche profonde, le fléchisseur commun ou fléchisseur tihial des orteils (fig. 760,2), s'étend de la partie moyenne du tibia aux quatre derniers orteils.

1" Insertions. — 11 s'insère, en haut ; i° sur la lèvre inférieure de la ligne oblique du tibia, immédiatement au-dessous du soléaire; 2'' sur le tiers moyen de la face postérieure du tibia ; 3° sur la cloison fibreuse qui le sépare du muscle jambier postérieur.

De ces différentes surfaces d'implantation, les fibres charnues se portent verticalement en bas et viennent se réunir sur la face antérieure d'un fort tendon, qui remonte très haut dans l'intérieur du muscle. Ce tendon tei^inal glisse tout d'abord derrière la malléole interne, dans une gouttière qui lui est commune avec le tendon du tibial postérieur. Puis, changeant de direction et se portant en avant et en bas (fig. 762,5), il traverse la gouttière calcanéenne interne, en passant audessous de la petite apophyse du calcanéum. Il arrive ainsi à la région plantaire, croise en X le tendon du fléchisseur propre du gros orteil, qui est plus profondément placé, reçoit sur son côté externe le muscle accessoire ou chair carrée (voy. plus loin) et, finalement, se divise en quatre tendons terminaux. Ces tendons se portent en divergeant vers leurs orteils respectifs et, parvenus sur les phalanges, se comportent de la même façon que les tendons du fléchisseur profond ou perforant des doigts, leurs homologues au membre supérieur (voy. p. 880). Ils se fixent, par conséquent,' sur l'extrémité postérieure de la troisième phalange.

2° Rapports. — Les rapports du fléchisseur tibial des orteils varient suivant la région où on les considère :

a. A la jambe^ ce muscle est recouvert jiar le soléaire. A son tour, il recouvre le tibia et une portion du muscle tibial postérieur.

b. Ali, cou-de-pied, son tendon glisse, à l'aide d'une synoviale que nous décrirons plus loin, dans une gaine ostéo-fibreuse spéciale, ayant sur son côté antérieur le tendon du tibial postérieur, sur son côté postérieur les vaisseaux tibiaux postérieurs et le nerf qui les accompagne.

c. A la plante du pied (fig. 767,2), il recouvre l'abducteur du gros orteil. Il est lui-même recouvert, tout d'abord par l'adducteur du gros orteil et, plus bas, par le court fléchisseur commun des orteils. 11 donne insertion aux quatre lombricaux du pied.

' Les dénominations de fléchisseur commun des orteils et de fléchisseur propre du gros orteil sont inexactes. Le premier de ces muscles, en effet, ne se rend pas à tous les orteils, comme semble l'indiquer le mot de commun, sous lequel on le désigne ; et, d'autre part, le lléchisseur propre du gros orteil tient sous sa dépendance, non pas seulement le premier orteil, comme l'indique l'adjectif propre, mais aussi le deuxième et le troisième. Les synonymes de fléchisseur tibial et de fléchisseur péronier des orteils que j'introduis dans le langage classique, me paraissent bien préférables : ils ont le double avantage de ne rien préjuger sur leur mode de terminaison et de rappeler nettement leur mode d'origine sur le squelette de la jambe, le premier (le tibial) se détachant du tibia, le second (le péronier) s'insérant sur le péroné.

d. Aie niveau des orteils, les tendons terminaux du fléchisseui' tibial sont loge's dans des gaines ostéo-fibreuses, entièrement analogues à celles que nous avons déjà rencontrées et décrites pour les fléchisseurs des doigts (p. 878).

Fig. 7G0. Fig. 7G1.

Muscles lie la région postérieure de la jaiiihe, Les mêmes, après l'ablation des lléeliisseurs couche profonde. des orteils.

A, tibia. — 15, péroné — C, l'éniui'. — 1, jaiiiljior |)Osléi'ieur. — 2, long llécliisseur commun Jes orteils. — 2', le niénie muscle, réséqué à la parlie mojcnue. — 3, long fléchisseur du gros orteil. — 3', Je même muscle, réséqué dans sa partie moyenne pour laisser voir les insertions du jambier postérieur 1 et du court péronier latéral 4. — S, long péronier latéral, avec 5', 5', son tendon. — 0, soléaire, avec ti', son insertion sur la ligne oblique du tibia. — 6", .anneau du soléaire. — 7, poplité. — 7', son extrémité supérieure. — 8, tendon intérieur du denii-menibraneux. — 9. plantaire grêle. — 10, jumeau externe. — 11, jumeau interne. — 12, tendon d'Achille.

3" Innervation. — Le muscle fléchisseur tibial dos orteils est innervé par des rameaux du tibial postérieur : ces rameaux le pénètrent par sa face superficielle, au voisinage de son bord externe.

4'^ Action. — Ce muscle fle'chit d'abord les quatre derniers orteils sur le pied, et étend ensuite le pied sur la jambe.

Variétés. — (Voy. le muscle suivant).

6° Long fléchisseur phopke du gros orteil ou fléchisseur péronier des orteils

Le plus externe des muscles de la couclie profonde, le long fléchisseur du gros

orteil (11g. 760,3) s'étend du péroné au premier orteil.

1° Insertions. — fi s'insère, en haut : i° sur les deux tiers inférieurs de la face postérieure du péroné ; 2° sur la cloison fibreuse qui le sépare du groupe des péroniers latéraux ; 3° sur la partie inférieure du ligament interosseux.

De ces nombreuses surfaces d'insertion, les fibres musculaires se portent en bas et un peu en dedans et se terminent autour d'un long tendon, qui occupe presque toute la hauteur du muscle. Ce tendon terminal (fig. 762,3) glisse successivement : 1° sur la face postérieure de l'extrémité inférieure du tibia, dans une gouttière spéciale ; 2° dans la gouttière oblique, que nous avons déjà décrite (p. 344) sur la face postérieure de l'astragale; 3" dans la gouttière calcanéenne interne au-dessous du muscle précédent. Il arrive ainsi à la région plantaire, cr-oise la face profonde du tendon du fléchisseur commun, s'engage alors entre les muscles de la loge interne et les muscles de la loge moyenne (fig. 767,1) et atteint le gros orteil, oii il se termine sur l'extrémité postérieure de la deuxième phalange.

En pénétrant dans la région plantaire, le fléchisseur propre du gros orteil envoie une branche de bifurcation souvent très volumineuse aux tendons du fléchisseur commun : cette branche, qui a été tout particulièrement étudiée par ïurner (Transact. ofthe Roy. Soc. of Edinburgh, 1865), et par Eilhard Schultze (Siebold u. KôUikefs Zeilschrift f.iviss. Zoologie, 1867, t. XVn), se rend le plus souvent aux deuxième et troisième orteils. Elle est du reste constante, et, nous le répétons, la dénomination de fléchisseur propre, donnée au muscle qui nous occupe, consacre une erreur.

Figure demi-schémalique, montrant, à l'état d'isolement, les divers tendons de la plante du pied.

A, tibia. — B, péroné. — C, calcanéum. — M, malléole interne. — M', malléole cxlerne. — 1, long péronicr latéral, avec : 1', son os sésamoïde ; 1", son insertion au prcmiermétatarsien. — 2, com't péronier latéral, avec 2', son insertion au cinquième métatarsien — 3, 3', long fléchisseur propre du gros oricil. — 4, 4, jambier postérieur. — 5, 5, 5, long llécliisseur commun dos orteils, renforcé en 0 [lar un faisceau provenant du llécliisseur propre.

2" Rapports. — Nous les examinerons successivement, comme i^our le muscle

précédent, à la jambe, au cou-de-pied, au pied et au niveau du gros orteil :

a. A la jambe, le fléchisseur péronier est recouvert par le soléairc et par le tendon d'Achille. Il recouvre le péroné, le bord correspondant du muscle tibial postérieur, la partie inférieure du ligament interosseux. L'artère péronière, placée d'abord sur sa face postérieure, disparaît bientôt dans l'épaisseur du muscle, qu'elle traverse d'arrière en avant pour gagner sa face profonde.

b. Au cou-de-pied, il est contenu dans une gaine ostéo-flbreuse qui lui est propre et qui est tapissée d'une synoviale (voy. plus loin).

c. Au pied, il chemine dans une gouttière antéro-postérieure, que lui forment le court fléchisseur du gros orteil en dedans et l'abducteur oblique du même orteil en dehors.

d. Au niveau du gros orteil, il passe entre les deux sésamoïdes métatarsophalangiens, puis vient se placer sur la face inférieure de la première et de la deuxième phalanges, contre laquelle il est maintenu par une gaine fibreuse.

3° Innervation. — Le long fléchisseur propre du gros orteil est innervé, comme le précédent, par le nerf tibial postérieur.

4° Action. — Ce muscle fléchit, tout d'abord, les phalanges du gros orteil et celles des autres orteils sur lescjuels il s'insère. Secondairement, il étend le pied sur la jambe.

Variétés. — Chacun des longs fléchisseurs peut être renforcé par un faisceau surnuméraire provenant, suivant les cas, du péroné, du tibia, de rapouévrose. — • Les fléchisseurs eux-mêmes s'envoient quelquefois des faisceaux anastomotiques. — B,\hnsen [lleiile u. Pfeufer's Zeilschrift, t. XXXIII, p. 32) a observé un fléchisseur propre du deuxième orteil, détaché de la face postérieure du tibia. — ■ Baktholin a signalé, de même, un long fléchisseur du pelit orleil, inséré également sur l'os interne de la jambe. — (Voy., à propos des variations des fléchisseurs, le mémoire de Giés, Der flexor digiloruru pedis loiigus und seine Varielaten, in Reichert u. Du Bois Reymond's Arch., 1868, p. 236.)

7° Jambier postékieur

Le jambier postérieur ou tibial postérieur (fig. 760 et 761, \ ) est profondément situé entre les deux longs fléchisseurs des orteils, qui lui sont parallèles. Il s'étend des deux os de la jambe au bord interne du pied.

1" Insertions. — Il prend naissance, en haut : 1° sur la ligne oblique et sur la face postérieure du tibia, au-dessous et en dehors du fléchisseur tibial ; 2" sur la portion de la face interne du péroné qui est située en arrière du ligament interosseux ; 3" sur les deux tiers supérieurs de ce ligament interosseux; 4° sur les cloisons fibreuses qui le séparent des deux longs fléchisseurs.

De ces nombreuses et larges surfaces d'insertion, les libres charnues du jambier postérieur se pointent en bas tout autour d'un long tendon, qui apparaît dès la partie supérieure du muscle sous la forme d'une aponévrose dirigée d'avant en arrière. Ce tendon, placé d'abord en dehors de celui du fléchisseur commun des orteils, croise ce dernier à la partie inférieure de la jambe et en occupe successivement le cùté antérieur et le côté interne. (Jlissant ensuite derrière la malléole interne, il la contourne de haut en bas et d'arrière en av^ant pour se porter vers le tubercule du scaphoïde. Il se termine sur ce tubercule, en envoyant des expansions aux trois cunéiformes et aux trois métatarsiens moyens.

Le tendon terminal du jambier postérieur présente, au niveau de son insertion scaphoïdienne ou un peu en arrière de cette insertion, un noyau flbro-cartila-

MYOLOGIE

gineux, dont l'existence est assez constante. Ce noyau est susceptible de s'ossifier, constituant ainsi un véritable sésamoïdc intra-tendineux.

2° Rapports. — Le jambier postérieur occupe successivement la jambe et la région du cou-de-pied :

a. A la jambe, le jambier postérieur est recouvert par le soléaire, par le fléchisseur commun des orteils, par le fléchisseur propre du gros oi'teil, par les vaisseaux tibiaux postérieurs et le nerf de même nom. Il recouvre, à son tour, le ligament interosseux et une partie des deux os de la jambe. En dedans, il répond au fléchisseur tibial ; en dehors, au fléchisseur péronier.

b. Au cou-de-pied, son tendon est contenu dans une coulisse ostéo-fibreuse, qui lui est propre et que tapisse une synoviale destinée à faciliter ses glissements (voy. plus loin). Il chemine tout d'abord sur le bord postérieur de la malléole. Plus bas, il passe sur le ligament latér-al interne de l'articulation du cou-de-pied et sur le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur.

3" Innervation. — Le jambier postérieur est innervé par le tibial postérieur. Les i^ameaux qui lui sont destinés le pénètrent par sa face superficielle, au niveau de son tiers supérieur ou de sa moitié supérieure.

4° Action. — En raison de son obliquité, le jambier postérieur exerce sur le pied une triple action : il l'étend sur la jambe, le porte dans l'adduction et lui imprime en même temps un mouvement de rotation en dedans.

Variétés. — Elles sont excessivement rares : le faisceau que B.ahnsen (loc. cit.) avait pris pour un tibialis secundus me paraît être ua simple tenseur de la synoviale du cou-de-pied, qui n'a rien de commun avec le jambier postérieur. — Ce muscle peut présenter des connexions plus ou moins étendues avec les longs fléchisseurs des orteils. — 11 faisait défaut dans une observation de Budge (llenle ii . Pfeufer's Zeifschrifl, t. X, p. 128). — Lachi décrit un tibial postérieur qui, de la partie inférieure du tibia, se portait sur le calcanéum. — Dans un cas de WooD, le jambier postérieur envoyait une expansion au court tléchisseur du gros orteil.

I IV. — Coulisses et synoviales des tendons des muscles de la jambe

1° Coulisses tendineuses et ligaments annulaires du tarse. — Les différents tendons qui, de la jambe, descendent au pied traversent, au voisinage de l'articulation tibio-tarsienne, des gaines contentives, à la constitution desquelles participent à la fois les surfaces osseuses du cou-de-pied et des ligaments rubanés dits ligaments annulaires du tarse. Ces ligaments, qui rappellent assez bien par leur configuration comme par leurs fonctions, les ligaments annulaires du carpe, sont au nombi^e de trois. On les distingue, d'après- leur situation, en antérieur, externe et interne :

a. Ligament annulaire antérieur du tarse. — Le ligament annulaire antérieur du tarse (fig. 753,10) affecte la forme d'une bande fibreuse, qui s'étend transversalement du tibia au péroné, au-devant de l'articulation tibio-tarsienne. Il prend naissance, en dehors, à côté de l'extrémité postérieure du muscle pédieux, à la fois sur la partie antérieure et externe du calcanéum et sur le tissu fibreux du creux calcanéo-astragalien. De là, il se porte en dedans et se divise bientôt en deux lames : une lame supérieure, qui se fixe à la partie inférieure du bord antérieur du tibia; une lame inférieure, qui, s'écartant de la première à angle aigu, vient se terminer d'autre part sur le bord interne du pied. Ainsi constitué, le ligament annulaire antérieur ressemble assez bien (fig. 752) à un Y couché (-<). Sa face

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