‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 48 sur 176 · Petitk cohne · texte numérisé non relu

Petitk cohne

Génio-liyoïdien (I).

V Mylo-hyoïdien (2).

llyo-glosse (3).

/ Digastrique (i).

\ Stylo-hyoïdien (ô) .

Ilyo-glosse (3) .

tiénio-glosse (6) .

(jénio-hyoïdien (I).

Sterno-cléido-hyoïdien (7).

Omo-hyoïdien (8).

Thyro-hyoïdieu (9).

Digastrique (i).

Stylo-hyoïdien (5).

Thyro-hyoïdien '9).

Constricteur moyen du pharynx (10).

Ilyo-glosse (3) .

Génio-glosse (6).

Stylo-hyoïdien profond (anormal) (H).

Constricteur moyen (10).

Lingual inférieur (12).

Lingual supérieur (13).

Développement. — L'hyoïde se développe à la fois aux dépens des deuxième et troisième arcs branchiaux. Six points d'ossification contribuent à le former, savoir : 1° deux pour le corps, qui se montrent vers la fin de la vie intra-utérine et qui se soudent de bonne heure sur la ligne médiane pour former un centre unique ; i" deux points pour les grandes cornes, qui se mon-

os hyoïde et appareil hyoïdien

Irent vers la même époque ; 3" deux points pour les petites cornes, qui apparaissent beaucoup plus tard, vers la fin de l'adolescence.

Appareil hyoïdien. — L'os hyoïde est le seul os i|ui ne soit pas rattaché au reste du squelette. Cet isolement n'est qu'apparent et dénote, chez l'homme, un appareil profondément dégradé. Chez la plupart des mammifères, la pièce osseuse qui représente notre os hyoïde est reliée à la base du crâne par une double chaîne d'osselets, articulés ou soudés entre eux. Il en résulte la formation d'un appareil en forme de fer à cheval, dont les deux extrémités s'articulent avec les temporaux et dont les parties moyennes flottent librement au milieu des parties molles du cou. C'est Vappareil hi/o'idien de E. Geoffroy S.aint-IIu.aire (voy. PkUo.sophie anatomiqtie des os antérieurs delà poitrine ou de Vhijdide, 1818, p. 140). Il se compose de sept pièces osseuses, savoir : une pièce impaire et médiane, pourvue ou non de cornes thyroïdiennes, le basi-hyal ; six pièces latérales, trois de chaque côté, articulées en série linéaire et constituant ce qu'on appelle quelquefois les chaînes hydidiennes ; ce sont, en allant de bas en haut, du basi-hyal vers le crâne : Vapo-hijal, le céralo-hyal, le si ijlo-liijal. Ces dilférentes parties constituantes de l'appareil hyoïdien se voient très nettement sur le squelette du cheval.

Cet ajipareil existe aussi chez riiomme, m.iis il y est considérablement atrophie. Dans les pre-

Fig. 231. Fig. 232.

.Xppaj'cil InoïiJien ilc l'hoiiiino, dans les coiidilioiis .\|i|)ai'eil liju'ulicii do l'homme, avec ossificalioii

ordinaires. du ligament st\ lo-lij oïdien.

1, temporal. — 2, apopliyse styloïde des traités classiques, résultant de la soudure de deux pièces primitivement distinctes, le stylo-hya en haut, le ccrato-kyal en bas. — 3. liframent stylo-hyoïdien. — 4, petite corne de l'os hyoïde {iipo-hyal). — îi, corps de Tos hyoïde {basi-hyal). — 6, cartilage thyroïde. — 7,^ liframent' thyro-hyoïdicn — 8, membrane thjTO-hyoïdienne.

miers mois de la vie intra-utérine (voir Uamb.\ud et Renault, pl. II,l)g. 9), l'os hyoïde est relié au crâne par un cordon cartilagineux non interrompu. Ce n'est que plus tard qu'on le voit se fragmenter et donner naissance à trois petits os qui sont, en allant de bas en haut, ïapo-hyal, le eéralo-liyal elle sfylo-lnjul . L'apo-hyal n'est autre que la petite corne de l'os hyoïde ; le stylohyal est l'apophyse styloïde ; quant au cérato-hyal, c'est une petite pièce osseuse, un peu allongée de haut en bas et située au-dessous du stylo-hyal, réunie d'une part à ce dernier par un petit cylindre cartilagineux, reliée d'autre part à l'apo-hyal par un cordon cartilagineux beaucoup plus long. Par suite de modifications nouvelles, ce dernier cordon se transforme en un

T. I, 4" KDIT.

OSTÉOLOGIE

ligament, le ligauieut stylo-liyoïdien ; d'autre part, le slylo-hyal se soude au temporal, le ceratnliyal s'unit au stylo-hyal et on a ainsi la disposition de l'adulte, la disposition classique.

Nous voyons, d'après ce court exposé, que l'apopliyse stylo'ide, que l'on décrit toujours avec le temporal, n'appartient pas au crâne, mais à l'appareil hyo'idieu el qu elle résulte de la fusion de deux pièces primitives, le stylo-hyal et le cérato-hyal.

11 n'est pas extrêmement rare de voir le ligament stylo-liyoïdien s'ossifier chez le vieillard et diminuer ainsi la distance qui sépare l'appareil de l'homme de celui des mammifères. Cette ossification, qui n'est le plus souvent que partielle, peut aussi être lotale : l'apophyse stylo'ide descend, dans ce cas, jusqu'à la petite corne, rendant l'homologie plus complète.

Des faits de cette nature ont été rapportés par Serre.s (cité par Gkoffroy Saint-IIilaiue, Philos. AiiuL, 1818), par IIuschke {Splanchnolor/ie, p. o37), par Rajibaud et Renault [Déceloppement des os, p. 179), etc., etc. J'en ai observé plusieurs cas moi-même. Une pièce très démonstrative à ce sujet a été déposée par Folf.t au musée auatomique de la Faculté de Lille. Nous trouvons de nouveaux faits d'ossification de l'appareil hyoïdien chez l'homme dans des communications faites à la Sociélé de hioloi/ie par Réitérer (1880) et à la Snriélê anatomique par Meunier et Poirier (1887 et 1888).

"Voyez encore, au sujet de l'appareil hyoïdien, Ch. Derierre, Bull, de lu Soc.Zool. de France, 1885 ; — Nicolas, Revue biologique du Nord de la France, t. I, 1888-1889, p. 321-345 ; — Peter, Beilrilge zur norm. und. palholot/. iniiloniie des Ziingenheines. Thèse de Râle, 1888.

C, !1 A IM Tlîr, ! V

Les membres ou exlremilés soiiL di' longs appendices annexés au Irone et, destinés à l'accomplissement de tous les grands mouvements, plus spécialement à la locomotion et à la préhension. Au nombre de quatre et symétriquement disposés de elinque côté de la ligne médiane, ils se distinguent en meynbres supérieurs ou tJioraciques et membres inférieurs o\\ pelviens.

Considérés dans leur ensemble et dans la série des vertébrés, les membres, jouissant tous de fonctions similaires, sont constitués d'après un type fondamental, qui est absolument le même pour les membres supérieurs <'l les meml)res inférieurs. Les uns et les autres se composent essentiellement, comme nous le verrons en détail dans la description qui va suivre, d'une série de segments ou leviers articulés entre eux et très mol)iles. Chez l'homme, qui, seul de lous les mammifères, a conquis la station Ijipède, les membres supérieurs et les mend)res inférieurs présentent de notables différences, commandées par la différence même du rôle qui leur est dévolu dans la mécanique animale^ : les premiers présidant à la fonction de préhension, les seconds n'étant plus que de simples organes locomoteurs. Toutefois, ces différences ne sont pas tellement profondes qu'on ne puisse, même par un examen sommaii'c. i^etronver le type fondaineninl qui n présidé à leur constitution.

Nous étudierons tout d'abord les différentes pièces osseuses ([ui constil ueiit les membres supérieurs et les membres inférieurs ; nous réunirons dans un article à part tout ce qui se rapporte aux sésainoïdes. Nous comparerons ensuite l'un à l'autre le membre thoracique et le membre pelvien et chei'cherons à établir, autnnt que faire se pourra, les homologies de leurs différents segments.

.\R i'iCLi'; r

MEMBRE SUPLIUKIJU OU TIIOH ACfQ 1^^'

Le membre supérieur ou membre llu)racique est constitué par quatre segments, qui sont, en allant de la racine du membre à son extrémité libre : \° V épaule ; 2" le bras ; 3° Vavant-bras ; 4° la main.

^ \ . — Os I) K 1.' Kr A r I, h; L'épaule, que l'on désigne encore sous le nom ceinture scapulaire, rattache

OSTÉOLOGIE

au thorax le membre supérieur. Deux os la constituent chez l'hommi^ : la clavicule en avant, le scapuluni ou omoplate en arrière.

Clavicule

La clavicule est un os long, pair et par conséquent non symétric^ue, transversalement étendu, à la manière d'un arc-boutant, entre la poignée du sternum et l'omoplate. Contournée à la manière d'un S italique («/>), elle présente deux courbures (fig. 233 et 234) : une courbure interne à concavité dirigée en arrière, une coui-bure externe à concavité dirigée en avant. D'autre part, elle est aplatie de haut en bas, et, par conséquent, nous offre à étudier deux faces, deux bords et deux extrémités.

1° Faces. — Les deux faces de la clavicule se distinguent, d'après leur orientation, en supérieure et inférieure :

a. Face supérieure. — La face supérieure (fig. 233), à peu près plane dans son tiers externe, convexe d'avant en arrière dans ses deux tiers externes, répond à la

peau et au muscle peaucier, dont elle est séparée par quelques branches sensitives du plexus cervical superficiel, les nerfs susclaviculaires. Lisse et unie à la partie moyenne, où elle ne donne insertion à aucun muscle, elle nous présente à sa partie interne et à sa partie externe des empreintes rugueuses ordinairement en dedans, pour le faisceau claviculaire du sterno-cléido-mastoïdien ; en dehors, pour le deltoïde et le trapèze (fig. 234).

b. Face inférieure. — La face inférieure (fig. 235) est également convexe, niais plus accidentée. En allant de dedans en dehors, nous y rencontrons :

1° tout près de l'extrémité interne, une surface rugueuse pour l'insertion du ligament costo-claviculaire ; 2" une gouttière longitudinale, de plusieurs centimètres de longueur, quelquefois cependant peu marquée, pour l'insertion du muscle sous-clavier ; 3° en dehors de cette gouttière, une nouvelle surface rugueuse, obliquement dirigée de dedans en dehors et d'arrière en avant, destinée à l'insertion des deux ligaments coracoclaviculaires, le ligament conoïde et le ligament trapézoïde. C'est encore sur cette face, et à peu près à sa partie moyenne, qu'on rencontre le plus souvent le trou nourricier de l'os : il se dirige obliquement du côté de l'extrémité externe.

Fig. 233.

Clavicule droite, face supérieure.

1, extrémité externe. — 2. extrémité interne. — 3, facette articulaire pour le sternum. — 3', la même, vue de face. — 4, facette articulaire i)our î'acromion. — 5, bord postérieur.

peu marquées, pour

bord antérieu

insertions musculaires

Fig. 23 i.

La même, avec insertions musculaires.

1, deltoïde. — 2, trapèze. — 3, steruo-cléido-mastoïdien. 5, grand pectoral.

2° Bords. — Les deux bords de la clavicule sont sinueux et présentent naturel-

os DE I/ÉPALLE

Iciiieiit les deuxcuiirbiires dont nous avons indiquo plus haut In dii-colion. lisse distinguent en antérieur et postérieur :

a. Bord antérieur. — Le bord antérieur est mousse el plus ou moins arrondi. Sur ses deux tiers internes vient s'insérer le muscle grand pectoral. Son iicis externe, généralement plus inégal, souvent même fortement rugueux, donne attache au muscle deltoïde.

b. Bord postérieur. — Le bord postérieur, plus mince, donne insertion : en dedans, au faisceau externe ou claviculaire du muscle sterno-cléido-mastoïdien, qui. comme nous l'avons dit plus haut, prolonge ses insertions sur la face supérieure de la clavicule ; en dehors, aux faisceaux antérieurs du muscle trapèze, qui, comme le précédent, empiète sur la face supérieure de l'os. Sa portion moyenne, régulièrement lisse et unie, ne donne insertion à aucun muscle : elle présente des rapports plus ou moins immédiats avec le ventre postérieur de l'omo-hyoïdien, aA^ec les muscles scalènes, avec les vaisseaux sous-claviers et avec le sommet du poumon.

3° Extrémités. — Des deux extrémités de la clavicule. Fune est interne, l'autre

Clavicule droite, face inférieure.

- 7, cmpi-eiiitc ru- 8, autre empreinte

a. Extrémité interne. — L'extrémité interne ou stornale. remarquabh^ par son développement, se termine du côté du sternum par une facette articulaire, dont le contour, très variable suivant les svijets, peut présenter la forme d'un carré, d'un triangle, d'un ovale. Cette facette reste déprimée à son centre et très inégale jusqu'à vingt ou vingt-deux ans; elle s'aplanit plus tard, en même temps qu'elle l)rendun aspect plus uni(SAPPEYj.

Elle s'articule avec la facette sternale, ci-dessus décrite, à l'aide d'un tîbro-cartilage interarticulaire (voy. Arthrologie). Sur la partie postérieure de l'extrémité interne de la clavicule vient s'insérer le faisceau claviculaire du muscle sternocléido hyoïdien (flg. 236. G).

h. Extrémité externe. — L'extrémité externe ou acromiale est beaucoup moins volumineuse que la précédente.

Fortement aplatie de haut en bas, allongée d'avant en arrièi'e, elle se termine en dehors par une petite facette ovalaire, à grand axe antéro-postérieur, qui s'articule avec l'acromion.

1,2, 3, 4, 5, 6, comme dans la figure 170. gueuse pour les ligaments coraco-claviculaires. rugueuse pour le ligament coslo-claviculaire .

Fis-. -36.

La même, avec insertions musculaires.

1, deltoïde. — 2, Irapè/e. — 4. sous-clavier. — 5, grand pectoral. — 0, sierno-cléido-hyoïdien.

U" Conformation intérieure — La clavicule présente comme tous les os longs un canal médullaii'e, mais ce canal occupe à peine le tiers moyen de l'os. Ses deux extrémités sont constituées en grande partie par du tissu spongieux.

Connexions. — La clavicule s'articule : 1° en dedans, du côté du thorax, avec le sternum et le premier cartilage costal ; 2° en deliors, du côté de l'épaule, avec l'omoplate.

Insertions musculaires. — La clavicule donne insertion à six muscles. Nous résumons ces

OSTÉOLOGIE

différentes insertions dans les figures 234 et 236 et dans le tableau synoptique suivant. Dans ce tableau, les chiiï'res placés à la droite des muscles se rapportent aux deux figures précitées.

i' Deltoïde (I).

a. Face supérieure ' Trapèze (2).

( Faisceau clav. du sterno-cléido-mastoïdien (3).

b. Face inférieure | Sous- clavier (4).

c. Bord antérieur \ .'^'^

t Deltoïde (b).

l Trapèze (2).

d. Bord jiostérieur ■ | Faisceau clav. du sterno-cléido-mastoïdien (3).

'sterno-cléido-hyoïdien (0).

Développement. — La clavicule se développe par deux points d'ossification, un point primitif et un point secondaire :

a. Point primitif. — Le point primitif, destiné au corps et à l'extrémité externe, se montre vers la fin de la quatrième semaine : c'est le premier qui apparaît sur le squelette. Il se développe sur le point qui correspond au milieu de la clavicule future, et, de là, rayonne rapidement vers les extrémités. Voici, d'après Rambaud et Renaui', C[uelle est la longueur de la clavicule aux différents âges :

(' à deux mois tO millimètres

V à trois mois 16 —

1° Vie iu Ira- utérine . ■ à quatre mois 26 —

à six ai ois 33 —

à neuf mois 40 —

„,„ ... , ... i il six mois 45 —

-Jo Vie extra-merine . ■ • t . . ,.n

{ a dix-huit mois 03 —

La clavicule diffère des autres os des membres en ce qu'elle n'est pas précédée d'une ébauche cartilagineuse. Le tissu osseux qui constitue le point primitif précité, naît, en effet, dans un tissu indifférent et se développe tout d'abord aux dépens de ce tissu. Plus tard, à son côté externe et à son côté interne, apparaissent deux petites masses cartilagineuses, qui, en s'allongeant, limitent la longueur de l'os et qui s'ossifient à leur tour.

Ce mode de développement, spécial à la clavicule, nous est nettement expliqué par l'anatomie comparée. Chez un grand nombre de vertébrés inférieurs, notamment chez les poissons, la clavicule est un os exclusivement cutané et tout superficiel. Chez les vertébrés plus élevés, il gagne les régions proi^^^jgjPP^^^^^ i fondes et entre en relation avec le squelette : alors,

à son ébauche dermique vient s'ajouter une ébauche cartilagineuse, qui s'ossifie comme s'ossifient toutes les 2 pièces du squelette cartilagineux. C'est le cas chez l'homme, et chez lui la clavicule est réellement un os Fig. 237. ^ mixte, se rattachant aux os de revêtement par son

- Ossification de la clavicule P°^^^ primitif et au squelette par son ébauche

cartilagineuse.

1, point primitif. — 2, point épiphysalre ou secondaire,

répondant ,i l'extrémité 'sternaie. b. Point Secondaire. — Le point secondaire ou com-

plémentaire ne fait son .apparition que vers l'âge de vingt à vingt-deux ans. Il se montre â la partie moyenne de l'extrémité interne de la clavicule. De là, il s'étend en rayonnant vers la périphérie et revêt bientôt la forme d'une mince lamelle qui modèle l'extrémité sternale de l'os et lui donne peu à peu les caractères morphologiques qui la caractérisent chez l'adulte. Il se soude au corps de l'os de dix à quinze mois après son apparition, c'est-à-dire de vingt-deux à vingt-cinq ans.

Variétés. — La clavicule est plus volumineuse, plus massive et plus flexueuse chez l'homme que chez la femme. — Elle est particulièrement développée chez les sujets qui, se livrant aux travaux manuels pénibles, possèdent des muscles pectoraux et deltoïdes très développés. — Pour la même raison, la clavicule droite l'emporte en volume sur la clavicule gauche ; le développement plus considérable de la clavicule gauche indiquerait que le sujet est gaucher. — D'après KiîAtjSE, on trouve quelquefois (4 p. 100) sur le bord antérieur de cet os, à la réunion du tiers moyen avec le tiers externe, un véritable tubercule osseux destiné à l'insertion du deltoïde. — Il existe parfois sur la face inférieure de la clavicule, au niveau des ligaments conoïde et trapézoïde, une facette articulaire qui répond à une facette similaire placée sur la base de l'apophyse coracoïde. Dans ce cas, la clavicule et l'apophyse coracoïde sont unies l'une à l'autre par une véritable articulation coraco-claviculaire. J'ai observé jusqu'ici trois faits de ce genre : le premier sur un microcéphale, le second sur un nègre, le troisième sur une femme d'une quarantaine d'années. — Une autre facette, généralement peu accusée, dite facette costale, se voit quelquefois sur la face inférieure de la clavicule à côté du ligament costo-claviculaire. Elle est destinée à s'articuler avec la première côte. — D'après Pastf.au [Reclierclies sur les proportions

os DE L'ÉPAULE

delà clavicule dans Les sexes el dans les races, Thèse de Paris, 1879), le rapport de la loiujueur de la clavicule à celle de l'humérus évaluée à 100, serait en moyenne de 4-4,32 chez Thoiiuiie, el de -55,04 chez la fenune, dans les races blanches. Les mêmes rapports, chez les Nègres, s'élèvent plus liant, à, 4-4,07 et à 40,38.

(JMUI'I-A'I'K

l/omoplale ou scapulum, pièce principale de la ceinture thoracique, est un (js pair, aplati et fort mince, appliqué contre la partie postérieure et supérieure liu Itiorax. En haut, elle s'élève jusqu'au premier espace intercostal ; en bas, son angle inférieur descend le plus souvent jusqu'à la huitième côte; en dedans, son hord interne est séparé de l'épine doi'salc par un intervalle qui mesure en moj'enne sept centimètres. Morphologiquement, l'omoplate affecte une forme triangulaii-c et nous pr('sento, en conséquence, deux faces, l'une antérieui'c, l'autre post(']'ieun'. trois l»oi-ds et trois angles.

1" Face postérieure. — La lace postérieure ou dorsale (iig. i'âH) est lortcmml convexe, comme nous le montre nettement une coupe sagittah^ d(^ l'os. Nous y constatons tout d'ahord, à la réunion de son quart supérieur avec ses trois (juarts inférieurs, une forte saillie, qui se détache presque à angle droit de la surface de l'omoplate pour se porter obli- (piement en arrière, en haut et en dehors : c'est V épine de l' omoplate. Elle occupe toute là largeur de l'os, et, tandis qu'elle se confond en dedans avec le hord interne du scapulum, elle se prolonge en dehors en une forte apophyse, connue sous le nom d'acro)nion.

Aplatie de haut en bas et de torme triangulaire, l'épine proprement dite nous présente :

l" deux, faces, l'une supérieure, l'autre inférieure, destinées à des insertions musculaires : 2"

un

bord antérieur, qui fait corps avec l'os ; 3" un bord externe, concave et mousse, qui regarde l'articulation scapulo-humérale ; 4° un bord postérieur, enfin, large et rugueux, placé presque immédiatement sous la peau et donnant insertion, sur sa lèvre supérieure au muscle trapèze, sur sa lèvre inférieure au muscle deltoïde ; ce hord postérieur, à son extrémité interne, s'étale en une petite surface triangulaire (Iig. 1238, 3), qui se confond peu à peu avec le bord spinal de l'os et sur laquelle, à IN'tat frais, glisse l'aponévrose d'insertion du muscle trapèze.

Fig. 238.

Omoplate, vue par sa face postérieure

I, fosse sus-t'|)iiieuse. — 2, épine de l'omoplate. — 3, petite surface sur kniuclle glisse l'aponévrose d'insertion du trapè/.c. — 4, fosse sous-épineuse. — o, trou nourricier. — 6, acromion. — 7, apophyse coraco'i'de. — 8, bord interne. — !>, bord supérieur. — 10. bord externe ou axillaire. — il, angle supérieur. — 12, angle inférieur. — 13, cavité gléno'i'de. — 14, col de l'omoplate. — 13, échancrure coraco'idienne.

OSTÉOLOGIE

Quant à l'acromioii, il nous offre à considérer : une face supérieure, criblée de trous vasculaires, qui est directement en rapport avec la peau; une face inférieure, concave, qui surplombe l'articulation de l'épaule ; un bord externe, épais et rugueux^ sur lequel viennent s'insérer les faisceaux moyens du deltoïde ; un bord interne, plus mince, oîi s'étale une petite facette ovalaire, à grand axe antéropostérieur, destiné à s'articuler avec la clavicule ; une extrémité externe, enfin, sur laquelle vient s'attacher le ligament acromio-coracoïdien.

L'épine scapulaire, que nous venons de décrire, divise notre face postérieure de l'omoplate en deux parties très inégales : 1° une partie plus petite, qui est située au-dessus, et qui, avec la face supérieure de l'épine, constitue la fosse sus-épineuse, destinée au muscle sus-épineux ; 2° une partie plus grande, qui est située au-dessous et qui, avec la face inférieure de cette même épine, constitue \?i fosse sous-épineuse. comblée à l'état frais par le muscle sous-épineux. Cette fosse sous-épineuse est limitée du côté du bord externe ou axillaire par une crête longitudinale, au delà de laquelle s'étale une surface rugueuse, égalenuMit longitudinale : sur cette surface rugueuse viennent s'insérer, en haut le petit rond, en bas le grand rond. Une

petite crête oblique, généralement très marquée, indique nettement la limite séparative des surfaces d'insertion de ces deux muscles.

Les deux fosses sus- et sousépineuses communiquent largement entre elles, à leur partie externe, grâce à une gouttière verLicale, creusée entre le bord externe de l'épine et le rebord postéi'ieur de la cavité giénoïde.

2" Face antérieure. — La face antérieure ou costale (fig. 239) est profondément excavée, d'où le nom de fosse sous-scapulaire, sous laquelle on la désigne le plus souvent. Elle répond au muscle sous-scapulaire et nous présente deux ou trois crêtes obli- ({uement ascendantes pour l'insertion de ce muscle.

Le long du bord intei'ne. elle nous offre encore deux surfaces triangulaires, l'une en haut, l'autre en bas, destinées à l'insertion de quelques faisceaux du muscle grand dentelé.

Du côté du bord externe, la face antérieure duscapulum se trouve limitée, comme la face postérieure, par une crête longitudinale, généralement arrondie et mousse, et, au delà de cette crête, par une gouttière qui affecte la même direction et la même étendue. Cette gouttière, qu'on rattache à tort au bord externe du scapu-

Fis. 239.

Omoplate, vue par sa lace antérieure.

1, fosse sous-scapulaire. — 2, crêtes d'insertion du sous-scapulaire. — .3, trou nourricier. — 4, bord externe. — 5, facette articulaire pour la clavicule. — 6, acromion. — 7, apophyse coracoïdc.

— 8, bord interne. — 9, bord supérieur. — 10. bord externe. — 11, angle supérieur. — 12, angle inférieur. — 13, cavité giénoïde.

— 1-i, col de l'omoplate. — 13, échancrure coracoïdienne.

os DE L'ÉPAULE

luni, donne insertion aux faisceaux externes ou axiliaires du muscle sous-scapulaire.

3" Bords. — Des trois bords de l'omoplate, l'un regarde en dedans (bord interne), le second en dehors (bord externe), le troisième en haut (bord supérieur) :

a. Bord interne. — Le bord interne ou spinal, sensiblement rectiligne dans ses trois quarts infe'rieurs, s'incurve un peu en dehors à partir du point où il rencontre l'épine. Il est donc constitué par deux portions, faisant l'une avec l'autre un angle plus ou moins obtus. Sur sa lèvre postérieure viennent s'attacher le sus-épineux et le sous-épineux. Sur sa lèvre antérieure s'insère le grand dentelé. Son interstice donne insertion, en haut, au muscle angulaire et, dans le reste de son étendue, au muscle rhomboïde.

1). Bord supérieur. — Le bord supérieur ou cervical est mince et tranchant ; il se termine en dehors par une petite échancrure, Véchancrure coracoïdienne, qu'un ligament convertit en trou et dans laquelle passe le nerf sous-scapulaire. Le muscle omo-hyoïdien prend naissance sur ce bord, immédiatement en arrière et en dedans de cette échancrure.

c. Bord externe. — Le bord externe ou axillaire, que l'on décrit ordinairement comme étant fort épais, se trouve au contraire fort mince, si on lui enlève, pour la rattacher à la région de la fosse sous-scapulaire, la gouttière longitudinale que nous avons signalée plus haut. Ce bord se termine en haut par une petite facette triangulaire rugueuse, la facette sous-glénoïdienne , où vient s'insérer la longue portion du triceps branchial.

4" Angles. — Les trois angles de l'omoplate se distinguent, d'après leur situation, en supérieur, inférieur et antérieur :

a. Angle supérieur. — L'angle supérieur, formé par la recontre du bord spinal avec le bord cervical, est tantôt droit, tantôt aigu. Sa forme et son développement dépendent du volume du muscle angulaire, qui vient y prendre ses insertions d'origine.

b. Angle inférieur. — L'angle inférieur, formé par la rencontre du bord spinal avec le bord axillaire, est arrondi et donne insertion au sous-scapulaire, au grand rond, aux faisceaux inférieurs du grand dentelé, quelquefois même à un faisceau surnuméraire du grand dorsal.

c. Angle antérieur. — L'angle antérieur, tronqué, nous présente tout d'abord une large surface articulaire, dite cavité glénoïde. Cette cavité a la forme d'un ovale à grand diamètre vertical et à grosse extrémité dirigée en bas : elle regarde obliquement en dehors, en avant et en haut. Faiblenient excavée sur le squelette, elle est entourée, à l'état frais, par un bourrelet fibro-cartilagineux qui en augmente la profondeur (voy. Arthuologie). — La cavité glénoïde est rattachée au corps de l'omoplate par une portion osseuse plus ou moins rétrécie, à laquelle on donne le nom de col de l'omoplate. — De l'espace compris entre l'extrémité supérieure de la cavité glénoïde et l'échancrure coracoïdienne se détache une forte apophyse, que les

Omoplate, vue par son bord externe ou axillaire.

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