‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 50 sur 176 · II · texte numérisé non relu

II

Os DU BRAS OU HUMÉRUS

Le squelette da bras est constitué par un seul os, l'hume'rus. Dirigé obliquement de haut en bas et un peu de dehors en dedans, l'humérus (flg. 244 et 246) est un os long, pair et non symétrique, présentant à l'étude, comme tous les os longs, un corps et deux extrémités, l'une supérieure, l'autre inférieure.

1° Corps. — Le corps est à peu près rectiligne; mais il paraît tordu sur son axe, d'où la présence d'une gouttière, improprement appelée gouttière de torsion, très ^ marquée sur la partie postérieure et externe de l'os.

Irrégulièrement cylindrique à sa partie supérieure, il affecte dans sa moitié inférieure la forme d'un prisme triangulaire (fig. 243). On lui considère pour cette raison trois faces et trois bords :

Fig. 243.

Coupe transversale de l'humérus au tiers moyen.

), bord anlériour. — 2, bord interne. — 3, bord externe. — 4, face interne. — 3, face externe. — G, face postérieure.

A. Faces. — Les trois faces du corps de l'humérus se distinguent, d'après leur orientation, en externe, interne et postérieure :

a. Face externe. — La face externe nous présente, un peu au-dessus de sa portion moyenne, une double crête rugueuse affectant la forme d'un V à sommet inférieur : c'est Vempreinle deltoïdienne, laquelle donne insertion sur sa lèvre supérieure au muscle deltoïde et, sur sa lèvre inférieure, ftu muscle brachial antérieur. Au-dessous de cette empreinte, encoi^e appelée en raison de sa forme le V deltoïdien, la face externe devient lisse et est recouverte, à l'état frais, par les faisceaux externes du brachial antérieur.

b. Face interne. — La face interne nous présente généralement à sa partie moyenne, le conduit nourricier de l'os : il se dirige obliquement de haut en bas, du cùté de l'extrémité inférieure par conséquent. — Au-dessus de lui, se voit une surface rugueuse, plus ou moins marquée suivant les sujets, destinée à l'insertion inférieure du muscle coraco-brachial {empreinte du coraco-brachial). — Au-dessus de l'empreinte du coraco-brachial, la face interne de l'humérus répond aux tendons du grand dorsal et du grand rond. — Au-dessous de cette même empreinte, elle donne attache aux faisceaux internes du brachial antérieur.

c. Face postérieure . — La face postérieure se ti"0uve divisée en deux parties par la gouttière de torsion, signalée plus haut, laquelle se dii'ige obliquement de bas en haut et de dedans en dehors. — Sur la partie située au-dessus de la gouttière vient

os DU BRAS

s'attacher la portion moyenne du triceps ou muscle vaste externe. Sur la partie . situe'e au-dessous s'insère la petite portion du même muscle ou vaste interne. — Entre les deux vastes, [dans la gouttière de torsion par conséquent, cheminent l'artère humérale profonde, ses -2 deux veines satellites et le nerf radial.

B. Bords. — Les trois hords de l'humérus, qui constituent les limites respectives des trois faces que nous venons de décrire, se distinguent en antérieur, interne et externe :

a. Bord antérieur. — Le bord antérieur, appelé quelquefois ligne âpre, rugueux en haut, où il se confond avec la lèvre externe de la coulisse bicipitale (voy. plus loin), devient mousse et arrondi dans sa partie inférieure. Il se bifurque en bas pour englober la cavité coronoïde entre ses deux branches terminales.

b. Bord interne et bord externe. — Le bord interne et le bord externe sont d'autant plus marqués qu'on se rapproche davantage de l'extrémité inférieure de l'os. Ils donnent l'un et l'auti'e insertion aux deux cloisons aponévrotiques cjui séparent les muscles antérieurs du bras des muscles postérieurs. Il est à remarquer que le bord externe se trouve interrompu à sa partie moyenne par la gouttière de torsion, qui, de la face postérieure, gagne la face externe.

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Fig. 24 i. ■ Fig. 245.

. 244. — Ilumériis, vue antérieure.

2, tète. — 3, col anatoniique.

1. corps. — 2, lote. — 3, col anatoniique. — 3', 3', col chirurgical. — 4, trocliilcr. — 5, gouUicrede torsion. — G, extrémité intérieure. — 7, épiconijyle. — 8, épilroclilée. — 9, troclilée pour le cubitus. -- 10, cavité olécranienne. — 1), condyle ou petile tète pour le radius. — 12, cavité coronoïde. — 13, trocliiler. — 14, Irocliin. — lo, gouttière bicipitale.

Fig. 245. — Humérus, vue postérieure.

1, corps. — 2, tète. — 3, col anatoniique. — 3', col chirurgical. — 4, trochiter. — 5, gouttière de torsion. — 0, e\lréniilé intérieure. — 7, épicondjle. — 8, épilroclilée. — Irochlée pour le cubitus. — 10, cavité olécranienne.

2 " Extrémité supérieure. —

L'humérus se termine en haut par une surface articulaire arrondie et lisse, qui, en raison de sa forme, a i^eçu le nom de tête de l'humérus : elle représente environ le tiers d'une sphère. L'observation démontre toutefois qu'elle est un peu aplatie d'avant en arrière, autrement dit que son diamètre vertical est un peu plus considérable que son diamètre antéro-postérieur. La différence entre

OSTÉOLOGIE

l'un et l'anlre de ces deux diamètres est ordinairement de 3 ou 4 millimètres. Sur l'os en place, la tète humërale regarde en haut, en dedans et un peu en arrière. Son axe forme avec l'axe longitudinal du corps de l'os un angle de 130 à 150'^.

La portion rugueuse et plus ou moins rétrécie qiû limite le pourtour de la tête humérale a reçu le nom de col analomique . Très appri'ciable à sa partie antérieure et supérieure, il est peu distinct dans le reste de son étendue.

En dehors de la moitié supérieure du col anatomique se dressent deux saillies,, toujours très développées, mais d'un volume inégal. — La plus petite, située en avant, porte le nom de trochin et donne insertion au muscle sous-scapulaire. — l^a plus volumineuse, située en dehors, s'appelle trochiler. Elle présente sur sa partie postéro-supérieure trois facettes nettement distinctes (fig. i246, 2, 3 et 4j : une facette supérieure, destinée au tendon du sus-éj)ineux ; une facette moyenne, sur laquelle s'insère le sous-épineux ; une fac(Hte inférieure, enfin, où vient s'attacher le petit rond.

Entre le trochin et le trochiter se voit une gouttière à direction verticale, destinée à loger le tendon de la longue portion du biceps : elle est appelée, pour cette raison, coulisse bicipitale. Cette gouttière se prolonge, dans vme étendue de 6 à 8 centimètres, sur la face interne de l'humérus et se trouve nettement limitée par deux bords ou lèvres, destinées à des insertions musculaires. La lèvre postérieure descend du trochin {crête sous-trochinienne de quelques auteurs) et donne attaclie 3 au grand dorsal et au grand rond. La lèvre antérieure, qui n'est autre que la portion supérieure du bord antérieur de l'os, descend du trochiter {crête sous-trocliitérienne p.^^ de quelques auteurs) : sur elle vient s'insérer le tendon

quadrilatère du grand pectoral.

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