‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 54 sur 176 · GoUt'S DE 1,'oS · texte numérisé non relu

GoUt'S DE 1,'oS

( A snicre. )

Fnci: anlérieuri

b. Face postérieure

l-ig. 25C.

hc cubitus, avec les iiisciiious musculaires : A, vue arilé-

rieurc; B, vue posléi-icure ; C, vue latérale externe. (Poui- la sigiiiliraliim des i-hillros, s,. i-,-[,oiter au tableau i l-dessou*.)

Brachial antérieur (I).

Fléchisseur superficiel des doigts (2).

Rond pronateur (i).

Fléchisseur profond des doigts (i).

Long tléchisseur du pouce (inconstani) (5). Triceps brachial (6).

■ Gubital antérieur (7).

' Anconé (8).

) Fléchisseur profond des doigts (4) .

' Garré pronateur (9).

Anconé (8).

Gubital postérieur (inconstant) (10).

Gourt supinateur (11).

Long abducteur du pouce (12).

OSTÉOLOGIE

, b. Face postérieure ^ [Suite.)

li. CoBPS DE l'os. ■ c. Face interne.

[Suite.) I

\ à. Bord postérieui

Fi g. 237.

Ossification du cubitus.

J, 1, point primitif. — '2, point coiriplémentairi:poui- l'épipnyse inférieure. — 3, point complémentaire pour ta partie supérieure de l'olé-

Court extenseur du pouce (iuconstant) (13). Long extenseur du pouce (14).

Extenseur de l'index (15).

Fléchisseur profond des doigts (4).

Anconé (8).

Cubital postérieur (10).

Cubital antérieur (7).

Fléchisseur profond des doigts (4).

Développement.

— Le cubitus se développe par quatre points d'ossification, un point primitif et trois points couaplénientaires :

a. Le point primitif apparaît dans la diaphyse au coininenceiuent du deu.Nième mois de la vie intra-utérine. Dès le troisième mois, il est déjà devenu un petit cylindre osseux, qui s'étend rapidement vers les deux extrémités de l'os. C'est aux dépens de ce point d'ossification primitif que se forme, indépendamment du corps de l'os, une bonne partie de ses deux extrémités : l'apophyse coronoïde, les deux tiers inférieurs de l'olécràne et la moitié supérieure de la tête cubitale, il est facile de se rendre un compte exact de son développement sur déjeunes enfants de un à six ans, alors que les épiphyses n'ont pas encore été entamées par l'ossification.

6. Des deux /)o/«fe complémentaires, l'un appartient à l'épiphyse inférieure, l'autre à l'épiphyse supérieure. — Le premier, point épiphi/saire inférieur, apparaît vers la sixième ou la neuvième année ; il affecte la forme d'une plaque osseuse aux dépens de laquelle se forment l'apophyse styloide et le revêtement inférieur de la tête. — Le second, point épiphijsaire supérieur ou olécranien, forme la partie supérieure de l'olécràne ; il n'apparaît que de quatorze à di.\-huit ans. — Sapi>ev a décrit un point spécial pour le bec.

Dès qu'elles sont envahies par l'ossification, les épiphyses se développent rapidement. L'épiphyse supérieure se soude au corps de l'os de seize à vingt ans. La soudure de l'épiphyse inférieure n'a lieu que quelques années plus tard : de vingt à vingt-deux ans chez la fennne. de vingt et un à vingt-cinq ans chez l'homme.

Variétés. — Dans un cas observe par RosisNMiii.i.Eii, l'olécràne était entièrement séparé du cubitus, constituant ainsi à la face postérieure de l'articulation du coude comme une sorte de petite rotule. — Blandin {Bull. Soc. anal., IS'27, p. 188) a observé un cubitus qui ne remontait pas jusqu'à l'articulation du coude. — Diîville (ibiJ., 1849, p. 163) a constaté, sur le cadavre d'un vieillard, l'absence d'une grande partie de la diaphyse du cubitus droit.

Le radius (lig. 253 et â54j est un os long, pair et non symétrique, situé en dehors du cubitus, à la partie externe de l'avant-bras. Tandis que le cubitus, très volumineux en haut, décroît progressivement de son extrémité supérieure à son extrémité inférieure, le radius présente, au contraire, son maximum de développement au niveau de son extrémité carpienne. Il nous offre à considérer, comme tous les

os longs,

un corps et deux extrémités, l'une supérieure, l'autre inférieure.

1° Corps. — Le corps du radius présente une double courbure : une courbure antérieure, à concavité dirigée en avant, généralement peu marquée ; une courbure interne, à concavité tournée vers le cubitus, bien plus accentuée que la précédente. Comme le cubitus, le radius affecte une forme i^rismatique triangulaire (fig. 252). On peut, par conséquent, lui décrire trois faces et trois bords.

A. F.\CEs. — Des trois faces du radius, l'une regarde en avant (face antéiieure), la seconde en arrière (face postérieure), la ti'oisième en dehors (face externe) :

a. Face antérieure. — La face antéi'ieure est à peu près plane, uii peu concave cependant à sa partie moyenne. Étroite supérieurement, elle va en s'élargissant au fur et à mesure qu'elle se rapproche de l'extrémité inférieure de l'os. On y remarque

os DE L'AVANT-BRAS

le conduit nourricier dû radius, siUic un peu au-dessous de celui du cuIjiLus, mais se dirigeant, cuaime ce dernier, obliquement en liaul, du côté du coude. Celte face donne attache, dans ses deux tiers supérieurs, au muscle long flëcliisseur du pouce et, dans son tiers inférieur, au carré pronateur.

b. Face postérieure. — La face posU'rieure est arrondie dans son tiers supéiieur. que recouvre le court supinateur, plane ou même légèrement excavéc dans le reste de son étendue, oi^i s'attachent les muscles long abducteur et court extenseur du pouce. Assez souvent, les surfaces d'iiisertion de ces muscles, sont n('ttementdélimitées par deux crêtes obliques en bas et en dehors, qid naissent sur le bord interne de l'os pour aboutir en bas sur le b(jrd postérieur.

c. Face externe. — La face externe, convexe et arrondie, empiète un peu supérieurement sur la partie antérieure de l'os : c'est en ce point que s'attache le court supinateur. Sa partie moyenne nous présente une surface rugueuse, destinée à l'insertion du rond pronateur. Sa partie inférieure, lisse, répond aux tendons des muscles radiaux externes.

B Bonus. — Les trois bords du radius se distinguent, d'après leur situation, en antérieur, postérieur et externe :

a. Bord antérieur. — Le bord antérieur part de la tubérosité bicipitale. Il fornu; d'abord une crête osseuse assez saillante, obliquement dirigée de haut en bas et de dedans en dehors ; mais cette crête s'efface au voisinage du conduit nourricier et se confond alors insensiblement avec la face externe de l'os. liC bord antériiuir, on le voit, est en réalité limité à ce que Ton pourrait appeler la racine inférieure de la tubérosité bicipitale (voy. plus loinj.

b. Bord postérieur. — Le bord postérieur est mousse et plus ou moins elfacé, surtout à ses extrémités. De ce fait, il établit uni^ démarcation tout à fait idéale entre la face postérieure et la face externe.

c. Bord interne. — Le bord interne ne commence qu'à un ou deux travers de

.\N.\TOMIE liUa.AlNE. — T. I, 4'^ ÉDIT. 33

Les deu.K os deFavant-bras, vue antérieure.

Fig. i;.j9.

Les deux os de l'avaut-ijras, vue postérieure.

1. cubitus. — 2, radius. — .J, graude cavité sigmoïdc du cubitus. — 4, apoplijsc coi'onoïde. — 5. rugosités jjoui' l'inserlion du brachial antérieur. — 6, trou nourricier du cubitus. — 7, son a|)Oi)liyse sl jloïde. — 8, apophyse styloïdc du radius. — 9, sa facette articulaire lioui' le carpe. — iO, extrémité supérieure du radius, avec sa facette latérale pour la petite cavité sigmoïde du cubitus. — 11, sa cupule pour le condyle de l'humérus. — 12, articulation radio-cubitale supérieure. — 13, tubérosité bicipitale. — 14, trou nourricier du radius. — l."), tèle du cubitus. — 10, bord postérieur du cubilus. — 17. olécràne.

OSTÉOLOGIE

doigt au-dessous de la tubërosité bicipitale. Il est mince; tranchant^ le'plus souvent concave comme le corps de l'os ; il donne attache au ligament interosseux. Dans son cinquième inférieur, il se bifurque de manière à limiter, sur la partie correspondante de l'os, une sorte de petite facette triangulaire à sommet supérieur : cette facette est encroûtée de cartilage au voisinage de sa base, où elle fait partie de l'articulation radio-cubitale inférieure (voy. Arthrologie).

2° Extrémité supérieure. — L'extrémité supérieure nous présente tout d'aboi\l, en allant de haut en bas, une partie volumineuse et arrondie, appelée téte dio radius.

Aplatie dans le sens vertical, la tête du radius revêt la forme d'un segment de cylindre dont le diamètre mesure de 20 à 22 millimètres et la hauteur de 8 à

10 millimètres. — "Sa face inférieure se soude au reste de l'os. — Sa face supérieure, libre, est creusée d'une dépression en forme de cupule : c'est la cupule ou cavité gléno'ide du radius. Elle est un peu plus étendue dans le sens antéropostérieur que dans le sens transversal et répond, sur le squelette monté, au condyle de l'humérus. — Le pourtour de la tète du radius, assez régulièrement circulaire, est un peu plus haut dans sa moitié interne que dans sa moitié externe.

11 nous présente, dans la plus grande partie de son étendue (en avant, en dedans et en arrièi'e), une deuxième facette articulaire, naturellement convexe, qui se continue, au niveau de son bord supérieur, avec la cupule. Très développée à sa partie moyenne, oîi elle mesure à peu près la même hauteur que la tête ellemême, cette facette se tei'mine en pointe à ses extrémités antérieure et postérieure. Elle l'épond, sur le squelette monté, à la petite cavité sigmoïde du cubitus.

La tête du radius est supportée par une portion rétrécie, mesurant de 10 à.

12 millimètres de hauteur : c'est le col du radius. Son axe est un peu oblique de haut en bas et de dehors en dedans, formant ainsi avec le corps de l'os un angle obtus ouvert en dehors.

Immédiatement au-dessous du col, à la partie antéro-interne de l'os, se dresse une saillie ovoïde, à grand axe vertical, sur laquelle vient s'insérer le tendon inférieur du biceps : c'est la tubërosité bicipitale du radius. Il n'est pas rare d'observer à son niveau une dépression irrégulière qui, selon les cas, se trouve située à son centre, en avant d'elle ou même au-dessous: — La tubérosité bicipitale est rugueuse dans sa moitié postérieure, oiv elle donne attache au tendon du biceps, lisse dans sa moitié antérieure, sur laquelle glisse le tendon précité à l'aide d'une petite synoviale. — Comme nous l'avons fait remarquer plus haut la tubérosité bicipitale donne naissance inférieurement à la crête saillante, obliquement dirigée en bas et en dehors, qui devient le bord antérieur du radius : cette crête constitue la racine inférieure de la tubérosité. — Supérieurement, une seconde racine, plus ou moins marquée suivant les sujets, se détache de la tubérosité bicipitale pour se porter en haut et en dehors vers la tête de l'os : c'est la racine supérieure. Suivant la remarque d'IIuMruaY, ces deux racines fortifient le radius dans les deux dii-ections que prennent les forces qui résultent de la décomposition de celle que développe le biceps dans les grands elfoi'ts de supination.

3° Extrémité inférieure. — L'extrémité inférieure ou carpienne constitue la partie la plus volumineuse de l'os. Aplatie d'avant en arrière, elle mesure en chiffi^es ronds 3 centimètres dans le sens transversal et 2 centimètres dans le sens antéro-postérieur. Elle revêt dans son ensemble la forme d'une pyramide quadrangulaire tronquée et nous présente en conséquence six faces, que l'on distingue, d'après leur situation, en supérieure, inférieure, antérieure, postérieure, interne et postéro-cxterne :

os DE L" A.VANT-BRAS

a. Face supérieure. — La face supérieure se confond sans ligne de démarcation bien nette avec le corps de l'os.

b. Face inférieure. — La face inférieure, qui constitue la base de la pyrami(l(i, est triangulaire à base dirigée en dedans, du côté du cubitus (fig. 258). Elle est articulaire et, à cet effet, nous présente h l'état frais un revêtement de cartilage. Une ligne mousse, à direction antéro-postérieure, la divise en deux facettes : une facette externe (3), triangulaii^e, articulée avec le scapboïde ; une facette interne (4), quadrilatèi^e, répondant au semi-lunaire. — ,^ — 1=-^

l'apophyse styloïde du cubitus, particularit(' anatomique fort iniiiortante pour le diagnostic des fractures de l'extrémité inférieure de Favant-bras. Le sommet de l'apophyse styloïde du radius donne attache au ligament latéral externe de l'arliculation du poignet. Sur sa base s'insère le tendon du long supinateur.

c. Face antérieure. — La face antérieure de l'extrémité inférieure du radius, plane dans le sens transversal, concave au contraire dans le sens vertical, répond au muscle carré pronateur, qui prend sur elle un certain nombre de ses insertions.

d. Face postérieure.. — • La face postérieure (fig. 259, a), plus étroite que la précédente, est occupée par deux gouttières : une gouttière interne, relativement fort large, mais souvent peu marquée, qui livre jiassage aux tendons de l'extenseur propre de l'index et de l'extenseur commun des doigts ; une gouttière externe, toute petite, mais très distincte, légèrement oblique en bas et en dehors, qui loge le tendon du muscle long extenseur du pouce.

e. Face postéro-externe. — La face postéro-externe (fig. 259, b) continue la face externe du corps de l'os : elle regarde, comme son nom l'indique, en arrière et en dehors. Une crête saillante, toujours très marquée, la sépare de la face postérieure. Cette face nous présente, comme la précédente, deux gouttières tendineuses, l'une interne, l'autre externe. — La gouttière interne, fort large, mais peu profonde, est la gouttière des radiaux. Elle livre passage, en effet, aux tendons du pi'emier radia

Fig. 258.

Extrémité inférieure du radius, vue par sa face carpienne.

Fig. 259.

Extrémité inférieure du radius, vue [lar sa face postérieure.

1; petite cavité sigmoïde poui' la lètc du cubitus. — '2, facette quadrilatère, s'articulant avec le scmi-lunairc.

— 3, facette triangulaire, s'articulant avec le scaphoïdc.

— 4, gouttière pour l'extenseur propre de l'index el l'extenseur commun des doigis. — 3, goiitlièrc pour le long extenseur du pouce. — (i, gouttière pour le deuxième radial externe. — 7, gouttière pour le premier radia! externe. — 8, apophvse stUo'i'dc. — !i, face antérieure de cette extrémité.

a, face postérieure: 6, face postéro-externe.

1, corps de l'os. — 2, gouttière pour le long abducteur du pouce. — 3, gouttière pour le court extenseur du pouce. — 4, gouttière pour le premier radial externe. — 5, gouttière pour le deuxième radial externe. — 0, apoplijse stjlo'ide. — 7, gouttière pour le long extenseur du pouce. — 8, gouttière pour l'extenseur propre de l'index et l'extenseur commun des doigis. — 9, bord postérieur de l'os. — tO. bord postérieur do la cavité sigmo'ide.

OSTEOLOGIK

externe et du deuxième radial externe. Une petite crête ou saillie médiane la subdivise parfois en deux gouttières plus petites, chacune d'elles logeant le tendon correspondant des deux muscles pre'cite's. — La gouttière externe, obliquement dirige'e en bas et en dedans, est creusée en partie sur la face externe de l'apophyse styloïde. Elle loge les tendons des muscles long abducteur du pouce et court extenseur du pouce. On y i^encontre parfois, comme dans la gouttière des radiaux, une petite ci^ête longitudinale, qui détermine la formation de deux gouttières secondaires. — La profondeur de ces différentes gouttières tendineuses est considérablement accrue, à l'état frais, par la présence de formations fibreuses qui les transforment en de véritables canaux. Nous aurons naturellement à y revenir, à pr'opos des muscles.

f. Face interne. — La face interne nous présente à sa partie inférieure une petite facette articulaire, plane dans le sens vertical, fortement concave dans le sens antéropostérieur : c'est la cavité sigmoïde du radius (fig. 258, 1), destinée à s'articuler avec la tête du cubitus. Nous aurons l'occasion de revenir sur cette facette en arthrologie. Nous nous contenterons de faire remai^quer ici qu'elle est moins étendue que la facette qui lui correspond sur le cubitus et qu'elle donne attache, sur son bord inférieur, au fibro-cartilage triangulaire de l'articulation du jioignet.

4" Conformation intérieure. — La diaphyse du radius, formée de tissu compacte, est creusée d'un canal médullaire, plus étroit à sa partie moyenne qu'à ses

deux extrémités. Ce canal se prolonge en haut jusqu'au col; en bas, il s'arrête à l'union des trois quarts supérieurs de l'os avec le quart inférieur. Les deux épiphyses du radius sont constituées par du tissu spongieux.

Connexions. — Le radius s'articule avec quatre os : 1» en haut, avec l'humérus; 2° en dedans, avec le cubitus; 3" en bas, du côté du carpe, avec le scaphoïde et le semi-lunaire.

Insertions musculaires. — Le radius donne insertion à dix muscles. Nous résumons ces ditïërentes insertions musculaires dans la figure 260 et dans le tableau synoptique qui l'accompagne. Dans ce tableau, les chiffres placés à la droite des muscles répondent exactement aux chifïres de la figure.

/ Biceps brachial (I).

Court supinateur (2).

Fléchisseur superficiel

des doigts (3).

Long fléchisseur du

a. Face antérieure (A) .

Radius, avec les insertions musculaires : A, vue antérieure: B, vue postérieure; C, vue externe.

(Pour la signification des ctiiffres. se reporter au taijleau ci-contre. j

b. Face postérieure (B) .

c. Face externe (C) . . ,

d. Apoplii/se styloïde (B)

pouce (4).

Carré pronateur (S). Fléchisseur profond

(quelques faisceaux)

Court supinateur (2).

Long abducteur du

pouce (7).

Court extenseur du

pouce (8).

Court supinateur (2).

Rond pronateur (9).

I Long supinateur (10).

Développement. — Le développement du radius présente la plus grande analogie avec celui

os DE J.A MAIN

.du cubitus. Comme ce dernier, il se développe par trois points d'ossification, un point primitif et deux points complémentaires :

a. Le point primitif apparaît à la partie moyenne de la diapliysc vers le quarantième jour de la vie intra-utérine. Puis, il envahit rapidement, non seulement le corps de l'os, mais encore une partie de son extrémité supériem-e.

b. Des àeuK points complémentaires, l'un est destiné à l'extrémité supérieure, l'autre à l'extrémité intérieure. L'épipliyse inférieure commence à s'ossifier pendant la cinquième année, l'épipliyse supérieure vers la sixième. La soudure de ces deux épiphyses s'effectue d'avant en arrière, la première de vingt à vingt-cinq ans, la seconde quelques années plus tôt, de seize à vingt ans.

Outre les deux points épiphysaires supérieur et inférieur, on décrit encore un troisième point complémentaire destiné à la tubérosité bicipitalc du radius. Ce dernier point, point bicipital (fîg. 261,4) apparaît de quatorze à dix-huit ans sous la forme d'une simple lamelle, qui se soude, peu après son apparition, avec la portion correspondante du corps de l'os.

'Variétés. — L'absence du radius, partielle ou totale, a été constatée dans certains cas de malformations congénitales où le pouce faisait également défaut (voy. à ce sujet Ch. Davaine, De l'al/sence conr/énitale du radius chez lliomme, in Bull. Soc. de Biologie, 18.jO, t. Il, p. 39; Gkuber, Virchow's Arch., 188fj; Larcher, Note sur un cas d'absence conr/énitale du radius, Etudes physiol. et méd. sur quelques lois de l'organisme, Paris. 1868, p. 221-223).

v; I \' . — Os n K L A M A [ \

La main (flg. 26:2 et 263), quatrième et dernier segment du membre thoracique, est constituée par vingt-sept os, divisés en trois groupes distincts.

Tout d'abord, nous trouvons au-dessous de l'avant-ljras une double rangée transversale d'os courts, constituant le carpe. — Plus bas, s'échappent comme autant de rayons divergents, cinq colonnettes osseuses dirigées verticalement et formant par leur ensemble le métacarpe. — A ces cinq colonnes, enfin, s'ajoutent les cinq doigts, comprenant chacun trois pièces osseuses ou phalanges, à l'exception du doigt externe qui n'en possède qui^ deux. Nous étudierons séparément :

\° Le carpe ; 2" Le métacarpe ; 3" Les doigts.

A. — Cakim-:

Le carpe (Ilg. 262, 265 et 268j est constitué par huit petits os, disposés en deux rangées transversales, une rangée supérieure ou antibrachiale et une rangée inférieure ou métacarpienne. — La première comprend quatre os qui sont, en allant de dehors en dedans : le scaphoïde, le semi-lunaire, le pyramidal et \e pisiforme. — La seconde comprend quatre os également, qui sont, en suivant la même direction : le trapèze, le trapézoïde, le grand os et l'os crochu.

Les os du carpe sont tous irrégulièrement cuboïdes et nous présentent par conséquent six faces. De ces six faces, deux, l'antérieure et la postérieure, sont rugueuses et répondent aux parties molles de la région palmaire et de la région dorsale ; on les désigne quelquefois sous les noms de face palmaire et de face dorsale. Les quatre autres, supérieure ou antibrachiale, inférieure ou métacarpienne, externe ou radiale, interne ou cubitale, sont lisses ou encroûtées de cartilage h l'état frais, pour s'articuler avec les os voisins. Il y a exception pourtant pour les os extrêmes de chaque série, qui, ne s'articulant latéralement qu'aA^ec un seul os, possèdent, naturellement, une facette articulaire en moins.

Ossifioatiou i-lu r.iiliii^ (scliéiiialii/iic).

1, point primitir. — 5. point cpipliysilire in- Ici-iiMir. — ;i, point épipliy&airc sup'Tieur. — -f. point roniplèmentaire pour la tubérosité bicipit,Tle,

OSTÉOLOGIE

Cette description sommaire est comme le schéma de chacun des os du carpe. Mais les pièces osseuses qui constituent cette région sont loin de se ressemhler, et nous devons maintenant indiquer, pour chacune d'elles, les particularitée anatomiques qui la caractérisent.

1" Scaphoïde. — C'est l'os le plus volumineux de la première rangée. En raison de sa forme allongée et de la concavité qu'il présente en has et en dedans, les anciens anatomistes l'ont comparé à une nacelle (tJKâcpY], barque et eïSoç, forme), d'où le nom sous lequel on le désigne. Des six faces du scaphoïde, trois sont articulaires, les trois autres non articulaires :

a. Facettes articulaires. — Les trois faces articulaires sont la supérieure, l'inférieure et l'interne, — La face supérieure ou mieux super o-externe , fortement convexe, s'articule avec le i^adius. — -La surface inférieure, convexe également, s'articule avec les deux i^remiers os de la deuxième rangée, le trapèze et le trapézoïde. • — La face interne est subdivisée en deux facettes secondaires par une petite crête mousse et semi-circulaire : la facette qui est en haut est plane et s'articule avec le semi-lunaire; la facette qui est au-dessous est fortement excavée et coi-respond à la partie externe de la tête du grand os.

b. Facettes non articulaire'^. — Les trois faces non articulaires sont l'externe, l'antérieure et la postérieure. — La face externe est constituée par un gros tubercule, saillant en avant et en dehors : c'est le tubercule du scaphoïde, sur lequel vient s'insérer le ligament latéral externe de l'articulation du poignet. — La face postérieure ou dorsale, fort éti^oite, est représentée par une gouttière rugueuse, qui se dirige obliquement en bas et en dehors. — La face antérieure ou palmaire, étroite à sa partie supérieure, s'élargit considérablement à sa partie inférieure, où elle répond au tubercule scaphoïdien.

Connexions. — Le scaphoïde s articule avec cinq os : 1° le radius 12° le semi-lunaire; S^" le grand os; 4° le trapézoïde; 5° le trapèze.

Insertions musculaires. — Un seul muscle s'insère sur le scaphoïde : c'est le court abducteur du pouce (fig. 203,1).

2° Semi-lunaire. — Ainsi appelé parce qu'il a la forme d'un croissant à concavité dirigée en bas, le semi-lunaire nous offre à considérer quatre facettes articulaires pour les os voisins et deux facettes non aiHiculaires.

a. Facettes articulaires. — Les quatre facettes articulaires sont : 1° une facette supérieure, convexe, pour le radius ; 2° une facette inférieure, concave d'avant en arrière (facette semi-lunaire), pour la tête du grand os et l'extrémité supérieure de l'os crochu ; 3° une facette externe, plane et toute petite, pour le scaphoïde ; 4° une facette interne, plane également, mais beaucoup plus grande, pour le pyramidal.

b. Facettes non articulaires. — Des deux facettes non articulaires du semilunaire, V antérieure est convexe, la postérieure est plane. L'une et l'autre sont rugueuses. Aucun muscle ne s'attache sur elles.

Connexions. — Le semi lunaire, comme le scaphoïde, s'articule avec cinq os : 1" le radius ; 2» le scaphoïde ; 3° le pyramidal ; 4» l'os crochu ; 5» le grand os.

30 Pyramidal. — Le pyramidal affecte la forme d'une pyramide dont la base se dirigerait en haut et en dehors. Comme le précédent, cet os présente quatre facettes articulaires et deux non articulaires :

a. Facettes articulaires. — Les facettes articulaires sont : 1" une facette supérieure, convexe et irrégulière, répondant, non pas au cubitus, mais au ligament triangulaire de l'articulation radio-cubitale inférieure; 'i" \im facette i^iférieure,

os DE LA MAIN

concave, pour l'os crochu ; 3° une facette externe, piano, pour le semi-lunaire ; 4" une facette antéro-interne, arrondie, pour le pisiforme ; cette dernière est tantôt plane, tantôt légèrement convexe.

b. Facettes non articulaires. — Les deux faces non articulaires du pyramidal se distinguent en antérieure et postérieure. — La face antérieure ou palmaire est étroite, rugueuse, allongée de haut en bas et de dehors en dedans. — La face postérieure ou dorsale, fort large au contraire, nous présente à sa partie inférieure et interne une crête transversale, la créle du pyramidal, destinée à des insertions ligamenteuses. La crête du pyramidal se termine en dedans par une sorte de tubercule, le tubercule du pijramidal, sur lequel vient s'insérer le faisceau postérieur du ligament latéral interne de l'articulation du poignet. Au-dessus et au-dessous de la crête, se voient deux sillons criblés de trous vasculaires.

Connexions. — Le pyramidal s'articule avec quatre os : 1° le cubitus, dont il est séparé cependant par le fîbro-cartilage triangulaire de l'articulation du poignet ; 2° le pisiforine ; 3° le semi-lunaire; 4" l'os crochu.

4° Pisiforme. — Allongé dans le sens vertical, légèrement aplati de dehors en dedans, le pisiforme nous offre à considérer deux extrémités et quatre faces :

a. Extrémités.

extrémités, l'une l'autre inférieure

supérieure, qui est ordinairement la plus volumineuse des deux, regarde en haut et un peu en dehors.

Elle ne dépasse pas le niveau de la facette articulaire, que nous décrirons tout à l'heure sur la face postérieure de l'os. — L'extrémité inférieure, au contraire, déborde plus ou moins, sous la forme d'un gros mamelon ou d'une saillie pyramidale, le niveau inférieur de la facette articulaire. Elle donne insertion à des faisceaux ligamenteux qui vont s'attacher d'autre part, en partie sur l'os crochu, en partie sur le cinquième métacarpien.

h. Faces. — Les quatre faces du pisiforme, pour la plupart très mal délimitées, se distinguent en postérieure, antérieure, interne et externe. — La face postérieure, en relation articulaire avec le pyramidal, nous présente à cet effet une petite facette, arrondie ou ovalaire, plane ou légèrement excavée. — La face interne, convexe et plus ou moins rugueuse, donne insertion au ligaïuent latéral interne de

— De ses deux est supérieure, , — V extrémité

Fig. 262.

Les os de la main, vus par leur face palmaire.

1, radius. — 2, cubitus. — 3, scaplioïde. — 4, semi-luuaire. — a pyramidal. — fi, ijisiforme. — 7, Irapèzc. — x, trapézoïde. — y, grand os. — 10, os crochu. — 11, premier mélacarpien. —

12, 12, les autres métacarpiens. — i'i, première plialange du pouce — 14, 14, premières plialanges des autres doigts. —

13, 15, deuxièmes phalanges. — 16, deuxième phalange du pouce. — 17, troisièmes phalanges des quatre derniers doigts.

OSÏÉOLOGIE

l'articLilation du poignet. — La face externe nous présente dans la grande majorité des cas une gouttière longitudinale, qui, très accusée à la partie supérieure de l'os, s'allonge ensuite graduellement au fur et à mesure qu'elle se rapproche de l'extrémité inférieure. Cette gouttièi'e répond à l'ar'tère cubitale et à la branche profonde du nerf cubital. — La face antérieure, convexe, donne attache à deux muscles : en bas, à l'adducteur du petit doigt ; en haut, au cubital antérieur. L'union du pisiforme avec le tendon du cubital antérieur est tellement intime qu'on a longtemps considéré le quatrième os de la première rangée du tarse comme un sésamoïde développé dans l'épaisseur de ce tendon. Cette opinion est aujourd'hui * abandonnée. Utilisant les données fournies par l'anatomie ^ comparée, Gegenbaur a établi que le pisiforme est réellement une pièce squelettique, l'homologue d'un rayon fortement réduit de la nageoire primitive. Les recherches embryo- ■' logiques de Leboucq {Arch. de Biologie de van Beneden, 1884)

Fig. 203. conduit cet anatomiste aux mêmes conclusions.

Pislloime droit, Pour mettre le loisiforme en position, celle des deux mains à laquelle

vue antéro-externe. appartient étant connue, il faut : 1° tourner en arrière sa facette

I. l'acetie arUcuIaii-e. — articulaire; 2° tourner eu bas celle de ses deux extrémités qui déborde 2, cxii-omitô supérieure. — jg, surface articulaire. La gouttière du nerf cubital occupera ainsi le

i, exirémile lulérieure. — i i ■ i- - i-t- i ]■

4, face externe avec 4' sa ^^^^ externe. Ce dernier caractère, présence sur le cote externe d une gouitière. — 3, face anté- gouttière qui n'existe pas sur le côté interne, rendra facile à résoudre rieure. — 6, partie corres- ig, question de savoir, uu pisiforme étant donné, si c'est un pisiforme pondante du i)\ranudal. i p u

droit OU un pisiforme gauche.

Connexions. — Le pisiforme ne s'articule qu'avec un seul os, le pyramidal.

Insertions musculaires. — Deux muscles seulement s'insèrent sur le pisiforme (flg. 220) : le cut)it;il antérieur 0) et l'adducteur du petit doigt (7) .

5" Trapèze. — Le trapèze, situé entre le scaphoïde et le premier métacarpien, ne possède, comme os extrême de la rangée, que trois facettes articulaires. Il nous présente, en outre, trois facettes non articulaires.

a. Facettes articulaires. — Les trois facettes articulaires sont : 1° une' facette supérieure, triangulaire et légèrement concave, pour le scaphoïde ; 2° une facette inférieure , concave dans le sens transversal, convexe au contraire dans le sens antéro-postérieur (configuration en selle), pour l'extrémité supérieure du premier métacarpien ; 3" une facette interne, concave en haut pour le trapézoïde, plane en bas pour la partie externe du deuxième métarcapien ; une petite crête mousse, à dii'ection transversale, indique la limite de ces deux facettes secondaires.

b. Facettes non articulaires. — Les trois faces non articulaires du trapèze se distinguent en antérieure, postérieure et externe. — La face antérieure est relativement étroite, surtout à sa partie interne. Sur sa partie externe, nous rencontrons une gouttière profonde, destinée au passage du tendon du grand palmaire. Cette gouttière est limitée en dehors par une forte apophyse linéaire, qui se dirige obliquement en avant et en dedans, et que l'on peut appeler le tubercule ou V apophyse du trapèze. — La face postérieure est inégale, rugueuse, criblée de trous. A ses deiix extrémités, interne et externe, se voient deux petits tubercules destinés à des insertions ligamenteuses. — La face externe, cjuadrilatère, rugueuse, donne également insertion à des ligaments.

Connexions. — Le trapèze s'articule avec quatre os : 1" le scaphoïde; 2° le trapézo'ide ; 3° le premier métacarpien ; 4° le deuxième métacarpien.

Insertions musculaires. — Trois muscles s'insèrent sur cet os. Ce sont (fig. 264, 266 et 269) :

os DE LA MAIN

1» l'opposant du pouce; 2" le court fléchisseur du pouce; 3° le court abducteur du pouce. Dans certains cas, le long abducteur du pouce s'insère aussi sur le trapèze.

6° Trapézoïde. — Le trapézoïde se trouve symétriquement enclave' entre quatre os : le scaphoïde en haut, le deuxième métacarpien en bas, le trapèze en dehors, le grand os en dedans.

a. Facettes articulaires. — Articulé avec chacun d'eux, il présente, à cet effet : 1° pour le premier, une facette supérieure, triangulaire et légèrement concave ; 2° pour le second, une facette inférieure, convexe transversalement et fortement allongée d'avant en arrière ; 3° pour le trapèze, une facette externe, convexe ; ¥ pour le grand os, enfin, une facette interne, irrégulièrement plane.

b. Facettes non articulaires. — Le trapézoïde, outre les facettes articulaires pi^écitées, nous présente encore deux facettes non articulaires : l'une répondant à la paume de la main, c'est la face antérieure ou palmaire ; l'autre répondant au dos de la main, c'est la face postérieure ou dorsale. Elles sont l'une et l'autre rugueuses et fort inégales en étendue, la face dorsale l'emportant de beaucoup sur la face palmaire.

Connexions. — Le trapézoïde s'articule avec quatre os : 1° en haut, avec le scapho'ide ; 2° en bas, avec le deuxième métacarpien; 3° en dehors, avec le trapèze : 4° en dedans, avec le grand os.

Insertions musculaires. — Le trapézoïde donne insertion à deux muscles (fig. 2G4 et 266) : l'adducteur du pouce et le court fléchisseur du pouce (cette dernière insertion non constante).

Fig. 264.

Les os de la main, vue antérieure, avec insertions musculaires .

1. court abducteur du pouce. — 2, opposant du pouce. — 3. long abducteur du pouce et faisceau inconstant du court extenseur. — 4, long flécliisseur du pouce. — 5, court flécliisseur du pouce. — 6, grand palmaire. — 7, adducteur du pouce. — 8, court flécliisseur et 8', adducteur du petit doigt. — 9, opposant du petit doigt. — 10, flécliisseur superficiel des doigts. — tt, fléchisseur profond. — li, premier interosseuv palmaire. — 13, deuxième interosseux palmaire. — 14. troisième interosseux palmaire. — l.ï, premier interosseux dorsal. — 10, deuxième interosseux dorsal. — 17, troisième interosseux dorsal. — 18, quatrième interosseux dorsal. — 10, cubital antérieur. — (Voy., comme com))lément. la figure 22f). )

T Grand os. — Le grand os est le plus volumineux des os du carpe, celui qui en occupe le centre et autour duquel viennent se grouper tous les autres. Considéré par l'une de ses faces palmaires ou dorsale, le grand os nous apparaît comme constitué par trois portions : une portion supérieure, arrondie, la tête ; une portion inférieure, très volumineuse, le corps ; une portion moyenne, plus ou moins rétrécie, le col.

a. Facettes articulaires. — Il s'articule, sur tout son pourtour, avec les os voisins. C'est ainsi que nous voyons : 1° sur sa face supérieure, une facette convexe et semisphérique pour la concavité du semi-lunaire ; 2° sur sa face externe, une première facette convexe, située en haut, pour la concavité du scaphoïde ; une deuxième facette, plane et plus petite, située en bas, pour le trapézoïde ; 3° sur sa face interne, une large facette, à laquelle s'en ajoute souvent une plus petite, pour l'articu-

ANAÏOMIE HUJIALXE. — T. I, 4"= ÉDIT. 30

OSTÉOLOGIE

lation de cette face avec l'os crochu; 4" sur sa face inférieure, enfin, trois fiicettes contiguës, mais séparées néanmoins par des crêtes généralement très visibles, pour les deuxième, troisième et quatrième métacarpiens. De ces trois facettes métacarpiennes, la facette moyenne, destinée au troisième métacarpien, est large, triangulaire, à base postérieure; la facette externe, destinée au deuxième luétacarpien, est étroite, allongée d'avant en arrière ; quant à la facette interne, destinée au quatrième métacarpien, elle est toute petite et reléguée à la partie postérieure de l'os.

b. Facettes non articulaires. — La face antérieure et la face postérieure du grand os, celles-ci non articulaires, nous présentent en liaut, une gouttière transversale indiquant !e col et, au-dessous de cette gouttièi"e, une surface rugueuse, oîi l'on voit de nombreux trous vasculaires.

Nous rencontrons enfin, à la partie postérieure et externe du grand os, une apophyse, Vapophyse du grand os. qui se porte obliquement vers le quatrième métacarpien et s'articule avec lui.

Les os du carpe, légèrement écartés, vus par leur face postérieure.

i, scaphoïdc. — 2, semi-lunaire. — 3, pyramidal. forme. — S, irapèze. — 6, trapézoïde. — 7, grand os crocliu. — 1, 11, ill, IV, V, les cinq métacarpiens.

4, pisi-

— 8, os

Connexions. — Le grand os s'articule avec sept os : 1° le scaplioïde ; 2" le semi-lunaire; 3" le trapézoïde ; 4" l'os crochu ; 5" les trois métacarpiens du milieu.

Insertions musculaires. — Deux muscles s'insèrent sur cet os. Ce sont (tig. 26G) du pouce et le court fléchisseur du pouce.

l'adducteur

8'^ Os crochu. — L'os crochu ou unciforme est ainsi appelé parce qu'il présente à sa face antérieure une longue apophyse, Vapophyse unciforme. Cette apophyse, comme son nom l'indique, se recourbe à la manière d'un crochet, de façon à décrire une courbe à concavité dirigée en dehors et vm peu en haut. Son sommet, arrondi et mousse, donne insertion au ligament antérieur du carpe. — La face postérieure de l'os crochu est fort large, i^ugueuse et percée de trous. — Sa face inférieure nous présente une double facette, concave, pour les deux derniers métacarpiens. — Son extrémité supérieure affecte la forme d'un bord mousse, dirigé d'avant en arrière, sur lequel vient se placer la semi-lunaire. — De chaque côté de ce bord et gagnant les faces latérales de l'os crochu, s'étalent deux facettes articulaires : l'une interne, regardant en haut et en dedans, pour le pyramidal : l'autre externe, regardant en haut et en dehors, pour le grand os.

Connexions. — L'os crochu s'articule avec cinq os : 1" en dedans, avec le pyramidal; 2» en dehors, avec le grand os ; 3° en haut, avec le semi-lunaire; 4» enbas, avec les deux derniers métacarpiens.

Insertions musculaires. — Cet os donne insertion à trois muscles (fig. 266) : 1° le court fléchisseur du petit doigt; 2° l'opposant du petit doigt; 3° le cubital antérieur (cette dernière insertion non constante).

9" Massif osseux' du carpe. — Considéré dans son ensemble (fig. 262 et 268),

os DK LA MAIN

le massif osseux du carpe forme une région rectangulaire, dont le diamètre transversal l'emporte de beaucoup sur le diamètre vertical. — Sa face postérieure ou dorsafe est convexe et se trouve recouverte, à l'état frais, par les muscles extenseurs de la main. — Sa face anlérieure ou palmaire, au contraire, nous présente une gouttière longitudinale etprof(jnde, la gouttière du carpe, que circonscrivent de chaque côté deux saillies déjà connues : du côté externe, c'est le tubercule du scaphoïde en haut et, en bas, le tubercule ou apophyse du trapèze ; du côté interne, c'est d'abord le pisiforme qui, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, s'articule avec la partie antérieure plutôt qu'avec le côté interne du pyramidal, et, au-dessous du pisiforme.

l'apophyse unciforme de l'os crochu. Cette gouttière carpienne, dont le semi-lunaire et le grand os constituent la portion moyenne et indiquent la direction, livre passage aux tendons des muscles lléchisseurs des doigts (yoj. MYOLoaiE), ainsi qu'au nerf médian.

Carpe, vu par sa face palmaire, avec les insertions musculaires.

a. scaplioïde. — b, semi-lunaire. — c, pyramidal. — </, ijisiformo. — e, trapèze. — /', U-apézoïdc. — g, grand os. — A, os crochu. [, II, 111, IV, V, les cinq métacarpiens.

I, r, court abducteur du pouce. — 2, opposant du pouce. — .3, long abducteur du pouce et faisceau inconstant du court extenseur (tendon commun). — 4, court fléchisseur du pouce. — .'i, adducteur du pouce. — 6, cubital antérieur, avec 6', faisceaux inconstants s'insérant à 1 os crochu et au cinquième métaearjjien. — 7, adducteur du petit doigt. — 8, opposant du petit doigt. — 9, court lléchisseur du petit doigt. — 10, grand palmaire, avec 10', faisceau inconstant du même muscle sattacliant au troisième métacarpien.

10° Conformation intérieure des os du carpe. — Comme les os courts, chacun des os du carpe est constitué par une masse centrale de tissu spongieux, englobée ])ar une lame fort mince de tissu compacte.

Développement. — Il résulte des recherches de la plupart des enibryologistes que les os du carpe se développent par huit points d'ossification, un pour chacun d'eux. Ramgaud et Renault^ cependant, admettent deux points d'ossification distincts pour le scaplioïde; deux points aussi pour l'os crochu, l'un pour le corps de l'os, l'autre pour son apophyse unciforme.

L'ordre dans lequel s'effectue l'apparition des points osseux dans les os du carpe est le suivant : en premier lieu, dans le grand os et l'os crochu, de la première à la troisième année qui suit la naissance; puis, quelques mois plus tard, dans le scaphoïde, le semi-lunaire et le pyramidal ; enfin, dans le trapèze elle trapézoïde (de la quatrième à la cinquième année) et dans le pisiforme (de la dixième à la seizième année).

Variétés. — Soemaiering a vu, sur les deux mains d'un nègre, les os du carpe réduits à sept, par suite de la soudure du semi-lunaire avec le pyramidal. — Par contre, on a vu quelques os du carpe, le trapézoïde et le grand os notamment, se dédoubler et augmenter ainsi le nombre des os du carpe. — Cuyeu {Bull. Soc. d'Aiithi'op., 1887) a rencontré un os surnuméraire sur la face externe du trapèze : comme ce dernier, il s'articulait avec le premier métacarpien. — Grueer {Bull. del'Acad. imp. de Sainl-Pélersbourg , 1870, p. i'ib) a observé, sur le carpe d'un sujet, jns- ([u'à onze pièces osseuses. Mais, parmi les os surnuméraires C[ui peuvent apparaître dans cette région, le plus intéressant de tous est l'os central.

Os central du carpe. — On désigne aujourd'hui sous ce nom un petit os surnuméraire et fort rare que l'on rencontre parfois chez l'homme à la région dorsale du carpe, dans cet espace triangulaire où se réunissent, à l'état normal, le scaphoïde, le trapézoïde et le grand os. Certains

OSTÉOLOGIE

anatomistes l'ont signalé ou même décrit sous le nom d'os intermédiaire ; il convient de rejeter cette dernière dénomination, comme désignant, en anatomie comparée, une pièce osseuse du carpe qui est toute différente. Des observations d'os central ont été rapportées, le plus souvent avec beaucoup de détails, par W. Gruber (Beohachtungen ausder menschl. u. vergl. Anatomie, IV, 1883), par Friedlowsky (Sitztingsb. der Wiener Akademie, 1870, Bd. 61, p. 584), par Vincent (broch. Alger, 1881), par Turner (Journ. of Anat. and Plnjs., 1883, p. 246) et par Leboucq, qui a publié sur ce sujet un très intéressant mémoire (Recherches sur la morphologie du carpe chez les Mammifères, in Arch. de biologie de van Beneden, t. V, 188i).

Si l'os central du carpe ne se reproduit chez l'homme qu'à titre d'anomalie, il existe normalement chez un grand nombre de mammifères voisins ou éloignés de l'homme, notamment dans plusieurs espèces simiennes. Du reste, il existe constamment aussi chez l'homme à une certaine époque de son développement [première partie du deuxième mots), comme l'ont surabondamment démontré les recherches embryologiques de Menke et Reyher (Sludien iiber die Entwick. d. Extremitâten, etc., Wiener. Akad. Sitzb., Bd. LXX, 1884) et de H. Leroucq {loc. cit.).

Contrairement à l'opinion de Rosenberg {Veber die Entwick. der Wirbelsiiule, und das centrale Curpi des Menschen, Morph. Jahrb., I, 187G), qui avait avancé que l'os central disparaissait par atrophie, Leboucq, confirmant en cela les conclusions de IIenke et Reïher, a démontré que cette pièce embryonnaire se soude au scaphoïde. Cette soudure, qui commence vers la fm du deuxième mois, marche progressivement de la région palmaire vers la région dorsale, et du bord

radial vers le bord cubital. La fusion des deux pièces osseuses est généralement effectuée vers la fin du troisième mois. Mais on peut encore, dans les stades ultérieurs, reconnaître à l'aide du microscope, sur des coupes transversales de la région, une traînée conjonctive s'étendant entre la substance cartilagineuse du scaphoïde et du central.

La soudure du central avec le scaphoïde modifie forcément, et cela d'une façon bien souvent permanente, la morphologie de ce dernier os. Lorsqu'on examine une série de scaphoïdes d'adultes, on remarque sur la plupart d'entre eux (70 p. 100), au niveau du bord postérieur, une échancrure plus ou moins profonde, connue sous le nom d'angle dorsal :

il en résulte que l'os paraît étranglé en son milieu (forme en biscuit de Gruber). Sur certains autres (30 p. 100), l'angle est entièrement effacé ; le bord dorsal est rectiligne et le scaphoïde prend alors un aspect plus massif (forme pai-allélogrammique de Gruber). Or, l'effacement, le comblement de l'échancrure dorsale été produit, dans les derniers cas, par la soudure au scaphoïde du nodule osseux constituant le central. Quelques scaphoïdes présentent même, au lieu et place de l'échancrure ordinaire, un vrai tubercule, donnant ainsi à l'observateur une idée très nette du fait en question.

L'examen comparatif d une série de scaphoïdes d'enfants nouveau-nés avec une série des mêmes os chez l'adulte, a conduit Leboucq à cette conclusion bien intéressante , mais prévue d'avance, à savoir que les scajihoïdes parallélogrammiques sont relativement bien plus fréquents chez le nouveau-né. En effet, tandis que sur 164 scaphoïdes d'adulte, il n'en a trouvé que 22 appartenant franchement à la forme parallélogrammique, 18 scaphoïdes de nouveau-nés lui en ont fourni 14 parfaitement typiques . Il en résulte donc que le central du carpe, bien que faisant corps avec le scaphoïde, est d'autant plus visible qu'on se rapproche davantage de la vie fœtale ou, en d'autres termes, qu'il continue à s'atrophier même après la naissance.

Persistance de l'os central (d'après Leuoucq).

A, squelette du i-arpe et du métacarpe de ta main gauclie vu par sa face doi'sale, avec r, os central du carpe. — B, scaphoïde de ta main gauclie vu du côté cubital, avec c, os central du carpe, — I, II, UI, IV, V, les cinq métacarpiens.

Métacarpe

Le métacarpe (fig. 229 et 230) constitue le squelette de la i^e'gion palmaire ou paume de la main. Il est formé par cinq os, appelés métacarpiens, qui se séparent de la deuxième rangée du carpe et vont ensuite, en divergeant, servir de base à chacun des cinq doigts. — On désigne les métacarpiens sous les noms de 1''"', 2",

os DE LA MAIN

3*^, etc., en allant de dehors en dedans. Chacun d'eux est séparé de son voisin, à sa partie moyenne, par un espace elliptique, connu sous le nom tVespace interosseux ou inter métacarpien. — Les cinq métacarpiens sont conformés d'après le même type et, de ce fait, se prêtent à une description générale. Mais chacun d'eux présente quelques caractères particuliers qui permettent aux anatomistes de le reconnaître au milieu de tous les autres. — Nous décrirons séparément cta caractères généraux et ces caractères différentiels :

Caractères généraux des métacarpiens. — Ia^s métacarpiens sont des os longs et, comme tels, nous olfrent à étudier un corps et deux extrémités :

A. Corps. — Le corps est légèrement recourbé dans le sens de sa longueur, de façon à offrir une concavité dirigée en avant. De plus, il est prismatique et triangulaire avec trois faces et trois bords, qui, comme situation et comme nom, rappellent les faces et les bords de l'humérus. — La face supérieure , convexe et lisse, est plus large en bas qu'en haut et répond aux tendons des extenseurs des doigts. Sur quelques métacarpiens, cette face dorsale, très large en bas, décroît progressivement en se rapprochant de l'extrémité supérieure et se termine en forme d'arête. — Les faces latérales se distinguent en externe ou interne, ou bien encore en radiale ou cubitale. Plus larges en haut qu'en bas, elles répondent aux muscles intei'osseux, qui prennent sur elles leurs insertions d'origine. — Des trois bords, l'un est antérieur, les deux autres latéraux (bord externe ou radial et bord interne ou cubital). Ils sont généralement peu marqués, ce qui justifie jusqu'à un certain point la description de (Quelques auteurs, qui considèrent le corps des métacarpiens comme étant cylindrique.

B. Extrémité supérieure. — L'extrémité supérieure ou carpienne (extrémité proximale) nous présente cinq facettes, trois articulaires et deux non articulaires. — Des trois facettes l'une est supérieure et correspond à la deuxième' rangée du carpe. Les deux autres, latérales, se distinguent en interne et externe : elles correspondent aux métacarpiens voisins. Ces deux dernières sont allongées d'avant en arrière, plus étroites à leur partie moyenne qu'à

Fig. 268.

Les os de la main, vus par leur l'ace dorsale.

1, radius. — 2, cubitus. — 3, scaplioïdc. — 4, semi-lunaiie. — j, iJ\ramidal — 6, pisiforme. — 7, trapèze. — 8, trapé/.oïde. — 9, grand os. — 10, os crocliu. — 11, premier métacarpien. — li, 1-1 les autres métacarpiens. — 13, première phalange du pouce. — 14, 14, premières phalanges des autres doigts. — 15, 13, deuxièmes phalanges. — Iti, deuxième |)halange du pouce. — 17, troisièmes phalanges des quatre derniers doigts.

OSTÉOLOGIE

levirs extrémités, et souvent même subdivisées en deux facettes secondaires. Audessous d'elles, se trouvent des rugosités pour des insertions ligamenteuses. — Quant aux deux facettes non articulaires, elles sont rugueuses et répondent l'une à la région palmaire, l'autre à la région dorsale. Il est à remarquer que la facette dorsale l'emporte toujours en dimensions sur la facette palmaire.

C . Extrémité inférieure. — L'extrémité inférieure ou digitale (extrémité distale) se présente à nous sous la forme d'une tète articulaire, aplatie dans le sens transversal et s'étendant beaucoup plus loin en avant qu'en arrière. Elle s'articule avec la première phalange des doigts. Sur les côtés de cette tête, se voit une dépression rugueuse, que limite en arrière un fort tubercule : dépression et tubercule donnent iiisertion au ligament latéral de l'articulation métacarpo-phaiangienne.

2° Caractères différentiels des métacarpiens. — On pourrait au besoin classer numériquement les métacarpiens d'un même sujet en se basant exclusivement sur leur longueur : le deuxième métacarpien est le plus grand, le premier est le plus petit et, entre les deux, viennent se placer par ordre de longueur décroissante le troisième, le quatrième et le cinquième. Mais une telle façon de procéder serait manifesteiuent insuffisante, si l'on avait sous les yeux plusieurs séries de métacarpiens, appartenant à des sujets de taille et d'âges différents. C'est aux caractères purement morphologiques qu'il faut s'adresser en pareil cas :

A . Premier métacarpien . — Le premier métacarpien, ne-s'articulant avec aucun autre métacarpien, se distingue facilement de tous les autres par l'absence de ses deux facettes articulaires latérales. Il s'en distingue aussi par la conformation particulière de sa facette carpienne, qui est concave dans un sens et convexe dans l'autre (conformation en selle). Enfin, son corps est fortement aplati dans le sens dorsopalmaire, revêtant ainsi plus ou moins l'aspect d'une phalange.

Connexions. — Le premier métacarpien s'articule avec deu.x os : le trapèze et la première phalange du pouce.

Insertions musculaires. — Quatre muscles s'insèrent sur le premier métacarpien : 1" sur la base, le long abducteur du pouce, le court e.vtenseur du pouce et le premier interosseu.\ dorsal ; 2" sur le corps, l'opposant du pouce et, de nouveau, le premier interosseux dorsal.

Fig. 269,

Les mêmes, avec insertions musculaires.

I, premier radial externe. — 2, deuxième radial externe. — 3, cubital postérieur. — i, 5, 6, 7, premier, deuxième, troisième, quatrième interosseux dorsal. — 8, î^, iO, premier, deuxième, troisième iiiterosseux palmaire. — U, court extenseur du pouce. — 12, long extenseur du pouce. — 13, abducteur du pouce. — li, extenseur commun des doigts. — 14', tendon fusionné de l'extenseur commun et de l'extenseur propre de l'index. — 14", tendon fusionné de l'extenseur commun et de l'extenseur propre du petit doigt. r. r> ' ■ t „

' " li. Deuxième métacarpien. — Le

deuxième métacarpien, ne s'articulant pas avec le premier, manque en dehors de la facette latérale que nous avons décrite au métacarpien type. D'autre part, sa face

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