OS DE I.A MAIN
supérieure nous pre'seiite trois facettes pour les Ij'ois ])reiuiers os de la deuxième rangée ducnrpe. En outre, il possède en haut, en ari-ièrc el en iledans une longue apophyse, V apophyse slyloïde du deuxième métacarpien, qui se dirige vers le grand os et sur laquelle Aàent s'insérer le premier radial externe.
Connexions. — Le deuxième métacai-pien s'articule avec cinq os : le trapèze, le trapézoïtie. le grand os, le troisième métacarpien et la première plialange du deuxième doigt.
Insertions musculaires. — Si.x muscles s'insèrent sur ce métacarpien, savoir : 1° suf la ham;, le premier radial externe, le grand palmaire, l'adducteur du pouce ; 2° sur le corps, de nouveau l'adducteur du pouce, plus le premier interosseux palmaire et le premier interosseux dorsal.
C. ÏKOisiKME MiîT.\c.\KPiE\. — Le troisième inc'taearpien nous présente hien.
comme le pi'éeédent, une apophyse styloïde, Vapophyse styloïde du troisième
métacarpien, pour l'insertion du deuxième radial externe ; mais cette apophyse
se dirige en sens contraire de la précédente. Et puis, le troisième métacarpien
possède les deux facettes articulaires latérales, tandis que le second n'en a qu'une.
Connexions. — Le troisième métacarpien s'articule avec quatre os : en haut, avec le grand os ; latéralement, avec les deuxième et quatrième métacarpiens ; en bas, avec la première phalange du troisième doigt.
Insertions musculaires. — Il donne insertion, comme le précédent, à cinq muscles ; 1» sur la hase, au deuxième radial externe et à l'adducteur du pouce, quelquefois au grand palmaire; 2° sur le corps, encore à l'adducteur du pouce, plus aux deuxième et troisième interosseux dorsaux.
D. OuAïiuÈME MÉTA(;.vui>]Ex. — Ia' quatrième nK'Iacarpien nous présente, sur son
extrémité supérieure, les trois facettes articulaires typiques, comme le troisième.
Mais il se sépare de ce dernier par l'absence de l'apophyse styloïde, aucun muscle
ne venant s'insérer sur son extrémité carpienne.
Connexions. — Le quatrième métacarpien s'articule avec cinq os : le grand os, l'os crochu, les troisième et cinquième métacarpiens et la première phalange du quatrième doigt.
Insertions musculaires. — 11 donne insertion à trois muscles : le deuxième interosscux pal maire et les troisième et quatrième interosseux dorsaux.
E. CiNuuuîME MÉTACARPiEx. — Cc cinquième métacarpien se reconnaîtra ais('nient
à l'absence d'une facette articulaire lat('rale, l'interne. Il se reconnaîtra aussi à
la présence, sur le côté interne et postérieur de son extrémité supérieuro. d'une
apophyse styloïde destinée au tendon du muscle cubital postérieur.
Connexions. — Le cinquième métacarpien s'arlicule avec trois os : l'os crochu, le quatrième métacarpien et la première phalange du cinquième doigt.
Insertions musculaires. — Cinq muscles s'attachent sur cet os, savoir : 1" sur la base, le cubital postérieur, le troisième interosseux palmaire et quelquefois le cubital antérieur ; '2° sur le corps, le troisième interosseux palmaire, l'opposant du petit doigt et le quatrième interosseux dorsal.
F. RÉSUMÉ. — Comme on le voit, les caractères différentiels qui pernu;ttent de reconnaître chacun des os du métacarpe appartiennent tous à la morphologie de l'extrémité supérieure de ces os. Nous les résumons comme suit :
TABLEAU
INDIQUANT I. KS C Alt A C T È R E S 0 I F F É R E N T I K I, S D K S CINQ M K T A C A R P IK N S
r Pas (le facelte arliculaire latérale i" métacarpien.
'' a) Située en dedans, avec trois facettes supérieure-
'2° Une seule facette \ ment 2 métacarpien.
articulaire latérale. ) b) Située en dehors, avec une seule facette supè-
\ rieurement 5° métacarpien.
Deux facettes ar- | a} Avec apophyse styloïde 3' métacarpien.
ticulaires latérales. 1 /)) Sans apophyse styloide 4' métacarpien.
OSTÉOLOGIE
3° Conformation intérieure des métacarpiens. — Comme tous les os longs, les métacarpiens sont constitués par du tissu compacte pour le corps et du tissu spongieux pour les extrémités. Le 'corps est creusé d'un canal médullaire très variable en dimensions pour chacun d'eux. D'aj^rès Sappey, son diamètre diminue et sa longueur augmente du premier au cinquième.
Trous nourriciers des métacarpiens. — Les métacarpiens, comme tous les os longs, présentent sur leur diaphyse un conduit nourricier, arrondi ou ovalaire, tantôt considérable, tantôt de tout petit diamètre et, dans ce cas, assez difficile à apercevoir. — Pour prendre une noiion exacte de sa fréquence, de sa situation et de sa direction, nous avons soigneusement examiné, M. Siraud et moi, les mains de cinq sujets, soit cinquante métacarpiens. Je résume les résultats de nos recherches dans les ciuelques propositions suivantes : 1° le trou nourricier est constant, du moins nous l'avons constamment rencontré sur les cinquante métacarpiens examinés; 2° il est quelquefois double (4 p. 100); 3» il présente un trajet oblique et se dirige, constamment, vers l'extrémité distale ou phalangienne pour le premier métacarpien, vers l'extrémité proximale ou carpienne pour les quatre derniers ; 4" nous ['avons toujours rencontré sur l'une des faces palmaires, mais nous l'avons vu deux fois coexister avec un trou accessoire placé sur la face dorsale ; 5° il était situé : pour le premier métacarpien, 8 fois près du bord cubital, 1 fois près du bord radial, 1 fois à égale distance de ces deux bords ; pour le deuxième métacarpien, 4 fois près du bord radial, 4 fois près du bord cubital, 1 fois sur le bord antérieur de l'os (sur un sujet, il était double); pour le troisième métacarpien, 8 fois près du bord radial et 2 fois prés du bord cubital ; pour le quatrième métacarpien, 10 fois près du bord radial; pour le cinquième, enfin, 9 fois près du bord radial et i fois seulement près du bord cubital. — Nous pouvons donc, en tirant de ces
derniers chiffres les conclusions qu'ils renferment, dire que le conduit nourricier des métacarpiens se trouve situé sur le plan palmaire de l'os : près du bord cubital pour le premier ; tantôt près du bord cubital, tantôt près du bord radial pour le deuxième ; près du bord radial poTU' les trois derniers.
Développement. — Le développement des métacarpiens diffère beaucoup suivant que l'on considère le premier ou les cjuatre derniers (fig. 270) :
a. Deuxième, troisième, quatrième et cinquième métacarpiens. — Les quatre derniers métacarpiens se développent chacun par deux points d'ossification, l'un primitif, l'autre secondaire. — ■ Le point primitif apparaît au commencement du troisième mois de la vie intra-utérine ; aux dépens de ce point se formeront le corps de l'os et son extrémité supérieure. — Le point secondaire ou épipliysaire, destiné à l'extrémité inférieure, ne fait son apparition que vers la cinquième ou la sixième année. D'abord simple granule, puis plaque osseuse, il revêt en dernier lieu la forme d'une demi-sphère coiffant l'extrémité inférieure de la diaphyse. Il se soude de dix-huit à vingt ans.
b. Premier métacarpien. — Le premier métacarpien ou métacarpien du pouce se développe lui aussi par deux points d'ossification, l'un primitif, l'autre secondaire. Mais ces deux points apparaissent plus tardivement que les points homonymes des autres métacarpiens : dans la seconde moitié du troisième mois, pour le point primitif; vers la fin de la septième année, pour le point secondaire. De plus, par une exception remarquable, le point complémentaire, au lieu de
se montrer sur l'extrémité digitale, comme cela a lieu pour les quatre autres, apparaît et évolue sur Textrémité opposée, l'extrémité carpienne. Le métacarpien du pouce présente ainsi une analogie complète avec les phalanges (voy. Phalanges) et Ton comprend sans peine l'opinion des nombreux anatomistes qui, à la suite de Galien, ont fait de cet os une première phalange : pour eux, le pouce possède trois phalanges, comme les autres doigts, mais il se trouve dépourvu de métacarpien (voy. à ce sujet Réitérer, Développement du squelette des extréviités, Journ. de l'Anat., 1884). ' • - ^
Fig. 270.
Développemenl des os de la main [sctiématique).
a, point primitif du premier métacarpien. — n\ son point complémentaire. -— /), 6, points priniilifs des qu.itre derniers métacir- ])iens. — h\ b\ leurs points complémentaires. — r, c, points primitifs des phalancres. — c\ c\ leurs points complémentaires. — d, û, points primitifs des plialanpines. — d\ d\ leurs points complémentaires — r r. poinK ],rimitifs des phalan^-ettes, — e\ e% leurs points cnnijili-iricnt.iiies.
1, 1', les deux points pciniilils du scaplioide (Rambaud et Renault). — 2,3. 4. S>, 8, 7. points primitifs du semi-lunaire, du pyramidal, du pisiforme. du ti'apèze, du trapézoïde et du ^rund os. — S, S', les deux points de l'os crocliu.
os DE LA MAIN
Variétés. — L'apophyse styloïde du troisième métacarpien se développe parfois ;ï l'état de pièce indépendante. Mais cette anomalie est fort rare : Gruder ne l'a observée que 19 fois sur 2 589 mains, soit environ 0,7 p. 100. Liîboucq {Ann. de la Soc. médicale de Gand, 1877), qui a retrouvé 4 fois cette disposition sur 45 fœtus longs de 20 à 90 millimètres, qu'il a examinés à cet effet, conclut de ses recherches qu'elle n'est que la persistance d'un état embryonnaire.
Doigts
Les doigts (llg. 362 et 268), organes essentiels de la pix'hension et du tact, sont des appendices très mobiles, articulés avec les métacarpiens, dont ils continuent la direction. En nombre égal à B c
celui des pièces du métacarpe, ils sont désignés par les termes numériques de 1^'', 2% 3% 4*^ et doigts, en allant de dehors en dedans, ou bien, en procédant dans le même ordre, sous les noms de pouce, indicateur, médius, annulaire et auriculaire. — Chacun d'eux est constitué par trois colonnettes successivement décroissantes, qu'on appelle phalanges. On les distingue en i"', "i" et 3'^ phalanges, en allant de l'extrémité métacarpienne vers l'extrémité libre. On les appelle encore en France, depuis Ch.jlussier, phalange, phalangine ni phalangette . — Par exception à la disposition générale, le pouce n'a que deux phalanges : la seconde ou phalangine lui fait défont.
1° Première phalange. — Fig. 271.
Malgré ses faibles dimensions, la première phalange (fig.
271, Ij appartient à la classe des os longs et nous présente, par conséquent, un corps et deux extrémités, l'une supérieure, l'autre inférieure :
a. Corps. — Le corps est légèrement recourbé en avant, de façon à offrir, comme celui des métacarpiens, une concavité dirigée en avant. 11 atïecte la forme d'un demi-cylindre, avec une face antérieure plane, une face postérieure convexe et deux bords latéraux, généralement bien accusés. C'est sur ces bords que vient s'attacher la gaine fibreuse destinée aux tendons des muscles fléchisseurs des doigts.
b. Extrémité supérieure. — L'extrémité supérieure, articulée avec la tète arrondie
L'iude.\ désarticulé, vu : A, par sa face antérieure ou pal" maire: B, par sa face postérieure ou dorsale; C, latéralement.
I, plialango. — II. ijlialangine. — III, plialangeltc.
1, cavité gk'iioVdc de la phalange. — 2, tiibérosités de sa lôtc. — 3, Irocliléc de la première plialangc, avec 3', empreinte d'insertion des ligaments latéraux. — 4, crêtes latérales pour l'insertion de la gaine des fléchisseurs. — 5, double cavité gléno'ido ou glène de la plialangine. — 6, trochléc de la deuxième phalange, avec 6', empreinte d'insertion des ligaments latéraux. — 7, ci'ètcs latérales pour l'insertion du fléchisseur superficiel. — 8, double glène de la phalangette. — 9, rugosités pour l'insertion dn fléchisseur profond. — 10, extrémité libre de la phalangette.
ANATOMIE HUM.\INE
OSTÉOLOGIE
du métacarpien correspondant, nous présente à cet effet une cavité articulaire, dite cavité glénoî de, un peu plus large dans le sens transversal que dans le sens antéroppstérieur. Sur les côtés de cette cavité articulaire, se dressent deux saillies en forme de tubercule pour l'insertion des ligaments latéraux.
c. Extrémité inférieure. — L'extrémité inférieure est une vraie poulie ou trochlée, avec une gorge antéro-postérieure, vers laquelle s'inclinent deux facettes latérales. Comme pour la tête des métacarpiens, cette surface articulaire s'étend un peu plus loin du côté de la région palmaire que du côté de la région dorsale. En dehors et en dedans de la trochlée, sur les faces latérales de cette extrémité inférieure, on remarque deux dépi^essions circulaires pour des insertions ligamenteuses.
2° Deuxième phalange. — La deuxième phalange (fig. 271, II) nous présente, comme la première, un corps et deux extrémités :
a. Corps. — Le corps est absolument conformé comme celui de la première phalange, bien qu'il soit beaucoup plus court.
b. Extrémité supérieure. — L'extrémité supérieure, répondant à une trochlée, présente en son milieu une crête mousse antéro-postérieure pour la gorge de la trochlée et, de chaque côté, deux petites cavités glénoïdes se moulant exactement sur les parties latérales de cette même trochlée. Encore ici nous rencontrons, sur les côtés de la surface articulaire, deux tubercules destinés à l'insertion des ligaments latéraux de l'articulation.
c. Extrémité inférieure. — L'extrémité inférieure est exactement conformée comme l'extrémité inférieure de la première phalange : c'est une poulie, portant sur les côtés deux petites dépressions circulaires et rugueuses pour l'insertion des ligaments latéraux.
3° Troisième phalange ou phalange unguéale. — Nous devons lui considérer encore (fig. 271, III), malgré sa petitesse, un corps et deux extrémités :
a. Corps. — Le corps, beaucoup plus large en haut qu'en bas, ne présente pas la courbure caractéristique des autres phalanges : il est rectiligne.
b. Extrémité supérieure. — L'extrémité supérieure de la troisième jibalange ressemble exactement à l'extrémité similaire de la seconde.
c. ExtrétJiité inférieure. — Quant à son extrémité inférieure ou extrémité libre, elle revêt la forme d'un fer à cheval. Lisse en arrière, oii elle répond à l'ongle, elle est rugueuse en avant et sur son pourtour, où elle sert de soutien à la pulpe du doigt.
4° Résumé. — 11 résulte de la description qui précède qu'il est toujours facile de déterminer une phalange à l'aspect seul de ses extrémités. Les caractères différentiels de chacune d'elles sont résumés dans le tableau suivant :
TABLEAU