‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 100 sur 154 · C. Grande circonférence · texte numérisé non relu

C. Grande circonférence

— La grande circonférence de l’iris répond à la zone ciliaire et à la ligne de jonction de la sclérotique avec la cornée (ligne scléro-cornéenne). Elle est maintenue en position : 1° par la continuité de son tissu conjonctif avec celui qui entre dans la constitution du muscle ciliaire; 2° par les nombreux vaisseaux qui , de la face postérieure du muscle ciliaire, pénètrent dans le tissu propre de l’iris; 3° enfin, par les prolongements du ligament pectiné de Hueck (p. 450), qui se portent de l’anneau tendineux de Dôllinger, sur la face antérieure de l’iris.

Fig. 387.

L'iris, vu par sa face antérieure avec son grand cercle artériel et son petit cercle artériel.

a, choroïde. — 6, muscle ciliaire. — c, iris. — d, pupille.

1, et 1’, les deux artères ciliaires longues, avec : 2, leur branche de bifurcation ascendante ; 3, leur branche de bifurcation descendante. — 4, 4, 4, artères ciliaires antérieures — 5. grand cercle artériel de l’iris. — G, 6, ses branches iriennes cheminant en sens radiaire. — 7, petit cercle artériel de l’iris, disposé tout autour de la pupille.

D. Petite circonférence. — La petite circonférence, encore appelée bord pupillaire, circonscrit un orifice arrondi, la pupille (fig. 387, d). Cette petite circonférence est représentée par un fort liséré de coloration noirâtre, qui est particulièrement visible sur des yeux atteints de cataracte.

L’orifice pupillaire, essentiellement mobile, a pour destination de doser pour ainsi dire, suivant les circonstances, la quantité de rayons lumineux qui pénètrent dans l’œil. C’est ainsi qu’il se rétrécit sous l’influence d’une vive lumière, qu’il s’élargit au contraire dans un milieu faiblement éclairé, ne laissant jamais arriver à la rétine que la quantité de lumière nécessaire pour la production d’une impres-

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

sion normale. A l’état de dilatation moyenne, la pupille mesure 3 ou 4 millimètres de diamètre.

Il esta remarquer que la pupille n’occupe pas toujours exactement le centre de l’iris : sur 161 individus examinés par Foucher, elle a été trouvée centrale sur 98, portée en dedans sur 12, portée en haut sur 15, en haut et en dedans sur 31, en haut et en dehors sur o.

De plus, la pupille n’est pas toujours exactement circulaire. Sur 154 sujets examinés par le même observateur, elle ne présentait cette disposition que sur 120. Sur tous les autres, elle était plus ou moins elliptique : à grand diamètre transversal sur 6, à grand diamètre vertical sur 6, à grand diamètre oblique externe sur 14, à grand diamètre oblique interne sur 8.

Membrane pupillaire. — Pendant la plus grande partie de la vie fœtale, la pupille est fermée par une membrane circulaire, mince et transparente, qui se continue par sa circonférence avec la petite circonférence de l’iris : c’est la membrane pupillaire ou membrane cle Wachendorf, du nom de l’anatomiste qui, le premier, Fa bien décrite en 1788.

La membrane pupillaire est parcourue par de nombreux vaisseaux, lesquels viennent de deux sources : les uns, situés sur le prolongement de ceux de l’iris, appartiennent manifestement à la tunique vasculaire de l’œil; les autres abordent la membrane par sa face postérieure et proviennent du réseau vasculaire qui entoure le cristallin pendant la période fœtale (voy. Cristallin ) .

Ces vaisseaux cheminant en sens radiaire, se dirigent vers le centre de la membrane pupillaire. Au moment de l’atteindre, ils s’infléchissent sur eux-mèmes et se terminent en formant des anses, dont la concavité regarde la grande circonférence de l’iris. Il existe donc toujours, à la partie centrale de la membrane pupillaire, un petit espace qui se trouve dépourvu de vaisseaux et qui est justement circonscrit par ces anses terminales.

La membrane pupillaire reste entière jusqu’à la fin du septième mois de la vie fœtale. A cette époque, on la voit s’amincir à son centre et présenter même bientôt un tout petit orifice, premier rudiment de la pupille. Dans les huitième et neuvième mois, cet orifice s’agrandit graduellement par suite de la résorption progressive de la membrane de Wachendorf, laquelle a entièrement disparu chez l’homme (sauf quelques cas exceptionnels) dans les derniers jours qui précèdent la naissance.

3° Structure. — L’iris est constitué par cinq couches superposées, qui sont en procédant d’avant en arrière ; 1° Y épithélium antérieur ; 2° la membrane basale antérieure ; 3° le tissu propre de Viris; 4° la membrane basale postérieure ; 5° Y épithélium postérieur.

A. Couche épithéliale antérieure. — La couche épithéliale antérieure (fig. 389,6) est constituée par une rangée unique de cellules aplaties, à contours polygonaux, dépourvues de pigment.

Elle se continue, au niveau de l’angle irido - cornéen , avec la couche épithéliale qui tapisse la face postérieure de la cornée.

Fucus en 1885 et, après lui, Nuel et Cornil (1890) ont décrit sur la face antérieure de l’iris des dépressions ou cryptes , au fond desquelles les cellules épithéliales et même la membrane basale fon t entièrement défaut. U existerait donc au fond des cryptes de véritables stomates, établissant une libre communication entre les espaces lymphatiques de l’iris et la chambre antérieure.

Fig. 388.

Épithélium antérieur de l'iris (d'après Nuel et Cornil).

1, cellules épithéliales avec leurs noyaux. — 2. un stomate de Fuchs. — 3, une cellule épithéliale qui se renverse vers le stomate. — 4, 4, nojaux apparaissant dans, le fond du stomate.

ORGANES DES SENS

Le.s stomates iHens de Fuchs, dont on comprendra toute l’importance au point de vue de la circulation de la lymphe et de l’absorption des substances injectées dans la chambre antérieure, sont arrondis ou allongés en forme de fente (.fig- 388, 2). Leurs dimensions sont très variables : les plus grands, d’après Nuel et Cornil, ont un dixième et même deux dixièmes de millimètre; les plus petits mesurent de 20 g à 8 g seulement. De plus, l’observation démontre qu’ils ne sont

pas uniformément répandus sur toute la face antérieure de l’iris : on ne les rencontre, en effet, que dans le voisinage de sa grande circonférence et sur sa portion juxta-pupillaire. Entre ces deux régions, se trouve une zone intermédiaire qui en est totalement dépourvue.

C. Tissu propre de l’iris. — Le tissu propre de l’iris (fig. 389, 8) est essentiellement formé par des fibres musculaires lisses et par des vaisseaux et des nerfs, le tout baignant dans un stroma conjonctif :

a. Fibres musculaires lisses. — Les fibres musculaires se disposent en cercle autour de la pupille. Elles forment ainsi, tout autour de cet orifice, une espèce d’anneau aplati, de 1 millimètre à lmm,3 de largeur. Son épaisseur mesure 0mm,l au niveau du bord pupillaire, 0mm,25 au niveau du bord opposé. Quand elles se contractent, les fibres iriennes rétrécissent la pupille et constituent pour cet orifice un véritable sphincter, le sphincter pupillaire.

Indépendamment de ces fibres circulaires, sur l’existence desquelles l’accord est complet, un grand nombre d’anatomistes, parmi lesquels il convient de citer Henle, Kôlliker, Iwanoff, Merkel, ont décrit dans l’iris des fibres radiées, qui s’étendraient à la manière de rayons de la grande circonférence à la petite. Pour Iwanoff, qui nous a donné de ces fibres une description fort détaillée, elles prendraient naissance, tout autour de la pupille, dans un plexus fort irrégulier, dont les travées seraient situées, en partie dans l’épaisseur même des fibres circulaires, en partie

Fig. 389.

Coupe méridienne de l’iris et d'un procès ciliaire ( demi-schématique ).

1, iris. — 2, son bord pupillaire. — 3, angle iridocornéen. — 4, ligament pectiné de Hueck. — 5, un procès ciliaire. — 6, couche épithéliale antérieure de l'iris. — 7, membrane basale antérieure. — 8, stroma irien. avec 9, faisceaux du sphincter pupillaire coupés en travers. — 10, membrane basale postérieure ou membrane de Bruch. — 11, couche.* épithéliale postérieure (portion irienne de la réline), avec : a, sa couche épithéliale antérieure ; b , sa couche épithéliale postérieure ; c, la limitante interne. — 12, portion ciliaire de ia rétine, avec : a' pigment rétinien ; b\ couche de cellules cylindriques ; c limitante interne. — 13, point où les cellules de la couche a' se chargent de pigment. — 14, lame vitrée de la choroïde. — 15, zonula. — 16, canal de Petit. — 17, cristallin. — 18, chambre postérieure.

B. Membrane basale antérieure. — La membrane basale antérieure (fig. 389, 7) est située immédiatement en arrière de l’épithélium, où elle se présente sous la forme d’une lame hyaline excessivement mince et sans structure apparente. Comme la couche épithéliale, elle se continue, au niveau de l’angle irido-cornéen, avec la lame élastique postérieure de la cornée ou membrane de Descemet.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

en arrière d’elles, immédiatement en avant de la couche épithéliale postérieure. Puis, arrivées au voisinage de la grande circonférence, elles s’enchevêtreraient de nouveau en décrivant des anses à concavité dirigée vers la pupille et, finalement, viendraient s’insérer, soit sur l’anneau tendineux de Dollinger, soit sur le ligament pectiné de Hueck, qui, comme on le sait (p. 450), prolonge cet anneau du côté de l’iris.

Au point de vue physiologique, ces fibres radiées, prenant leur point lixe du côté de la grande circonférence de l’iris, rapprocheraient de cette dernière la petite circonférence. Elles dilateraient ainsi l’orifice pupillaire et formeraient pour cet orifice un muscle antagoniste du sphincter, un véritable muscle dilatateur de la pupille.

La question de l’existence ou de la non-existence d’un muscle dilatateur de la pu-pille chez l’homme est certainement l’un des points les plus controversés de l’anatomie oculaire. Comme nous l’avons dit plus haut, des anatomistes éminents tels que Henle, Kôlliker, Iwanoff, Luschka, Merkel, admettent ce muscle et le décrivent avec beaucoup de détails. Mais leur opinion a rencontré de nombreux adversaires. Le premier en date, comme aussi le plus acharné, a été Grünhagen. Dès 1864 (in Virchow' s Archiv ., t. XXX), cet histologiste s’élève contre la description de Henle relative au dilatateur de la pupille et, depuis cette époque, il n'a cessé de combattre les arguments et les faits qui ont été produits en faveur de son existence. Pour lui, les fibres radiées qui ont été vues en avant de la couche épithéliale postérieure de l’iris ne seraient pas des fibres musculaires, mais bien des fibrilles élastiques provenant de la membrane basale postérieure, laquelle aurait été artificiellement dissociée. Du reste, les noyaux caractéristiques des cellules musculaires feraient défaut sur ces fibres, et ceux qu’on a décrits comme ayant cette signification appartiendraient réellement à la couche des cellules pigmentaires qui revêt la face postérieure de l’iris.

De 1885 à 1888, la littérature médicale relative à cette question s’est enrichie de trois mémoires, dus à Boé, à Koganeï et à Retterer. Tous les trois sont entièrement favorables aux conclusions de Grünhagen. C’est ainsi que Boé ( Arch . d’Ophtalmol., 1885), qui a écrit son mémoire sous les yeux du professeur Schwalbe, rejette complètement le muscle dilatateur de Henle, les noyaux qu’on avait pris pour des noyaux de fibres musculaires appartenant manifestement aux cellules pigmentaires de l’iris (fig. 392). Koganeï (Arch. f. mikr. Anat., 1«85). qui a étudié comparativement l’iris de l’homme et celui de. trente vertébrés différents, résout comme suit la question du dilatateur : ce muscle n’existe pas chez l’homme, le gorille, l’orang, le chien, le chat, le rut, le porc, le cheval, le bœuf, les reptiles et les poisssons qu’il a examinés ; par contre, il y en a un, mais peu développé, chez le lapin, assez fort chez les oiseaux, plus fort encore chez la loutre. Retterer, à son tour (Bull. Soc. de Biologie , 1888), en est arrivé, après de longues et patientes recherches sur un grand nombre de vertébrés, à n’admettre, en fait de fibres musculaires dans le stroma irien. que celles qui forment le sphincter pupillaire. Il rejette donc formellement, comme le fait Grünhagen, l’existence d’un dilatateur et il estime que les auteurs qui décrivent, dans l’iris, des fibres radiées ont dû souvent prendre comme telles les éléments cellulaires des cordons nerveux, dont la direction est en sens radiaire.

La question paraissait donc définitivement jugée quand, en 1895, Gabrielidès, en se débarrassant du pigment irien par la méthode de Griffith, a reconnu la nature musculaire de la couche de Henle et, de nouveau, a affirmé l’existence d’un muscle dilatateur de la pupille. Ce muscle, dit-il, composé d’une double et triple assise de cellules, part du tissu conjonctif du corps ciliaire.

De là, il chemine, en diminuant d’épaisseur, vers le bord pupillaire, appliqué toujours contre l’épithélium pigmentaire. En atteignant la périphérie du sphincter, le muscle y prend une première insertion ; puis, continuant son parcours, passe derrière le sphincter et atteint le bord pupillaire. Dans son trajet, il prend quelques insertions sur le sphincter.

Plus récemment, Vialleton (1897) et Grynff.ltt (1899) ont confirmé dans ce qu’elles ont d’essentiel les conclusions de Gabrielidès. Pour eux, cependant, le dilatateur de la pupille ne serait pas constitué par deux ou trois assises de fibres-cellules semblables à celles du sphinc-

Coupe radiée de la partie postérieure de l’iris sur un lapin albinos (d’après Grynfeltt).

1, épithélium postérieur de l’iris. — 2. membrane dilatatrice, avec : 2’. sa zone nucléaire; 2”sazonefibriliaire contractile. —3. tissu propre de l’iris.

ORGANES DES SENS

ter, mais se composerait d'une mince membrane continue, d'aspect fibrillaire, laquelle ne serait aulre que la membrane de Renie, que nous retrouverons dans un instant. Cette membrane, du reste, prend avec les diverses substances colorantes une teinte absolument identique à celle que prennent, sous l'influence des mêmes réactifs, les muscles lisses voisins (sphincter irien, muscle ciliaire). Génétiquement, le muscle dilatateur de l'iris se développe aux dépens des cellules épithéliales du feuillet antérieur de la capsule optique (Grynfeltt) : c'est donc un muscle épithélial d'origine ectodermique. Du reste, il ne se produit pas sur toute l’étendue du feuillet antérieur :

si,' du côté périphérique, il va jusqu’à la grande circonférence de l’iris, il s'arrête toujours du côté central, à quelque distance du bord pupillaire. La ligure 390 bis nous montre cette disposition d'une façon très nette.

Les mouvements d e l’iris, déterminant le rétrécissement ou la dilatation de la pupille, sont sous la dépendance des deux nerfs moteur oculaire commun et grand sympathique, qui envoient l’un et l’autre des rameaux au plexus ciliaire. Or, la physiologie expérimentale nous enseigne : 1° que l’excitation du moteur oculaire commun se traduit par un rétrécissement de l’orilice pupillaire ; 2“ que l’excitation du grand sympathique, au contraire, amène une dilatation de ce même orifice. — Avec la théorie ancienne (laquelle semble devoir devenir la théorie nouvelle), qui admettait dans l’iris deux ordres de fibres, des fibres circulaires formant un muscle sphincter et des fibres radiées formant un dilatateur, l’explication de ces deux faits expérimentaux était des plus faciles : le moteur oculaire commun se rendait au sphincter, et son excitation amenait une contraction de ce muscle et, par suite, un rétrécissement de la pupille : d’autre part, le sympathique innervait le dilatateur et son excitation avait pour conséquence une contraction de ce muscle, entraînant à sa suite un agrandissement de l’orifice pupillaire. — Cette dernière conclusion, pour les physiologistes qui n admettent pas l’existence d’un muscle dilatateur, est naturellement sans valeur, l’our eux (Chauveau), le phénomène de dilatation pupillaire qui suit l’excitation du sympathique serait attribuable à une action d’arrêt ou d’inhibition exercée par le sympathique sur le plexus ciliaire, plexus d’où émanent les nerfs destinés à l'iris.

b. Vaisseaux et nerfs. — Les vaisseaux iriens comprennent des artères, des veines et des lymphatiques. — Les artères émanent d’un cercle artériel, le grand cercle artériel de l'iris (voy. plus loin), qui est situé tout autour de la grande circonférence de cette membrane. Suivant dans leur trajet une direction radiaire, elles se portent vers la pupille et se résolvent autour.de cet orifice en un riche plexus circulaire, à mailles très étroites, le petit cercle artériel de l’iris. — Les veines suivent en sens inverse le trajet des artères et aboutissent aux veines des procès cilaires. — Nous décrirons ultérieurement les lymphatiques et les nerfs de l’iris (voy. p. 475).

c. Stroma conjonctif. — Le stroma, au sein duquel se trouvent les fibres musculaires et les vaisseaux que nous venons de décrire, comprend : 1° des fibres du tissu conjonctif; 2° des fibres élastiques excessivement ténues; 3° des cellules lymphatiques; 4° des cellules étoilées, peu ou point pigmentées sur les yeux clairs, fortement pigmentées au contraire sur les yeux bruns ou noirs; 5° enfin, des granulations pigmentaires libres. C’est de la proportion et probablement aussi de la nature variables de ce pigment que dépendent les teintes si variées que nous présente l’iris. On sait qu’il fait plus ou moins complètement défaut chez les albinos.

D. Membrane basale postérieure. — La membrane basale postérieure (fig. 389,10), plus connue sous le nom de membrane de Bruch ou. membrane de Ilenle , est une lame transparente, fort mince (3 à 4 a seulement), limitant en arrière le tissu

Coupe radiée d’un iris du magot, avoisiuanl le bord pupillaire (d’après Grynfeltt).

1, stroma irien. — 2, boi'd pupillaire de l’iris. — 3. Y couches antérieure et postérieure de l’épithélium postérieur. — 3. dilatateur de la pupille. - 6, sphincter de la pupille.

propre de l’iris. Du côté interne, elle s’étend jusqu’au voisinage du bord pupillaire. Du côté externe, elle se continue avec la lame similaire qui tapisse la face postérieure des procès ciliaires et, par l’intermédiaire de cette dernière, avec la lame vitrée de la choroïde.

Comme nous le montrent nettement les deux figures 390 et 390 bis , la membrane de Bruch ou de Henle se compose de deux lames distinctes : 1° une lame antérieure, striée, qui répond immédiatement au tissu propre de l’iris; 2° une lame postérieure, nucléée, qui répond à la couche antérieure de l'épithélium postérieur.

Vue de face, la membrane de Bruch a un aspect nettement fibrillaire ; mais la nature de ces fibrilles a été longtemps fort obscure : les uns les considérant comme étant élastiques; les autres les regardant comme étant de nature musculaire. Après les recherches de Gabriélidès, de Vjalleton et de Grynfeltt, cette dernière opinion tend à prévaloir et ce sont ces éléments musculaires, comme nous l’avons vu à la page précédente, qui constituent par leur ensemble le muscle dilatateur de la pupille.

E . Couche épithéliale postérieure. — Elle est formée (fig. 389,11) par des cellules pigmentées qui se disposent en une double rangée à la face postérieure de l’iris. Cette couche, que certains auteurs désignent à tort sous le nom d’uvée, ne fait nullement partie de la tunique vasculaire de l’œil. Par son développement comme par ses connexions, elle appartient manifestement à la tunique nerveuse et sera décrite à propos de cette dernière membrane (voy. plus loin, Portion irienne de la rétine, p. 5U6).

La membrane de Bruch vue par sa face postérieure (d’après Koganeï).

1, membrane de Bruch, finement striée. — 2, 2, cellules de la couche antérieure de la portion irienne de la rétine, débarrassées d'une partie de leur pigment. — 3, 4, 5, leurs noyaux allongés en seas radiaire.

D. — Vaisseaux et nerfs de la membrane irido-choroïdienne

1° Artères. — Les artères de la membrane irido-choroïdienne proviennent de trois sources différentes : 1° des ciliaires courtes postérieures ; 2° des ciliaires longues postérieures ; 3° des ciliaires antérieures.

a. Artères ciliaires courtes postérieures. — Les artères ciliaires courtes postérieures (voy. Angéiologie, t. II, p. 159), en nombre indéterminé, mais toujours fort nombreuses (7 ou 8 en moyenne), traversent la sclérotique sur le pourtour du nerf optique et arrivent ainsi dans la lamina fusca. Poursuivant alors leur trajet, elles cheminent en sens méridien entre la sclérotique et la choroïde et se distribuent à cette dernière membrane depuis sa partie postérieure jusqu’à l’ora serrata: elles forment, ainsi que nous l’avons vu plus haut, un plan intermédiaire à la couche des capillaires, qui sont situés au-dessous d’elles, et à la couche des veines, qui sont plus superficiellement placées.

Rappelons que, chemin faisant, les ciliaires courtes postérieures jettent quelques fins rameaux sur la face interne de la sclérotique.

ORGANES DES SENS

En traversant la sclérotique, quelques-unes des artères ciliaires courtes postérieures abandonnent un certain nombre de collatérales, qui en s’anastomosant ensemble, forment tout autour du nerf optique, en plein tissu scléral, an anneau artériel plus ou moins complet. Cet anneau, que Zinn, depuis longtemps déjà, avait signalé sous le nom de anneau vasculaire scléral, est encore appelé cercle de Haller ou cercle artériel du nerf optique.

Des rameaux anastomotiques, particulièrement bien décrits par Wolfring (Arch. f. Ophthalm., 1872) et par Leber ( Handb . d. ges. Augenheilk., 1876), réunissent le cercle de Haller, le réseau choroïdien par conséquent, d’une part avec le réseau du nerf optique, d’autre part avec le réseau de la rétine.

b. Artères ciliaires longues postérieures. — Les ciliaires longues postérieures (t. II, p. 159), au nombre de deux seulement, l’une interne ou nasale, l’autre externe ou temporale , traversent la sclérotique un peu en avant de l’orifice qui livre passage au nerf optique. Puis, elles cheminent d’arrière en avant

Fig. 393 .

Vaisseaux sanguins de la sclérotique et du nerf optique, vus sur une coupe frontale passant par

la lamina cribrosa (d’après Leber).

1. 1, artères ciliaires courtes postérieures. — 2, veines. — 3, 3, 3, cercle artérW du nerf optique ou cercle de Haller. — 4. 3, artère et veine centrales de la rétine. — On voit nettement) du cercle de Haller, se détacher de fines artérioles qui se dirigent vers le nerf optique, le pénètrent et s’anastomosent dans son épaisseur avec les artères qui appartiennent en propre au cordon nerveux.

Les ciliaires postérieures à leur entrée dans la sclérotique.

P, pôle postérieur de l’œil. — N, côté interne ou nasal. — T, côté externe ou temporal.

1. méridien vertical. — 2, méridien horizontal. — 3, nerf optique. — 4, 4, vaisseaux et nerls ciliaires. — 4’, 4’, les deux artères ciliaires longues. — 5, 5’, les deux vasa vorticosa supérieurs. — 6, 6’, les deux vasa vorticosa inférieurs.

Re-

versent la sclérotique, dans le voisinage de l’insertion des muscles droits, arrivent sur le muscle ciliaire et viennent se jeter alors dans le cercle artériel précité (fig. 387,4), prenant ainsi une large part à sa constitution.

d. Grand cercle artériel de. l'iris. — Le grand cercle artériel de l’iris (fig. 387, 5) est situé tout autour de la grande circonférence de l’iris, entre la. sclérotique et le

au-dessus de la choroïde, sans lui abandonner un seul rameau, et, arrivés au devant du muscle ciliairè, se divisent chacune en deux branches (fig. 387, 3 et 4) : une branche ascendante et une branche descendante. Ces branches de bifurcation s’anastomosent deux à deux, les ascendantes en haut, les descendantes en bas, de façon à former autour de la grande circonférence de l’iris un cercle complet, c’est le grand cercle artériel de l’iris (fig. 387, 5).

c. Artères ciliaires antérieures. — Les artères ciliaires antérieures (voy. Angéiologie, t. Il, p. 160), en nombre variable, proviennent des deux artères musculaire supérieure et musculaire inférieure, principalement de cette dernière. Elles tra-

Fig. 394.

Vaisseaux et nerfs de la membrane irido-choroïdienne, vus d’en haut.

(La sclérotique et la cornée ont été réséquées dans la plus grande partie de l’hémisphère supérieur de l’œil, pour mettre à découvert la choroïde, la zone ciliaire et l’iris.)

A, nerf optique. — B, sclérotique. — B’, la même, vue en coupe au niveau du méridien horizontal. — C, coupe de la cornée. — 1), muscle ciliaire. — E, iris. — F, chambre antérieure de l’œil.

1, 1, artères ciliaires courtes postérieures. — 2, 2, artères ciliaires longues postérieures — 3, 3, artères ciliaires antérieures — 4, 4, nerfs, ciliaires. — 5, grosse veine (veine vorticineuse supéro-externe), recevant les vasa vorticosa du quart supérieur et externe de la choroïde et des procès ciliaires. — 6, veine vorticineuse supéro-interne, sortant de la sclérotique. — 7, vasa vorticosa de la choroïde.

ORGANES DES SENS

muscle ciliaire. Il est dirigé parallèlement à l’équateur de l’œil ou, autrement dit, à la ligne de jonction scléro-cornéenne.

Du grand cercle artériel s’échappent, comme artères collatérales, trois ordres de rameaux, savoir: 1° des rameaux postérieurs ou ciliaires, qui se distribuent au muscle ciliaire et aux procès ciliaires ; i2° des rameaux iriens, qui se portent dans l’iris, en suivant une direction radiaire, se ramifient dans leur trajet à travers cette membrane et, finalement, viennent former autour de la pupille, ainsi que nous l’avons vu plus haut (p. 470), le petit cercle artériel de l'iris; 3° des rameaux choroïdiens , généralement peu nombreux et très grêles, qui cheminent sur la face antérieure du muscle ciliaire, en se dirigeant vers l’ora serrata, et viennent s’anastomoser à ce niveau avec l’extrémité antérieure du réseau choroïdien. De ce côtélà encore, le réseau artériel de la choroïde n’est pas complètement indépendant (voy. fig. 395).

2° Veines. — Nous les considérerons successivement sur l 'iris, sur le muscle ciliaire et sur la choroïde :

a. Veines de l'iris. — Les veines de l’iris suivent en sens inverse le trajet des

Fig. 395.

Schéma de la circulation de l’œil, vue sur une coupe horizontale (imité de Leber).

1, artères ciliaires courtes postérieures. — 2, artères ciliaires longues postérieures. — 3, artères et veines ciliaires antérieures. — 4. vaisseaux antérieurs de la conjonctive bulbaire. — 5, ses vaisseaux postérieurs. — G, artère et veine centrales de la rétine. — 7, vaisseaux sous-duraux du nerf optique. — 8, vaisseaux duraux du nerf optique. — 9, vasa vorticosa. — 10, artère et veine épisclérales. — 11, artère choroïdienne récurrente. — 12, capillaires de la choroïde. — 13, anastomoses des artères ciliaires courtes avec l’artère centrale de la rétine. — 14, anastomoses des vaisseaux choroïdiens avec les vaisseaux rétiniens. — 15, vaisseaux des procès ciliaires. — 16, vaisseaux de l'iris, — 17, grand cercle artériel de l’iris. — 17’, petit cercle artériel de l’iris. — 18, canal de Schlemm.

a, nerf optique et sa gaine. — b, sclérotique. — c, choroïde. — d, rétine. — e, iris. — f, procès ciliaires. — g , conjonctive. — h, cornée. — i, cristallin.

artères homonymes. Arrivées à la grande circonférence de l’iris, elles s’unissent aux paquets vemeux des procès ciliaires et vont, avec ces derniers, grossir le réseau veineux de la choroïde, qu’elles rejoignent au niveau de l’ora serrata.

b. Veines du muscle ciliaire, — Les veines du muscle ciliaire se jettent, en partie, dans le réseau choroïdien. En partie aussi elles traversent la sclérotique d’arrière en avant pour venir déverser leur contenu dans les veines musculaires.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

On donne à ce dernier groupe le nom de veines ciliaires antérieures ; elles suivent, comme on le voit, le même trajet que les artères homonymes.

c. Veines de la choroïde. — Les veines choroïdiennes, plus connues sous le nom de vasa vorticosa (voy. p. 457), en raison de leur disposition caractéristique en tourbillon, forment, ainsi que nous l’avons dit, un riche réseau situé immédiatement au-dessous de la lamina fusca. Ce réseau veineux de la choroïde aboutit à quatre canaux volumineux, deux supérieurs et deux inférieurs, qui traversent la sclérotique un peu en arrière du plan équatorial de l’œil et viennent s’ouvrir finalement, ainsi que nous l’avons déjà vu (t. II), dans les veines ophthalmiques. Il en résulte que, abstraction faite des quelques veines ciliaires antérieures, qui sont tributaires des veines musculaires, ces quatre canaux résument toute la circulation veineuse de la membrane irido-choroïdienne.

3° Lymphatiques. — La membrane choroïdienne paraît dépourvue, chez l’homme tout au moins, de véritables vaisseaux lymphatiques. La lymphe y circule dans un système lacunaire qui a été particulièrement bien décrit par Schwalbe.

Le lymphe de l’iris et des procès ciliaires se déverse dans la chambre antérieure à travers un système de fentes, qui existent non seulement sur le pourtour de l’iris entre les faisceaux du ligament pectiné, mais encore, comme l’a démontré Fuchs, au niveau de son bord pupillaire. De la chambre antérieure, la lymphe passe dans le canal de Schlemm et, de ce canal, dans les veines musculaires.

En ce qui concerne la choroïde, la lymphe y chemine dans des fentes lymphatiques et dans les gaines périvasculaires qui ont été signalées autour des veines par Morano et par Schwalbe. Elle arrive tout d’abord à V espace supra-choroïdien de la lamina fusca. Puis, elle passe dans l’espace supra -sclérotical ou -Mspape—de Tenon, par quatre canaux, qui traversent la sclérotique exactement sur les mêmes points que les vasa vorticosa signalés ci-dessus, lesquels, on le sait, amènent à la veine ophthalmique le sang veineux de la choroïde, du corps ciliaire et de l’iris.

Les véritables vaisseaux lymphatiques, avons-nous dit plus haut, n’existent pas dans la choroïde de l'homme. Mais ils se rencontrent sur les yeux pourvus d’un tapis, où ils ont été signalés en 1879, par Altmann et bien étudiés, en 1889, par Alexander. Ce dernier observateur a même pu voir, à la limite du tapis, les fentes conjonctives s'ouvrir directement dans les capillaires lymphatiques. Si les faits énoncés par Alexander étaient confirmés, il n’y aurait plus aucun doute à avoir sur les relations étroites qui existent entre les simples lacunes du tissu conjonctif et les canaux lymphatiques vrais, que caractérisent leur forme cylindrique et leur revêtement endothélial continu.

4° Nerfs. — Les rameaux nerveux destinés à la tunique vasculaire de l’œil proviennent des nerfs ciliaires, dont le plus grand nombre émanent du ganglion ophthalmique, deux ou trois seulement provenant directement du nasal.

D’après les recherches déjà anciennes de Muller, contrôlées plus récemment par Jeropheef , ces nerfs, après avoir traversé la sclérotique, forment à la face externe de la choroïde un riche plexus, le plexus choroïdien, plexus remarquable par la présence d’un grand nombre de cellules ganglionnaires disposées le long de ses travées (fig. 396). Du plexus choroïdien s’échappent de nombreux rameaux et ramuscules, qui pénètrent dans l’épaisseur de la choroïde et viennent se terminer en grande partie sur les vaisseaux de cette membrane. Bietti a décrit en outre, sur la face externe de la lame vitrée, un riche plexus constitué par des fibres très fines et irrégulièrement entrecroisées.

Au devant du muscle ciliaire, les nerfs précités forment un deuxième plexus, le

ORGANES DES SENS

plexus ciliaire , très riche, lui

Groupe ganglionnaire du réseau nerveux de la choroïde d’un adulte (d’après Iwanoff).

aussi, en cellules ganglionnaires et se terminant dans les faisceaux musculaires du muscle de Brücke.

Enfin, les nerfs ciliaires, considérablement amoindris par suite des rameaux abandonnés sur leurs parcours, pénètrent dans l’iris. Après s’être divisés dicbotomiquement dans l’épaisseur de cette membrane, ils se résolvent en un troisième plexus, le plexus irien , d’où l’on voit partir (Arnold et Iwanoff) trois ordres de fibres : 1° des fibres pâles, qui se portent sur la face postérieure de l’iris et dont la terminaison n’est pas encore connue ; 2° des fibres à myéline, qui se dirigent en avant et se résolvent, vers la face antérieure de l’iris, en un réseau de fibrilles excessivement ténues ( fibres sensitives) ; 3° des fibres très fines, qui se distribuent aux fibres musculaires (fibres motrices). Il existe, enfin, des fibrilles terminales pour les vaisseaux de l’iris; ces fibres nerveuses vaso-motrices , véritables régulateurs de la circulation irienne, ont été décrites en détail,

1 en 1878, par Meyer.

Contrairement à l’opinion émise par Arnold, Meyer n’a pu rencontrer de cellules nerveuses dans l’iris du lapin. Ses conclusions concordent en cela avec les recherches antérieures de Pause, de Formad et de Fürst, qui rejettent eux aussi l’existence de cellules ganglionnaires sur le trajet des nerfs de l’iris. Les observations plus récentes de Andogsky (1897) et de Seidenmann (1899) confir-

ment l’opinion de Meyer : les prétendues cellules nerveuses de l’iris ne seraient autres que des cellules conjonctives, soit du stroma irien, soit des gaines nerveuses.

A consulter parmi les travaux récents (1877-1909) sur la membrane irido-choroïdienne et sur la circulation de l'œil : Pause, Ueber die Nerven der Iris, Arch. f. Ophthalm., 1877 ; Formad, The distribution of nerves in the iris, Americ. Journ of med. Sc., 1878 ; — Furst, 0?n nerverna i iris, Nord. med. Arkiv, 1880 ; — Meyer, Die Nervenendigungen in der Iris, Arch. f. mikr. Anatomie, 1873 ; — Fuchs, Zur Anatomie der Iris, Klin. Monatsbl., 1885 ; Boé, Quelques recherches sur la couche pigmentaire de l’iris et sur le soi-disant muscle dilatateur de la pupille, Arch. d Ophthalm., 1885 ; — Koganeï, Untersuch. über den Bau der Iris des Mensclien u. der Wirbelthiere, Arch. f. mikr. Anat., 1885: — Dastojewski, Ueber d. Bau des Corpus ciliare u. der Iris von Saeugethieren, Arch. f. mikr. Anat., XXVIII, 1886 ; — Dogiel, Nueue Untersuch. ü. d. pupillenerweiternden Muskeln, etc., Arch. f. mikr. Anat., XXXVII, 1886; Ewing, Ueber ein Bauverhaeltniss des Irisum fanges beim Menschen, Arch. f. Ophthalm., Bd. XXX IV, 1888; Hache, Sur la structure de la choroïde, etc., G. R. Acad, des Sciences, 1887 : — Würdinger, Ueber die vergl. Anatomie des Ciliarmuskel, Zeitschr. f. vergl. Augenheilk., IV, 1887; Leydig, Pigment der Hautdecke u. der Iris, Verhandl. d. phys. medicin. Gesellsch. z. Wurzburg, 1888 ; — Retterer, Note sur la structure de l’iris chez les mammifères, Bull. Soc. de Biologie, 1888 , Grünhagen, Ueber die Muskulatur u. die Bruch'sche Membran der Iris, Anat. Anz., III, 1888 ; - Lang, The ciliary processes and the suspensory ligament, Ophth. Review, décembre 1888; Czermak, Beitrag zur Kenntniss der sog cilioretinalen Gefaesse, Wiener klin. Wochenschr., l8o8 ; Alexander, Ueber die Lymphcapillaeren der Choroidea, Arch. f. Anat. u. Phys., 1889 ; Rumschewitsch, Ueber die Anastomosen der hinteren Ciliar gefaesse mit denen des Opticus und der Retina, Klinische Monatsblàtter f. Augenheilk., 1889 ; — Alexander, Ueber die Lymphcapillare der Choroidea, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1889 : — Nuel et Cornil, Endothélium de la chambre anté-

OEIL OU GLOBE OCULAIRE 477

rieure de l’œil, Arch. d’Ophthalm., 1890, p. 409 ; — Nicati, La glande de l'humeur aqueuse, Àrch. d’Ophthalm., 1890, p. 281.

Boucheron, Nerfs de l’hémisphère antérieur de l'œil, Bull. Soc. de biol., 1891 ; — Hocquard, Recherches sur l’Anat. et la Phys, de l’appareil accommodateur , Paris, 1891 ; — Morat et Doyon. Le grand sympathique nerf de l'accommodation pour la vision des objets éloignés, C. R. Acad, des Sciences, 1891 ; — Doyon, même sujet, Th. de Lyon, 1891 ; — Langer, Beitrag z. normalen Anatomie des menschl. Auges, Sitz. d. k.-d. Wiss., Wien, 1890 ; — Marian, Versuche iiber die Lymphwege des Auges, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1890 ; — Collins, The glands of the ciliary body in the human eye, Transact of the ophthalmol. Society of the United Kingdom, London, 1890-91 ; — Rieke, Ueber Formen u. Entwickl. der Pigment zellen der Choroidea, Arch. f. Ophth., XXVII, 1891 ; — Nuel, De la vascularisation de la choroïde et de la nutrition de la rétine, Arch. d’Opht., 1892; -- Kirschbaumer, Ueber Aller sveraenderung en der Uvea, Arch. f. Ophth., XXXVIII, 1892 : — Retzius, Zur Kenntniss vom Bau der Iris, Unters., Bd. V, 1893 ; — Arnstein u. Agabow, Die Innervation des Ciliarkôrpers, Anat. Anz., 1893 ; — Griffith, Criticism concerning recent views as to secretory function of the ciliary body, Ophth. Rev., 1894 ; — Tschërning, Etude sur le mécanisme de T accommodation, Arch. de Physiol., 1894 ; — Sattler, Rech. sur l’accommodation par les muscles extrinsèques, Græfe’s Arch., t. XL, 1893 ; — Bietti, Sulla distribuzione e terminazione delle fibre nervose nelle coroidea, Ann. di ottalm., 1893 ; — Gabrielidès, Rech. sur l’embryogénie et V anatomie comparée de l’angle de la chambre antérieure chez le poulet et chez l’homme, muscle dilatateur de la pupille, Th. Paris, 1895 ; — Vialleton, Sur le muscle dilatateur de la pupille chez l’homme, Arch. d’Anat. micr., 1897 ; — Passera, La rete vascolare sanguigna délia membrana corio-capillare dell’uomo, Labor. di Anat. norm. d. R. Università di Roma, 1896 ; — Tracher, Collins, The glands of the ciliary body, Ophthalm. Rev., 1896 ; — Buchanam, The glands of the ciliary body, Journ. of Anat. a. Physiol., vol. XXXI, 1897 ; — Andogsky, Zur Frage ub. die Ganglienzellen der Iris, Arch. Augenheilk., 1897 : — Bietti, Sulla distribuzione e terminazione delle fibre nervose nel corpo ciliare, Ann. di Ottalm., 1897 ; — Kôlliker, Ueb. den Dilatator pupillæ, Anat. Anz., 1897 ; — Gutmann, Zur Histol. der ciliarnerven, Arch. f. mikr. Anat., 1897 : — Sch0ute, Vena vorticosa im hirsteren Bulbusteile, Arch. Ophthalm., 1898 ; — Nuel et Benoit, Des espaces lymphatiques de l’iris du chat, Ann. d’Ocul., 1898; — Kôlliker, Der Dilatator pupillæ vom weissen Kaninchen, XII Vers. d. Anat. Ges. in Kiel, 1898 ; — Grynfeltt, Le muscle dilatateur de la pupille chez les mammifères, Th. Montpellier, 1899 ; — Seidenmann, Th. St-Pétersbourg, 1899; — Heine, Die Anatomie des accommodierten Auges, Arch. Ophthalm., 1899; — Pes, Sulla distribuzione del connettivo elastico nella coroide umana, Giorn. R. Accad. di med., Torino, 1900.

Bordelli, Sulla distribuzione e terminazione dei nervi nel tratto uveale, Ann. di Ottalmologia, 1901 ; — Miyaké, Ein Beitr. zur Anat. des musc, dilatator pupillæ bei dem Saugethieren, Diss. Wurzburg, 1901; — Stock, Ein Beitr. zur Frage des Dilatator iridis, Klin. Mon. Augenh., 1901; — Lepage, Persistance de la membrane pupillaire et pigmentation congénitale de la cristalloïde antérieure, Th. Paris, 1901 ; — Petella, Sulla controversa questione del dilatatore délia pupilla nei mammiferi e nell’ uomo, Ann. med. nov., 1901 ; — Szili, Beitr. z. Kenntnis d. Anat. u. Entwick. der hirst. Irisschichten, etc., Arch. Ophthalm., 1901 ; — Zürn, Vergl.-hist. üntersuch. iiber die Retinau. die area centralis der Haussàugethiere, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1902; — Collin, Rech. sur le développ. du muscle sphincter de l'iris chez les oiseaux, Bibliogr. anat.. 1903 ; — Hoeg, Ueb. optico-cilaire Venen, Græfe’s Arch. f. Ophthalm.. 1903 ; — Bartels, Pupillenverhaltnisse beim Neugeborenen, Zeitschr. Augenheilk., 19o4.

Braune, Ein Beitr. z. Kenntniss opticocilïàrer Gefàsse, Klin. Monatsbl. Augenheilk., 1905: — Munch, Zwr Anat. des Dilatator pupillæ, Zeitschr. Augenheilk., 1905; — Du même, Ueb. d. Innervation d. Stromazellen der Iris, ibid., 1905; — Szély, Ueb. d. histol. Grenzschichten der Iris , Arch. Ophthalm., 1906; — Lewinsohn, Ueb. d. hinteren Grenzschichten der Iris, Arch. Ophthalm., 1906 ; — Koerter, Iriszeichnung u. Irisge fasse, Zeitschr. Augenheilk., 1906; — Gabrielidès, Note sur le muscle dilatateur de la pupille chez le phoque, Journ. de l’Anat., 1906: — Grynfeltt. Le muscle de l’iris chez les amphibiens, Bibliogr. Anat.. 1906; — Du même. Sur le sphincter de l’iris chez quelques téléosténs, C. R. Assoc. Anat., 1908; — Nàkaizumi, Hint. Greuzmembran u. Pigmentépithel der Iris , Tokio, 1907 ; — Wolfrum, Beitr. z. Anat. u. Histol. der Aderhaut beim Menschen, Arch. f. Ophthalmol., 1907 : — Gallenga, Délia presenza di processi ciliari alla superficie posteriore dell'iride nell’ occhio umano, Monit. zool. ital. 1907 ; — Lieto-Volaro, Sulla morfologia délia membrana dilatatrice délia pupilla nell'uomo, Ann. Ottalmol., 1908; — Du même, Sul tessuto elastico nell’iride, etc., ibid., 1908 ; — Klinge, Die inneren Irklisschichten d. Haussaugetiere, Anat. Hefte, 1908 ; — Dedekind, Beitr. z. Entwick. d. Augengefâsse d. Menschen, Anat. Hefte, 1908 ; — Versari, Ub. d. Entwick. d. Blugefàsse d. menschl. Auges, Anat. Anz.. 1909.

§ 111. — Tunique nerveuse de l’oeil

La tunique interne de l’œil ést une membrane nerveuse, la rétine (du mot latin rete, filet). Elle s’applique régulièrement contre la tunique précédente et s’étend en

ORGANES DES SENS

réalité depuis le nerf optique, dont elle n’est que l’épanouissement, jusqu’à l’orifice pupillaire. Mais, dans ce long trajet, la membrane nerveuse de l’œil est loin d’être partout uniforme : elle subit dans sa texture, au niveau de l’ora serrata, des modifications profondes qui nous permettent de la partager en deux moitiés tout à fait dissemblables. En effet, tandis que la moitié postérieure présente les caractères d’un organe complètement développé, la moitié antérieure est restée à l’état embryonnaire, et il faut les avoir suivies l’une et l’autre dans leurs diverses phases embryogéniques pour savoir que celle-ci est véritablement le prolongement de celle-là.

La moitié antérieure de la membrane nerveuse, à son tour, présente une structure un peu différente suivant qu’on la considère sur la zone ciliaire ou sur l’iris.

Nous pouvons donc, au point de vue descriptif, diviser la tunique nerveuse de l’œil en trois portions, qui correspondent chacune aux trois portions déjà étudiées de la tunique vasculaire, savoir :

1° Une portion postérieure répondant à la choroïde, c’est la portion choroïdienne de la rétine ou rétine proprement dite ;

2° Une portion moyenne répondant à la zone ciliaire, c’est la portion ciliaire de la rétine ou rétine ciliaire ;

3° Une portion antérieure répondant à l’iris, c’est la portion irienne de la rétine ou rétine irienne.

Nous les étudierons successivement l’une après l’autre, en commençant par la rétine proprement dite.

A — Rétine proprement due

La rétine proprement dite, premier segment de la tunique nerveuse de l’œil, s’étend du nerf optique à l’ora serrata, ligne festonnée située un peu en avant de l’équateur de l’œil, qui sépare, comme nous l’avons déjà vu plus haut, la choroïde proprement dite de la zone ciliaire.

1° Forme, dimensions, coloration. — Située immédiatement au-dessous de la la choroïde, la rétine proprement dite revêt, comme cette dernière, l’aspect d’un segment de sphère creuse dont la concavité embrasse le corps vitré.

C’est une membrane extrêmement mince. Son épaisseur mesure 0mm,4 en arrière. De là, elle va en diminuant insensiblement, descend à 0mm,2 à sa partie moyenne et ne présente plus dans le voisinage de l’ora serrata que 0mm,l.

Abstraction faite de sa couche la plus externe, qui est formée par des cellules pigmentaires et qui présente une belle coloration noire, la rétine à l’état physiologique est parfaitement transparente dans toute son étendue et dans toute son épaisseur. Incolore quand elle est éclairée, elle présente, sur des yeux maintenus dans l’obscurité, une coloration rougeâtre (Boll, Kühne), due à un pigment de même couleur, le pourpre rétinien , le pourpre visuel ou rhodopsine , qui se trouve dans les segments externes des bâtonnets.

xAprès la mort, la rétine revêt une teinte opaline ou même légèrement grisâtre et s’altère très rapidement. Elle est, du reste, d’une consistance extrêmement délicate et se déchire à la moindre traction.

2° Rapports. — La membrane rétinienne, étant un segment de sphère creuse, nous offre à considérer les trois régions suivantes : 1° deux surfaces, qui se distinguent en extérieure et intérieure ; 2° un bord ou circonférence, qui est dirigé en

avant.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

A. Surface extérieure. — La surface extérieure, convexe, répond à la lame vitrée de la choroïde, mais sans lui adhérer. Les deux membranes sont simplement accolées l’une à l’autre : il n’existe entre elles aucune trace d’un tissu connectif quelconque.

B. Surfa.ce intérieure. — La surface intérieure, concave, enveloppe le corps vitré, sur lequel elle se moule, mais avec lequel elle ne présente non plus aucune adhérence. Cette face, régulière et parfaitement unie dans la plus grande partie de son étendue, nous présente, à sa partie postérieure, deux régions spéciales, morphologiquement et physiologiquement très importantes : c’est la papille optique et la tache jaune.

a. Papille optique. — La papille optique (fig. 397, 2) répond au point où le nerf optique se continue avec la rétine : c’est le lieu d’épanouissement du nerf optique.

Elle revêt l’aspect d’un petit disque de coloration blanchâtre, arrondi ou légèrement ovalaire, situé à 3 millimètres en dedans et à 1 millimètre au-dessous du pôle postérieur de l’œil. Elle mesure chez l’adulte, de lmm,5 à 1mm,8 de diamètre. Sa coloration blanchâtre est due vraisemblablement à la myéline que possèdent encore les fibres constitutives du nerf optique au moment où elles s’engagent dans les pertuis de la lamina cribrosa (voy. p. 440).

La région de la papille n’est nullement saillante comme le laisserait supposer le mot de papille , qu’on emploie pour la désigner : à l’état normal, elle est plane et située exactement sur le même plan que la rétine, dont elle fait partie ; elle présente même, à son centre, une légère dépression en entonnoir, c’est Y excavation centrale ou excavation physiologique de la papille. Le mot de cupule optique lui conviendrait donc bien mieux que celui de papille. Mais l’usage a universellement consacré la dénomination de papille optique et longtemps encore nous devrons nous incliner devant lui. C’est au niveau de l’excavation centrale de la papille optique qu’apparaissent les vaisseaux destinés à la rétine.

(Au point de vue de l’aspect que revêt la papille à l’examen ophtalmoscopique, voy. p. 504 et fig. 430.)

b. Tache jaune. — La tache jaune

(fig. 397,1), qu’on appelle encore macula lutea ou tout simplement macula , occupe exactement le pôle postérieur de l’œil. Elle est située par conséquent un peu en dehors et un peu au-dessus de la papille optique. C’est une petite région d’une coloration jaune citron, affectant la forme d’un ovale à grand diamètre transversal et mesurant de 2 à 3 millimètres de largeur sur 1 millimètre à 1 millimètre et demi de hauteur. Elle doit sa coloration propre à la pré-

Fig'. 397.

La rétine, vue par sa lace concave (œil droit).

a, sclérotique. — b , choroïde, — c, rétine. — 1, macula lutea et fovea cenlralis. — 2, papille optique. — 3, artère nasale supérieure. — 4, artère nasale inférieure. — 5, artère temporale inférieure. — C, artère temporale supérieure. — T, côté temporal. — N, côté nasal.

ORGANES DES SENS

sence d’un pigment jaune, lequel, à son niveau, est uniformément répandu (Schwalbe) dans toutes les couches de la rétine qui sont situées en avant des cellules visuelles.

La tache jaune se déprime à son centre en une espèce de fossette, appelée fovea centralis. La partie la plus profonde de la fovea, fundus foveæ , se montre sous la forme d’un tout petit point noir, qu’on a pris pendant très longtemps pour un orifice arrondi, le foramen centrale de Soemmering. Cet orifice, quand il existe sur des rétines détachées, est toujours artificiel. Quant à la teinte noirâtre que prend le fond de la fovea centralis, elle résulte de ce que, en ce point et par suite de l’amincissement considérable de la rétine, on aperçoit pour ainsi dire directement la couche de pigment qui revêt sa surface externe.

Les bords de la fovea répondent à la partie la plus épaisse de la rétine. Parfois même, ils sont en saillie sur le plan de la rétine, entourant alors la fovea à la manière d’un véritable bourrelet. Mais ici encore le repli transversal de la rétine, admis par la plupart des anatomistes pour expliquer la formation de la tache jaune n’existe pas : il est le produit d’un phénomène d’imbibition cadavérique.

C. Bord antérieur. — Le bord antérieur ou circonférence de la rétine proprement dite répond à l’ora serrata de la choroïde ; il prend, lui aussi, le nom d’ora serrata, c’est Vora serrata de la rétine. La ligne qui représente ce bord se compose d’une série de festons ou arcades dont la concavité regarde en avant : leurs extrémités s’unissent et se confondent en formant des dents ou pointes, qui se dirigent également en avant vers les procès ciliaires. Mais ces pointes sont très variables dans leur forme et leurs dimensions : les unes sont relativement larges, les autres

très minces et comme effilées; au point de vue longueur, on en voit de très courtes, à peine marquées ; il en est d’autres, au contraire, qui sont très longues et descendent jusqu’à l’extrémité postérieure des vallées ciliaires.

Comme nous le montre nettement la figure 398, que j’emprunte'à O. Schultze, l’ora serrata est loin d’être régulier et d’avoir partout la même configuration. 11 change au contraire d’aspect suivant les régions que l’on considère : il est à remarquer, à ce sujet, que les arcades et les pointes qui les délimitent sont ordinairement plus accusées dans la région interne ou nasale que dans la région externe ou temporale.

Au niveau de fora serrata, le bord antérieur de la rétine se continue directement, en se modifiant toutefois dans sa structure, avec la portion ciliaire de la rétine, que

Fig. 398.

Le segment antérieur de l’œil, vu par sa face postérieure (d’après O. Schultze).

N, côté interne ou nasal. — T, côté externe ou temporal.

1, sclérotique. — 2, choroïde et rétine ciliaire. — 3, 3, ora serrata.

5, procès ciliaires. — 5, cristallin.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

nous étudierons plus loin (p. 505). Nous devons auparavant faire connaître la structure intime de la rétine proprement dite.

2° Structure. — Envisagée au point de vue de sa constitution anatomique, la tunique nerveuse de l’œil se compose essentiellement, comme le névraxe dont elle

Page 1