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C. — Constitution anatomique des paupières

Envisagées an point de vue de leur constitution anatomique,, les paupières se composent d’un certain nombre de plans ou couches, qui se superposent régulièrement comme les feuilles d’un livre. Ces différents plans organiques sont au nombre de sept. Ils se succèdent dans l’ordre suivant, en allant d’avant eu arrière (fig. 485) : 1° la peau ; une couche celluleuse sous-cutanée ; 3° une couche musculaire à fibres striées ; 4° une deuxième couche celluleuse sous-musculaire ; 5° une couche fibreuse ; G0 une couche musculaire à fibres lisses ; 7° une couche muqueuse.

1° Peau. — La peau des paupières, remarquable par sa finesse et par sa minceur, est parcourue par des plis ou rides, à direction transversale, dont le nombre et la profondeur s’accroissent avec l’âge.

Elle nous présente, en outre, à sa surface extérieure, de nombreux poils de duvet, auxquels se trouvent annexées des glandes sébacées généralement peu

développées. Les glandes sudoripares y sont très nombreuses, mais de petit volume.

Histologiquement, la peau des paupières présente la structure générale du tégument externe. Le derme nous présente des papilles, ordinairement de petites dimensions , toutes vasculaires. Les fibres élastiques sont peu nombreuses, excepté au voisinage des cils, où Alfieri (1898) a décrit, tout autour de leurs follicules, un réseau très serré.

Waldeyer a signalé dans l’épaisseur de la peau des paupières, au milieu des tractus conjonctifs qui accompagnent les vaisseaux et les follicules pileux, la présence de grosses cellules pigmentaires, munies çà et là de prolongements isolés. Ces cellules existent normalement dans les autres régions de la peau chez l’homme ; mais elles y sont très rares, tandis qu’on les trouve d’une façon très régulière sur la peau des paupières. Elles sont toujours plus nombreuses chez les bruns que chez les blonds et renferment un pigment dont la nuance varie entre le jaune d’or et le brun. Ces cellules, cellules chromatophores de certains auteurs, seraient susceptibles de changer de place, d’émigrer, déterminant ainsi L. Dor) des changements plus ou moins accusés dans la coloration des paupières.

Fig. 484.

Coupe horizontale du bord libre de la paupière supérieure (d’après Merkel).

i, peau. — 2, muscle orbiculaire, avec 2’, le muscle de Riolan. — 3, cil. — 4, 4. glandes de Moll. — 5, glandes de Meibomius. — 6, conjonctive.

ANNEXES DE LOEIL

2° Couche celluleuse sous-cutanée. — La couche celluleuse sous-cutanée est encore fort mince. Elle est formée par un tissu conjonctif lâche, réunissant les faisceaux, musculaires sous-jacents au derme cutané.. Ce tissu conjonctif ne renferme jamais qu’une petite quantité de graisse. Par contre, il se laisse facilement infiltrer et distendre par les liquides de l’organisme, soit normaux, soit pathologiques ; on connaît le gonflement, parfois si considérable, que présentent les paupières dans les contusions (i épanchement de sang), dans les hydropisies ( épanchement de sérosité), et dans les abcès (i épanchement de pus).

3° Couche musculaire à fibres striées. — Cette couche est constituée par la portion palpébrale d’un muscle aplati et semi-annulaire, que nous avons déjà étudié à propos de la face, Yorbieulaire des paupières (voy, Myologie).

On donne généralement le nom de muscle de Riolan aux faisceaux les plus internes de lorbiculaire,c’est-à-dire à ceux qui avoisinent la fente palpébrale. Si nous examinons ces derniers faisceaux sur des coupes sagittales (fig. 484 et 485), nous les voyons occuper toute l’épaisseur du bord libre de la paupière depuis la peau jusqu’à la conjonctive.

Nous constatons, en outre, qu’ils sont traversés successivement par les follicules des cils, par les glandes de Moll et par le canal excréteur des glandes de Meibomius.

Fig. 48o.

Coupe sagittale de la paupière supérieure, pour montrer les différentes couches (d’après une coupe de Merkel).

4° Couche celluleuse sousmusculaire. — Assez analogue à la couche celluleuse souscutanée, cette couche est formée par un tissu conjonctif lâche, dont les aréoles se lais-

i, peau. — 2, tissu cellulaire sous-cutané. — 3, faisceaux de l'orbiculaire coupés en travers. — 4. tissu cellulaire sous-musculaire. — 5, tarse, avec 5’, glandes de Meibomius. — 6, ligament large ( septum orbitale ). — 7, conjonctive palpébrale, avec: 7’, sa portion plissée; 7”, son cul-de-sac.

— 8, rebord supérieur de l’orbite. — 7, paquet cellulo-adipeux de la cavité orbitaire. — 10, muscle releveur de la paupière, avec 11, son tendon conjonctif, 12, son tendon musculaire (muscle paloébral de Muller).

— 13, arc artériel externe. — 14, arc artériel interne. — 15, poils. — 10, glandes sudoripares. — 17, bord libre des paupières, avec : 18, cils; 19, une glande de Moll; 20, muscle de Riolan.

sent également distendre avec la plus grande facilité par le sang, la sérosité, le pus, l’air atmosphérique.

5° Couche fibreuse. — La couche fibreuse ( fîbro-cartilagineuse de quelques auteurs), qu’on considère avec raison comme constituant le squelette des pau-

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pières, comprend deux portions: une portion marginale, qui répond au bord libre des paupières et qui est formée par les tarses ; une portion périphérique, qui répond au rebord orbitaire et qui prend le nom de ligaments larges des paupières.

Fig. 486.

Les deux tarses, isolés et vus par leur face antérieure (œil droit).

1, tarse supérieur. — 2, tarse inférieur. — 3, leurs bords libres, avec les orifices des glandes de Meibomius. — 4, 5, points lacrymaux. — 6, 7, ligaments interne et externe des tarses.

A. Tarses des paupières. — Au nombre de deux, un pour chaque paupière, les tarses sont des lamelles fibreuses, très épaisses et très résistantes, qui occupent le bord libre des paupières. On les distingue, d’après leur situation, en tarse supérieur et tarse inférieur.

a. Parallèle anatomique des deux tarses. — Comparés l’un à l’autre, les deux tarses sont un peu différents par leur forme et par leur étendue. — Le tarse supérieur (fig. 486,1) a la forme d’un croissant à convexité dirigée en haut. Il mesure 10 ou 11 millimètres de hauteur à sa partie moyenne. — Le tarse inférieur (fig. 486, 2) revêt la forme d’un long rectangle, dirigé transversalement. Sa hauteur atteint en moyenne 5 millimètres, la moitié seulement de celle du tarse supérieur. Le tarse inférieur est donc beaucoup moins développé en surface que le tarse supérieur.

b. Conformation extérieure et rapports.

— - Comme les paupières elles -mêmes, les tarses nous présentent deux faces , deux bords et deux extrémités :

a) Des deux faces, l’une, la face postérieure, est concave et se moule sur le globe de l’œil, dont elle n’est séparée que par la conjonctive. L’autre, la face antérieure, est convexe et répond au muscle orbiculaire.

(3) Des deux bords, l’un, le bord libre ou bord ciliaire, est remarquable par son épaisseur et répond au bord libre de la paupière elle-même. L’autre, le bord adhérent ou bord orbitaire, est beaucoup plus mince et se continue (voy. fig. 487), en partie avec le ligament large correspondant, en partie avec le tendon du releveur pour la paupière supérieure et, pour la paupière inférieure, avec le prolongement orbitaire du muscle droit inférieur.

y) Les extrémités, enfin, se distinguent en externe et interne. — Les extrémités externes des deux tarses sont reliées l’une à l’autre par un ligament puissant, qui vient s’attacher d’autre part sur le côté externe de la base de l’orbite, un peu audessous de l’articulation fronto-malaire : on lui donne le nom de ligament externe des tarses ou ligament palpébral externe (fig. 486,7). — De même, à leur extrémité interne, le tarse supérieur et le tarse inférieur donnent naissance à deux languettes fibreuses, qui convergent l’une vers l’autre en se portant en dedans et se réunissent bientôt en une bandelette unique, laquelle vient s’insérer, sur le côté interne de la base de l’orbite, à la branche montante du maxillaire supérieur : cette bandelette constitue le ligament interne des tarses ou ligament palpébral interne (fig. 486,6) ; il n’est autre que le tendon direct de l’orbiculaire.

c. Structure. — Envisagés au point de vue de leur structure, les tarses sont essentiellement formés par des éléments conjonctifs, qui se sont condensés ici d’une façon toute particulière.

ANNEXES DE L’OEIL

A ces éléments conjonctifs viennent se joindre un certain nombre de fibres élastiques : ces fibres élastiques, récemment étudiées par Secchi et par Bietti (1896), se dirigent pour la plupart d’avant en arrière, allant d’une face à l’autre; d’autre part, elles forment sur les deux faces du tarse un fin réseau, réseau superficiel qui se continue avec le réseau précédent ou réseau profond.

Waldeyer n’a pu rencontrer dans les bandelettes tarses la moindre trace de cellules cartilagineuses : la dénomination de cartilages tarses, dont se servent encore la plupart des auteurs pour désigner les bandelettes en question, consacre donc une erreur et doit être abandonnée.

B. Ligaments larges des paupières, septum orbitale. — Au nombre de deux, l’un pour la paupière supérieure, l’autre pour la paupière inférieure, les ligaments larges sont des membranes fibreuses, qui se détachent du bord orbitaire des bandelettes tarses et continuent pour ainsi dire ces bandelettes.

De là, leurs faisceaux se portent en rayonnant sur tout le pourtour de la base de l’orbite et s’y insèrent en se confondant à ce niveau avec le périoste (fig. 487). —

En haut et en bas , cette insertion se fait sur le rebord orbitaire lui-même. —

En dehors , au niveau de l’angle externe de l’œil, les faisceaux constitutifs des ligaments larges suivent une direction horizontale et se confondent peu à peu avec le ligament palpébral externe, qui, de ce fait, est souvent peu distinct. — En dedans, du côté de l’angle interne de l’œil, les ligaments larges se séparent au contraire du ligament palpébral interne, pour se porter en arrière et venir

prendre insertion sur la crête de l’unguis, immédiatement en arrière du sac lacrymal : il en résulte que le sac lacrymal (fig. 487,7), y compris les conduits lacrymaux et le muscle de Horner, ne font pas partie du contenu de l’orbite, mais se trouvent réellement situés dans l’épaisseur même des paupières.

Ainsi entendus, les deux ligaments larges et le ligament palpébral externe, qui les renforce en dehors, constituent par leur ensemble une espèce de cloison, qui s’applique contre la base de l’orbite à la manière d’un diaphragme. De là le nom de septum orbitale , que Zinn et Henle ont donné à cette formation fibreuse et que lui a conservé Merkel. Tout en reconnaissant la justesse d’une pareille appellation, nous devons faire remarquer que la cloison en question n’est, pas partout continue, mais au contraire présente çà et là de nombreuses solutions de

Fig. 487.

Les tarses et leurs ligaments, vus de face (œil droit).

1, tarse supérieur. — 2, tarse inférieur. — 3, ligament latéral externe. — 4, ligament latéral interne. — 5, tendon du releveur de la paupière. — 6, 6’, septum orbitale. — 7, sac lacrymal. — 8, vaisseaux et nerf sous-orbitaires. — 9, artère lacrymale et nerf lacrymal. — 10, trou livrant passage à l’artère frontale interne et au nerf frontal interne ou sus-trochléaire et à l’artère frontale. — 11, trou pour le nerf nasal externe ou sous-trochléaire et l’artère nasale. — 12, trou pour la veine angulaire. — 13, tendons du grand oblique.

ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.

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continuité pour livrer passage à des organes qui, primitivement situés dans l’orbite, sortent de cette cavité pour se rendre dans les paupières ou dans les régions voisines.

A sa partie supérieure tout d’abord, le long de son insertion sur le frontal, nous rencontrons un certain nombre d’orifices, destinés à des vaisseaux et à des nerfs. Ce sont, en allant de dehors au dedans (fig. 487) : 1° l’orifice (9) qui livre passage aux vaisseaux et nerfs lacrymaux; 2° l’orifice (8) des vaisseaux et nerf sus-orbitaires; 3° l’orilice (10) de l’artère frontale interne et du nerf frontal interne ou sustrochléaire ; 4° l’orifice (11) destiné au nerf nasal ou sous-trochléaire et à l’artère nasale; 5° enfin, l’orifice de la veine angulaire (12) ou, si l’on veut, de l’anastomose jetée entre la veine ophthalmique et la veine angulaire.

A sa partie interne, un peu en dehors de son insertion à la crête de l’unguis, nous trouvons encore deux petits orifices, superposés dans le sens vertical, qui livrent passage (voy. fig. 491) aux deux artères palpébrale supérieure et palpébrale inférieure.

Mais ce n’est pas tout : à sa partie moyenne et un peu au-dessous du rebord supérieur de l’orbite, le septum orbitale se confond avec le tendon antérieur du releveur ou, plus exactement, disparaît devant lui, de telle sorte que les faisceaux tendineux viennent se mettre directement en contact avec le muscle orbiculaire, comme le montre nettement la figure 485. De même, sur la paupière inférieure et en un point exactement symétrique, nous voyons lé septum orbitale perdre son individualité anatomique et se confondre insensiblement avec le prolongement orbitaire du muscle droit inférieur (p. 542), qui vient, lui aussi, se perdre au milieu des faisceaux de l’orbiculaire.

6° Couche musculaire à fibres lisses. — La couche musculaire à fibres lisses, sous-jacente aux ligaments larges, constitue le muscle palpébral supérieur et le muscle palpébral inférieur. Ces deux muscles, découverts par Muller en 1858 {Wurzb. Sitzungsb.) et décrits à nouveau par Turner en 1862 {Nat. Hist. Reoiew) et par Sappey en 1867 (C. R de V Académie des Sciences), sont formés par un plan de fibres lisses, qui occupent en largeur presque toute l’étendue transversale de l’orbite et qui s’étendent en hauteur : 1° pour la paupière inférieure, depuis le tarse inférieur jusqu’au voisinage du rebord inférieur de l’orbite ; 2° pour la paupière supérieure, depuis le tarse supérieur jusqu’au cul-cfe-sac oculo-conjonctival correspondant. Leur hauteur varie de 10 à 12 millimètres.

Les faisceaux constitutifs des deux muscles palpébraux ont pour la plupart une direction verticale. Du côté du tarse, ils s’insèrent sur le bord orbitaire de ces bandelettes à l’aide de petits tendons élastiques, affectant la même direction (fig. 462 et 463). Du côté de l’orbite, ils se confondent, pour la paupière supérieure avec le tendon du releveur, pour la paupière inférieure avec le prolongement orbitaire du muscle droit inférieur.

A ces faisceaux verticaux des muscles palpébraux supérieur et inférieur viennent s’ajouter, d’après Henle et Merkel, un certain nombre de fibres à direction transversale, qui se portent de dehors en dedans parallèlement au bord adhérent des tarses.

7° Couche muqueuse. — La couche muqueuse, la plus profonde des couches constitutives de la paupière, est formée par la conjonctive. Cette membrane, après avoir tapissé les paupières, se replie sur elle-même pour revêtir le segment antérieur du globe de l’œil. La conjonctive n’appartient donc aux paupières que

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par une partie de son étendue. Pour cette raison, et aussi à cause de son importance, nous lui consacrerons un paragraphe à part (voy. p. 578).

G. — Glandes des paupières

Indépendamment des glandes cutanées, qui ne présentent ici aucune particularité importante, et des glandes de la conjonctive, qui seront décrites avec cette membrane, les paupières possèdent trois ordres de glandes qui leur appartiennent en propre, savoir : les glandes de Meibomius , les glandes ciliaires et les glandes de Moll. Toutes ces glandes se trouvent situées sur les bords libres des paupières.

1° Glandes de Meibomius. — Les glandes de Meibomius sont de petites glandes en grappe, qui se disposent parallèlement les unes aux autres dans l’épaisseur

Fig. 488.

Les glandes de Meibomius, vues sur la face postérieure des paupières.

(Sur la paupière supérieure, la conjonctive a été incisée et érignée en haut pour mettre à découvert les

glandes situées au-dessous d’elle.)

1, bord libre de la paupière supérieure, avec les orifices des glandes de Meibomius. — 2, bord libre de la paupière > inférieure. — 3, 3‘, tendon direct et tendon réfléchi de l’urbiculaire. — 4, ligament externe des tarses. — 5, les glandes de Meibomius mises a découvert. — 6, les mêmes glandes, vues à travers la conjonctive palpébrale. - 7, portion orbitaire de la glande lacrymale. — 8, sa portion palpébrale, — 9, canaux excréteurs. — 10, orifices de ces canaux excréteurs dans le cul-de-sac conjonctival. — 11, conjonctive.

même des tarses, en se dirigeant de leur bord libre vers leur bord adhérent (fig. 488,5). Elles se voient très nettement, sans préparation aucune, sur des paupières que l’on a simplement renversées en dehors. On en compte de 25 à 30 pour la paupière supérieure, de 20 à 25 pour l’inférieure.

Chacune d'elles (fig. 489; est constituée par un canal central, rectiligne ou légèrement flexueux, dans lequel viennent s’ouvrir une série toujours très nombreuse de culs-de-sac glandulaires, sphériques ou piriformes, isolés ou réunis en grappe. Le canal central, véritable canal excréteur, mesure de 90 à 110 \l de largeur (Kôlliker); les culs-de sac ou acini qui s’y rendent et y déversent leur contenu atteignent de 90 à 220 \l de diamètre.

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Considérées au point de vue de leur structure et de leur mode de fonctionnement, les glandes de Meibomius sont analogues de tous points aux glandes sébacées. Leur canal excréteur est constitué par une membrane propre, sur la face interne de laquelle s’étend en une nappe continue l’épithélium pavimenteux qui revêt le bord libre des paupières. Quant aux culs-de-sac eux-mêmes, ils sont tapissés par des cellules cubiques qui, au cours de leur évolution, se chargent de gouttelettes graisseuses , se détachent de la paroi sur laquelle elles étaient primitivement fixées et, finalement, se rompent, pour déverser leur contenu, soit dans le cul-de-sac, soit dans le canal excréteur.

Dans un travail qui date déjà de plus de trente ans, Colasanti ( La terminazione d. nervi nelle ghiandole sebacee , Roma, 1873), a décrit autour des acini des glandes de Meibomius une couche de fibres musculaires lisses et un riche réseau de fibrilles nerveuses dépourvues de myéline , lesquelles sont destinées peut-être aux cellules sécrétantes de la glande. Nous y reviendrons plus loin (p. 578).

2 Glandes ciliaires. — Les glandes ciliaires sont encore des glandes sébacées, annexées aux follicules pileux des cils.

Généralement peu développées, elles présentent un ou deux lobules, trois au plus; elles sont réduites parfois à de simples culs-de-sac ou cæcums. On en compte d’ordinaire deux pour

chaque cil, cent cinquante à deux cent cinquante par conséquent pour chaque paupière. Elles s’ouvrent constamment sur un point très rapproché de l’extrémité libre des follicules (fig. 490,7).

C’est le produit mixte des glandes ciliaires et des glandes de Meibomius qui, en se concrétant dans certains cas le long du bord libre des paupières, constitue cette matière onctueuse et agglutinante, connue sous le nom de chassie.

Trois glandes de Meibomius de la paupière supérieure, à l’état d’isolement.

1, acini contenus dans l’épaisseur du tarse. — 2, canal excréteur. — 3, son orifice sur la partie postérieure du bord ibre de la paupière. — 4, cils.

Coupe sagittale du bord libre de la paupière supérieure.

3u Glandes sudoripares modifiées ou glandes de Moll. — Les

glandes sudoripares modifiées de Moll (fig. 490,4) sont des glandes tubuleuses qui, comme les précédentes, occupent le bord libre des paupières et viennent s ouvrir entre les cils.

1, épiderme. — 2, derme, avec 2’ ses papilles. — 3, un faisceau du muscle de Riolan coupé en travers. — 4, uae glande sudoripare, avec 4’ son orifice extérieur. — 5, un cil. avec : 6, son follicule pileux ; 7, ses glandes sébacées. — 8, couche de tissu conjonctif.

ANNEXES DE L’OEIL

Nous les avons déjà décrites à propos de la peau (voy. p. 336) et nous avons admis alors, avec la plupart des histologistes, que les glandes de Moll n’étaient que des glandes sudoripares ordinaires arrêtées dans leur développement.

D. — Vaisseaux et nerfs des paupières

1° Artères. — Les paupières reçoivent leur sang de sources fort nombreuses. En haut la sus- orbitaire, en bas la sous-orbitaire, en dedans la nasale, en dehors la lacrymale, la temporale superficielle et la transversale de la face jettent sur les paupières des ramifications plus ou moins nombreuses qui, partant de tout le pourtour de l’orbite, se portent en convergeant vers le bord orbitaire des tarses et s’y anastomosent avec les artères palpébrales que nous allons tout à l’heure décrire. Ce sont là ce qu’on pourrait appeler les artères palpébrales accessoires ; elles n’irriguent, en effet, que la partie périphérique des paupières, celle qui est en rapport avec le rebord de l’orbite. Les artères principales des paupières, celles qui alimentent les réseaux capillaires de la portion tarsienne y compris la conjonctive, se séparent de l’ophthalmique dans la région du grand angle de l’œil : ce sont les artères palpébrales.

A. Artères palpébrales. —

Au nombre de deux, les artères palpébrales se distinguent, d’après leur situation, en palpébrale supérieure et en palpébrale inférieure.

a) h’ artère palpébrale supérieure (fig. 491,8) traverse le septum orbitale un peu au-dessous delà nasale.

Puis, s’infléchissant en dehors , elle se porte vers l’angle externe de l’œil, en longeant, horizontale et flexueuse, le bord libre de la paupière supérieure. Dans ce long trajet, elle est constamment située entre le muscle orbiculai re et le tarse .

-P) V artère palpébrale inférieure (fig. 491, 10) s’échappe de l’orbite en passant au-dessous du ligament palpébral interne, immédiatement en dehors du sac lacrymal. Gomme la précédente, elle se porte vers l’angle externe de l’œil en longeant le bord libre de la paupière inférieure, entre le tarse inférieur et le muscle orbiculaire.

Arrivées dans la région de l’angle externe, les deux artères palpébrales s’anasto-

lî 4 G De JY

Fig. 491.

Vaisseaux des paupières, vus de face.

I, artère et vciue sus-orbitaires. — 2, tronc commun fournissant la frontale en haut et la nasale en bas. — 3, artère angulaire, branche terminale de 4, l’artère faciale. — 5, artère sous-orbitaire. — 6, branche antérieure de l’artère temporale superficielle. — 6’, rameau malaire de l’artère transversale de la face. — 7, artère lacrymale. — 8, artère palpébrale supérieure, avec 8’, son arc externe. — 9, anastomoses de la palpébrale supérieure avecla lempox-ale superficielle et la lacrymale. — 10, artère palpébrale inférieure. 11, veine faciale. — 12, veine angulaire. — 13, branche de la veine temporale superficielle.

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mosent entre elles, soit directement, soit par l’intermédiaire des artères voisines, la lacrymale, la temporale superficielle et la transversale de la face. Gomme, d’autre part, elles sont réunies à leur origine sur un tronc commun, il en résulte que l’ouverture palpébrale se trouve entourée, comme l’orifice buccal, d’un cercle artériel complet, que l’on pourrait appeler cercle palpébral.

B. Arc interne et arc externe. — C’est de ce cercle artériel que proviennent, comme nous l’avons dit plus haut, toutes les artères destinées à la portion tarsienne des paupières. Or, ce mode de distribution n’est pas quelconque comme on pourrait le penser en lisant les descriptions trop sommaires de certains auteurs. Il s’effectue au contraire suivant un type régulier et présente une espèce de systématisation, qui a été parfaitement mise en lumière, en 1878, par les recherches, à la fois contemporaines et exactement concordantes, de Langer et de Fuchs. Chaque paupière nous présente deux arcs artériels, que nous désignerons, en les rapportant non pas à la ligne médiane, mais au centre de la cornée, sous le nom d 'arc interne et d'arc externe.

a) L’arc interne (fig. 491, 8 et 10) n’est autre que l’artère palpébrale ci-dessus décrite, artère palpébrale supérieure pour la paupière supérieure, artère palpébrale inférieure pour la paupière inférieure. Il repose immédiatement en avant du tarse et longe le bord libre de la paupière, dont il est séparé par un intervalle de 3 millimètres pour la paupière inférieure, de 2 millimètres seulement pour la paupière supérieure.

£) L’arc externe, plus petit que le précédent (fig. 491, 8’), répond au bord orbitaire des tarses. — Sur la paupière supérieure , il est situé exactement entre les deux tendons d’insertion du muscle releveur et se trouve formé par un rameau ascendant deda palpébrale supérieure venant s’anastomoser avec un rameau de la lacrymale. — Sur la paupière inférieure, l’arc externe n’est pas constant : quand il existe, il est formé par un rameau descendant de la palpébrale inférieure, qui vient s’anastomoser en dehors avec un rameau de la temporale superficielle ou de la transversale de la face. Il occupe, du reste, la même situation que l’arc homonyme de la paupière supérieure : il est placé immédiatement en avant de la couche de fibres musculaires lisses que nous avons décrites sous le nom de muscle palpébral inférieur.

C. Mode de distribution de ces deux arcs artériels. — Voyons maintenant quel est le mode de distribution de ces deux arcs artériels, l’arc interne et l’arc externe.

a. Mode de distribution de l’arc interne. — L’arc interne, tout d’abord (fig. 492, 1), fournit trois ordres de rameaux, que nous distinguerons en antérieurs, externes et internes :

a) Les rameaux antérieurs ou cutanés se portent en avant et viennent se distribuer aux faisceaux du muscle orbiculaire et aux téguments.

P) Les rameaux externes ou. pré tarsiens, ascendants pour la paupière supérieure, descendants pour l’inférieure, s’étalent sur la face antérieure du tarse en formant un riche réseau, le réseau prétarsien. De ce réseau partent deux ordres de minuscules : des ramuscules antérieurs, qui se perdent dans le muscle orbiculaire et dans la peau ; des ramuscules postérieurs ou glandulaires, qui se portent vers les glandes de Meibomius et forment autour de chacune d’elles un réseau capillaire spécial d’une extrême richesse.

y) Les rameaux internes ou marginaux , descendants pour la paupière supé-

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rieure, ascendants pour l’inférieure, sont destinés, comme leur nom l’indique, au bord libre des paupières. Les uns, restant en avant du tarse, se distribuent au muscle devRiolan, aux follicules pileux, aux glandes ciliaires et aux glandes de Moll. Les autres, traversant le tarse d’avant en arrière (i rameaux perforants internes ), arrivent à la face profonde de la conjonctive et se distribuent à la portion de cette muqueuse qui avoisine le bord libre de la paupière.

b. Mode de distribution de Varc externe. — L’arc externe (fig. 492,2) envoie tout d’abord au-devant du tarse quelques fins rameaux qui s’anastomosent avec les rameaux prétarsiens de l’arc interne. 11 jette aussi quelques ramuscules sur la face profonde du muscle orbiculaire.

Mais le plus grand nombre, comme aussi les plus importants de ses rameaux traversent d’avant en arrière le bord correspondant du tarse ( rameaux perforants externes) et arrivent ainsi au-dessous de la conjonctive. Là, ils se divisent en deux groupes : les uns se dirigent vers la cavité orbitaire ou plus exactement vers le cul-de-sac oculo conjonctival ; les autres, cheminant en sens inverse, se portent vers le bord libre des paupières et s’étalent à la face postérieure du tarse en un riche réseau, le reseau rétrotarsien ou réseau sous-conjonctival.

Ce réseau qui s’anastomose, au voisinage du bord libre, avec les rameaux marginaux

Fig. 492.

Schéma, montrant sur une coupe sagittale la circulation artérielle des paupières.

a, peau. — b, orbiculaire. — c, tarse. — rf, conjonctive. — e, cils. — f , glande^ sudoripares. — <7, tendon conjonctif du releveur. — h , son tendon musculaire [muscle palpébral de Muller).

1, arc artériel interne. — 2, arc artériel externe. — 3, artère perforante externe. — 4, réseau rétrotarsien. — 5, réseau prétarsien. — fi, réseau des glandes de Meibomius. - 7, artères du bord libre. — 8, artère perforante interne. — 9, 9’, anastomoses interne et externe entre les deux réseaux prétarsien et retro-lar-ieu. — 10, 10, 10, rameaux descendants, provenant de la lacrymale et de la sus-orbitaire. — 11, anastomoses entre le réseau prétarsien et ces dernières artères.

de l'arc interne, est spéciale ment destiné à la conjonc tive : il n’envoie, en effet, vers

le tarse et les glandes de Meibomius que quelques ramuscules à la fois très fins et très rares. Quant aux rameaux de la conjonctive, ils se ramifient dans le derme de la muqueuse et se résolvent en capillaires au-dessous de l’épithélium. Ces capillaires d’après Langer, ont un aspect moniliforme tout spécial (fig. 493) : ils présentent par places des renflements irréguliers, qui tantôt se développent sur un côté des vaisseaux, tantôt en occupent tout le pourtour. On dirait de véritables dila-

ORGANES DES SENS

tâtions anévrysmales. Du reste, ces dispositions ne sont pas des produits artificiels de l’injection : on les retrouve, chez la grenouille et le crapaud, sur les capillaires

du pharynx et de la voûte palatine.

D. Résumé. — En résumé, chaque paupière possède deux réseaux artériels : l’un prétarsien , dépendant de l’arc interne; l’autre rétro-tarsien , alimenté par des rameaux issus de l’arc externe.

Le premier apporte le liquide nourricier à tous les tissus et organes qui sont situés en avant du tarse et dans le tarse lui-même : la peau, le muscle orbiculaire, les follicules pileux, les glandes ciliaires, les glandes de Moll et les glandes de Meibomius. De plus, par les rameaux perforants internes, il se- distribue à la portion de la conjonctive qui avoisine le bord libre des paupières.

Quant au réseau rétrotarsien, il est spécialement destiné à la conjonctive.

Les deux réseaux sont nettement séparés l’un de l’autre dans presque toute la hauteur des tarses. Par contre, ils communiquent largement entre eux, au voisinage des deux bords du tarse, par les rameaux dits perforants, et peuvent ainsi, suivant les circonstances, se suppléer mutuellement.

2° Veines. — Les veines des paupières forment, comme les artères, un double réseau, l’un en avant du tarse, l’autre en arrière de cette bandelette fibreuse :

a. Réseau rétrotarsien. — Le réseau rétrotarsien ou sous-conjonctival provient presque exclusivement de la conjonctive; il reçoit quelques veines seulement des glandes de Meibomius. Ce réseau communique largement, du côté de l’orbite, avec les veines musculaires, et le sang qu’il contient gagne, par cette voie, la veine ophthalmique.

b. Réseau prétarsien. — Le réseau prétarsien, répondant au territoire de l’arc interne, reçoit les veines des glandes de Meibomius, les veines du bord libre de la paupière et les veines de la portion de la conjonctive qui avoisine ce bord

Les branches veineuses qui émanent de ce réseau se portent en avant, traversent le muscle orbiculaire et viennent former dans le tis$u cellulaire sous-cutané un plexus à mailles larges et irrégulières.

Puis, elles se dirigent vers le rebord de l’orbite et finalement viennent se jeter, celles du côté externe dans la veine temporale superficielle , celle du côté interne dans la veine faciale ou dans l’anastomose ( veine angulaire ) qui unit ce dernier vaisseau à la veine ophtalmique.

3° Lymphatiques. — Les lymphatiques des paupières, parfaitement étudiés par Fuchs, forment, comme les artères et les veines, deux réseaux distincts : 1° un réseau superficiel ou prétarsien , auquel se rendent les vaisseaux lymphatiques issus des organes placés en avant du tarse, y compris la peau, au-dessous de laquelle Grunert (1901) a pu injecter par le procédé de Gerota un riche réseau, le réseau sous-cutané ; 2° un réseau profond ou rétrotarsien , auquel aboutit la lymphe qui provient de la conjonctive et des glandes de Meibomius. Les lymphatiques des glandes de Meibomius suivent, comme on le voit, un trajet inverse à celui des vaisseaux sanguins, lesquels appartiennent au territoire du réseau prétarsien.

D’après les recherches de Fuchs, les vaisseaux lymphatiques de la conjonc-

Fig. 493.

Vaisseaux capillaires de la conjonctive (Langer).

1,1, dilatations latérales. — 2, 2, dilatations circulaires.

ANNEXES DE L’OEIL

tive possèdent de nombreuses valvules, tandis que les lymphatiques placés en avant du tarse en sont complètement dépourvus.

Les deux réseaux lymphatiques prétarsien et rétrotarsien sont reliés l’un à l’autre par des canaux anastomotiques, qui traversent le tarse d’avant en arrière, en suivant le même trajet que les artères et les veines perforantes ci-dessus décrites. Ces anastomoses, très manifestes sur la paupière supérieure, semblent faire défaut sur la paupière inférieure. Sur cette dernière, les deux réseaux ne sont mis en relation, et encore d’une façon indirecte, que par les réseaux lymphatiques des glandes de Meibomius, qui, tout en déversant la plus grande partie de leur contenu dans le réseau sous-conjonctival, communiquent çà et là par des canalicules très fins avec le réseau prétarsien.

Envisagés au point de vue de leurs relations ganglionnaires, les lymphatiques des paupières, qu’ils soient profonds ou superficiels, se comportent comme ceux des sourcils et se partagent en deux groupes : un groupe externe et un groupe interne. — Les lymphatiques internes convergent vers la racine du nez et, là, se réunissent aux canaux qui descendent des régions sourcilière et frontale, pour suivre la veine faciale et aboutir finalement aux ganglions sous-maxillaires. — Les lymphatiques externes se dirigent en dehors et en arrière, pour venir se jeter dans le ganglion préauriculaire et dans les ganglions parotidiens.

4° Nerfs. — Les nerfs qui se rendent aux paupières sont de trois ordres : moteurs, sensitifs, sympathiques.

a. Rameaux moteurs. — Les rameaux moteurs proviennent de la branche supérieure du facial. Ils abordent obliquement les paupières par leur partie inféroexterne et se distribuent aux faisceaux du muscle orbiculaire.

b. Rameaux sensitifs. — Les rameaux sensitifs émanent de cinq troncs nerveux : du nasal externe, du frontal interne, du frontal externe, du lacrymal et du sousorbitaire. — Le nasal externe tient sous sa dépendance l’extrémité interne des deux paupières, la paupière supérieure principalement. — Le lacrymal innerve la région de la commissure externe. — Les rameaux palpébraux du frontal interne et du frontal externe se distribuent à la partie moyenne de la paupière supérieure. — Les rameaux palpébraux du sous- orbitaire se ramifient, de même, dans la partie moyenne de la paupière inférieure.

Ces différents rameaux sont situés primitivement au-devant du tarse, entre cette bandelette et le muscle orbiculaire. De là, ils envoient des rameaux antérieurs, qui se terminent dans la peau, et des rameaux postérieurs , qui se rendent à la conjonctive en traversant le tarse sur les mêmes points que les artères perforantes (von Mises).

ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.

Fis- 494.

Schéma des lymphatiques des ganglions (T. J.).

1, lymphatiques provenant de la moitié interne des deux paupières. — 2, lymphatiques provenant de la moitié externe des mêmes paupières.

a, ganglions parotidiens superficiels. — b, ganglions sousmaxillaires.

ORGANES DES SENS

Au niveau du bord libre des paupières, les rameaux sensitifs destinés à cette région forment, en arrière du muscle orbiculaire, un riche plexus qui a été désigné par von Mises sous le nom de plexus bordant. C’est de ce plexus que partent les minuscules terminaux destinés aux différents organes du bord libre de la paupière: la peau, la conjonctive, les follicules pileux et les glandes.

Nous avons déjà vu que Cola.sa.nti (en 1873) avait signalé l’existence, tout autour des glandes de Meibomius. d’un ricbe réseau de fibres nerveuses dépourvues de myéline. Ces libres ont été retrouvées et décrites à nouveau, soit autour dés acini {réseau périglandulaire), soit dans les cloisons conjonctives qui séparent les acini ( réseau in ter glandulaire ) par Dogiel (1895), par Bach (18 Jrt) . par Pensa (1897), par Fuma ialli. Du réseau périglandulaire ou interglandulaire se détachent de très fines fibrilles qui, pénétrant dans l’épaisseur de la glande elle-même, viennent former au-dessous des cellules glandulaires un deuxième réseau, le réseau intra-qlandulaire ou intraacineux. Ce réseau, à son tour, émet des divisions ultimes qui viennent se terminer dans l’intervalle des cellules par de petits rendements en forme de tête d’épingle (Fumagalli). Nous ajouterons. en ce qui concerne l'innervation des paupières, que Dogiel a rencontré dans quelques papilles de la région du bord libre des corpuscules de Meissner et des corpuscules de Krause.

c. Rameaux moteurs sympathiques. — Les rameaux sympathiques, encore mal connus, se rendent aux vaisseaux et aux muscles palpébraux. R. Wagner et H. Muller expliquent par la contraction de ces muscles lisses l’écartement des deux paupières qui se produit à la suite de l’excitation du sympathique cervical.

Voyez, au sujet des vaisseaux et des nerfs des paupières : Langer, Ueber die Btutgefasse im Augenlider. Med. Jalirb., Wien. 1878; — Fucus. Die Lymphgefasse der Lider , Med. Centralbl., 1878 ; — Du même, Zur Anato nie der Blut und Lymphge/'asse der Augenlider. Arch. f Opbthalm., Abth. 3. 1878; — von Mises, Ueb°r die Nerven der menschl. Augenlider, Sitz. der Wiener Akad., 1882 ; — Bach, Die Nerven der Augenlider und der Skiera beim Menschen, etc , Græfe’s Arch., 1896 ; — Alfieri, Sulla dis tribu zi une delle fibre eiastiche nei bordi palpebrali , Ann. di Ottalm., 1898 ; — Grunert, Die Lymphbahnen der Lider. Ber. 32 Vers Ophthalm. Ges. Heidelberg. 1901 ; — Hertzog, Ueb. einen neuen Lidmuslcel , Anat. Anz , Bd. XXIV, 1903 ; — Virchow, Ein. Bemerh. z. Anal. d. Lider , Verh. Anat. Ges., lena. 1901; — E jgeling, Zur P h.ylogenese der Augenlider, Verh. Anat. Ges. Iena, 1 )04 ; — Contino, Ueb Bau u Entwick. d. Lidrander beim Menschen , Arch. f. Oplithalmol., Bd. LXVl 1904 ; — Schiefferdecker, Ueb. die Lidmuskulalur d. Menschen. Stz. niederrbein. Ges- Nat.- u. Heilk , Bonn, 19 )5 ; — Du même. Die Drusen d. menschl. Augenlides. ibid . , 1906 ; — Engel, Lo sviluppo dei sanguigni nelle palpebre delVuomo , Rie. Labor. Anat. Roma, 1907.

§ ÏV. — Conjonctive

La conjonctive (de conjungere , réunir), ainsi appelée parce qu’elle réunit le globe de l’œil aux paupières, est une membrane muqueuse, dépendance du tégument externe, qui revêt à la fois la face postérieure des deux paupières et la partie antérieure ou partie libre du globe de l’œil. Elle nous présente à étudier:

1° Sa configuration extérieure ;

2° Sa structure ;

3° Ses glandes ;

4° Ses vaisseaux et ses nerfs.

A. — Configuration extérieure

Après avoir tapissé la face postérieure des paupières, comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent, en allant de leur bord libre à leur bord adhérent, la conjonctive se réfléchit sur elle-même pour s’étaler à la surface antérieure du globe oculaire et le recouvrir, sans interruption, depuis le voisinage de l’équateur jusqu’au centre de la cornée. Elle forme ainsi dans son ensemble une sorte de sac (sac conjonctival , Conjunctivalsack des anatomistes allemands), qui est ouvert en

ANNEXES DE L’OEIL

avant au niveau de la fente palpébrale et dont les parois antérieure et postérieure s’adossent exactement l’une à l’autre à la manière des membranes séreuses. Bien que la conjonctive forme un tout partout continu, on la divise d’ordinaire, et cela uniquement pour la commodité de la description, en trois portions, savoir : une première portion, qui est en rapport avec les paupières, c’est la conjonctive palpébrale ; une deuxième portion, qui répond à l’œil, c’est la conjonctive oculaire ou bulbaire ; une troisième portion, intermédiaire aux deux précédentes et formée par le repli qui les unit l’une à l’autre : c’est la conjonctive de cul-de-sac ( conjonctive du fornix des anatomistes allemands).

1° Conjonctive palpébrale. — La conjonctive palpébrale adhère intimement à la face postérieure des tarses et répond, au delà de ces bandelettes fibreuses, à cette couche de fibres musculaires lisses, qui forme les muscles palpébraux de Muller (p. 570). Elle est mince et transparente, d’une coloration rouge ou simplement rosée.

Elle s’unit à la peau sur le bord libre des paupières, et présente, au voisinage de son cul-de-sac, une série de plis transversaux que délimitent des sillons dirigés dans le même sens.

Ces plis et ces sillons commencent à se montrer au niveau du bord orbitaire du tarse et s’étendent de là jusqu’à la conjonctive du cul-de-sac. Absents chez le fœtus, ils se développent seulement après la naissance, quand les paupières commencent à remplir leur fonction, qui est de découvrir et de recouvrir alternativement le globe de l’œil :

ce sont de simples plis de locomotion, apparaissant comme conséquence de la mobilité des paupières, qui, occupant une étendue différente , suivant qu’elles sont rapprochées ou écartées, doivent naturellement être tendues dans le premier cas et se plisser plus ou moins dans le second.

2° Conjonctive du cul-de-sac. — Le repli que forme la muqueuse conjonctivale en passant de la paupière sur le globe de l’œil constitue, tout autour de celui-ci, un cul-de-sac irrégulièrement circulaire (fornix), qui répond successivement : 1° en haut, au sillon orbito-palpébral supérieur ; 2° en bas, au sillon orbito-palpébral inférieur; 3° en dedans et en dehors, aux régions des commissures interne etexterne.

Ce cul-de-sac, appelé oculo-conjonctvml ou oculo-palpébral , est plus profond (fig. 497) à sa partie supérieure qu’à sa partie inférieure, plus profond aussi à sa partie externe qu’à sa partie interne. Il est même presque effacé dans l’angle interne de l’œil, comblé qu’il est à ce niveau par la caroncule lacrymale.

Il résulte d’une pareille irrégularité du cul-de-sac conjonctival que sa ligne de contact avec la sclérotique n’est nullement parallèle à la circonférence de la cornée,

Fig. 495.

Coupe sagittale de l’œil pour montrer les culs-de-sac supérieur et inférieur de la conjonctive.

S, côté supérieur. — I, côté inférieur. — 1, cul-de-sac supérieur de la conjonctive. — 2, son cul-de-sac inférieur. — 3, paupière supérieure.

— 4, paupière inférieure. — 5, corps vitré.

Fig. 496.

Coupe horizontale de l’œil pour montrer les culs-desac interne et externe de la conjonctive.

N, côté nasal. — T, côté temporal.

— 1, cornée. — 2, cul-de-sac interne.

— 3, cul-de-sac externe. - 4, caroncule lacrymale. — 5, commissure externe des paupières. — 6, corps vitré.

ORGANES DES SENS

mais au contraire s’éloigne plus ou moins de cette circonférence suivant les points que l’on considère. J’ai mesuré sur un certain nombre de sujets (5 hommes et 5 femmes) la profondeur du cul-de-sac conjonctival et j’ai obtenu les chiffres suivants comme représentant, sur les différents points indiqués, la distance moyenne qui sépare le cul-de-sac de la circonférence de la cornée :

En haut.

En bas .

En dehors

En dedans

Les replis et les sillons que nous avons signalés sur la conjonctive palpébrale, dans sa portion comprise entre le tarse et le cul-de-sac, se prolongent sur la conjonctive de ce cul-de-sac : ils sont même, sur ce dernier point, plus nombreux et plus profonds.

3° Conjonctive oculaire ou bulbaire. — Plus mince encore que les deux portions précédentes, la conjonctive oculaire revêt la partie libre du globe de l’œil. Elle répond successivement : 1 °à la sclérotique, c’est \&portionsclérale (nous aurons à envisager à part la région qui répond à l’angle interne) ; 2° à la cornée, c’est la portion conjonctive conéenne.

A. Portion sclérale. — Sur la sclérotique, la conjonctive passe en avant des tendons des quatre muscles droits. Mince et transparente, elle laisse voir, dans toute son étendue, la coloration blanche de la membrane sous-jacente ( blanc de l’œil). Elle est unie à la sclérotique par une couche de tissu cellulaire lâche, qui se confond insensiblement avec la partie antérieure de la capsule de Tenon (p. 538). Dans cette couche cellulaire sous-conjonctivale ou épisclérale apparaissent presque toujours, chez l’adulte, une certaine quantité de vésicules adipeuses. Ces petits amas graisseux, qui donnent à la région qu’ils occupent une colorationjaunâtre, se déposent avec une sorte de prédilection le long du méridien horizontal, autrement dit au côté interne et au côté externe de l’œil.

B Portion cornéenne. — Arrivée à la cornée, la conjonctive adhère intimement au pourtour de cette membrane et forme là, sur la ligne de soudure scléro-cornéenne, une zone circulaire, d’une structure un peu particulière et à réaction pathologique spéciale, que l’on désigne sous le nom de limbe conjonctival ou Panneau conjonctival. En deçà du limbe, sur la cornée elle-même, la conjonctive perd son chorion : elle n’est autre que la couche épithéliale antérieure de la cornée, doublée de la lame élastique antérieure (voy. p. 445).

C. Portion de l’angle interne. — Dans la région de l’angle interne de l’œil, la

Fig. 497.

Projection sur les paupières du cul-de-sac conjonctival (T. J.).

Le sac conjonctival est teinté en rouge.

10 millimètres.

ANNEXES DE L’OEIL

Fig. 498.

Angle interne de l’œil.

1, caroncule lacrymale. — 2, repli semilunaire de la conjonctive. — 3, point lacrymal inférieur. — 3’, point lacrymal supérieur. — 4, 4’, bord libre des paupières inférieure et supérieure ( portion lacrymale ). — 5, 5’, bord libre des paupières inférieure et supérieure [portion ciliaire), avec les orifices des glandes de Meibomius et les cils.

Glandes sébacées et poils de la caroncule (d’après Sappey).

1, 2, poils. — 3, glandes.

conjonctive bulbaire présente deux formations qui, par leur structure et par leur signification anatomique, méritent de nous arrêter un instant. Ce sont la caroncule lacrymale et le repli semi-lunaire .

a. Caroncule lacrymale. — La caroncule lacrymale (fig. 498,1) est une petite saillie rougeâtre, en forme de mamelon, occupant l’espace qu’interceptent entre elles les portions lacrymales des deux paupières. Sa base repose sur la conjonctive et fait corps avec elle. Sa por- / ..

tion libre est en partie Y.

recouverte par la pau-

pière inférieure et elle ^ 2

n’est bien visible que \ ^ ,

lorsqu’on attire celle-ci W

en bas et en dehors.

Envisagée au point de vue histologique, la ca- 1 ,

roncule lacrymale est essentiellement constituée par un amas de 10 à 12 follicules pileux, qui sont munis de glandes

sébacées et d’où s’échappent des poils rudimentaires rarement visibles à l’œil nu. A ces glandes pilo-sébacées s’ajoutent çà et là quelques autres glandes sébacées n’ayant aucun rapport avec les follicules pileux.

A côté des glandes sébacées, annexées aux poils ou indépendantes, se trouve dans la caroncule un certain nombre d’autres glandes que l’on a considérées pendant longtemps comme des glandes sudoripares modifiées et qui, d’après les dernières ' recherches de Stieda (1890), de Cirincione (1890), de Terson (1893), ne seraient que des glandes acino-tubuleuses, présentant la plus grande analogie avec la glande lacrymale et tout particulièrement avec les glandes lacrymales accessoires de la conjonctive ou glandes acino-tubuleuses de Krause (voy. plus loin) : leurs tubes sécréteurs nous présentent, en effet, sur le côté interne d’une basale mince, une double rangée de cellules, les unes profondes ou musculaires, les autres superficielles ou sécrétantes, disposition exactement semblable à celle qui caractérise l’acinus de la glande lacrymale.

Quant au nombre de ces glandes acino- tubuleuses, il est fort, variable, mais il est toujours peu élevé. Les cas sont même très fréquents où tous les acini se

Fig. 500.

Coupe verticale de la caroncule lacrymale (d’après Terson).

1, couche épithéliale. — 2, 2, glandes sébacées. — 3, glande acino-tubuleuse de la caroncule (la glande est ici unique). — 4, coupe d’un vaisseau.

ORGANES DES SENS

rendent à un canal excréteur unique, autrement dit ne constituent qu’une seule glande de Jmm,5 de diamètre, la glande de la caroncule.

On rencontre encore, dans l’épaisseur de la caroncule lacrymale, des traînées irrégulières de fibres musculaires striées.

Enfin, le tout est recouvert par une mince membrane que certains histologistes considèrent comme un îlot de tégument externe, d’autres comme étant de nature muqueuse et dépendant naturellement de la conjonctive. Sur le sommet de la caroncule, l’épithélium rappelle celui du bord ciliaire. Sur les versants, au contraire, il est cylindrique, se rapprochant de celui de la conjonctive proprement dite.

Au total, la caroncule est une formation anatomique où se réunissent divers éléments du bord ciliaire et une glandule lacrymale, dont le voisinage avec les glandes sébacées rappelle celui des glandes acino-tarsales ( glandes de Krause). Donc, topographiquement et histologiquement, elle se rattache aux paupières, et ce que l’on sait de sa pathologie ne peut que fortifier cette opinion appuyée sur tant de détails objectifs (Terson).

b. Repli semi-lunaire. — Le repli semi-lunaire ou pli semi-lunaire (fig. 498,2) est un petit repli de la conjonctive bulbaire, qui se trouve placé un peu en dehors de la caroncule et qui affecte, chez l’homme, la forme d’un croissant vertical à

concavité dirigée en dehors. Ce repli, quoique constant, est plus ou moins développé suivant les sujets. 11 devient plus prononcé quand l’œil se déplace en dehors et s’atténue, au contraire, quand l’œil se porte en dedans.

Le repli semi- lunaire n’est, chez l’homme, qu’un organe rudimentaire, représentant la troisième paupière ou membrane clignotante des oiseaux. Tel qu’il est, il se compose de deux feuillets muqueux qui se confondent au niveau de leur bord libre et qui sont séparés l’un de l’autre par une mince lame de tissu conjonctif. Dans% ce tissu conjonctif se trouvent des vaisseaux et quelques fibres musculaires, rudiment des muscles moteurs de la membrane clignotante des animaux qui possèdent la troisième paupière à un état de développement parfait.

Chez un grand nombre d’animaux, notamment chez nos animaux domestiques (bœuf, mouton), la charpente du repli semi-lunaire est formée, non pas seulement par du tissu conjonctif, mais par une épaisse plaque de cartilage hyalin. Giacomini (. Annotazioni sopra V anatomia del negro, Torino, 1878-1884) a trouvé des traces de cette plaque cartilagineuse dans le repli semi-lunaire de l’homme ; et, tandis qu’il n’a rencontré cette disposition, dans nos races européennes, que 5 fois sur 1 096 yeux examinés à ce sujet, il déclare ne l’avoir jamais vue manquer chez les nègres.

Fig. 501.

Coupe perpendiculaire de l’épithélium de la Conjonctive de l'homme au niveau du repli semi-lunaire (d’après Tourneux).

1, épithélium prismatique stratifié. — 2, chorion de la conjonctive. — 3, glandules muqueuses intra-épithéliales.— 4, canal excréteur.

B. — Structure de la conjonctive La conjonctive se compose, comme toutes les muqueuses, de deux couches : 1° une

ANNEXES DE L’OEIL

Coupe transversale de la conjonctive palpébrale de l’homme, portion supra-tarsienne (d’après Villard).

1, couche épithéliale. 2, couche superficielle ou adénoïde du derme.

3, couche profonde ou fibreuse du derme. — 4, 4, vaisseaux sanguins.

5, 5, vaisseaux lymphatiques.

couche profonde, le chorion ou derme ; 2° une couche superficielle ou cotiche épithéliale.

1° Derme ou chorion. — Le derme de la conjonctive (fig. 502,2 et 3) est hérissé de papilles, qui donnent à sa surface libre un aspect velouté. Ces papilles sont toujours plus développées 2 î

sur la conjonctive palpébrale que sur la conjonctive bulbaire. Sur cette dernière, elles diminuent en nombre et en volume au fur et à mesure qu’on se rapproche de la cornée.

Au point de vue de sa constitution histologique, le derme conjonctival se compose essentiellement d’un stroma conjonctif, dans les mailles duquel se trouvent des amas de cellules lymphatiques. Cette infiltration lymphatique de la conjonctive, très variable suivant les sujets, toujours plus considérable dans les couches superficielles de la muqueuse que dans les couches profondes, a été signalée pour la première fois par Bendz et par Hknle. Elle a été décrite à nouveau, comme une disposition constante et normale, par un grand nombre d’histologistes, parmi lesquels je citerai W. Krause, Stieda, Waldeyer. Ce n’est, toutefois, qu’une infiltration diffuse de cellules lymphatiques. Les vrais follicules lymphatiques, qui sont si nombreux chez les animaux (où ils forment les plaques de Bruch), sont excessivement rares chez l’homme, d’après les recherches de Stieda et de Ciaccio, tellement rares que Waldeyer n’a jamais pu en trouver un seul sur les différentes conjonctives qu’il a examinées à ce sujet.

Le chorion de la conjonctive est séparé de l’épithélium, ici comme dans toutes les muqueuses, par une mince couche hyaline (; membrane basale de quelques auteurs), qui, au niveau du limbe, se continue directement avec la lame élastique de la cornée.

2° Couche épithéliale. — L’épithélium de la conjonctive varie dans sa constitution anatomique suivant les régions que l’on considère :

a. Conjonctive palpébrale. — Sur les portions de la conjonctive qui sont en rapport avec le tarse, cet épithélium se compose de deux couches : l’une superficielle , formée par une seule rangée de cellules cylindriques ; l’autre, profonde , formée également par une seule rangée, rarement par deux, de cellules plus petites ou plus ou moins aplaties. Les cellules cylindriques ont de 10 à 25 \l de longueur. Leur surface libre présente une espèce de disque ou plateau cuticulaire, qui se distingue nettement du reste du corps cellulaire, en ce qu’il

Épithélium de la conjonctive tarsienne de l’homme (d'après Villard).

1, membrane basale. — 2, cellules de la couche profonde. — 3. cellule de la couche moyeune. — 4, cellules cylindriques. - o, plateau.

ORGANES DES SENS

Fig. 504.

Différents types de cellules caliciformes de la conjonctive (Leedhamgreen) .

est moins granuleux et qu’il réfracte plus fortement la lumière. Ces disques se

réunissent latéralement avec ceux des cellules voisines, et, par leur ensemble, simulent assez bien une membrane limitante hyaline (fig. 506,1’).

Quelques histologistes rejettent l’existence de cellules cylindriques à la surface libre de la conjonctive et décrivent, à leur lieu et place, un épithélium pavimenteux. Les coupes transversales, pratiquées et figurées par Ciaccio, par Reich, par Villard, ne laissent pourtant aucun doute à cet égard : elles nous montrent une couche continue de belles cellules cylindriques. Tartuferi, à son tour, qui a soigneusement étudié cet épithélium sur la portion tarsienne de trente conjonctives normales, a constamment rencontré une couche de cellules cylindriques, et il pense que les auteurs qui décrivent encore un épithélium pavimenteux n’ont examiné que des conjonctives altérées, des conjonctives ayant perdu leurs cellules superficielles et mettant alors sous les yeux de l’observateur les cellules de la couche profonde.

On a signalé, dans la couche épithéliale superficielle , l’existence d’un certain nombre de cellules ayant subi la dégénérescence muqueuse et rappelant par leur aspect les cellules caliciformes de la muqueuse intestinale. Ces cellules s’observent principalement sur les yeux des vieillards ou sur ceux qui sont affectés d’un catarrhe chronique : de là l’opinion, généralement admise, que leur présence pourrait bien n’être qu’un fait pathologique. Il est bon de se rappeler, cependant, que les cellules caliciformes existent normalement chez les animaux, notamment chez le chien, le chat, le lapin et, d’autre part, qu’elles ont été observées (Leedham-Green,

Villard), en dehors de toute influence pathologique, chez le fœtus et chez de jeunes enfants.

Les cellules caliciformes ou cellules à mucine (fig. 504) constituent donc un des éléments normaux de la conjonctive palpébrale et nous ajouterons qu’on les rencontre de même sur la conjonctive bulbaire et sur la conjonctive du cul-de-sac. Elles sont ovoïdes à grand axe vertical avec une extrémité superficielle arrondie et une extrémité profonde terminée en pointe ( pied de la cellule). Histologiquement, elles se composent d’une membrane cellulaire et d’un contenu qui pré-

Fig. 505.

Epithélium de la conjonctive de l’homme, vu de face ; imprégnation du liquide picro-osmioargentique (d’après Villard).

1, ouvertures des cellules caliciformes. — 2, cellules épithéliales de petite taille. — 3, cellules épithéliales plus grandes.

Épithélium de la conjonctive du cul-de-sac (d'après Reich).

1, cellules de la couche superficielle, avec 1’, le disque moins granuleux qui termine leur base. — 2, prolongement central de ces cellules, allant jusqu'à la membrane basale 3. — 4, cellules de la couche profonde. — 5, derme muqueux avec infiltration lymphoïde.

ANNEXES DE L’OEIL

sente tous les caractères de la mucine. Un noyau arrondi, quelquefois plus ou moins aplati, se trouve à la partie profonde de la cellule, au voisinage du pied. A l’extrémité opposée, je veux dire à l’extrémité superficielle de la cellule, se voit un orifice circulaire (fig. 505,1) à travers lequel s’échappe la mucine. Les cellules calciformes se différencient parfois en de véritables glandules (fig. 501, 3), des glandules muqueuses intra-épithéliales.

On rencontre, enfin, dans la couche épithéliale de la conjonctive, un certain nombre de leucocytes migrateurs (fig. 507, 2), qui se dirigent vers la surface libre de la muqueuse d’abord, puis à l’extérieur.

b. Conjonctive du cul-de-sac et partie externe de la conjonctive bulbaire. — Sur la conjonctive du cul-de-sac (fig. 506; et même sur la portion externe de la conjonctive bulbaire, nous retrouvons encore la couche des cellules cylindriques avec les mêmes caractères. Quant à la couche épithéliale profonde, elle est plus épaisse et comprend maintenant deux ou trois assises de cellules arrondies ou rendues polyédriques par pressions réciproques.

c. Partie interne de la conjonctive bulbaire. — Dans le voisinage du limbe conjonctival, l’épithélium (fig. 507), revêt peu à peu les caractères de l’épithélium pavimenteux stratifié, que nous avons décrit sur la face antérieure de la cornée. C’est ainsi qu’on peut lui décrire trois couches :

1° une couche profonde ou génératrice , formée par une seule rangée de cellules cylindriques basses, avec un gros noyau ovalaire ;

2° une couche moyenne , formée par des cellules polygonales disposées toujours en rangées multiples; 3° une couche superficielle, enfin, comprenant une ou deux rangées de cellules aplaties.

d. Partie limitante de la conjonctive palpébrale. — - De même, au voisinage du bord libre des paupières , l’épithélium conjonctival subit des transformations analogues, qui se rattachent par gradation insensible à la couche épidermique du tégument externe. Quoique graduelle, cette transformation d’un épithélium cylindrique en épithélium pavimenteux s’effectue toujours rapidement : la zone de transition ne mesure guère, en effet, que 0mm,5 ou 0mm,6.

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