T. III, 6° ÉDIT
Fig. 547.
Le cartilage auriculaire isolé, vu par sa face externe.
1, repli de l’hélix, avec 1’, l’apophyse de l’hélix. — 2, saillie de l’anthélix. — 3, fossette triangulaire. — 4, languette caudale de l’hélix et de l’anthélix. — 5, fissure postérieure du cartilage. — 6, antitragus. — 7, tragus. — 8, cartilage du conduit auditif externe. — 9, son extrémité externe, répondant à la partieosseuse.
— 10. une incisure de Santorini. — xx, isthme du cartilage auriculaire (en x se trouve l’échancrure de la conque ; en x', 1 ' incisurciterminalis).
Fig. 548.
Le cartilage auriculaire isolé, vu par sa face inlerne.
1, saillie de l’hélix, avec 1’, l’apophyse de l'hélix. — 2, saillie de la conque, avec 2’, ponticule. — 3, saillie volumineuse et allongée transversalement, répondant à la fossette naviculaire ; au-dessous d’elle, entre elle et la saillie de la conque se voit un sillon de même direction, le sillon transversal. — 4, lame du tragus. — 5, extrémité interne du cartilage du conduit auditif. — 6, incisura terminalis. — 6’, une incisure de Santorini.
— 7, sillon transversal de l’oreille.
ORGANES DES SENS
A. Ligaments extrinsèques. — An nombre de deux, les ligaments extrinsèques se distinguent en antérieur et postérieur :
a) Le ligament antérieur s’insère, en avant, sur le tubercule zygomatique et sur la portion de l’aponévrose temporale qui est située au-dessus de ce tubercule. De là, il se porte en arrière et vient se fixer : 1° au tragus ; 2° à la partie antérieure de la conque ; 3° à l’apophyse de l’hélix et à la portion de l'hélix qui avoisine cette apophyse. Le ligament antérieur est souvent divisé en deux faisceaux distincts : l’un inférieur, pour le tragus ; l’autre, supérieur, pour la conque de l’hélix.
P) Le ligament postérieur est situé, comme son nom l’indique, en arrière du précédent. Il s’insère, d’une part à la base de l’apophyse mastoïde, d’autre part à la convexité de la conque et à la paroi supérieure du conduit auditif externe.
B . Ligaments intrinsèques. — Les ligaments intrinsèques s’insèrent, par l’une et l’autre de leurs extrémités, sur le pavillon lui-même. Ils sont au nombre de quatre : les deux premiers sont situés à la face interne du pavillon et unissent entre elles les trois saillies que nous présente cette face ; les deux autres comblent deux fissures.
a) Le premier s’étend de la convexité de la conque à la saillie que forme, en arrière, la fossette triangulaire de l’anthélix.
P) Le second est formé par un système de trousseaux fibreux qui partent de la face convexe de l’hélix et se rendent, d’autre part, en partie à la convexité de la fossette triangulaire, en partie à la convexité de la conque.
y) Le troisième comble la fissure postérieure de l’oreille et réunit ainsi l’an titragus à la languette caudale de l’hélix et de l’anthélix.
8) Le quatrième, enfin, s’étend du tragus à l’hélix et comble en grande partie l’intervalle compris entre ces deux cartilages. 11 se continue, en dedans, avec la portion fibreuse du conduit auditif externe.
3° Muscles. — Les muscles moteurs du pavillon se divisent, comme les ligaments, en muscles extrinsèques et muscles intrinsèques.
A. Muscles extrinsèques. — Les muscles extrinsèques (fig. 549 et 550) sont au nombre de trois : Y auriculaire supérieur, Y auriculaire antérieur et Y auriculaire postérieur.
a. Situation et insertions. — Les trois muscles auriculaires, quoique ayant de nombreux caractères communs, ont chacun une situation, une structure et des insertions qui lui appartiennent en propre :
a) Le muscle auriculaire supérieur (1), le plus développé des trois, occupe la partie postéro-supérieure de la région temporale. Il s’insère, en haut, sur l’aponévrose épicranienne, dans une étendue transversale de 2 ou 3 centimètres. De là, ses fibres se dirigent en convergeant vers la face interne du pavillon et se fixent sur la convexité de la fossette naviculaire de l’anthélix.
S) Le muscle auriculaire antérieur (2), mince, rubané, quelquefois à peine visible, est situé, comme son nom l’indique, en avant du pavillon. Gomme le précédent, il prend ses insertions d’origine sur les parties latérales de l’aponévrose épicranienne, un peu au-dessus de l’arcade zygomatique. De là, il se porte en arrière et un peu en bas, pour venir se terminer sur l’apophyse de l’hélix et sur la partie antérieure de la conque.
y) Le muscle auriculaire postérieur (3, 3) se compose ordinairement de deux ou trois petits faisceaux qui s’insèrent, d’une part, à la base de l’apophyse mastoïde,
OREILLE EXTERNE
d’autre part à la partie moyenne de la convexité de la conque, sur cette sorte de crête rugueuse que nous avons signalée plus haut sous le nom de ponticule.
b. Rapports. — Très superficiellement placés, les trois muscles auriculaires sont immédiatement en rapport avec la peau par leur face externe. Par leur face interne, ils reposent : l’auriculaire postérieur sur l’apophyse mastoïde; les auriculaires supérieur et antérieur, sur l’aponévrose temporale.
c. Action. — Envisagés au point de vue de leur action, les muscles auriculaires impriment au pavillon des mouvements de totalité, et la direction suivant laquelle s’effectuent ces déplacements se déduit naturellement de la direction même des faisceaux musculaires qui se contractent. C’est ainsi que le muscle auriculaire supérieur porte le pavillon en haut ( attotens aurem ) ; l’auriculaire antérieur le porte en avant ( attrahens aurem ) ; l’auriculaire postérieur, en arrière (; retrahens aurem). Ces mouvements, qui sont généralement très étendus chez les animaux, sont très faibles chez l’homme, où les muscles qui les déterminent ne sont plus aujourd’hui qu’à un état rudimentaire. Leurs faisceaux musculaires sont très souvent remplacés, partiellement ou en totalité, par du tissu fibreux, et il y a longtemps déjà que leur contraction a échappé à l’influence volontaire. On sait, en effet, que les sujets sont exceptionnels, qui peuvent à volonté mouvoir leur pavillon en haut, en avant ou en arrière. «
R. Muscles intrinsèques. — Les muscles intrinsèques du pavillon auriculaire, ainsi appelés parce qu’ils reposent dans toute leur étendue sur le pavillon lui-
Fig. 549. Fig. 550.
Muscles du pavillon, vus sur la face externe. Muscles du pavillon, vus sur la face interne.
1, auriculaire supérieur. — 2, auriculaire antérieur. — 3, auriculaire postérieur. — 4, grand muscle de l'hélix;. — 5, petit muscle de l’hélix. — 6, muscle du tragus, avec 6’, son faisceau accessoire. — 7, muscle de l’antitragus. — 8, muscle transverse. — 9, muscle oblique.
a, épine de l’hélix. — b, conque, avec b\ son épaississement postérieur ou ponticule. — c, languette caudale de l'hélix et de l’anthélix.
même, sont au nombre de six. Ce sont : le grand muscle de V hélix, 1 & petit muscle de V hélix, le muscle du tragus, le muscle de V antitragus, le muscle transverse et le muscle oblique.
a. Situation et insertions. — Les insertions de ces différents muscles varient pour chacun d’eux et il convient de les considérer isolément :
a) Le grand muscle de V hélix (fig. 549 , 4) est un petit faisceau musculaire, de 15 à 20 millimètres de longueur, charnu à sa partie moyenne, tendineux à ses deux extrémités, qui s’étend verticalement le long de la portion ascendante de l’hélix. Inférieurement, il s’insère sur l’apophyse de l’hélix. En haut, il se termine
au niveau du point où l’hélix s’infléchit en arrière et il se fixe, là, en partie sur le cartilage lui-même, en partie à la face profonde des téguments. On voit parfois quelques-uns de ces faisceaux se confondre à ce niveau, comme nous le montre la figure 550, avec le muscle auriculaire supérieur.
P) Le petit muscle de l'hélix (fig. 549,5), le plus petit de tous les muscles intrinsèques, repose sur le coude que forme la portion radiculaire de l’hélix avec sa portion ascendante. Sa longueur atteint à peine 10 millimètres. Il est d’une coloration rose pâle et s’attache à la peau par ses deux extrémités.
Y) Le muscle du tragus (fig. 549,6) est un faisceau aplati et quadrangulaire, couché sur la face externe du tragus. Les fibres qui le constituent ont pour la plupart une direction ascendante. En bas, elles s’insèrent à la face externe du tragus, sur laquelle elles reposent. En haut, elles se terminent, en partie sur le bord libre du tragus, en partie sur le tissu fibreux qui unit cette dernière saillie à l’hélix. Il n’est pas rare de voir un petit faisceau, plus ou moins indépendant, remonter jusqu’à l’apophyse de l’hélix (6’) : c’est le pyramidalis auriculæ de Jung, le faisceau accessoire de Sappey. Indépendamment des fibres à direction verticale que nous venons de décrire, Tataroff, qui a étudié les muscles de l’oreille sur des coupes en série, admet dans le muscle du tragus deux autres ordres de fibres : 1° des fibres à direction antéro-postérieure ou sagittale, situées au-dessous des fibres verticales (fig. 551,2); 2° des fibres qui s’étendent du cartilage à la peau en suivant une direction transversale ou frontale.
8) Le muscle de Vanlitragus (fig. 549,7) prend naissance sur la face externe de l’antitragus. De là, il se porte obliquement en haut et en arrière et vient se terminer sur la partie supérieure ou base de la languette caudale de l’hélix et de l’anthélix. Le muscle de l’antitragus est celui de tous les muscles de l’oreille qui est le plus vivement coloré (Schwalbe).
e) Le muscle transverse (fig. 550,8) occupe la face interne du pavillon. Il se compose d’un nombre variable de faisceaux très courts, qui s’étendent de la convexité de l’hélix à la convexité de la conque. Les plus élevés répondent à la partie moyenne du pavillon ; les plus inférieurs, à la queue de l’hélix.
Ç) Le muscle oblique (fig. 550,9), que certains auteurs rattachent au précédent, est formé par deux ou trois faisceaux à direction oblique ou verticale, qui s’insèrent d’une part sur la convexité de la fosse triangulaire, d’autre part, sur la partie supérieure de la convexité de la conque.
b. Rapports. — Comme les muscles extrinsèques, les muscles intrinsèques du pavillon sont tous superficiels. Ils sont en rapport, d’une part avec la lame cartilagineuse, d’autre part avec les téguments.
c. Action. — Envisagés au point de vue de leur rôle, les petits muscles que nous venons de décrire doivent certainement, chez les animaux qui les possèdent à un état de développement parfait, déplacer les différentes parties du pavillon sur lesquelles ils s’insèrent. Ils peuvent ainsi : 1° en modifiant la forme générale du pavillon, influencer du même coup le mode de réflexion des ondes sonores ; 2° en modifiant dans ces dimensions l’entrée du conduit auditif, doser pour ainsi dire la quantité des ondes sonores qui pénétreront dans ce conduit et iront frapper la membrane du tympan. En est-il de même chez l’homme? Je n’hésite pas à répondre par la négative. Je sais bien que Ziemssen et Duchesne (de Boulogne) ont fait contracter successivement, par les excitations électriques, chacun des muscles du
Fig. 551.
Le muscle du tragus (d’après Tataroff).
1, tragus. — 2, fibres verticales. — 3, fibres à direction sagittale.
OREILLE EXTERNE
pavillon et que, pour ce dernier auteur, les muscles du tragus et de l’antitragus sont devenus les muscles constricteurs du conduit auditif, les muscles de l’hélix et de l’anthélix des muscles dilatateurs. Mais, ces contractions obtenues par le courant électrique, la volonté est impuissante à les reproduire. D’autre part, les déplacements imprimés par elles aux diverses parties du pavillon qui circonscrivent la conque sont toujours très faibles et manifestement insuffisants pour influencer d’une façon utile la transmission des vibrations sonores. Les muscles intrinsèques du pavillon, comme les muscles extrinsèques et bien plus encore que ces derniers, ne sont que des organes rudimentaires, de simples débris ancestraux, dépourvus aujourd’hui de toute fonction active. De là, leurs faibles dimensions, leur pâleur et la substitution progressive des fibres ligamenteuses aux fibres musculaires.
4° Revêtement cutané. — Le pavillon nous présente sur toute sa surface extérieure, sauf au niveau de sa partie adhérente, un revêtement cutané, la peau du pavillon , unie au cartilage sous-jacent par une couche conjonctive, le tissu cellulaire sous-cutané.
A. Peau proprement dite. — La peau qui recouvre le pavillon, tout en présentant la même structure générale que dans les régions voisines, en diffère cependant en ce qu’elle est plus mince, plus unie, plus douce au toucher. Elle s’étale régulièrement sur les deux faces du cartilage et en reproduit fidèlement toutes les irrégularités. Sur la partie descendante de l’hélix, elle déborde un peu le cartilage et forme, en s’adossant à elle-même un petit repli qui délimite sur ce point la gouttière de l’hélix. Le lobule est formé par un repli de même nature, mais beaucoup plus étendu.
B. Tissu cellulaire sous-cutané. — Le tissu cellulaire sous-cutané diffère légèrement sur la face interne et sur la face externe.
a) Sur la face interne , il est relativement lâche et renferme çà et là dans ses mailles de véritables pelotons graisseux.
P) Sur la face externe, il est à la fois plus rare et plus serré : l’adhérence de la peau et du périchondre y est intime, tellement intime que, sur des coupes microscopiques du pavillon, il est parfois impossible de constater une limite séparative quelconque entre le derme cutané et le périchondre sous-jacent. La graisse existe sur la face externe du pavillon, comme sur la face interne; mais elle y est beaucoup plus rare, ne s’y montrant, d’après Tataroff, que par places et à l’état de cellules isolées.
C. Annexes de la peau. — A la peau du pavillon se rattachent, à titres d’annexes, des poils, des glandes sébacées et des glandes sudoripares :
a) Les poils du pavillon sont peu nombreux. De plus, à l’exception du bouquet qui se développe sur la face interne du tragus et qui atteint parfois, surtout chez le vieillard, une longueur considérable ( barbula hi?*ci), ils sont tout rudimentaires : ce sont de simples poils de duvet. Ils s’implantent obliquement sur la peau, d’une façon telle que leur pointe regarde en haut et un peu en arrière. Nous avons déjà dit, en nous basant sur les observations de Chiarugi, que les courants pileux du pavillon convergeaient tous vers cette partie du bord libre de l’hélix où se développe le tubercule de Darwin.
Les glandes sébacées s’observent généralement sur l’une et l’autre faces du pavillon. Les deux régions où elles sont le plus développées sont la cavité de la conque et la fosse triangulaire de l’antfiélix. Gomme sur le lobule du nez, les unes sont annexées aux poils et débouchent dans les follicules pileux, les autres s’ouvrent directement à la surface de la peau.
ORGANES DES SENS
y) Les glandes sudoripares, passées sous silence par la plupart des auteurs, ont été signalées sur le pavillon auriculaire par Sappey, par Goyne et, plus récemment, par Tataroff. 11 faut reconnaître, cependant, qu’elles y sont fort rares et qu’elles n’existent que dans quelques régions, notamment sur la convexité de l’hélix, sur la face externe de l’antitragus et sur le lobule. Rappelons que ces glandes sudoripares, au niveau de l’entrée du conduit auditif externe, se modifient peu à peu pour devenir les glandes cérumineuses.
G. — Vaisseaux et nerfs
1° Artères. — Les artères du pavillon proviennent de deux sources, de la temporale superficielle et de l’auriculaire postérieure, qui sont l’une et l’autre des branches de la carotide externe. Les premières sont dites auriculaires antérieures ; les secondes, auriculaires postérieures :
a. Artères auriculaires antérieures. — Les artères auriculaires antérieures (fig. 552), branches de la temporale superficielle, sont ordinairement au nombre de trois, se distribuant chacune à une région déterminée de la face externe du
Fig. 552. Fig- 653.
Artères du pavillon, vues sur la face externe Artères du pavillon, vues sur la face interne
(oreille en position). (pavillon érigné en avant).
1, artère temporale superficielle. — 2, 2’, 2”, artères auriculaires antérieures. — 3, artère auriculaire postérieure, avec 4, 4’, 4”, ses branches destinées au pavillon. — o, rameaux perforants. — 6, rameaux contournants. — 7, branche destinée à la région mastoïdienne. — 8, artère transversale de la face. — 9, temporale profonde moyenne. 10, rameau orbitaire. — 11, artère frontale. — 12, artère pariétale. — 13, muscle auriculaire postérieur. — 14, apophyse mastoïde. — 15, carotide externe. — 16, maxillaire interne.
pavillon. — La branche inférieure (2) se ramifie sur la moitié antérieure du lobule et sur le tragus. — La branche moyenne (2') se porte sur la moitié inférieure de la portion ascendante de l’hélix et descend jusque dans la conque en suivant la racine de l’hélix. — La branche supérieure , enfin (2;/), se rend à la moitié supérieure de la portion ascendante de l’hélix. On peut suivre ses ramifications jusqu’au sommet du pavillon.
b. Artères auriculaires postérieures. — Les artères auriculaires postérieures (fig. 553, 4, V, 4"), au nombre de trois ou quatre, se séparent du tronc de l’auriculaire postérieure, les unes au-dessous du muscle auriculaire postérieur, les autres au-dessus de ce muscle. Immédiatement après leur origine, elles se jettent sur la face interne du pavillon et se ramifient sur cette face en se portant obi i -
OREILLE EXTERNE
quement en haut et en arrière, en allant par conséquent de la partie adhérente du pavillon vers son bord libre. La plus grande partie de leurs ramifications s’épuisent sur la face interne du pavillon.
Quelques-unes, toujours très fines, que j’appellerai branches contournantes (6), contournent son bord libre pour venir se terminer sur la partie correspondante de l’hélix.
D’autres, dites branches perforantes , traversent de dedans en dehors la lame cartilagineuse et viennent irriguer cette partie de la face externe du pavillon qui a été respectée par les artères auriculaires antérieures. Ces branches perforantes sont nombreuses, mais très inégales en volume. Les trois principales (fig. 552 et 553, 5, 5, 5) débouchent à la face externe du pavillon sur les points suivants: X inférieure, entre l’antitragus et la queue de l’hélix; la moyenne, dans la partie supérieure de la conque, immédiatement au-dessus de la racine de l’hélix ; la supérieure , dans la fossette naviculaire de l’anthélix. Une fois arrivées sur la face externe du pavillon, les branches perforantes se portent pour la plupart en arrière et en bas et se ramifient sur la moitié postérieure de cette face.
c. Résumé. — Au total, le pavillon de l’oreille comprend deux territoires artériels : l’un qui répond à la moitié antérieure de sa face externe; l’autre qui comprend toutes les autres régions, c’est-à-dire la moitié postérieure de cette même face externe et la face interne tout entière. Le premier est alimenté par la temporale superficielle; le second reçoit ses artères de l’auriculaire postérieure. Nous ajouterons que les différentes branches artérielles destinées au pavillon s’anastomosent largement entre elles et que ces anastomoses s’observent non seulement entre les différentes branches d’un même territoire, mais encore entre les auriculaires antérieures et les auriculaires postérieures.
2° Veines. — Les veines du pavillon de l’oreille se divisent, comme les artères, en antérieures et postérieures :
a) Les veines auriculaires antérieures se jettent dans la veine temporale superficielle et, de là, dans la jugulaire externe.
P) Les veines auriculaires postérieures, se portant obliquement en bas et en avant, aboutissent de même à la jugulaire externe. Un certain nombre d’entre elles, cependant, viennent s’ouvrir dans cette veine émissaire, qui traverse le trou mastoïdien pour aboutir au sinus latéral.
3° Lymphatiques. — Les lymphatiques du pavillon auriculaire, bien injectés par S \ppey, ont été étudiés à nouveau dans ces derniers temps, à l’aide de la méthode de Gerotta, par Stahr (1899) et par Most (1905).
a. Réseau d'origine. — Comme nous le montre nettement les figures ci-des sous, ils forment, à la surface dn pavillon, un riche réseau qui recouvre de ses mailles fines et serrées la face externe, la face interne et la circonférence.
b. Troncs efférents : trajet et terminaison. — Ce réseau donne naissance à un grand nombre de troncs et de troncules qui se rendent aux ganglions voisins. Nous les examinerons séparément sur la face externe et sur la face interne :
a) Sur la face interne (fig. 555), les lymphatiques se portent pour la plupart transversalement de dehors en dedans, quelques-uns obliquement en dedans et en bas. — Les lymphatiques supérieurs , ceux qui cheminent sur la moitié supérieure de la face interne, viennent se terminer dans les ganglions mastoïdiens, au voisinage de l’insertion du muscle sterno-cléido-mastoïdien. — Les lymphatiques inférieurs, ceux qui émanent de la moitié inférieure et par conséquent du lobule se rendent en
ORGANES DES SENS
grande partie aux ganglions parotidiens postérieurs. Un certain nombre, d’après
Lymphatiques du pavillon, vus sur la face externe (d’après Sappey).
1, 1, deux troncs, provenant du réseau de la conque et du conduit auditif externe. — 2. ganglion préauriculaire. — 3, 3, troncules provenant de la cavité de l'anthélix et de la partie antérieure de l’hélix . — 4,4, 4, lymphatiques postérieurs, contournant la circonférence pour gagner la face interne. — 5, 5, 5, lymphatiques du lobule.
Fig. 555.
Lymphatiques du pavillon, vus sur la face interne (d’après Sappey).
1, 1, lymphatiques naissant de l’extrémité supérieure du pavillon. — 2, 2, vaisseaux provenant de la face externe. — 3, 3, deux ganglions mastoïdiens. — 4, 4, lymphatiques du lobule, provenant en grande partie de la face externe. — 5, 5, 5, trois ganglions parotidiens, dans lesquels se terminent les lymphatiques du lobule.
Stahr (1899), se rendent aux ganglions cervicaux qui se trouvent situés au-dessous du sterno-cléido-mastoïdien.
(3) Sur la face externe (fig. 554), les troncs et les troncules lymphatiques se distinguent, d’après leur direction, en antérieurs, postérieurs et inférieurs. — Les lymphatiques antérieurs tirent leur origine de la conque. Ils sortent de cette cavité par le sillon antérieur de l’oreille et viennent se jeter dans le ganglion préauriculaire qui, comme on le sait, est situé en avant du tragus. — Les lymphatiques postérieurs naissent des parties du pavillon situées au-dessus et en arrière de la conque. Us se dirigent vers le bord libre de l’hélix, le contournent, arrivent ainsi sur la face interne du pavillon et, se mêlant alors aux lymphatiques de cette face interne, ils vont se jeter, comme eux, dans les ganglions mastoïdiens. — Les lymphatiques inférieurs proviennent du lobule. Suivant un trajet descendant, ils contournent le bord postéro-inférieur de Fig. 556. ce lobule pour venir se terminer dans les
Lymphatiques du pavillon de l’oreille ganglions parotidiens postérieurs, (schéma d’après une figure de Most).
1, pavillon. — 2, sterno-cléido-mastoïdien. — 3, ventre postérieur du digastrique. — 4, jugulaire interne. — 5 carotide primitive. — 6, veine temporale superficielle. — 7, parotide. — 8, ganglions parotidiens antérieurs, avec S , deux ganglions profonds. — 9, ganglions mastoïdiens. — 10, ganglions parotidiens postérieurs. — 11, ganglions cervicaux profonds ou sous-sterno-mastoïdiens.
OREILLE EXTERNE
c. Résumé. — Au total (fig. 556), les lymphatiques efférents du réseau du pavillon auriculaire, quelle que soit la face où ils prennent naissance, se divisent en trois groupes : antérieurs (se portant en avant), postérieurs (se dirigeant en arrière) et inférieurs (se portant en bas). Ils aboutissent aux quatre groupes ganglionnaires suivants : 1° au ganglion préauriculaire, ce sont les antérieurs ; 2° aux ganglions mastoïdiens, ce sont les postérieurs ; 3° aux ganglions parotidiens, aux ganglions cervicaux profonds ou sous-sterno-mastoïdiens ce sont les inférieurs.
4° Nerfs. — Les nerfs du pavillon sont de deux ordres : moteurs et sensitifs.
a) Les rameaux moteurs, destinés aux muscles intrinsèques, émanent du facial, et nous rappellerons en passant que le nerf facial est encore celui qui fournit leurs rameaux en trois muscles extrinsèques (voy. Facial ).
P) Les rameaux sensitifs proviennent de deux sources : de l’auriculo-temporal, branche du maxillaire inférieure de la branche auriculaire du plexus cervical superficiel. Le nerf auriculo-temporal (p. 80) jette quelques fins rameaux sur le tragus et sur la portion ascendante de l’hélix. Quant au nerf auriculaire (p. 153), il innerve, par son rameau interne et par son rameau externe, toutes les autres parties du pavillon, y compris le lobule.
A consulter au sujet du pavillon, outre les travaux indiqués à la page 624 : Tataroff, Ueber die Muskeln der Ohrmuschel und einige Besonderheiten des Ohrknorpels, Arch. f. Anat. u. Phys., 1887 ; — Kilian, Zur Feststellung der morpholog. Bedeutung der Ohrmuskeln, Berlin, klin. Woch., 1888; — Schwalbe, Ueber die vergl. Anat. u. Entwickel. des Ohrknorpels, Zeitschr. f. Ohrenheilk., 1889; — His, Zur Anatomie der Ohrlappchens, Arch. f. Anat. u. Phys., 1889; — Schulmann, Ein Beitrag zur Kenntniss der vergleich. Anat. der Ohrmuskulatur, Oefversigtaf fînska vetenskaps-Societetens Fôrhandlingar, Bd. XXI-, 1890-91 ; — Gradenigo, Beitrag zur Morphologie des Anihelix der menschlichen Ohrmuschel, Zeitschr. f. Ohrenheilk., Bd. XXI, 1891 : — Kazzander, Sui muscoli attolente ed attraente di padiglione delV orecchio, Intern. Monatschr. f. Anat. und Phys., Bd. XI, 1892 ; — Schimkewitsch, Die Ohrmuschel der Wirbelthiere, Revue de la Soc. des Sc. nat. de Saint-Pétersbourg, 1892 ; — Schroeder, Unters. u. d. Blutgefâsssystem des àusseren Ohres, Jena, 1893 : — Le Double, Malformation des muscles de l'oreille , Journ. de l’Anat. et de la Phys., t. XXX, 1894 ; — Birmingham, The muscles of the external Ear, Tr. of the R. Acad, of Med. in Ireland, V, 12, 1894 ; — Blaschy, Ueb. die Crista supramastoidea des Schlaefenbeins, Diss. Kœnigsberg, 1896 ; — Münch, Ueb. die Enlwick. des Knorpel des àusseren Ohres, Morphol. Arb., 1897 ; — Stahr, Ueb. d. Lymphapparat des àusseren Ohres, Anat. Anz., 1899 ; — Vorabieff, L'oreille externe de l'homme , Moscou, 1901 ; — Schmidt, VergL-anat. Unters. üb. die Ohrmuschel , verschied. S auge lier e Berlin, 1902 : — Baum u. Kirsten, Vergl. -anat . Unters. üb. die Ohrmuskulatur verschied. Sàugethiere, Anat. Anz., Bd. XXIV, 1903; — Most, Topogr .-Anat. u. klin. Unters. üb. d. Lymphgefàssapparat d. cluss. u. mittl. Ohres, Arch. f. Ohrenheilk., 1905 ; — Henneberg, Ueb. die Bedeutung der Ohrenmuschel, Anat. Hefte, 1909.
§ IL — Conduit auditif externe
Le conduit auditif externe fait suite à la cavité de la conque et s’étend de là jusqu’à l’oreille moyenne. Il est constitué, disons-le tout de suite, par deux parties bien distinctes, l’une interne, l’autre externe : sa partie interne, osseuse, est creusée dans le temporal ; sa partie externe, fibro-cartilagineuse , est exclusivement constituée par des parties molles. Après quelques considérations générales sur sa direction, ses formes et ses dimensions, nous étudierons successivement dans le conduit auditif externe: 1° sa division topographique et ses rapports ; 2° sa constitution anatomique ; 3° ses vaisseaux et ses nerfs.
A. — Considérations générales
1° Direction. — Le conduit auditif externe se porte horizontalement de dehors en dedans et un peu d’arrière en avant. Il présente donc dans son ensemble une
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT. 80
ORGANES DES SENS
obliquité légère, qui est orientée dans le même sens que l’axe du rocher. De plus, sa direction n’est pas rectiligne, mais flexueuse. Pour constater ces inflexions et pour en prendre en même temps une notion exacte, il convient de pratiquer suivant l’axe du conduit auditif deux coupes, l’une horizontale, l’autre vertico-transversale ou frontale :
a. Coupe horizontale du conduit. — Si nous examinons la coupe horizontale
(fig. 557), nous voyons le conduit auditif externe se porter d’abord un peu en avant, puis s’infléchir en arrière en formant avec sa direction initiale un angle de 100 à 110°, enfin s’infléchir une seconde fois pour se diriger un peu en avant. Il présente donc deux coudes et partant trois portions : une portion externe (a), \ fortement oblique en dedans et en avant; une portion moyenne ( b ), fortement oblique en dedans et en arrière ; une portion interne (c), plus longue que chacune des deux autres, légèrement oblique en dedans et en avant. Les deux premières portions appartiennent au conduit fîbro-cartilagineux; la dernière répond au conduit osseux.
b. Coupe verticale. — Si nous jetons les yeux maintenant sur la coupe verticale (fig. 560), nous constatons que le conduit auditif se porte d’abord horizontalement en dedans jusqu’à sa partie moyenne. Puis, à partir de ce point, il s’infléchit en bas, de façon à décrire une longue courbe à concavité inférieure.
c. Notions acquises par V examen de ces deux coupes. — En combinant les notions acquises par l’examen de ces deux coupes, on peut admettre, et cela suffira dans la pratique, que le conduit auditif externe se porte obliquement en dedans, en avant et un peu en bas, et décrit, dans son ensemble, une courbe fort irrégulière dont la concavité regarde en bas et en arrière. De là le précepte, inscrit dans tous les traités des maladies de l’oreille, de redresser le conduit quand on veut l’explorer et, pour cela, de porter le pavillon en haut et le tragus en avant.
d. Moulage du conduit. — On peut encore, pour étudier les diverses inflexions du conduit auditif externe, couler dans son intérieur un liquide solidifiable, de la cire ou du plâtre par exemple, et le dégager ensuite, une fois solidifié, soit par dissection, soit par corrosion. Le moule ainsi obtenu produira dans ses moindres détails toutes les surfaces avec lesquelles il aura été mis en contact. Nous représentons dans la figure ci-dessous (fig. 558) l’un de ces moules vu par sa face supé-
Ei-. 537.
Coupe horizontale du conduit, auditif externe et du pavillon (oreille droite, segment inférieur de la coupe).
1, cavité de la conque. — 2, tragus. — 3, antitragus. — 4, hélix. —
5, cartilage du pavillon. — 5’, cartilage du conduit auditif externe. —
6, portion fibreuse du conduit. — 7, membrane du tvmpan. — 8, caisse du tympan. — 9, cavités mastoïdiennes. — 10, paroi postérieure de la cavité glénoïde. — 11, scissure de Glaser. — 12, portion verticale de l’aqueduc de Fallope. — 13, tissu glandulaire du conduit auditif. — 14, cavité glénoïde.
a, b, c, première, deuxième et troisième parties du conduit auditif externe. — xx, yy, lignes de démarcation de ces trois parties.
OREILLE EXTERNE
rieure : il nous montre d’une façon très nette les deux coudes et les trois portions
du conduit auditif externe, tels que nous les représente la figure 557.
2° Forme. — Considéré au point de vue de sa forme, le conduit auditif externe n’est pas régulièrement cylindrique, mais un peu aplati d’avant en arrière. En conséquence, ses coupes transversales, quel que soit le point où elles sont pratiquées, ne sont jamais exactement circulaires; elles ont (fig. 559) la forme d’une ellipse ou d’un ovale, dont le grand diamètre serait dirigé obliquement de haut en bas et d’avant en arrière.
3° Dimensions , isthme du conduit auditif externe. — Au point de vue de ses deux dimensions, le conduit auditif externe nous offre à considérer sa longueur et ses deux diamètres :
a. Longueur. — La longueur moyenne du conduit auditif externe, mesurée suivant son axe, est en chiffres ronds de 24 millimètres, dont 8 pour sa portion fibro-cartilagineuse et 16 pour sa portion osseuse. Si nous mesurons cette longueur, non plus dans l’axe du conduit, mais le long de ses parois, nous arrivons a des chiffres un peu différents à cause de l’obliquité du plan suivant lequel est orienté l’orifice interne du conduit auditif, obliquité qui entraîne nécessairement comme conséquence une inégalité dans l’étendue des parois. L’orifice en question étant oblique de haut
à Fig. 558.
Moule de l’oreille externe (oreille droite.)
1, circonférence du moule, répondant à l’hélix. — 2, saillie correspondant à la gouttière de l’hélix. — 3, empreinte de l’anthélix. — 4, moule de la fossette naviculaire. — 5, 5, saillie qui correspond à la conque, avec 5’, la dépression que forme la racine de l’hélix.— 6, moule de la première portiou du conduit auditif externe, oblique en dedans et en avant. — 7, deuxième portion de ce conduit dirigé en sens inverse. — 8, troisième portion se portant, comme la première, un peu en avant et en dedans. — 7, empreinte de la membrane du tympan.
en bas et de dehors en dedans, c’est la paroi inférieure qui est naturellement la plus longue. Viennent ensuite, par ordre de longueur décroissante, la paroi antérieure, la paroi postérieure et, enfin, la paroi supérieure, qui est la plus courte. Voici, d’après les mensurations de Tbôltsch, quelles sont les longueurs respec-
tives de ces quatre parois :
PORTION
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