GRAND DIAMÈTRE PETIT DIAMÈTRE
Au commencement du conduit cartilagineux 9,08 6,54
Vers la fin du conduit cartilagineux 7,79 5,99
Au commencement du conduit osseux 8,67 6,07
Vers la fin du conduit osseux 8,13 4,60
Tous ces chiffres ne représentent, bien entendu, que des moyennes ; car sur ce point, comme sur bien d’autres, il existe des variations individuelles souvent fort étendues.
ORGANES DES SENS
c. Isthme du conduit. — Les mensurations de Bezold ne nous démontrent pas seulement l’aplatissement antéro-postérieur du conduit auditif externe. Elles nous
Fig. 559.
Forme et dimensions. du conduit auditif externe (d’après Bezold).
Coupe transversale du conduit, pratiquée : A, au commencement de la portion cartilagineuse. — B, au niveau de la fin de la portion cartilagineuse. — C, au niveau du commencement de la portion osseuse. — D, au niveau de la fin de la portion osseuse.
l’union de son tiers moyen avec son tiers interne, assez souvent à l’union de ses trois quarts externes avec son quart interne : elle est connue sous le nom (¥ isthme du conduit auditif externe (voy. fig. 557). L’isthme se trouve situé dans la partie osseuse du conduit, à 19 millimètres environ du fond de la conque. Il est séparé de la membrane du tympan par un intervalle qui mesure 7 ou 8 millimètres au niveau de la paroi antérieure, 2 ou 3 millimètres seulement au niveau de la paroi postérieure.
B. —Division topographique et rapports
On considère au conduit auditif externe quatre parois et deux extrémités, l’une interne, l’autre externe. Chacune de ces régions présente des rapports importants, que nous résumons comme suit :
1° Parois. — Les quatre parois, d’abord, se distinguent en antérieure, postérieure, supérieure et inférieure :
a) La paroi antérieure est en rapport (fig. 557) avec l’articulation tempo iomaxillaire et, plus spécialement, avec le condyle du maxillaire inférieur.
Cette saillie osseuse répond au conduit auditif osseux par ses deux tiers internes, au conduit auditif cartilagineux par son tiers externe. Elle n’en est séparée que par une mince couche de tissu conjonctif, au sein de laquelle cheminent de nombreux vaisseaux veineux tributaires de la maxillaire interne (voy. t. I , Articulation temporo-maxillairé).
L’extrémité de l’index, introduite dans le fond de la conque, sent très nettement le condyle appliqué contre la paroi antérieure du conduit auditif cartilagineux, s’en écartant quand le maxillaire s’abaisse, s’en rapprochant au contraire quand il s’élève. Ce voisinage nous explique pourquoi la mastication est souvent gênée et parfois même fort douloureuse dans les inflammations du conduit auditif externe.
P) La paroi postérieure répond (fig. 557) à l’apophyse mastoïde. Une mince lamelle de tissu compacte la sépare des cellules mastoïdiennes. D’après Kirchner, ces cellules seraient même reliées à la paroi postérieure du conduit auditif par de tout petits canaux osseux renfermant du tissu conjonctif et des vaisseaux. Au delà des cellules mastoïdiennes se trouve l’étage postérieur de la cavité crânienne et la portion descendante du sinus latéral : l’intervalle compris entre ce vaisseau et le conduit auditif externe mesure, en moyenne, 10 millimètres.
apprennent aussi que ce conduit n’est pas régulièrement calibré.
D’après Politzer , sa lumière se rétrécit peu à peu à partir de son orifice externe jusqu’à la limite de son tiers interne; puis, il va en s’élargissant jusqu’à la membrane tympanique. Sa partie la plus étroite répond donc à
OREILLE EXTERNE
y) La paroi supérieure est en rapport (fig. 560) avec l’étage moyen de la cavité crânienne. Une lame osseuse de 4 ou 5 millimètres d’épaisseur, quelquefois plus mince, sépare sur ce point le conduit auditif des méninges.
S) La paroi inférieure, enfin, répond (fig. 560) dans toute son étendue à la loge parotidienne et se trouve immédiatement en contact avec le contenu de cette loge :
la parotide et le tissu cellulaire qui l’entoure.
2° Extrémité externe. — L’extrémité externe du conduit auditif s’ouvre dans la partie antérieure et inférieure de la conque par un orifice elliptique à grand axe vertical.
Le pourtour de cet orifice est formé, en arrière, par une crête mousse de forme semi-lunaire bien marquée dans la figure 560 (7).
En avant, il se continue sans ligne de démarcation aucune avec la face interne du tragus et, sur ce point, le conduit auditif n’est séparé de la conque que par des limites purement conventionnelles.
On observe, le plus souvent, au niveau du point où le tragus se continue avec le conduit auditif externe, une excavation plus ou moins profonde, à laquelle Buchanan a donné le nom de fosse du conduit auditif :
elle présente, comme la face interne du tragus, un nombre plus ou moins rudesse s’acroissent progressivement
Fig. 560.
Coupe vertico-transversale ou frontale de l’oreille externe, passant en avant de la fenêtre ovale (oreille droite, segment postérieur de la coupe).
1, hélix, avec 1’, racine de l’hélix. — 2, anthélix. — 3, fosse naviculaire. — 4, anti tragus. — 5, coupe du lobule. — 6, conque.
— 7, entrée du conduit auditif externe. — 8, coupe du cartilage du pavillon. — 9, coupe du cartilage du conduit auditif. — 10, coupe de la couche glandulaire. — 11, coupe de l’écaille temporale. — 12, coupe de la portion osseuse du conduit auditif.
— 13, membrane du tympan. — 14, caisse tympanique. — 15, chaîne des osselets. — 16, base de l’étrier dans la fenêtre ovale.
— 17, cavités mastoïdiennes.
considérable de poils, dont la longueur et la au fur et à mesure qu’on avance en âge.
3° Extrémité interne. — L’extrémité interne est circulaire, mais très obliquement coupée sur l’axe du conduit, comme nous le montre la figure 560. Son obliquité est telle qu’une perpendiculaire abaissée sur son plan de coupe se dirige de dehors en dedans, de bas en haut et d’avant en arrière. Le conduit auditif externe est fermé ici par une membrane mince et plus ou moins tendue, la membrane du tympan , qui présente naturellement la même obliquité que l’orifice contre lequel elle est appliquée et que nous étudierons dans l’article suivant, à propos des parois de la caisse tympanique. La membrane du tympan sépare le conduit auditif externe de l’oreille moyenne.
G. — Constitution anatomique
Le conduit auditif externe se compose essentiellement d’un squelette, qui est osseux dans sa partie interne (c’est sa portion osseuse), fibro -cartilagineux dans sa
ORGANES DES SENS
partie externe (c’est sa portion cartilagineuse). Ce squelette est revêtu sur sa face interne, tant dans sa portion osseuse que dans sa portion cartilagineuse, par une membrane qui, morphologiquement, appartient au tégument externe (c’est 1 ei'evétement cutané du conduit. Nous étudierons successivement chacun de ces éléments:
1° Portion osseuse. — Sur le crâne dépouillé de ses parties molles, le conduit auditif externe, long de 14 à 16 millimètres, s’ouvre à la base du rocher (voy. t. I), un peu en avant de l’apophyse mastoïde, immédiatement au-dessous de la racine longitudinale du zygoma. Cet orifice revêt, comme le conduit lui-même, la forme d’un ovale à grand axe obliquement dirigé de haut en bas et d’avant en arrière.
A. Origine embryonnaire. — Pour avoir une notion exacte de la constitution anatomique du conduit auditif externe et de son orifice extérieur, il est indispensable de se rappeler les diverses phases évolutives par lesquelles passe la région du tem-
Le temporal du nouveau-né : A, vu par sa face exocranienne ; B, vu par sa face
endocranienne.
1, cercle tympanal {en rose i, avec : lr. sa branche antérieure ; l”, la membrane du tympan, en partie réséquée pour laisser voir la caisse. — 2, écaille {en bleu), avec 2’, l’apophyse zygomatique. — 3, portion pétreuse {en jaune), avec : 3’, sa région mastoïdienne ; 3”, son sommet. — 4, fissure pélro-squameuse. — 5, tegmen tympani. — 6, saillie du canal demi-circulaire supérieur ou eminentia arcuata. — 7, fossa subarcuata. — 8, conduit auditif interne. — 9, aqueduc du vestibule. — 10, ligne de soudure de la corne antérieure du cercle tympanal avec l’écaille. — 11, orifice interne du canal carotidien.
poral qui est occupée par ce conduit. Gomme nous l’avons déjà vu en Ostéologie (voy. t. I), le temporal du fœtus se compose de trois pièces distinctes : la portion écailleuse ou écaille, la portion pétreuse ou rocher et, enfin, la portion tympanale.
a. Écaille. — L’écaille, située à la partie antérieure et supérieure de l’os, est une lamelle osseuse, aplatie transversalement, fort mince, à contour irrégulièrement circulaire. Sa face externe donne naissance à une longue apophyse, qui se porte en avant du côté de la face : c’est Y apophyse zygomateuse ou zygoma.
b. Portion pétreuse. — La portion pétreuse ou rocher, portion dure ou massive, est une sorte de pyramide quadrangulaire, dont l’axe serait dirigé obliquement de dehors en dedans et d’arrière en avant. Tandis que son sommet est très voisin de la ligne médiane, sa base, toute superficielle, fait partie de la surface extérieure du crâne : elle est placée immédiatement en arrière de l’écaille, dont elle est séparée par une sorte de scissure, la scissure pétro-écailleuse ou pétro -squameuse.
c. Portion tympanale . — La portion tympanale, qui nous intéresse ici d’une façon toute spéciale, est située immédiatement au-dessous de la portion écailleuse. Elle revêt la forme d’un anneau, de 11 millimètres de diamètre en moyenne, dont on aurait enlevé la partie supérieure. Cette interruption du cercle tympanal a reçu le nom de segment de Rivinus : il mesure d’ordinaire de 5 ou 6 millimètres
OREILLE EXTERNE
d’étendue et, par conséquent, représente, suivant les cas, la cinquième ou la sixième partie de l’anneau tout entier.
Ainsi constitué, le cercle tympanal nous offre à considérer une partie moyenne et deux branches, l’une antérieure, l’autre postérieure, se terminant chacune par une extrémité recourbée, 2
appelée corne. — La partie moyenne, concave en haut, représente la partie la plus mince de l’os. Elle est, naturellement, située entre les deux branches, qu’elle relie l'une à l’autre. — La branche postérieure, verticalement ascendante, nous présente, un peu au-dessous de sa partie moyenne, une petite saillie lamelleuse (8), souvent percée d’un trou, c’est le tubercule tympanique postérieur. — - La branche antérieure est plus forte, plus large surtout que la postérieure. Elle est aussi plus intéressante.’ Si nous l’examinons par sa face interne (fig. 562, B), nous constatons la présence, un peu au-dessous de son extrémité libre, d’un sillon obliquement dirigé de haut en bas et d’arrière en avant : ce sillon, auquel IIenle a donné le nom de sillon malléolaire (sulcus malleolaris ), livre passage à l’artère tympanique, à la corde du tympan, à la longue apophyse et au ligament antérieur du marteau, tous organes qui vont à la scissure de Glaser ou qui en viennent. Deux crêtes, l’une supérieure, l’autre inférieure, délimitent en haut et en bas le sillon malléolaire : l’inférieure, que nous désignerons sous le nom de crête tympanique inférieure, surplombe la partie correspondante du sulcus tympanicus; la supérieure, que nous appellerons crête tympanique supérieure (cris ta spinarum de Henle), se termine à ses deux extrémités par deux épines, ordinairement très marquées, Y épine tympanique antérieure (6’) qui regarde en bas et en avant, Y épine tympanique postérieure (6”) qui se dirige en haut et en arrière. Enfin, comme dernier détail, nous signalerons l’existence, toujours sur la branche antérieure du cercle tympanal, d’une petite saillie (7) occupant l’exlrémité postérieure delà crête tympanique inférieure, ci-dessus décrite, c’est le tubercule tympanique antérieur. 11 est situé à 6 ou 7 millimètres au-dessous de la corne correspondante. — Les deux cornes de l’os tympanal, ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut, ne sont autres que les extrémités libres des deux branches. On les distingue, comme ces dernières, en antérieure et postérieure. L’une et l’autre, l’antérieure surtout, se replient de dehors en dedans de telle sorte que leur face interne, comme conséquence de cette espèce de torsion, regarde plus ou moins en dehors.
La circonférence intérieure du cercle tympanal nous présente une rainure assez
Fig. 562.
Le cercle tympanal du nouveau-né (côté gauche) : A, vu par sa face externe : B, vu par sa face interne.
1, corne antérieure. — 2, corne postérieure. — 3, segment de Rivinus. — 4, sillon malléolaire. — 5, crête tympanique inférieure. — 6, crête tympanique supérieure, avec : 6’, épine tympanique antérieure; 6”, épine tympanique postérieure. — 7, tubercule tympanique antérieur. — 8, tubercule
tympanique postérieur. — 9, sulcus tympanicus. — 10, portion moyenne ou inférieure du cercle tympanal.
ORGANES DES SENS
régulière, occupant toute l’étendue de l’anneau osseux, allant par conséquent d’une corne à l’autre : c’est le sulcus tympanicus dans lequel, nous le verrons plus tard, vient se fixer la membrane du tympan.
B. Relations du cercle tympanal avec les deux autres portions du temporal. — Envisagé maintenant au point de vue de ses relations avec les deux autres portions du temporal, le cercle tympanal s’unit par l’une et l’autre de ses cornes avec la portion de l’écaille qui est située en arrière de l’apophyse zygomatique. Dans tout le reste de son étendue, je veux dire par sa branche antérieure, par sa branche postérieure et par sa partie moyenne, il répond au rocher, il en est séparé, toutefois, par une scissure, plus ou moins apparente, suivant l’âge des sujets, la scissure pétro-tympanique .
C. Développement du conduit auditif osseux. — Gomme on le voit, dans le stade évolutif que nous venons de décrire, le conduit auditif osseux n’existe pas, ou bien il est constitué simplement par cette portion du cercle tympanal, portion bien minuscule, qui déborde en dehors le sulcus tympanicus et la membrane du tympan qui s’y attache. Au cours du développement, la portion écailleuse et la portion tympanique subissent des modifications profondes, dont l’un des principaux résultats sera la formation de notre conduit auditif.
a) La portion supérieure de l’écaille, celle qui est située au-dessus de l’arcade zygomatique, se porte en dehors, s’écartant ainsi de la ligne médiane et, du même coup, agrandissant le diamètre transversal de la cavité crânienne.
P) La portion inférieure de cette même écaille, celle qui est immédiatement sousjacente à l’arcade zygomatique, suit dans son déplacement la portion supérieure, tout en conservant le contact avec la portion pétreuse, qui est située en dedans d’elle : c’est dire qu’elle se développe peu à peu dans le sens transversal et revêt bientôt la forme d’une lame horizontale, formant avec la portion sus-zygomatique de l’écaille un angle droit ou un angle voisin de l’angle droit.
y) En ce qui concerne le cercle tympanal , son rebord interne se développe en dedans , prend bientôt contact avec la portion pétreuse et se soude à elle. Son rebord externe, au contraire, se développe en dehors et arrive à former, comme nous l’avons déjà vu en Ostéologie, un cylindre creux incomplet, ou mieux une gouttière transversale à concavité dirigée en haut. Cette gouttière (gouttière tympanale), située au-dessous de la portion sous-zygomabique de l’écaille, se soude avec cette dernière au niveau de ses bords (en avant, suture tympano-écailleuse, en arrière, suture tympano-mastoïdienne ) et ainsi se trouve constitué un canal complet. Ce canal n’est autre que le conduit auditif osseux, et nous voyons nettement, grâce aux détails embryologiques qui précèdent, qu’il est constitué : 1° en haut, au niveau de sa paroi supérieure ou plafond, par la portion sous-zygomatique de l’écaille temporale ; 2° en avant, en arrière et en bas, c’est-à-dire dans ses trois parois antérieure, postérieure et inférieure, par la gouttière tympanale (fig. 563,5).
D. Le conduit chez l’adulte. — Il est ordinairement facile, sur les rochers d’adultes, de délimiter exactement la gouttière tympanale et, par cela même, d’établir exactement la part qui revient aux deux portions écailleuse et tympanale dans la constitution du conduit auditif osseux. On peut même, dans la grande majorité des cas, reconnaître la situation et la direction des deux sutures tympano écailleuse et tympano-mastoïdienne qui, chez l’enfant, unissent les bords antérieur et postérieur de la gouttière tympanale, le premier à l’écaille temporale, le second à l’apophyse mastoïde, laquelle apophyse mastoïde (rappelons-le en pas-
OREILLE EXTERNE
sant, voy. Ostéologie) est formée à sa partie antérieure, non pas par la portion pierreuse, mais bien par la portion écailleuse.
Ce mode de constitution du conduit auditif osseux se voit très nettement sur son orifice extérieur. Il suffit, en effet, de jeter un simple coup d’œil sur cet orifice (fig. 563) pour constater qu’il est circonscrit par deux parties d’aspect bien différent : en avant et en bas, c’est un rebord rugueux, taillé à pic, bien délimité; en haut et en arrière , au contraire, c’est un bord arrondi, mousse, lisse et uni. La première de ces deux parties est une dépendance de l’os tympanal; la seconde appartient à l’écaille.
Sur cette dernière, immédiatement au-dessus delà partie postéro-supérieure de l’orifice précité, se dresse une petite lamelle osseuse, assez variable dans ses dimensions, mais assez constante (9 fois sur 10 environ) : c’est Y épine sus -auriculaire, la spina supra meatum des anatomistes allemands, V épine de Henle des chirurgiens français. Elle est placée, je le répète, sur la portion écailleuse du temporal et n’a aucun rapport avec la portion tympanale. Immédiatement au-dessus de l’épine précitée se trouve une dépression plus ou moins profonde, plus ou moins rugueuse, souvent de petits trous vasculaires, c’est la foveola spinæ. Sur l’épine sus-auriculaire vient se fixer en partie la portion molle du conduit auditif, que nous pouvons maintenant décrire.
Nous avons dit plus haut que le rebord externe du sulcus tympanicus se développait en dehors pour former le conduit auditif externe. Cette extension en dehors de la substance osseuse ne se produit pas régulièrement sur toute l’étendue du cercle tympanal. Elle commence et s’effectue avec une activité toute spéciale sur deux points qui nous sont bien connus (p. 640), le tubercule tympanique antérieur et le tubercule tympanique postérieur.
Ces deux tubercules s’élargissant, se portent à la rencontre l’un de l’autre, arrivent au contact et se fusionnent, laissant sur leur côté externe, entre eux et la portion moyenne du cercle tympanal, un orifice plus ou moins développé, de forme ovalaire ou semi-lunaire. Ce trou, qui est une véritable lacune, une région encore respectée par l’ossification, se rétrécit peu à peu et finit même par disparaître.
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT. 81
Fig. 5t>4.
Le cercle tympanal et ses diverses transformations pour former le conduit auditif externe.
Fig. 563.
Orifice externe du conduit auditif osseux de l’adulte.
1, portion écailleuse du temporal. — 2, apophyse, zygomatique. — 3, apophyse mastoïde. — 4, lumière du conduit auditif. — 5, portion tympanique (en rouge), avec 5’, la suture tympano-mastoïdienne ; 5”, la suture tympanoécailleuse. — 6, cavité glénoïde. — 7, scissure de Glaser. — 8, apophyse styloïde. — 9, spina supra meatum, avec 9’, la dépression rugueuse qui la surmonte.
ORGANES DES SENS
Il n’en existe ordinairement aucune trace à l’âge de cinq ans. Exceptionnellement , il persiste chez l’adulte et chez le vieillard et le cas est même assez fréquent : Bürner l’a rencontré dans une proportion de 19 p. 100.
2° Portion fibro cartilagineuse. — La portion fibro-cartilagineuse du conduit auditif externe se compose de deux lames, l’une cartilagineuse, l’autre fibreuse,
affectant l’une et l’autre la forme d’une gouttière. Les deux gouttières se regardent par leur concavité et, en s’unissant réciproquement par leurs bords, forment un canal complet.
a. Lame cartilagineuse. — La lame cartilagineuse ( cartilage du conduit auditif) occupe la partie antérieure et inférieure du conduit (fig. 565, 8). Disons tout de suite, sauf à y revenir plus loin, qu’il est plus large en dehors qu’en dedans, autrement dit que sa largeur diminue au fur et à mesure qu’il se rapproche de la portion osseuse du conduit.
Fig. 565.
Cartilage du conduit auditif externe, vu par sa face antéro-inférieure.
1, pavillon de l’oreille. — 2, coupe de l’apophyse zygomatique. — 3, tubercule zygomatique, — 4, racine transverse de l’apophyse zygomatique. — 5, cavité glénoïde du temporal. — 6, apophyse stytoïde. — 7, apophyse mastoïde. — 8, cartilage du conduit auditif. — 9, ligament fibreux qui le rattache à la portion osseuse du conduit auditif externe.
xx, yy , zz , axes suivant lesquels sont faites les trois coupes transversales de la figure 567.
Nous pouvons lui considérer deux extrémités, l'une interne, l’autre externe. — Son extrémité interne s’unit à l’orifice externe du conduit auditif osseux à l’aide de faisceaux conjonctifs, dont l’ensemble joue à son égard le rôle d’un ligament. — Son extrémité externe se continue directement avec le tragus. Puis, tragus et cartilage du conduit, réunis ensemble, s’unissent au car-
tilage du pavillon au niveau d’une sorte d’isthme, isthme du cartilage auriculaire, dont la largeur mesure de 8 a 9 millimètres. Cet isthme (fig. 556, xx) est dirigé transversalement et répond à la partie la plus déclive de la conque. En 1 dehors, il répond à une échancrure toujours très mar-
quée, qui n’est autre que celle, déjà décrite à propos du pavillon, qui sépare le tragus de l’antitragus ( échancrure de la conque). En dedans, il répond de même à une nouvelle échancrure, qui est formée par le bord interne de la conque et le bord postérieur du cartilage du conduit auditif : c’est Vincisura terminalis de Schwalbe (fig. 548, 6). Cette dernière échancrure est comblée en grande partie par du tissu fibreux.
Le cartilage du conduit auditif nous présente, à sa face antérieure et un peu en dedans du tragus, deux fentes avec perte de substance, connues sous le nom d Hncisures de Santorini (fig. 565). On distingue ces fentes en interne Fig. 566. et externe> Enes ont toutes les deux un trajet plus ou
L v u°p ar sef f ac^Te x te rn e"' ' moins sinueux et se dirigent, dans la plupart des cas, un
1, repli de l’hélix, avec 1’, l’apophyse de l’hélix. - 2, saillie de fanthélix. — 3, fossette triangulaire. — 4, languette caudale de l’hélix et de l’anthélix. — 5, fissure postérieure du cartilage. — 6, antitragus. 7, tragus. 8, cartilage du conduit aufiitif externe. — 9, son extrémité interne, répondant à la partie osseuse. — 10, une incisure de Santorini. xx, isthme du cartilage auriculaire (en x se trouve l’échancrure de la conque ; en x\ 1 incisura terminalis).
OREILLE EXTERNE
peu obliquement à l’axe du conduit. Du reste, elles sont comblées par du tissu fibreux, aux éléments duquel vient se joindre constamment, d’après Tataroff, un certain nombre de fibres musculaires, les unes verticales, les autres horizontales.
Hyrtl a signalé depuis déjà longtemps un faisceau musculaire qui s’insère d’une part sur la base de l’apophyse styloïde, un peu au-dessus du muscle stylo-glosse, d’autre part sur la partie interne du cartilage du conduit auditif. Ce petit muscle stylo -auriculaire, dont l’existence est considérée par Sappey comme douteuse, a été retrouvé en 1887 par Tataroff. Toutefois, il n’est pas constant : il n’existerait même que 1 fois sur 6 cas, d’après Gruber.
Histologiquement, le cartilage du conduit auditif externe présente les mêmes caractères que celui du pavillon, auquel il fait suite et dont il n’est qu’une dépendance.
b. Lame fibreuse. — La lame fibreuse occupe la partie supérieure et postérieure du conduit auditif. En dedans, elle se fixe à la partie postéro-supérieure de l’orifice du conduit auditif osseux, notamment sur la spina supra meatum ci-dessus décrite. En dehors, elle se continue avec les formations fibreuses du pavillon, tout particulièrement avec le ligament qui va du tragus à l’hélix. En haut, par sa face supérieure, elle se confond plus ou moins avec le ligament postérieur de l’oreille qui, on le sait (p. 626), prend sur elle un certain nombre de ses insertions.
Histologiquement, la lame fibreuse du conduit auditif externe est essentiellement formée par des faisceaux du tissu conjonctif, auxquels viennent se mêler un grand nombre de fibres élastiques.
Son développement, sur un point donné, autrement dit sa largeur, est naturellement en rapport inverse avec celle que présente, sur le même point, la lame cartilagineuse. Or, comme cette lame cartilagineuse se rétrécit progressivement en allant de dehors en dedans, il s’ensuit que la lame fibreuse, elle, s’accroît en largeur dans le même sens.
c. Part respective que prennent les deux lames cartilagineuse et fibreuse dans la constitution du conduit.
— Pour juger de la part respective que prennent les deux lames précitées à la constitution du conduit auditif, il convient de pratiquer sur ce dernier et en des points différents des coupes vertico - trans versa les. La figure 567 nous présente trois de ces coupes, passant : la première (A), un peu en dedans de l’orifice externe du conduit auditif fibro-cartilagineux ; la seconde (B), par sa partie moyenne; la troisième (G), au voisinage de son extrémité interne. Nous voyons nettement, par un simple coup d’œil jeté sur ces trois coupes, que le cartilage forme à lui tout seul, dans la coupe A, les trois quarts du conduit; qu’il n’en forme plus que la moitié dans la coupe B; qu’il n’en occupe plus, dans la coupe G, qu'un léger segment, répondant à son côté antéroinférieur. Nous voyons en même temps que la lame fibreuse prend peu à peu la