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ABC

Trois coupes de la portion fibro-cartilagineuse du conduit auditif externe.

A, coupe suivant xx de la figure 565. — B, coupe suivant yy.

C, coupe suivant zz.

1, lame cartilagineuse (portion inférieure). — 1’, lame cartilagineuse (portion antérieure). — 2, incisure deSantorini, comblée par du tissu fibreux. — 3, lame fibreuse. — 4, peau du conduit. — 5, couche glandulaire. — 6, coupe de la portion postérieure de l'os tympanal et de l’apophyse mastoïde.

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place de la lame cartilagineuse ou, en d’autres termes, gagne exactement en étendue ce que perd celle-ci.

3° Revêtement cutané. — La peau qui tapisse la surface intérieure du conduit auditif est le prolongement de celle qui revêt le pavillon, et elle en présente d’abord tous les caractères.

A. Epaisseur. — Dans toute l’étendue de la portion fibro-cartilagineuse, elle est remarquable par son épaisseur, sa densité, sa résistance et aussi par son adhérence aux parois sous-jacentes. En passant dans la portion osseuse, elle s’amincit et cet

amincissement va ensuite en augmentant jusqu’au fond du conduit. Sur la membrane du tympan, elle est tellement mince qu’elle est pour ainsi dire réduite à sa couche épidermique.

B. Structure. — La peau du conduit auditif externe (fig. 568) nous présente, comme la peau des autres régions, un derme et un épiderme : oc) Le derme est essentiellement constitué par un tissu conjonctif fasciculé très dense, où prédominent les fibres conjonctives et les cellules lixes. Le tissu lâche y est peu abondant et les fibres élastiques y font généralement défaut. Les papilles y manquent également.

P) L 'épiderme est extrêmement mince. Il comprend néanmoins, avec réduction bien entendu, ses différentes couches constitutives. — La couche la plus profonde, couche génératrice , comprend des cellules hautes, régulièrement rangées côte à côte. — - Les cellules de la couche de Malpighi sont relativement peu nombreuses : leur nombre ne s’élève guère qu’à sept ou dix au maximum ; elles semblent dépourvues de pigment ainsi que de prolongement. — La couche qui répond à la zone lucide {stratum lucidum) est à peine marquée. — La couche cornée enfin est nettement accentuée : elle est relativement si développée que, dans une pièce bien fixée, elle compte pour la moitié de l’épaisseur totale de cette portion du tégument externe (Pissot).

C . Crêtes semi-annulaires. — Dans la partie interne du conduit auditif, la peau nous présente de nombreuses crêtes semi-annulaires dont la direction est toujours parallèle à la circonférence de la membrane du tympan. Pour la plupart des auteurs, ces formations ne seraient que des rangées de papilles, se disposant à la suite les unes des autres suivant une courbe régulière. Contrairement à cette opinion, Kaufmann les considère comme de simples épaississements linéaires de la couche dermique, sur lesquels les vraies papilles sont excessivement rares. Les deux régions, où les crêtes en question sont à la fois les plus nombreuses et les plus développées, sont la face inférieure et la face supérieure du conduit auditif.

JD. Annexes de la peau. — Comme la peau du pavillon, la peau du conduit auditif nous présente, à titre d’annexes, des poils, des glandes sébacées et des glandes sudoripares :

a. Poils. — Les poils, à l’exception de ceux qui se dressent à l’entrée du conduit

Fig. 588.

Coupe transversale de la peau du conduit auditif externe chez l'adulte (d'après Pissot).

1, épiderme. — 2, derme, formé par du tissu fibreux. — 3, 3, deux follicules pileux, coupés obliquement. — 4, 4, glomérules des glandes cérumineuses, revêtant dans leur ensemble un aspect alvéolaire. — 5, glandes sébacées.

OREILLE EXTERNE

(barbula hircï), sont rudimentaires et ne s’observent, en règle générale, que dans la portion fibro-cartilagineuse. La présence de poils dans la portion osseuse du conduit auditif est exceptionnelle.

b. Glandes sébacées. — Les glandes sébacées' sont moins développées que celles du pavillon. Elles occupent les couches superficielles du derme et s’ouvrent, en partie dans les follicules pileux, en partie à la surface de la peau. D’après Alzheimer, ces glandes sont surtout visibles chez le nouveau-né et chez les jeunes sujets; à un âge plus avancé, elles subissent une atrophie souvent considérable.

c. Glandes sudoripares . — Les glandes sudoripares présentent ici une disposition spéciale, qui leur a fait donner le nom de glandes cérumineuses. Ces glandes sont remarquables à la fois parleur développement individuel et par leur nombre. Fortement tassées les unes contre les autres, elles forment tout autour du conduit auditif une couche continue, que l’on voit très nettement sur des coupes transversales : c’est alors une véritable couronne, une couronne glandulaire, entourant l’orifice ovalaire du conduit auditif (fig. 568).

Les glandes cérumineuses sont situées immédiatement au-dessous de la peau ou plus exactement peut-être, dans les parties les plus profondes du derme cutané : Tissot, en effet, les a toujours trouvées entourées de toute part d’un tissu conjonctif feutré, qu’il croit devoir rattacher au derme et qui représenterait ici le tissu cellulaire souscutané. Elles revêtent ordinairement une coloration grisâtre. L’observation démontre qu’elles sont toujours plus développées sur les parties du conduit où manque le cartilage, à sa partie postérieure par conséquent.

L’épaisseur moyenne de la couche glandulaire est de 3 à 4 millimètres. Au point de vue de leur structure, les glandes cérumineuses ont été déjà décrites à propos de la peau (p. 334). Nous avons étudié en même temps leur produit de sécrétion, le cérumen, et nous ne saurions y revenir ici sans tomber dans des redites.

Les orifices glandulaires de la peau du conduit auditif se voient facilement, à l’aide d’une loupe ou même à l’œil nu, sous forme de points plus ou moins rapprochés. On admet généralement qu’ils n’existent que dans la portion fibro-cartilagineuse. Contrairement à cette assertion, les recherches de Buchanan et de Trôltsch ont établi que la couche glandulaire s’étend jusque sur la paroi postéro-supérieure du conduit osseux, en y formant un petit triangle, de plusieurs millimètres de long, dont la pointe est tournée du côté de la membrane du tympan. La figure 569, que j’emprunte à Politzer, nous présente très nettement cette disposition.

D. — Vaisseaux et nerfs

1° Artères. — Les artères du conduit auditif externe proviennent de différentes

Fig. 569.

Paroi postérieure du conduit auditif osseux et cartilagineux (d’après Politzer).

1, conduit auditif cartilagineux. — 2, conduit auditif osseux. — 3, limite séparative des deux portions.

(Le pointillé indique les orifices glandulaires : on voit que ces orifices s’avancent jusque dans la portion osseuse sous forme d’un petit triangle dont la pointe regarde le tympan.)

ORGANES DES SENS

sources : 1° pour sa portion fibro-cartilagineuse, de la temporale superficielle et de Y auriculaire postérieure ; 2° pour sa portion osseuse, de Y artère tympanique ou auriculaire profonde , branche de la maxillaire interne. Les rameaux de cette dernière artère arrivent au conduit auditif, soit en traversant l’os tympanal, soit en passant à travers la suture qui unit cet os à la portion écailleuse, la fissure tympano- écailleuse ou scissure de Glasser.

2° Veines. — Les veines se divisent en antérieures et postérieures : les postérieures aboutissent, comme celles du pavillon, à la jugulaire externe ; les antérieures se jettent en partie dans la veine maxillaire interne, en partie dans le plexus veineux ptérygoïdien.

3° Lymphatiques. — Les lymphatiques du conduit auditif externe suivent à peu près le même trajet que ceux du pavillon. Nous pouvons, d’après leur mode d’origine, les diviser (fig. 570) en antérieurs, postérieurs et inférieurs :

a) Les lymphatiques antérieurs se détachent de la partie antérieure du conduit. Se portant obliquement en bas et en avant, ils viennent se jeter, quelques-uns dans le ganglion préauriculaire, les autres dans les ganglions parotidiens supérieurs et, par leur intermédiaire, dans les ganglions de la chaîne jugulaire.

P) Les lymphatiques inférieurs naissent de la partie inférieure du conduit. Ils se jettent, après un trajet très court, dans un groupe de deux ou trois petits ganglions qui sont placés sur le ventre postérieur du digastrique.

y) Les lymphatiques postérieurs constituent le plus important des trois groupes. Comme leur nom l’indique, ils tirent leur origine de' la paroi postérieure du conduit auditif. De là, ils se portent en bas, passent sous le sterno-cléido-mastoïdien en croisant son bord antérieur et viennent se jeter dans les ganglions cervicaux profonds. On en voit quelques-uns qui, au lieu de contourner le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien, perforent ce muscle pour aboutir à leurs ganglions.

Fig. 570.

Lymphatiques du conduit auditif externe (schéma d’après une figure de Most).

1, pavillon de l’oreille. — 1’, conduit auditif externe. — 2, sterno-cléido-mastoïdien. — 3, ventre postérieur du digastrique. — 4, jugulaire interne. — 5, carotide primitive. — 6, veine temporale superficielle. — 7, parotide. — 8, ganglion préauriculaire. — 9, ganglions parotidiens supérieurs — 11, ganglions jugulaires. — 12, ganglions mastoïdiens. — 13, ganglions cervicaux profonds (on voit deux vaisseaux lymphatiques perforer le sternocléido-mastoïdien pour se jeter dans ces ganglions).

4° Nerfs. — Les nerfs, auxquels le conduit auditif doit la sensibilité exquise que tout le monde lui reconnaît, proviennent à la fois de l’auriculo-temporal, de la branche auriculaire du plexus cervical et du pneumogastrique :

a) L’auriculo-temporal, au niveau du col du condyle, fournit quelques filets très grêles à la partie du conduit auditif externe qui avoisine le pavillon ;

OREILLE MOYENNE

P) La branche auriculaire du plexus cervical, de son côté., jette quelques filets, également très grêles, sur la partie postérieure du conduit ;

y) Le pneumogastrique, enfin, envoie au conduit auditif externe un rameau à la fois très long et à trajet fort complexe, c’est 1 e rameau auriculaire du nerf vague. Ce rameau, comme nous l’avons déjà vu en Névrologie (p. 111), se sépare du pneumogastrique immédiatement au-dessous de la base du crâne. Il s’engage ensuite dans un canal osseux creusé dans l’épaisseur du rocher, croise le facial dans Laqueduc deFallope et s’anastomose là avec un filet de ce dernier nerf. Puis, finalement, il traverse la fissure tympano-mastoïdienne, pour se ramifier dans la peau qui revêt la portion osseuse du conduit auditif, ainsi que dans la membrane du tympan.

Voyez au sujet du conduit auditif externe : Urbantschitsch, Das Lumen des auss. Gehôrg. bei Embryonen u. Neugborenen, Wien, 1878; — Bezold, Die Corrosions Anatomie des Ohres, München, 1872 ; — Kaufmann, Ueber ringfôrmige Leisten in der Cutis des àusseren Gehôrganges, Wien med. Jahrb., 1886; — Alzheimer, Ueber die Olirenschmalzdrüsen, Wurzburg, Inaug. Dissert., 1888 ; — Symington, The externat auditory meatus in the child, Journ. of Anat. XIX, 1885 ; — Ostmynn, Die Bedeutung der lncisuræ Santorini Schutzvorrichtungen, Arch. f. Ohrenheilkunde, Bd. XXXIII, 1892 ; — Pissot, Essai sur les glandes du conduit auditif externe, Th. Paris, 1899. — Keilson, Anat. u. topogr. Untersuch. über den condylus mandibulæ u. d. meatus auditorius externus , Üissert. Berlin, 1904; — Lunghetti, Ueb. die Struktur der Haut d. àusseren Gehôrganges, Bull. Sc. méd. Bologna.

ARTICLE II

OREILLE MOYENNE

L’oreille moyenne est une cavité remplie d’air, creusée dans l’épaisseur du temporal, entre le conduit auditif externe que nous venons de décrire et l’oreille interne qui fera l’objet de l’article suivant. Cette cavité, connue sous le nom de caisse du tympan, renferme trois petits os qui se disposent régulièrement les uns à la suite des autres, de façon à former dans leur ensemble, entre l’oreille externe et l’oreille interne, une chaîne non interrompue, la chaîne des osselets de l’ouïe. Fermée en dehors du côté du conduit auditif externe, fermée aussi en dedans du côté de l’oreille interne, la caisse du tympan est mise en communication avec le pharynx par un long conduit appelé trompe d’Eustache. Le long de ce conduit, la muqueuse pharyngienne s’introduit jusque dans la caisse et, sous le nom de muqueuse tympanique , en tapisse régulièrement toutes les parois. Enfin, à sa partie postérieure, la caisse du tympan communique avec un système de cavités osseuses qui sont creusées dans l’épaisseur de l’apophyse mastoïde : ce sont les cavités mastoïdiennes , qui deviennent ainsi de simples diverticulums de l’oreille moyenne.

L’oreille moyenne nous présente donc à étudier :

1° La caisse du tympan proprement dite ;

2° Son contenu, la chaîne des osselets ;

3° Son revêtement muqueux ou muqueuse tympanique ;

4° Ses vaisseaux et ses nerfs ;

5° Les cavités mastoïdiennes ;

6° La trompe d'Eustache.

§ ï. — Caisse du tympan proprement dite

La caisse du tympan ou, tout simplement le tympan, a été comparée à un tambour ( tympanum ), dont les deux bases seraient à la fois très rapprochées et dépri-

ORGANES DES SENS

mées l’une et l’autre vers le centre de la cavité. Il en résulte qu’un liquide solidifiable injecté dans la caisse nous donnerait, comme moule de cette cavité, un corps aplati ressemblant assez bien à une lentille biconcave (fig. 571).

L’axe de la caisse du tympan, c’est-à-dire la ligne droite qui réunirait le centre des deux bases, présente une triple obliquité : il est incliné de dedans en dehors, de haut en bas et d’arrière en avant. En d’autres termes et plus simplement, l’orientation de la caisse du tympan est telle que chacune de ses bases regarde en dehors, en bas et en avant.

Les dimensions de la caisse tympanique sont les suivantes : son diamètre antéro-postérieur, représentant sa largeur, est de 15 millimètres ; son diamètre vertical, mesurant sa hauteur, également de 15 millimètres. Son diamètre transversal ou épaisseur varie suivant les points où on le considère, et cela en raison même de la disposition de ses deux bases, qui, comme nous l’avons dit plus haut, bombent l’une et l’autre vers le centre de la cavité (fig. 571) : à la périphérie de la caisse, ce diamètre mesure 4 millimètres en bas, 5 ou 6 millimètres en haut ; au centre de la caisse, il se réduit à 1 millimètre et demi ou 2 millimètres.

Au point de vue descriptif, la caisse tympanique nous présente : 1° deux parois , l’une externe, l’autre interne ; 2° une circonférence .

A. — Paroi externe ou tympanique

La paroi externe de la caisse du tympan (fig. 571, 572 et 574) est formée dans la plus grande partie de son étendue par une membrane mince et transparente, la membrane du tympan, que nous allons immédiatement décrire. Nous étudierons ensuite la région osseuse qui V entoure et qui complète la paroi externe de la caisse.

A) Portion membraneuse de la paroi externe ou membrane du tympan. — La

membrane du tympan se présente sous la forme d’une membrane assez régulièrement circulaire, tendue à l’extrémité interne du conduit auditif externe, entre ce conduit et la caisse du tympan.

1° Dimensions. — Son diamètre varie, suivant les sujets, de 9 millimètres et demi à 10 millimètres et demi. Quoique circulaire, son diamètre vertical l’emporte généralement sur son diamètre horizontal de 1/2 millimètre à 1 millimètre. Son épaisseur est de 0muil. On appelle pôle supérieur de la membrane du tympan l’extrémité supérieure de son diamètre vertical. Le pôle inférieur est l’extrémité inférieure de ce même diamètre.

2° Inclinaison. — L’inclinaison de la membrane du tympan est très variable suivant les âges. Pendant la vie embryonnaire, cette membrane est située à la base du crâne et présente alors une situation franchement horizontale. Puis, au fur et à mesure que le crâne se développe, elle se redresse par son côté externe et se rapproche ainsi peu à peu de la verticale, sans toutefois l’atteindre. Déjà, chez le nouveau-né, l’angle qu’elle forme avec l’horizon, angle d'inclinaison de la membrane du tympan, est considérable : il mesure de 30 à 35°. Chez l’adulte, il est de 40 à

Fig. 571.

La caisse du tympan vue en coupe frontale [schéma] .

1, conduit auditif externe.

— 2, caisse du tympan. — 3, sa paroi interne. — 4, sa paroi externe.

OREILLE MOYENNE

45°. L’orientation de la membrane du tympan est donc à peu près la même, malgré les assertions contraires de la plupart des auteurs, chez le nouveau-né et chez l’adulte l.

Ce degré d’inclinaison de la membrane du tympan s’exprime encore en disant qu’une verticale, menée par son pôle supérieur (fig. 573), rencontre la paroi inférieure du conduit auditif externe à 6 millimètres en dehors du pôle inférieur.

Fick a prétendu qu’au point de vue physique la membrane du tympan est d’au-

Fig. 572.

Coupe vertieo-transversale du temporal droit, passant par la trompe d’Eustache et la circonférence de la caisse du tympan, pour montrer les deux parois interne et externe de cette cavité.

(La coupe une fois faite, les deux segments du temporal ont été écartés l’un de l’autre en tournant autour de l’axe xx

servant de charnière.)

A, segment antérieur de la coupe. — B, segment postérieur. — I , face interne de l’écaille. — 2, scissure de Glaser. — 3, face antérieure du rocher. — 4, son sommet. — 5, hiatus de Fallope. — 6, portion osseuse de la trompe. — 7, canal du muscle du marteau. — 8, canal demi-circulaire externe ou horizontal — 9, antre mastoïdien — 9’, cellules mastoïdiennes. — 10, canal tympano-mastoïdieo. — 11, aqueduc de Fallope, avec 11’, trou stylo-mastoïdien. — 12, paroi interne de la caisse. — 13, sa paroi supérieure. — 14, sa paroi inférieure. — 15, sa paroi externe et membrane du tympan. — 16, marteau. — 17, apophyse styloïde. — 18, paroi postérieure de la caisse. — 19, paroi externe de la fosse jugulaire. — 20, veine jugulaire interne. — 21, carotide interne à son entrée dans le canal carotidien. — 21, la même, entrant dans la cavité crânienne.

tant plus sensible à l’action des ondes sonores qu’elle se rapproche davantage de la verticale. En concordance avec ces données, Bonnafont et Schwartz ont constaté que, chez les musiciens, la membrane du tympan est beaucoup plus relevée qu’elle ne l’est d’ordinaire ; et, d’autre part, nous devons à Lucæ l’observation, non moins intéressante, que cette membrane se trouve très inclinée chez les sujets dépourvus de sentiment musical.

3° Forme. — Envisagée au point de vue de sa forme, la membrane du tympan,

1 En mesurant l’inclinaison de la membrane du tympan sur quatre fœtus à terme, provenant des collections du laboratoire, j’ai obtenu les chiffres suivants pour l’un et l’autre côtés :

CÔTÉ DROIT

Côté gauche.

Moyenne.

1er sujet

2° sujet

3e sujet

4° sujet

Moyennes

ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.

ORGANES DES SENS

Inclinaison et courbure de la membrane du tympan (schématique).

1, pôle supérieur de la membrane du tympan. — 2, son pôle inférieur. — 3, ombilic. — 4, conduit auditif externe.

— 5, sa paroi supérieure. — 6, sa paroi inférieure. — 7, manche du marteau.

— 8, caisse du tympan, avec 8’ sarigole inférieure.

comme nous l’avons dit plus haut, est assez régulièrement circulaire, mais elle est

loin d’être plane. Elle est, au contraire, bombée en dedans et, de ce fait, revêt la forme d’un entonnoir très évasé, dont l’ouverture regarde le conduit auditif externe. La partie la plus saillante ou sommet de l’entonnoir a reçu le nom d’ ombilic.

L’ombilic est situé un peu au-dessous du centre de la membrane tympanique. Il répond à l’extrémité libre du manche du marteau, qui, comme nous le verrons plus tard, se trouve englobé dans l’épaisseur de la membrane du tympan et fait pour ainsi dire corps avec elle.

Nous devons ajouter que la disposition infundibuliforme de la membrane du tympan n’est pas absolument régulière : on constate, en effet, comme nous le montre la figure 573, que cette membrane est légèrement bombée en dehors à sa partie antéroinférieure, suivant une ligne qui s’étend de l’ombilic à la périphérie.

4° Mode d’insertion, membrane de Shrapnell. — La membrane du tympan répond par sa circonférence au cercle tympanal, qui lui sert de cadre. Comme nous l’avons déjà vu plus haut, ce petit cercle osseux, parfaitement isolable chez le

foetus, présente le long de son bord interne un sillon très marqué, le sulcus tympanicus, dans lequel la membrane se trouve enchâssée comme un verre de montre dans sa rainure métallique. Elle est fixée là, dans le fond de sa rainure, par une bande circulaire de tissu conjonctif, qui a été désignée par Gerlach sous le nom de bourrelet annulaire.

Toutefois le cercle tympanal, comme nous l’avons vu plus haut (p. 639), est incomplet :

il nous montre à sa partie supérieure une perte de substance, qui représente le sixième environ

Fig. 574,

Paroi externe de la caisse du tympan.

(Grossissement du segment A de la figure 572.)

1. membi’ane du tympan. — 2, marteau. — 3, enclume. — 4, canal tympano-mastoïdien. — - 5, antre mastoïdien. — 5’, cellules mastoïdiennes. — 6, portion osseuse de la trompe d'Eustache. — 7, paroi antéro-supérieure delà caisse. — 8. orifice d’entrée de la corde du tympan. — 9, orifice de sortie de ce nerf. — 10, orifice pour le ligament antérieur du marteau. — 11, apophyse styloïde" — 12, protubérance styloïde de la caisse. — 13, partie inférieure de l’aqueduc de Fallope. — 14, paroi externe de la fosse jugulaire. — 15, scissure de Glaser.

OREILLE MOYENNE

de sa circonférence totale, soit 5 millimètres. C’est donc, non pas un cercle, mais un simple croissant avec deux cornes, l’une antérieure, l’autre postérieure : l’espace libre, compris entre les deux cornes et répondant à la partie manquante du cercle tympanal, est connu, nous le savons (p. 639), sous le nom de segment de Rivinus (fig. 562,3).

A ce niveau, et par suite de la disparition du sulcus tympanicus, la membrane du tympan présente une disposition toute particulière. De chacune des cornes du cercle tympanal, le bourrelet annulaire de Gerlach se porte vers la base de la courte apophyse du marteau en formant deux petits cordons, convergeant l’un vers l’autre, que nous désignerons, en raison de leurs insertions, sous le nom de ligaments tympano-malléolaires (fig. 575, 5 et 6). De son côté, la membrane du tympan, ne trouvant plus au-devant d’elle de cercle tympanal, remonte jusqu’à la paroi supérieure du conduit auditif externe et s’y insère, en se fusionnant à ce niveau, en partie avec le périoste, en partie avec la peau. Cette portion toute supérieure de la membrane tympanique, qui répond au segment de Rivinus et qui est exactement comprise entre les deux ligaments tympano-malléolaires et la paroi supérieure du conduit auditif, a reçu de Shrapnell le nom de membrane flaccide.

La membrane flaccide de Shrapnell (fig. 575,7) a la forme d’un triangle, dont le sommet dirigé en bas répond à la peti te apophyse du marteau. Elle est à la fois plus mince et plus lâche que les autres portions de la membrane tympanique, ce qui lui a valu son nom. Enfin, elle proémine du côté du conduit auditif, formant sur le côté opposé une petite excavation, qui fait partie de la caisse et à laquelle Prüssak a donné le nom de poche supérieure de la membrane du tympan.

Trôltsch a décrit, sur la face interne de la membrane du tympan, deux autres dépressions ou poches : l’une antérieure, poche antérieure de Trôltsch, située immédiatement au-dessous du ligament tympano-malléolaire antérieur; l’autre postérieure, poche postérieure de Trôltsch, s’ouvrant au-dessous du ligament tympano-malléolaire postérieur. C’est au-dessus de cette dernière, immédiatement en arrière du marteau, que se trouve l’entrée de la poche supérieure de Prüssak.

Au niveau de la membrane flaccide de Shrapnell, Rivinus avait décrit un orifice, qui faisait communiquer la caisse du tympan avec le conduit auditif externe. Cet orifice a été décrit à nouveau en 1866 par Bochdaleck, qui le considère à tort comme

Fig. 575.

La membrane du tympan, vue par sa face interne.

(Le marteau a été réséqué immédiatement au-dessus de sa petite apophyse pour montrer les deux ligaments tympano-malléolaires et la membrane de Shrapnell.)

1, membrane du tympan. — 2, ombilic. — 3, manche du marteau, avec 4, sa petite apophyse. — 5, ligament tympano-malléolaire antérieur. — 6, ligament tympanomalléolaire postérieur. — 7, membrane de Shrapnell et poche de Prüssak. — 8, poche antérieure de Trôltsch.

— 9, poche postérieure de Trôltsch. — 10, bourrelet annulaire de Gbrl.ach. — 11, scissure de Glaser. — 12, trompe d’Eustache. — 13, orifice d’entrée de la corde du tympan. — 14, orifice de sortie du même nerf.

— 15, petite facette destinée à recevoir la branche horizontale de l'enclume. — 16, protubérance styloïde de la caisse.

ORGANES DES SENS

constant. Il est universellement admis aujourd’hui que le trou de Rivinus, quand il existe, n’est qu’un produit artificiel ou pathologique.

5° Image otoscopique. — Vue sur le vivant, à l’examen otoscopique, la membrane du tympan nous apparaît ordinairement avec une couleur gris perle, à laquelle s’ajoute une légère teinte de violet et de jaune brun. Cette coloration n’est pas tout à fait uniforme : le gris est un peu plus sombre dans le segment antérieur de la membrane, plus clair dans son segment postérieur.

Sur le champ gris perle nous apercevons tout d’abord (fig. 576), à la partie supérieure de la membrane, tout près de sa circonférence et un peu en avant de

son pôle supérieur, un petit point saillant de couleur blanchâtre (3) : c’est la petite apophyse du marteau, d’où partent les deux ligaments tvmpano-malléolaires et au-dessus de laquelle se trouve la membrane de Shrapnell. De ce point descend vers l’ombilic, à la manière d’un rayon, une bande d’un blanc jaunâtre (2), c’est le manche du marteau : remarquons qu’il est oblique en bas et en arrière et qu’il se termine, au niveau de l’ombilic, par une extrémité arrondie ou élargie en forme de spatule. Un peu en arrière du marteau, on aperçoit parfois le promontoire et la branche verticale de l’enclume : le promontoire (8) occupe à peu près le même niveau que l’ombilic ; quant à la branche verticale de l’enclume (9), elle est située plus haut et descend ordinairement jusqu’à la partie moyenne du manche du marteau, quelquefois jusqu’à son tiers inférieur.

* Plus bas, dans le segment inférieur, nous observons une '•espèce de reflet lumineux qui a été particulièrement bien étudié par Wilde et, plus récemment, par Politzer : c’est le triangle lumineux de Wilde, le cône lumineux de Politzer. Comme son nom l’indique, il a la forme d’un triangle isocèle, dont le sommet répond à l’ombilic et dont la base plus ou moins large descend jusqu’au voisinage de la circonférence. Sa direction est oblique en bas et en avant : elle forme, avec celle du manche du marteau, un angle obtus, dont l’ouverture regarde en avant et mesure de 100 à 110°. L’apparition du cône lumineux est le résultat de l’inclinaison de la membrane du tympan et surtout de son mode de courbure. Si, en effet, on tend, sur un grand anneau (Politzer) une membrane animale brillante et si on l’examine avec le miroir après lui avoir donné l’inclinaison de la membrane du tympan, on n’aperçoit aucun reflet lumineux tant que la membrane reste plane; mais celui-ci apparaît toutes les fois qu’on porte en dedans sa partie centrale, c’est-à-dire quand on lui donne la disposition en entonnoir que présente la membrane du tympan. Sur la membrane du tympan, comme sur la membrane expérimentale, le reflet lumineux provient de

La membrane du tympan du côté droit, vue par le conduit auditif externe [image otoscopique).

1, ombilic. — 2, manche du marteau, vu par transparence. — 3, apophyse courte. — 4, repli tvmpano-malléolaire antérieur. — 5, repli tympanomalléolaire postérieur. — 6, membrane de Shrapnell. — 7, paroi supérieure du conduit audilif externe. — 8, promontoire, vu par transparence. — 9, apophyse verticale de l’enclume, vue également -par transparence. — 10, triangle lumineux de Politzer ou cône lumineux de Wilde.

xx, diamètre passant par le manche du marteau. — yg, diamètre perpendiculaire au précédent et passant par l'ombilic. — a , quadrant postéro-supérieur. — b, quadrant postéro-inférieur. — c, quadrant antéro-supérieur. — d, quadrant antéro-inférieur.

OREILLE MOYENNE

ce que la partie de la membrane qu’il occupe est presque verticale (voy. fig. 573) et réfléchit directement vers l’œil de l’observateur les rayons qui tombent sur elle.

Du reste, le cône lumineux est très variable d’aspect, comme l’inclinaison et la courbure de la membrane du tympan qui le produisent et dont il est pour ainsi dire l’expression. Sur certains sujets, il est très large. Sur d’autres, au contraire, il est très étroit, presque linéaire. Dans certains cas, il est interompu dans sa continuité par une ou plusieurs bandes noires transversales ressemblant à des intersections. D’autres fois, sa partie inférieure fait défaut et il se trouve réduit alors à un tout petit triangle ou même à un simple point voisin de l’ombilic.

6° Division topographique. — Si nous menons un diamètre par le manche du marteau, ce diamètre passe naturellement par l’ombilic et partage la membrane du tympan en deux moitiés, l’une antérieure ou préombüicale, l’autre postérieure ou rélro-ombilicale. De même, si nous menons un deuxième diamètre perpendiculairement au précédent, nous partageons encore la membrane du tympan en deux moitiés, une moitié supérieure ou sus- ombilicale et une moitié inférieure ou sousombilicale. Les deux diamètres précités, tracés à la fois sur la même membrane tympanique, nous permettent de diviser cette dernière en quatre secteurs ou quadrants (fig. 576), que l’on désigne, d’après leur situation, en quadrant postérosupérieur, quadrant postéro-inférieur , quadrant antéro-supérieur , quadrant antéro-inférieur . Une pareille division topographique de la membrane du tympan n’a, sans doute, qu’une médiocre importance en anatomie descriptive; mais elle peut être fort utile en clinique pour localiser, dans le langage ou dans les observations écrites, les affections dont la membrane tympanique est le siège.

7° Structure. — Envisagée au point de vue de sa structure, la membrane du tympan se compose essentiellement d’une lame fibreuse, tapissée en dehors par la peau du conduit auditif externe et en dedans par la muqueuse de la caisse. Elle est donc constituée par trois couches qui sont, en allant de dehors en dedans, une couche cutanée , une couche fibreuse , une couche muqueuse :

a. Couche cutanée. — La couche cutanée n’est autre que la peau du conduit auditif externe qui, du pourtour de ce conduit, s’est réfléchie sur la membrane du tympan. Elle comprend les diverses assises cellulaires de l’épiderme, reposant sur un chorion très aminci.

b. Couche fibreuse . — La couche fibreuse ( lamina propria de certains auteurs), remarquable par sa résistance, constitue la charpente de la membrane du tympan. Elle se subdivise elle-même en

pan au niveau de son insertion sur l’os tympanal (d’après Moldenhauer).

1, os tympanal, avec sa rainure. — 2, bourrelet annulaire. — 3, cellules cartilagineuses. — 4. membrane du tympan avec : 5 et 5' les fibres radiées et les fibres circulaires de sa couche moyenne. — 6, revêtement externe ou cutané. — 7, revêtement interne ou muqueux. — 8, vaisseaux.

ORGANES DES SENS

deux lames plus ou moins isolables : l’une externe, formée par des fibres radiées ; l’autre interne, formée par des fibres circulaires.

a) Les fibres radiées (fig. 577, 5) se détachent, à la périphérie de la membrane, du bourrelet annulaire de Gerlach. De là, elles se dirigent vers le centre à la manière de rayons et viennent se terminer, pour la plupart, sur l’extrémité spatuliforme du manche du marteau. Les autres, d’après Politzer, se fixent au manche lui-même au niveau de son arête antérieure.

(3) Les fibres circulaires (fig. 577, 5’ et 578, 5) sont situées en dedans des précédentes, immédiatement au-dessous de la couche muqueuse. Très denses à la périphérie, où leur épaisseur est le double de celle des fibres radiées, elles s’amincissent graduellement en se rapprochant du centre : elles ne forment plus, au pourtour de l’ombilic, « qu’une membrane presque homogène à direction arciforme faiblement marquée » (Troltsch). Les anatomistes ne sont pas exactement d’accord sur les rapports des fibres circulaires avec le manche du marteau. Tandis que certains d’entre eux font passer les libres radiées en dehors du manche et les fibres circulaires en dedans, d’autres, au nombre desquels nous citerons Prussak, Politzer et Troltsch, distinguent les fibres circulaires en deux groupes : les fibres supérieures et les fibres inférieures. Les fibres supérieures seules passent sur le côté externe du manche ; les fibres inférieures se portent sur son côté interne et, en s’unissant avec les fibres radiées, elles entourent dans un feutrage serré le tiers inférieur du manche, qui devient ainsi, de toutes les portions du marteau, celle qui est le plus intimement unie à la membrane du tympan, y) Outre les fibres radiées et circulaires que nous venons de décrire, J. Gruber a

signalé dans la membrane du tympan un troisième ordre de fibres ramifiées, qu’il désigne sous le nom de faisceaux dendritiques ( dendritisches Fasergebilde). Ces faisceaux de fibres, que nous représentons dans la figure 579, ont pour caractères spéciaux de se ramifier et d’envoyer des prolongements dans tous les sens : ils interceptent ainsi un système de lacunes, irrégulières comme leur mode de ramifications, que Kessel rattache au système lymphatique. Les faisceaux dendritiques de J. Gruber sont particulièrement développés dans le segment postérieur de la membrane du tympan. Par leur portion périphérique, ils occupent l’espace compris entre les fibres radiées et les fibres circulaires. Leur portion centrale est située en dedans de ces dernières, immédiatement au-dessous de la muqueuse par conséquent.

c. Couche muqueuse. — La couche muqueuse, la plus interne des trois, est une dépendance de la muqueuse de la caisse. Elle se compose d’un chorion très mince sur lequel se disposent, en une seule rangée, des cellules pavimenteuses à contours polygonaux (fig. 579), qui présentent les plus grandes analogies avec les cellules endothéliales des membranes séreuses.

Fig. 579.

Couche fibreuse de la membrane du tympan : formation dendritique de Gruber.

Fig. 578.

La membrane du tympan, vue par sa face externe, pour montrer ses deux ordres de fibres.

1 , cercle tympanal. — 2, marteau. — 3, enclume.

— 4, membrane de Shrapnell. — 5, fibres circulaires.

— 6, ombilic, d’où partent les fibres l’adiées.

OREILLE MOYENNE

Gerlach a signalé, dans la zone périphérique de cette muqueuse, l’existence de petites élevures en forme de papilles. D’après Prussak, ces formations papillaires s’observent sur toute l’étendue de la membrane, voire même dans sa portion fïaccide.

Le bourrelet annulaire de la membrane du tympan, qui fixe cette dernière au cercle tympanal {ligament annulaire de quelques auteurs), n’est pas une formation spéciale : il est constitué (fig. 578, 2) par l’entrecroisement, à la périphérie de la membrane, des différents faisceaux conjonctifs de sa couche fibreuse, auxquels viennent se joindre le périoste, le derme cutané et le chorion de la muqueuse. Histologiquement, il nous présente des libres et des cellules du tissu conjonctif, des éléments fusiformes et un certain nombre de cellules cartilagineuses.

Quant à la membrane llaccide de Shrapnell, elle est caractérisée par l’absence à peu près complète de la couche fibreuse, qui ne lui envoie que quelques tractus sans importance. Elle se réduit donc pour ainsi dire à deux couches, directement adossées l’une à l’autre : la couche cutanée et la couche muqueuse.

8° Vaisseaux. — La membrane du tympan, comme le conduit auditif qu’elle ferme en dedans, nous offre à considérer : 1° des artères; 2° des veines ; 3° des lymphatiques.

a. Artères. — Les artères de la membrane du tympan se disposent en deux réseaux : un réseau externe, en rapport avec son revêtement cutané ; un réseau interne, en rapport avec son revêtement muqueux.

a) Le réseau externe n’est que la continuation de celui du conduit auditif. 11 reçoit ses artères de la tympanique ou auriculaire profonde (branche de la maxillaire interne) qui, de la périphérie de la membrane, envoie vers son centre un très grand nombre de rameaux, disposés en sens radiaire et fréquemment anastomosés entre eux. De ces rameaux à direction radiaire, il y en a ordinairement un , plus volumineux que les autres, qui descend un peu en arrière du manche du marteau ( artère du manche du marteau), en formant avec ce dernier un petit angle à sommet supérieur. On peut

Fig. 580.

Vaisseaux sanguins de la membrane du tympan, vus par la face externe.

(Pour orienter le lecteur, ou a représenté, à l’entrée du conduit auditif le tragus, l’antitragus et l’incisura intertragica.)

1, paroi du conduit auditif externe. — 2, membrane du tympan. — 3, manche du marteau. — 4, artère du manche du marteau, abordant la membrane du tympan par sa partie supérieure. — 5, 6, autres branches, abordant la membrane par sa partie inférieure et sa partie antérieure. — 7, tragus. — 8, antilragus. — 9, incisura intertragica.

suivre ce rameau jusqu’à l’ombilic. Il est souvent

double ; d’autres fois, il se divise, un peu avant sa terminaison, en deux branches qui, en se réunissant de nouveau un peu plus bas, circonscrivent sur l’extrémité tout inférieure du marteau une sorte d’ovale plus ou moins allongé. Chemin faisant, l’artère du manche du marteau émet quelques fines collatérales qui s’anastomosent bientôt avec les artères radiaires correspondantes, soit antérieures, soit postérieures.

P) Le réseau interne , moins considérable que le précédent, est alimenté par les

artères de la caisse, tout particulièrement par Y artère tympanique et par un rameau de Yartère stylo-mastoïdienne qui accompagne la corde du tympan. Il se dispose, dans le chorion de la muqueuse, en un fin réseau, plus riche à la périphérie qu’au centre, dont les travées principales affectent, comme pour le réseau cutané, une disposition nettement radiaire.

Outre ces deux réseaux externe et interne, Kessel a décrit dans la couche fibreuse de la membrane tympanique un troisième réseau, formé par de fins capillaires, dont les mailles seraient généralement parallèles aux faisceaux fibreux. Ce réseau moyen, toutefois, est rejeté, en tant que réseau, par Moos. D’après ce dernier auteur, la couche fibreuse de la membrane tympanique ne renfermerait guère que des rameaux anastomotiques faisant communiquer l’un avec l’autre les deux réseaux muqueux et cutané. Ces communications entre les deux réseaux sont établis : 1° par des rameaux relativement volumineux, dits perforants , qui vont de l’un à l’autre et qui sont surtout abondants dans la moitié supérieure du manche du marteau; 2° par un réseau capillaire que l’on rencontre au niveau du marteau et tout autour de la membrane du tympan, au niveau du bourrelet annulaire.

b. Veines. — Les veines de la membrane da tympan se disposent assez exactement comme les artères. Gomme ces dernières, elles forment un double réseau : un réseau externe ou cutané et un réseau interne ou muqueux.

a) Pour le réseau cutané, elles forment un double courant : les unes se portent vers l’ombilic, où elles se condensent en deux veinules ascendantes, lesquelles longent le manche du marteau en suivant, l une le bord antérieur, l’autre le bord postérieur; les autres, suivant un trajet radiaire, se portent vers la circonférence de la membrane et, là, se mêlent aux veines du conduit auditif externe (voy. p. 646). Finalement, les veines du réseau externe de la membrane tympanique aboutissent à la veine jugulaire externe.

P) Pour le réseau muqueux, les veines se jettent, en partie dans le réseau veineux de la trompe et, par son intermédiaire, dans le plexus ptérygoïdien, en partie aussi dans les veines de la dure-mère et dans la portion transversale du sinus latéral (Urbantschitsch).

Il convient d’ajouter que le réseau muqueux est uni au réseau cutané par de très nombreuses veinules perforantes, qui traversent en dedans et en dehors la couche fibreuse et permettent ainsi au sang veineux de la caisse de s’échapper dans le réseau veineux du conduit auditif externe.

c. Lymphatiques. — Les lymphatiques, bien décrits par Kessel, se distinguent, comme les vaisseaux sanguins, en externes et internes :

a) Les lymphatiques externes forment dans toute l’étendue du derme cutané un

Epithélium de la couche muqueuse de la membrane du tympan, après l’imprégnation d’argent (d’après Kessel).

On y voit des cellules plates de différentes grandeurs (1, 2, 3, 4), à contours polygonaux, séparées par des ligues cimentaires (5) très nettes et continues. Sur certains points se trouvent entre les cellules de petits espaces noirs, probablement (?) des stomates.

OREILLE MOYENNE

fin réseau, dont les branches se continuent, à la limite de la membrane du tympan, avec les lymphatiques du conduit auditif externe.

P) Les lymphatiques internes constituent également dans le derme muqueux un système canaliculé, qui s’anastomose çà et là avec le réseau précédent et déverse son contenu dans les lymphatiques de la caisse. Outre ces vaisseaux, Kessel décrit encore, comme appartenant au système lymphatique, les lacunes précédemment signalées (p. 654) entre les prolongements de cette formation fibreuse spéciale qui est située au-dessous de la muqueuse et qui a été décrite par Gruber sous le nom de formation dendritique. Ces espaces sont tapissés à leur intérieur d’un endothélium et acquièrent ainsi la valeur de véritables sacs lymphatiques. Nous devons ajouter que Kessel a réussi, chez le chien, à remplir le système lymphatique qui nous occupe, par le procédé utilisé autrefois par Ludwig pour injecter les lymphatiques du diaphragme. Dès lors, il est rationnel d’admettre qu’ici, comme sur le centre phrénique, le revêtement épithélial de la membrane du tympan présente, du côté de la caisse, des solutions de continuité ou stomates, qui mettent les lymphatiques précités en communication avec la caisse du tympan et à travers lesquels peuvent se résorber les liquides épanchés dans la caisse.

0° Nerfs. — Les nerfs de la membrane du tympan, décrits depuis longtemps déjà par Kessel (1870), parBERTELLi (1893), par Jacques (1900), parCALAMiDA (1901), ont été étudiés à nouveau, dans ces dernières années, soit par la méthode de Golgi, soit par le bleu de méthylène, par Deineka (1905), par Wilson (1907) et par Gemelli (1908).

a. Origine. — Ces nerfs ont exactement la même origine que ceux destinés au conduit auditif externe et au revêtement muqueux de la caisse. Ils proviennent des trois sources suivantes : 1° d’un rameau du nerf auriculo-temporal, branche du trijumeau; 2° du rameau auriculaire du nerf vague; 3° des rameaux que le nerf de Jacobson (branche du glosso-pharyngien) jette sur la muqueuse tympanique.

b. Plexus fondamental. — Quelle que soit leur origine, les branches nerveuses destinées à la membrane du tympan, abordent cette dernière sur deux points : 1° tout en haut, au niveau de la membrane flaccide ; 2° sur son pourtour, au niveau de son insertion sur le sulcus tympanicus. Les premières, de beaucoup les plus importantes, se portent obliquement en bas et en avant (fig. 582), croisent sous des angles divers la tête et le manche du marteau et recouvrent de leurs fines ramifications la plus grande partie de la membrane tympanique. Les autres, à la fois beaucoup plus courtes et beaucoup plus ténues, pénètrent' dans la membrane sur les différents points de son pourtour et marchent, en rayonnant, à la rencontre des précédentes: Ces différentes branches nerveuses occupent tout d’abord la

Les nerfs de la membrane du tympan, vue externe (d’après Gemelli).

1, tête du marteau. — 2, sa petite apophyse. — 3, son manche. — 4, faisceaux de fibres nerveuses, abordant la membrane du tympan par la partie flaccide. — 5, une fibre provenant de la partie inférieure de la membrane.

ORGANES DES SENS

couche fibreuse de la membrane du tympan, où elles forment, par leur ensemble, un riche plexus, le plexus fondamental.

Signalons dans ce plexus fondamental l’existence d’un plexus spécial, qui suit assez exactement l’artère du manche du marteau.

Des nombreuses ramifications qui constituent le plexus fondamental, un certain nombre sont destinées à la couche fibreuse elle-même : elles s’y terminent par des extrémités libres, portant chacun un petit renflement en forme de plaque ( plaque

terminale ) , dans lequel Gemelli a pu constater l’existence d’une fine réticulation nerveuse. Les autres, et elles sont incomparablement les plus nombreuses, se portent soit en dehors soit en dedans, pour former, au-dessous des deux revêtements épithéliaux de la membrane tympanique, deux nouveaux plexus : 1° en dehors, le plexus superficiel externe ou sous-cutané ; 2° en dedans, le plexus superficiel interne ou sous-muqueux.

c. Plexus sous-cutané. — Le plexus sous-cutané, formé par les branches externes du plexus fondamental, auxquelles viennent se joindre un certain nombre de ramuscules nerveux provenant directement de la peau du conduit auditif, se trouve situé dans le chorion du revêtement cutané de la membrane tympanique. Ses ramifications terminales se perdent, en partie sur les vaisseaux {nerfs vaso-moteurs), en partie dans la couche épithéliale (nerfs sensitifs). Les terminaisons sensitives intra-épithéliales ou intra-épidermiques (puisque l’épithélium en question est de l’épiderme), se font ici exactement comme dans la cornée par des fibrilles moniliformes se disposant en arborisations plus ou moins riches. Kessel, sur le trajet des fibrilles nerveuses, avait décrit des cellules ganglionnaires. Mais ces prétendues cellules nerveuses n’ont pas été retrouvées par Jacques, qui estime que les figures décrites par Kessel doivent être interprétées tout simplement comme des épaississements nodaux ou bien encore comme des cellules de la gaine.

d. Plexus sous-muqueux . — Le plexus sous-muqueux s’étale, de même, dans le chorion du revêtement muqueux de la membrane du tympan. Comme le précédent, il est formé à la fois par les fibres internes du plexus fondamental et par quelques fins ramuscules qui proviennent directement de la muqueuse tympanique. Ces deux ordres de filets forment dans le chorion muqueux un plexus à larges mailles d’où s’échappent, ici encore, des fibres vaso-motrices et des fibres sensitives : des fibres vaso-motrices, qui se portent sur les vaisseaux sanguins et lymphatiques ; des fibres sensitives, qui viennent se perdre entre les cellules du revêtement épithélial. Jacques fait remarquer que le plexus muqueux lui a paru infiniment moins riche que le plexus cutané.

B) Portion osseuse de la paroi externe. — La membrane du tympan, avons-nous dit plus haut, ne forme qu’une partie (les trois cinquièmes environ) de la paroi externe de la caisse. Dans le reste de son étendue, la paroi est osseuse.

a) En haut , cette paroi osseuse mesure 5 ou 6 millimètres de hauteur. Comme nous le montre nettement la figure 584, elle est obliquement dirigée de haut en bas

Eig. 583.

Appareils terminaux dans la couche fibreuse de la membrane du tympan (d’après Gemellt).

1, faisceau de fibrilles provevenant du plexus fondamental. — 2, une plaque terminale. — 3, une fibrille possédant trois renflements terminaux.

OREILLE MOYENNE

et de dehors en dedans. La portion de la caisse du tympan qui lui correspond a reçu les noms divers de cavité supérieure de la caisse, de recessus épitympanique , A'attique. On la désigne encore sous le nom de logette des osselets (elle loge en effet la tête du marteau et le corps de l’enclume), et voilà pourquoi la portion osseuse qui se trouve située au-dessus de la membrane du tympan et qui constitue réellement la paroi externe de cette cavité a reçu le nom de mur de la logette (fig. 584, 8). La logette des osselets et le mur de la logette, qui la sépare du conduit auditif externe, a reçu dans ces dernières années, en raison de sa pathologie et des interventions chirurgicales dont elle peut être le siège, une importance considérable. Nous nous contenterons ici de signaler sa situation et ses principaux rapports, renvoyant pour plus de détails aux traités d’anatomie topographique.

P) En avant et en arrière, la portion osseuse de la paroi est de 2 millimètres.

y) En bas, elle est plus réduite ; mais, sur ce point encore, la membrane du tympan ne descend pas jusqu’à la circonférence de la caisse. Elle, en est séparée par un petit rebord osseux qui mesure en moyenne 1 millimètre à 1 millimètre et demi de hauteur. Ce rebord osseux et la paroi inférieure de la caisse délimitent (fig. -546, A et B), immédiatement en dehors du conduit auditif externe, une gouttière antéro-postérieure, une sorte de basfond ( bas-fond de la caisse , recessus hypotympanique ) où peuvent séjourner des corps étrangers et où s’amasse le pus dans les cas d’otite moyenne (voy. les Traités d' Anatomie topographique).

B. — Paroi interne ou labyrinthique

La paroi interne de la caisse du tympan (fig. 572 et 585) sépare l’oreille moyenne de l’oreille interne. C’est de toutes les parois de la caisse, celle qui est la plus riche en détails anatomiques. Ces détails sont heureusement bien connus, faciles à constater sur la pièce osseuse et leur description ne présente que peu de difficultés.

1° Promontoire. — Tout d’abord, notre paroi interne se soulève à sa partie centrale en une saillie mamelonnée, qui porte le nom de promontoire (fig. 585, 1). Elle mesure, en moyenne, 6 millimètres de largeur sur 5 millimètres de hauteur. Cette saillie, disons-le en passant, répond, du côté de l’oreille interne, au premier tour de spire du limaçon. Sa base fait corps avec le rocher. Son point culminant

Fig. 584.

Coupe frontale de la caisse du tympan, pour montrer l’attique et le recessus hypotympanique (T. J.).

1, étage supérieur de la caisse du tympan ou altique. — 2, étage moyen, répondant à la membrane du tympan. — 3, étage inférieur ou recessus hypotympanique. — 4. oreiüe interne. — 5, cellules de la paroi supérieure du conduit auditif externe s’ouvrant dans l’attique. — 6, fosse cérébrale moyenne. — 7, golfe de la jugulaire. - 8, mur de la logette.

Les flèches a, b; c, d, e , indiquant le trajet que suit l’infection partie de la caisse pour se propager aux régions voisines.

ORGANES DES SENS

ou sommet regarde la membrane du tympan, dont elle n’est séparée que par un intervalle de 1 millimètre et demi à 2 millimètres.

A la partie inférieure du promontoire, tout près de la paroi inférieure de la caisse, se voit l’orifice supérieur du canal de Jacobson (2), que nous avons déjà signalé en Ostéologie (voy. t. 1er). De cet orifice part une gouttière à direction verticale, qui se ramifie sur le promontoire.

Le canal de Jacobson, et la gouttière ramifiée qui lui fait suite sur la paroi interne de la caisse, logent le nerf de Jacobson et ses différentes branches (voy.

fig. 102, p. 106).

2° Fenêtre ovale. — Si maintenant nous jetons les yeux au-dessus et un peu en arrière du promontoire, nous apercevons un orifice allongé dans le sens transversal, c’est la fenêtre ovale (fig. 585, 3). Son grand diamètre, obliquement dirigé

Fig. 5S5.

Paroi interne de la caisse du tympan.'

(Grossissement du segment B de la figure 530.)

1, promontoire, avec t’, les sillons du neuf de Jacobson. — 2. orifice par lequel ce dernier nerf pénètre dans la caisse. — 3, fenêtre ovale. — 4, sinus tvmpani. — 5, fossula rotonda, avec 5’, fenêtre ronde. — 6. portion osseuse de la trompe d’Eustache. — 7, bec de cuiller, .terminant le conduit du muscle du marteau. — 8, pyramide. — 9, aqueduc de Fallope, avec 9’, trou stylo-mastoïdien. — 10, canal demi-circulaire externe ou horizontal. — 11, autre mastoïdien. — il’, cellules mastoïdiennes. — 12, hiatus de Fallope. — 13, canal carotidien. — 14, échancrure correspondant au golfe de la veine jugulaire. — 15, face antérieure du rocher.

d’arrière en avant et de bas en haut, mesure de 3 millimètres à 3 millimètres et demi ; son petit diamètre, 1 millimètre et demi seulement. Son bord supérieur est courbe, à concavité dirigée en bas. Son bord inférieur est le plus habituellement rectiligne, de telle sorte que la fenêtre ovale nous présente, en réalité, une forme demi-circulaire : on la compare quelquefois, avec beaucoup de raison du reste, à l’ouverture d’un four.

Envisagée au point de vue de ses relations, la fenêtre ovale fait communiquer la caisse du tympan avec le vestibule de l’oreille interne. Cette communication, toutefois, n’existe que sur le squelette. A l’état frais, la fenêtre en question est comblée, du côté de la caisse, par la base de l’étrier, qui présente la même confi-

OREILLE MOYENNE

guration qu’elle et remplit à son égard l’office d’un bouchon. Cette occlusion est complétée, en outre, du côté de l’oreille interne, par le périoste du vestibule qui s’étend sans interruption de l’un à l’autre bord de la fenêtre ovale en adhérant intimement à la base de l’étrier.

La fenêtre ovale occupe le fond d’une dépression infundibuliforme, connue sous le nom de fossette de la fenêtre ovale ou, tout simplement, de fossette ovale : c’est 1 e pelvis ovalis de certains auteurs. Cette fossette, plus ou moins profonde, suivant les sujets, mais toujours très marquée, se trouve circonscrite : en bas, par le promontoire et par une petite lamelle osseuse, qui, du promontoire, se rend au côté interne de la pyramide; en haut, par le bec de cuiller (voir plus loin), et par la deuxième portion de l’aqueduc de Fallope qui, comme on le sait, loge le nerf facial. Nous ferons remarquer en passant : 1° que cette deuxième portion de l’aqueduc est légèrement oblique en bas et en dehors (fig. 585, 9) ; 2° qu’elle mesure de 10 à 12 millimètres de longueur ; 3° qu’elle fait suite, en avant, à la portion postéro-antérieure de l’aqueduc et qu’elle est continuée, en arrière, par sa portion verticale; 4° que c’est par sa partie moyenne qu’elle surplombe et limite la fossette ovale; 5° enfin, qu’elle n’est séparée de la caisse du tympan, à ce niveau, que par une lame osseuse mince et transparente. Cette lame osseuse peut même faire défaut par place., et, dans ce cas, le contenu de l’aqueduc, c’est-à-dire le nerf facial, n’est plus séparé de la caisse que par l’épaisseur d’une fibromuqueuse : de pareils faits s’expliquent par un arrêt de développement, car jusqu’au quatrième mois de la vie embryonnaire l’aqueduc de Fallope est membraneux, comme l’a démontré Rôdinger. Ces rapports de voisinage de la fossette ovale ët de l’aqueduc de Fallope ne devront pas être oubliés en pathologie auriculaire : ils nous expliquent, en effet, d’une façon très nette, l’influence nocive que peuvent avoir sur le fonctionnement du facial les lésions de la caisse du tympan.

3° Fenêtre ronde et tympan secondaire. — A la partie postéro-inférieure du promontoire, au-dessous par conséquent de la fenêtre ovale, nous rencontrons un deuxième orifice, celui-ci plus petit et de forme circulaire : c’est la fenêtre ronde. Elle répond à l’extrémité inférieure de la rampe tympanique du limaçon, qui lui fait suite. Son diamètre, variable suivant les sujets, mesure ordinairement de 1 millimètre et demi à 2 millimètres. Elle est fermée, à l’état frais, par une mince membrane, un peu concave du côté de la caisse : c’est la membrane de la fenêtre ronde ou tympan secondaire (Scarpa).

Histologiquement, cette membrane se compose, comme la membrane du tympan, de trois couches : 1° une couche moyenne ou couche fondamentale, formée par des fibres conjonctives qui se disposent, pour la plupart, dans un sens radiaire; 2° une couche externe ou muqueuse, qui est une dépendance de la muqueuse de la caisse ; 3° une couche interne, que baigne la périlymphe et qui est constituée, comme pour tous les espaces périlymphatiques, par une formation endothéliale.

Comme la fenêtre ovale, la fenêtre ronde, vue de côté de la caisse, s’ouvre dans le fond d’une dépression qui lui sert de vestibule et que nous appellerons la fossette de la fenêtre ronde : c’est la fossula rotunda de certains auteurs. Nous ferons remarquer, en outre, que le promontoire la surplombe et la dissimule en grande partie, de telle sorte que, pour avoir une idée exacte de sa situation et de sa forme, il faut regarder le promontoire, non pas de face (on ne la verrait pas), mais par son côté postéro-inférieur. On constate alors que la fenêtre ronde, fortement oblique sur le plan des bases de la caisse, regarde à la fois en arrière, en dehors et un peu en bas.

ORGANES DES SENS

4Ù Sinustympani. — Entre la fossette de la fenêtre ovale et la fossette de la fenêtre ronde que nous venons de décrire, se trouve une troisième fossette (fig. 585,4), connue sous le nom de sinus tympani ou cavité sous-pyramidale d’HuGuiER.

Cette fossette, parfaitement étudiée en 1879 par Steinbrügge, se trouve située immédiatement en arrière du promontoire, qui forme sa limite antérieure. En haut et en bas, elle est circonscrite par deux petites murailles osseuses, qui la séparent,

I une de la fossette ovale, l’autre de la fossette ronde. En arrière, elle est limitée par la base de la pyramide, que nous décrirons dans un instant.

Ainsi constitué, le sinus tympani revêt habituellement une forme circulaire : il mesure, en moyenne, 4 millimètres de diamètre sur 3 millimètres de profondeur.

II répond, du côté de l’oreille interne, à l’extrémité ampullaire du canal demi-circulaire postérieur. Son fond nous présente un ou deux petits orifices, à travers lesquels passent des vaisseaux destinés à la muqueuse de la caisse.

5° Pyramide. — Immédiatement en arrière du sinus tympani, mais sur un plan un peu plus externe, se dresse une petite saillie osseuse (fig. 585,8 et 586,3), qui, en raison de sa forme, a reçu le nom de pyramide. Sa hauteur, très variable suivant les sujets, mesure ordinairement 1 millimètre à 1 millimètre et demi. Sa base, dirigée en bas et en arrière, fait corps avec l’os : elle sert de limite respective à la paroi interne et à la paroi postérieure de la caisse. Son sommet, plus ou moins recourbé en croche , se porte en avant et en haut et s’arrête exactement à la partie postérieure de la fosse ovale.

Le sommet de la pyramide est percé d’un petit orifice circulaire, qui est généralement très visible à l’œil nu. Cet orifice nous conduit dans un canal à diamètre plus large, le canal de la pyramide, lequel se dirige en arrière et en bas et descend, comme l’a démontré Hugüier, jusqu’à la base du crâne : il s’ouvre, là, par un tout petit pertuis, qui est situé immédiatement en avant du trou stylomastoïdien.

Le canal de la pyramide, disons-le par anticipation, loge le muscle de l’étrier, et l’orifice circulaire qui le termine en haut livre passage au tendon de ce muscle.

Dans toute son étendue, ce canal est situé en avant de l’aqueduc de Fallope, dont il n’est séparé que par une mince cloison osseuse. Il communique même avec ce dernier canal par un ou deux orifices, en forme de fentes (fig. 586), qui livrent passage aux nerfs et aux vaisseaux du muscle de l’étrier. '

6° Conduit du muscle du marteau, bec de cuiller. — La paroi interne de la caisse du tympan nous présente un dernier détail : c’est le conduit du muscle du marteau, lequel occupe la partie antéro-supérieure de cette paroi. Le conduit du muscle du marteau, comme nous l’avons déjà vu en Ostéologie (voy. t. Ier), commence dans l’angle rentrant que forme le bord antérieur du rocher en s’unissant à l’écaille temporale. De là, il se dirige obliquement en dehors, en arrière et un peu en haut, en suivant exactement le même trajet que la trompe d’Eustache qui se trouve placée un peu au-dessous de lui. Il gagne ensuite la caisse du tympan, passe audessus du promontoire et arrive à la partie antérieure de la fenêtre ovale. Là, il s’infléchit sur lui-même pour se porter transversalement de dedans en dehors et se termine bientôt par un petit orifice arrondi, par lequel s’échappe le tendon du muscle du marteau.

Le conduit du muscle du marteau se divise donc en deux portions : 1° une portion réfléchie , qui mesure à peine 1 millimètre de longueur et qui, tout entière, est située dans la caisse du tympan ; 2° une portion directe, beaucoup plus longue.

OREILLE MOYENNE

qui est située, en partie dans la caisse tympanique, en partie en dehors de la caisse.

Sa longueur totale mesure de 10 à 15 millimètres, dont 5 pour sa partie intratympanique, 8 ou 10 pour sa portion extra-tympanique.

La portion du conduit qui appartient à la caisse diffère beaucoup suivant qu’on l’examine sur une tête macérée ou sur un rocher possédant encore ses parties molles. Sur ce dernier, le conduit affecte une configuration plus ou moins cylindrique, et, de plus, il est complet dans toute son étendue. Au contraire, sur un rocher macéré, et par suite de la macération elle-même, la moitié antéro-externe de sa paroi, très mince et partant très fragile, a totalement disparu. Au lieu et place d’un canal complet, il n’existe plus maintenant qu’un demi-canal ou, si l’on veut, qu’une simple gouttière, laquelle se rétrécit et se redresse à son extrémité externe comme le fait l’extrémité libre d’une cuiller : de là le nom de bec de cuiller, sous lequel on désigne, dans tous les traités classiques, l’extrémité tympanique du conduit en question (fig. 585, 1).

Nous rappellerons, en passant, que le bec de cuiller surplombe la fosse ovale, dont il constitue la limite antérieure et supérieure, et nous ferons remarquer, en terminant cette longue description de la paroi labyrinthique de la caisse : 1° que les deux muscles de l’oreille moyenne, muscle de l’étrier et muscle du marteau, occupent, dans la plus grande partie de leur étendue, l’intérieur d’un canal osseux; 2° que ces deux canaux osseux s’ouvrent l’un et l’autre, pour laisser échapper leur tendon musculaire, à la partie supérieure de la caisse : l’un, le canal du muscle de l’étrier, au niveau de l’extrémité postérieure de la fenêtre ovale ; l’autre, le canal du muscle du marteau, au niveau de l’extrémité antérieure de cette même fenêtre (fig. 586) ; 3° enfin, que chacun de ces deux canaux se coude à son extrémité tympanique, modifie ainsi la direction initiale du muscle qu’il contient et, par conséquent, fait office de poulie de réflexion.

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