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ET DE LA PHONATION

Nous avons déjà vu, dans la partie de cet ouvrage consacrée à l’angéiologie, que le sang artériel, en baignant les éléments histologiques, leur abandonnait les principes nécessaires à leur nutrition et à leur fonctionnement et recevait d’eux, en échange, les matériaux dits de désassimilation. Ainsi modifié, le sang prend le nom de sang veineux : il est noir, pauvre en oxygène, surchargé de matériaux de déchet; mais ce qui le caractérise avant tout, fonctionnellement, c’est qu’il est devenu tout à fait impropre à entretenir la vie.

La respiration a précisément pour but de lui restituer ses qualités premières, et cette fonction consiste en un simple échange de gaz entre le sang veineux et l’air atmosphérique : l’air abandonne au sang une partie de son oxygène, tandis qu’à son tour le sang rejette dans l’air de l’acide carbonique, de la vapeur d’eau et un peu d’azote. A la suite de cet échange réciproque, qui constitue le phénomène de l 'hématose, le sang veineux a retrouvé toutes ses qualités chimiques et biologiques : il est redevenu sang artériel.

La fonction respiratoire, chez tous les animaux à respiration aérienne, a pour organes essentiels les poumons, viscères pairs, très volumineux, situés dans les parties latérales du thorax, de chaque côté du cœur et des grands vaisseaux qui en partent. C’est dans leur épaisseur que le sang veineux et l’air atmosphérique viennent se mettre en présence et que s’effectuent, par voie d’osmose à travers une mince membrane, les échanges gazeux dont il est question plus haut.

Chacun des deux poumons, pour faciliter son glissement sur une paroi thoracique qui est toujours en mouvement, est entouré sur tout son pourtour par une membrane séreuse, appelée plèvre .

Pour arriver aux poumons, le sang veineux et l’air atmosphérique suivent un trajet bien différent. Le sang veineux y est apporté par les artères pulmonaires, qui proviennent du ventricule droit et que nous avons déjà décrites. Quant à l’air, il suit un long conduit, le conduit aérifère : il comprend, à son origine, les fosses nasales et accessoirement la bouche ; plus loin, il est formé successivement par le pharynx, le larynx, la trachée et les bronches. De ces différents segments du conduit aérifère, les premiers nous sont déjà connus : nous avons étudié, en effet, les fosses nasales à propos des organes des sens, la bouche et le pharynx à propos de l’appareil digestif. Nous n’aurons donc à nous occuper, dans le présent livre, que des segments qui sont situés au delà.

ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDTT.

APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

En ce qui concerne la phonation, elle ne possède aucun organe qui lui appartienne en propre. La nature s’est contentée de différencier, en vue de cette fonction spéciale, une portion du conduit aérifère, celle qui est située entre le pharynx et la trachée et qui constitue le larynx.

Nous étudierons successivement, dans quatre articles distincts :

1° Le larynx;

2° Le conduit trachéo-bronchique ;

3° Les poumons ;

4° Les plèvres.

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