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ARTICLE I LARYNX

Le larynx (angl. Larynx, allem. Kehlhopf), portion différenciée du conduit aérifère, ne sert pas seulement au passage de l’air de la respiration. Il est encore l’organe essentiel de la phonation et, à ce titre, il prend place parmi les organes les plus importants de la vie de relation. Il doit ce rôle relevé d’organe phonateur à l’apparition, dans son intérieur et à sa partie moyenne, de deux lames élastiques et plus ou moins tendues, les cordes vocales, lesquelles sont susceptibles de vibrer sous l’action de la colonne d’air expiré et transmettent ensuite à cette même colonne d’air les vibrations qui constituent la voix.

Le larynx, on le voit, est de tous points comparable à un instrument à anche. Il fait défaut chez tous les invertébrés et, parmi les vertébrés, chez les poissons. Il existe chez quelques reptiles, chez les oiseaux, chez les mammifères, et acquiert chez l’homme son plus haut degré de développement. Il est à remarquer toutefois que le larynx, même chez l’homme', ne produit que le son, 1 e son laryngien : la voix résulte des modifications, si nombreuses et si variées, que subit le son laryngien en traversant les différentes portions du conduit aérifère qui surmontent le larynx. Quant à la parole , qui est la voix articulée et qui est particulière à l’homme, elle a son origine dans une action nerveuse spéciale, d’ordre psychique, dont le centre, comme nous l’avons vu en névrologie, se trouve situé à la partie postérieure de la troisième circonvolution frontale.

Après quelques considérations générales jetées sur le larynx, nous étudierons successivement : 1° sa conformation extérieure ; 2° sa conformation intérieure ; 3° sa constitution anatomique ; 4° ses vaisseaux et ses nerfs.

§ 1. — Considérations générales

1° Situation. — Le larynx, organe impair, médian, symétrique, occupe la partie moyenne et antérieure du cou. Il est situé : 1° immédiatement en avant du pharynx, avec lequel il communique par une large ouverture, qui répond à sa hase ; 2° au-dessous de la trachée-artère, qu’il surmonte à la manière d’un chapiteau ; 3° au-dessous de l'os hyoïde et de la langue, auxquels il se trouve intimement lié et dont il suit tous les mouvements.

Projeté sur la colonne vertébrale, le larynx chez l’homme adulte, répond ordinairement aux quatre dernières vertèbres cervicales : une ligne horizontale et médiane menée par l’échancrure du cartilage thyroïde rencontre, en arrière, la

LA RYNX

partie supérieure du corps de la cinquième cervicale; une deuxième ligne horizontale et médiane, passant par le bord inférieur du cricoïde, rencontre la partie moyenne ou même la partie inférieure du corps de la septième cervicale.

L’observation nous apprend que le larynx est un peu plus élevé chez la femme que chez l’homme. Comme nous le montre nettement la coupe représentée dans la

Le larynx d’une femme de trente ans, vu sur une coupe sagittale (sujet congelé, segment gauche

de la coupe).

Cm, Civ, Cv, Cvi, Cviit troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième cervicales. — Di, Du, première et deuxième dorsales. — xx, axe passant par la partie la plus élevée de l’épiglotte. — yy, axe passant par le bord supérieur du cartilage thyroïde. — zz, axe passant par le bord inférieur du cartilage cricoïde.

I, larynx, avec : 2, épiglotte; 3, cartilage thyroïde; 4, 4’, cartilage cricoïde; 5, muscle ary-aryténoïdien : 6, entrée du ventricule. — 7, os hyoïde. — 7’, bourse séreuse de Boyer. — 8, membrane thyro-hyoïdienne. — 9, trachée. — 10, œsophage. — 11, corps thyroïde, hypertrophié et comprimant la trachée. — 12, deux veines thyroïdiennes. — 13, maxillaire inférieur. — 14, génio-glosse. — la, génio-hyoïdien. — 16. mylo-hyoïdien. — 17, aponévrose cervicale, se dédoublant au-dessus du sternum. — 18, espace sus-sternal. — 19, sternum.

figure 676, le plan horizontal tangent au bord inférieur du cricoïde répond, chez elle, à la partie supérieure du corps de la septième cervicale ou bien au disque intervertébral qui sépare la septième de la sixième. A son tour, le plan horizontal tangent au bord supérieur du thyroïde rencontre le disque intervertébral qui sépare la cinquième cervicale de la quatrième. Quant au plan tangent à la

APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

partie la plus élevée de l’épiglotte, il répond à la partie moyenne de la troisième cervicale.

Les recherches de Symington nous apprennent encore que le larynx est beaucoup plus élevé chez l’enfant que chez l’adulte. Son extrémité supérieure représentée par le point le plus élevé de l’épiglotte, répond chez le nouveau-né, à la partie moyenne du corps de Taxis. Chez l’enfant de six ans, elle remonte encore jusqu’au disque intervertébral qui sépare Taxis de la troisième cervicale.

2° Moyens de fixité. — Le larynx est maintenu en position : 1° par sa continuité avec la trachée, à laquelle il fait suite ; 2° par sa continuité avec le pharynx, dont il constitue, à son niveau, la paroi antérieure ; 3° par un certain nombre de muscles et de ligaments, qui le rattachent d’une part à l’os hyoïde, d’autre part à la base du thorax.

3° Mobilité. — - Malgré la multiplicité des conditions anatomiques qui tendent à le fixer dans la région qu’il occupe, le larynx jouit de mouvements qui sont à la fois très variés et très étendus. Ces déplacements s’opèrent, suivant les cas, dans le sens vertical, dans le sens antéro-postérieur, dans le sens latéral :

a. Mouvements verticaux. — Les mouvements verticaux se produisent, tout d’abord, dans la déglutition : chacun sait que le larynx s’élève au moment où le bol alimentaire passe de la bouche dans le pharynx, pour revenir à sa position initiale ou position de repos lorsque ce bol alimentaire est parvenu dans l’œsophage. Ces mouvements s’observent encore dans le chant, le larynx s’élevant dans les sons aigus, s’abaissant au contraire pour la production des sons graves. Le déplacement dans le sens vertical ne dépasse pas 2 ou 3 centimètres.

b. Mouvements antéro-postérieurs . — Les mouvements dans le sens antéropostérieur s’associent habituellement aux mouvements précédents : c’est ainsi que le larynx se porte un peu en avant quand il s’élève, et revient en arrière quand il s’abaisse.

c. Mouvements latéraux. — Quant aux mouvements latéraux, ils diffèrent des précédents en ce qu’ils sont purement mécaniques, c’est-à-dire complètement indépendants de l’action musculaire. Pour donner deux exemples, la main saisissant le larynx peut le porter alternativement à droite et à gauche ; de même, une tumeur, se développant sur Tune de ses faces latérales, le repousse devant elle et lui fait abandonner la ligne médiane. Gomme on le voit, ces déplacements latéraux du larynx ne sont pas physiologiques, mais accidentels.

4° Dimensions. — Les dimensions du larynx varient beaucoup suivant les individus, suivant les sexes et suivant les âges :

a. Variations suivant les individus . — Les caractères physiques de la voix varient suivant les sujets et ces variations sont telles qu’on a pu dire, non sans raison, qu’il y a autant de voix que d’individus. L’organe producteur de la voix est naturellement, lui aussi, fort variable. En faisant abstraction des variations de détail pour ne considérer que les variations portant sur l’ensemble, on peut admettre des larynx de grand , de petit et de moyen volume.

Ces variations volumétriques du larynx sont indépendantes de la taille. Mais elles paraissent intimement liées à ce qu’on pourrait appeler le diapason de la voix : les petits larynx sont l’apanage des sujets dont la voix s’étend surtout dans le registre d’en haut; par contre, les larynx très développés sont en rapport avec les voix graves.

LARYNX

Les mensurations de Sappey nous apprennent d’autre part que, des trois diamètres du larynx, l’antéro-postérieur est celui qui varie le moins ; vient ensuite le diamètre vertical et, en dernier lieu, le diamètre transversal. Tandis que le premier de ces diamètres varie de 1 à 5 millimètres, les variations du second s’étendent de \ à 6 millimètres ; les variations du diamètre transversal, de 1 a 1 1 millimètres.

b. Variations suivant les sexes , — Les variations sexuelles du larynx, ordinairement très accusées à l’âge adulte, peuvent se résumer dans cette formule générale : le larynx de l’homme est beaucoup plus développé que celui de la femme. Sappey, qui a mesuré comparativement un certain nombre de larynx appartenant à l’un et à l’autre sexe, est arrivé à des résultats qui sont très démonstratifs à cet égard et que je consigne dans le tableau suivant :

LARYNX DE

l’homme

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