‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 129 sur 154 · CIRCONFÉRENCE · texte numérisé non relu

CIRCONFÉRENCE

AGE

^ ÏC

Transversal, j

Verlical.

Transversal.

mm.

mm.

mm.

mm.

mm.

mm.

mm.

mm.

27 ans.

24 ans.

30 ans.

25 ans.

38 ans.

30 ans.

42 ans.

34 ans.

4 < ans.

38 ans.

50 ans.

40 ans.

56 ans.

50 ans.

60 ans.

70 ans.

Moyennes . . .

Moyennes . . .

Si nous comparons entre eux les différents chiffres contenus dans ce tableau, nous constatons, tout d’abord, que la circonférence du larynx est de 136 millimètres chez l’homme, tandis que, chez la femme, elle n’est que de 112 millimètres : soit une différence, en faveur du larynx de l’homme, de 24 millimètres. Nous voyons ensuite que les dimensions moyennes des trois diamètres du larynx de l’homme Remportent toujours sur les dimensions correspondantes du larynx de la femme. Cette différence de longueur en faveur de l’homme est de 8 millimètres pour le diamètre vertical, de 2 millimètres seulement pour le diamètre transversal, de lO millimètres pour le diamètre antéro-postérieur. C’est donc sur le diamètre antéropostérieur que porte surtout la différence ; et, si l’on veut bien se rappeler que les cordes vocales sont précisément disposées d’avant en arrière, on pourra en conclure a priori que ces dernières formations doivent naturellement être plus longues chez l’homme que chez la femme. C’est, du reste, ce que nous apprendront un peu plus loin les diverses mensurations des cordes vocales.

c. Variations suivant les âges. — Les variations du larynx inhérentes à l’âge sont tout aussi remarquables que les variations sexuelles. Chez le oouveau-né, l'organe phonateur est relativement petit : son diamètre antéro-postérieur mesure à peine 12 millimètres; ses deux autres diamètres, le transversal et l’antéro-postérieur, chacun de 15 à 18 millimètres. De plus, ses dimensions sont à peu près les mêmes dans les deux sexes.

APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

Dans les dix ou douze premières années qui suivent la naissance, le larynx ne subit pour ainsi dire aucun changement notable. Les différentes parties qui le constituent s’accroissent sans doute ; mais cet accroissement est peu marqué et, en tout cas, il n’estproportionnel, ni à celui delà taille, ni à celui des autres organes. A l’époque de la puberté, en même temps que l’appareil génital avec lequel il est intimement lié sous ce rapport, le larynx sort brusquement de l’état de torpeur où il est resté jusque-là et présente un accroissement rapide, tellement rapide que, dans l’espace de quinze à vingt mois, il a pour ainsi dire achevé son évolution : l’épiglotte devient plus large ; le cartilage thyroïde s’élargit lui aussi en même temps qu’il augmente de hauteur ; les deux apophyses qui s’échappent de la base des aryténoïdes s’accroissent à leur tour d’une ‘façon remarquable; les cordes vocales deviennent à la fois plus longues, plus larges, plus épaisses. Ces modifications morphologiques entraînent naturellement un certain nombre de phénomènes d’ordre fonctionnel, dont l’ensemble constitue ce qu’on appelle la mue de la voix : la voix est rauque, inégale, discordante, surtout dans le chant. Il semble que le larynx, en se transformant, en devenant un instrument nouveau, obéit mal encore à la volonté ou n’arrive que difficilement à harmoniser le jeu de ses diverses parties constituantes.

L’espèce de révolution qui s’accomplit dans l’appareil phonateur à l’époque de la puberté s’observe également bien dans l’un et l’autre sexes. Mais elle est incomparablement plus profonde chez le jeune garçon que chez la jeune fille. Chez cette dernière, les dimensions du larynx, les dimensions antéro-postérieures notamment, s’accroissent beaucoup moins, et cette inégalité de développement crée les différences sexuelles, indiquées ci-dessus, qui caractérisent le larynx de l’adulte. Il est à peine besoin de rappeler que, tandis que la voix du jeune garçon se transforme entièrement pour devenir à la fois plus forte et plus grave, celle de la jeune fille se modifie beaucoup moins : tout en s’étendant un peu dans le registre d’en bas, elle conserve toujours, même dans l’âge adulte, ces caractères de voix aiguë, de voix grêle, qui sont l’apanage de l’enfance.

Après la puberté, le larynx continue à s’accroître, mais lentement, jusqu’à l’âge où se termine d’ordinaire l’accroissement général du corps : jusqu’à l’âge de vingt a vingt-cinq ans chez l’homme, jusqu’à l’âge de vingt à vingt-deux ans chez la femme. Plus tard, de vingt-cinq à trente ans, les pièces cartilagineuses commencent à s’ossifier, et ce travail d’ossification, sur lequel nous aurons à revenir à propos de la structure des cartilages (voy. p. 783), se poursuis régulièrement jusqu'à l’âge mur et l’extrême vieillesse.

§ II. — Conformation extérieure et rapports

Considéré dans son ensemble, le larynx a la forme d’une pyramide triangulaire dont la base dirigée en haut, répond à la partie postéro-inférieure de la langue et dont le sommet, fortement tronqué et arrondi, se continue avec la trachée. Ainsi entendu, il nous présente à étudier, comme toute pyramide triangulaire, trois faces , trois bords, une base et un sommet :

1° Faces. — Des trois faces du larynx, l’une regarde directement en arrière, c’est la face postérieure ; les deux autres sont antéro- latérales.

A. Face postérieure. — La face postérieure du larynx, comme nous l’avons déjà

LARYNX

vu à propos de l’appareil digestif, constitue en même temps la portion inférieure de la paroi antérieure du pharynx. Nous l’examinerons successivement (fig. 677) dans sa portion médiane et sur les côtés :

a. Dans sa portion médiane. — Sa portion médiane, tout d'abord, se présente à nous sous la forme d’une saillie verticale, volumineuse, disposée en forme de baril. Cette saillie est formée: 1° en bas, par la partie postérieure du cartilage cricoïde, doublée des deux muscles crico-aryténoïdiens postérieurs; 2° en haut, par les deux cartilages aryténoïdes, réunis l’un à l’autre par les faisceaux constitutifs du muscle

Fig. 677.

Le larynx, vue postérieure.

(La paroi postérieure du pharynx et de l’œsophage a été incisée sur la ligne médiane et les deux moitiés ont été érignées en dehors.)

1, base de la langue, avec 1', sommet du V lingual. — 2, pharynx. — 3, œsophage. — 4, épiglotte. — 5, orifice supérieur dularynx, dans le fond duquel on aperçoit les cordes vocales. —G, nartdages aryténoïdes. — 7, replis aryténo-épiglottiques. — 8, tubercule de Wrisberg ou cunéiforme. — 9, tubercule de Santorini ou corniculé. — iü, échancrure inlerarvtéuoïdienne. — 11, repli interaryténoïdien. — 12, cartilage cricoïde. — 13, replis pliaryngo-épiglottiques. — 14, gouttière pharvngo-laryugée. — 15, pli du laryngé supérieur. — 16, grande corne de l’hyoïde. — 17, bord postérieur du thyroïde.

ary-aryténoïdien. Sa partie moyenne (portion renflée du baril) répond précisément à la ligne d’union du cartilage cricoïde avec les aryténoïdes.

A la partie toute supérieure de la saillie précitée, se voit une échancrure médiane, F échancrure inter aryténoïdienne ou glotte intercartilagineuse : c’est la rimula des anatomistes allemands. Elle est limitée, sur les côtés par les deux aryténoïdes et, en bas, par un repli muqueux, qui s’étend transversalement de l’un à l’autre de ces derniers cartilages et qu’on appelle, pour cette raison, le repli interaryténoïdien. L’échancrure interaryténoïdienne représente ra partie toute postérieure de l’orifice supérieur du larynx : nous la retrouverons plus loin à propos de cet orifice. Il est

APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

à peine besoin d’ajouter que l’écliancrure interaryténoïdienne, très variable dans ses dimensions, est d’autant plus large que les deux aryténoïdes sont plus écartés l’un de l’autre.

La portion médiane de la face postérieure du larynx est recouverte dans toute son étendue parla muqueuse du pharynx (voy. Pharynx). Elle lui est unie par une couche de tissu cellulaire lâche, qui s’infiltre facilement.

b. Sur les côtés. — De chaque côté de la saillie médiane que nous venons de décrire, la paroi postérieure du larynx est représentée par deux gouttières longitudinales, qui se dirigent de la bouche vers l’œsophage et qui livrent passage, dans la déglutition, aux aliments liquides ou semi-liquides : ce sont les gouttières pharyngo-laryngées . On les désigne encore sous les noms de sinus piri formes ou de sillons latéraux du pharynx. Elles commencent, en haut, du côté de la langue, à un repli muqueux transversal qui s’étend du bord de l’épiglotte au pharynx, le repli pharyngo-épiglottique. De là, elles se portent en bas, diminuent peu à peu de profondeur et, finalement, se confondent avec la paroi latérale du pharynx.

Les gouttières pharyngo-laryngées sont délimitées, en dedans : 1° par les bords latéraux de l’épiglotte; 2° par la face externe de deux replis muqueux, l’un droit, l’autre gauche, qui s’étendent des bords de l’épiglotte aux aryténoïdes; 3° par la face antéro-externe des aryténoïdes; 4° par la partie sousjacente du cricoïde. En dehors, elles sont formées par l’aile du cartilagë thyroïde, par la grande corne de l’os thyroïde et, entre les deux, par la membrane thyrohyoïdienne.

Les gouttières pharyngo-laryngées sont revêtues dans toute leur étendue par la muqueuse pharyngée, laquelle se continue en haut avec la muqueuse buccale, en bas avec la muqueuse œsophagienne, en dedans et par-dessus le bord . libre des replis aryténo-épiglottiques, avec la muqueuse laryngée. Cette muqueuse est soulevée, en regard des replis aryténo-épiglottiques, par le nerf laryngé supérieur, qui chemine immédiatement au-dessous d’elle. Il en résulte la formation d’un petit

Eig. 678.

Le larynx, vu sur une coupe horizontale du cou rasant le bord supérieur de l’os hyoïde ; sujet congelé, segment inférieur de la coupe (T. J.).

J, partie supérieure de la quatrième vertèbre cervicale. — 2, larynx. — 3, pharynx. — 4, épiglotte. 5, corps de l’os hyoïde, avec 5’, petite corne intéressée par la coupe et 5”, grande corne faisant une légère saillie. — 6. mylohyoïdien. — 7, génio-liyoïdien. — 8, 8, hvo-glosse. — 9, constricteur moyen du pharynx. — 10, stylo-hyoïdien. — 11, nerf grand hypoglosse. — 12, glande sousmaxillaire. — 13, veine jugulaire interne. — 14, et 14’, branches du tronc veineux thyro-linguo-facial. — 15, ganglion lymphatique. 16, carotide externe. — 17, carotide interne. — 18, nerf pneumogastrique. — 19, grand sympathique. — 20, scalène antérieur. — 21, scalène postérieur. — 22, muscles de la nuque. — 23. artère vertébrale. — 24, muscles prévertébraux. — 25, muqueuse du pharynx. — 26, veine faciale. — 27, artère linguale. — 28, sterno-cléido-mastoïdien. — 29, veine jugulaire externe.

LARYNX

repli (fig. 677, 15) obliquement dirigé en bas et en dedans, lequel délimite, au-dessus et au-dessous de lui, deux fossettes plus ou moins accusées.

c. Rapports généraux. — Envisagée au point de vue de ses rapports, la face postérieure du larynx est contenue, dans toute son étendue, dans la cavité même du pharynx, dont elle constitue, nous l’avons déjà dit plus haut, la paroi antérieure. Elle répond immédiatement (fig. 678) à la paroi postérieure du pharynx et, par son intermédiaire, à la couche celluleuse rétro-pharyngienne, aux muscles prévertébraux et à la colonne cervicale.

B. Faces antéro-latérales . — Les faces antérolatérales (fig. 679), ou plus simplement faces latérales, sont au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche. Elles regardent, comme leur nom l’indique en avant et en dehors.

A leur constitution concourent deux cartilages : en bas, le cricoïde, légèrement bombé; en haut, l’aile du thyroïde, assez régulièrement plane.

Ces faces latérales sont recouvertes (fig. 678) : 1° par le corps thyroïde (voy. cet organe) ; 2° par les deux muscles sterno-thyroïdien et thyro-hyoïdien, qui s’insèrent l’un et l’autre sur l’aile du thyroïde suivant une ligne obliquement dirigée de haut en bas et d’arrière en avant; 3° par le sterno-hyoïdien, qui recouvre les muscles précédents et qui est recouvert à son tour par l’aponévrose cervicale superficielle et la peau.

2° Bords. — Les trois bords du larynx se distinguent, d’après leur orientation, en bord antérieur et bords postérieurs , ces derniers, au nombre de deux, se distinguant à leur tour en bord postérieur droit et bord postérieur gauche :

a. Bord antérieur. — Le bord antérieur, situé sur la ligne médiane, est formé en bas par le cartilage cricoïde et, en haut, par l’angle saillant du cartilage thyroïde. A sa partie toute inférieure, il est recouvert par l’isthme du corps thyroïde. Au-dessus de l’isthme, il est pour ainsi dire superficiel, n’étant séparé de la peau que par la ligne blanche sous-hyoïdienne, je veux dire par l’étroite lame fibreuse qui unit les muscles sous-hyoïdiens d’un côté à ceux du côté opposé.

b. Bords postérieurs. — Les bords postérieurs (fig. 678) regardent la colonne vertébrale. Ils répondent aux bords postérieurs du cartilage thyroïde, que prolongent en haut et en bas les grandes cornes et les petites cornes de ce cartilage. Le long du bord postérieur cheminent de bas en haut la carotide primitive et, au dehors d’elle, le pneumogastrique et la veine jugulaire interne (fig. 706).

3° Sommet. — Le sommet du larynx est représenté par un orifice arrondi, qui se confond avec la trachée-artère.

Il se trouve situé exactement sur le même plan horizontal que l’extrémité inférieure du pharynx : il répond, par conséquent, comme cette dernière, au corps de

ANATOMIE HUMAINE. — T. 111, 6e ÉDIT. 97

Fig. 679.

Le larynx, vu par sa face antérolatérale gauche.

1, os hyoïde, avec : 1’, sa grande

corne; 1”, sa petite corne. — 2, cartilage thyroïde, avec : 2’ son échancrure médiane ; 2”, sa grande corne ; 2”’, sa petite corne. — 3, cartilage thyroïde. — 3’, épiglotte. — i, trachée artère. — 5, membrane thyro-hyoïdienne. — 6, ligament thyro-hyoïdien latéral, avec :

6’, nodule cartilagineux. — 7, membrane crico-thyroïdienne. — 8, articulation crico-thyroïdienne. — 9, muscles thyro-hyoïdien. — 9’, crico-hyoïdien . — 9”, sterno-hyoïdien. — 10, interstice ligamenteux, donnant insertion en bas au sterno-thyroïdien, en haut au thyrohyoïdien. — 11, cartilage cricoïde et muscle crico-arvtéDoïdien postérieur. — — 12, muscle crico-thyroïdien.

la septième vertèbre cervicale ou au disque intervertébral qui sépare la sixième de la septième (voy. plus haut).

Chez le nouveau-né, le larynx descend beaucoup moins bas : il se termine en regard de la cinquième cervicale ou même de la quatrième.

4° Base. — La base de la pyramide laryngée est située au-dessous et en arrière de la base de la langue.

Elle nous présente successivement, en allant d’avant en arrière (fig. 680) : a) Le bord supérieur du cartilage thyroïde, que surmonte la membrane thyro-

hyoïdienne;

Fig. 680.

Coupe sagittale du larynx : le segment droit de la coupe, vu par sa face interne.

A, épiglotte et ligament thyro-épiglottique. — B, cartilage thyroïde. — C, cartilage cricoïde. — D, corps de l’os hyoïde. ■ — E, anneaux c irtilagineux de la trachée.

1, grande corne de l’hyoïde. — 2, corne supérieure du thyroïde. — 3, membrane thyro-hvoïdienne, avec 3’, un faisceau qui va s’attacher sur les parties latérales de l’épiglotte. — 4, ligament t h yro- hyoïdien latéral, avec son noyau cartilagiueux. — 5, ligament thyro- hyoïdien moyen. — 6, ventricule du larynx. — 7, corde vocale supérieure. — 8, corde vocale intérieure. — 9, portion sus-glottique du larynx. — 10, sa portion sous-glottique. — 11, repli aryténo-épiglottique. — 12, relie! formé par la glande préaryiénoïdienne. — 13, saillie formée par le cartilage coruiculé. — 14, face interne du cartilage aryténoïde droit. — 15, muscle ary-arylénoïdien. — 16, sillon répondant au bord supérieur de l’anneau cricoïdien. — 17, ponion membraneuse de la trachée. — 18, paquet adipeux préglottique . — 19, muscle thyrohyoïdien. — 20, bourse séreuse <ie Boyer. ■ — 21, muscle génio-^losse. — 23, base de la langue. — 24, repli glosso-épiglottique médian. — 25, muqueuse laryngée.

P) Une masse cellulo-graisseuse, le paquet graisseux préglottique , comprise entre la membrane thyro-hyoïdienne et l’épiglotte ;

y) L’épiglotte, avec les différents replis muqueux qui, de sa face antérieure, se rendent à la base de la langue ;

8) Les replis pharyngo-épiglottiques et aryténo-épiglottiques, qui unissent les bords latéraux de l’épiglotte, d’une part aux parois latérales du pharynx, d’autre part aux cartilages aryténoïdes;

e) L’ouverture supérieure du larynx.

Cette ouverture (fig. 677,5), qui fait communiquer le larynx avec le pharynx (i orifice pharyngien du larynx de quelques auteurs) est fortement inclinée de haut en bas et d’avant en arrière. Elle a la forme d’un ovale, dont le grand axe serait antéro postérieur et dont la grosse extrémité serait dirigée en avant. En arrière, elle se prolonge en une sorte de fente verticale et médiane, que nous avons déjà vue à propos de la face postérieure du larynx, Y échancrure inter-aryténoïdienne ou rimula.

L’ouverture supérieure du larynx est délimitée : 1° en avant, par le bord libre de l’épiglotte, dirigé transversalement, légèrement courbe à concavité dirigée en haut; 2° en arrière, au niveau de l’échancrure interaryténoïdienne, par la face interne des aryténoïdes et par le repli muqueux qui les unit l’un à l’autre ; 3° sur les côtés, parle bord libre des replis aryténo-épiglottiques. Sur ce bord et à sa partie supé-

rieure, se voient deux saillies : Lune antérieure, c’est le tubercule de Wrisberg , encore appelé tubercule de Morgagni ou tubercule cunéiforme (fig. 681,11); l’autre postérieure, c’est le tubercule de Santorini ou tubercule coruiculé (fig. 681,10).

LARYNX

Ces deux tubercules résultent du soulèvement de la muqueuse à leur niveau par deux petites masses cartilagineuses, le cartilage de Wrisberg et le cartilage de Santorini, que nous décrirons plus loin.

Les dimensions de l’orifice supérieur du larynx varient comme celles du larynx lui-même, suivant l’âge, suivant le sexe et suivant les sujets. Elles varient aussi, sur le même sujet, suivant les conditions physiologiques du moment, je veux dire suivant la situation qu’occupent l’épiglotte et les aryténoïdes (deux formations essentiellement mobiles) pendantla déglutition, pendant la respiration et au moment de la phonation. C’est ainsi que l’orifice se rétrécit au deuxième temps de la déglutition, qu’il se rétrécit encore pendant l’émission des sons aigus, qu’il s’agrandit au contraire dans les fortes inspirations, etc. A l’état de distension moyenne, il mesure de 30 à 35 millimètres de longueur, sur 15 à 18 millimètres de largeur.

§ III. — Conformation intérieure

Yu intérieurement (fig. 681), le larynx, largeà sa partie supérieure et à sa partie inférieure, nous présente à sa partie moyenne une portion rétrécie, une sorte de détroit, appelé glotte. Nous pouvons donc, au point de vue topographique, lui considérer trois zones : une zone supérieure ou sus-glottique ; une zone moyenne ou glottique; une zone inférieure ou sous- glottique. De ces différentes zones, la moyenne ou zone glottique est de beaucoup la plus importante: c’est elle qui va d’abord nous occuper.

A. — Zone glottique

La zone glottique est la portion essentielle du larynx, celle à laquelle il doit son rôle d’organe phonateur. Elle nous présente tout d’abord, sur la ligne médiane, une fente allongée d’avant en arrière : c’est la glotte . Cette fente est délimitée latéralement par des bandelettes membraneuses, appelées cordes vocales. Au nombre de quatre, deux de chaque côté, les cordes vocales se distinguent en supérieures et inférieures. Enfin, à droite et à gauche, entre la corde vocale supérieure et l’inférieure, se trouve un diverticulum de la cavité laryngienne, que l’on désigne sous le nom de ventricule du larynx. Reprenons maintenant chacun de ces éléments de la zone glottique.

1° Cordes vocales. — Les cordes vocales, avons-nous dit, se distinguent en supérieures et inférieures :

a. Cordes vocales supérieures . — Les cordes vocales supérieures (fig. 680, 7 et fig. 681, 15) s’attachent, en avant, à la partie la plus élevée de l’angle rentrant du cartilage thyroïde. De là, elles se portent horizontalement en arrière et un peu en dehors et viennent se fixer sur la face antérieure du cartilage aryténoïde, celle du côté droit sur l’aryténoïde droit, celle du côté gauche sur l’aryténoïde gauche. Leur longueur est, en moyenne, de 20 millimètres chez l’homme, de 15 millimètres chez la femme.

Elles revêtent la forme de deux lames aplaties, présentant chacune deux faces et deux bords. — La face supérieure , fortement inclinée en bas et en dedans, répond à la portion sus-glottique du larynx. — La face inferieure , inclinée dans le même sens, forme la paroi interne du ventricule laryngien. — Le bord externe adhérent, se continue sans ligne de démarcation bien nette avec le pli aryténo-

APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

épiglottique correspondant. — Le bord interne, libre dans toute son étendue, regarde la fente glottique. En raison de son obliquité, indiquée ci-dessus, il est séparé de celui du côté opposé, par un espace triangulaire à base postérieure.

Considérées au point de vue de leur structure, les cordes vocales supérieures sont formées chacune par un repli de la muqueuse laryngienne, comprenant dans son épaisseur une lame fibro-élastique, que nous décrirons plus tard sous le nom de ligament thyro-aryténoïdien supérieur.

b. Cordes vocales inférieures. — Les cordes vocales inférieures (fig. 680,8) s’attachent : 1° par leur extrémité antérieure, dans l’angle rentrant du cartilage thyroïde, à 3 millimètres au-dessous de l'insertion des précédentes ; 2° par leur

Fig. 681.

Le vestibule du larynx et la glotte, vus d’en haut.

(Le pharynx a été ouvert en arrière sur la ligne médiane, et les deux lambeaux fortement inclinés latéralement.)

1, base de la langue. — 2, épiglotte, avec 2’, son bourrelet. — 3, repli glosso-épiglottique médian. — 4, replis glossoépiglottiques latéraux, avec 4’ et 4’, fossettes glosso-épiglottiques ou valleculæ. — 5, replis pharyngo-épiglottiques. — U, saillie de la grande corne de l’os hyoïde. — 7, saillie de la corne supérieui'e du cartilage thyroïde. — 8, saillie du bord postérieur du même cartilage. — 9, repli aryténo-épiglottique. — 10, saillie du cartilage corniculé. — 11, saillie du cartilage de Wrisberg. — 12, face postérieure du cricoïde. — 13, gouttières pharjngo-laryngées. — 14, cordes vocales supérieures. — 15, cordes vocales inférieures. — 16, échancrure interaryténoïdienne (rimula). — 17, orifice glottique.

extrémité postérieure, sur l’apophyse interne des cartilages aryténoïdes. Elles ont, du reste, la même direction que les cordes vocales supérieures, c’est-à-dire qu’elles se portent horizontalement d’avant en arrière et de dedans en dehors.

Les cordes vocales inférieures nous présentent, comme les supérieures, deux faces et deux bords. — La face inférieure regarde en bas et en dedans. Elle fait partie de la portion sous-glottique du larynx. — La face supérieure , à peu près horizontale, forme le plancher du ventricule laryngien. — Le bord externe ou adhérent, remarquable par son épaisseur, répond à l’aile du thyroïde ou, plus exactement, au muscle thyro-aryténoïdien, qui double à ce niveau la face interne du cartilage. Le bord interne ou libre, fort mince, forme avec son homologue du côté opposé un petit triangle isocèle à base postérieure (fig. 683).

La longueur des cordes vocales inférieures est, en moyenne, de 20 à 25 millimètres chez l’homme, de 16 à 20 millimètres chez la femme. Au point de vue de leur structure, elles se composent essentiellement, comme les supérieures, d’une lame élastique, le ligament thyro-aryténoïdien inférieur, revêtu sur ses deux

LARYNX

faces par un repli de la muqueuse laryngienne. Chacune d’elles comprend, en outre, dans son épaisseur, un volumineux faisceau du muscle thyro-aryténoïdien (fig. 682, 13') et c’est précisément à la présence de ce faisceau musculaire qu’elle doit la grande épaisseur qui la caractérise.

c. Parallèle anatomique des cordes vocales supérieures et inférieures. — Comparées entre elles, les cordes vocales supérieures et les cordes vocales inférieures diffèrent tout d’abord, comme nous venons de le voir, par leur forme et par leur structure : les premières étant minces, rubanées, sans éléments musculaires ; les secondes étant au contraire très épaisses, prismatiques triangulaires et possédant dans toute leur longueur un faisceau musculaire volumineux.

Elles diffèrent encore par leur étendue transversale, les cordes vocales inférieures se rapprochant un peu plus de la ligne médiane que les supérieures. Il résulte de cette dernière disposition :

1° que le triangle qui sépare les deux cordes vocales inférieures est un peu moins large que le triangle qui sépare les deux cordes vocales supérieures et qu’il est réellement inscrit dans ce dernier ;

2° que, lorsqu’on regarde la cavité du larynx par en haut (fig 681), on aperçoit à la fois les quatre cordes vocales, tandis que lorsqu’on la regarde par en bas, on ne voit que les deux cordes vocales inférieures, lesquelles masquent complètement les supérieures en les débordant en dedans.

Les cordes vocales diffèrent, enfin, au point de vue fonctionnel, en ce que les inférieures sont les organes essentiels de l’appareil phonateur et sont les seules qui méritent réellement le nom de cordes vocales. Les supérieures sont des éléments tout à fait accessoires, d’une importance presque nulle : on peut en effet, comme l’ont établi depuis longtemps les recherches de Longet, les inciser sur des larynx laissés en place ou attirés au-devant du cou, sans que la phonation ait sérieusement à souffrir de cette mutilation.

2° Glotte. — La glotte (fig. 683, A) est cette fente médiane qui fait communiquer la portion glottique du larynx avec la portion sous-glottique. Nous pouvons la définir : l'espace allongé d'avant en arrière, qui est limité, sur les côtés, par le bord libre des cordes vocales inférieures et par la face interne des cartilages aryténoïdes. Cet espace comprend deux portions bien distinctes, une portion anté-

Le vestibule du larynx et les cordes vocales vus sur une coupe frontale du larynx : (segment antérieur de la coupe, vu par sa face postérieure).

i, face postérieure de l'épiglotte, avec 1’ son bourrelet, — 2, repli arvténo-épiglotlique. — 3, corde vocale supérieure. — 4. corde vocale inférieure. — 5, fossette centrale de Merkel. — 6, ventricule du larynx, avec 6’, son prolongement ascendant. — 7, arc antérieur du cricoïde. — 8, coupe du même cartilage. — 9, cartilage thyroïde. — 10, membrane thyro-hyoïdienne. — 11, muscle thyro-hyoïdien. — 12, muscle arvténo-épiglottiqoe. — 13, muscle thyro-aryténoïdien, avec 1 3’, son faisceau interne contenu dans l’épaisseur de la corde vocale inférieure. — 14, muscle crico-thyroïdien. — 15, portion sous-glottique du larynx. — 16, cavité de la trachée.

APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

rieure qui répond aux cordes vocales et une portion postérieure qui se trouve située entre les aryténoïdes. La première de ces deux portions est la glotte proprement dite ou glotte interligamenteuse ; la seconde constitue la glotte inter cartilagineuse ou espace interaryténoïdien :

a. Glotte inter ligamenteuse . — La glotte interligamenteuse ( glotte vocale des physiologistes) revêt la forme d’un triangle isocèle dont le sommet est situé dans l’angle du thyroïde et dont la base, tout idéale, répond à une ligne transversale menée par les apophyses internes des aryténoïdes.

a) Sa longueur, représentée par la perpendiculaire abaissée du sommet sur le

milieu de la base, est à peu près égale (quoique toujours un peu moindre) à la longueur même des cordes vocales inférieures : soit 20 à 25 millimètres pour l’homme, 16 à 20 millimètres pour la femme.

P) Sa largeur varie naturellement avec la position qu’occupent les cordes vocales inférieures, replis essentiellementmobiles, qui, suivant les besoins de la phonation, tantôt se rapprochent de la ligne médiane, tantôt s’en éloignent. Dans le premier cas, la glotte peut atteindre, à sa base de 10 à 15 millimètres de largeur. Dans le second, elle se réduit d’autant plus que le déplacement en dedans des cordes vocales est plus prononcé ; elle disparaît même complètement (occlusion de la glotte) lorsque les deux cordes vocales arrivent au contact l’une de l’autre. On admet généralement qu’à l’état de repos, je veux dire en dehors de toute contraction de ses muscles constricteurs ou dilatateurs (fig. 683, A), la fente glottique mesure à sa base 7 ou 8 millimètres chez l’homme, 5 ou 6 millimètres chez la femme.

b. Glotte intercartüagineuse . — La glotte intercartilagineuse ( glotte respiratoire des physiologistes), qui fait suite à la précédente, est circonscrite, sur les côtés, par la face interne des cartilages aryténoïdes, en arrière par le muscle aryaryténoïdien. Sa longueur mesure en moyenne de 6 ou 7 millimètres chez l’homme,

1 ou 2 millimètres en moins chez la femme. Quant à sa forme, elle n’a rien de fixe, les aryténoïdes qui la limitent latéralement étant eux-mêmes très mobiles. Elle varie donc suivant la position qu’occupent ces derniers cartilages ou, ce qui revient au même, suivant l’état de la glotte interligamenteuse (fig. 683). A l’état de repos de celle-ci, la glotte intercartilagineuse offre la figure d’un petit rectangle assez régulier. La glotte interligamenteuse vient-elle à se dilater ou à se rétrécir, le côté antérieur du rectangle précité s’allonge dans le premier cas, se raccourcit dans le second. Enfin, dans l’état d’occlusion de la glotte interligamenteuse, la glotte intercartilagineuse revêt l’aspect d’un triangle, dont le sommet, dirigé en avant, répond exactement à l’extrémité postérieure des cordes vocales inférieures, accolées l’une à l’autre sur la ligne médiane.

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