ABC
Figures schématiques, représentant les différentes formes que présentent les deux glottes interligamenteuse et intercartilagineuse, suivant que les cordes vocales : 1° sont à l’état de repos’ (A) ; 2° sont écartées l’une de l’autre (B) ; 3° sont rapprochées de la ligne médiane (C).
1, glotte interligamenteuse. — 2, glotte intercartilagineuse. — 3, cordes vocales inférieures. — 4, cartilages aryténoïdes, avec 4’, leur apophyse anterieure ou vocale. — 5, membrane interaryténoïdienne. — 6, cartilage thyroïde.
LARYNX
3° Ventricules du larynx. — Au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, les ventricules du larynx ou ventricules de Morgagni sont des diverticulums de la cavité laryngienne, qui occupent, de chaque côté de la ligne médiane, tout l’espace compris entre la corde vocale supérieure et la corde vocale inférieure. Ils sont allongés dans le sens antéro-postérieur et ont, à peu de chose près, la même lon-
gueur que les cordes vocales elles-mêmes, soit, en moyenne, 20 millimètres chez l’homme, 15 millimètres chez la femme.
Vus en coupe vertico-transversale (fig.
684,6), les ventricules de Morgagni revêtent la forme d’un prisme triangulaire et nous présentent, par conséquent, trois parois: un q paroi interne ou mieux supéro-interne , oblique en bas et en dedans, qui est formée par la corde vocale supérieure ; une paroi inférieure , à peu près plane, qui n’est autre que la face supé rieure de la corde vocale inférieure ; une paroi externe , dirigée verticalement, qui répond à l’aile du thyroïde, doublée à ce niveau par les faisceaux supérieurs du muscle thyro-aryténoïdien.
A sa partie antérieure, le ventricule de Morgagni donne naissance à un prolongement ascendant ( portion verticale ou appendice de quelques auteurs), dont le sommet remonte, suivant les cas, tantôt jusqu’au bord supérieur du cartilage thyroïde, tantôt jusqu’à la partie moyenne de la membrane thyro-hyoïdienne, ou plus haut encore jusqu’à l’os hyoïde. Je l’ai vu plusieurs fois s’étendre jusqu’audessous de la muqueuse de la base de la langue. Ce prolongement est l’homologue, rudimentaire chez l’homme, de diverticulums beaucoup plus considérables qui existent normalement chez quelques mammifères et qui, sous le nom de sacs laryngiens ou poches laryngiennes , s’étendent plus ou moins loin dans la région du cou ou même sur le thorax. C’est ainsi que nous voyons, chez l’orang, des diverticulums laryngiens, remplis d’air, recou-
Fig. 684.
Coupe sagittale du larynx ; le segment droit de la coupe, vu par sa face interne.
A, épiglotte, avec A’ ligament thyro-épiglottique. — B, cartilage thyroïde. — C, cartilage cricoïde. — D, corps de l’os hyoïde. — E, anneaux cartilagineux de la trachée. — 1, grande corne de l'hyoïde. — 2, corne supérieure du thyroïde. — 3, membrane thjro-hyoïdi*-nne, avec 3’, un faisceau qui va s’attacher sur les parties latérales de l’épiglotte. — 4, ligament thyro-hyoïdien latéral, avec son noyau carti agineux. — 5, ligament thyro-hyoïdien moyen. — 6, ventricule du larynx. — 7, corde vocale supérieure — 8 corde vo< ale intérieure. 9, portion sus-gloltique du larynx — 10, sa portion sous-glottique, — 11, repli aryléno-épigloltique. — 12, relief formé par la glande préarytenoïdienue. — 13, saillie formée par le cartilage corniculé. — 14, face interne du cartilag aryténoïde droit. — 15, muscle aryaryiénoïdien. — 16, sillon répondant au bord supérieur de l’anneau cricoïdien. — 1". portio membraneuse de la trachée. — 18. paquet adipeux prégloltique. — 19, muscle thyro-hyoïdien. — 20 bourse séreuse de Boyer. 21, muscle génio- hyoïdien. — 22. mus le génio-glosse. — 23. base de la langue. — 24. repli glosso-épiglottique médian. — 25, muqueuse laryngée.
vrir, non seulement la face antérieure du cou et le devant de la poitrine, mais descendre jusque dans les aisselles.
Les ventricules de Morgagni communiquent avec la cavité laryngienne, de chaque côté de la glotte, par un orifice allongé d’avant en arrière (684,6;, qui est délimité, en haut par le bord libre des cordes vocales supérieures et, en bas, par le bord libre des cordes vocales intérieures. Il est à remarquer que cet orifice est toujours
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
un peu plus court que les cordes vocales elles-mêmes, .celles-ci se fusionnant Lune avec l’autre un peu en avant de leur insertion postérieure sur les aryténoïdes. Au point de vue de sa forme, l’entrée du ventricule du larynx est elliptique ou en boutonnière : sa partie moyenne, qui est naturellement la plus large, mesure 3 ou 4 millimètres de hauteur. C’est à son niveau que se réfléchit la muqueuse laryngienne pour aller tapisser l’intérieur du ventricule.
La zone sus-glottique, plus connue sous le nom de vestibule du larynx, est située, comme son nom l’indique, au-dessus de la glotte. C’est une cavité ovale, plus large en avant qu’en arrière, nous présentant quatre parois (fig. 677 et 684) : une paroi antérieure, une paroi postérieure et deux parois latérales.
4° Paroi antérieure. — La paroi antérieure ou épiglottique est formée par l’épiglotte. Très large en haut, elle se rétrécit graduellement au fur et à mesure qu’on descend et se termine, en bas, par une sorte de languette très mince, qui vient s’interposer entre les insertions thyroïdiennes des cordes vocales supérieures. Audessous de cette languette terminale, se voit une petite dépression médiane, la fossette centrale de Merkel (fig. 683,5), laquelle est située immédiatement au-dessus de l’insertion des cordes vocales inférieures.
La paroi épiglottique du vestibule du larynx est concave transversalement.
Dans le sens vertical, elle est convexe en haut, concave à sa partie moyenne et, de nouveau, convexe en bas. Cette convexité inférieure est parfois augmentée par un petit paquet de tissu adipeux qui se dépose entre le cartilage et la muqueuse : lorsqu’elle est très accusée, elle constitue, en dedans des replis aryténo-épiglottiques et au-dessus des cordes vocales supérieures, une espèce de saillie triangulaire, que l’on désigne sous le nom de bourrelet épiglottique.
2° Paroi postérieure. — La paroi postérieure est constituée : 1° sur la ligne médiane, par les faisceaux les plus élevés du muscle ary-aryténoïdien, au-dessus desquels se voit l’échancrure interaryténoïdienne ; 2° sur les côtés de la ligne médiane, par la partie toute supérieure des cartilages aryténoïdes, surmontés des cartilages corniculés.
3° Parois latérales. — Les parois latérales sont formées^ en haut, par les replis aryténo-épiglottiques, que continue, en bas, la face supérieure des cordes vocales supérieures. Considérées dans leur ensemble, ces parois latérales se dirigent obliquement de haut en bas et de dehors en dedans : en se rapprochant ainsi graduellement l’une à l’autre, elles donnent au vestibule du larynx une disposition franchement infundibuliforme.
C — Zone sous-glottique
La zone sous-glottique du larynx comprend toute la portion de la cavité laryngienne qui se trouve située au-dessous de la glotte. Elle est constituée : 1° en arrière, par le chaton du cricoïde ; 2° en avant, par la partie antérieure de ce même cartilage cricoïde et, au-dessus de lui, par la partie inférieure du thyroïde (fig. 6S3, 15) ; 3° sur les côtés, par les parties latérales du cricoïde en bas et, en haut, par la face interne des cordes vocales inférieures.
La portion sous-glottique du larynx se divise elle-même en deux parties, l’une supérieure, l’autre inférieure. La partie inférieure, celle qui surmonte la trachée, est assez régulièrement cylindrique. La partie supérieure, par suite de l’inclinaison en dedans de ses parois latérales, revêt l’aspect d’un entonnoir renversé, ou bien encore celui d’une sorte de voûte qui serait traversée à son sommet par une fente antéro-postérieure, la fente glottique .