C. — Muscles du larynx
Les muscles du larynx se divisent, comme les ligaments, en deux groupes : les extrinsèques et les intrinsèques.
a) Les muscles extrinsèques , insérés par une de leurs extrémités seulement sur le larynx et, par l’autre, sur les parties voisines, impriment à l’organe des mou vements d’ensemble. Ce sont : le sterno-thyroïdien, le thyro-hyoïdien, le constricteur inférieur du pharynx, le stylo-pharyngien. Tous ces muscles ont été déjà décrits, soit en myologie, soit à propos du pharynx (voy. t. i„ Myologie, et t. IV. Pharynx) .
(3) Les muscles intrinsèques, fixés au larynx par leurs deux extrémités, impriment à ce dernier des mouvements partiels, c’est-à-dire qu’ils meuvent les unes sur les autres les différentes pièces cartilagineuses qui entrent dans sa constitution. Ges muscles sont au nombre de onze, dont 1 impair et 5 pairs. Le muscle impair, placé sur la ligne médiane, en arrière des aryténoïdes, est le muscle ary-arytènoïdien. Les muscles pairs sont : le crico-thyroïdien , le crico-aryténoïdien postérieur , le crico-aryténoïdien latéral , le thyro-ary ténoïdien et Y aryteno-épiglottique.
4° Muscle crico-thyroïdien. — Le muscle crico-thyroïdien (fig. 698,4) est un muscle pair, de forme triangulaire (à sommet inférieur) situé à la partie antérieure et inférieure du larynx, de chaque côté de la ligne médiane.
a. Insertions. — Il s’insère en bas, par son sommet, sur la face antérieure du cartilage cricoïde, immédiatement en dehors de la ligne médiane.
De là, ses fibres se portent en haut et en dehors, en rayonnant à la manière d’un éventail, et viennent se fixer sur le cartilage thyroïde : les unes, sur son bord inférieur; d’autres, sur sa face antérieure; le plus grand nombre, sur sa face postérieure. Les fibres les plus externes s’étendent jusqu’aux petites cornes du thyroïde et s’y insèrent, en se confondant en partie, à ce niveau, avec les fibres du constricteur inférieur du pharynx.
Assez fréquemment (fig. 698), le muscle crico-thyroïdien se trouve divisé en deux faisceaux plus ou moins distincts : un faisceau interne, presque vertical, connu sous le nom de crico-thyroïdien droit ; un faisceau externe, fortement oblique, constituant le crico-thyroïdien oblique.
b. Rapports. — Le muscle crico-thyroïdien est recouvert parle muscle sternothyroïdien et par le corps thyroïde. 11 recouvre, à son tour, les origines des deux muscles crico-aryténoïdien latéral et thyro-aryténoïdien.
Sur la ligne médiane, les deux crico-thyroïdiens sont séparés l’un de l’autre par un espace triangulaire à base supérieure, dont le fond est formé par la membrane crico-thyroïdienne.
c. Action. — Les muscles crico-thyroïdiens, prenant leur point fixe sur le cricoïde, font exécuter au thyroïde un mouvement de bascule (p. 787), qui s’effectue autour d un axe horizontal passant par les deux articulations erico-thyroïdiennes. En vertu de ce mouvement de bascule, la partie antérieure du thyroïde, celle qui est placée en avant de l’axe horizontal précité, se rapproche du cricoïde, tandis que sa partie postérieure s’en écarte. Or, dans ce mouvement, le bord antérieur du thy-
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roïde se déplace à la fois en bas et en avant : il en résulte un agrandissement de l’intervalle qui sépare l’angle rentrant du cartilage thyroïde de la base des aryténoïdes et, par conséquent, un allongement de la glotte et des deux cordes vocales inférieures qui la délimitent. Le muscle crico-thyroïdien est donc un muscle tenseur des cordes vocales.
Contrairement à cette opinion qui est celle de tous les classiques, Moura admet que le muscle crico-thyroïdien prend son point fixe, non pas sur le cricoïde, mais sur le thyroïde, lequel se trouve fixé, pendant l'émission des sons et l’acte de la déglutition, par « les muscles de la région thyroïdienne et par ceux du pharynx ». Dans ces conditions, le muscle crico-thyroïdien entrant en contraction, « attire vers le bord inférieur du thyroïde l'anneau cricoïdien et, avec lui, la trachée. Un mouvement d'équerre ou de sonnette est ainsi produit : le cricoïde subit de bas en haut un déplacement qui. d'une part le rapproche delà moitié antérieure du thyroïde et, d’autre part, porte en arrière sa moitié postérieure sur laquelle sont articulés et fixés les deux ary'énoïdes. Ce double mouvement a pour elfet l’allongement des lèvres vocales d’une quantité proportionnelle à leur degré d'élasticité ». Quant à rabaissement du thyroïde sur le cricoïde, il serait déterminé par le muscle sterno-thyroïdien qui, lui, prend son point fixe sur le sternum.
2° Muscle crico aryténoïdien postérieur. — Le muscle crico aryténoïdien posté-
cr'
Fig. 698.
Les muscles du larynx, vue antérieure.
A, os hyoïde, avec : a, ses grandes cornes ; a’, ses petites cornes. — B, cartilage thyroïde. — C, cari ilage cricoïde. — D, trachée-arlère.
1, muscle thyro-hyoïdien gauche. — 1’, muscle thvrohyoïdien droit. — 2. insertion supérieure du muscle sterno-thvroïdien. — 3, inserl ion thyroïdienne du muscle phar\ngo-!>laphylin. — 4 et 4’, faisceau interne et faisceau externe du muscle crico- thyroïdien. — 5, membrane thyro-hyoïdienne. — 6, membrane crico-thyroïdienne.
Fig. 699.
Les muscles du larynx, vue postérieure.
A , os hyoïde. — B, cartilage thyroïde, avec : 6, ses cornes supérieures ; b' ses cornes inférieures. — C, cartilage cricoïde. — D, trachée-artère. — E, épiglotte. — F, cartilages corniculés.
1, ligaments lhyro-h\oïdiens latéraux, avec leur noyau cartilagineux, — F, membrane thyro-hyoïdienne. — 2, muscle ary-aryténoïdien, avec : a, sou faisceau transverse ; tt’eta", ses deux faisceaux obliques. — 3. 3, muscle cricoaryténoïdien postérieur. — 4, muscle arvténo-épigloltique.
rieur (fig. 699,3) est un muscle pair, de forme triangulaire, situé à la partie postérieure et inférieure du larynx.
a. Insertions. — Il prend naissance, en bas, dans cette dépression latérale que nous avons signalée, plus haut, sur la face postérieure du chaton cricoïdien. De là,
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
ses fibres se portent en haut et en dehors, en suivant une direction qui est horizontale pour les fibres supérieures, oblique pour les fibres moyennes, presque verticale pour les fibres inférieures. Finalement, elles se jettent sur un petit tendon, lequel s’insère sur l’apophyse externe de l’aryténoïde, en arrière de l’insertion du crico-aryténoïdien latéral.
b. Rapports. — Par sa face antérieure, le muscle crico-aryténoïdien postérieur est immédiatement appliqué contre le chaton de la bague cricoïdienne. — Sa face postérieure est recouverte par la muqueuse pharyngienne, à laquelle elle est unie par une couche de tissu conjonctif lâche.
c. Action. — Lorsqu’ils se contractent, les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs, prenant leur point fixe sur le cricoïde, agissent sur les apophyses externes des aryténoïdes, qu’ils portent en bas et en dedans. Comme les apophyses internes
Schéma destiné à montrer le mode d’action des muscles crico-aryténoïdiens : A, action du crico-aryténoïdien postérieur; B, action du crico-aryténoïdien latéral.
(La teinte rose indique la position nouvelle qu’acquièrent les aryténoïdes et les cordes vocales par le fait de la contraction des muscles crico-aryténoïdiens; les flèches rouges indiquent le sens dans lequel se meuvent les deux apophyses antérieure et postérieure). *
A, A’, cartilage cricoïde. — B, cartilage thyroïde. — 1, cartilage aryténoïde. — 2, apophyse vocale au repos, avec : 2’, sa posilion après la contraction du muscle. — 3, apophyse musculaire au repos, avec 3’, sa position nouvelle après la contraction du muscle. — 4, centre des mouvements de l’aryténoïde. — 5, cordes vocales inférieures, avec : 5’, leur position nouvelle après la contraction du muscle. — 6, glotte interligamenteuse. — 7, glotte intercartilagineuse. — 8, flèche indiquant le sens dans lequel se déplace l’apophyse externe ou musculaire.
se déplacent en même temps, mais en sens inverse (voy. p. 788), celles-ci se portent en dehors et un peu en haut. Il en résulte que les cordes vocales, qui s’insèrent sur elles, s’écartent du plan médian et élargissent d’autant la fente glottique, qui les sépare (voy. fig. 700, À). Les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs sont donc essentillement dilatateurs de la glotte.
3° Muscle crico-aryténoïdien latéral. — Le muscle crico-aryténoïdien latéral est un muscle pair, irrégulièrement quadrilatère, situé dans les parties latérales du larynx, immédiatement en dedans des ailes du cartilage thyroïde. Pour le mettre à découvert, il faut inciser verticalement le thyroïde un peu en dehors de la ligne
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médiane et renverser en bas la portion de ce cartilage qui a été libérée par cette incision et qui recouvre le muscle (fig. 701,3).
a. Insertions. — Il prend naissance, par son extrémité antérieure, sur la partie latérale du bord supérieur du cricoïde, immédiatement en avant de l’articulation crico-thyroïdienne. De là, il se porte obliquement d’avant en arrière et un peu de bas en haut, et vient se terminer sur l’apopbyse externe de l’aryténoïde correspondant, immédiatement en avant de l’insertion du muscle précédent.
b. Rapports. — Considéré au point de vue de ses rapports, le muscle cricoaryténoïdien latéral répond, par sa face interne , au ligament thyro-aryténoïdien inférieur. — Par sa face externe, il est en rapport avec la face postérieure du cartilage thyroïde, doublé 'à ce niveau par les attaches supérieures du muscle crico-thyroïdien. — Son bord inférieur , fortement oblique de bas en haut et d’avant en arrière, se trouve situé un peu au-dessus de l’articulation cricothyroïdienne. — Son bord supérieur répond au muscle thyro-aryténoïdien, avec lequel il est plus ou moins confondu.
c. Action. — Les muscles crico-aryténoïdiens latéraux, en se contractant, portent en avantet en dehors les apophyses externes des aryténoïdes, sur lesquelles ils s’insèrent. Simultanément et en vertu de la formule énoncée plus haut (p. 788), les apophyses internes de ces mêmes aryténoïdes se portent en dedans, du côté de la ligne médiane. 11 en résulte que les cordes vocales inférieures, qui s’insèrent sur ces dernières apophyses, se rapprochent l’une de l’autre et rétrécissent la fente glottique d’une quantité qui est toujours proportionnelle à leur déplacement (voy. fig. 700, B). Les muscles crico-aryténoïdiens latéraux sont donc antagonistes des muscles crico-aryténoïdiens postérieurs : ils sont constricteurs de la glotte.
4° Muscle thyro-aryténoïdien. — Le muscle thyro-aryténoïdien (fig. 701.5) est un muscle pair, de forme quadrilatère, très mince en haut, très épais en bas, situé au-dessus du précédent dans l’épaisseur de la corde vocale inférieure et de la paroi externe du ventricule du larynx.
a. Insertions. — Ce muscle s’insère, en avant, dans les deux tiers inférieurs de l’angle rentrant du cartilage thyroïde, ainsi que sur la partie moyenne de la membrane crico-thyroïdienne, .qui est sous-jacente à cet angle. De cette longue ligne d’insertion antérieure, les fibres constitutives du muscle thyro-aryténoïdien se dirigent obliquement d’avant en arrière, de dedans en dehors et un peu de bas en haut et se partagent en deux faisceaux, l’un profond ou interne, l’autre superficiel ou externe :
a) Le faisceau interne ( muscle thyro-aryténoïdien interne de Henle) occupe l’épaisseur de la corde vocale inférieure (fig. 702,13’), d’où le nom de faisceau propre de la corde vocale que lui donnent certains anatomistes. Prismatique triangulaire, il revêt naturellement sur des coupes vertico-transversales, la forme d’un triangle dont les trois faces se distinguent en supérieure, externe et inféro-interne. Il est toujours très développé et c’est à sa présence que la corde vocale inférieure est en grande partie redevable de son volume. 11 se fixe, à son extrémité postérieure, sur le sommet et les deux bords de l’apophyse vocale, ainsi que sur une petite fossette qui se trouve située sur la base de l’aryténoïde, entre cette dernière apophyse et l’apophyse musculaire.
P) Le faisceau externe ( muscle thyro-aryténoïdien externe de Henle) est situé, comme l’indique son nom, en dehors du précédent (fig. 702,13). Aplati transversalement, il glisse entre l’aile du thyroïde et la paroi externe du ventricule laryn-
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gien, et vient se terminer sur le bord externe de l’aryténoïde, depuis la base de ce cartilage jusqu’à son sommet. — On rencontre même, dans la plupart des cas, un faisceau plus élevé encore, qui, au lieu de gagner l’aryténoïde, s’infléchit en haut, s’étale en une lame mince sur le repli aryténo-épiglottique et se perd sur ce repli ou bien remonte jusque sur les côtés de l’épiglotte. Cette mince lame musculaire est décrite par certains auteurs comme un faisceau distinct, sous le nom de
muscle thyro-épiglottique ou thyro-membraneux (fig. 701,5”). Une pareille distinction ne saurait être maintenue, le muscle en question n’étant qu’un simple faisceau, le faisceau supérieur, du muscle thyro-aryténoïdien. — Les fibres musculaires qui proviennent du ligament crico-thyroïdien moyen se différencient parfois en un petit faisceau distinct, qui, se portant obliquement en arrière et en haut, vient s’attacher à la partie inférieure du bord externe du cartilage aryténoïde. Ce faisceau , que l’on a désigné, en raison de ses insertions sous le nom de muscle ary-syndesmien (fig.
701,5’), chemine dans toute son étendue au-dessus du crico-aryténoïdien latéral, avec lequel il se confond plus ou moins. Il sert ainsi de trait d’union entre ce dernier muscle et les autres faisceaux du thyroaryténoïdien.
b. Rapports. — En dehors, le muscle thyro-aryténoïdien se trouve recouvert par l’aile du cartilage thyroïde, dont il n’est séparé que par une couche de tissu cellulaire lâche plus ou moins riche en graisse.
En dedans, il répond successivement, en allant de bas en haut : 1° au ligament thyro-aryténoïdien inférieur, qui le sépare de la muqueuse laryngée; 2° à la paroi inférieure et à la paroi externe du ventricule du larynx; 3° par ses faisceaux les plus élevés, au ligament aryténo-épiglottique.
En bas, son bord inférieur se juxtapose au bord supérieur du crico-aryténoïdien latéral et, à ce niveau, l’union des deux muscles est intime, parfois tellement intime que toute séparation est artificielle.
c. Action. — Les muscles thyro-aryténoïdiens ont, à peu de chose près, la même action que les crico-aryténoïdiens latéraux, qui sont situés au-dessous d’eux et qui présentent la même direction. Agissant, comme ces derniers muscles, sur la partie externe des aryténoïdes, ils portent les apophyses externes en avant et en dehors, tandis que les apophyses internes, se déplaçant en dedans, tendent les cordes vocales et rétrécissent la fente glottique. Ce sont encore des constricteurs de la glotte. Mais ce n’est pas tout : comme la contraction d’un muscle s’accompagne toujours de
Eig. 701.
Les muscles du larynx, vus sur la face latérale droite de l’organe.
a, cartilage cricoïde. — b, cartilage thyroïde, dont l’aile droite b\ incisée un peu en dehors de la ligne médiane, a été érignée en bas. — c, épiglotte.
— d, os hyoïde. — e, repli glosso-épiglottique médian. — f, membrane crico-lhvroïdienne. — g , membrane thyro-hyoïdieune.
I, muscle ary-aryténoïdien. — 2, muscle cricothyroïdien. — 3, muscle crico-aryténoïdien postérieur. — 4, muscle crico-aryténoïdien latéral. — 5, muscle thyro-aryténoïdien, avec : 5’, son faisceau ary-syndesmien ; 5" son faisceau thvro-membraneux.
— 6’ muscle aryténo-épiglottique.
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son gonflement, le faisceau interne du thyro-aryténoïdien se gonfle au moment où il se contracte. Du même coup, la corde vocale inférieure, dans laquelle il se trouve pour ainsi dire inclus, subit dans son volume et dans son état de tension des modifications profondes, qui influent puissamment sur les qualités physiques du son : « Les muscles thvro-aryténoïdiens, dit Beclard, sont par leur faisceau
interne tenseurs des cordes vocales, mais des tenseurs d’une espèce toute particu-
lière; ils exercent principalement leur action tensive par une sorte de gonflement de la portion vocale du muscle, ce qui distingue essentiellement Y anche vivante de toutes les anches possibles, même des anches membraneuses élastiques, qui ne se tendent qu’en s’amincissant. »
5° Muscle aryténo-épiglottique . —
On donne ce nom à un faisceau musculaire, pâle et mince, souvent peu visible (fig. 701,6), qui s’étale sur la partie supérieure des replis aryténoépiglottiques.
a. Insertions. — Gomme son nom l’indique, ce petit muscle s’insère sur l’aryténoïde , au niveau de son sommet. De là, il se porte en avant et en haut, en s’appliquant immédiatement contre le ligament aryténo-épiglottique, et vient se terminer en partie sur ce ligament, en partie sur les côtés de l’épiglotte.
Le plus souvent, le muscle aryténoépiglottique se trouve renforcé par les fibres superficielles des aryténoïdiens obliques (voy. plus bas), qui croisent la partie supérieure de l’aryténoïde sans y prendre insertion, et, continuant leur trajet, se dirigent vers l’épiglotte.
b. Action. — Le muscle aryténo-épiglottique me semble avoir pour usage
Fig. 702.
Les muscles thyro-aryténoïdien et aryténoépiglottique, vus sur sur une coupe frontale.
1, face postérieure de l’épiglotte, avec 1’, son bourrelet. — 2, repli aryténo-épiglottique. — 3, corde vocale supérieure. — 4, corde vocale inférieure. — 5, fossette centrale de Merkel. — 6, ventricule du larynx, avec : 6’, son arrièrecavité. — 7, arc antérieur du cricoïde. — 8, coupe du même cartilage. — 9, cartilage thyroïde. — 10, membrane thyroliyo'idienne. — 11, muscle thyro-hyoïdien. — 12, muscle aryténo-épiglottique. — 13, muscle thyro-aryténoïdien (faisceau externe), avec 13’, son faisceau interne contenu dans l’épaisseur de la corde vocale inférieure. — 14, muscle cricothyroïdien. — 15, portion sous-glottique du larynx. — 16, cavité de la trachée-artère.
de rétrécir l’orifice supérieur du larynx. Quand il est fortement développé, il peut encore, prenant son point fixe sur l’aryténoïde, porter l’épiglotte en bas et en arrière, d’où le nom de muscle abaisseur de V épiglotte [reflector epiglottidis) que lui donnent certains auteurs, Theile entre autres.
6° Muscle ary-aryténoïdien. — Le muscle ary-aryténoïdien (fig. 699,2) est un muscle impair, médian, symétrique, situé à la partie postérieure des deux cartilages aryténoïdes.
a. Insertions. — Ce muscle se compose de deux portions, une portion superficielle à direction oblique et une portion profonde, à direction transversale :
a) La portion oblique (a’ et a’’), que l’on désigne le plus souvent sous le nom
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
de muscle aryténoïdien oblique, est constituée par deux faisceaux, l’un droit, l’autre gauche. Le faisceau droit s’insère sur la partie postérieure de l’apophyse externe du cartilage aryténoïde droit ; de là, il se porte obliquement en dedans et en haut, croise la ligne médiane et gagne le sommet du cartilage aryténoïde gauche. Inversement, le faisceau gauche s’étend de la base de l’aryténoïde gauche au sommet de l’aryténoïde droit. — Les deux aryténoïdiens obliques, on le voit, s’entrecroisent réciproquement en sautoir sur la ligne médiane. — Arrivés au sommet des aryténoïdes, ces deux faisceaux musculaires se comportent comme suit : leurs fibres profondes se terminent sur le sommet du cartilage ou, plus exactement, sur la partie la plus élevée de son bord externe; quant à ses fibres superficielles, elles ne font que prendre contact avec le cartilage et, poursuivant leur trajet, elles se mêlent aux faisceaux du muscle aryténo-épiglottique ci-dessus décrit, qu’elles renforcent et dont elles partagent le mode de terminaison.
P) La portion transversale (a), encore appelée muscle aryténoïdien transverse, est plus volumineuse que la précédente, tout en ayant une disposition plus simple. Elle est constituée, comme son nom l’indique, par un système de fibres à direction transversale, qui se portent horizontalement du bord externe de l’un des aryténoïdes au bord externe de l’aryténoïde du côté opposé. Ces fibres transversales sont parallèles les unes aux autres et, de plus, elles sont d’autant plus longues qu’elles sont plus inférieures.
b. Rapports. — En avant , le muscle ary-aryténoïdien est en rapport avec la face postérieure des deux aryténoïdes et, dans l’intervalle des deux cartilages, avec la muqueuse laryngée. — En arrière , il répond à la muqueuse du pharynx, qui ne lui adhère que par un tissu cellulaire lâche.
c. Action. — Par les fibres superficielles de sa portion oblique, qui se mêlent aux faisceaux de l’aryténo-épiglottique, l’ary-aryténoïdien partage l’action de ce dernier muscle et concourt ainsi à rétrécir l’orifice supérieur du larynx. Par toutes ses fibres, il agit sur les deux cartilages aryténoïdes, qu’il rapproche l’un de l’autre en rétrécissant naturellement la fente glottique : c’est donc un muscle constricteur de la glotte .
D. — Muqueuse du larynx
Le larynx est tapissé, dans toute l’étendue de sa surface intérieure, par uno membrane muqueuse, la muqueuse laryngée, qui se continue en bas avec la muqueuse de la trachée-artère, en haut avec la muqueuse de la langue et la muqueuse du pharynx. Elle est très mince, lisse et unie,' d’une coloration grisâtre ou légèrement rosée.
1° Disposition générale. — Si nous la suivons de bas en haut, nous la voyons tout d’abord recouvrir la portion sous-glottique du larynx, contourner le bord libre des cordes vocales inférieures et pénétrer dans le ventricule de Morgagni, dont elle tapisse successivement les trois parois. Puis, sortant du ventricule, elle contourne de bas en haut le bord libre des cordes vocales supérieures et s’étale alors sur les différentes régions de la portion sus-glottique. Arrivée au niveau de l’orifice supérieur du larynx, elle se comporte de la façon suivante :
a) En arrière, elle se continue, dans le fond de l’échancrure interaryténoïdienne, avec laportion delà muqueuse pharyngienne qui revêt la face postérieure du larynx;
|) Sur les côtés, elle se fusionne encore, par-dessus les replis aryténo-épiglottiques, avec la portion de cette même muqueuse pharyngienne qui recouvre les gouttières pharyngo-laryngées;
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y) En avant, après avoir tapissé la face postérieure de l’épiglotte, elle contourne ce fibro-cartilage, revêt sa face antérieure et se continue alors avec la muqueuse de la base de la langue, en formant à ce niveau (fïg. 703) les différents replis glosso-épiglottiques et pharyngo-épiglottiques ci-dessus décrits.
2° Couche sous-muqueuse. — Dans ce long trajet, la muqueuse du larynx adhère intimement à la face postérieure de l’épiglotte, à la portion libre des cordes vocales supérieures et inférieures ainsi qu’à la face interne des ligaments aryténo-épiglottiques.
Sur la face externe de ces derniers ligaments, au contraire, elle est doublée d’une couche de tissu cellulaire lâche, le tissu cellulaire sous-muqueux, qui peut devenir le siège d’une infiltration séreuse. Cette infiltration, qu’on désigne improprement sous le nom d’œdème de la glotte , refoule en dedans les replis aryténo-épiglottiques et, en rétrécissant de la sorte l’ouverture supérieure du larynx, elle expose les sujets qui en sont atteints à des accidents de dyspnée ou même aux dangers de la suffocation.
La muqueuse laryngée est faiblement adhérente encore sur la partie supérieure des aryténoïdes, sur les parois des ventricules de Morgagni et sur la face antérieure de l’épiglotte, principalement sur les points où elle se réfléchit en avant pour se continuer avec la muqueuse linguale.
3° Structure. — Histologiquement (fig. 704), la- muqueuse laryngée se compose : 1° d’une couche épithéliale ; 2° d’un derme ou chorion, auxquels sont annexés un certain nombre de formations glandulaires .
A. Épithélium. — L’épithélium de la muqueuse laryngienne, quoique partout continu, varie morphologiquement suivant les régions où on l’examine :
a. Les deux types épithéliaux. — L’observation nous apprend, en effet, qu’il se dispose suivant deux types parfaitement distincts : Y épithélium pavimenteux stratifié et Y épithélium cylindrique cilié.
a) h’ épithélium pavimenteux rappelle exactement l’épithélium bucco-pharyngien, avec lequel il se continue, du reste, au niveau de l’orifice supérieur du larynx. Il se compose, comme ce dernier, de trois couches de cellules : 1° une couche profonde ou génératrice, formée par une seule rangée de cellules cubiques ou cylindriques, implantées perpendiculairement sur le derme ; 2° une couche moyenne ou corps muqueux, comprenant elle-même quatre ou cinq assises de cellules arrondies ou polygonales, avec, à leur phériphérie, de minces filaments unitifs en forme d’épines; 3° une couche superficielle ou épidermique , formée par cinq ou six assises de cellules plates, chacune avec son noyau.
P) IY épithélium cylindrique nous présente, tout d’abord, à la surface libre de la muqueuse une rangée de cellules cylindriques, délimitées, à leur extrémité interne,
Fig. 703.
La muqueuse laryngée, vue en avant do l’épiglotte, avec ses différents replis glosso-épiglottiques et pharyngo-épiglottiques.
1, base de la langue. — 2, base de l’épiglotte. — 3,3, replis pharyngo-épiglottiques — 4, repli glossoépiglotlique médian. — 5, replis glosso-épiglottiques latéraux. — 6, 6, fossettes glosso-épiglottiques ou valleculæ.
par un plateau cuticulaire muni de cils vibratiles. Ces cils, longs de 35 à 45 se meuvent de bas en haut, du côté de l'orifice supérieur du larynx par conséquent. Sur le même rang que les cellules ciliées et dans leur intervalle, se disposent çà et là quelques cellules caliciformes. Au-dessous des cellules ciliées s’entassent d’autres cellules, cylindroïdes ou polyédriques par pressions réciproques, cellules profondes, séparant la couche des cellules superficielles du derme sous-jacent.
Enfin, au-dessous de ces cellules profondes s’étale une membrane limitante, amorphe et fort mince, mesurant 1 à 2 p. d’épaisseur.
b. Mode de répartition des deux épithéliums. — - En ce qui concerne le mode de répartition de ces deux variétés épithéliales sur la muqueuse laryngienne, on peut dire que, chez l’adulte, l’épithélium pavimenteux stratifié se rencontre sur les points suivants :
1° sur la face antérieure de l’épiglotte, dans toute son étendue ; 2° sur la face postérieure de cette même épiglotte, dans ses deux tiers supérieurs (dans sa moitié supérieure seulement d’après certains auteurs, dans toute son étendue d’après d:autres) ; 3° sur la partie postérieure des replis aryténo-épiglottiques, suivant une bande de 5 ou 6 millimètres de largeur ; 4° enfin, sur le bord libre des cordes vocales inférieures, dans une étendue transversale de 2 ou 3 millimètres, tant sur la face inférieure que sur la face supérieure. Partout ailleurs, l’épithélium est représenté par le type cylindrique cilié.
c. Autres éléments de V épithélium. — L’épithélium laryngien, outre les éléments cellulaires sus-indiqués , nous présente encore un certain nombre de leucocytes immigrés, lesquels proviennent vraisemblablement des follicules sous-jacents et qui se dirigent vers la surface libre de la muqueuse. On y recontre, enfin, de petits corps ovoïdes (fig. 7 1 3 et 714), qui rappellent exactement, parleur forme comme par leur structure, les bourgeons gustatifs de la muqueuse linguale. Nous y reviendrons plus loin, à propos des terminaisons nerveuses du larynx.
B. Chorion. — Le chorion est essentiellement constitué par des éléments du tissu conjonctif, auxquels viennent se mêler, surtout dans les parties profondes, un grand nombre de fibres élastiques. Ses couches superficielles, celles qui sont
Fig. 704.
Coupe vertico-transversale des deux cordes vocales de l’homme (d’après Coyne).
1, corde vocale supérieure. — 2, corde vocale inférieure. — 3. ventricule du larynx, avec 3’, son orifice d’entrée. — 4, région papillaire de la corde vocale inférieure. — 5, ligament thyro-aryténoïdien inférieur. — 6, muscle thyro-aryténoïdien (partie profonde); — 7, glandes en grappe, avec 7’, leur canal excréteur. — 8, 8’, follicules clos, contenus dans la couche superficielle du chorion muqueux.
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immédiatement sous-jacentes à l’épithélium et à la membrane limitante, sont formées par un tissu réticulé, analogue au tissu lymphoïde. On y rencontre, en effet, un grand nombre d’éléments arrondis, qui rappellent exactement par leur forme et leur volume les corpuscules lymphatiques. Ils sont fortement colorés par le carmin et reliés les uns aux autres par un réticulum très grêle, très fin, circonscrivant des espaces de forme le plus souvent polygonale. Ce réticulum s’appuie manifestement sur les parois externes des vaisseaux capillaires, qui cheminent dans cette couche (Coyne).
La face externe ou superficielle du chorion muqueux est généralement régulière, lisse et unie. Sur le bord libre des cordes vocales inférieures, cependant, elle nous présente un certain nombre d’élevures coniques, véritables papilles analogues aux papilles du derme cutané. Ces papilles laryngées, bien étudiées par Coyne, mesurent 70 à 80 [j. de hauteur, sur 30 à 50 p. de largeur. On en compte 18 à 25 sur une même coupe transversale passant par la partie moyenne de la corde vocale. C’est, du reste, sur cette partie moyenne qu’elles acquièrent leur plus grand développement : on les voit diminuer, en effet, en nombre et en volume, au fur et à mesure qu’on s’éloigne de cette région pour se porter soit en avant, soit en arrière.
On rencontre encore des papilles sur les deux points suivants : 1° en arrière, dans l’espace interaryténoïdien, sur le point où s’établit le passage du larynx au pharynx ; 2° en avant, sur la face postérieure de l’épiglotte.
Remarquons, en passant, que ces éminences papillaires n’existent que dans les régions de la muqueuse que revêt un épithélium pavimenteux. Les régions à épithélium cylindrique cilié en sont entièrement dépourvues.
4° Glandes. — Les glandes annexées à la muqueuse du larynx sont de deux sortes : des glandes muqueuses et des glandes folliculeuses ou follicules clos.
A. Glandes muqueuses. — Les glandes muqueuses sont des glandes en grappe, dont les acini sont situés immédiatement au-dessous de la muqueuse ou dans l’épaisseur même du chorion muqueux. Nous étudierons tout d’abord leur mode de groupement ; nous indiquerons ensuite quelle est leur structure.
a. Mode de groupement . — Des glandes muqueuses du larynx [glandes laryngiennes]),les unes sont isolées, les autres réunies en groupes plus ou moins considérables. Parmi ces groupes glandulaires, les plus importants sont formés par les glandes épiglottiques , les glandes préaryténoïdiennes et les glandes des cordes vocales inférieures :
a) Les glandes épiglottiques occupent la face postérieure de l’épiglotte. Leur volume varie de la grosseur d’un grain de millet à celle d’un grain de chènevis. Logées dans les dépressions mêmes que présente à ce niveau le fibro-cartilage épiglottique, elles viennent s’ouvrir à la surface libre de la muqueuse par une multitude de petits pertuis arrondis, de différentes grosseurs, mais généralement très visibles à l’œil nu (fig. 691, 6).
P) Les glandes préaryténoïdiennes (fig. 684,12) sont situées, comme leur nom l’indique, au-devant des cartilages aryténoïdes, dans l’épaisseur des replis aryténoépiglottiques. Le groupe formé par ces glandes est fort étendu. Si nous le suivons à partir du bord supérieur des replis aryténo-épiglottiques, nous le voyons tout d’abord descendre verticalement le long de la face antérieure de l’aryténoïde, depuis le sommet de ce cartilage jusqu’au voisinage de sa base ; puis, changeant brusquement de direction, se porter horizontalement d’arrière en avant, en suivant le bord adhérent des cordes vocales supérieures. Le groupe glandulaire préaryténoïdien se
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
compose donc de deux portions : Lune verticale, relativement longue ; l’autre horizontale, beaucoup plus courte. Comme ces deux portions se réunissent l’une à l’autre à angle droit, elles représentent assez bien dans leur ensemble les deux branches d’un L majuscule, dont l’ouverture serait dirigée en haut et en avant : dans l’angle formé par les deux branches de l’L se trouve inclus le cartilage de Wrisberg. Les glandes préaryténoïdiennes s’ouvrent isolément sur la muqueuse laryngée : celles de la portion verticale, dans le vestibule, un peu en avant des cartilages aryténoïdes ; celles de la portion horizontale, à la partie postérieure de l’entrée du ventricule.
y) Les glandes des cordes vocales inférieures se subdivisent, à leur tour,
en deux groupes secondaires, qui sont situés, l’un sur la face supérieure des cordes vocales, l’autre sur la face inférieure. Chacun de ces groupes se compose de deux ou trois rangées de glandes en grappe, qui occupent toute la longueur des cordes vocales, mais qui sont surtout développées sur leur partie moyenne. Ces glandes sont nettement représentées dans la figure 704 (7). Le lecteur constatera, à l’examen de cette figure : 1° que leur canal excréteur est très long ; ï2° qu’il vient s’ouvrir, pour l’un ou l’autre groupe, à la limite de la région des papilles; 3° qu’il est oblique de bas en haut et de dehors en dedans, de façon a diriger le produit de la sécrétion vers le bord libre des cordes vocales.
b. Structure. — Envisagées au point de vue de leur structure, les glandes annexées à la muqueuse du larynx se composent essentiellement d’un certain nombre d’acini sécréteurs, auxquels fait suite un canal excréteur.
a) Les acini sont allongés, tubuleux, plus ou moins renflés à leur extrémité libre. Ils sont tapissés, sur leur face interne, par de grosses cellules mucipares, présentant ça et là, sur leurs côtés ou à leur base, des croissants de Gianuzzi (voy. Glandes salivaires).
Le canal excréteur mesure de 100 à 300 p. de diamètre. Il est irrégulier, sinueux, souvent dilaté par places en fuseau ou en ampoule. Il se compose d’une couche extérieure ou conjonctive, revêtue intérieurement par des cellules cubiques, lesquelles, dans les zones à épithélium cilié, se transforment peu à peu, au voisinage de la surface libre, en un véritable épithélium cylindrique.
B. Follicules clos. — Nous avons vu plus haut que le chorion muqueux renfermait dans les mailles de son réticulum de nombreux corpuscules lymphatiques.
Outre cette infiltration lymphoïde diffuse, on rencontre encore dans le chorion
Fig. 705.
Glandes muqueuses de l’épiglotte du mouton (d’après Renaut).
1, lumière glandulaire. — 2, cloisons conjonctives séparant les grains glandulaires. —3, cellules mucipares, avec : 4, boules de mucigène. — 5, 5, 5, noyaux des cellules muqueuses excavés en capsule et répondant au repos de la glande. — 5’, autre noyau, ayant une forme ovalaire. — 6, 6, croissants de Gianuzzi, représentant des cellules séreuses. — 7, autres cellules, renfermant des grains de zymogène. — 8, cellules mixtes, à la fois séreuses et zymogènes.
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de la muqueuse laryngienne de véritables follicules lymphatiques. Ces follicules (glandes folliculaires de certains auteurs), décrits chez le porc et le mouton par Verson (in StrickerXs llandbuch) et chez l’homme par Coyne ( Arch . de Physiologie , 1874), occupent toujours la partie la plus superficielle du chorion muqueux. Ils se présentent (fig. 704, 8j, sur les coupes, sous la forme de petites masses arrondies ou ovalaires, dont le diamètre mesure de 3 à 8 dixièmes de millimètre.
Leur distribution est fort irrégulière, mais tous les auteurs s’accordent à admettre qu’ils se développent de préférence à la face postérieure de l’épiglotte et sur la muqueuse qui revêt les parois du ventricule. Dans le ventricule lui même, ils sont surtout nombreux à sa partie antérieure, au niveau du diverticulum ascendant ou appendice : ils forment là une sorte de groupe à part, que Frænkel a désigné sous le nom très significatif, du reste, d 'amygdale laryngienne.
Histologiquement, les follicules laryngiens ont exactement la même structure que des follicules clos.
§ Y. — Vaisseaux et nerfs
1° Artères. — Les artères destinées au larynx, artères laryngées (fig. 706;, sont au nombre de six, trois de chaque côté : on les distingue, d’après leur situation, en supérieure, moyenne zi postérieure.
a. Artère laryngée supérieure . — L’artère laryngée supérieure, branche de la thyroïdienne supérieure (voy. Angéiologie), traverse d’avant en arrière la membrane thyro-hyoïdienne et descend alors vers le muscle crico-aryténoïdien latéral, dans lequel elle se termine.
Chemin faisant, elle abandonne de nombreux rameaux collatéraux : les uns, ascendants, se distribuent à la moitié supérieure de l’épiglotte et aux différents replis muqueux qui se détachent de la face antérieure de ce fibro-cartilage , les autres, descendants, se perdent dans le repli aryténo-épiglottique, dans la corde vocale supérieure, dans le ventricule, dans les muscles thyro-aryténoïdien et aryténo-épiglottique.
Au lieu de gagner l’intérieur du larynx en traversant la membrane thyro-hyoïdienne, l’artère laryngée supérieure peut, dans certains cas, y pénétrer, soit en passant entre le cartilage thyroïde et le cartilage cricoïde, soit en traversant une ouverture (foramen thyroideum ) percée dans le cartilage thyroïde. Mais ces cas sont extrêmement rares.
b. Artère laryngée inférieure. — L’artère laryngée inférieure ou moyenne^ autre branche de la thyroïdienne supérieure, généralement plus petite que la précédente, se porte obliquement en bas et en dedans, vers le muscle crico-thyroïdien- Après avoir fourni quelques rameaux à ce muscle, elle traverse d’avant en arrière le membrane crico-thyroïdienne (de là le nom d 1 artère crico-thyro'idienne, que lui donnent certains auteurs) et se ramifie dans la muqueuse de la portion sousglottique du larynx, y compris la corde vocale inférieure.
c. Artère laryngée postérieure. — L’artère laryngée postérieure provient de la thyroïdienne inférieure (voy. Angéïologie). Oblique de bas en haut et de dehors en dedans, elle chemine au-dessous de la muqueuse qui revêt la face postérieure du larynx. Elle se distribue, en partie à cette muqueuse en partie aux deux muscles crico-aryténoïdien postérieur et ary-aryténoïdien.
d. Mode de terminaison des artères laryngées. — Le mode de terminaison
des artères laryngées ne présente aucune particularité intéressante. Ces artères arrivées dans la muqueuse, se résolvent en un réseau capillaire qui occupe la couche superficielle du chorion muqueux. Sur lçs cordes vocales inférieures, là
où se trouvent des papilles, chacune de ces papilles reçoit du réseau précité une anse vasculaire.
2° Veines. — Les veines du larynx suivent le même trajet que les artères. Nous trouvons encore ici , de chaque côté de la ligne médiane trois veines laryngées ; une veine laryngée supérieure , une veine laryngée moyenne et une veine laryngée postérieure.
a. Veine laryngée supérieure. — La veine laryngée supérieure répond à l’artère de même nom. Elle tire son origine de la portion sus - glottique du larynx, en particulier des cordes vocales supérieures, des replis aryténo-épiglottiques et des muscles latéraux.
Elle traverse d’arrière en avant la membrane thyrohyoïdienne et vient se jeter, soit dans la veine thyroïdienne supérieure, soit dans la jugulaire interne. La veine laryngée supérieure s’anastomose à la fois, par ses branches d’origine, avec les veines de la base de la langue, avec les veines du pharynx et avec les deux autres veines laryngées.
b. Veine, laryngée moyenne. — La veine laryngée moyenne encore appelée veine crieo- thyroïdienne , provient de la portion sous-glottique du larynx et de la corde vocale inférieure. Après avoir traversé la membrane crico-thyroïdienne, en compagnie de 1 artère homonyme, elle se porte en haut et en dehors et vient s’ouvrir, comme la précédente, dans la veine thyroïdienne supérieure.
c. Veine laryngée postérieure. — La veine laryngée postérieure répond encore à l’artère de même nom. Elle prend naissance à la face postérieure du larynx, où elle
CDevy
Fig. 706.
Les artères du larynx et du corps thyroïde (vue postérieure).
A, base de la langue. — B, épiglotte. — C, gouttières pharyngo-larvngées.— 1), bord postérieur du cartilage thyroïde. — E, muscle ary-arvténoïdien. — F, chaton du cricoïde. — G, trachée artère. — H, corps thyroïde.
1, tronc artériel brachio-céphalique. — 2, artère sous-clavière droite. — 3, artère carotide primitive. — 4, artère carotide interne. — 5, artère carotide externe. — 6, tronc veineux brachio-céphalique droit. — 7, veine jugulaire interne droite. — 8, artère sous-clavière gauche. — 9, artère thyroïdienne inférieure gauche. — 10, veines thyroïdiennes inférieures. — 11, veines thyroïdiennes moyennes. — 12, tronc veineux thyro-linguo-facial. - — 13, artèie thyroidiennc supérieure. — 14, anastomose entre les deux thyroïdiennes à la surface du corps thyroïde. — 15, artère laryngée supérieure. — 13, artère laryngée inférieure.
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s’anastomose, sur le muscle crico-aryténoïdien postérieur, avec l’une des branches ascendantes de la veine laryngée supérieure. De la face postérieure du larynx, elle se porte en bas et en dehors, pour venir se jeter dans l’une des veines thyroïdiennes inférieures.
3° Lymphatiques. — Signalés par Mascagni en 1787, les lymphatiques du larynx ont été longuement décrits par Teichmann en 1861 et, en 1874, par Sappey. Leur étude a été reprise dans ces dernières années, en Allemagne par Most (1899), en France par Poirier (1887) et par Roubaud (1902).
A. Réseau d’origine. — Les lymphatiques du larynx prennent naissance dans la muqueuse laryngée, où ils forment un réseau partout continu. Ce réseau, qui occupe la partie la plus superficielle du chorion, doit être, examiné séparément : 1° dans la région sus-glottique du larynx; 2° dans la région sous-glottique ; 3° au niveau même de la glotte ou, plus exactement, sur la corde vocale inférieure.
a) Dans la portion sus-glottique du larynx ( territoire sus-glottique) , le réseau lymphatique recouvre sans discontinuité toute la surface intérieure de l’organe. Il y est, partout, d’une extrême richesse. Tout en haut, il se continue, en contournant l’épiglotte, avec le réseau lymphatique de la langue. En bas, il contourne, de même, la corde vocale supérieure pour passer dans le vestibule et se prolonger ainsi jusqu’à l’origine de la corde vocale inférieure. A la partie postérieure, enfin, le réseau laryngé se continue, dans l’intervalle des deux cartilages aryténoïdes, avec le réseau du pharynx.
P) Dans la portion sous-glottique (territoire sous-glottique) le réseau lymphatique est encore très développé, mais moins cependant que sur le territoire précédent. En haut, il paraît s’arrêter brusquement au niveau du bord libre de la corde vocale inférieure. En bas, au contraire, il se continue directement avec celui de la trachée : seule une différence dans l’orientation des mailles lymphatiques, qui sont obliques sur le larynx, transversales sur la trachée, permet de distinguer aux confins de ces deux organes leurs réseaux respectifs (Roubaud).
y) Sur la corde vocale inférieure ( territoire glottique) les lymphatiques sont relativement très rares. Most dit n’avoir réussi qu’incomplètement à y injecter un réseau proprement dit et Roubaud, de son côté, nous apprend qu’il n’a pas été plus heureux. Quoi qu’il en soit, les lymphatiques du territoire glottique communiquent à la fois en haut avec le réseau sus-glottique, en bas avec le réseau sous-glottique.
B. Troncs collecteurs et ganglions. — Le réseau muqueux que nous venons de décrire, donne naissance, à des troncules d’abord, puis à des troncs, qui tous s’échappent du larynx pour se rendre à leurs ganglions respectifs : ce sont les vaisseaux lymphatiques du larynx. Nous les diviserons, suivant le point où ils perforent la paroi laryngée, en trois groupes : 1° lymphatiques supérieurs ; 2° lymphatiques inférieurs ; 3° lymphatiques postérieurs.
a. Lymphatiques supérieurs. — Les lymphatiques supérieurs (pédicule supérieur de Roubaud) naissent du territoire sus-glottique. Au nombre de trois ou quatre de chaque côté, ils se dirigent en avant, en suivant le même trajet (mais en sens inverse) que l’artère laryngée supérieure. Après avoir perforé la membrane thyrohyoïdienne, ils obliquent en dehors et viennent se terminer dans les ganglions situés au-dessous du muscle sterno-cléido mastoïdien, au voisinage de la bifurcation de la carotide primitive.
b. Lymphatiques inférieurs. — Les lymphatiques inférieurs (pédicule antérieur
804 APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
ou sus-cricoïdien de Roubaud) proviennent de la partie antérieure du territoire sous-gdottique. Ce sont « des troncules extrêmement fins qui, au nombre de trois à cinq, traversent la membrane crico-thyroïdienne sur la ligne médiane ou un peu par côté » (Roubaud). Ils se terminent au-devant du larynx, dans un groupe de ganglions qui, en raison de leur situation, prennent le nom de ganglions prélaryngés.
Ces ganglions prélaryngès, décrits pour la première fois par Engel (1859) et
étudiés à nouveau par Poirier (1887), sont très variables dans leur nombre, leur volume et même leur situation. Le plus constant (il existe 49 fois sur 100, d’après Poirier) se trouve situé dans l’espace en forme de V que circonscrivent les deux muscles crico-thyroïdiens : il est ordinairement de la grosseur d’un pois. On en trouve parfois un second, mais minuscule, au voisinage du sommet du V. Enfin, Most et Roubaud en ont signalé un troisième, encore plus inconstant que les autres, au-devant du cartilage cricoïde, sur le bord supérieur de l’isthme du corps thyroïde.
Les efférents des ganglions prélaryngés suivent deux directions : les uns, latéraux, se portent en dehors au-dessus du corps thyroïde et aboutissent finalement aux ganglions placés sous le muscle sterno-cléido-mastoïdien (ils font partie de la chaîne jugulaire); les autres, médians, descendent au-devant de l’isthme de la thyroïde et se jettent dans un groupe ganglionnaire qui se trouve situé en avant de la trachée, ce sont les ganglions prétrachéens.
c. Lymphatiques postérieurs. — Les lymphatiques postérieurs ( pédicule postérieur ou sous-cricoïdien de Roubaud) prennent naissance sur le segment postérieur du territoire sous-glottique . Au nombre de cinq ou six, ils traversent le ligament crico- trachéal, tout près de la portion membraneuse de la trachée et, arrivés sur le côté de ce conduit, se jettent dans un groupe de ganglions qui s’échelonnent le long des nerfs récurrents et que l’on désigne pour cette raison sous le nom de ganglions récurrentiels.
Ces ganglions récurrentiels sont toujours de petites dimensions. On en compte ordinairement cinq ou six, disposés, soit en chaîne continue ( chaîne récurrentielle) soit en trois amas superposés, comme font vu Gougeniikim et Laval- PlQUEGHEE (1884).
Quoi qu’il en soit, ils sont directement appliqués sur le récurrent, et, de ce fait, peuvent déterminer la paralysie de ce nerf par compression.
Les efférents des ganglions récurrentiels , obliquant en bas et en dehors, aboutissent aux ganglions sous-sterno-cléido-mastoïdiens et sus-claviculaires.
Fig. 707.
Lymphatiques du larynx (d’après Most).
a , os hyoïde. — b, membrane thvro-hyoïdienne. — c, muscle crico-thyroïdien. — d, corps thyroïde. — e, trachée. — f. sterno-cléido-mastoïdien, coupé. — g, paquet vasculaire du cou. — h, clavicule.
1, lymphatiques supérieurs. — 2, lymphatiques inférieurs. — 3, lymphatiques postérieurs, vus en pointillé sous la thyroïde. — 4, 4, 4, ganglions placés sous le sterno cléido-masloïdien (ganglions de la chaîne jugulaire). — 5, ganglions prélaryngès. — G, un ganglion prétrachéal. — 7, ganglions récurrentiels.
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4° Nerfs. — L’innervation du larynx est fort complexe : complexe, d’abord, parce que le larynx reçoit à la fois des filets moteurs, des filets sensitifs, des filets vasculaires, voire même des filets sensoriels ; complexe ensuite parce que les données de la dissection, par suite E
d’anastomoses encore mal
connues, ne s’accordent pas ,
toujours avec les données de la clinique et de l’anatomie pathologique.
A. Données de la dissection. — Les nerfs du larynx proviennent du pneumogastrique (fig. 658, 6), soit par le laryngé supérieur , soit par le laryngé inférieur.
a. Laryngé supérieur. — Le laryngé supérieur, comme nous l’avons déjà dit en névrologie, se détache de la partie inférieure et interne du ganglion plexiforme et, de là, se porte vers le larynx, en décrivant une longue courbe à concavité dirigée en haut et en avant. Il se partage, un peu en arrière de l’os hyoïde, en deux rameaux : un rameau supérieur, exclusivement sensitif, qui, après avoir traversé la membrane thyro-hyoïdienne, se distribue aux deux faces de l’épiglotte et à la portion sus-glottique de la muqueuse du larynx ; un rameau inférieur ou nerf laryngé externe , à la fois sensitif et moteur, qui se porte obliquement en bas et en avant et qui, après avoir innervé le muscle crico -thyroïdien , traverse d’avant en arrière la membrane crico- thyroïdienne , pour venir se ramifier dans la muqueuse de la portion du ventricule.
b. Laryngé inférieur. —
Fig. 708.
Vaisseaux et nerfs du larynx, vue postérieure.
(Le pharynx et l’œsophage ont cté incisés sur la ligne médiane ; la moitié droite a été enlevée; la moitié gauche a été conservée et érignée.)
A, larynx. — B, trachée. — C, œsophage, dont la muqueuse a été incisée à la partie supérieure. - D, pharynx. — F, os hyoïde. — G, cartilage thyroïde. — H, corps thyroïde.
I, nerf récurrent, avec : 2, 2, ses rameaux œsophagiens ; 3, nerf du cricoaryténoïdien postérieur ; 4, nerf du crico-arylenoïdien latéral ; 5, jnerf de l’ary-aryténoïdien. — 6, nerf laryngé supérieur, à nu du côté gauche, encore recouvert par la muqueuse du côté droit. — 7, anastomose de Galien. — 8, carotide. — 9, thyroïdienne supérieure. — 10, thyroïdienne inférieure, entourant dans une sorte de boucle la partie postérieure du récurrent.
sous-glottique du larynx, ainsi que dans la muqueuse Le laryngé inférieur ou récurrent (fig. 708, 1 et 718, 1)
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
se détache du pneumogastrique à la partie supérieure du thorax. De là il remonte vers le larynx en suivant le sillon angulaire que forment en s’adossant l’un à l’autre l’œsophage et la trachée. Arrivé à la face postérieure du larynx, il se divise en un certain nombre de rameaux, qui, après un trajet variable, se terminent dans les muscles crico-aryténoïdien postérieur, crico-aryténoïdien latéral, ary-aryténoïdien, thyro-aryténoïdien et aryténo-épiglottique (voy. système nerveux
PÉRIPII ÉlUQUË, p. 1 16).
Rappelons, en passant, que le nerf récurrent renferme, ainsi que l’ont établi les recherches récentes (1901 et 1903) de van Gehuchten et de Bocheneck, toutes les fibres constitutives du spinal bulbaire, lesquelles, sous le nom de branche interne du spinal , se fusionnent avec le pneumogastrique (voy. t. III, p. 124)
A ces rameaux moteurs, il convient d’ajouter un rameau sensitif, qui se porte verticalement en haut et qui se réunit, sur la face postérieure du muscle cricoaryténoïdien postérieur, avec un rameau descendant du laryngé supérieur. Cette longue anastomose jetée entre les deux nerfs laryngés constitue, on le sait, Y anastomose de Galien.
c. Résumé. — Au total, le larynx reçoit deux ordres de rameaux : des rameaux moteurs et des rameaux sensitifs :
a) Les rameaux moteurs destinés aux muscles intrinsèques, sont tous fournis pur le nerf laryngé récurrent, à l’exception du rameau du crico-thyroïdien , lequel provient du laryngé supérieur.
P) Les rameaux sensitifs destinés au périchondre et surtout à la muqueuse, émanent (sinon tous, du moins en grande partie), tant pour la portion sous-glottique que pour la portion susglottique du nerf laryngé supérieur.
Un grand nombre d’auteurs aujourd’hui (Krause, Burckard, Trifiletti, Perna) tendent à admettre, dans le récurrent, des fibres sensitives, sans pouvoir indiquer nettement si elles proviennent du pneumogastrique ou de l’accessoire.
Remak, depuis longtemps déjà (1840-1844), a signalé, chez 1 homme et chez les animaux, l'existence de cellules ganglionnaires sur le trajet du nerf laryngé supérieur. Ces cellules ganglionnaires, constituant de véritables ganglions, ont été retrouvées depuis par Lindermann, par Nicolas (1894). par Fusari (1896), par Ploschko (1897), par Soulié et Baroier (1897).
Plus récemment Perna, dans un intéressant mémoire publié dans YArchivio di Anatomia de 1905, a décrit sur le laryngé récurrent et, aussi, sur le tronc même du pneumogastrique, depuis l’origine du récurrent jusqu’au ganglion pie xi for me, des formations ganglionnaires, fort irrégulières dans leurs dimensions et dans leur siège, mais assez fréquentes pour qu’on puisse les considérer comme autre chose qu’une disposition anormale. En fait, Perna, sur 80 pneumogastriques examinés, les a rencontrés 26 fois : 13 Lis au-dessous du ganglion plexiforme ; 8 fois au point d'émergence du laryngé inférieur; 5 fois sur le trajet même de ce dernier nerf. Les cellules constitutives de ces ganglions mesurent de 40 à 100 p de diamètre.
Elles affectent, du reste, les formes les plus variables : triangulaires, quadrangulaires, trapézoï-
Fig. 709.
Les ganglions du récurrent, vus sur une coupe longitudinale du pneumogastrique (d’après Perna).
1. pneumogastrique d’un homme adulte. — 2, émergence et portion initiale du l'éeurrent. — 3, a, 3. 3 divers ornas ganglionnaires (disposés sur le côté interne du Lonc nerveuxi. dont les libres contribuent à former le récurrent.
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dales, polygonales. Mais, quelle que soit leur forme, elles appartiennent au type multipolaire. Chacune d'elles, enveloppée dans une capsule, renferme un noyau de 5 à 15 p., présentant un ou deux nucléoles.
Deux ans plus tard (1907), Grynfeltt et Hédon ont signalé à leur tour, le long des rameaux nerveux laryngés, de nombreux petits ganglions qu'ils ont répartis en trois groupes : 1° groupe crico-thyroïdien (représenté par un shuI ganglion) situé sur la face externe du muscle crico-aryténoïdien latéral tout près du laryngé inférieur ; 2° groupe thyro- hyoïdien, formé par trois ou cinq ganglions, qui s'échelonnent le long des grosses branches du nerf laryngé supérieur, dès que le nerf a franchi la membrane thyro-hyoïdienne ; 3° groupe aryténo-épiglottique , compris dans l'épaisseur des replis de môme nom, depuis le bord antérieur du cartilage aryténoïde jusqu’au bord externe de l’épiglotte.
La signilication morphologique des formations ganglionnaires que nous venons de décrire sur le trajet des nerfs laryngés, n’est pas encore nettement établie. Ln ce qui concerne celles qui se développent le long du laryngé inférieur ou récurrent (mais il est à croire que celles qui accompagnent le laryngé supérieur ont la même valeur), Perna n’hésite pas à les considérer comme les homologues des petits ganglions qui, chez les poissons, se développent sur le trajet des nerfs branchiaux.
Pour bien comprendre cette homologie, il convient de se rappeler que les nerfs laryngés, comme le larynx auquel ils sont destinés, sont d’acquisition relativement récente. Chez les animaux qui respirent encore par des branchies, chez les poissons notamment, le pneumogastrique, peu après son émergence du bulbe, émet une série de rameaux qui se portent vers les arcs branchiaux et s’y terminent, ce sont les nerfs respiratoires ou nerfs branchiaux. Or, chacun de ces nerfs possède, soit à son origine, soit sur son trajet, de petits amas ganglionnaires, qui morphologiquement (et peutêtre aussi génétiquement) présentent d’étroites relations avec l’épithélium des fenles branchiales, ce sont les ganglions branchiaux. Lorsque la respiration branchiale disparaît pour faire place à la respiration pulmonaire, les nerfs branchiaux tout en conservant leur origine et leur signilication, se portent vers les divers organes qui ont remplacé les branchies, notamment vers le larynx : et voilà pourquoi les nerfs laryngés supérieur et inférieur sont généralement considérés comme les homologues des nerfs branchiaux, chacun d’eux
résultant de la fusion d’un certain nombre de ces nerfs. Dès lors, il est rationnel de penser que les éléments ganglionnaires, isolés ou agminés, que révèle le microscope sur les nerfs laryngés ne sont, eux aussi, suivant la conclusion précitée de Perna, que les représentants des ganglions branchiaux.
(Jn ganglion nerveux sur le trajet du récurrent d'un homme adulte (d’après Perna).
1,1, pneumogastrique. — 2, ï, nerf récurrent. — 3, ganglion nerveux. — 4, rameau cardiaque du récurrent.
B. Données de la clinique et de l’anatomie pathologique. — La formule que nous avons énoncée tout à l’heure (p. 806) sur l’innervation du larynx, formule que l’on pourrait appeller classique, est simple et facile à retenir ; mais elle n’est pas entièrement exacte. Elle est en opposition, en effet, avec certains faits cliniques et expérimentaux qui ont été mis en lumière, en 1883 et 1884, par Weinzweig, par Mandelstamm et par Exner :
a. Faits relatifs à V innervation motrice. — Le muscle crico-thyroïdien, tout d’abord, n’est pas innervé exclusivement par la branche externe du laryngé supérieur. Si l’on sectionne en effet, chez le lapin, le nerf laryngé externe, comme l’a fait Steiner, on constate que l’animal pousse encore des cris et que, lorsqu’il crie, son muscle crico-thyroïdien se contracte. Ce muscle doit donc recevoir un nerf autre que le nerf sectionné. En fait, le professeur Exner (de Vienne) a constaté que la branche pharyngienne du pneumogastrique abandonne de chaque côté un rameau nerveux, qui descend vers le larynx et vient se perdre, en partie, dans le muscle crico thyroïdien. Ce nerf, auquel il a donné le nom de laryngé moyen, se voit très nettement chez le lapin. 11 existe également chez l’homme : seulement au lieu de partir, comme chez le lapin, de la branche pharyngienne, il se détache du plexus pharyngien.
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
Onodi (1888), tout en admettant le filet nerveux décrit par Exner, a émis l’opinion qu’il provenait du laryngé supérieur et pénétrait dans le rameau pharyngien du pneumogastrique, qu’il abandonnait ensuite pour se rendre au cricothvroïdien. Mais, plus récemment (1891), Livon à la suite d’expériences entreprises
sur le chien, a cru devoir rejeter comme non fondées les conclusions d’ONODi et considérer le nerf laryngé moyen comme entièrement indépendant du nerf laryngé supérieur.
Le crico-thyroïdien n’est pas le seul muscle du larynx qui possède une innervation double. D’après Exner, tous les autres muscles laryngés, l’aryaryténoïdien , le thyro-aryténoïdien, le crico-aryténoïdien postérieur et le crico-aryténoïdien latéral, tout en étant innervés en majeure partie par le laryngé inférieur, reçoivent encore quelques filets nerveux du laryngé supérieur (voy. pour plus de détails, les Traités de physiologie).
b. Faits relatifs à V innervation sensitive. — En ce qui concerne l’innervation sensitive, le laryngé supérieur est bien certainement le nerf sensitif de la muqueuse laryngée . Mais les ramifications du laryngé inférieur possèdent aussi un certain nombre de fibres sensitives, comme nous l’a indiqué suffisamment déjà (p. 806), la présence de cellules ganglionnaires sur leur trajet. Les faits physiologiques et pathologiques s’accordent, en effet, pour nous démontrer que les deux nerfs laryngés concourent à la fois, quoique dans une proportion fort inégale, à l’innervation sensitive de l’organe de la phonation. Et, à ce sujet, nous ferons remarquer, avec Mandelstamm, que les nerfs laryngés ne se distribuent pas exactement, chacun à la moitié du larynx qui lui correspond, mais, sur certains points, franchissent la ligne médiane pour aller innerver une partie de la moitié opposée. C’est ainsi que l’on voit sur la face postérieure du larynx deux ou trois anses nerveuses à direction transversale, qui passent d’un côté à l’autre et qui sont formées vraisemblablement par deux ordres de fibres : par des fibres qui, des nerfs du côté droit, se portent à gauche et par des fibres qui, vice versa, des nerfs gauches se portent du côté droit.
Fig. 711.
Les nerfs du larynx, vue latérale.
(Le cartilage thyroïde a été réséqué un peu en dehors de la ligne médiane ; le pharynx a été, lui aussi, incisé un peu en arrière du cartilage thyroïde).
A, larynx. — B, trachée. — C, œsophage. — D, pharynx, — E, langue. — F. os hyoïde. — G, cartilage thyroïde. — H, corps thyroïde, fortement récliné en avant. — 1, épiglotte.
1, nerf récurrent droit, avec : 2, ses rameaux œsophagiens ; 3, nerf du crico-aryténoïdien postérieur : 4, nerf du crico-aryténoïdien latéral ; 5, nerf de l ary-aryténoïdien ; — 6, nerf laryngé supérieur, soutenu par une érigne (la membrane thy > ^-hyoïdienne ayant été enlevée dans la préparation). — 7, rameaux ascendants de ce dernier nerf, se rendant à l’épiglotte et à la base de la langue. — 8, anastomose de Galien. — 9, artère thyroïdienne inférieure, entourant dans une sorte de boucle la partie postérieure du récurrent.
LARYNX
C. Mode de terminaison dfs nerfs laryngés. — Le larynx nous offre à considérer quatre ordres de terminaisons nerveuses, savoir : 1° des terminaisons motrices ; 2° des terminaisons vasculaires ; 3° des terminaisons sensitives ; 4° des terminaisons sensorielles.
a. Terminaisons motrices.
— Les fibres motrices se terminent dans les muscles suivant le mode habituel (voy.
Myologie).
b. Terminaisons vasculaires. — Il en est de même des filets nerveux destinés aux vaisseaux. Ils ne présentent ici aucune particularité digne d’être notée.
c. Terminaisons sensitives. — Les filets nerveux sensitifs présentent sur leur trajet de nombreuses cellules ganglionnaires. Stirling, en 1883, les a vus, sur l’épiglotte, former un très riche plexus de fibres à myéline, immédiatement au-dessous de l’épithélium. De son côté, Luschka a signalé l’existence, a l’extrémité de certaines fibrilles cylindraxiles, de corpuscules terminaux, piriformes ou ovalaires ( corpuscules de Luschka). Simanowski (1883), qui a retrouvé ces corpuscules terminaux sur les cordes vocales inférieures de l’homme, a décrit en outre, toujours chez l’homme, des filets nerveux dont les dernières ramifications vont se perdre dans l’épithélium laryngé (fig. 712), rappelant ainsi par leur disposition les terminaisons sensitives de l’épithélium cornéen.
Les recherches récentes entreprises à l’aide des méthodes de Golgi et d’Ehrlich par Fusari (1893), par Retzius (1894), par Ploschko (1897), ont confirmé, tout en les précisant, l’existence de ces terminaisons interépithéliales. On rencontre tout d’abord, immédiatement au-dessous de l’épithélium, un riche plexus, \e plexus sous-épithélial, «. dans lequel, non seulement les petits faisceaux nerveux, mais encore chacune des fibres, en s’anastomosant, s’enlacent en réseau et se mettent en rapport avec de nombreuses cellules nerveuses, globuleuses et ovoïdes » (Fusari). Ce plexus se voit dans toute l’étendue de la muqueuse laryngienne ; mais il est particulièrement développé au niveau de la corde vocale inférieure, où les fibres nerveuses sont à la fois plus nombreuses et plus serrées. Du
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.
Fig. 713.
Terminaisons nerveuses dans la partie inférieure de l’épiglotte (chat de six semaines, méthode de Golgi, d’après Retzius).
On voit sur cette préparation quatre bourgeons gustatifs avec les fibres nerveuses qui se terminent dans leurs intervalles ou dans leur intérieur. Dans chacun des deux bourgeons de gauche se voit une cellule colorée en noir par l’imprégnation argentique.
Fig. 712.
Terminaisons nerveuses dans la muqueuse du larynx (région des cordes vocales inférieures à. épithélium pavimenteux stratifié, méthode de Golgi, d’après Retzius).
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
plexus sous-épithélial s’échappent une multitude de fibres ascendantes, lesquelles s’élèvent entre les cellules épithéliales, s’y ramifient et finalement se résolvent en des touffes de minces fibrilles, que l’on peut suivre jusqu’à la surface libre de la muqueuse.
Outre ces terminaisons interépithéliales, Ploschko et Arnstein décrivent encore des arborisations terminales au-dessous de l’épithélium et des pelotons terminaux dans l’épaisseur même du chorion muqueux.
d. Terminaisons sensorielles. — Yerson a décrit et figuré en 1870, dans le
Manuel de S tricher, de petits corps ovoïdes, à grosse extrémité inférieure, situés dans l’épaisseur de l’épithélium du larynx. Il méconnut, du reste, leur véritable signification. Ces formations ont été retrouvées depuis par de nombreux histologistes, parmi lesquels nous citerons Davis (1877), Simanowsky (1883), Heïmann (1889), Ploschko (1897). On les rencontre presque exclusivement dans les régions à épithélium pavimenteux, c’està-dire, sur l’épiglotte, sur la partie supérieure des replis aryténo-épiglottiques, sur la face interne et sur le sommet des cartilages aryténoïdes. Ils y sont très nombreux : Davis, sur la face postérieure de l’épiglotte de l’homme, en a compté de 20 à 25 par millimètre carré. On observe aussi ces corpuscules dans les zones à épithélium cilié, mais ils y sont beaucoup plus rares et s'y disposent suivant une modalité toute spéciale, qui a été bien décrite par Davis : au-dessus d’eux (fig. 714) l’épithélium cylindrique cilié est remplacé par un épithélium plat et, d’autre part, cet épithélium plat ne s’élève pas jusqu’au
niveau de l’épithélium cilié, formant ainsi une dépression en forme de cupule, au fond de laquelle apparaît le sommet du corpuscule.
Plus récemment, Rabl (1896) a montré que les corpuscules décrits par Verson et Davis à la face postérieure de l’épiglotte sont parfois supportés par une sorte de papille (fig. 715), qui se creuse en cupule pour les recevoir. Dans ce cas, le corpuscule soulevé par la papille sous-jacente, proémine plus ou moins à la surface de la muqueuse et ses trouve entouré par l’épithélium de revêtement sur toute sa surface extérieure, excepté sur deux points : au milieu de la base, qui repose sur la papille en question; au niveau de son sommet, qui s’ouvre librement à la surface de la couche épithéliale.
Histologiquement, les corpuscules de Yerson ont exactement la même structure que les bourgeons du goût que nous avons décrits dans la muqueuse linguale (voy. Organes des Sens) et ils ont vraisemblablement la même signification : ce sont des bourgeons gustatifs égarés sur la muqueuse laryngienne. Retzius, qui a pu réussir à imprégner par l’argent les filets nerveux destinés à ces formations erratiques.
Un bourgeon gustatif de la face postérieure de l’épi glotte (d’après Rabl).
Fig. 714.
Coupe verticale de l’épithélium cilié de l’épiglotte de l’homme, avec, au centre de la coupe, un corpuscule du goût (d’après Davis).
LARYNX
les a vus s'y comporter exactement de la meme façon que dans les bourgeons gustatifs de la base de la langue. Ce sont donc bien des terminaisons sensorielles et -ainsi se trouve justifié le titre sous lequel nous le décrivons.
, Il nous paraît rationnel d’admettre ,que les bourgeons gustatifs du larynx sont innervés, comme ceux de la langue par les branches terminales du glossopharyngien.
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APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
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ARTICLE II
CONDUIT TRACHÉO-BRONCHIQUE
Le conduit trachéo-bronchique, qui fait suite au larynx, s’étend depuis le cartilage cricoïde jusqu’au hile du poumon. Il est constitué, à son origine et dans la plus grande partie de son trajet, par un canal unique, impair et médian, la trachéeartère. Ce canal occupe d’abord le cou. Puis, il pénètre dans le thorax, où il se divise en deux branches latérales, les bronches, qui se portent obliquement, celle de gauche au hile du poumon gauche, celle de droite au hile du poumon droit.
§ I. — Trachée-artère
La trachée-artère (de Tpa^üç, âpre et apnqpta, artère, parce que les saillies que forment ses cerceaux cartilagineux la rendent irrégulière et rude au toucher ; angl. et allem. Trachea), ou tout simplement trachée, et cette portion du conduit aérifère qui se trouve comprise entre l’extrémité inférieure du larynx et l’origine des bronches.
A. — Considérations générales
1° Situation. — La trachée-artère, conduit impair et symétrique, est située tout d’abord à la partie antérieure et inférieure du cou. En quittant cette région, elle descend en arrière du sternum pour occuper là partie supérieure du thorax. Dans tout son trajet, elle occupe le plan médian et se trouve placée, comme le larynx du reste, en avant du canal alimentaire.
2J Limites. — Les limites de la trachée sont un peu différentes chez l’adulte et chez le fœtus. — Chez V adulte, son extrémité supérieure répond ordinairement à la sixième ou à la septième vertèbre cervicale (voy. Larynx ) ; son extrémité infé-
TRACHEE-ARTERE
rieure, à la troisième ou quatrième vertèbre dorsale. — Chez le fœtus, la trachée commence un peu plus haut, en regard de la cinquième ou même de la quatrième cervicale. D’autre part, elle se bifurque ordinairement au niveau du disque intervertébral qui sépare la deuxième dorsale de la troisième.
3° Direction. — Considérée au point de vue de sa direction, la trachée-artère se porte obliquement de haut en bas et d’avant en arrière. Elle s’écarte ainsi progressivement de la surface cutanée : l’intervalle qui la sépare de la peau est de 18 millimètres à son extrémité supérieure, de 45 millimètres au niveau de la fourchette sternale, de 7 centimètres au niveau de son extrémité inférieure.
Depuis son origine jusqu’à sa bifurcation, la trachée suit un trajet assez régulièrement rectiligne. Parfois, cependant, elle est légèrement flexueuse, surtout chez les sujets âgés, mais les courbures qu’elle présente dans ce cas sont généralement peu accusées et, d’autre part, s’effacent quand on porte la tête dans l’extension.
4° Mobilité. — La trachée-artère, essentiellement extensible et élastique, suit le larynx dans tous ces déplacements : elle s’élève quand celui-ci se porte en haut, pour revenir à sa position initiale quand il se porte en bas. De plus, sous une influence quelconque, action des doigts, action des productions pathologiques, elle se laisse déplacer plus ou moins, soit à gauche, soit à droite.
5° Forme. — Sa forme est celle d’un tube cylindrique (fig. 716 et 717), dont la partie postérieure, le quart ou le cinquième environ, serait remplacé par une surface plane. Dans sa partie moyenne, le cylindre trachéal, abstraction faite de sa portion plane, est à peu près régulier, quoique très rarement d’une symétrie parfaite. Mais, dans ses régions extrêmes, il est légèrement aplati : aplati transversalement à sa partie supérieure, aplati dans le sens antéro-postérieur à sa partie inférieure.
En outre, la surface extérieure de la trachée nous présente-un certain nombre de dépressions plus ou moins marquées dont deux sont à peu près constantes. — L’une, située à gauche, immédiatement au-dessus de sa bifurcation, est déterminée par la crosse de l’aorte : nous l’appellerons, pour cette raison, Y empreinte aortique (fig. 716, 5). — L’autre, située également à gauche, mais à sa partie supérieure, paraît être le résultat d’une compression exercée sur la trachée par le lobe gauche du corps thyroïde : c’est Y empreinte thyroïdienne (fig. 716,4). Cette dernière dépression s’étend du deuxième au cinquième anneau de la trachée : à son niveau, les anneaux cartilagineux sont aplatis sur leur moitié gauche, parfois déprimés en gouttière, et le plus souvent leur moitié droite n’en est que plus arrondie et plus convexe (Lejars).
J’ai fréquemment observé sur la face antérieure de la trachée, une troisième dépression, plus ou moins accusée suivant les sujets, qui répond au tronc artériel brachio-céphalique.
Nous devons ajouter, en ce qui concerne la configuration générale de la trachée, que son diamètre augmente graduellement en allant de haut en bas. Ce conduit n’est donc pas un véritable cylindre, mais en réalité une espèce de tronc de cône très allongé, dont la base répondrait à son extrémité inférieure.
6° Dimensions — La longueur, de la trachée, le sujet étant debout et regardant l’horizon, mesure 12 centimètres chez l’homme, 1 1 centimètres chez la femme. Mais le cylindre trachéal n’a pas une longueur absolument fixe : il s’allonge quand le larynx s’élève ou quand la colonne cervicale se renverse en arrière; il se raccourcit
dans les conditions contraires, c’est-à-dire quand le larynx s’abaisse ou quand la colonne cervicale s’en fléchit en avant. La différence qui existe entre les dimensions extrêmes de la trachée, longueur maxima et longueur minima, est de 3 ou 4 centimètres, soit le tiers ou le quart de sa longueur ordinaire. L 'allongement de la trachée s’effectue grâce à l'élasticité de la membrane qui sépare les cerceaux cartilagineux. Quant ou raccourcissement, il se produit sous l’influence de cette même élasticité et n’est limité que par la rencontre réciproque des anneaux.
Les dimensions horizontales de la trachée varient, comme celles du larynx, sui-
Fig. 716.
La trachée et les bronches, vue antérieure.
1, cartilage cricoïde. — 2, premier anneau de la trachée. — 3, dernier anneau de la trachée, en forme d’éperon. — 4, empreinte thyroïdienne. — 5, empreinte aortique. — 6, bronche droite. — 7, bronche gauche.
Fig. 717.
La trachée et lès bronches, vue postérieure.
1, cartilage cricoïde. — 2, extrémité des cerceaux cartilagineux. — 3, membrane fibro-musculeuse de la trachée. — 3’, la même, au niveau des bronches. — 4, 4, saillies glandulaires.
vantle sexe et suivant les âges : l’observation démontre qu’elles sont généralement plus considérables chez l’homme que chez la femme, plus considérables aussi chez l’adulte que chez l’enfant. Chez l’homme adulte, le diamètre transverse mesure de 18 à 22 millimètres, soit une moyenne de 20 millimètres; le diamètre antéropostérieur, plus court, est de 14 à 18 millimètres, en moyenne 10 millimètres. Ces dimensions s’appliquent à la trachée morte, je veux dire à la trachée examinée sur le cadavre. Mais elles sont notablement différentes sur la trachée vivante (Nicaise et Lejars) et cela, par suite du rapprochement des deux extrémités des cerceaux cartilagineux.
A l’état ordinaire, les libres musculaires de la trachée (voy. p. 820) sont en con-