TRACHÉE-ARTÈRE
présentent des rapports intimes avec la trachée qu’au voisinage de la fourchette sternale. Au-dessus du sternum, en effet, par suite de leur direction qui est oblique de bas en haut et de dedans en dehors, ils sont séparés du conduit aérifère par un certain intervalle, qui s’accroît graduellement au fur et à mesure qu’on s’élève : cet intervalle est comblé par une masse de tissu cellulaire, dans laquelle s’échelonnent de nombreux ganglions lymphatiques. — La trachée-artère est encore en rapport latéralement avec les deux nerfs récurrents , qui cheminent, celui de droite sur la face postérieure de la trachée, celui de gauche dans l’angle rentrant que forme la trachée avec l’œsophage.
2° Portion thoracique. — La portion thoracique de la trachée est beaucoup plus profonde que sa portion cervicale. Elle occupe, dans toute son étendue, le médiastin antérieur. Gomme pour la portion précédente, nous examinerons ses rapports : 1° en avant ; 2° en arrière ; 3° sur les côtes ; 4° au niveau de sa bifurcation.
a. En avant, elle est successivement en rapport : 1 0 à sa partie supérieure , avec le tronc veineux brachiocéphalique gauche, qui repose immédiatement sur elle, et, sur un plan superficiel , avec le thymus (chez le nouveau-né), le muscle sterno- thyroïdien et la première pièce du sternum ; 2° à sa partie inférieure , avec le tronc artériel b r a c h i o - céphalique , qui la croise obliquement en se portant en haut et à droite, avec l’artère carotide primitive gauche, qui se porte obliquement en
Fis. 720.
haut et à gauche, enfin
Coupe horizontale du thorax passant par le disque intervertébral qui sépare la quatrième dorsale de la. cinquième.
1, disque intervertébral entre Div et Dv. — 2, œsophage. — 3, canal thoracique.
— 4, trachée, coupée immédiatement au-dessus de la bifurcation . — 5, 5’, bronche gauche et bronche droite. — 6, crosse aortique. — 7, veine cave supérieure. — 8, grande azygos, avec 8’, son abouchement dans la veine cave. — 9, petite azygos.
— 10, ganglions lymphatiques. — 11, plèvre viscérale. — 12, plèvre médiastine. — 13, poumon droit. — 14, poumon gauche.
avec la crosse aortique qui, en gagnant la colonne vertébrale, s’applique directement contre sa face antéro-latérale gauche et y détermine, comme nous l’avons dit plus haut (fig. 716, 5), une empreinte plus ou moins marquée.
b. En arrière, la trachée-artère répond encore à ïœsophage, qui la sépare de la colonne vertébrale.
c. Sur les côtés , elle est en rapport : 1° à gauche, avec la plèvre médiastine gauche, qui la sépare du poumon gauche, avec le nerf récurrent gauche et avec la crosse de l’aorte, qui la croise d’avant en arrière ; 2° à droite, avec la plèvre mé-
ÀNATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT. 103
diastine droite qui la sépare du poumon droit, avec la veine cave supérieure qui la longe de haut en bas, et avec la grande azygos (fig. 720, 4 et 731, 5) qui la croise d’arrière en avant pour aller s’ouvrir dans la veine cave.
d. Au niveau de sa bifurcation, la trachée répond au péricarde et aux oreillettes du cœur. Elle a en avant d’elle, et sur un plan un peu inférieur, la bifurcation du tronc de l’artère pulmonaire et, plus spécialement, la branche droite de cet artère (fig. 720). Elle est enlacée, tant sur sa face antérieure que sur sa face postérieure, par les nombreuses ramifications du pneumogastrique et du grand sympathique, dont l'ensemble constitue un riche et important plexus, le plexus pulmonaire . Au delà du plexus, tant sur la face postérieure du conduit que sur sa face antérieure, se voient de nombreux ganglions lymphatiques (fig. 720, 10), que l’on pourrait appeler les ganglions de la bifurcation bronchique ou ganglions inter bronchiques.
G. — Constitution anatomique
La trachée se compose essentiellement de deux tuniques (fig. 721) : 1° une tunique externe, à la fois fibreuse et cartilagineuse , qui constitue pour ainsi dire la charpente ou squelette du conduit ; 2° une tunique interne, muqueuse , à la surface de laquelle viennent s’ouvrir de nombreuses glandes.
1° Tunique fibro-cartilagineuse. — La tunique externe de la trachée est constituée : 1° par une membrane fibreuse et élastique; 2° par des pièces cartilagineuses,
les cerceaux cartilagineux de la trachée, qui se développent dans son épaisseur ; 3° par des fibres musculaires , qui se disposent sur sa face postérieure.
a. Membrane fibreuse. — La membrane fibreuse revêt la forme d’un cylindre creux ou, si l’on veut, d’un long tube qui occupe sans interruption toute la hauteur de la trachée. En haut, elle se continue, au niveau du bord inférieur du cartilage cricoïde, avec le périchondre qui recouvre le cartilage. En bas, elle se bifurque pour se continuer de même avec la membrane similaire qui forme la tunique externe des bronches. Histologiquement, cette membrane se compose de fibres de tissu conjonctif, auxquelles viennent se mêler un grand nombre de fibres élastiques. Elle est traversée çà et là par les nerfs et par les vaisseaux sanguins et lymphatiques, qui se rendent à la muqueuse trachéale.
b. Cerceaux cartilagineux. — Les cerceaux cartilagineux (fig. 722, 3) de la trachée sont situés dans l’épaisseur de la membrane précédente, qui se dédouble pour les recevoir et qui naturellement augmente d’épaisseur à leur niveau. On en
Fig. 721.
Coupe transversale de la trachée (d’après Schenk).
1, épithélium cyl ndrique ciüé. — 5, chorion muqueux. — 3, anneau trachéal, formé par du cartilage hyalin. — 4, périchomire. — 5, 5, glandes muqueuses. — 6, canal excréteur. — 7, tissu conjonctif péritrachéal.
TRACHEE-ARTERE
compte chez l’homme de 15 à 20, disposés horizontalement les uns au-dessus des autres. Chacun d’eux mesure, en moyenne, de 2 à 4 millimètres de hauteur. Les intervalles qui les séparent et que l’on désigne quelquefois sous le nom de cerceaux membraneux , ont une hauteur qui est toujours un peu moindre : cette hauteur des cerceaux membraneux représente, suivant les cas, les deux tiers ou seulement la moitié de celle des cerceaux cartilagineux.
Au point de vue de leur configuration, les cerceaux cartilagineux ont la forme d’un anneau incomplet, d’un .anneau dont on aurait enlevé le quart ou le cinquième postérieur. En conséquence, ils n’entourent jamais la trachée d’une façon complète : ils occupent seu- i
lement sa face antérieure et ses faces latérales.
Quant à sa face postérieure, celle que nous avons vue être régulièrement plane, elle est formée exclusivement par la membrane fibreuse.
Chacun des cerceaux cartilagineux de la trachée, considéré isolément, nous présente (fig.
723,1) : 1° une surface extérieure , qui est convexe dans le sens transversal, plane dans le sens vertical; 2° une surface intérieure , qui est concave transversalement et convexe de bas en haut ;
3° deux bords, l’un supérieur, l’autre inférieur, plus ou moins horizontaux, qui s’unissent avec les cerceaux membraneux correspondants ; 4° enfin deux extrémités , l’une droite, l’autre gauche, qui sont brusquement coupées et un peu renversées en dehors.
Il existe, en général, peu de régularité dans la disposition des cerceaux cartilagineux de la trachée. Tout d’abord, ils n’ont pas tous la même hauteur et chacun d’eux, pris à part, est bien loin de présenter une hauteur uniforme sur tous les points de son étendue. Puis, ils ne sont pas toujours rigoureusement parallèles les uns les autres. On les voit, au contraire, s’incliner en haut et en bas, arriver au contact des cerceaux voisins et s’unir à eux, soit par l’une ou l’autre de leurs extrémités, soit prar un. point quelconque de leurs bords supérieur ou inférieur. On rencontre parfois des cerceaux beaucoup plus hauts que les autres, qui résultent vraisemblablement de la fusion complète de deux cerceaux primitivement distincts. Dans d’autres cas, certains cerceaux se bifurquent à l’une ou à l’autre de leurs extrémités, quelquefois aux deux. Il est probable que les dissidences des auteurs touchant le nombre des cerceaux de la trachée proviennent en grande partie de ces faits de soudure ou de bifurcation de certains d’entre eux, qui