C. — Branches thoraciques
Dans le thorax, le nerf pneumogastrique fournit des rameaux cardiaques (ce sont les rameaux cardiaques thoraciques), des rameaux pulmonaires et des rameaux œsophagiens :
1° Rameaux cardiaques thoraciques. — Les rameaux cardiaques thoraciques (fig. 110) sont encore appelés rameaux cardiaques inférieurs pour les distinguer des rameaux cardiaques supérieurs, qui naissent à la région du cou (p. 113), et des rameaux cardiaques moyens , qui proviennent du laryngé récurrent (p. 116). Ils se détachent du tronc du pneumogastrique au-dessous de l’origine des nerfs récurrents, descendent entre la trachée et la crosse aortique et, finalement, aboutissent au plexus cardiaque. Un certain nombre de leurs divisions se distribuent au péricarde.
Rappelons en passant que les rameaux cardiaques du pneumogastrique, tant les cardiaques cervicaux que les cardiaques thoraciques, échangent fréquemment, au cours de leur trajet, des filets anastomotiques avec le grand sympathique ou ses branches (voy. Sympathique).
Il est encore très fréquent de voir un ou plusieurs des rameaux cardiaques du pneumogastrique se fusionner, après un parcours variable, avec les rameaux cardiaques du sympathique et perdre ainsi leur individualité.
2° Rameaux pulmonaires. — Au niveau de la bifurcation de la trachée, le pneumogastrique semble se dissocier et se résoudre en une multitude de rameaux et de ramuscules, qui s’anastomosent et s’entrelacent dans tous les sens. Ces rameaux, (fig. 106, 9), se portent, les uns en avant, les autres en arrière de la bronche
Fig. 109.
Le nerf dépresseur : A, chez le lapin ; B, C, D, chez l’homme.
1, pneumogastrique. — 2, nerf laryngé supérieur. — 3, nerf dépresseur, avec : 3’, sa racine provenant du laryngé supérieur ; 3”. sa racine provenant du pneumogastrique ; 3”’, sa racine (dans la fig. D) provenant du sympathique, constituant le nerf cardiaque supérieur. — 4, ganglion cervical supérieur du sympathique. — 5, sympathique cervical.
SYSTEME NERVEUX PERIPHERIQUE
correspondante et constituent autour d’elle un vaste plexus : c’est le plexus bronchique ou pulmonaire, que l’on divise parfois, mais sans utilité aucune, en plexus pulmonaire antérieur (la portion qui est située en avant de la bronche) et en plexus pulmonaire postérieur { la portion qui est située en arrière). Il n’existe en réalité que deux plexus pulmonaires : le plexus pulmonaire du côté droit, disposé autour de la bronche droite, et le plexus pulmonaire du côté gauche, disposé autour de la bronche gauche. Encore devons-nous ajouter que ces deux plexus sont réunis l’un
à l’autre, sur la ligne médiane, par de nombreuses anastomoses trans- • versales, qui ont pour effet d’asso-
cier les deux pneumogastriques pour une action commune et bilatérale.
Du plexus pulmonaire s’échappent de nombreux rameaux, savoir :
a) Des rameaux trachéens, destinés à la partie supérieure de la trachée ;
p) Des rameaux œsophagiens , qui se distribuent aux différentes i tuniques de la portion moyenne de
l’œsophage ;
y) Des filets péricardiques, qui se distribuent à la partie supérieure et postérieure du péricarde ;
8) Des filets pulmonaires, enfin, qui se portent vers le hile du poumon et pénètrent dans l’épaisseur de cet organe en suivant les h différentes ramifications de l’arbre bronchique.
3° Rameaux œsophagiens inférieurs. — Audessous du plexus pulmonaire, les deux pneumogastriques, un instant dissociés , se reconstituent pour occuper, sur le pourtour de l’œsophage, la position que nous avons
déjà indiquée (p. 110). Cette reconstitution n’est pourtant que partielle ; car, ici encore, les deux nerfs, au lieu de former de vrais cordons compactes et de forme cylindrique, comme à la région cervicale, sont représentés chacun par des branches
Ç.ÜLVY
Fig. 110.
Rameaux cardiaques du pneumogastrique.
1, pneumogastrique gauche. — 1’, pneumogastrique droit. — 2, nerf cardiaque supérieur. — 3, nerf cardiaque mojen. — 4, nerf caruiaque inférieur. — 5. ganglion et plexus cardiaques. — 6, branches efférentes de ce plexus. — 7, nerf récurrent gauche, et 7’, nerf récurrent droit. — 8, ses rameaux trachéens. — 9, plexus pulmonaire antérieur. — 10, nerf phrénique.
a , corps thyroïde. — b, veine cave supérieure. — c, cordon fibreux, reliquat du canal artériel." — d, péricarde, érigné en bas et en dehors. — e, diaphragme.
NERF PNEUMOGASTRIQUE
multiples, qui s’anastomosent fréquemment les unes avec les autres et forment ainsi, tout autour de l’œsophage, un riche plexus à mailles allongées dans le sens vertical. Ce plexus à la constitution duquel participent pour une part égale les deux pneumogastriques, porte le nom de plexus œsophagien. 11 abandonne à l’œsophage une série nombreuse de petits rameaux, rameaux œsophagiens inférieurs, qui se distribuent à la fois a la muqueuse et à la couche musculaire.
D. — Branches abdominales
Arrivés dans l’abdomen, les deux pneumogastriques se comportent différemment à droite et à gauche :
1° Pneumogastrique gauche. — Le pneumogastrique gauche, situé sur le côté antérieur du cardia, s’épanouit en de nombreux rameaux divergents sur la face antérieure de l’estomac.
La plupart d’entre eux se distribuent à cet organe.
Les plus externes, cependant, vont beaucoup plus loin : après avoir longé quelque temps la petite courbure, ils s’engagent entre les deux feuillets de l’épiploon gastro-hépatique, se portent vers le hile du foie et pénètrent dans ce viscère en suivant les divisions de la veine porte.
2° Pneumogastrique droit. — Le pneumogastrique droit (fig. 106), situé en arrière de l’œsophage et du cardia, recouvre de ses branches collatérales la face postérieure de l’estomac.
Il abandonne ensuite de nombreux rameaux au plexus solaire et, finalement, vient se terminer dans l’angle interne du ganglion semi-lunaire du côté droit (3).
D’autre part, à l’angle externe de ce même ganglion aboutit le nerf grand splanchnique droit (23), qui descend sur la face latérale droite de la colonne dorsale (voy. Grand sympathique) . Pneumogastrique droit et grand splanchnique du même côté forment les deux branches d’une longue arcade dont la partie moyenne est constituée par le bord supérieur concave du ganglion semi-lunaire : c’est à cette arcade qu’on donne le nom d'anse mémorable de Wrisberg (voy. fig. 198, p. 273). Nous nous contenterons de la signaler ici : nous la retrouverons en étudiant le grand sympathique.