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BRANCHES ANTÉRIEURES DES NERFS RACHIDIENS

Les branches postérieures et les branches antérieures des nerfs rachidiens, avons-nous dit plus haut, se comportent d’une façon bien différente. Tandis que les branches postérieures, véritablement remarquables par la grande analogie de leur distribution, restent pour ainsi dire indépendantes et marchent, solitaires, vers les territoires organiques qui leur sont dévolus, les branches antérieures, infiniment plus complexes, vont pour la plupart à la rencontre les unes des autres : elles s’unissent et s’entrelacent suivant les modalités les plus diverses, de façon à former dans leur ensemble ce qu’on est convenu d’appeler des plexus. Cette disposition en plexus, qui a pour conséquence de faire innerver certaines régions ou certains organes par plusieurs nerfs spinaux, proviendrait, d’après Gegenbaur, des changements de position que subissent ces régions ou organes au cours du développement.

On compte cinq plexus, savoir : 1° le plexus cervical,' formé par les branches antérieures des quatre premiers nerfs cervicaux ; 2° le plexus brachial, à la constitution duquel concourent les branches antérieures des quatre derniers nerfs cervicaux et la branche antérieure du premier nerf dorsal ; 3° le plexus lombaire, constitué par les branches antérieures des quatre premiers nerfs lombaires ; 4° le plexus sacré, formé par les branches antérieures du cinquième nerf lombaire et des quatre premiers nerfs sacrés; 5° le plexus coccygien, enfin, à la constitution duquel concourent, par leur branche antérieure, les deux derniers nerfs sacrés et le nerf coccygien.

Les branches antérieures des nerfs dorsaux, contrairement aux branches précédentes, ne forment pas de plexus ; sous le nom de nerfs intercostaux, elles cheminent isolément sur les parois du thorax.

Nous décrirons donc successivement, dans six articles différents :

1° Le plexus cervical ;

2° Le plexus brachial ;

3° Les nerfs intercostaux ;

PLEXUS CERVICAL 151

4° Le plexus lombaire ;

5° Le plexus sacré ;

6° Le plexus sacro-coccygien.

ARTICLE I

PLEXUS CERVICAL

(. Branches antérieures des 1er, 2e, 3e et 4e nerfs cervicaux .)

On donne le nom de plexus cervical à la série d’anastomoses que forment, avant leur distribution périphérique, les branches antérieures des quatre premiers nerfs cervicaux.

1° Mode de constitution du plexus. — Il suffit de jeter un simple coup d’œil sur la figure ci-dessous (fig. 130) pour voir comment se comportent les quatre branches précitées pour former le plexus cervical :

a) La branche antérieure de la première paire cervicale, située entre l’occipital et l’atlas, suit tout d’abord la gouttière de l’artère vertébrale. Elle se sépare de ce vaisseau au niveau du trou qui occupe la base de l’apophyse transverse de l’atlas et, s’infléchissant alors en avant et en bas, elle vient se réunir avec un rameau ascendant de la branche antérieure du nerf cervical.

p) De leur côté, les branches antérieures des deuxième , troisième et quatrième paires cervicales, à leur sortie du trou de conjugaison, se logent dans la gouttière que leur présente la surface supérieure des apophyses correspondantes. Elles cheminent ainsi de dedans en dehors, entre les deux muscles intertransversaires, en arrière de l’artère vertébrale qui les croise à angle droit, et arrivent jusqu’au sommet des apophyses transverses, où elles s’envoient mutuellement des anastomoses. — La branche antérieure de la deuxième paire se partage en deux rameaux, dont l’un, ascendant, se réunit à la branche antérieure de la première paire, tandis que l’autre, descendant, vient s’anastomoser avec la troisième paire. — La branche antérieure de la troisième paire cervicale se bifurque également en deux rameaux : un rameau ascendant, qui se réunit, en avant de l’apophyse transverse de l’axis, avec le rameau descendant de la branche précédente ; un rameau descendant, qui s’anastomose avec un rameau ascendant de la branche suivante. — La branche antérieure de la quatrième paire s’anastomose de même, par un rameau ascendant, avec le rameau descendant de la troisième et envoie un petit filet anastomotique à la branche antérieure de la cinquième paire, qui, comme nous l’avons dit plus haut, se rend au plexus brachial.

L’ensemble de ces diverses anastomoses constitue le plexus cervical. Ce plexus cervical est formé, comme on le voit, par trois arcades nerveuses, qui se superposent dans le sens vertical au-devant des apophyses transverses des trois premières vertèbres cervicales.

2° Situation et rapports. — Le plexus cervical est profondément situé en arrière du bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien, entre les muscles prévertébraux, qui sont en dedans, et les insertions cervicales du splénius et de l’angulaire, qui sont en dehors. La veine jugulaire interne, la carotide interne et le pneumogastrique descendent verticalement un peu en dehors du plexus.

En avant de lui, enfin, s’étalent un feuillet aponévrotique et une couche grais-

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

seiise,1 cette dernière parsemée de ganglions lymphatiques, qui rendent parfois très difficile la dissection des branches nerveuses, soit afférentes, soit efférentes.

3° Anastomoses.

N. du droit latéral. . .

N. du petit droit antér.

Anast. pr l’hypoglosse .

Gangl. cerv. supérieur.

Anast. du pneumog. . .

N. du grand droit antér.

Br. mastoïdienne. . . .

Br. auriculaire ....

N. du long du cou.

Br. cervicale transy. .

N. du st. -cl .-mastoïdien,

N. du trapèze

N. de l’angulaire. . . . N. du rhomboïde . . .

Br. descendante interne.

Br. sus-claviculaire .

Br. sus-acromiale

Fig. 130.

Schéma indiquant le mode de constitution du plexus cervical.

(Les branches légèrement teintées en noir appartiennent au plexus cervical superficiel ; les autres, au plexus cervical profond). Ci, Ch, Chi, Civ, Cv, première, deuxième, troisième, quatrième et cinquième paires cervicales.

Au niveau des arcades ci-dessus décrites, le plexus cervical s’anastomose avec les trois nerfs suivants :

a) Avec le grand hypoglosse , par deux ou trois filets qui se détachent delà première arcade ou arcade préatloïdienne, et qui se jettent, l’un dans la partie la plus élevée de l’hypoglosse, les deux autres dans la portion de ce nerf qui contourne le pneumogastrique (voy. p. 129).

(3) Avec le pneumogastrique , par un filet, non constant, qui naît également de l’arcade préatloïdienne, pour aboutir au ganglion plexiforme (voy. p. 112).

y) Avec le grand sympathique , par trois ou quatre filets fort grêles, qui se détachent de chacune des branches constitutives du plexus, et se terminent, soit dans le ganglion cervical supérieur, soit dans le ganglion cervical moyen.

Par ses branches efférentes, le plexus cervical s’anastomose encore avec le spinal, le facial, le grand sympathique , le grand hypoglosse.

Ces nouvelles anastomoses seront décrites ultérieurement au fur et à mesure que nous étudierons les branches auxquèlles elles appartiennent.

4° Distribution. — Quinze branches émanent du plexus cervical.

On les divise, d’après leur situation, en deux groupes :

a) Branches superficielles ou cutanées.;

^) Branches profondes ou musculaires.

§ I. — Branches cervicales superficielles (Plexus cervical superficiel.)

Les branches superficielles, dont l’ensemble constitue le plexus cervical superficiel de quelques anatomistes, sont au nombre de cinq. Réunies tout d’abord sur la partie moyenne du bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien, elles se séparent

PLEXUS CERVICAL

bientôt, comme autant de rayons divergents, pour gagner les territoires cutanés auxquels elles sont destinées. De ces cinq branches, l’une se porte directement en avant, c’est la branche cervicale Iransverse; deux se portent en haut, la branche auriculaire et la branche mastoïdienne ; deux, enfin, se dirigenten bas, la branche sus-claviculaire et la branche sus-acromiale (fig. 130 et 132).

1° Branche cervicale transverse. — La branche cervicale transverse (fig.* 132, 5) tire son origine de l’anastomose qui unit les deuxième et troisième paires cervicales, Après avoir contourné le bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien, elle glisse d’arrière en avant sur la face externe de c e muscle, au-dessous du peaucier et de la veine jugulaire externe, à laquelle elle abandonne dans la plupart des cas un petit rameau ascendant, le rameau de la jugulaire externe (6).

En atteignant le bord antérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, la branche cervicale transverse se partage en deux ordres de rameaux, les uns ascendants, les autres descendants.

Ces rameaux terminaux, situés tout d’abord au-dessous du peaucier, perforent ce muscle en des points variables et se distribuent : les premiers à la peau de la région sus-hyoïdienne, les seconds à la peau de la région sous-hyoïdienne. On voit généralement quelques ramuscules s’arrêter dans les faisceaux musculaires du peaucier ; mais ces ramuscules sont très probablement sensitifs, le peaucier recevant ses rameaux moteurs du nerf facial.

2° Branche auriculaire. — La branche auriculaire (fig. 132, 2) se détache également de l’anastomose des deuxième et troisième cervicales, le plus souvent par un tronc commun avec la branche précédente. Immédiatement après son origine, elle contourne d’arrière en avant le bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien et, se portant alors obliquement en haut et en avant, elle gagne le pavillon de l’oreille, où elle se termine.

Chemin faisant, elle fournit :

a) Un ou deux filets anastomotiques, pour la branche inférieure du nerf facial ; ces filets, suivant désormais les branches inférieures du facial, se terminent dans la peau de la partie inférieure de la région massétérine (fig. 131), probablement aussi dans la peau qui recouvre le corps du maxillaire inférieur jusqu’au trou mentonnier.

P) Un certain nombre de filets parotidiens ou faciaux (de 2 à 5), qui se perdent en partie dans la parotide elle-même, en partie dans les téguments qui recouvrent cette glande et son prolongement antérieur ; on peut, le plus souvent, suivre ces filets faciaux, en haut jusqu’à l’arcade zygomatique et, en avant, jusqu’au bord antérieur du masséter, souvent plus loin.

Arrivée au niveau de l’oreille, la branche auriculaire du plexus cervical vient se

Fig. 431.

Troubles de la sensibilité cutanée après l’ablation du ganglion de Gasser (d’après Fedor Krause).

a, territoire d’anesthésie complète. — b, c, anesthésie très marquée, mais plus absolue. — d, e, anesthésie très atténuée. — f, zone où la sensibilité est presque intacte, c’est la zone qui est innervée presque en totalité par des rameaux issus du plexus cervical.

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

placer dans le sillon qui sépare le lobule de l’apophyse mastoïdcet là, souvent plus tôt, se partage en deux rameaux, l’un interne, l’autre externe. — Le rameau interne continuant le trajet ascendant de la branche auriculaire, se ramifie dans la peau qui recouvre la face interne du pavillon. On voit ordinairement un certain nombre de ses filets contourner la circonférence du pavillon pour passer sur sa face externe. — Le

Fig. 132.

Plexus cervical superficiel.

1, branche mastoïdienne, avec : 1’, son rameau antérieur; 1”, son rameau postérieur. — 2, branche auriculaire, avec : 2', ses rameaux auriculaires ; 2", ses rameaux parotidiens. — 3, anastomose de cette dernière branche avec le facial. — 4, petite mastoïdienne. — 5, branche cervicale transverse, avec : 5’, ses rameaux sus-hyoïdiens ; 3", ses rameaux soushyoïdiens. — 6, rameau de la jugulaire externe. — 7, branches sus-claviculaires. — 8, branches sus-acromiales. — 9. branche trapézienne du plexus cervical. — 10, branche trapézienne du spinal. — 11, nerf sous-occi pilai. w — 12, son anastomose avec la branche mastoïdienne du plexus cervical. — 13, nerf facial.

rameau externe , après avoir jeté quelques filets sur le lobule, perfore de dedans en dehors le tissu fibreux qui unit le cartilage de laconque à la queue de l’hélix et arrive ainsi sur la face externe du pavillon. 11 s’y divise aussitôt en un certain nombre de filets, dont les principaux sont : l°un filet antérieur , qui se perd dans la peau de la conque ; 2° un filet ascendant , qui chemine entre l’hélix et l’anthélix et se distri-

PLEXUS CERVICAL

lh5

Lue à la peau qui recouvre ces deux saillies; on peut suivre ce dernier filet jusqu’à l’extrémité supérieure du pavillon.

3° Branche mastoïdienne. — Née de la deuxième paire cervicale, la branche mastoïdienne se dirige (fig. 132) vers l’apophyse mastoïde, en longeant le bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien. Elle suit donc, comme le muscle luimême, un trajet oblique en haut et en arrière.

En atteignant le crâne, elle se divise en deux rameaux, l’un antérieur, l’autre postérieur. — Le rameau antérieur se ramifie dans la peau qui recouvre la région mastoïdienne et la partie postérieure de la région temporale. — Le rameau postérieur, moins important, se distribue à la peau de la région occipitale, où il s’anastomose avec les filets externes du grand nerf occipital d’ARNOLD.

Entre la branche mastoïdienne et la branche auriculaire, on rencontre parfois une branche supplémentaire, généralement fort grêle, qui se dirige de bas en haut comme les deux précédentes : c’est la petite mastoïdienne (fig . 132, 4). Après avoir jeté un rameau en arrière au-dessus du trapèze, cette branche gagne la face externe du sterno-cléido-mastoïdien et vient se terminer dans la peau qui recouvre l’apophyse mastoïde.

4° Branche sus-claviculaire. — La branche sus -claviculaire (fig. 132, 7) tire son origine de la quatrième paire cervicale. Se portant immédiatement après en bas et on avant, elle se dégage du bord postérieur du sterno-cléido mastoïdien et s’épanouit en une nombreuse série de rameaux divergents, qui viennent se terminer dans la peau de la région sous-claviculaire, depuis le sternum jusqu’au bord externe du grand pectoral. Ces rameaux, primitivement placés sous le peaucier, sont naturellement obligés de traverser ce muscle pour atteindre la région cutanée à laquelle ils se distribuent. Ils passent en outre en avant de la veine jugulaire externe, contrairement à la branche cervicale transverse que nous avons vue cheminer en arrière de ce vaisseau.

5° Branche sus acromiale. — La branche sus-acromiale (fig. 132, 8) émane encore de la quatrième paire cervicale, par un tronc qui lui est commun avec la branche sus-claviculaire. Se portant obliquement en bas et en dehors, elle croise successivement le triangle sus-claviculaire, la face externe du trapèze, le bord antérieur de la clavicule. Finalement elle vient se distribuer, par de nombreux rameaux divergents, dans la peau qui recouvre le moignon de l’épaule.

§ II. — Branches cervicales profondes (. Plexus cervical prof ond.)

Les branches profondes de plexus cervical, qui forment par leur ensemble le plexus cervical profond de certains auteurs, sont au nombre de dix. Elles naissent successivement des trois arcades nerveuses ci-dessus décrites et se divisent, suivant leur direction, en quatre groupes : 1° branches ascendantes ; 2° branches descendantes ; 3° branches internes; 4° branches externes.

A. — Branches ascendantes

Les branches ascendantes (fig. 133) sont au nombre de deux : le nerf du droit latéral et le nerf du petit droit antérieur .

1° Nerf du droit latéral. — Le nerf du droit latéral est un filet très grêle qui se

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détache de la première paire cervicale, au moment où elle s’infléchit pour aller s’anastomoser avec la seconde. De là, il se porte verticalement en haut et se perd dans le muscle droit latéral de la tête.

2° Nerf du petit droit antérieur. — Ce nerf naît au même niveau que le précédent, quelquefois par un tronc qui leur est commun. Il est également fort grêle et se perd dans le muscle petit droit antérieur de la tête, qu’il pénètre par sa face profonde.

B. — Branches descendantes

Les branches descendantes (fig. 133) sont également au nombre de deux : la branche descendante interne et le nerf phrénique.

1° Branche descendante interne. — La branche descendante interne du plexus cervical (fig. 133,17) se détache à la fois de la deuxième paire cervicale et de la troisième par deux rameaux qui ne tardent pas à se réunir.

Ainsi constitué, le nerf se porte en bas au-dessous du muscle sterno-cléidomastoïdien et descend, le long de la veine jugulaire interne, jusqu’au niveau du point où le muscle omo-hyoïdien croise ce vaisseau.

Là, la branche descendante du plexus cervical s’anastomose avec la branche descendante du grand hypoglosse, pour former cette arcade importante, déjà décrite à propos du nerf grand hypoglosse (p. 130), d’où s’échappent les rameaux du sterno-hyoïdien, de l’omo-hyoïdien et du sterno-thyroïdien.

2° Nerf phrénique. — Le nerf phrénique, remarquable par la longueur de son trajet tout autant que par l’importance de ses fonctions, s’étend du plexus cervical au muscle diaphragme : c’est le nerf diaphragmatique ou nerf respiratoire interne de certains auteurs. Ce nerf, en raison de son importance, a été minutieusement étudié autrefois par Kuüger, par Haller, par Wrisberg, par Valentin, etc. Il a été décrit à nouveau au milieu de ce siècle par Luschka dans une monographie remarquable, à laquelle on n’a pour ainsi dire rien ajouté depuis.

A. Origine. — Les origines du nerf phrénique présentent de nombreuses variétés. Dans la majorité des cas, ce nerf tire sa principale origine de la quatrième paire cervicale. Puis, il se trouve renforcé, presque immédiatement après, par deux rameaux additionnels, qui proviennent, l’un de la troisième paire cervicale, l’autre de la cinquième.

B. Trajet. — Ainsi constitué, le nerf phrénique, se portant verticalement en bas, suit tout d’abord la face antérieure du scalène antérieur, qu’elle croise obliquement en se dirigeant du bord externe du muscle vers son bord interne. Il arrive ainsi à l’extrémité inférieure du scalène ou plus exactement dans l’angle, ouvert en dedans, que forme ce muscle avec la première côte. Il abandonne alors la région du cou pour descendre dans le thorax. En entrant dans le thorax, il oblique un peu en dedans, embrassant dans une légère courbe le sommet du cône pulmonaire. Bientôt après, il croise en avant la racine du poumon, longe la face latérale du péricarde et arrive sur la face supérieure du diaphragme, où il se termine suivant une modalité que nous indiquerons tout à l’heure.

C. Rapports. — Le phrénique présente des rapports importants, que nous examinerons successivement au cou, à l’entrée du thorax, dans le thorax lui-même :

a. Aucou. — Au cou, le nerf phrénique descend, comme nous l’avons dit, sur la face antérieure du scalène antérieur, contre lequel il est appliqué par une mince

PLEXUS CERVICAL

aponévrose. Il est recouvert par le muscle omo-hyoïdien d’abord, puis, sur un plan plus superficiel, par le muscle sterno-cléido-mastoïdien. Le pneumogastrique et le grand sympathique sont placés un peu en dedans de lui. L’artère cervicale ascendante longe son côté interne. L’artère cervicale transverse le croise en avant, un peu au-dessus de l’insertion inférieure du scalène.

b. A Ventrée du thorax. — A peu près identiques au cou, les deux nerfs phréniques diffèrent un peu l’un de l’autre à leur entrée dans le thorax. — Le phré-

Eig. 133.

Plexus cervical profond.

I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, branches antérieures des huit nerfs cervicaux. — 1, trijumeau avec ses trois branches. — 2, glosso-pharyngien. — 3, pneumogastrique, avec 3’, son nerf laryngé supérieur. — 4, spinal, avec : 4’, sa branche destinée au sterno-cléido-mastoïdien ; 4”, sa branche destinée au trapèze. — 5, facial. — 6, grand hypoglosse, avec : 6’, sa branche descendante ; 6”, son rameau pour le thyro-hyoïdien. — 7, grand sympathique, avec 7’, son ganglion cervical supérieur. — 8, branche mastoïdienne du plexus cervical. — 8’, petite mastoïdienne. — 9, branche auriculaire. — 10, branche cervicale de transverse. — 11, branche sus-claviculaire et branche sus-acromiale — 12, anastomose pour le gr<nd sympathique. — 13, nerf du grand droit antérieur. — 14, branche trapézienne du plexus cervical. — 15, nerf de l’angulaire — 16, nerf du rhomboïde. — 17, branche descendante interne. — 18, angle de l’hypoglosse, avec ses rameaux efférents pour les muscles sous-hyoïdiens. — 19, nerf phrénique, avec : 19’, son anastomose avec le grand sympathique, et 19”, son anastomose avec le nerf du sous-clavier. — 20, nerf du sous-clavier. — 21, nerf sous-occipital

a , jugulaire interne. — 6, carotide primitive. — c, carotide interne. — d, méningée moyenne. — e, sous-clavière.

nique droit passe entre l’artère et la veine sous-clavière, toujours en dehors du pneumogastrique et du grand sympathique. — Le phrénique gauche descend derrière le tronc veineux brachio-céphalique, parallèlement à l’artère sous-clavière et en dehors d’elle.

c. Daiis le thorax. — Dans le thorax, les rapports du nerf phrénique sont encore différents à droite et à gauche :

Tout d’abord, le phrénique droit longe le côté externe de la veine cave supérieure, tandis que le phrénique gauche, en quittant la face postérieure du tronc veineux brachio-céphalique, descend sur le côté gauche delà crosse aortique.

Plus bas, au-dessous de la racine du poumon, le phrénique droit répond à la face externe de l’oreillette droite. Il croise successivement l’orifice auriculaire de la veine cave supérieure, l’orifice auriculaire de la veine cave inférieure et atteint le diaphragme sur le côté externe de ce dernier vaisseau. Quant au phrénique gauche , il contourne de haut en bas et de dedans en dehors le bord gauche du cœur jusqu’à la pointe : c’est au niveau de cette pointe qu’il prend contrat avec le diaphragme.

Si nous jetons les yeux sur la figure 134, qui nous montre nettement la portion thoracique des deux nerfs phréniques, nous constatons : 1° que le phrénique droit descend verticalement jusqu’au diaphragme en suivant un trajet direct, presque rectiligne ; 2° que le phrénique gauche, au contraire, obligé de contourner la pointe du cœur, qui est, comme on lésait, fortement déjetée à gauche de la ligne médiane, suit, de ce fait, un chemin détourné, un chemin plus long. Comme, d’autre part, la voussure diaphragmatique s’élève un peu moins haut à gauche qu’à droite, il y a là une double condition anatomique qui fait que, dans leur portion thoracique,, le phrénique gauche est plus long que le phrénique droit.

Dans son trajet thoracique, le nerf phrénique est accompagné par l’artère diaphragmatique supérieure, branche de la mammaire interne, et par la veine de même nom.

I). Anastomoses. — Au cours de son trajet, le nerf phrénique s’anastomose avec trois nerfs : le nerf du sous-clavier, le grand sympathique et le grand hypoglosse.

a) L’anastomose avec le nerf du sous-clavier (fig. 133, 19”) est constituée par un filet très ténu, qui se détache de ce dernier nerf au-devant du scalène antérieur ut se jette dans le phrénique au moment de son entrée dans le thorax.

&) V anastomose avec le grand sympathique (fig. 133, 19’) est généralement double : un premier filet, à direction plus ou moins transversale, unit les deux nerfs dans le tiers inférieur du cou; un deuxième filet, situé au-dessous du précédent, se détache du ganglion cervical inférieur du sympathique, contourne d’arrière en avant la face antérieure de l’artère sous-clavière et rejoint le phrénique ■en avant de ce vaisseau.

y) V anastomose avec l'hypoglosse (fig. 134, 6; est représentée par un petit rameau descendant qui va de l’anse de l’hypoglosse au phrénique. Cette anastomose n’est pas constante, mais elle est niée à tort par certains auteurs. Je l’ai constatée, pour ma part, sur plusieurs sujets ; Hirschfeld l’a figurée dans son atlas et Wrisberg l’a rencontrée 5 fois sur 37 dissections.

E. Distribution. — - Au cours de leur trajet, les nerfs phréniques abandonnent quelques fins rameaux à la plèvre costale, à la plèvre médiastine et au péricarde (Lcschka). Puis, arrivés sur la face supérieure du diaphragme, le gauche à 3 centimètres environ en dehors du centre phrénique, le droit sur le côté externe de l’orifice quadrilatère qui livre passage à la veine cave inférieure, les deux nerfs s’épanouissent chacun en de nombreux rameaux divergents, que nous diviserons, d’après leur situation, en supérieurs et inférieurs.

a. Rameaux supérieurs . — Les rameaux supérieurs ou sous-pleuraux chemi-

PLEXUS CERVICAL

nent tout d’abord entre la plèvre et le diaphragme. Ils se perdent finalement dans les différentes portions de ce dernier muscle, tout en jetant quelques filets sur la plèvre diaphragmatique et sur la veine cave inférieure (Luschka). Nous rappellerons en passant que le nerf phrénique, tout en - étant le nerf principal du dia-

Fig. 134.

Les deux nerfs phréniques, vue antérieure.

1, nerf phrénique. — 2, son anastomose avec 3, le rameau du sous-clavier. — 4, son anastomose avec S, le grand sympathique. — 6, angle de l’hypoglosse, envoyant une anastomose au phrénique. — 7, filets péricardiques du phrénique. — 8, 8, ses filets diaphragmatiques supérieurs. — 8’, 8’, ses filets diaphragmatiques inférieurs. — 9, anastomose transversale des deux phréniques. — 10, filets se rendant au plexus solaire 11.

a, muscle scalène antérieur. — b , veine cave supérieure. — c, diaphragme. — d. , plèvre. — e, œsophage, légèrement érigné à gauche. — f, aorte abdominale.

phragme, n’est cependant pas le seul qui se rende à ce muscle. Le diaphragme reçoit encore en effet, au voisinage de ses insertions costales, un certain nombre de filets nerveux, toujours fort grêles, qui proviennent des six derniers nerfs intercostaux (voy. Nerfs intercostaux).

b. Rameaux inférieurs. — Les rameaux inférieurs ou sous-péritonéaux ram-

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

pent quelque temps entre le péritoine et le diaphragme. Chemin faisant, ils fournissent quelques filets au péritoine et disparaissent ensuite dans le muscle, qu’ils pénètrent de bas en haut.

Mais tous les rameaux sous-péritonéaux ne sont pas des rameaux musculaires. On en voit constamment un ou deux, souvent très volumineux, qui descendent en avant des piliers du diaphragme, fournissent quelques filets à ces piliers, jettent ensuite plusieurs rameaux sur les capsules surrénales, et finalement se terminent dans le plexus solaire. Ces filets viscéraux du nerf phénique présentent souvent, dans leur trajet, surtout à droite, de petits renflements ganglionnaires. A elle seule, la présence de ces ganglions dénote qu’aux filets en question sont venues s’incorporer de nombreuses fibres sympathiques.

Lüschka a encore décrit, comme émanant du nerf phrénique, quelques filets péritonéaux , qui se rendent : 1° à la portion du péritoine qui revêt la paroi antérieure de l’abdomen, depuis le sternum jusqu’à l’ombilic ; 2° aux ligaments coronaire, triangulaires et suspenseur du foie. Quant aux filets hépatiques du nerf phrénique droit, admis et décrits en détail par certains auteurs, ils attendent encore leur démonstration.

Les branches terminales du phrénique gauche et celles du phrénique droit s’anastomosent réciproquement à la surface du diaphragme ou dans son épaisseur. D'autre part, d’après Pansini {Il Progresse* medico, 18*8), chacun des deux nerfs phréniques forme sur la moitié correspondante du diaphragme un plexus très compliqué, à la constitution duquel participent en même temps des rameaux issus des trois derniers nerfs intercostaux. Sur les mailles de ce plexus existent des ganglions propres, dont la présence dénote un certain automatisme fonctionnel du diaphragme, qui est, comme on le sait, le principal muscle de la respiration.

Pour les Variétés du nerf phrénique, voy. p. 161.

G. — Branches internes

Les branches internes (fig. 133) sont, elles aussi, au nombre de deux, destinées aux muscles grand droit antérieur et long du cou.

1° Nerf du grand droit antérieur. — Le grand droit antérieur de la tête reçoit généralement du plexus cervical deux ou trois filets, qui se détachent de la première et de la deuxième arcade du plexus et gagnent ensuite, par un trajet transversal et très court, la face postérieure du muscle.

2° Nerf du long du cou. — Le muscle long du cou reçoit également des filets multiples, qui présentent avec les précédents la plus grande analogie. Ils peuvent provenir des quatre premières paires cervicales.

D — Branches externes

On en compte quatre (fig. 133), destinées aux quatre muscles suivants : le sternomastoïdien , le trapèze , Y angulaire et le rhomboïde.

1° Nerf du sterno-cléido-mastoïdien. — Le nerf du muscle sterno-cléido-mastoïdien naît, par deux racines, de la deuxième et de la troisième arcade du plexus cervical. De là, il se porte à la face profonde du sterno-cléido-mastoïdien et disparaît dans l’épaisseur de ce muscle. Il s’y anastomose, comme nous l’avons déjà vu (p. 12o), avec la branche externe du spinal.

2 Nerf du trapèze. — Ce nerf (fig. 133, 14) tire son origine de la troisième

PLEXUS CERVICAL

paire cervicale, quelquefois de la quatrième. Se portant obliquement en bas et en dehors, il longe la branche externe du spinal, au-dessous de laquelle il est situé, lui envoie un rameau anastomotique et se perd dans la masse profonde du muscle trapèze. Le trapèze, comme le sterno-cléido-mastoïdien, reçoit donc ses nerfs de deux sources différentes : du spinal et du plexus cervical.

3° Nerf de l’angulaire. — Le nerf de l’angulaire (fig. 133, 15) naît au même niveau que le précédent. 11 se jette dans le muscle angulaire de l’omoplate, après avoir contourné le scalène postérieur.

4° Nerf du rhomboïde. — Le nerf du rhomboïde (fig. 133,16) se détache également de la troisième ou de la quatrième paire cervicale. Il contourne le scalène postérieur, se dirige vers l’angle de l’omoplate et se perd dans les faisceaux supérieurs du muscle rhomboïde.

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