II. — Rami communicantes
Les rami communicantes, qui se rendent des branches antérieures des nerfs cervicaux aux trois ganglions cervicaux du grand sympathique, présentent, quant à leur nombre et à leur trajet, de très grandes variations. La disposition la plus commune me paraît être la suivante :
a) Le ganglion cervical supérieur reçoit quatre ou cinq rameaux du plexus
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cervical, c’est-à-dire des branches antérieures des quatre premières paires cervicales.
P) Le ganglion cervical moyen est relié par deux ou trois rameaux aux branches
antérieures des cinquième et sixième nerfs cervicaux, quelquefois à la branche antérieure du septième.
y) Le ganglion cervical inférieur reçoit ordinairement deux rameaux des deux derniers nerfs cervicaux ; mais il n’en reçoit quelquefois qu’un seul, qui provient, dans ce cas, du huitième nerf cervical. On voit encore, sur la plupart des sujets, le premier nerf intercostal envoyer un filet à ce ganglion. Les expériences déjà anciennes de Cl. Bernard (1862) et les recherches plus récentes de Madame Déjerine-Klumpke (1885) nous apprennent que ce ramus communicans, qui va de la première thoracique au ganglion cervical inférieur, renferme des fibres motrices destinées à l’iris. Ces fibres naissent de la moelle, se portent dans le premier nerf thoracique, passent par le ramus communicans précité dans le ganglion cervical inférieur et remontent de là, par le cordon sympathique cervical, jusqu’au globe de l’œil. Leur présence nous explique nettement les phénomènes pupillaires qui se produisent à la suite de la destruction expérimentale ou pathologique des racines du plexus brachial, lorsque la lésion intéresse le premier nerf thoracique.
§ II I . — Branches efférentes
Les branches efférentes des trois ganglions cervicaux sont très nombreuses ; nous décrirons successivement celles qui proviennent de chacun d’eux.
A. — Branches efférentes du ganglion cervical supérieur
Nous diviserons ces branches, d’après leur direction, en quatre groupes, savoir : 1° branches supérieures ; 2° branches postérieures ; 3° branches antérieures ; 4° branches internes.
1° Branches supérieures ou crâniennes. — Elles sont au nombre de deux, l'une postérieure , l’autre antérieure :
A. Branche postérieure. — La branche postérieure (fig. 196, 2) se dirige en arrière vers le trou déchiré postérieur et se divise en plusieurs rameaux, rameaux anastomotiques, qui se jettent dans les trois nerfs pneumogastrique, glosso-pharyngien et grand hypoglosse.
B. Branche antérieure. — La branche antérieure (fig. 196, 3) se porte en avant vers la carotide interne et pénètre avec elle dans le canal carotidien. A son entrée
Anastomose du sympathique avec la huitième cervicale et la première dorsale (d’après Raymond).
G. C. I., ganglion cervical inférieur. — 8e C., huitième cervicale. — lre D, première dorsale. — BA, BA, deux rami-communicantes, allant des deux nerfs précédents au ganglion cervical inférieur.
GRAND SYMPATHIQUE
dans ce canal, elle se divise en deux rameaux, qui cheminent, l’un, sur le côté interne, l’autre sur le côté externe du tronc artériel ; ces deux rameaux s’envoient mutuellement de nombreuses anastomoses, dont l’ensemble constitue le plexus carotidien. Plus tard, dans l’intérieur même du sinus caverneux, les deux rameaux de la branche crânienne antérieure semblent se résoudre en une multitude de petits filets qui forment autour de la carotide interne un riche plexus, connu sous le nom de plexus caverneux. Avec les mailles du plexus caverneux viennent s’enchevêtrer de nombreuses et fines ramifications artérielles, d’où le nom de plexus artérionerveux que lui avait donné Walther.
a . Branches efférentes du plexus carotidien. — Du plexus carotidien naissent deux rameaux : le premier, filet carotico-tympanique , se détache du plexus au niveau du premier coude du canal carotidien, s’engage dans la paroi postérieure de ce canal et arrive dans la caisse du tympan, où il se réunit au rameau de Jacobson, branche du glosso-pharyngien (p. 205). —
Le deuxième rameau, plus connu sous le nom de filet carotidien du nerf vidien, se sépare du plexus au niveau de l’orifice interne du canal carotidien. Il pénètre ensuite dans le crâne, se réunit au grand nerf pétreux superficiel et se rend finalement (voy. Nerf vidien, p. 74), à travers le trou déchiré antérieur et le canal vidien, à l’angle postérieur du ganglion sphéno-palatin, dont il constitue l’une des racines, la racine sympathique.
b. Branches efférentes du plexus caverneux. — Du plexus caverneux naissent six sortes de filets, savoir : 1° des filets anostomotiques, d’abord, pour le nerf moteur oculaire externe, le nerf moteur oculaire commun, le pathétique, la branche ophtbalmique du trijumeau, le ganglion de Gasser ; 2° un filet long et grêle, qui pénètre dans l’orbite à côté du nerf nasal et se rend au côté postérieur du ganglion
Fig. 196.
Branches efférentes du ganglion cervical supérieur ( côté droit).
a , artère carotide primitive. — b, carotide externe, avec ses trois premières branches. — c, carotide interne. — d, la même, dans le crâne. — e, ses branches terminales. — f, paroi interne de la caisse du tympan, avec les ramifications du nerf de Jacobson.
1, ganglion cervical supérieur, vu par son côté externe. — 2, branche crânienne postérieure. — 3, branche crânienne antérieure.
— 4, plexus carotidien. — 5, plexus caverneux. — C, filet caroticotympanique. — 7, filet carotidien du nerf vidien. — 8, ganglion sphéno-palatin. — 9, ganglion ophthalmique. — 10, nerfs de l’œil.
— 11, ganglion de Gasser. — 12, filets muqueux et méningiens. — 13, glosso-pharyngien. — 14, pneumogastrique. — 15, grand hypoglosse. — 16, branches postérieures du ganglion. — 17, rameaux pharyngiens. — 17’, rameaux laryngés. — 17”, rameaux thyroïdiens.
— 18, rameaux carotidiens. — 19, deux rameaux du glosso pharyngien et du pneumogastrique allant au plexus intercarotidien. — 20, plexus intercarotidien. — 21, plexus thyroïdien supérieur. — 22, plexus lingual. — 23, plexus facial. — 24, nerf cardiaque supérieur.
— 25, cordon cervical du grand sympathique.
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
ophthalmique, dont il constitue la racine sympathique ; ce filet se rend isolément au ganglion ou se fusionne, avant de l’atteindre, avec la racine longue ou sensitive issue du nerf nasal ; 3° des filets pituitaires , qui se portent transversalement en dedans et pénètrent dans le corps pituitaire; 4° des filets méningiens, décrits avec le plus grand soin par IIirschfeld (1845), qui se portent vers la gouttière basilaire et se distribuent à la dure-mère de cette région ; 5° des filets muqueux, destinés à la muqueuse des sinus sphénoïdaux (Valentin) ; 6° des filets vasculaires, qui se ramifient en plexus sur les diverses branches de la carotide interne (ophthalmique, cérébrale antérieure, cérébrale moyenne, communicante postérieure, choroïdienne, et les accompagnent jusqu’à leur terminaison. Ces filets vasculaires se réunissent en avant, le long de l’artère communicante antérieure, avec les filets vasculaires du côté opposé. De même, ils entrent en relation en arrière, le long de l’artère communicante postérieure, avec les filets vasculaires qui entourent l’artère vertébrale.
Le rameau anastomotique que le plexus caverneux envoie au ganglion de Gasser, très grêle chez l'homme, présente un volume considérable chez les animaux, en raison probablement du développement plus grand de la face chez ces derniers. En se fondant surtout sur les résultats de l’expérimentation physiologique, Morat considère ce rameau comme étant la continuation de la chaîne du sympathique dans le crâne. Ce qui est certain, c’est qu’il renferme les fibres nerveuses irido-dilatatrices, ainsi que les éléments vaso-moteurs et sécréteurs que le grand sympathique cervical fournit à la face. 11 est bon de rappeler cependant que tous les éléments sympathiques du trijumeau ne lui sont pas apportés par cette anastomose : par ses origines mêmes, notamment par sa racine inférieure, le trijumeau possède bien certainement, comme nous l’avons déjà vu (voy. t. II, Origines réelles des nerfs crâniens ), un certain nombre de fibres sympathiques que lui envoient les équivalents bulbaires du tractus intermedio-lateralis.
2° Branches postérieures ou musculaires et osseuses. — Les branches postérieures du ganglion cervical supérieur, généralement très grêles, se dirigent vers les muscles prévertébraux, en passant en arrière du pneumogastrique et de la carotide interne. Elles sont de deux ordres :
a. Branches musculaires . — • Les branches musculaires se distribuent aux muscles long du cou et grand droit antérieur de la tête.
b. Branches osseuses. — Les branches osseuses se perdent dans les corps des deuxième, troisième et quatrième vertèbres cervicales, après avoir traversé, soit les muscles précités, soit le ligament vertébral commun antérieur.
3° Branches antérieures. — Ces branches, au nombre de deux à cinq, se détachent de la face antérieure du ganglion cervical supérieur et se portent dans l’angle de bifurcation de la carotide primitive, où ils s’entrelacent avec des rameaux déjà signalés du pneumogastrique et du glosso-pharyngien pour former un riche plexus, le plexus inter carotidien. Il existe parfois sur les mailles de ce plexus un petit renflement ganglionnaire, connu sous le nom de ganglion intercarotidien d’ Arnold.
Le plexus intercarotidien entoure de ses mailles l’artère carotide externe et se prolonge, sur les nombreuses branches de ce vaisseau, en autant de plexus secondaires, qui se distribuent chacun au même territoire organique que l’artère à laquelle il est annexé. C’est ainsi que nous avons :
1° Un plexus thyroïdien supérieur, dont les ramifications terminales se répandent dans le corps thyroïde et dans le larynx ;
2° Un plexus lingual, qui suit l’artère linguale et s’anastomose, sur la face inférieure de la pointe de la langue, avec les nerfs lingual et grand hypoglosse (Hirschfeld). De ce plexus se détache, d’après Blandin, la racine végétative du
GRAND SYMPATHIQUE
ganglion sublingual ; mais ce rameau est loin d’être constant, comme le ganglion, du reste, auquel il est destiné;
3° Un plexus facial , qui accompagne l’artère faciale et fournit, avant d’atteindre la face, un ou plusieurs filets à la glande sous-maxillaire et au ganglion de même nom ;
4° Un plexus auriculaire postérieur, destiné aux deux régions auriculaire et mastoïdienne ;
5° Un plexus occipital, qui, avec l’artère occipitale, vient se distribuer à la partie postérieure de la tête ;
6° Un plexus pharyngien inférieur , qui se perd dans le pharynx;
7° Un plexus temporal superficiel, qui se distribue aux deux régions temporale et frontale ;
8° Un plexus maxillaire interne, enfin, qui accompagne l’artère de même nom, se divisant comme elle pour former, autour de chacune de ses branches, un plexus distinct. Parmi les filets importants qui émanent de ce plexus, nous signalerons la racine sympathique du ganglion otique (voy. p. 86), fournie par le plexus qui entoure l’artère méningée moyenne.
Au total, le plexus intercarotidien fournit les nerfs vasculaires ou vaso-moteurs ■ de la face et de ses cavités, de même que le plexus caverneux devient le point de départ de la plus grande partie des nerfs vaso-moteurs des centres encéphaliques.
4° Branches internes ou viscérales. — Ces filets, détachés de la partie interne du ganglion, se dirigent obliquement en bas et en avant entre les muscles prévertébraux et l’artère carotide primitive. On les divise, d’après leur terminaison, en rameau pharyngiens, oesophagiens, laryngiens , thyroïdiens et cardiaques :
a. Rameaux pharyngiens. — Les rameaux pharyngiens, toujours multiples, se portent sur les côtés du pharynx. Là, ils s’entrelacent avec les rameaux déjà signalés du glosso-pharyngien et du pneumogastrique pour former un riche plexus, le plexus pharyngien, dont les filets terminaux se distribuent, en partie aux muscles du pharynx (filets moteurs), en partie à la muqueuse (filets sensitifs), en partie à ses vaisseaux (filets vasculaires).
b. Rameaux œsophagiens. — Les rameaux œsophagiens se terminent à la partie supérieure de l’œsophage.
c. Rameaux laryngiens et thyroïdiens. — Les rameaux laryngiens et thyroïdiens, destinés au larynx et au corps thyroïde, s’anastomosent constamment, sur le côté interne de la carotide primitive, avec des filets provenant du laryngé supérieur ou du laryngé externe. Il en résulte la formation d’un petit plexus, connu sous le nom de plexus laryngé de IIàller.
d. Rameaux cardiaques. — Les rameaux cardiaques, au nombre de deux ou trois, naissent du ganglion ou, un peu au-dessous de lui, du cordon même du Sympathique. Ils se réunissent presque aussitôt en un rameau unique, le nerf cardiaque supérieur, qui se porte vers le cœur (voy. plus loin, p. 269).
Variétés. — Les ganglions carotidiens , que l’on a signalés dans le plexus carotidien au niveau de la première et de la deuxième courbure de l'artère, paraissent n’être formés que par la rencontre de deux filets nerveux, sans développement de cellules ganglionnaires. — Le ganglion cervical supérieur envoyait un filet au nerf phrénique dans un cas observé par Cruveilhier. — Sur l’origine du plexus temporal superficiel existe un petit ganglion, regardé comme constant par Scarpa. — Le nerf cardiaque supérieur peut naître par deux racines, l’une du ganglion, l'autre du cordon même du sympathique. — Il est quelquefois plexiforme. — Il peut s’accoler au pneumogastrique pour s’en séparer ultérieurement (Murray). — Il peut provenir à la fois du grand sympathique et du pneumogastrique ou du laryngé supériéur (voy. Nerf de Cyon, p. 116). — Brocq
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a vu provenir ce nerf du laryngé inférieur et du glosso-pharyngien. — On Ta vu s’anastomoser, suivant les cas, avec les nerfs glosso-pharyngien, hypoglosse et phrénique.
B. — Branches efférentes du ganglion cervical moyen
Les branches efférentes du ganglion cervical moyen se dirigent en dedans et se distinguent, d’après leur mode de terminaison, en thyroïdiennes , cardiaques , anastomotiques :
1° Branches thyroïdiennes. — Les branches thyroïdiennes s’étalent en plexus autour de l’artère thyroïdienne inférieure et accompagnent ce vaisseau jusque dans l’épaisseur du corps thyroïde.
2° Branches cardiaques. — Les branches cardiaques, généralement multiples à leur origine, ne tardent pas à se réunir en un rameau unique, le nerf cardiaque moyen, qui se rend à la base du cœur (voy. plus loin, p. 270).
3° Branches anastomotiques. — Les branches anastomotiques se jettent dans le nerf récurrent, branche du pneumogastrique, et en partagent la distribution.