SQUELETTE DE LA LANGUE
et dirigée transversalement. Elle se détache du bord supérieur du corps de Los hyoïde, dans Tintervalle compris entre la petite corne d’un côté et la petite corne du côté opposé. De là, elle se porte en haut presque verticalement, un peu en avant cependant , et disparaît bientôt au milieu des faisceaux musculaires de la langue.
La hauteur de la membrane hyo-glossienne, mesurée sur la ligne médiane, est de 8 à 10 millimètres chez l’adulte, de 4 à 5 millimètres chez le nouveau-né. Sa largeur est de 28 à 30 millimètres chez l’adulte; chez le nouveau-né, elle atteint à peine 10 à 12 millimètres.
Nous pouvons considérer à la membrane hyo-glossienne (fig. 286, 4) un bord inférieur, un bord supérieur et deux faces, l’une antérieure, l’autre postérieure. —
Le bord inférieur répond au bord supérieur de l’os hyoïde, et puisqu’il s’y insère, présente naturellement la même configuration que ce dernier. ■ — Le bord supérieur, convexe, arciforme, se perd au milieu des fibres musculaires de la langue. Son point le plus élevé se trouve situé un peu en arrière du Y lingual. — La face postérieure répond à la partie la plus reculée de la muqueuse linguale. Elle n’en est séparée que par les faisceaux du muscle lingual supérieur et, aussi, par une nappe conjonctive où se logent quelques glandules salivaires, les follicules clos de l’amygdale linguale, quelques vaisseaux, notamment le plexus veineux de la base de la langue. — La face antérieure donne insertion, à droite et à gauche, à de nombreux faisceaux du muscle génio-glosse. Elle se fusionne, sur la ligne médiane, avec le septum lingual.
Histologiquement, la membrane hyo-glossienne se compose de fibres du tissu conjonctif diversement entrecroisées, dont la plupart sont dirigées de bas en haut. A ces fibres conjonctives s’ajoutent, en proportions variables, des fibres élastiques.
3° Septum médian. — Le septum
médian ou septum lingual (fig.
287, 5) est une lame fibreuse, d’une
coloration blanc jaunâtre, placée de
champ sur la ligne médiane entre Le sePtum lin8ual> isolé et vu par sa face latérale ° droite ( demi-schématique ).
les deux muscles genio-glosses.
1, os hyoïde avec : 2, ses petites cornes ; 3, ses grandes cornes. Il revêt dans son ensemble lalorme — 4, membrane hyo-glossienne — 5, septum lingual. — 6, mu-
d, ri. , , queuse linguale, avec 7, le foramen cæcum. — 8, faisceaux mus-
Une taux et nous présente, par culaires sous-muqueux. — 9, génio-glosse. — 10, génio-nyoïdien.
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT. 47
Fi"-. 287.
Fig. 286.
La membrane hyo-glossienne, isolée et vue par sa face antérieure.
1, os hyoïde, avec : 2, ses petites cornes ; 3, ses grandes cornes. — 4, membrane hyo-glossienne, érignée en haut. — 5, le septum lingual, coupé un peu en avant de son insertion postérieure.
ORGANES DES SENS
conséquent, deux faces latérales, deux bords et deux extrémités. — Ses deux faces latérales , l’une gauche, l’autre droite, servent de surface d’implantation à de nombreux faisceaux. musculaires que nous étudierons dans un instant. — Son bord supérieur , convexe, se dirige parallèlement à la face dorsale de la langue, dont il n’est séparé que par un intervalle de 3 ou 4 millimètres. — Son bord inférieur concave, répond aux fibres les plus internes des deux génio-glosses, qui s’entrecroisent au-dessous de lui. — Son extrémité antérieure s’effile en pointe et se se perd insensiblement au milieu des faisceaux musculaires du sommet de la langue. — Son extrémité postérieure se rétrécit d’abord (fig. 287, 5), puis s’élargit de nouveau pour s’insérer à la fois sur la membrane hyo-glossienne et sur l’os hyoïde : sur la membrane hyo-glossienne, le septum se fusionne avec la partie médiane de cette membrane, soit dans toute sa hauteur, soit dans ses deux tiers inférieurs seulement; sur l’os hyoïde il s'insère sur le tubercule hyoïdien et sur la crête médiane qui prolonge ce tubercule jusqu’à la membrane hyo-glossienne.
Envisagé au point de vue de sa structure, le septum médian de la langue est formé exclusivement par du tissu fibreux et ne mérite en rien, du moins chez l’homme, la dénomination de fibro-cartilage médian, que lui avait donnée Blandin et que lui donne encore certains anatomistes.
Sur le fœtus avant terme, Nussbaum et Markowski (1897) d'abord, puis Dieulafé (1901) ont
signalé la présence dans la partie toute postérieure du septum lingual, un peu en avant de l’os hyoïde, d’un nodule de consistance cartilagineuse, le nodule préhyoïdien (fig. 288,6), qu'on ne retrouve plus sur le nouveau-né. Il s’agit donc d'une formation transitoire, d’une formation qui avorte : c’est une formation rudimentaire.
L’anatomie comparée nous renseigne nettement sur sa signification morphologique. Nous avons vu précédemment que, chez un certain nombre de mammifères (notamment chez les solipèdes), le corps de l’os hyoïde ou basi-hyal nous présente sur la ligne médiane une apophyse styliforme, Yapophyse linguale, laquelle se porte en avant et s’articule, par son extrémité antérieure, avec, une nouvelle pièce osseuse qui constitue fos lingual.
On admet généralement que Yapophyse linguale des animaux est représentée chez l’homme par cette petite saillie médiane que l’on rencontre le plus souvent (mais pas toujours) sur le champ supérieur de la face antérieure de l’os hyoïde. Quant à f’os lingual, il aurait pour homologue le nodule cartilagineux préhyoïdien du fœtus.
§ II. — Muscles de la langue
Pendant bien longtemps, on a considéré la langue comme un organe fort complexe, dans l’épaisseur duquel les faisceaux musculaires ( corps musculaire de la langue ) s’enchevêtraient d’une façon absolument inextricable. Contrairement à cette opinion ancienne, les patientes recherches de Malpighi, de Sténon, de Baur, complétées à une époque plus récente par les travaux de Gerdy, de Blandin et de Kolliker, sont venues démontrer que les faisceaux en question se trouvent disposés suivant un plan systématique et forment même une série de muscles distincts, que l’on peut suivre, soit par la dissection, soit par le procédé des coupes méthodiques, depuis leur origine jusqu’à leur terminaison.
En envisageant seulement leur insertion d’origine, ces muscles peuvent être
Le nodule préhyoïdien, vu par sa face latérale droite (demi-schématique).
1, corps de l’hyoïde (basi-hyal), scié sur la ligne médiane, avec 1’, tubercule hyoïdien — 2, petites cornes (stylhyal). —3, grandes cornes. — 4, membrane hyo-glossienne. — 5, septum lingual. — 6, nodule préhyoïdien.
MUSCLES DE LA LANGUE
divisés en trois groupes : 1° les muscles du premier groupe prennent origine sur des régions osseuses voisines de la langue : ce sont les muscles génio-glosse» hyo-glosse et stylo-glosse, dont le nom seul indique nettement les insertions ; 2° ceux du deuxième groupe prennent naissance sur des organes voisins de la langue : ce sont les muscles palato-glosse, pharyngo-glosse et amygdalo-glosse ; 3° ceux du troisième groupe, enfin, se détachent à la fois de parties molles et de parties osseuses voisines de la langue ; ils sont au nombre de deux seulement : le lingual supérieur et le lingual inférieur.
Indépendamment de ces huit muscles qui prennent origine en dehors de la langue et qui sont appelés pour cette raison muscles extrinsèques , il existe un muscle intrinsèque , le muscle transverse, qui appartient à la langue dans toute son étendue et qui s’insère, par conséquent, par l’une et l’autre de ses deux extrémités, sur les éléments histologiques de cet organe.
Des neuf muscles que nous venons d’indiquer, le lingual supérieur est un muscle impair. Tous les autres sont pairs et disposés symétriquement de chaque côté de la ligne médiane.
Au total, la langue chez l’homme comprend dix-sept muscles, que nous résumons dans le tableau suivant :
[ Génio-glosse 2
/ Naissant des os voisins ' Hyo-gîosse. 2
I ( Stylo-glosse 2
\ f Palato-glosse 2
A) . M. extrinsèques . . \ Naissant des organes voisins . . ) Pharyngo-glosse 2
I f Amygdalo-glosse 2
I Naissant à la fois des os et des t Lingual supérieur. ... 1
| organes voisins ( Lingual inférieur .... 2
B) . M. intrinsèque | Transverse 2
Total 17
1° Génio-glosse. — Le génio-glosse (fi g. 289, 5), le plus volumineux des muscles de la langue, revêt la forme d’un large triangle, dont le sommet se trouve situé derrière la symphyse mentonnière et dont la base, fortement convexe, répond à la face dorsale de la langue dans toute sa longueur.
a. Insertions. — Il s’insère en avant, à l’aide d’un court tendon, sur l’apophyse géni supérieure. De là, il se porte en haut et en arrière, en rayonnant à la manière d’un large éventail. Ses fibres suivent par conséquent les directions les plus diverses :
a) Les fibres inférieures ou postérieures , obliques en bas et en arrière, se portent vers l’os hyoïde et se fixent à la partie supérieure de cet os.
P) Les fibres supérieures ou antérieures se portent en haut et en avant, en décrivant une courbe à concavité antérieure, et viennent se terminer dans la pointe de la langue.
y) Les fibres moyennes enfin, de beaucoup les plus nombreuses, rayonnent vers la face dorsale de la langue et se terminent à la face profonde de la muqueuse, depuis la membrane hyo-glossienne jusqu’à la région de la pointe. De ces dernières fibres du génio-glosse, quelques-unes, celles qui sont le plus internes, s’entrecroisent sur la ligne médiane, immédiatement au-dessous du septum lingual, avec celles du côté opposé. D’autre part, un certain nombre d’autres se continuent manifestement avec les fibres du pharyngo-glosse (fig. 290, 8'), cons1 tituant ainsi de longs faisceaux qui s’étendent sans interruption depuis le pharynx jusqu’à la symphyse mentonnière ( muscle génio-pharyngien de Winslow).
ORGANES DES SENS
b. Rapports. — Le muscle génio-glosse est en rapport par sa face externe avec la glande sublinguale, le canal de Wharton, l’artère linguale, le nerf grand hypoglosse et les trois muscles hyo-glosse, stylo-glosse et lingual inférieur. — Par sa face interne, il répond au muscle génio-glosse du côté opposé. Il n’en est séparé que par une mince couche de tissu cellulo-adipeux et par le septum médian. — Son bord antérieur, concave en avant, regarde la symphyse mentonnière. Il est recouvert par la muqueuse de la face inférieure de la langue. — Son bord inférieur, sensiblement rectiligne, repose dans toute son étendue sur le muscle géniohyoïdien, qui suit exactement la même direction.
c. Action. — Par leurs fibres inférieures, les muscles génio-glosses portent en haut et en avant l’os hyoïde sur lequel ils s’insèrent et, avec l’os hyoïde, la langue elle-même qui présente avec cet os des connexions intimes. — Les fibres moyennes, agissant directement sur la langue, l’attirent en avant et déterminent sa projection en dehors de la cavité buccale. — Les fibres supérieures , au contraire, en raison de leur direction toute différente, portent la pointe de la langue en bas et en arrière. — Lorsque tous les faisceaux du muscle se contractent simultanément, la langue se pelotonne sur elle-même, en s’appliquant fortement contre le plancher de la bouche et contre la face postérieure du maxillaire inférieur.
2° Stylo-glosse. — Le stylo-glosse (fig. 289, 1) est un muscle long et grêle qui s’étend de l’apophyse stylo ïde aux parties latérales de la langue.
a. Insertions. — Il s’insère, en haut : 1° sur les côtés antérieur et externe de l’apophyse styloïde, au voisinage de la pointe ; 2° sur la partie, la plus élevée du ligament stylo-maxillaire. De là, il se porte obliquement en bas et en avant, en s’élargissant et en se contournant légèrement sur lui-même, d’une façon telle quç sa face antérieure tend à devenir externe. Parvenu sur les côtés de la langue, immédiatement en arrière du palier antérieur du voile du palais, il se divise en trois ordres de faisceaux, que l’on distingue, d’après leur situation, en inférieurs, moyens et supérieurs :
a) Les faisceaux inférieurs, obliques en bas et en avant (fig. 289, Y), s’engagent entre les deuxportions de l’hyo-glosse et se continuent, au-dessous de ce muscle, en partie avec les faisceaux du lingual inférieur, en partie avec ceux du génio-glosse.
P) Les faisceaux moyens longent le bord correspondant de la langue, en décrivant, comme ce bord lui-même, une légère courbe à concavité interne. On peut les suivre jusqu’au niveau de la pointe.
y) Les faisceaux supérieurs ou internes, s’infléchissant en dedans, se portent horizontalement vers le septum lingual, sur lequel ils se terminent : les uns, les postérieurs, affectent une direction nettement transversale ; les autres suivent un trajet oblique, d’autant plus oblique qu’ils sont plus. antérieurs.
b. Rapports. — Le stylo-glosse est en rapport : 1° en dehors, avec la glande parotide, le muscle ptérygoïdien interne, la muqueuse linguale et le nerf lingal ; 2° en dedans, avec le ligament stylo-hyoïdien, lè constricteur supérieur du pharynx et l’hyo-glosse. ^
c. Action. — Il porte la langue en haut et en arrière et tend à l’appliquer fortement contre le voile du palais.
3' Hyo-glosse. — L’hyo-glosse (fig. 289, 2, 2') est un muscle mince, aplati et quadrilatère, situé à la partie latérale et inférieure de la langue.
a. Insertions. — 11 s’insère en bas : 1° sur le bord supérieur du corps de l’os hyoïde, dans la partie qui avoisine la grande corne ; 2° sur la lèvre externe de la
Fig. 289.
Muscles superficiels de la langue, vue latérale droite.
A, maxillaire inférieur, sectionné immédiatement en dehors des apophyses géni du côté droit. — B, os hyoïde. — G, apophyse styloïde.
1, muscle stylo-glosse, avec 1’, son faisceau inférieur pénétrant dans la profondeur entre les deux portions du muscle hyo-glosse. — 2, 2’, muscle hyo-glosse, divisé en deux parties : le basio-glosse (2) et le cérato-glosse (2’). — 2”, faisceau accessoire de l’hyo-glosse. — 3, interstice cellulo-graisseux, séparant Te basio-glosse du cérato-glosse et à travers lequel on aperçoit l’artère linguale. — 4, muscle génio-hyoïdien . — 5, musde génio-glosse. — 6, muscle lingual inférieur. — 7, muscle palato-glosse ou glosso-staphylin — 8, muscle pharyngo-glosse (faisceaux supérieurs'. — 8, muscle pharyngo-glosse (faisceaux inférieurs). — 9, constricteur mojendu pharynx. — 10, muscle stylo-pharyngien. — Il, 11’, muscle stylo-hyoïdien, dont on a réséqué la partie moyenne et attiré en arrière le chef supérieur, pour découvrir : 12, le ligament stylo-hvoïdien et 12’, le muscle stylo-hyoïdien profond. — 13, poulie du digastrique. — 14, bourse séreuse 'de Fleischmann. — 15, muqueuse de la langue.
glosse, qui sont sitqés tout d’abord sur la face superficielle du cérato-glosse et s’engagent ensuite au-dessous du Ipasio-glosse.
Partis de l'hyoïde', les faisceaux de V hyo-glosse se portent en haut et un peu en avant et gagnent tout d’abord le côté interne de la portion moyenne du styloglosse. Là, changeant brusquement de direction, ils s’infléchissent en dedans et en avant et, de verticaux qu’ils étaient, deviennent horizontaux. Ils se mêlent alors aux faisceaux supérieurs du stylo-glosse, qui présentent la même direction, et, comme eux, ils viennent se terminer sur le septum médian depuis la base de la langue jusqu’à la pointe.
Au muscle hyo-glossp, tel que nous venons de le décrire. Vient se joindre, sur
MUSCLES DE LA LANGUE
grande corne dans toute son étendue. On désigne généralement sous le nom de cérato-glossse (de xépaç, corne) la portion de ce muscle qui se détache de la grande corne ; sous le nom de basio-glosse , la portion qui répond au corps même de l’hyoïde ou basi-hyal.
Ces deux portions constitutives de l’hyo-glosse, le ' cératoglosse et le basioglosse, sont très souvent séparées l’une de l’autre, à leur partie inférieure, par un interstice cellulo-graisseux, à travers lequel on aperçoit l’artère linguale. Plus haut, ils sont plus nettement séparés encore par les faisceaux inférieurs du stylo-
ORGANES DES SENS
bien des sujets, un faisceau additionnel ou accessoire, qui se détache en arrière, soit de l’extrémité de la grande corne, soit du constricteur moyen du pharynx. Quelle que soit son origine, ce faisceau accessoire (fig. 289, 2'), le plus souvent arrondi et toujours fort grêle, se dirige obliquement en haut et en avant ; il croise en écharpe la face superficielle de l’hyo-glosse, atteint le faisceau moyen du stylo-glosse, et se joint à ce dernier faisceau pour gagner avec lui la pointe de la langue.
b. Rapports. — Le muscle hyo-glosse présente des rapports importants. — Sa face profonde répond successivement au constricteur moyen du pharynx, au pharyngo-glosse et au génio-glosse. Cette face est encore en rapport avec l’artère linguale, qui s’applique contre elle en la croisant un peu obliquement d’arrière en avant et de bas en haut. — Sa face superficielle est recouverte en grande partie par les muscles mylo-hyoïdien, stylo-hyoïdien et digastrique. Elle répond en outre : 1° à la glande sous-maxillaire, qui repose sur sa partie postérieure (voy. cette glande); 2° au canal de Warthon et aux deux nerfs lingual et grand hypoglosse, qui la croisent d’avant en arrière.
c. Action. — Les muscles hyo-glosses sont les muscles abaisseurs de la langue : ils la compriment transversalement et la rapprochent de l’os hyoïde. Lorsque la langue a été portée en avant par faction des génio-glosses, la contraction des hyo-glosses la porte en arrière et la ramène dans la cavité buccale.
Chondro-glosse. — On a décrit sous ce nom et considéré comme une dépendance de l’hyoglosse un petit faisceau musculaire, qui naît, en arrière, sur le côté interne de la petite corne de l’hyoïde et se porte ensuite en avant et en haut, pour venir se terminer, de chaque côté de la ligne médiane, à la face dorsale de la langue. Ce faisceau manque quelquefois, contrairement à l’assertion de Haller qui le regardait comme constant. En outre, il me paraît devoir être distingué de l’hyo-glosse, dont il est séparé à son origine hyoïdienne par l’artère linguale et par le muscle pharyngo-glosse.
4° Palato-glosse. — Le muscle palato-glosse, appelé encore muscle glossostaphylin (fig. 289, 7), est situé dans l’épaisseur du pilier antérieur du voile du palais. Il en constitue la portion centrale et pour ainsi dire le squelette.
a. Insertions . — Il s’insère, en haut, sur la face inférieure du voile du palais. De là, il descend vers la base de la langue, en décrivant une courbe à concavité dirigée en avant et en haut, et vient s’épanouir sur le bord correspondant de la langue, en confondant ses fibres avec celles du pharyngo-glosse et de la portion moyenne du stylo-glosse.
b. Rapports. — Le muscle palato-glosse répond à la muqueuse dans la plus grande partie de son étendue.
c. Action. — Quand il se contracte, il porte la langue en haut et en arrière.
5° Pharyngo-glosse. — On donne ce nom de muscle pharyngo-glosse (fig. 289 et 290,8,8’) à un paquet de faisceaux musculaires que le constricteur supérieur du pharynx jette sur les côtés de la langue.
Ces faisceaux se distinguent en supérieurs et inférieurs. — Les premiers longent le bord correspondant de la langue, en se confondant avec les faisceaux du palatoglosse et les faisceaux moyens du stylo-glosse, qui présentent la même direction. — Les faisceaux inférieurs, obliques en bas et en avant, s’engagent au-dessous de l’hyo-glosse et se continuent là, en partie avec les fibres du génio-glosse, en partie avec les fibres du lingual inférieur.
Comme le muscle précédent, le pharyngo-glosse, par ses contractions, porte la langue en arrière et en haut.
MUSCLES DE LA LANGUE
6° Amygdalo-glosse. — L’amygdalo-glosse (fig. 291,3), découvert et bien décrit par Buoca, est un petit muscle aplati et mince, qui s’étend, comme son nom l’indique, de la région amygdalienne à la langue,
a. Insertions. — Il prend naissance, en haut, sur cette portion de l’aponévrose pharyngienne qui recouvre la face externe de l’amygdale. De là, il se porte verticalement en bas, entre le pharyngo-glosse et la muqueuse, et atteint bientôt la base de la langue. Changeant alors de direction pour devenir transversal, il gagne la lignehnédiane et s’y termine en s’entrecroisant avec celui du côté opposé.
Fig. 290.
Muscles profonds de la langue, vue latérale droite.
(Le muscle hyo-glosse, tout d’abord, a été sectionné au-dessous de la pénétration de ses faisceaux par les fibres inférieures du stylo-glosse ; puis, son chef inférieur a été récliné en bas).
A, maxillaire inférieur, sectionné immédiatement en dehors des apophyses géni du côté droit. — B, os hyoïde. — B’, sa petite corne. — C, apophyse styloïde.
De 1 à 15 inclusivement, comme dans la figure précédente. — 16, plan musculaire longitudinal, formé par la partie supérieure du pharvngo-glossse et le palato-glosse. Ce plan a été soulevé et érigné en haut, pour montrer les faisceaux sous-jacents à direction transversale qui proviennent du stylo-glosse, du cérato-glosse et du basio-glosse.
b. Rapports. — Dans cette dernière portion de son trajet, l’amygdalo-glosse se place immédiatement au-dessous du lingual supérieur, croisant à angle droit la direction de ce dernier muscle.
c. Action. — Réunis l’un à l’autre, les deux amygdalo-glosses forment dans leur ’ ensemble une espèce de sangle qui répond aux amygdales par ses deux extrémités et à la base de la langue par sa partie moyenne. On conçoit alors que ces deux muscles, quand ils se contractent, portent en haut la base de la langue et tendent à l’appliquer contre le voile du palais.
7° Lingual supérieur. — Muscle impair et médian, le lingual supérieur est constitué par un système de fibres longitudinales et parallèles qui s’éta-
lent au-dessous de la muqueuse de la langue, depuis la base jusqu’à la pointe.
a. Insertions. — Ce muscle, à son origine postérieure, se. divise en trois portions distinctes : une portion médiane et deux portions latérales. — La portion médiane s’attache sur ce repli fîbro-muqueux qui relie, sur la ligne médiane, l’épiglotte à la base de la langue (repli glosso-épiglottique médian). — Les deux portions latérales prennent naissance, adroite et à gauche, sur les petites cornes de l’os hyoïde.
Parties de ces différents points, les trois portions du lingual supérieur se portent en haut et en avant, en s’élargissant. Elles se rapprochent ainsi graduellement les
unes des autres, arrivent au contact et finissent même par se confondre en une seule et même nappe musculaire, qui occupe la portion moyenne de la langue et que l’on peut suivre jusqu’à la pointe.
b. Rapports. — Par sa face inférieure, le lingual supérieur est en rapport avec les muscles sousjacents. — Par sa face supérieure, il répond à la muqueuse de la face dorsale de la langue, à laquelle il adhère intimement : c’est un muscle peaucier de la langue. — Latéralement, il se confond avec les fibres longitudinales du palato-glosse, du pharyngo-glosse et du stylo-glosse. Il en résulte que la face supérieure et les deux bords de la langue sont recouverts par une espèce de gouttière musculaire à concavité inférieure, gouttière absolument indivise et à la constitution de laquelle concourent les quatre muscles précités.
c. Action. — Quand il se contracte, le lingual supérieur élève la pointe de la langue, en même temps qu’il la porte en arrière :
c’est un muscle élévateur et rétracteur de la pointe.
8° Lingual inférieur. — Le lingual inférieur, comme son nom l’indique, occupe la face inférieure de la langue. Il est situé au-dessous du stylo-glosse, entre le génio-glosse qui est en dedans et l’hyo-glosse qui est en dehors.
a. Insertions. — Il tire sa principale origine des petites cornes de l’os hyoïde. Mais il reçoit en même temps de nombreux faisceaux de renforcement du pharyngoglosse et de la portion inférieure du stylo-glosse.
Quelle que soit leur provenance, les faisceaux constitutifs du lingual inférieur
Fig. 29 J .
Coupe vertico-transversale de la langue, pratiquée en arrière des amygdales, segment antérieur de la coupe.
Eu haut de la figure, les muscles du voile du palais et de la partie supérieure du pharynx ont été disséqués, divisés en arrière sur la ligne médiane et érignés en dehors.
A, cavité des fosses nasales. — B, cornets inférieurs. — C, cloison. — D, portion cartilagineuse de la trompe d’Eustache. — E, amygdales. — F, luette. — G, cavité buccale. — II, pilier antérieur du voile du palais.
1, muqueuse de la langue. — 2, coupe du muscle lingual supérieur. — 3, muscle amygdalo-glosse. — 4, muscle pharyngo-glosse. — 5, muscle lingual inférieur. — 6, muscle stylo-glosse. - 7, muscle hyo-glosse. — 8, muscle génio-glosse. — 9, septum lingual.
a , palato-staphylin. — 6, péristaphylin interne. — c, pharyngostaphylin, avec : d, son faisceau accessoire interne; d\ son faisceau accessoire externe. — e, fibres de ce muscle venant de la partie moyenne du voile du palais. — f, fibres internes s’entrecroisant en arrière avec celles du côté opposé. — g , constricteur supérieur du pharynx. — h, membrane fibreuse du pharynx.