SENS DE LT OLFACTION
FOSSES NASALES ET PITUITAIRES
Les terminaisons nerveuses destinées à recueillir les sensations odorantes se trouvent disséminées chez l’homme, comme chez tous les mammifères, sur les parois de deux cavités appelées fosses nasales.
Ces cavités sont creusées, de chaque côté de la ligne médiane, dans le massif osseux, de la face, au-dessus de la cavité buccale qui renferme l’organe du goût, au-dessous de l’orbite où se loge l’appareil de la vision. Elles occupent, comme on le voit, la portion la plus élevée du long conduit que parcourt la colonne d’air de la respiration, s’ouvrant en avant en pleine atmosphère et débouchant en arrière dans la partie supérieure du pharynx.
Considérées sur le sujet revêtu de. ses parties molles, les cavités nasales sont protégées en avant par une saillie considérable, le nez , qui se dispose en manière d’auvent au-dessus de son orifice antérieur. C’est par lui que nous allons commencer notre description. Nous étudierons ensuite les cavités nasales et la membrane muqueuse qui s’étale sur ses parois, la pituitaire.
A consulter, au sujet des fosses nasales en général : Zuckerkandl (E.), Normale u. pathologische Anatomie der Nasenhôhle, Wien, 1882 : — Du même, Das periphere Geruchorgan der Sâugethiere , Stuttgart, 1887; — Disse, Die Ausbildung der Nasenholhe nach Geburt. Arcb. f. Anat. u. Phys., 1889; — Frankel, Gefrierdurchschnitte s* Anat. der Nasenholhe , Berlin, 1890; — Seidel, Ueber die Nasenholhe der hôhern Sâugethiere u. der Menschen, Morph. Jahrb., 1891 ; — Onooi, Die Nebenhôhlen der Nase, Wien, 19051; — Dieulafé, Les fosses nasales des vertébrés, Journ. de l'Anat., 1905.
ARTICLE I NEZ
Le nez est cette saillie volumineuse, impaire et médiane, qui se dispose, à la manière d’un auvent, au-dessus de l’entrée des fosses nasales. Il nous présente à étudier: 1° sa conformation extérieure ; 2° sa constitution anatomique; 3° ses vaisseaux et nerfs .
§ I. — Conformation extérieure
Placé au milieu du visage, entre les deux joues, au dessous du front et au-dessus de la lèvre supérieure, le nez représente une pyramide triangulaire à base inférieure, dont le grand axe se dirigerait obliquement de bas en haut et d’avant en arrière. On lui considère, en conséquence, comme à toute pyramide à base triangulaire, trois faces , trois bords, un sommet et une base :
ORGANES DES SENS
1° Faces. — Des trois faces de la pyramide nasale, deux sont latérales , se distinguant en droite et gauche ; la troisième est postérieure :
a. Faces latérales. — Les deux faces latérales sont planes, triangulaires et inclinées vers la région des joues. Fixes dans leur moitié supérieure, où elles reposent sur un squelette osseux, elles deviennent très mobiles dans leur moitié inférieure, où elles sont exclusivement formées par des parties molles et où elles prennent le nom d 'ailes du nez.
b. Face postérieure. — La face postérieure de la pyramide nasale fait pour ainsi dire défaut : elle est, en effet, représentée par deux gouttières longues et profondes, qui se confondent chacune avec la fosse nasale correspondante. Ces deux gouttières sont séparées l’une de l’autre par la cloison des fosses nasales, laquelle est osseuse en haut, cartilagineuse en bas.
2° Bords. — Les trois bords du nez se distinguent en bords latéraux et en bord antérieur :
a. Bords latéraux. — - Les bords latéraux forment avec le plan de la face un sillon longitudinal, qui prend successivement, en allant de haut en bas, les noms de sillon naso-palpébral, sillon naso-génien , sillon naso-labial , dénominations assez expressives par elles-mêmes pour n’avoir pas besoin d’une définition plus étendue.
b. Bord antérieur. — Le bord antérieur, constitué par l’adossement des deux faces latérales, porte le nom de dos du nez. Il forme une ligne plus ou moins
Fig. 318.
Différents types de nez vus de profil.
A, nez droit (Auguste). — B, nez grec (Vénus de Milo). — C, nez busqué (Dante). — D, nez retroussé (Socrate).
inclinée en avant et se termine inférieurement par une saillie arrondie, appelée lobe ou lobule du nez. Le dos du nez présente, suivant les sujets, de nombreuses variétés de longueur et de direction. Au point de vue de la direction, ces variétés peuvent être ramenées à trois principales : le dos du nez peut être rectiligne, concave ou convexe. De là, les trois types classiques du nez chez l’homme : 1° le nez droit (flg. 318, A), dont les Kymris nous offrent le type le mieux accusé ; 2° le nez retroussé (D), qu’on rencontre chez les Celtes et chez les peuples du bassin méditerranéen, principalement chez la femme ; 3° le nez aquilin recourbé en bas comme le bec de l’aigle ( aquila ), qui est essentiellement sémite ou aryen. Le nez busqué (G) et le nez sinueux ne sont que des variétés de ce dernier type.
NEZ
3° Sommet. — Le sommet ou racine du nez répond à l’espace intersoucilier. Il est convexe dans le sens transversal, concave verticalement. Une dépression plus ou /moins profonde sépare nettement la racine du nez de la région frontale. Cette dépression manque, comme on le sait, sur les statues antiques de la Grèce (fig. 318, B), d’où le nom de nez grecs , donné aujourd’hui aux nez qui présentent cette dernière disposition, je veux dire, à ceux dont le dos se continue directement avec la ligne du front.
4° Base. — La base du nez est horizontale dans le type que nous avons désigné sous le nom de nez droit. Elle est, au contraire, plus ou moins oblique dans les deux autres types : elle regarde en bas et en avant pour le nez retroussé, en bas et en arrière pour le nez aquilin.
Quelle que soit son orientation par rapport au plan horizontal, la base du nez nous présente toujours les deux éléments suivants : 1° sur la ligne médiane, une cloison à direction antéro-posté- e.o.
rieure, la sous-cloison ; 2° sur les côtés, deux A
ouvertures symétriquement placées, les orifices inférieurs des narines.
La sous-cloison, relativement mince à sa partie moyenne, beaucoup plus large à ses deux extré- |ff
mités, rappelle assez bien par son aspect la forme # ^ >
d’un sablier : comme ce dernier, elle est formée (fig. 319, A) par deux troncs de cône adossés par p,
leur petite base. Quant à sa longueur, la souscloison varie beaucoup suivant les types ethniques : très longue dans les races européennes, elle diminue considérablement dans les races jaunes (fig. 319, B) et plus encore chez les nègres (fig. 319, G).
Les orifices inférieurs des fosses nasales varient G
beaucoup, eux aussi, suivant les races. Dans les Fig. 319.
races européennes (fig. 319, A), ils sont généra- Variétés diverses des orifices , , i . . inférieurs des narines.
lement elliptiques et leur grand axe se dirige
i ,, m i rw i A, tvpe européen. — B, tvpe des races
plus ou moins d arriéré en avant. Dans les races jaunes, — c, type nègre,
jaunes (B), ils sont le plus souvent arrondis ; s’ils
conservent la forme elliptique, leur grand axe se trouve dirigé, non plus d’arrière en avant, mais obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans. Dans les races nègres enfin (G), que caractérise un nez large et plus ou moins aplati d’avant en arrière, les orifices des narines reprennent la forme allongée, mais leur grand axe se dirige transversalement.
Indice nasal céphalométrique. — Nous avons déjà vu, à propos de l’étude du squelette (voy. Ostf.ologie), que la forme générale du nez était assez bien indiquée par l'indice nasal, c’est-à-dire par un chiffre qui. représente le rapport de sa largeur à sa hauteur. A côté de cet indice pris sur le squelette et appelé indice nasal craniomé trique, il existe un deuxième indice nasal pris sur le vivant et appelé indice nasal céphalométrique. Du reste, ce dernier indice comporte la même définition que le premier : comme lui, il représente le rapport centésimal de la largeur maxima du nez à sa hauteur.
Indice nasal céphalométrique =
ANATOMIE HUMAIME. — T. III, 0e ÉDIT.
ORGANES DES SENS
La largeur maxima du nez est ici la plus grande distance transversale comprise ^entre les ailes du nez au niveau de leur bord postérieur. Quant à sa hauteur, elle n’est autre que la distance verticale qui sépare l’attache de la sous-cloison de la racine du nez.
L’indice nasal eéphalmnétriqué présente, suivant les sujets et suivant les races, des variations fort étendues. 11 oscille d'ordinaire (Topinard) entre le chiffre 109,8 observé ch^z les Tasmanieris, et le chiffre 63, qui se rapporte aux Français Kymris. Entre ces deux indices maximum et minimum, il existe, comme on le voit, un écart de 47 unités. Nous ferons remarquer que les chiffres précités ne sont que des moyennes et qu’ils peuvent être dépassés : c’est ainsi qu’on a observé 50 chez un Galtcha (Ujfalvy) et 153 chez un Australien. Sur ce dernier sujet, véritablement remarquable, l’élargissement du nez était tellement prononcé que son diamètre transversal à la base était d'une moitié plus étendu que sa hauteur.
Sur le vivant, comme sur le squelette, les individus et les races se divisent, d’après leur indice nasal, en trois catégories : 1° les leptorhinie ns ou à petits indices; 2° les platyrhiniens oti à grands indices ; 3° les mésorhiniens ou à indices moyens, tenant le milieu entre les deux groupes précédents. Voici quels sont les chilfres qui correspondent à chacun de ces trois types de conformation générale du nez :
Sont leptorhiniens, les individus dont l’indice égale 68,9 et au-dessous.
— mésorhiniens , — — 69 à 84,9.
— phatyriniens , — — 85 et au-dessus.
Les deux indices nasal craniomé trique et nasal céphalomé trique sont bien loin de se correspondre : le second est toujours plus fort que le premier, de 18 à 20 unités (Broca, Topinard). Cet écart est, comme on le voit, considérable. De plus, il ne se fait pas suivant un rapport constant, de telle sorte qu’on ne peut, sans s’exposer à de graves erreurs, passer d’un indice à l’autre, je veux dire transformer, sur un individu ou sur un groupe ethnique, son indice craniométrique en indice céphalométrique ou vice versa.
Au point de vue anthropologique, l’indice nasal céphalométrique est un caractère de grande valeur. 11 permet en effet, bien mieux que l’indice nasal pris sur le squelette, de répartir les races humaines entre les trois grands embranchements ou types primordiaux admis par tous les anthropologistes : en effet, toutes les races blanches appartiennent au groupe leptorhinien ; le groupe mésorhinien comprend toutes les races jaunes asiatiques et, de plus, les Esquimaux et les Peaux-Rouges de l’Amérique ; dans le groupe platyrhinien, enfin, viennent se ranger toutes les races nègres, soit de l’Afrique, soit de 1 Océanie. Voici, à ce sujet, le tableau dressé par Topinard :
CLASSIFICATION DES RACES d’.APRÈS l’iNDICF, NASAL CÉPHALOMÉTRIQUE
a) Leptorhiniens..
Races blanches.
Indice très faible
I Indice plus fort.
^ non aquilin . .
( aquilin . . . .
Kymris.
Celtes.
Sémites.
(î) Mésorhiniens... | Races jaunes ..
\ Nez aplati .
^ Nez saillant
Esquimaux.
Jaunes d’Asie.
Peaux-Rouges.
y) Phatyrhinièns ... | Races noires ..
^ Nez relativement fin
I Nez grossier avec ailes énormes . .
Nègres d’Afrique \ Mélanfsiens.
/ Australiens.
§ II. — Constitution anatomique du nez
Considéré au point de vue de sa constitution anatomique, le nez se compose : 1° d’un squelette ; 2° d’une couche musculaire ; 3° d’un revêtement extérieur ou cutané ; 4° d’un revêtement intérieur ou muqueux.
1° Squelette du nez. — A la constitution du squelette du nez concourent à la fois des os, des cartilages et une membrane fibreuse :
A. Os. — Les os qui entrent dans la constitution anatomique du nez sont : d’ane part, les os propres du nez ; d’autre part, la branche montante du maxillaire supérieur et le bord antérieur de son apophyse palatine. Nous avons déjà étudié en ostéologie ces différentes pièces osseuses (voy. t. Ier, p. 244) : nous croyons inutile d’y revenir ici.
B. Cartilages. — Trois cartilages principaux contribuent à former le squelette'
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du nez, savoir : le cartilage de la cloison, les cartilages latéraux et les cartilages de l'aile du nez. Il existe, en outre, un certain nombre de cartilages moins importants, que nous désignerons squs le nom de cartilages accessoires :
a. Cartilage de la cloison — Le cartilage de la cloison (fig. 320, o), ainsi appelé parce qu’il complète la cloison osseuse des fosses nasales, remplit l’espace angulaire compris entre la lame perpendiculaire de l’ethmoïde et le vomer. Exactement situé sur la ligne médiane, dont il se dévie plus ou moins cependant chez quelques sujets, il nous présente deux faces et quatre bords :
a) Chacune des faces répond à la fosse nasale correspondante.
P) Des quatre bords, deux sont antérieurs, deux postérieurs. —
Le bord postéro-supérieur fait suite à la lame perpendiculaire de l’ethmoïde. — • Le bord postéroinférieur se soude au bord antérieur du vomer et envoie entre les deux lames de cet os un prolongement aplati et mince, qui arrive parfoisjusqu’au sphénoïde. — Le bord antéro-supérieur répond au dosdu nez. — Le bord antéro-inférieur, enfin, est logé dans la souscloison et s’étend de l’épine nasale antérieure au lobule du nez.
b. Cartilages latéraux. — Les cartilages latéraux (fig. 320 et 322, 2), au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, revêtent chacun la forme d’une lamelle triangulaire, dont la base, située sur la ligne médiane, se confond en partie avec le cartilage précédent, et dont la pointe, plus ou moins arrondie, se dirige en arrière et en dehors vers le sillon naso-génien. Son bord supérieur, irrégulier et comme dentelé, s’unit intimement avec le bord inférieur des os propres du nez. Son bord inférieur est relié au cartilage suivant par une membrane fibreuse que nous décrirons tout à l’heure.
Chez les embryons humains de sept mois, Küss et Pissot ( Bibliogr . Aaat.. 1899) ont signalé l’existence, sur la face interne du cartilage latéral du nez, d‘un prolongement cartilagineux, long de 1 millimètre à 1 millimètre et demi, qui soulève la muqueuse. Ce prolongement s’atrophie durant le neuvième mois et finit par disparaître complètement. Sa signification morphologique ne nous est pas encore connue.
c. Cartilages de V aile du nez. — Les cartilages de l’aile du nez (fig. 321, 3 et 322, 4) sont au nombre de deux également, un pour le côté droit, l’autre pour le côté gauche. Chacun d’eux se contourne sur lui-même de façon à former une espèce de fer achevai, dont la partie moyenne répond au lobule et dont les deux branches circonscrivent par leur écartement l’orifice elliptique des fosses nasales. De ces deux branches, l’interne s’adosse sur la ligne médiane, en partie au cartilage de la cloi-
Fig, 320.
Cartilage de la cloison, vu sur une coupe sagittale de la fossse nasale droite.
1, os propre du nez. — 2, lame perpendiculaire de l'ethmoïde. — 3, vomer. — 4, maxillaire supérieur — 5, cartilage de la cloison, avec: 6, son bord postéro-supérieur ; 7, son bord postéro-inférieur ; 8, son bord antéro-supérieur ; 9, son bord antéro-inférieur. — 10, prolongement que le cartilage de la cloison envoie entre le vomer et l’eihmoïde. — 11, cartilage vomérien de Huschke. — 12, branche interne du cartilage de l’aile du nez (côté gauche). — 13, épine nasale antérieure et inférieure.
ORGANES DES SENS
son, en partie à la branche similaire du cartilage du côté opposé ; elle est logée dans la sous-cloison. La branche externe, à la fois plus large et plus longue, s’étale dans l’aile du nez, dont elle forme le squelette, d. Cartilages accessoires. — Les cartilages accessoires (fig. 321,4 et 322,5)
Fig. 321. Fig. 322.
Squelette du nez, vu de profil. Squelette du nez, vu de face.
1, os propre du nez. — 2, cartilage latéral. — 3, cartilage de l'aile du nez (branche externe). — 3’, branche interne du même cartilage. — 4, cartilages accessoires. — o, lame fibreuse, complétant le squelette du nez et reliant les cartilages au bord du maxillaire supérieur. — 6, narines.
1, os propre du nez. — 2, cartilage latéral. — 3, cartilage de la cloison. — 4, cartilage de l'aile du nez (branche externe). — o, 5, cartilages accessoires. — G, dépression située entre les branches internes des deux cartilages de l'aile du nez. — 7, narines.
sont situés dans les intervalles qui séparent les cartilages précédents. Ce sont : les cartilages carrés, les cartilages sésamoïcles et les cartilages vomériens de Huschke.
a) Les cartilages carrés sont de petites lamelles, irrégulièrement quadrilatères, situées à la partie postérieure et inférieure de l’aile du nez. Ils sont au nombre de deux ou trois de chaque côté et prolongent vers le sillon naso-labial la branche externe du cartilage de l’aile du nez, décrit ci-dessus.
p) Les cartilages sésa7noïdes occupent l’espace compris entre le cartilage latéral et le cartilage de l’aile du nez. Très variables en nombre, ils le sont aussi en volume, les uns affectant encore la forme de petites lamelles, les autres réduits aux dimensions minuscules de simples grains cartilagineux. On les a comparés, non sans raison, aux os wormiens qui se développent entre les os du crâne.
y) Les cartilages vomériens ou cartilages de Huschke, décrits pour la première fois par Huschke, sont de petites lamelles longitudinales qui occupent le bord postéro-inférieur du cartilage de la cloison (fig. 320,11). Ils commencent au niveau de l’épine nasale et, de là, se dirigent en arrière et en haut, en longeant le cartilage de la cloison d’abord et puis le vomer. Le cartilage vomérien est encore appelé cartilage de Jacobson , en raison de ses rapports fréquents (mais non constants) avec un organe qui est absent ou rudi-
Fig. 323.
Squelètte du nez. vu par sa face inférieure.
1. branche externe du cartilage de l'aile du nez. — 2, branche interne de ce même cartilage. — 3, partie inférieure du cartilage de la cloison. — 4, cartilage de Huschke. — 5, épine nasale inférieure. — 6, narines.
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men taire chez l’homme, mais qui est très développé chez certains mammifères, Y organe de Jacobson (voy. plus loin, p. 416).
C. Membrane fibreuse. — Tous les espaces laissés libres par les différents cartilages que nous venons.de décrire sont comblés par une membrane fibreuse, ordinairement très résistante, qui unit les uns aux autres les différents cartilages d’abord, puis ceux-ci et les os voisins. Considérée au point de vue de sa signification anatomique, cette membrane est une dépendance du périoste et du périchondre qui revêtent les os et les cartilages voisins.
2° Couche musculaire. — Les muscles qui entrent dans la constitution anatomique du nez ont été déjà étudiés (voy. Myologie) à propos de la face. Nous ne saurions les décrire ici de nouveau sans tomber dans des redites inutiles. Nous nous contenterons de rappeler que, à l’exception du pyramidal qui est couché sur la racine du nez et agit exclusivement sur la peau de la région intersourcilière, tous ces muscles agissent sur l’aile du nez, qu’ils rapprochent ou écartent de la ligne médiane : dans le premier cas, ils rétrécissent l’orifice antérieur des fosses nasales ( constricteurs ) ; dans le second cas, ils l’agrandissent ( dilatateurs ). Sont constricteurs : le triangulaire du nez et le myrtiforme. Sont dilatateurs : le dilatateur propre des narines et le releveur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure.
3° Revêtement extérieur ou couche cutanée. — La peau qui recouvre la pyramide nasale en reproduit fidèlement toutes les formes. Elle se continue en haut, avec la peau du front; en bas, avec la peau de la lèvre inférieure ; latéralement, avec la peau des joues et des deux paupières. Au niveau des orifices antérieurs des fosses nasales, elle se réfléchit sur le pourtour de ces deux orifices pour aller tapisser les narines (voy. plus loin).
Dans la région de la racine, la peau du nez est mince et doublée, sur sa face profonde, d’une couche de tissu cellulo-graisseux, disposition anatomique qui permet aux doigts de la faire glisser dans tous les sens et qui en rend la dissection relativement facile. Sur le lobule au contraire, ainsi que sur l’aile du nez et sur la sous-cloison, elle est excessivement épaisse et adhère intimement à la couche sous-jacente.
Ce qui caractérise essentiellement la peau du nez, c’est sa richesse en glandes sébacées.
Ces appareils glandulaires s’accusent principalement sur le lobule et sur les ailes. On en trouve de toutes les dimensions et de toutes les formes, depuis le simple follicule jusqu’à ces glandes gigantesques (fi g. 324) dont les nombreux lobules s’étalent au-dessous du derme.
Les unes s’ouvrent dans les follicules pileux ; les autres versent directement leur contenu à la surface de la peau. La matière sébacée se fige parfois à l’orifice extérieur de la glande et se montre alors sous l’aspect d’un petit point noirâtre ( nez piqueté de noir).
Fig. 324.
Glande sébacée de grandes dimensions sur la peau du nez d’un nouveauné (d’après Pouchet et Tourneux).
ORGANES DES SENS
Une simple pression, exercée dans ce cas sur le pourtour de l’orifice ainsi oblitéré, suffit généralement pour en faire sortir un petit cylindre de matière sébacée qui ressemble à un petit ver. De l'a cette locution vulgaire, tirer les vers du nez à une personne, c’est-à-dire l’interroger adroitement de façon à lui arracher ses secrets.
4° Revêtement intérieur ou couche muqueuse. — Sur sa face postérieure, le nez est revêtu : 1° tout à fait en bas, au niveau des narines, par la peau, qui, comme nous l’avons vu, s’est réfléchie de bas en haut au niveau de l’orifice antérieur des fosses nasales; 2° dans tout le reste de son étendue, par une muqueuse. Le revêtement muqueux est une dépendance de la pituitaire, que nons décrirons en détail dans l’article suivant.
§ 111 . — Vaisseaux et nerfs
1° Artères. — Les artères du nez proviennent de l’ophthalmique et principalement de la faciale, qui jette sur la face latérale du nez V artère dorsale et, sur sa base Y artère de la sous-cloison.
2 Veines. — Les veines suivent un trajet indépendant des artères. Elles se jettent, soit dans la veine angulaire, soit dans la veine faciale.
3° Lymphatiques. — Les lymphatiques du nez, bien étudiés en 1899 par Küttner, forment à la surface externe de la pyramide nasale un riche réseau, le réseau
superficiel ou réseau cutané.
a. Réseau cutané. — Le réseau cutané du nez, quoique partout continu, nous présente son maximum de développement sur les trois points suivants : au niveau de l’aile du nez, sur le lobule et sur la sous-cloison. Ce réseau, disonsle tout de suite, se continue sans ligne de démarcation aucune avec les différents réseaux cutanés de la face. Il se continue aussi, sur la ligne médiane, avec celui du côté opposé. Il entre enfin en communication, au niveau des narines, avec les lymphatiques du vestibule et, par l’intermédiaire de ce dernier, avec les lymphatiques de la pituitaire.
b. Vaisseaux efférents. — Les vaisseaux efférents du réseau lymphatique du nez sont fort nombreux. Avec
Schéma des lymphatiques du nez (T. et J.).
a, ganglions parotidiens. — b, ganglions sous-maxillaires. 1, groupe des lymphatiques supérieurs. — 2, groupe moyen. 3, groupe inférieur.
Küttner, nous les diviserons en trois groupes : lymphatiques supérieurs, lymphatiques moyens et lymphatiques inférieurs.
a) Les lymphatiques supérieurs , au nombre de 2 ou 3, prennent leur origine au niveau de la racine du nez. De là, ils se portent en dehors en suivant le bord libre de la paupière supérieure et viennent se jeter dans les ganglions parotidiens supérieurs.
i^JLes lymphatiques moyens , au nombre de 3 ou 4, naissent encore à la partie supérieure du nez, mais au dessous des précédents. Se dirigeant en bas et en dehors, ils croisent obliquement, la paupière inférieure d’abord, la face externe