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NARINES

du masséter ensuite et aboutissent finalement, les uns aux ganglions parotidiens inférieurs, les autres aux ganglions sous-maxillaires.

y) Les lymphatiques inférieurs sont beaucoup plus nombreux : on en compte ordinairement de 6 à 10. Ils suivent assez exactement le trajet des vaisseaux faciaux, croisent la face en diagonale, contournent le bord inférieur du maxillaire et viennent se jeter dans les ganglions sous-maxillaires. Rappelons qu’au cours de leur trajet, ils peuvent s’interrompre dans de petits ganglions situés à la face et appelés pour cette raison ganglions faciaux ou ganglions géniens (voy. Angéiologie, t. II, p. 407).

4° Nerfs. — Les nerfs sont de deux ordres, moteurs* et sensitifs : a) Les filets moteurs, destinés aux muscles, proviennent du facial, p) Les filets sensitifs, qui se ramifient dans la peau, émanent du trijumeau, par l’intermédiaire : 1° du nasal externe (p. 61), qui se distribue à la racine du nez ; 2° du sous-orbitaire (p. 72), qui jette de nombreux rameaux sur ses faces latérales ; 3° du naso-lobaire , enfin (p. 62;, branche du nasal interne, qui sort des fosses nasales entre l’os propre du nez et le cartilage latéral correspondant et couvre de ses fines ramifications la région du lobule.

ARTICLE II

CAVITÉS NASALES ET PITUITAIRE

Au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, les cavités ou fosses nasales représentent deux couloirs longs et anfractueux, dirigés d’avant en arrière et séparés l’un de l’autre par une cloison médiane fort mince. On les divise ordinairement en trois parties qui sont, en allant d’avant en arrière :

1° Les narines ;

2° Les fosses nasales proprement dites ;

3° L’ arrière-cavité des fosses nasales.

§ 1 . — Narines

Les narines, qu’on désigne encore, en raison de leur situation, sous le nom de vestibule des fosses nasales, occupent la partie la plus antérieure de ces cavités. Elles s’en distinguent nettement par leur revêtement intérieur, qui est formé par la peau, tandis que les fosses nasales proprement dites sont tapissées par une véritable muqueuse, la pituitaire .

1? Configurations et rapports. — Envisagées à un point de vue purement descriptif, les narines nous offrent à considérer : 1° deux parois, l’une interne, l’autre externe ; 2° deux extrémités, que l’on distingue en antérieure et postérieure : 3° deux orifices, l’un inférieur, l’autre supérieur.

a. Paroi interne. — La paroi interne (fig. 327) mesure en moyenne de 10 à 14 millimètres de hauteur. Elle répond dans son tiers supérieur au .cartilage de la cloison et, dans ses deux tiers inférieurs, à la branche interne du cartilage de l’aile du nez. Le bord supérieur de ce dernier cartilage soulève le revêtement cutané, en formant une saillie antéro-postérieure souvent très marquée. Elle est concave, rugueuse et garnie de poils dans toute la partie qui correspond au cartilage de l’aile. Au-dessus de ce cartilage, elle est lisse et entièrement glabre.

ORGANES DES SENS

b. Paroi externe. — La paroi externe (fi g. 326) est généralement un peu plus étendue que l’interne ; sa hauteur est de 14 à 16 millimètres. Elle répond, dans la plus grande partie de son étendue, à la branche externe du cartilage de l’aile du nez et forme, dans son ensemble, une petite voûte (Sappey) dont la concavité regarde en bas et en dedans. De longs poils végètent à sa surface. Mais ici, comme sur la paroi interne, ils occupent exclusivement la partie inférieure ; la partie supérieure en est complètement dépourvue.

c Extrémité postérieure. — L’extrémité postérieure des narines, régulièrement arrondie, est séparée de celle du côté opposé par la base de la sous-cloison.

Fig. 326.

Narines, paroi externe (côté droit).

Narines, paroi interne (côté droit).

1, 1’, paroi externe et paroi interne de la narine droite. — 2, 2’, bord supérieur de ces deux parois, formant l’orifice supérieur des narines et établissant les limites respectives du revêtement cutané et de la muqueuse. — 3, 3’, bord inférieur de ces deux mêmes parois, formant l’orifice inférieur des narines. — 4, 4, extrémité postérieure des narines. — 5, 5, leur extrémité antérieure ou ventricule du lobe du nez. — 6, 6', saillie formée par le cartilage de l’aile du nez. — 7, 7, muqueuse des fosses nasales. — 8, 8, coupe du cartilage latéral droit. — 9, 9’, coupe du cartilage de l’aile du côté droit. — 10, 10, coupe du maxillaire supérieur du côté droit. — 11, 11, coupe de la lèvre supérieure.

d. Extrémité antérieure . — L’extrémité antérieure se prolonge dans le lobule, sous la forme d’une petite cavité en cul-de-sac, que l’on désigne quelquefois, en raison de sa forme et de sa situation, sous le nom de ventricule du lobe du nez. Gomme les parois interne et externe, le ventricule çlu lobule est garni de poils tout au moins dans sa partie inférieure : car sa partie supérieure est ordinairement glabre.

e. Orifice inférieur. — L’orifice inférieur, ouvert en pleine atmosphère, a déjà été décrit plus haut (p. 401) à propos de la base du nez.

f. Orifice supérieur. — L’orifice supérieur, qui fait communiquer la narine avec la fosse nasale proprement dite, est relativement fort étroit. Il affecte la forme d’une fente, ou plutôt d’un triangle très allongé, dont le sommet se dirige en avant et en dedans. On a comparé cette fente, non sans raison, à l’orifice glottique. Son bord interne est sensiblement rectiligne. Quant à son bord externe, il décrit une courbe à concavité inférieure. Un peu au-dessous de ce bord l’union de ses deux tiers antérieurs avec son tiers postérieur, on rencontre parfois une saillie de forme pyramidale, dont le sommet regarde en bas et qui est formée par la branche externe du cartilage de l’aile, soulevant à ce niveau le revêtement cutané. Est-il besoin d’ajouter que le bord interne et le bord externe de l’orifice supérieur des narines, que nous venons de décrire, forment sur l’une et l’autre faces

FOSSES NASALES ET PITUITAIRE

les limites respectives de la peau et de la muqueuse. Ces deux membranes diffèrent très nettement, du reste, par leur aspect extérieur : sur les narines (peau), c’est une surface lisse, sèche, de coloration grisâtre; sur les fosses nasales (muqueuse), au contraire, c’est une surface irrégulière, tomenteuse, humide, de coloration rosée.

2° Constitution anatomique. — Les narines, abstraction faite des lames cartilagineuses sous-jacentes (déjà décrites à propos du nez, voy. p. 403), nous offrent à considérer : 1° un revêtement cutané ; 2° la transition de ce revêtement cutané à la pituitaire ; 3° des poils spèciaux, appelés vibrisses.

a. Revêtement cutané. — Le repli cutané qui tapisse les narines n’est que la continuation de la peau qui recouvre le nez et la lèvre supérieure. Elle ne diffère en rien, morphologiquement, de la peau des autres régions du corps. Elle possède notamment des poils (nous allons y revenir), des glandes sébacées et des glandes sudoripares.

b. Transition de la peau des narines à la muqueuse pituitaire. — Ce n’est qu’au voisinage de la pituitaire qu’elle subit les modifications profondes qui doivent la transformer en muqueuse.

C’est ainsi qu’elle se dépouille de son tissu adipeux et de ses poils. Avec les poils disparaissent les glandes sébacées. Quant aux glandes sudoripares, elles se modifient, pour devenir, dans la pituitaire, de véritables glandes en grappe.

Cette transition de la peau à la muqueuse s’effectue d’une façon très brusque : les travées fibreuses qui constituent la partie profonde et résistante de la peau disparaissent subitement et l’on voit la substance plus molle de la couche sous-papillaire s’épaissir et former à elle seule le chorion de la muqueuse (Rémy). De même, pour l’épithélium, les cellules cornées disparaissent, tandis que les cellules profondes du stratum malpighien s’allongent et deviennent superficielles pour constituer les cellules cylindriques à cils vibratiles qui caractérisent la pituitaire.

c. Poils ou vibrisses. — Les poils des narines, que Ton désigne ordinairement sous le nom de vibrisses , ne présentent, eux non plus, aucune particularité structurale qui leur soit propre. Au point de vue de leur signification, ils sont analogues à la double rangée de cils qui sont disposés en avant du globe oculaire, et à cet autre bouquet de poils qui se dresse à l’entrée du conduit auditif externe : les uns et les autres semblent avoir pour rôle de tamiser l’air et d’arrêter ainsi, à l’entrée de nos appareils sensoriels, les corpuscules étrangers qui, sans cela, pourraient les atteindre et les troubler dans leur fonctionnement.

3° Vaisseaux et nerfs. — Les artères des narines proviennent des ethmoïdales, de la sphéno-palatine et de l’artère de la sous-cloison. — Les veines, se dirigeant en bas, arrivent à la face par l’orifice inférieur des narines et se jettent dans la veine faciale. — Les lymphatiques se mêlent de même aux lymphatiques de la face et aboutissent aux ganglions sous-maxillaires. — Les nerfs proviennent du trijumeau par l’intermédiaire du nasal interne.

§ 11.— Fosses nasales proprement dites, pituitaire

Nous avons déjà longuement écrit, en ostéologie (voy. t. Ier) les fosses nasales sur le squelette. Nous ne saurions y revenir ici sans tomber dans des redites.

Nous avons encore vu, toujours en ostéologie, que ces fosses nasales communi-

ANÀTOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.

ÜO

ORGANES DES SENS

quent, par de nombreux orifices, avec un certain nombre de cavités secondaires, qui se disposent tout autour de la cavité principale et qui, de ce fait, deviennent des diverticulums de cette dernière. Ces cavités diverticulaires, que l’on groupe ordinairement sous le nom générique de cavités annexes * sont : 1° tout en haut, le sinus frontal et les cellules elhmoïdqles ; 2° en haut et en arrière, le sinus sphénoïdal ; 3° en dehors, le' sinus maxillaire. En anatomie topographique, ces cavités annexes, en raison des lésions dont elles peuvent être le siège, acquièrent une importance considérable et, d'autre part, doivent être décrites avec les fos?es nasales proprement dites (voy. les Traités d'anatomie topographique). En anatomie descriptive au contraire, elles doivent être étudiées à part, chacune avec la pièce squelettique à laquelle elle appartient. Et voilà pourquoi nous avons décrit le sinus frontal à propos de l’os frontal, les cellules ethmoïdales avec les masses latérales de l’ethmoïde, le sinus sphénoïdal à propos du sphénoïde, le sinus maxillaire enfin à propos du maxillaire supérieur.

Toutes les cavités nasales précitées, cavités principales et cavités annexes, prolongées sur le vivant par les cartilages du nez, sont tapissées immédiatement par le périoste (périchondre au niveau des cartilages) et, plus superficiellement, par une membrane fort importante, que l’on désigne indistinctement sous les noms de muqueuse nasale, muqueuse pituitaire, membrane de Schneider , muqueuse olfactive. Cette dernière dénomination, toutefois, doit être abandonnée, les terminaisons olfactives ne se rencontrant pas uniformément sur toute l’étendue de la muqueuse des fosses nasales, mais sur sa partie supérieure seulement.

Nous étudierons successivement, en ce qui concerne la pituitaire : 1° son mode d' étalement dans les fosses nasales, nous verrons ainsi les modifications que présente la cavité squelettique quand on 1 envisage sur le sujet revêtu de ses parties molles ; 2° ses caractères physiques ; 3° sa structure ; 4° ses glandes; 5° ses vaisseaux et nerfs.

A.— Mode d’étalement de la pituitaire dans les fosses

La pituitaire revêt, sans s’interrompre, les différentes parois des fosses nasales. En s’étalant sur elles, elle en reproduit assez exactement toutes les saillies et toutes les dépressions. Elle les modifie cependant dans certains détails et, cela, d’une façon suffisante pour que les fosses nasales, vues sur- le sujet revêtu de ses parties molles, se présentent sous un aspect un p<m différent de celui qu’elles ont sur le squelette. Pour se rendre un compte exact de ces modifications, il importe tout d’abord de suivre méthodiquement la muqueuse sur chacune des quatre parois des fosses nasales et de voir ensuite comment elle se comporte au niveau de l’orifice antérieur et de l'orifice postérieur de ces cavités.

1° Sur la paroi supérieure. — Sur la paroi supérieure ou voûte des fosses nasales, la pituitaire tapisse, en allant d’arrière en avant (fig. 328) : 1° le corps du sphénoïde ; 2° la lame criblée de l’ethmoïde; 3° les parties latérales de l’épine nasale du frontal ; 4° la face profonde des os propres du nez ; 5° enfin, l’angle dièdre que forment les cartilages latéi aux du nez avec le cartilage de la cloison.

Au niveau de l’orifice du sinus sphénoïdal, la muqueuse pénètre dans ce sinus et en revêt régulièrement les parois. Cet orifice, sensiblement rétréci par elle, est tantôt arrondi, tantôt disposé en forme de fente verticale. 11 se trouve exactement

FOSSES NASALES ET PITUITAIRE

situé (fig. 329,6') à la partie antéro-supirieure du corps du sphénoïde, sur un point qui est un peu plus rapproché de la paroi externe des fosses nasales que de sa paroi interne.

Au niveau de la lame criblée de l’ethmoïde, la pituitaire ferme tous les trous qui sont creusés dans l’épaisseur de cette lame osseuse. Il en résulte que les vaisseaux et les nerfs auxquels ces trous livrent passage rencontrent immédiatement au-dessous d’eux la face profonde de la muqueuse et pénètrent alors dans l’épaisseur de cette membrane.

2' Sur la paroi externe. — Sur la paroi externe des fosses nasales, la pituitaire, suivie de haut en bas, revêt tout d’abord la face interne du cornet supérieur (nous faisons abstraction ici du quatrième cornet ou cornet de Santorini qui se développe quelquefois au-dessus du cornet supérieur, voy. t. Ier) et, en avant de lui, la surface plane et quadrilatère qui répond aux cellules ethmoïdales postérieures.

Puis, se réfléchissant le long du bord inférieur du cornet précité, elle tapisse de bas en haut sa face externe et descend alors sur la paroi externe du méat supérieur. A la partie moyenne de ce dernier, elle envoie un prolongement dans les cellules ethmoïdales postérieures : l’orifice qui fait communiquer ces cellules avec le méat est souvent multiple (fig. 329,

7,7') ; on observe, sur certains sujets, quatre et même cinq ouvertures. Tout à fait à la partie postérieure du méat supérieur, à la partie inférieure d’une gouttière étroite qui longe la face antérieure du corps du sphénoïde (recessus sphino-et/imoidalis), la pituitaire rencontre le trou sphénopalatin : elle passe au-devant de lui et le ferme entièrement comme elle l’a déjà fait pour les trous olfactifs.

Du méat supérieur, la muqueuse se jette sur le cornet moyen. Elle en revêt successivement les deux faces en voilant leurs aspérités, et arrive ensuite dans le méat moyen. Là, elle trouve deux orifices : l’un, qui est l’orifice du sinus maxillaire; l’autre, qui répond à l’infundibulum. La muqueuse s’engage dans ces deux orifices et va tapisser dans toutes leurs anfractuosités, d’une part le sinus maxillaire, d’autre part les cellules ethmoïdales antérieures et le sinus frontal. Ces

Paroi externe des fosses nasale (côté droit) .

i, sinus frontal. — 2, lame criblée de l’elhmoïde. — 3, qualrième cornet ou cornet de Santorini, avec 3’, le qua'rieme méat (en arrière, le long du corps du sphénoïde se voit le recessus spheno-ethmoidalis). — 4, cornet supérieur, av^c 4', méat supérieur. — 5 cornet mo\en, avec 5’, méat mo\en. — fi. cornet inférieur, avec fi’, méat inférieur. — 7, vpslibule des fosses nasales ou narines, — 8, vibrisses. — 7. lobule du nez. — lu, lèvre supérieure — 11, voûte palatine. — 12, \oi!e du nalais. — 13. gouttière naso-pharyngienne. — 14, repli salpiniïo-palatin. — 15, orifice pharyngien de la trompe d'bustacbe. — 16. repli salpingo-pliaryngien. — 17, paroi postérieure du pharynx. — 18, arc antérieur de l’atlas. — 19, sinus sphénoïual. — 20, fossette de Rosenmüller.

ORGANES DES SENS

cavités deviennent ainsi, au même titre que les cellules ethmoïdales postérieures et le sinus sphénoïdal, de véritables diverticulums des fosses nasales.

L’orifice par lequel l’infundibulum s’ouvre dans les fosses nasales occupe la partie antérieure et supérieure du méat moyen (fig. 329, 8). Il est arrondi ou ovalaire et se continue, du côté du méat, par une gouttière profonde, qui se dirige obliquement en bas et en arrière. Cette gouttière, que je désignerai sous le nom de gouttière de Vinfundibulum, est formée en bas et en dedans par un repli de la muqueuse, véritable cornet retourné, qui répond au bord postéro-supérieur de l’apophyse unciforme ef que j’appellerai pour cette raison repli unciforme . Audessus d’elle, et la limitant en haut, se trouve une saillie plus ou moins volumineuse, mais constante (fig. 329,11), qui a été particulièrement bien décrite en 1870

par Zoja, sous le nom de promontoire des fosses nasales , et en 1882 par Zuckerkandl sous le nom de huila ethmoidalis. La gouttière de l’infundibulum , à son extrémité antérieure, se continue, comme cela a été dit plus haut, avec l’infundibulum de l’ethmoïde. A son extrémité postérieure, immédiatement en arrière de la huila ethmoidalis , elle s’élargit en même temps qu’elle devient moins profonde, et se confond insensiblement avec la partie correspondante de la paroi des fosses nasales, qui, à ce niveau, est remarquablement unie et régulière.

Quant aux relations du sinus maxillaire avec le méat moyen , elles sont bien différentes sur le squelette et sur le vivant.

Si nous examinons sur une tête sèche le méat moyen des fosses nasales (fig. 330), nous constatons que l’orifice du sinus maxillaire, rétréci par tous les os qui s’attachent sur son pourtour, mais relativement fort large encore, se trouve croisé en diagonale par l’apophyse unciforme de l’ethmoïde (voy. t. Ier, Ostéologie), laquelle se détache en haut de la partie antérieure du méat moyen et vient s’articuler en. bas avec l’apophyse ethmoïdale du cornet inférieur. Cette apophyse unciforme, dont la direction est oblique de haut en bas et d’avant en arrière, divise l’ouverture du sinus maxillaire en deux parties : l’une antéro-inférieure, placée au dessous d’elle; l’autre, postéro-supérieure, placée au-dessus. Cette dernière partie est

Fig. 329.

La même, après résection des trois cornets pour montrer les différents orifices qui viennent s’ouvrir dans les méats.

1, sinus frontal. — 2, lame criblée de l’ellimoïde. — 3, cornet supérieur. — 4, cornet moyen. — 5, cornet inférieur. — 6, sinus sphénoïdal, avec 6’, flèche passant dans l’ouverture qui fait communiquer ce sinus avec les fosses nasales.

— 7, 7’, orifice des cellules ethmoïdales postérieures. — 8, orifice inférieur de l’infundibulum. —9, gouttière de linf'undibulum. — 10, repli unciforme. formant le rebord interne de cetle gouttière. — 11, promontoire ou bulla ethmoidalis. — 12, orifice principal du sinus maxillaire. — 12’ orifice accessoire de ce sinus. — 13, orifice inférieur du canal nasal. — 14, voûte palatine. — 15, gouttière naso-pharyngienne. — 16, trompe d’Eustache. — 17, repli salpingopharyngien. — 18, paroi postérieure du pharynx. — 19, arc antérieur de l’atlas.

— 20, fossette de Rosenmüller.

FOSSES NASALES ET PITUITAIRE

elle-même subdivisée, sur bien des sujets, en deux orifices distincts par le fait de l’articulation de l’extrémité de l’apophyse unciforme avec le rebord supérieur de l’orifice du sinus maxillaire, comme le montre la figure précitée. Au total, l’apophyse unciforme, quand elle s’articule à la fois par son extrémité inférieure avec le cornet inférieur et avec le rebord supérieur de l’ouverture du sinus, divise cette ouverture en trois orifices distincts : 1° un orifice antéro-inférieur (a), qui est placé au-dessous de l’apophyse; 2° un orifice postérieur (b), qui est situé en arrière de l’apophyse;

3° un orifice antéro-supérieur (c), qui se trouve placé au-dessus de l’apophyse, en avant et en haut du précédent. Eh bien, la muqueuse nasale, en s’étalant dans le méat moyen, ferme complètement les deux premiers de ces orifices. Elle ne respecte que le dernier, l’orifice antéro-supérieur (fig. 329, 12). C’est à son niveau que la muqueuse se réfléchit pour aller tapisser le sinus, et c’est lui qui, sur le sujet revêtu de ses parties molles, établit une communication entre le sinus et le méat. Du reste, il est arrondi ou ovalaire, mesure 3 ou 4 millimètres de diamètre et s’ouvre dans la gouttière de l’infundibulum, au-dessous du promontoire de Zoja, qui le surplombe, un peu au-dessous et en arrière de l’orifice du sinus frontal. Il est presque toujours caché par la lèvre interne de la gouttière de l’infundibulum et il est nécessaire alors, pour bien le mettre en lumière, de réséquer cette lèvre, comme cela a été fait sur les figures 329 et 332 (B).

L’orifice que nous venons de décrire est généralement le seul qui fasse communiquer la cavité du sinus maxillaire avec les fosses nasales. Exceptionnellement, il en existe un second, beaucoup plus petit et situé un peu en arrière.

Cet orifice accessoire , qui répond à l’orifice postérieur signalé tout à l’heure sur la tête sèche, s’ouvre encore dans le méat moyen un peu au-dessus de l’insertion du cornet

Fig. 330.

L'apophyse unciforme de l’éthmoïde sur le squelette, dans ses rapports avec l’orifice du sinus maxillaire.

1, sinus frontal et infundibulum. — 2, son ouverture dans le méat moen. — 3, gouttière de l’infundibulum. — 4, promontoire. — 5, cornet inférieur, avec: 5’ son extrémité antérieure; 5”, son extrémité postérieure : 5”’, son apophyse ethmoïdale. — 6, apophyse unciforme, avec : 7, son articulation avec le cornet inférieur; 8, son articulation avec le rebord supérieur de l’ouverture du sinus. — a, b,c , les trois orifices par lesquels le sinus maxillaire s’ouvre dans le méat moyen.

Fig. 331.

Le méat moyen du côté droit, vu d’en bas (coupe transversale de la face passant par le bord libre du cornet moyen, sujet congelé, segment supérieur de la coupe).

1, cloison des fosses nasales. — 2, boi’d inférieur du cornet moyen. — 3, méat moyen. — 4, promontoire. — 5, gouttière de l’infundibulum, avec 5’, orifice du sinus frontal. — 6, sinus maxillaire. — 7, son orifice dans la gout'ière de l’infundibulum . — 8, os malaire. — 9, muscle temporal. — 10. couche celluloadipeuse. — 11, muscle ptérygoïdien externe. — 12, muscle péristaphylin externe. — 13, nerf maxillaire inférieur. — 14, trompe d’Eustache. — 15 et 16, coupe très oblique de la fibro-muqueuse qui recouvre la surface basilaire de l’occipital.

ORGANES DES SENS

inférieur (fig. 332,10'). On le rencontre une fois environ sur 10 ou 15 sujets.

Après avoir tapissé le méat moyen, la pituitaire descend sur la face interne ou convexe du cornet inférieur, contourne son bord libre, remonte sur sa face externe ou concave et arrive ainsi sur la paroi externe du méat inférieur, qu’elle tapisse de haut en bas jusqu’au plancher des; fosses nasales.

A la partie antérieure et supérieure du méat inférieur, la muqueuse rencontre l’orifice du canal nasal. Elle s’y engage et se continue là avec la muqueuse du conduit lacrymo-nasal et, par son intermédiaire, avec la conjonctive. L’orifice du canal nasal s’ouvre, sur certains sujets, dans l’angle même que forme le cornet avec la paroi externe des fosses nasales : il est alors arrondi ou ovalaire et mesure en moyenne 2 ou 3 millimètres de diamètre. Mais, le plus souvent cependant, la pituitaire forme au niveau de l’orifice nasal un repli valvulaire qui a pour

Fig. 332.

Gouttière de lmfuntlibulum (côté droit) : A, le repli falciforme étant en place;

B, le repli falciforme étant réséqué.

(Môme orientation que dans la figure 329.)

1, cornet supérieur. — 2, cornet m^yen, en grande pa. lie réséqué. — 3. orifice de l’infundibuluin. — 4, repli falciforme, eu place dans ia figure A, réséqué sur la figure B k son insertion sur la paroi, — 5, bullu elhmoidalis. — 6, gouttière de l’infundibulum ou sulcus infra- but taris. — 7, sulcus supra-bullaris. — 8, orifices des cellules elbmoïdales antérieures. — 9, orifices des cellules ethmoïdales moyennes. — 10, orifice du sinus maxillaire, avec 1 0’, orifice accessoire de ce sinus.

effet de Rabaisser et de le rétrécir : il s’ouvre, dans ce cas, non plus dans l’angle du méat, mais sur sa paroi externe et se dispose alors en forme de fente verticale ou oblique, souvent peu visible. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet, à propos des voies lacrymales (voy. Œil).

Comme on le voit, la paroi externe des fosses nasales est constituée dans la plus grande partie de son étendue, à l’état frais comme sur le squelette, par les trois cornets et les trois méats. Sa partie postérieure est assez nettement délimitée : 1° en haut, par cette gouttière étroite et profonde, qui longe la face antérieure du corps du sphénoïde, c’est 1 erecessus spheno elhmoidalis, ; 2° en bas, au niveau des choanes, par une gouttière verticale qui la sépare du pharynx, c’est la gouttière naso-pharyngienne (fig. 328, 13). A la partie antérieure de la paroi, immédiatement en avant des deux cornets moyen et inférieur, se voit une petite région triangulaire, assez régulièrement plane, tranchant nettement par sa simplicité sur la région si complexe des cornets, c’est Yagger de Zuckerkandl, la carina nasi de Merkel. A son niveau, la pituitaire, simple et régulière comme la région qu’elle recouvre, répond successivement, en allant de haut en bas, à l’os propre du nez, à l’apophyse montante du maxillaire supérieur et au cartilage latéral du nez.

FOSSES NASALES ET PITUITAIRE

3° Sur le plancher. — Sur le plancher des fosses nasales, la pituitaire revêt d’une façon très régulière les os qui la constituent. Arrivée au niveau du conduit palatin antérieur, elle s’y engage et forme là une espèce de cul-de-sac qui n’occupe en général que le tiers ou même le quart supérieur de ce conduit (fig. 333,7). Un grand nombre de mammifères, notamment les ruminants, possèdent à ce niveau un véritable canal, canal nas o -palatin, canal incisif ou canal de Stenson, à travers lequel la muqueuse des fosses nasales se continue avec la muqueuse palatine. Chez

Fig. 333.

Coupe frontale des fosses nasales, passant par la dernière molaire : sujet congelé, -segment antérieur de la coupe).

i, cloison des fosses nasales. — 2, cornet supérieur. — 3, cornet moyen. — 4, cornet inférieur. — 5, cellules elhmoïdales postérieures, a'ec 5’, leur abouch ment dans le méat supérieur. — 6, sinus maxillaire, avec 6’, son ouverture dans le méal moyen. — 7, promontoire des fosses nasales ou bulla elhmoïdalis — 8, sinus frontal. — 9. apophyse cris la galli, avec 9\ faux du cerveau. 10, cerveau.- 11, globe de l'œil et ses muscles. — 12, grande aile du sphénoïde. — 13, fente sphéuo-maxillaire. — 14, tissu graisseux de la fosse zygomatique. - 15, muscle buccinaleur. — 16, troisième molaire. — 17, voûte pal. tine. — 18, apophyse zygomatique. — 19, orbite gauche.

l’homme, les deux cavités nasale et buccale sont également en communication jusqu’à la fin du deuxième mois de la vie intra utérine. Mais, à partir de ce moment, le conduit naso-palatin se rétrécit peu à peu et s’oblitère même complètement. Chez le foetus à terme et à fortiori chez ladulte, son occlusion est la règle, sa perméabilité l’exception, comme le démontrent surabondamment les recherches de Leboücq {Arc h. de Biologie, 1K81), qui, sur 28 fœtus à terme qu’il a examinés à ce sujet, n’a trouvé que deux fois le conduit naso-palatin perméable.

4° Sur la paroi interne. — Comme sur le plancher, la muqueuse s’étale régulièrement, et sans les modifier dans leur aspect extérieur, sur les différentes pièces

ORGANES DES SENS

osseuses et cartilagineuses qui forment la paroi interne ou cloison. Nous noterons cependant, à la partie antérieure et inférieure de cette paroi, l’existence d’un petit

orifice circulaire qui s’ouvre un peu en avant et au-dessus du conduit naso- palatin (fig. 334, 8). Cet orifice nous conduit dans une petite cavité en forme de tube, de 2 à 7 millimètres de longueur seulement , lequel se dirige obliquement en arrière et un peu en haut: c’est le tube de Ruysch {Ruysch’ scher Gang). Cette formation tubulaire, qui est peu apparente chez l'adulte, mais que j’ai toujours vue très nettement chez le fœtus, doit être considérée comme étant l’homologue rudimentaire d’un organe qui se trouve très développé chez beaucoup de mammifères et en particulier chez les rongeurs, Y organe de Jacobson.

Organe de Jacobson. — Chez les mammifères, l’organe de Jacobson (fig. 335,4 et 5) est une espèce de sac long et étroit, occupant la partie antérieure inférieure de la cloison. Son orifice, dirigé en avant, s’ouvre, tantôt dans les fosses nasales (rat, lapin, cobaye), tantôt dans le canal de Stenson (chien).

Envisagé au point de vue de sa structure, l’organe de Jacobson se compose essentiellement d’une enveloppe cartilagineuse, que tapisse à son intérieur une couche muqueuse. La gaine cartilagineuse est vraisemblablement l’homologue de notre cartilage vomérien, et, si la formation tubulaire que nous présente la cloison des fosses nasales chez l’homme n’est pas le représentant atrophié de l’organe de Jacobson, la persistance du cartilage vomérien nous montre, comme le fait remarquer fort justement Wiedersheim. que les ancêtres de l’homme ont dû posséder jadis un organe de Jacobson. Quant au revêtement muqueux, il résulte d’une simple invagination de la pituitaire et possède tous les caractères histologiques de cette dernière membrane: sur sa moitié externe, en effet, nous rencontrons des cellules ciliées parfaitement analogues à celles que nous présente la portion respiratoire des fosses nasales, tandis que sa moitié interne nous montre de véritables cellules sensorielles rappelant exactement par leur nature les cellules sensorielles de la portion olfactive. Enfin, pour compléter l’analogie entre les deux muqueuses, nous trouvons dans l’organe de Jacobson des glandes en grappe fort nombreuses et deux ordres de nerfs : des nerfs de la sensibilité générale, qui proviennent du ganglion sphéno-palatin et des nerfs de la sensibilité spéciale, que l’on peut suivre jusqu’au tube olfactif. Du reste, ces fibres olfactives, comme l’ont établi les recherches de von Brünn, se continuent directement, ici comme dans la portion olfactive de la pituitaire, avec le prolongement central des cellules olfactives (fig. 336).

L’organe de Jacobson paraît donc devoir se rattacher à la fonction olfactive, et comme son orifice extérieur s’ouvre, chez un grand nombre d’animaux, dans le conduit naso-palatin, on a émis l’hypothèse qu’il avail pour rôle spécial de recueillir les émanations odorantes des substances qui sont introduites dans la bouche. Quelque séduisante que puisse être au premier abord une

Paroi interne des fosses nasales (côté droit).

i,isinus frontal. — 2, apophyse crista galü. — 3, sinus sphénoïdal — 4, paroi interne de la fosse nasale droite. — 5, gouttière anormale, répondant à une saillie du côté opposé. — 6. saillie à direction oblique répondant au cartilage vomérien de Huschke. — 7, cul-de-sac naso-palatin. — S, orifice du tube de Ruysch. — 9, voûte palatine. 7, cul-de-sac naso-palatin. — 8, orifice du tube de Ruysch. — 9, voûte palatine. — 10, voile du palais. — 11, bord postérieur du vomer. — 12, trompe d’Eustache. — 13, arc antérieur de l’allas. — 14, lèvre supérieure. — 15, lobule du nez.

FOSSES NASALES ET PITUITAIRE

paieille interprétation, il ne faudrait pas l’admettre sans réserve. Elle est en opposition formelle, en effet, avec ce double fait anatomique : 1° que l’organe de Jacobson ne s’ouvre pas toujours à&ns 1° conduit naso-palatin ; 2° que le conduit palatin lui-même est complètement obstrué dans certaines espèces, notamment chez les solipèdes.

Chez 1 homme, l’organe de Jacobson, organe inutile et par conséquent atrophié, est représenté, comme nous l’avons dit plus haut, par le tube de Ruyscli. Dans un mémoire publié en 1 886, Gegenbaur s’élève contre cette opinion et croit devoir homologuer la formation en question à une glande acineuse I glande septale i, qu'il a trouvée, chez les prosimiens, dans la cloison du nez et sur un point qui correspond exactement à celui qu’occupe le tube de Ruysch.

L’un des principaux argument de Gegenbaur pour repousser l’assimilation de l’organe de Jacobson et du tube de Ruysch, c’est que cette dernière formation n'est pas en relation avec le cartilage de Jacobson, flequel cartilage entoure l’organe de Jacobson dans les espèces animales qui les possèdent.

Les conclusions de Gegenbaur ont été vivement combattues dans ces dernières années par Harz-

feld, par Merkel et, plus récemment (1395), par Mathias Duval et Garnault. Il a été démontré tout d’abord que les cartilages de Huschke, appelés à tort cartilages de Jacobson, sont avant tout des organes de soutien pour la cloison nasale et n'ont avec l’organe de Jacobson que des relations contingentes et accidentelles. D’autre part, l’analogie du développement que présentent l'organe de Jacobson et le tube de Ruysch, leur analogie de structure, la présence dans le tube de Ruysch (du moins chez le fœtus), comme dans l’organe de Jacobson, de filets nerveux provenant du nerf olfactif, établissent surabondamment que les deux formations sont morphologiquement homologues : la première est, chez l'homme, le représentant atrophié de la seconde.

Fig. 335.

L’organede Jacobson, vu sur une coupe horizontale de la partie inférieure de la cloison, chez un fœtus de quatre mois^d’après Toldt).

1, narines. — 2, cartilase de la •cloison. — 3, muqueuse nasale. — 4, organe de Jacobson du côté' quelle coupé en travers. — 5, le même du côté droit, avec son abouchement dans la cavité nasale.

Fig. 336.

Terminaisons olfactives dans l’organe de Jacobson du mouton (d’après von Brlnn).

Voyez, au sujet de l’organe de Jacobson, Kôlliker, Ueber clxe Jacobson’schen Organ der Menschen, Leipzig, 1887 ; — Fleischer, Sitz. d, Phys. med. Soc., Erlangen, 1877; — Remy (Ch.), La membrane muqueuse des fosses nasales, Th. d’agrég., Paris, 1878: — Klein, Divers mémoires , dans le Quarterly Journal of microsc. Sciences de 1881 et de 1882; — Kôlliker, Zur Entwick. des Auges u. Geruchsorganes menschl. Embryonen, Wurzburg. 1883 ; — Gegenbaur, Ueber das Rudiment einer septalen Nasendrüses beim Menschen. Morph. Jarhb.. 1886 ; — Herzfeld, Ueber das Jacobson’sche Organ des Menschen u. d. Saugethiere, Zool. Jahrb., 1888 ; — Beard, The Nose and Jacobson’s Organe, Zool. Jahrb., 1889; — von Brünn, Die Endigung d. Olf actoriusf asern u. Jacobson" schen Organe des Schafes, Arch. f. mikr.Anat., 1892; — Merkel, Ueber das Jacobson’sche Organ des Erwachsenen, Wiesbaden, 1892 ; — Garnault, Contribut. à l'étude de la morphologie des fosses nasales : l’organe de Jacobson, Soc. Biol., 1895; — Mathias Duval et Garnault, L’organe de Jacobson des Chéiroptères, Soc. Biol., 1895 ; — Seydel, Ueb. die Nasenhôhle u. das Jacobson ’ sche Organ der Land-u. Sumpfschilkroeten, Fetschr. v. Gegenbaur, 1896: — Mihalkovics, Nasenhôhle u. Jacobson’sches Organ , Anat. Hefte, 1898 ; — Mangakis, Un cas de l’organe de Jacobson chez l’homme adulte, Anat. Anz., Bd. XXI, 1902; — Porfidia, Nuove ricerche istologiche e sperimentali sulV organo di Jacobson dei mammiferi, Bull. mal. d’Orecchio, gola e naso, 1904 ; — Paulet, L’étude de l’organe de Jacobson chez l’embryon humain, Bibliogr. anat., vol. XVII, 1906.

5° Au niveau des orifices antérieur et postérieur. — L’orifice antérieur des fosses nasales n’est autre, comme nous l’avons déjà vu, que l’orifice postérieur des narines. A son niveau, la muqueuse pituitaire se continue avec la peau.

Au niveau de l’orifice postérieur ou clioane, la pituitaire se confond de même -avec les muqueuses voisines: en dedans, avec la pituitaire du côté opposé;

ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.

ORGANES DES SENS

en haut et en dehors, avec la muqueuse du pharynx et de la trompe d’Eustache ; en bas, avec la muqueuse qui revêt la face dorsale du voile du palais.

B. — Caractères physiques de la pituitaire

1° Épaisseur. — Au cours de son étalement sur les différentes régions des fosses nasales, la muqueuse pituitaire varie beaucoup dans son épaisseur. Dans les fosses nasales proprement dites, cette épaisseur mesure de 1 à 3 millimètres. Dans les sinus, elle descend jusqu’à un tiers, un quart et même un dixième de millimètre.

2° Consistance. — Sa consistance est molle et, par suite, sa résistance très faible. On sait avec quelle facilité la muqueuse nasale se laisse déchirer.

3° Adhérence. — Son adhérence au squelette sous-jacent est partout intime. On peut cependant l’isoler sur certains points, en particulier sur la cloison et sur le plancher.

4° Coloration. — Quant à sa coloration, la pituitaire est rosée sur le vivant, rouge ou même violacée sur le cadavre. Dans sa partie toute supérieure, c’està-dire dans sa portion olfactive, elle présente un léger reflet jaunâtre, qui a été signalé depuis déjà longtemps par Todd et Bowmann, ainsi que par Ecker. Cette teinte jaunâtre ( locus Ititeus d’EcKER) répond bien évidemment à la tache jaune ou tache olfactive de la grenouille.

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