‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 102 sur 142 · II. De la face dorsale ou postérieure · texte numérisé non relu

II. De la face dorsale ou postérieure

La face dorsale ou postérieure est convexe, et présente de chaque côté des gouttières obliques qui se terminent par un bord mousse (commissure digitale). — Couches anatomiques. — 1° La peau est plus mince, plus mobile , et recouverte d’un épiderme plus fin qu’en avant. Elle renferme des follicules sébacés , et , chez l’homme , quelques poils qui s’arrêtent à la 2e phalange. On y trouve deux ordres de plis : l’inférieur (c’est le seul qu’il y ait au pouce) répond à l’interligne articulaire qu’il surmonte de */2 ligne ; et le centre des plis supérieurs à l’articulation phalango-phalanginienne. Dans la flexion, il s’établit trois saillies angulaires dont le sommet dépasse d’environ 1 ligne (2 mm) chacune des trois articulations.

— 2° Un tissu lamelleux , mince , peu chargé de graisse, double la peau; il se laisse infiltrer dans l’anasarque , et se transforme parfois en bourse muqueuse au niveau des jointures. Cette couche est parcourue par des artérioles capillaires, et par des veinules formant un plexus qui est l’aboutissant des radicules palmaires. — Les vaisseaux lymphatiques des doigts naissent , en partie , de la face antérieure , comme les veines , tandis que leurs troncs sont pour la plupart dorsaux. — Les nerfs collatéraux dorsaux proviennent du radial pour le pouce, l’index et le côté externe du médius, et de la branche postérieure du cubital pour l’auriculaire , l’annulaire et le côté interne du médius.

— 3° Une aponévrose mince recouvre le squelette, en se confondant avec les tendons des extenseurs et des lombricaux. Ces tendons s’aplatissent et se divisent en 3 languettes : la moyenne se fixe en haut de la 2e phalange ; et les deux latérales , réunies en une seule bandelette , au sommet de la 3me.

— 4° La pointe des doigts présente une production spé-

ciale qui protège sa pulpe; c’est Y ongle, lame cornée , quadrilatère , logée dans un repli de la peau ( matrice de l’ongle ), véritable follicule cutané , qui sécrète l’ongle comme les follicules pilifères les cheveux. L’onyxis est l’inflammation de la matrice onguéale. On voit, dans certaines maladies, l’ongle se déssécher et tomber , comme font les cheveux; nouvelle analogie entre les deux ordres de follicules qui les produisent. L’ongle incarné est beaucoup plus rare aux doigts qu’aux orteils, où il conviendra d’en étudier les causes anatomiques. — Le corps de l’ongle repose sur un derme garni de papilles (Lèlul) ; à sa base, il présente un croissant blanchâtre nommé lunule. Sa racine est cachée dans le repli cutané. — Chez les phthisiques, l’extrémité onguéale des doigts est large et mousse , et ressemble à une baguette de tambour ; l’ongle est arqué et convexe. Il devient mou et semicartilagineux dans le scorbut. On explique la direction constamment identique des ongles , par la direction même de la face dorsale de la phalange, par l’inclinaison postéro-antérieure du derme qui la revêt et celle des papilles qui la sécrètent , et enfin de l’épiderme , qui bride sa base (Pcrissel, Thèse, Paris, 1835, n° 333). Dans l’état morbide qui altère ces dispositions , souvent l’ongle régénéré se dirige obliquement ou même perpendiculairement en haut. — Alibert parle d’un homme dont l’index était armé d’un ongle cylindrique , crochu comme une griffe d’aigle , et qui avait crû en un an de près de 20 pouces (541 mm ). M. Diday a vu , chez une vivandière qui avait eu 4 doigts détruits par congélation jusqu’au milieu de la 2e phalange , un ongle rudimentaire se développer sur chaque moignon avec sa direction et sa densité normales.

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