‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 13 sur 142 · IV. Région sacro-coccygienne. Son nom indique ses limites · texte numérisé non relu

IV. Région sacro-coccygienne. Son nom indique ses limites

Couches anatomiques. — 1° Une aponévrose très-forte , prolongation du long dorsal.

2° Quelques fibres du sacro-spinal.

3° Quelques fibres du grand fessier. — Rien d’important à noter pour les vaisseaux et nerfs. Ici le squelette est presque sous-cutané.

Les abcès qui se forment dans cette région peuvent pénétrer dans le canal rachidien par les trous sacrés. MM. Blandin et Velpeau en citent des cas qui ont été suivis de mort.

DU RACHIS

J’y ai vu une escharre profonde causer une paraplégie incomplète. On a observé la fracture du coccyx dans des chutes sur le siège et sa luxation chez les femmes en couche. La fracture du sacrum est très-rare.

Pour terminer l’histoire de la région spinale , nous devons ajouter que la ténotomie est venue en aide à l’orthopédie. La section des muscles du dos dans les déviations latérales de l’épine est une opération nouvelle à laquelle M. J. Guérin a attaché son nom dès l’année 1838. Voici les principes sur lesquels elle repose :

Dans les déviations latérales , on trouve les muscles du côté concave tendus sur le vivant , raccourcis sur le cadavre. Celte tension s’exagère dans les efforts de redressement , et la section transversale rend celui-ci plus facile. (Il est bien entendu qu’on parle ici de la courbure mère et non des courbures de balancement. Sans cette remarque, on s’exposerait à des méprises non moins fâcheuses en théorie qu’en pratique , comme cela est arrivé dans une discussion académique (voy. Gaz. méd. 1842). Quant aux preuves de fait , M. J. Guérin invoque pour la myotomie rachidienne une expérience déjà ancienne , constamment innocente et souvent couronnée de succès. Il demande par quelle exception les muscles vertébraux seraient exempts de rétraction , quand toutes les parties du système musculaire en sont indistinctement frappées, quand tout le squelette en subit les effets , quand la colonne cervicale elle-même se courbe si constamment dans le torticolis, sous l’influence du sterno-mastoïdien rétracté. L’auteur, pour confirmer la réalité des succès qu’il a publiés, fait remarquer que cette opération a été répétée avec le même résultat à l’étranger. En Angleterre, M. Robert Hunter l’a faite sur plus de 25 malades; parmi ces sujets, les uns étaientconsidérés comme des cas désespérés , les autres avaient été assujettis pendant quelques années à un autre traitement sans le moindre bénéfice. Dans quelques cas, l’amélioration a suivi instantanément l’opération (voy. London Médic. Gaz., avril 1841). 3.

Quelque idée qu’on se fasse sur l’étiologie de ces déviations , qu’on voie dans les muscles tendus les agents qui ont amené la courbure ou seulement des résistances passives qui empêchent le redressement , les faits précités militent en faveur des principes de la méthode. On comprend toutefois que sa valeur clinique , comme sa justification rationnelle , ne seraient point les mêmes dans l’une ou l’autre hypothèse. En somme, elle semble un bon auxiliaire , mais un auxiliaire seulement des moyens orthopédiques. Cette myotomie est simple; elle se pratique selon les principes de la méthode sous-cutanée. Après la section on recommence t’extension; souvent, à mesure que la courbure s’efface ainsi, des faisceaux plus profonds ou moins tendus que les faisceaux coupés en premier lieu se dessinent et viennent former sous la peau de nouvelles saillies qu’il faudra traiter de la même manière. Il appartient à une expérience comparative déjuger le procèsqu’elle a soulevé parmi les chirurgiens de notre époque.

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