‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 29 sur 142 · III. ISTHME DU PHARYNX ; RÉGION STAPHYLO- TONSILLA1RE · texte numérisé non relu

III. ISTHME DU PHARYNX ; RÉGION STAPHYLO- TONSILLA1RE

La région staphylo-tomillaire comprend les amygdales et les deux piliers du voile palatin.

Le pilier antérieur , plus mince , est formé par le muscle glosso-staphylin qui abaisse le voile et élève la base de la langue ; et le postérieur par le pharyngo-staphylin qui abaisse le voile et élève le pharynx. M. Jearseley de Londres, a sectionné l’antérieur dans le bégaiement; je l’ai vu faire aussi , mais sans résultat.

Entre leur écartement , se trouvent les amygdales ou tonsilles , glandes d’un tissu spongieux et rougeâtre , de forme ovoïde , composées de follicules agglomérés. Elles adhèrent en dehors au muscle constricteur supérieur du pharynx, qui les sépare de la carotide interne. Leur surface inégale , garnie d’anfractuosités où s’ouvrent les orifices des follicules , est recouverte d’une humeur visqueuse qui, souvent, par sa dessication et son aspect grisâtre , peut faire croire à l’existence d’ulcères vénériens; on sait que ceux-ci s’y rencontrent souvent. Un gargarisme sert au diagnostic, en balayant la viscosité. Leur inflammation assez commune les engorge et les hypertrophie rapidement, eu y développe de la suppuration. Elle gêne beaucoup ia respiration et pourrait amener la suffocation. J’ai vu un médecin qui faillit en mourir; il y avait délire , orthopnée, congestion cérébrale, refroidissement des extrémités , etc ; l’ouverture le soulagea de suite. Cette opération, quoique simple , pourrait devenir mortelle par la lésion de la carotide interne , comme Béclard en rapporte un exemple. Burns fait observer , que le gonflement de la tonsille diminue la distance, déjà très-petite, qui la sépare de ce vaisseau ; il faut donc avoir soin d’enfoncer

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le bistouri directement d’avant en arrière , et non latéralement vers l’angle de la mâchoire. Leur résection partielle demande aussi beaucoup de soin ; elle peut prévenir le retour des angines ; il survient une hémorrhagie salutaire , toujours peu abondante , malgré les artérioles qu’y envoient les palatines, la linguale et la maxillaire interne. Au besoin, un gargarisme froid et astringent suffirait pour l’arrêter. — On a proposé divers instruments pour l’ablation des tonsilles : le bistouri courbé et boulonné de M. Baudens a le désavantage de ne pouvoir manœuvrer convenablement dans un espace aussi étroit. M. Phanestock a inventé un instrument composé de deux anneaux circulaires et tranchants , nommé guillotine. Il est commode , mais il a un inconvénient : c’est que l’espèce de fourchette destinée à fixer la glande déchire son tissu ramolli. Je préfère me servir des pinces de Museux pour dégager l’amygdale d’entre les piliers, et l’enlever avec le bistouri en la réséquant de bas eu haut, pour que le sang ne masque pas la manœuvre. Celse parle des calculs tonsillaires. M. Blandin les dit assez communs.

Les veines staphylo-tonsillaires se rendent au plexus veineux pharyngien , et les lymphatiques aux ganglions sousmaxillaires. Souvent les sangsues au cou ont peu d’efficacité dans l’angine, tandis que les scarifications loco dolenti qui déterminent une saignée locale, peuvent amener une résolution prompte de laphlegmasie (Socquet). J’ai expérimenté que les gargarismes et les insufflations aluminées réussissent très-bien. M. Célestiu Perrin de Lyon l’a constaté aussi (Bull. Thér., 1842, XXII. — 143).

Certains physiologistes ont fait jouer aux tonsilles un rôle important dans le fausset. J’ai démontré, avec M. Diday , contrairement à Bennati et à M. Colombat, que cette théorie est erronée : l’excision des amygdales n’altère pas le second registre de la voix; l’un de nous l’a expérimenté sur lui-même. M. Despi ne a relaté aussi l’histoire de quatre su-

jets (dont trois chanteurs assez distingués) chez lesquels cette opération resta sans influence sur le fausset. Or, on ne pouvait donner de preuve plus péremptoire , car c’est là une véritable vivisection sur l’homme. Le fausset ne se forme donc pas à l’isthme guttural , puisqu’une lésion aussi profonde de ses parties soit-disant génératrices ne détruit ni n’altère son timbre.

L’état des amygdales veut être surveillé avec soin dans l’enfance; leur hypertrophie, assez commune à cet âge, diminue l’orifice des voies aériennes, et gêne la respiration; la poitrine se rétrécit et se déforme, l’hématose languit , et la constitution s’altère, etc. Ces faits avaient déjà été signalés par Dupuytren ; M. Robert en a récemment fait l’objet d’un travail intéressant. Le remède est dans l’ablation partielle ou totale de l’organe engorgé.

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