DE LA CAVITE PELVIENNE
Nous avons étudié plus haut (Abdomen, s. V, c. II) l’influence des axes du bassin sur les autres fonctions abdominales.
L’art de mesurer les dimensions du bassin porte le nom de pelvimétrie. La science a été encombrée plutôt qu’enrichie d’une foule d’instruments mensurateurs. Nous dirons un mot des principaux d’enlr’eux,dont les deux derniers sont généralement peu connus en France. On sait que le pelvimètre de Coulouly est une imitation du podomètre des cordonniers; on l’a abandonné à cause de son manque de précision et surtout des difficultés de sou application dans le vagin. — L’intro-pelvimètre de Mme Boivin en est une modification ingénieuse : il se compose de deux branches désignées par les noms de vaginale et de rectale, d’après la voie qu’elles suivent en pénétrant dans le bassin. Il n’a pas eu le succès qu’en espèraitson auteur, qui s’en était exagéré lesavantages. M. P. Dubois lui reproche d’être souvent inapplicable , et d’ordinaire infidèle parce qu’on ne peut ni le placer, ni le maintenir toujours juste. — Le pelvimètre le plus en usage est le compas d’épaisseur de Baudelocque , qui n’est que le compas de proportion employé dans les arts. Il s’applique à l’extérieur , et c’est en défalquant l’épaisseur présumée des parties (par exemple : 2 pouces 1/2 pour la base du sacrum; 1/2 pouce pour l’épaisseur des pubis) qu’on obtient la mesure des diamètres du bassin. Cet instrument est commode, mais il n’est pas d’une exactitude mathématique; il peut même conduire à des erreurs graves, dans le cas do tumeurs in trà-pel viennes. — En 1831 , Wellenbergh , de la Haye , a proposé un pelvimètre à deux branches , dont l’une reste en dehors sur la symphyse , et l’autre s’élève au promontoire par le vagin; en appliquant ensuite celle-ci derrière les pubis, on déduit l’épaisseur de la symphyse et le reste mesure le diamètre sacro-pubien. Il ne paraît pas avoir été mis en usage sur la femme vivante pour le diamètre transverse. — En 1810, M. Yan-Huevel, de Bru-
celles, a indiqué un nouveau mensuraleur qu’il appelle pelvimèlrc géométrique et qui est fondé sur ce théorème, que, en connaissant les deux côtés et l’angle d’un triangle, on peut trouver le 3me côté. « En énumérant sommairement tous les pelvimètres , M. Van-Huevel n’en a oublié qu’un seul essentiel, dit M. Stoltz, celui de Wellenbergb, quia la plus grande ressemblance avec le sien... qui se compose également de deux liges , l’une externe et l’autre interne ou vaginale. On mesure d’abord la ligne qui s’étend du milieu de l’angle sacro-vertébral aux pubis extérieurement , puis l’épaisseur de la symphyse, qui doit être défalquée de la longueur totale. C’est absolument de cette manière qu’on procède par la méthode de Wellenbergb. » (Stoltz, Gaz. Méd. de Strasbourg, 20 juillet 1843.) Ce mensurateur a obtenu les suffrages des Sociétés Médicales de Gand et de Bruxelles, où personne n’a songé à faire l’observation qui précède.
On a créé une autre espèce de pelvimétrie qui a pour objet la détermination de l’obliquité et spécialement des inclinaisonsvicieuses des détroits du bassin. On lui a donné le nom de cliscométrie. Les seules notions exactes qu’on peut en attendre sontrelatives à la mesure de l’obliquité du détroit inférieur; on les acquiert par le procédé de Rœderer, qui consiste à placer la femme verticalement, et à mesurer, à l’aide d’un fil à plomb , la distance qui existe entre le plan de l’horizon et le sommet de l’arcade des pubis d’une part, et entre ce même plan et la pointe du coccyx d’autre part. La détermination exacte de l’inclinaison du détroit supérieur sur le vivant , dit M. P. Dubois, est une chimère qu’il est désormais inutile de poursuivre , comme l’a démontré M. Nœgelé.
Il est d’autres difformités pelviennes qui , sans porter atteinte aux fonctions des sexes ni à la santé des sujets, nuisent profondément aux fonctions locomotrices. L’orthopédie s’est emparée avec succès de l’étude de quelquesunes d’entre elles; mais malheureusement, comme la cause