RÉGION DU «RAS
paulc et du dos; aussi y observe-t-on les mêmes maladies; partout ailleurs elle est glabre.
— 2° La couche sous-cutanée est cellulo-adipeuse ; l’élément graisseux y prédomine chez les personnes obèses. En général, il est plus prononcé chez la femme, où il masque les saillies musculaires et adoucit les lignes et contours du bi ■as. On n’y trouve ni intersection , ni bride, ce qui favoriserait singulièrement la diffusion du pus, si la ténuité de la peau ne permettait aux abcès de se faire jour facilement au-deliors. Les infiltrations sanguines s’y opèrent largement. Celte couche communique avec celle de l’aisselle eide la poitrine; nouveau motif allégué pour choisir la dépression du deltoïde, comme le lieu d’élection des exutoires.
— 3° Le fascia superficialis est d’autant plus prononcé que la couche précédente l’est moins; il la double et cesse d’être distinct et apparent à mesure qu’elle se développe davantage.
Ces deux couches renferment plusieurs organes importants : a. la veine céphalique remonte verticalement en dehors du membre , dans la gouttière bicipitale externe, puis devient plus profonde et antérieure, en s’engageant dans l’interstice du grand pectoral et du deltoïde où nous l’avons déjà vu cheminer vers l’axillaire. «. La veine basilique s’élève, en suivant la coulisse bicipitale interne , au-devant du nerf cubital , et rampe bientôt dans l’épaisseur même de l’aponévrose qu’elle perce pour se jeter dans l’axillaire. Les varices du bras sont rares ; on en cite à peine quelques faits (Briquet, Thèse , Paris , 1824, n° 193); M. Velpeau eu a rencontré deux cas. La phlébite est plus commune sur la basilique que sur la céphalique; un cordon tendu , douloureux , et parfois rougeâtre , dessine alors leur trajet, c. Les lymphatiques superficiels se rencontrent spécialement en dedans du membre ; au lieu de s’enfoncer sous l’aponévrose avec la basilique , ils restent sous-cutanés jusqu’à l’aisselle ; dans les lymphiles , on distingue très-bien leur disposition
linéaire ou arborescente, dessinée par 6 à 10 lignes rougeâtres qui convergent au creux axillaire, en remontant sur les côtés de la basilique. Dès lors , on comprend que les stries ou raies rouges qu’on remarque sur ces points à la suite de la saignée sont un signe d’angioleucite et non de phlébite. En général, on y trouve peu de ganglions, ils sont sous-aponévrotiques.
d. Les nerfs superficiels sont nombreux : les ramuscules brachiaux des nerfs intercostaux s’inclinent en dedans et en arrière, et se distribuent à la peau. Ne pourraient-ils pas contribuer à rendre compte de l’action des vésicatoires au bras dans les maladies de poitrine? Les filets sus-acromiens proviennent du plexus cervical superficiel. — Le rameau cutané, dêcritpar Sœmmering, estfourni par le nerf cubital dans l’aisselle, et descend perpendiculairement vers l’épitrochlée. — Le nerf cu tané interne suit la veine basilique, demi-profond et demi-superficiel comme elle , etc.
4° U aponévrose brachiale , plus épaisse en arrière et en bas qu’en avant et en haut , forme une enveloppe complète et générale ; elle envoie en outre aux bords latéraux de l’humérus un prolongement fibreux qui , avec son insertion sur le tendon du deltoïde , constitue trois principales gaines secondaires; l’une, externe et supérieure , pour le deltoïde; l’autre, postérieure, pour le triceps; la troisième, antérieure , subdivisée en plusieurs loges pour les muscles biceps, coraco-braehial, et brachial antérieur; les vaisseaux et nerfs y ont une gaine propre et distincte , que nous décrirons plus loin.
L’aponévrose se dédouble en haut pour embrasser la pointe du grand pectoral et du grand dorsal , de manière que les bords de l’aisselle en deviennent comme les muscles tenseurs. On conçoit combien ces cloisons doivent modifier la marche des abcès profonds et favoriser les fusées purulentes. L’aponévrose est naturellement éraillée chez quelques sujets et donne lieu à une sorte de hernie musculaire.