‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 79 sur 142 · IL FACE POSTÉRIEURE, OU RÉGION OLÉCRANIENNE · texte numérisé non relu

IL FACE POSTÉRIEURE, OU RÉGION OLÉCRANIENNE

Elle a les mêmes limites que la face antérieure. Elle présente à son centre une saillie osseuse qui devient très-marquée dans la flexion , et s’efface dans l’extension ; c’est l'apcpbyse olécrâne , qui constitue l’angle du coude , et que deux gouttières latérales séparent de l’épitrochlée et de l’épicondyle.

Couches anatomiques — 1° La peau est dense , épaisse et rugueuse surtout au niveau de l’olécrane quand il sert souvent de point d’appui. Elle est adhérente.

— 2° La couche sous-cutanée est formée d’un tissu cellulaire lâche qui laisse la peau mobile sur les saillies osseuses. Dans leur intervalle , on trouve un peu de tissu adipeux ; partout les infiltrations sanguines et séreuses s’opèrent avec facilité, et empêchent bientôt, après une lésion traumatique, de reconnaître exactement les rapports mutuels des trois apophyses,

— 3° Le fascia superficialis , oublié par la plupart des anatomistes , est en effet difficile à détacher de la couche précédente.

— 4° Sur l’olécràne repose une bourse muqueuse souscutanée, destinée à faciliter le glissement des téguments. Après celle de la rotule , c’est la plus constante : elle est souvent multiloculaire; ses loges communiquent entr’elles;

une membrane blanchâtre et lisse recouvre ses parois. Je l’ai vue plusieurs fois se remplir de sang ou de pus après des chutes sur le coude. Or, comme l’aponévrose d’enveloppe manque dans ce point, et qu’elle est ainsi adjacente au périoste, il faut surveiller avec soin ses inflammations, et ouvrir ses abcès de bonne heure pour prévenir l’altération de l’olécrâne. Faute de ces précautions, j’ai vu la carie s’en suivre. — Une bourse muqueuse accidentelle peut se développer sur l’épitrochlée.

— 5° L 'aponévrose propre, plus dense et plus forte qu’en avant, renforce l’articulation par son insertion surl’olécrâne et aux deux tubérosités humérales; par son union avec le périoste et les aponévroses d’origine des muscles, elle limite les épanchements qui s’opèrent sur le triceps. Par ses adhérences au pourtour de la bourse muqueuse, et médiatement à la peau, elle fixe les rapports de ces deux parties avec l'épitrochlée.

— 6° Plan musculeux : A. Le triceps (scapulo-olécrânien), couché sur l’humérus, recouvre par son tendon la face postérieure du coude. — B. L ’anconé (épycondylo-cubital), sorte de prolongement du triceps, remplit la gouttière épicondylienne, et non l’épitrochléenne où glisse le nerf cubital , comme l’avance M. Malgaigne. — C. L’insertion du cubital antérieur recouvre la gouttière, où descend 1 e nerf cubital , entre l’olécràne et l’épitrochlée. On pourrait l’y comprimer : sa présence rend compte de la douleur et de l’engourdisseinent subits que causent les contusions du coude. On ne saurait impunément pratiquer des incisions profondes sur son trajet. — D. L’artère du nerf cubital est satellite du tronc nerveux , et s’anastomose avec la récurrente cubitale postérieure. — E. La récurrente radiale postérieure ou olécranienne, branche de l’inter-osseuse postérieure , remonte jusqu’à l’épicondyle entre le cubital postérieur et l’anconé.

— 7° C’est en arrière que l’articulation est le plus accessible; c’est par là qu’on attaque les os dans la résection du

RÉGION DD COUDE

coude. On préfère au procédé de Park, celui de Moreau qui taille un lambeau quadrilatère par deux incisions latérales réunies par une 3mc transversale au-dessus de l’olécrâne. Il faut dégager le nerf cubital et le déjeter en dedans (Dupuytren).On peut ménager quelques fibres latérales du triceps, et l’insertion radiale du biceps, sinon celle du brachial antérieur qui est trop élevée. M. Roux m’a montré à Paris en 1841 un de ses opérés qui conservait quelques mouvements.

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