‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 92 sur 142 · I. FACE ANTÉRIEURE OU PALMAIRE · texte numérisé non relu

I. FACE ANTÉRIEURE OU PALMAIRE

La paume de la main présenle en avant, à sa partie moyenne , un enfoncement ( creux de la main ) qui répond au métacarpe , et que rétrécissent et limitent en haut deux saillies, dont l’une externe appartient aux muscles du pouce ( éminence thènar ) , et l’autre interne à ceux du petit doigt ( éminence hypothénar). La structure anatomique et les rapports diffèrent dans ces trois points; ce qui exige qu’on les rapporte à trois régions secondaires; mais il y a des couches communes que nous allons d’ahord examiner pour éviter des répétitions; la méthode analytique que nous avons adoptée nous permet cette division qui a de nombreux avantages.

A. Parties communes.

Couches anatomiques. — 1° La peau ferme et résistante, recouverte d’un épiderme toujours plus ou moins épais, et dépourvue de poils, adhère fortement aux tissus sous-jacents. Toutefois , son degré de densité et d’adhérence varie suivant les sujets et les points où on l’examine. Elle est plus épaisse sur l’éminence hypolhènar que sur l’autre, et devient souvent calleuse au niveau des têtes des métacarpiens. Nulle part ellen’est plus adhérente qu’au niveau du ligament annulaire, ce qui s’oppose aux infiltrations séreuses de l’avant-bras.

On y remarque plusieurs rides ou lignes qui ont joué un grand rôle dans la science de la chiromancie , mais qui ont peu d’importance en médecine. Lalre, inférieure, transversale et concave en bas , s’étend de la racine de l’index à celle de l’auriculaire, en empiétant sur le bord cubital de la main. Elle correspond à peu près aux trois articulations métacarpo-phalangiennes internes, qu’elle surmonte d’ordinaire. La2me, moyenne, concave et transversale comme la précédente , prend naissance au niveau de l’articulation de l’index et se termine sur l’éminence hypothéDar qu’elle croise. La 3me, supérieure, oblique, et concave en haut,

se confond en dehors avec la 2me , et vient , en contournant l’éminence thénar , se terminer au poignet; elle marque l’insertion de l’abducteur du pouce, et le trajet du nerf et de l’arlére collatérale externe de l’index. La réunion de ces trois lignes forme YM de la main.

— 2° La couche cellulaire sous-cutanée est dense et ser rée; elle se renforce de prolongements fibreux que je con sidère comme les rudiments du fascia superficialis , et qui rendent la peau adhérente. Elle renferme, au niveau des éminences thénar et hypolhénar , et des têtes du métacarpe , beaucoup de vésicules adipeuses , logées dans des gaines fibreuses qui, se portant de l’aponévrose aux téguments, constituent un coussinet élastique , propre à protéger les parties sous-jacentes dans les chutes sur la main. Ces gaines , rudimentaires chez l’homme , sont surtout prononcées dans les animaux chez qui les membres thoraciques servent à la progression.

Les abcès superficiels doivent être distingués en 1° sousépidermiques, et 2° sous-cutanés. Les 1ers ont souvent de la peine à se faire jour à cause de la densité de l’épiderme; j’en ai vu perforer le derme et fuser profondémen . Une incision opportune fait cesser les accidents. Les 2es, bridés entre l’épaisseur de la peau et l’aponévrose palmaire qui leur livrent difficilement passage , s’accompagnent de douleurs vives, et parfois de désordres graves. Bien qu’ils ne communiquent pas d’abord avec l’avant-bras et s’arrêtent au ligament annulaire, cependant ils peuvent à la longue pénétrer profondément à travers les ouvertures de l’aponévrose palmaire et se porter plus tard jusqu’à la région antibrachiale en suivant les coulisses tendineuses ; ce qui en augmente beaucoup les dangers. Il faut les débrider de bonne heure.

Quelques veines et les filets du rameau palmaire superficiel du nerf médian rampent dans la couche sous-cutanée.

— 3° L’aponévrose palmaire, dense et résistante, et d’ap-

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