consecutifs a un eczema chroni
nés en anses, d’une structure peu diffé- que (Musée de l’hôpital Saint-
rente de la structure normale. A ce tissu Louis.) s’ajoute un revêtement épithélial consistant en cellules pavimenteuses ou cylindriques, formées, comme dans les cicatrices, par la conversion d éléments conjonctifs jeunes, au contact des cellules épithéliales (fig. 135)-
Les fibromes papillaires des muqueuses, quoique formés d’ordinaire aux dépens des villosités ou papilles de la muqueuse, peuvent naître sur des parties qui n’ont pas de papilles, par exemple dans les ventricules du larynx et sur l’estomac. Dans ce dernier organe, comme aussi dans l’intestin, ils sont fréquemment combinés avec des hypertrophies glandulaires et forment des tumeurs de petit volume appendues à la muqueuse par un pédicule. A la surface des organes génitaux externes, les fibromes papillaires, effet ordinaire de la présence d’un liquide irritant, pus blennorrhagique, sérosité des plaques muqueuses, revêtent 1 apparence de mûres, de framboises ou de choux-fleurs, et forment parfois des masses très-volumineuses (fig. 136) qui ont une certaine tendance à repulluler après l’extirpation, si l’écoulement pathologique persiste. Sur la muqueuse de la vessie, les papillomes se présentent sous la forme de longs bourgeonnements villeux, riches en vaisseaux; ceux-ci, faiblement soutenus, se dilatent et se rompent facilement, de là des hémorrhagies plus ou moins abondantes, et quelquefois mortelles.
Nés dans la profondeur de la peau, les fibromes constituent des
tumeurs le plus souvent pédiculées, et qui pendent mollement à la surface ( molluscum fiùrosum). Formées d’éléments semblables à ceux
Fig. 135. — Coupe microscopique à travers les fibromes papillaires représentés figure 114. a, couche épithéliale cornée ; b, couche épithéliale dite de Malpighi ; c, tissu fibreux jeune renfermant de nombreux éléments embryonnaires; d, vaisseaux. (Grossissement, 160.)
du derme, ces tumeurs constituent une sorte d’hyperplasie partielle du tégument, avec cette particularité que leur substance fondamentale est
infiltrée de sérosité, comme dans l’oedème. Développées dans le tissu sous-cutané ou sous- muqueux, les tumeurs fibreuses sont représentées par des masses arrondies, le plus souvent énucléables , si ce n’est à leur point d'implantation, et plus ou moins molles, suivant l’âge des éléments (pii les constituent. Dans la ma-
Fig. 13ô. — Fibromes papillaires delà vulve et du fibiomes SOllt
périnée survenus dans le cours d’une blennorrhagie. tantôt circonscrits et isolés
(Fig. 137) ; tantôt diffus et accompagnés d’une prolifération de l’épithélium qui tapisse les culs-de-sac et les conduits de la glande.
Les fibromes du périoste ont pour siège habituel les os du crâne et de la lace, principalement la partie inférieure du sphénoïde. De ce dernier point, ils s’étendent sous forme de tumeurs polypeuses dans les fosses nasales et dans le pharynx, usant les- os du voisinage, produisant des
déformations parfois considérables , et plus ou moins gênantes pour les fonctions de la respiration et de la déglutition. Quelques autres os, le tibia et la clavicule, donnent quelquefois naissance à des tumeurs semblables ; celles-ci se développent encore, mais plus rarement, dans l’épaisseur du tissu osseux, et surtout dans les mâchoires. Les nerfs sont enfin exposés à ce genre de tumeurs, décrites à tort sous le nom de névromes ; celles-ci affectent, par rapport aux faisceaux nerveux, une disposition tantôt moniliforme, tantôt plexiforme. Le tissu nouveau
envahit et emprisonne ces faisceaux qu’il tend à atrophier ; il acquiert un
développement plus ou moins complet, souvent parfait.
Lornil et Pianvier décrivent comme espèce à part une variété de fibrome à cellules aplaties et à substance fondamentale, qui comprend les épaississements globuleux, les plaques diffuses, translucides, plus ou moins résistantes, qui recouvrent la face convexe de certains viscères abdominaux, notamment de la rate et du foie. Disposées sous forme de lames pa¬
rallèles, à peu près comme les couches de fibrine dans l’intérieur d’une poche anévrysmale, ces plaques ont une structure qui les rapproche de la cornée; comme cette membrane, elles présentent des espaces plasmatiques communiquant les uns avec les autres, mais leur substance fondamentale, qui est amorphe, diffère de celle de la cornée, qui contient des
37g anatomie pathologique.
fibrilles. Cette altération qu’il n’est pas rare d’observer, nous semble rentrer par ses caractères anatomi co-pathologiques, au moins autant dans le groupe des phlegmasies que dans celui des néoplasies.
Après avoir étudié le fibrome en tant que néoplasie pure de tout mélange, nous ferons remarquer qu’il existe des tumeurs où le tissu conjonctif se trouve associé à des cellules graisseuses ou cartilagineuses. On comprend qu’en pareil cas la dénomination de la tumeur ne doive pas changer, si le tissu conjonctif est prédominant. Il n’en est plus de même si ce tissu occupe le second rang, ou se trouve associe à un tissu plus élevé. Ce dernier doit alors servir à dénommer la tumeur.
Évolution . — Les fibromes n’étant qu’une forme évolutive avancée du tissu conjonctif, leur développement s’opère suivant les mêmes lois et traverse les mêmes phases que celui du tissu normal. La piésence dans ces tumeurs d îlots de tissu embryonnaire semble indiquer que chacun des lobules qui les composent possède un développement autogène distinct. Leur accroissement est lent et leur durée souvent très -longue, aussi, bien qu’elles surviennent à un âge peu avancé, on les rencontre communément chez des personnes âgées. Ces tumeurs, une fois leur développement achevé, n’éprouvent que peu de changements ; elles sont peu accessibles aux dégénérescences de la plupart des néoplasies. La métamorphose graisseuse qui les envahit est toujours partielle, c’est-à-dire qu’elle n’occupe jamais qu’un petit nombre de points. L’infiltration calcaire, qui s’en empare dans quelques cas, peut les transformer plus ou moins complètement en masses pierreuses. Superficiellement situées, ces tumeurs sont exposées à l’action des agents extérieurs, qui peuvent y déterminer des inflammations de diverse nature et même des ulcérations.
Les tumeurs fibreuses sont isolées ou multiples, et dans ce dernier cas, elles peuvent se montrer simultanément, ou les unes après les autres. Mais, quel que soit leur nombre, elles ne sont jamais l’effet d’une infection locale ou générale. Des fibromes adultes ayant été rencontrés avec des fibromes embryonnaires, c’est la preuve convaincante de la parenté, ou mieux de l’identité de nature de ces formations. En pareil cas, tandis que les tumeurs primitives ont acquis un complet développement, les autics sont constituées par un tissu embryonnaire. La récidive du fibrome adulte est chose rare ; mais, lorsqu’elle a lieu, la nouvelle tumeui n’est pas nécessairement un fibrome adulte, elle peut être un fibrome embryonnaire, ainsi qu’il a été constaté dans plusieurs circonstances, et comme le montrent les figures 131 et 138.
Diagnostic et pronostic . — Le diagnostic anatomique des tumeurs fibreuses
HYPERPLASIES.
n’offre pas (le grandes difficultés. Le mode d’implantation, la forme, la consistance de la tumeur permettent le plus souvent de la reconnaître, "toutefois, comme il n’y a de fibromes vrais que les tumeurs composées de tissu conjonctif et de vaisseaux, sans aucun autre élément, on com-
Fig, 138. — Fibrome adulte de l’abdomen récidivé sous la forme embryonnaire dite ûbroplastique. Voyez la tumeur primitive, fxg. 131. (Collection du docteur Péan.)
prend la nécessité d'un examen microscopique, dans les cas de tumeurs mixtes, où le tissu fibreux est abondant. D’ailleurs, le fibrome adulte, étant le plus souvent une tumeur circonscrite, ne pénètre pas les tissus, et en cela il se distingue des fibromes embryonnaires ; le fibrome des
os est un exemple de ce fait.
Le pronostic du fibrome adulte n’est généralement pas grave, à part les cas où il arrive à gêner une grande fonction. Cette tumeur, le plus souvent solitaire, n’a que fort peu de tendance à récidiver. Le fibrome rétro-pharyngien semble faire exception à cette donnée ; mais avant de proclamer la gravité et la récidive de cette altération, il faudrait être bien sûr qu’elle a été totalement enlevée. Le fibrome adulte est de toutes les tumeurs conjonctives celle qui a le moins de gravité, ce qui est en rapport avec le développement plus complet du tissu fibreux.
Etiologie. — Les tumeurs fibreuses sont des lésions de l’âge moyen de la vie ; rarement elles se développent pendant la première jeunesse, plus rarement encore dans un âge avancé, et si elles sont quelquefois observées dans le cours de la vieillesse, c’est qu’elles existent depuis longtemps. Congénitales dans certains cas, ces tumeurs se présentent sous la forme d’une hyperplasie diffuse de la peau, ou sous la forme d’une tumeur pédiculée ( molluscum ftbrosum). L’hérédité ne paraît pas sans influence sur leur production , bien que son action ait été contestée.
Certains agents chimiques ou mécaniques peuvent les provoquer ; ainsi
les fibromes papillaires ou condylomes des parties génitales surviennent quelquefois à la suite d’un écoulement leucorrhéique, plus souvent au contact d’un liquide syphilitique, comme celui des plaques muqueuses. La présence du pus blcnnorrhagique à la surface des muqueuses et même de la peau est une cause d’excitation et de désordre nutritif suffisante pour donner naissance à des végétations pouvant couvrir toute l’étendue des parties génitales externes, le périnée et même l’anus. Les coups et les chutes ne jouent, comme dans toute tumeur conjonctive, d’autre rôle que celui de causes adjuvantes.
L’étiologie du fibrome adulte ne diffère donc pas essentiellement de celle des fibromes embryonnaires, et la cause de la différence d’évolution semble résider surtout dans les conditions individuelles. Quant à la parenté de ces tumeurs, elle ne doit pas nous échapper : non-seulement les diverses formes de fibromes embryonnaires coexistent quelquefois chez le même individu, mais il est encore possible de les voir associées au fibrome adulte. Bien plus, l’ablation d'un fibrome adulte peut être suivie d une récidive de fibrome embryonnaire, et il existe des raisons sérieuses pour croire que la proposition inverse est également vraie. 11 est même possible, sur le fibrome embryonnaire, de saisir le passage des éléments globo-cellulaires aux éléments fuso-cellulaires ; de même la tumeur formée par ces derniers éléments présente souvent des points où la transformation des cellules allongées en tissu fibreux est manifeste. Par conséquent, les altérations que nous groupons sous le terme générique de fibrome ont bien une affinité de nature, et méritaient à tous égards d’être rapprochées dans une même étude.
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