I. — Fissures labiales ou bec-de-lièTre
Les fissures congénitales de la face sont beaucoup plus communes à la lèvre supérieure qu'à la lèvre inférieure. Connues sous la dénomination de bec-de-lièvre, gueule-de-loup, etc., elles sont simples ou complexes, selon que les parties molles seulement ou les tissus plus profonds, c'est-à-dire la cloison osseuse bucco-nasale, participent à leur formation.
!• Fissure labiale où beode-lievre simple. — Ce vice de conformation peut occuper toutes )^s parties de Torifice buccal qui sont un point de cohésion des éléments formateurs de cet orifice. On Ta observé à la partie moyenne de la lèvre inférieure, en divers points de Ja lèvre supérieure et à l'angle des lèvres.
Niée par quelques auteurs, la fissure de la lèvre inférieure, justement âcc^||ée par d'autres, est toujours médiane. Un petit nombre de faits seulerapl établissent son existence, et montrent qu'elle n'affecte qu'une partie de retendue de la lèvre; dans l'un d'eux, rapporté par Bouisson, . cette fissure comprend bien toute r^|ttisseur du bord libre de la lèvre, ffiaisefle se prolonge à peine sur ses faces, qui ont peu de hauteur. Gette^| anomalie, gênante pour la mastication, doit évidemment sa rareté à la *'*'* précocité du développement de lare buccal inférieur.
U fissure labiale supérieure est rarement médiane ; le plus souvent elle est latérale et correspond à l'articuIatioA de l'os incisif avec le maxillaire supérieur. Celte fissure est simple ou double. Simple, elle se mani feste de préférence à gauche dans le poînt d'union de la dépression sous-nasale avec le reste de la lèvre. En ce point existe une fente dont les wfrfs plus ou moins écartés circonscrivent un espace en forme de V ren- '^j à direction oblique de haut en bas et de'dedans en dehors, de telle "wnîère que le bord externe est un peu plus long que l'interne. Cette fissure présente des différences suivant qu^ la lèvre est affectée partiellement ou ^n totalité, et qu'il y a ou non écartemenl des os correspondants. Quelquefois bornée au bord libre de* la lèvre, elle en atteint d'autres fois le milieu ou la hauteur, plus souvent enfin elle en occupe la totalité, et l'angle supérieur n'est séparé de la narine q^ie par un faiMe intervalle; elle se prolonge enfin jusque dans la narin^ tOrrespondante et donne au nez un aspect épaté. Dans quelques cas, cdlfe fi$3i[yre se ren-
contre des deux côtés, ce qui constitue le bec-de-lièvre bilatéral, dont le lobule médian est dermo-musculaire.
La fissure génienne ou commissurale, aussi rare que le bec-de-lièvre médian, consiste en un prolongement de Touverture buccale, soit dans le sens transversal, soit dans une direction oblique en haut et en dehors. L'ouverture buccale, dans la première variété, peut s'étendre d'une oreille à l'autre, comme l'ont vu Murait et Otto. Prolongée à droite et à gauche dans l'intervalle des os maxillaires et aux dépens des buccinateurs, cette anomalie produit une difformité horrible, appelée par quelques auteurs du nom de gueule-de-lion. La seconde variété coïncide ordinairement avec des anomalies profondes intéressant la plupart des parties constituantes de la face, et consiste en une fente qui, partie de l'angle des lèvres, se dirige vers la pommette, et quelquefois s'étend ]i}squ'à l'angle externe de l'œil, laissant à découvert l'arcade dentaire et I» bouche. Dans ce cas, le canal de Sténon correspond au dessous de la fissure, tandis que, dans le premier cas, il aboutit au voisinage du bord supérieur de la fente transversale et donne lieu à un écoulement incessant de salive.
2« Fissure labiale ou bec-de-lièvre complexe, — Le vice de conformation qui constitue cette variété ne reste pas limité aux parties molles, il affecte les parties les plus profondes de la face, qui sont atrophiées, séparées ou divisées à des degrés divers.
Lié à peu près exclusivement Aix fissures labiales supérieures , et , comme ces dernières, unilatéral ou bilatéral, le bec-de-lièvre complexe s'étend à des profondeurs variables, depuis le rebord alvéolaire jusqu'au voile du palais, qui lui-même participe quelquefois à ces énormes fentes antéro-postérieures de la voûte de la bouche : de là une fissure labioalvéolaire et une fissure labio-palatine.
La fissure labio-alvéolaire consiste dans le prolongement de la fente jusqu'au trou incisif seulement; elle est unique ou bilatérale et correspond à la ligne de séparation de l'incisive externe et de la canine. Par exception, celte fissure ne porte pas sur la ligne de jonction de l'os incisif et, du maxillaire; elle se rencontre (Tenon, Meckel, Nicati) entre les deux incisives, comme si l'os intermaxillaire primitivement formé de deux noyaux était susceptible dç subir eatre ces deux points une fissure. Si la fissure est simple, la difformité^ beaucoup plus accusée qu'avec une simple fente de la lèvre, est cependant peu marquée relativement à ce qui a lieu lorsqu'elle est double. Dans ce dernier cas , les os intermaxillaires, dégagés, isolés ées maxillaires supérieurs, sont proéminents en avant, ainsi que le^ deDts au nombre de deux ou quatre, suivant que les deux noyaux de4 os incisifs existent ou que l'un d'eux fait défaut.
La fissure labio-palatine, le plus souvent unique, existe ordinairement à gauche et représente une brèche antéro-postérieure qui comprend la lèvre et la Toùte palatine, faisant communiquer entre elles la bouche et la fosse nasale du côté aiïecté. Soudés dans ce cas à Tos sus-maxillaire droit, dont ils augmentent la masse, les os incisifs détermine^titln défaut de symétrie très-prononcé des deux moitiés de la face. Dans les cas plus rares où cette fissure est double (fig. 39), la disposition qui précède s'observe des deux côtés, et la communication agrandie de la bouche avec les fosses nasales entraîne le plus habituellement comme conséquence la fente da yoile du palais. Le bord inférieur du Tomer, libre au milieu de la fente maxillaire, touche la face supérieure de la langue sur laquelle il se creuse un sillon ; et si labsence Fie. 39.— Bec-de-liôvre doudes apophyses palatines vient à compliquer
celle difformité, celle-ci peut être compromettante pour la vie. Les os intermaxillaires, dans ces conditions, tiennent en général par une espèce d'isthme au vomer, à l'extrémité antérieure duquel ils sont comme suspendus ; irréguliers et plus ou moins volumineux, ils sont fortement déviés en avant et représentent une sorte de trompe plus ou moins dé- / nudée (fig. /iO). La succion est impossible, le / "fe, les cris, Tétemument n'aboutissent qu'à f produire des grimaces et à rendre le faciès re- fr poussant et des plus désagréables.
Quelques auteurs parlent d'une fissure mé- Fig. AO. — Bec-de-lièvre com- *iane accompagnant les fissures latérales, mais P*?" ?^!*'*°?^: ^'''^'' î^î'^y'
b*^ ^ ' cule médian, écarteroent de la
iaits rapportés à cet égard demanderaient voûte palatine et du voile du
à être mieux établis. Dans quelques cas enfin l^^'* (Musée Dupuytren.) fe os iotermaxillaires sont atrophiés en partie ou en totalité, s'ils ne font empiétement défaut. L'absence de ces os, constatée par Vrolik, Meckel, ^'^^iluirtet Bouisson, produit un vice de conformation des plus affreux, ojfdinairement désigné sous le nom de gueule-dc-loup.
I^ recherches embryogéniques récentes, celles de Coste en particu- "er, ayant montré que les différentes variétés du bec-de-lièvTe ne sont q^e des états permanents d'une époque déterminée et peu avancée de la ^e intra-utérine, il v a lieu de considérer ces anomalies comme liées à ^'ffpètdu développement des parties affectées. Mais cet arrêt de déve- •^W^nent a nécessairement sa cause, et celle-ci n'est sans doute pas ^ours identique. L'imperfection du système nerveux, invoquée par
quelques auteurs, semble jouer un certain rôle dans cette genèse, si Ton lient compte de la fréquente coïncidence du bec-de-lièvre avec les anomalies des centres cérébro-spinaux ; d*un autre côté, il y a lieu de croire que certaines lésions locales peuvent suspendre le travail de développement, dfj^oins si Ton s'en rapporte à certains faits où les tissus constituant les limites de l'anomalie avaient une consistance cicatricielle ou fibreuse.
Dans quelques circonstances c*est la partie supérieure de la bouche, le voile du palais, qui est seule affectée de fissure. Celle-ci, ordinairement médiane, s'étend de la voûte palatine à l'extrémité de la luette. Les deux parties séparées ont des bords arrondis, et, par suite de la rétraction des muscles, elles sont écartées, laissant entre elles un espace plus ou moins considérable. v
L'occlusion congénitale de la bouche est une anomalie extrêmement rare, et dont il existe fort peu d'exemples. L'exiguïté anormale de la bouche est une difformité qui, pour être plus commune, est assez rare. Décrite sous le nom de microstoma congénital, d'atrésie buccale, elle tient surtout à une anomalie de l'accroissement ou du développement de la mâchoire inférieure et des muscles.
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