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I. — Phlegmasies épithéliales

L'application d'un vésicatoire, une brûlure superficielle, sont les moyens "lis en usage pom* l'étude expérimentale de ces phlegmasies. La cantha-

(1) Ch. Robin, Joum. de Fanai, et de laphysioL Paris, 1864 et 1868. — Jul. Arnold, ^^h.f.path. Anat.undPhysioL.U XLVl, Berlin, 1869. — Jotima/cfc Robin, 1872, p. 233.

ridine est surtout propre à ce genre de recherches, car, appliquée sur la peau, elle agit, non-seulement sur Tépiderme, mais quelquefois aussi par absorption sur les épithéliums des reins et de la vessie qu'elle modifie plus ou moins profondément. Au bout de quelques heures d'une application de vésicatoire, la peau rougit, et Tépiderme se sépare en deux parties qui paraissent correspondre. Tune à la couche cornée, Tautreàla couche de Malpighi. Puis un liquide transparent, citrin, s'épanche entre ces deux couches, et forme ampoule. Ce liquide, fortement albumineux, et qui, généralement, se coagule en partie au contact de l'air, ne renferme qu'un petit nombre d'éléments figurés, globules rouges et globales blancs, qui, examinés à la température du corps, sont doués de rnoorements amœboïdes. Si avec des pinces fines on cherche à soulever le fond de la vésicule, on enlève une couche membraneuse assez épaisse, d'asped gélatineux, au-dessous de laquelle apparaît le fond de l'ampoule. Celui-ci, irrégulièrement coloré en rouge, offre des marbrures correspondant à k distribution des papilles dont les capillaires apparaissent comme de petits points rouges diversement groupés. Entre les papilles, l'épithélimn, resté adhérent, offre une teinte laiteuse et blanchâtre et ne contient aucun capillaire.

La pellicule qui constitue l'enveloppe n'est pas altérée à sa suriu» externe, mais sa face interne présente des amas de grosses cellules arrondies, qu'à l'état normal on ne retrouve dans aucune couche de la peau. La forme de ces cellules est un peu irrégulière, et leur union se fait par des lignes droites et non par des dentelures comme dans les cellules du réseau de Malpighi. Elles sont gonflées, troubles, infiltrées de fines granulations que dissout l'acide acétique dilué. Mis en évidence par ce réactif, leur noyau est gros, arrondi, à contour net et régulier, contrairement à ce qui s'obser» dans les cellules de la couche de Malpighi, dont les noyaux, ceux du moins des parties supérieures, sont irréguliers et finement granulés. Lorsque 11 bulle du vésicatoire est restée longtemps intacte, ces cellules modifiées se retrouvent dans le liquide, mais toujours plus rares que sous la pellicule. La membrane gélatiniforme qui recouvre le fond de la phlyctène est constituée par une couche assez épaisse de fibrine, dans laquelle est englobée une grande quantité de leucocytes. Abandonnée à la surface do vésicatoire, cette couche durcit à l'air, se dessèche et tombe repoussée par une nouvelle couche cornée formée sous elle. Si on l'enlève, il se produit au contact de l'air extérieur une irritation nouvelle dont k résultat est la suppuration. Le derme, examiné sur des coupes fines, ne présente pas d'altération , les papilles i-evêtues de la couche de Malpighi sont allongées dans toute l'étendue de la phlyctène, et quel-

quefois leur poinle s'avance jusque dans les couches supérieures de la couche de Malpighi, et même dans la couche translucide (Voigt).

Ainsi , tuméfaction trouble des cellules épithéliales , exsudât formé de sérosité albumino-fibrineuse et de leucocytes, injection des papilles, tels sont les phénomènes produits par Tapplication d'un vésicatoire sur la peau. La présence des globules rouges et des leucocytes se révélant surtout au voisinage des extrémités des papilles, il est vraisemblable que ces éléments proviennent des vaisseaux capillaires de ces parties, de sorte qu'à l'altération des cellules épithéliales s'ajoute une modification de la circulation de la couche papillaire. Par conséquent, l'élément cellulaire et l'élément vasculaire paraissent contribuer simultanément à ce processus phlegmasique.

Que la cause irritante soit interne au lieu d'être externe, les phénomènes de l'inflammation épithéliale varient peu. Les épithéliums non vibratiles se gonflent, leur protoplasma s'infiltre d'une substance granuleuse albuminoïde ; le réseau capillaire superficiel s'injecte, et il se produit un exsudât fibrino-albumineux plus ou moins abondant. Les cellules épithéliales vibratiles subissent des changements de même nature. Au début du coryza ces éléments se tuméfient, leur protoplasma devient granuleux, leurs noyaux se gonflent et se divisent, la membrane de la cellule se dissout, et en même temps le plateau qui limite la surface Jibre, quoique les cils persistent ordinairement (Ranvier).

Semblables phénomènes se passent dans les éléments épithéliaux des glandes, dont l'altération varie depuis l'apparition d'un léger trouble produit par de fines granulations, sans augmentation de volume ni déformation des cellules, jusqu'à la production de granulations foncées, masquant entièrement les noyaux, et donnant aux éléments gonflés une forme grossièrement arrondie. Solubles dans l'acide acétique, ces granu-' lations sont insolubles dans l'éther et le chloroforme, ce qui les distingue des granulations graisseuses. Après un certain temps, si la dissolulion des granulations protéiques se fait attendre et ne permet pas aux cellules épithéliales de revenir à l'état normal, celles-ci subissent une transformation graisseuse, s'atrophient et sont plus ou moins rapidement détruites.

En résumé, les inflammations des épithéliums sont caractérisées par le gonflement avec infiltration albuminoïde du protoplasma de ces éléments, qui, suivant la plus ou moins grande acuité de l'irritation, peuvent revenir à l'état normal, subir une altération graisseuse et se détruire ou bien suppurer. Contrairement aux éléments conjonctifs, les éléments épithéliaux irrités ont peu de tendance à proliférer, et ne par-

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viennent jamais à produire de néoplasme durable. Mais si les phlegmasie épithéliales ne sont pas prolitératives, elles peuvent être exsudatives diphthérîtiques ou suppuralives.

Phlegmasies exsudatioes. — Ces phlegmasies s'observent dans tons les tissus épithéliaux, mais les glandes sont les organes où elles exercent les plus grands désordres, sans doute parce que les épitiiéiiums glandulaires ne présentent pas comme Tépiderme une couche de cellules jeunes pouvant au besoin les remplacer. Leurs caractères sont m peu différents, suivant qu elles affectent une surface tégumentaire, une glande tubuleuse, comme les reins, ou une glande non tubuleuse, comme le foie.

Les épithéiiums tégumentaires se gonflent, s'infiltrent d'une substance albumineuse contenant des [granulations protéiques, solubles dans l'idde acétique (tuméfaction trouble). Dans cet état, les cellules de la ooiielieée Malpighi, maintenues par la couche cornée, meurent quelquefois à la suite de Taltération concomitante de leur noyau, d'où la desquamatioB épidermique ; ou bien, comme dans le pemphigus, l'herpès, l'eczéma, ces cellules deviennent hydropiques, se rompent, et le liquide qui s'en édiappe, ; s'accumulant sous la couche cornée de l'épiderme, contribue à la fonna- ; tion de la vésicule et de la phlyctène (Ranvier). Les cellules épitbéliales J des membranes muqueuses, après avoir traversé la période de turnébdioa trouble, se détachent du derme, se mêlent au mucus, et sont rqetéei avec lui en petit nombre, sous forme de lambeaux plus ou moins alloDgb; sinon, leur protoplasma subit une métamorphose muqueuse qui coDCOOl également à leur destruction (catarrhe muqueux).

Les cellules épithéliales des glandes tubuleuses s'infiltrent égakmei d'un grand nombre de granulations foncées, très-fines, ce qui, d'à* part, accroît l'épaisseur totale du tube et rétrécit sa cavité, et d'aiii9 part augmente le volume de la glande. Puis ces cellules, peu à pdr perdent leur forme, et leurs noyaux, quelquefois divisés, dispanisMi^ sous le nuage épais des fines granulations du protoplasma. ^ cet état, la résolution, c'est-à-dire la cessation du processus phkgittsique, et la disparition des granulations sont possibles. Mais lorsque f^ granulations, qui ne sont vraisemblablement autre chose que la to^ nutritive précipitée sous une forme solide, ne sont pas résorbées, ^ voit apparaître, à côté des molécules albumineuses, des grains fks foncés et plus gros, solubles dans l'alcool et dans l'éther (gm»'^ tions graisseuses); après quoi la cellule se détache de ses voisBitf» devient libre dans le tube, et est éliminée dans un état de miAMsax^

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plus OU moins complet. Semblables modifications se rencontrent dans le foie, où Ton voit les cellules des acini subir la tuméfaction trouble, puis revenir à Tétat normal, ainsi qu'il arrive dans un certain nombre de maladies infectieuses, sinon, être partiellement détruites, comme c'est le cas pour Tatrophie jaune aiguë, affection dans laquelle les cellules hépatiques sont à peu près entièrement transformées en masses granuleuses renfermant des gouttelettes graisseuses et çà et là des granules pigmentaires. Cette destruction plus ou moins complète est la cause probable de la diminution de volume de Torgane.

Les phlegmasies épithéliales exsudatives sont des affections communes, déterminées par une irritation des cellules épithéliales qui a le plus souvent son point de départ dans le liquide sanguin. Ces phlegmasies surviennent ordinairement dans le cours des maladies infectieuses ou toxiques, et se rencontrent dans les fièvres variolique, typhoïde, scarlatine, puerpérale, septicémique, etc., dans les empoisonnements par les acides énergiques, les sels de mercure, et beaucoup d'autres substances. Plus rarement, ces lésions sont l'effet d'une irritation locale directe, produite par un agent mécanique ou physique. Leur mode de terminaison parait tenir à la nature de l'agent irritant et aux conditions particulières des individus malades.

Phlegmasies diphthéritiques, — Ces phlegmasies affectent de préférence les membranes muqueuses du pharynx, du larynx, de la trachée-artère et des fosses nasales. Elles se manifestent sous la forme de petits Ilots, d'un blanc laiteux ou grisâtre, reposant sur un fond hypérémié, notamment au voile du palais, à la luette, à la surface des amygdales. Ces Ilots ou taches^ élevés d'un millimètre tout au plus au-dessus du niveau de la muqueuse, constituent des fausses membranes d'apparence fîbrineuse, mais à peu près impossibles à saisir à l'aide de pinces, tant elles sont friables. Au bout d'un certain temps, ces fausses membranes, dont les bords sont soulevés par un exsudât sanguin ou puiiilent, se détachent et tombent, et il reste une rougeur de la muqueuse qui disparaît peu à peu sans laisser de cicatrice. Après la mort, elles constituent une couche pultacée, assez différente de ce qu'on observe pendant la vie. Plongées dans une solution de carmin légèrement ammoniacale, les fausses membranes diphthéritiques se résolvent en blocs anguleux et réfringents, ou en éléments ramifiés s'engrenant les uns dans les autres, et si, dans ces conditions, elles sont lavées et examinées au microscope, on s'aperçoit, contrairement à ce qu'on pouvait croire, que, loin d'être formées de fibrine, elles sont uniquement composées de cellules réunies entre elles et

LANCEREAUX. — Traité d*Anat. I. — 19

290 ANATOMre PATHOLOCIQUE.

doni le proloplasma a subi une ilil'gêiiérescence tuule particulière. Celt^fl dégénérpscence, Ptudiêc par E. Wagner et considérée par lui comm une dégénérescence tibrineuse, serait due bien pluUH, suivanl Coi it il et Rai TÎer, à cause de sa facililé û lixer le carmin, ii l'inliltralion d'une matiët se mpprochant de ia mucine. Lps cellules les plus prorondes de la coucbe épithéliule el les cellules épilhéliales superficielles soûl génénileraciit épargnées par cette alléralion que canictérise tout d'abord l'augmeti talion du volume du protoplasmu. Subissant bientôt une sorte de retrùl^ celui-ci présente des lignes raniitiées plus homogènes, qui réfractent fort ment la lumière et laissent enti-e elles des espaces clairs (Hg. 91). Plusiai 1<3 noyau disparaît, et, de tout la cellule, il ne reste pht qu'un réseau délicat, dont II foime rappelle la rai cerf, et dont les prolonge niruts , d'après Wagner, soudent aux prolongemesl des cellules voisines pour o sliluer le réseau de la menv«^ l)i-ane diphlliéri tique que n plissent des globules puru-l lents- En mi^nie temps, ftC. 9i. — CellulMépilhéliBlefpaïrmenleuaeapro- demif muqueux, OU TKiant il'uDB biUM loambrane iliphlliérilii|ue i .■ soUS-mUaUeUX

(d'après Wagner). , ■ ci. • J ■

souvent innlti'e de jeunes c

Iules, de noyaux, ou même de globules muges ; les vaisseaux sont é gis, distendus par des globules blancs. Cette modification, qui représente 11 degré le plus élevé de l'exsudation croupiile, est précédée d'une altéTuli(H dite r^larrhale, ijui, dans quelques cas, s'accompagne d'accidents Rssfl graves pour enlraJner la mort.

L'inflammation dipbthéri tique se transmet par contagion. Dès I il était naturel de chercber la pi-ésence d'un parasite : c'est ce que lit k d'abord Letzericb, iiuî prétend avoir rencontré un champignon ( desmu» fmcm?) dans la fausse membrane de ia diphthérite. Depuis l( quelques auteurs ont tenté d'inoculer sur des cornées d'animaux d exsudais dipblhéritiques provenant de l'homme, mais sans que, jusqu'ie leurs expériences aient produit un résultai certain (voyez notre thèse siu ta maladie expérimentale, p. 83, I*aris, 1872). Cependant, si l'on remarqua que l'inflammation dipbthéritique s'observe uniquement sur les mu-<l queuses les plus exposées k l'action de l'air extérieur, on sera tenté d'ad-i

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inctlreavec nous qu'il y a bien qucliiues presoin plions pour l'atiribuer à un parasite, et un jour peut-être cette altération devra être rangée dans le groupe des alTections parasilaii'es.

Pklegmasies suppuralwes. — Les pblcgmasies épithélialcs suppui-alives ont pour localisation principale les surfaces tégumentaires, très-rareinent les organes glandulaires; elles se traduisent à la peau par la présence de foyers purulents aiTondis, connus sous le nom de pustules, et sur les membranes muqueuses par une formation exagérée de globules de pus et de mucus, accompagnée de desquamation épilbëliale.

La suppuration qui se produit à la surface des membranes muqueuses, généralement désignée sous le nom de calarrbe purulent, a pour principaux caractères la production exagérée de leucocytes, l'hypérémie de ces membranes el la cbulc de l'épilhélium. Généralement mêlés à des corpuscules muqueux et à des cellules épithélialcs altérées (fig. 92), les leuco- (Z^ -^th-- " cvtes forment un liquide épais, blan- /ffi^^i^^ „— * /sa S

moins visqueux, suintant à ta sur- t^^#a/~ \^^ ) (^T* *

ire, plus ou rg^^-'^y^ )«-—'•

là la sur- îj7««,'~-> 'rf.JA •

face du derme, qui est violacé ou A^^ ( @^'^^' ^'ï

rougeàtre, et dont les petits vaisseaux /'«^^ «©^--"^^ft "^

sont dilatés el remplis de sang. Ces \.^^» © f ® -'"©• ®

éléments, contrairemcntaux cellules „ „„ „ ■ , . . Fie. 93, — Corpuscules de pus el cfUules

epithéliales et aux corpuscules mu- épithéliulet dam un cas de vatinite blenqucux, sont, en ce qui concenie leur norrhagique. h. Cellule *pill.6li»le d'ap-

. . pirencetilreuieavecunnoyauvésiculeux;

origme, 1 objet de vives discussions. A,autreceUul<! avec nombreuses elobulei Considérés d'abord comme issus du depu'-

tissu conjonctifsous-épithélial, ils se produiraient, suivant les recherelies de Hemak, Bulil et Kindlleisch, par voie endogène dans les cellules épitbéliales superricielles ; mais aujourd'hui, surtout par suite des expériences de Cohnheim, on tend à croire qu'ils proviennent des vaisseaux sanguins. En somme, ils peuvent avoir des origines multiples.

Les pblegmasies pustuleuses se rencontrent au niveau de la peau et des membranes muqueuses à épîthélium stratifié; elles ont leur type dans la pustule variolique. Celle pustule apparaît sur un fond fortemenl hypérémié, sous la forme d'une papule coiistîluce principalement par la tuméfaction des cellules qui composent la couche muqueuse de l'épiderme. Pourvue d'une membrane qui se fait quelquefois remarquer par des c;innelures élégamment disposées (M. Schultze),ces cellules se gonflent, tendent à prendre une forme sphéroïdale, è se dissocier, et ne pouvant répondre à

l'irritalion inflammatoire par une division complète, elles sont, pour quelques auteurs, le siège d'une formation cellulaire endogène; en même temps, une humeur claire, exsudée par le corps papillaire, soulève la couche cornée de l'épiderme et pénètre entre ses lamelles qu'elle écarte. Celte humeur renferme, suivant la période où on rexamine,des cellules épidermiques plus ou moins granuleuses et ulcérées, des leucocytes qui deviennent de plus en plus nombreux, et des cellules multinucléées qui sont des cellules épidermiques dont le noyau primitif s'est multiplié, sinon ces mêmes cellules inliltrées de leucocytes. La formation du pus (•x)mmence dans les couches profondes de l'épiderme, et un liquide jaunâtre se substitue peu à peu à la lymphe transparente qui remplit les vacuoles du sommet de la pustule. Si le processus se limite à cette suppuration purement épithéliale, le pus se dessèche et le derme se recouvre bientôt d'une couche épidermique nouvelle. Au contraire, le corps papillaire vient-il à suppurer en même temps que l'épithélium ? les vaisseaux se remplissent de globules rouges et de nombreux globules blancs; le tissu papillaire lui-même s'infiltre de ces derniers éléments, d'où sa destruction partielle à laquelle font suite des cicatrices plus ou moins régulières. La variole, la pyohémie, et quelques autres maladies zymotiques, sont la cause ordinaire des phlegmasies épithéliales suppuralives. Au contraire, les plegmasies exsudalives sont l'effet habituel d'une maladie héréditairement transmissible ou conslitulionnelle. La cause des phlegmasies diphlhéritiques nous échappe encore.

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n. — Phlegmasies nerveuses.

L'étude des alléralions phlegmasiques des éléments nerveux porte 'iniquement sur les cellules; les tubes s*atrophient consécutivement. Malgré le grand intérêt qu'elles présentent, ces altérations ont peu fixé •attention des observateurs ; aussi sont-elles à peu près complètement méconnues : aujourd'hui même, beaucoup de médecins distingués ne prê- ^nt qu'une faible attention à l'inilammation des cellules nerveuses, ou ^tae ils ne l'admettent pas. Il est cependant facile de reconnaître que ^Hes cellules nerveuses irritées ne se multiplient pas à la façon des éléments conjonctifs, elles subissent des modifications qui, par leur ressem- Mance avec celles que présentent les épithéliums enfiammés, permettent accroire à leur phlegraasie. Ces modifications, qui se rencontrent dans ^^dques états morbides, peuvent être produites expérimentalement.

Vès Tarrachement ou la simple résection du nerf sciatique chez le lapin

29h ANATOMrE PITHOLOGIQUE.

et le robayi', llaycm a vu se prodiiiro une inflammation cicalricielle, quelquefois une myélite centrait^ généralisée. Dans ces conditions, protoplasiim dos cellules neneuses perd son aspect granuleux norm: se tumélie, dcvieni plus n'frinjient, comme vitreux, et souvent vilro-vés culeux. Puis le noyau et le nucléole masqués et obscurcis disparaisseo tandis quo les prolongements de la cellule s'atrophient (lig. 93) : a contraire, les eylindres d'axe s'Iiypcrtropliient et revêtent une appi rcnce vitreuse. Itobinson prétend avoir observé chez la grenouillpl multiplication des cellules gang:l ion lia ires enflammées. Après avoir inciS' l'abdomen, cet auteur met à nu l'aorte, passe un 61 k travers les tunique de ce vaisseau, replace les intestins, et referme la paroi abdnmimlr;

Fie. 93. — Cellules nerveuset des cornu antérieurei de la moelle ipinière d'ml^ altériea cona^culivGinent i la déchirure du nert icialîque(d'aprèt Hajem).

l'aide d'une sutuic; puis l'animal est sacriflé au bout de deus à sepijosis. L'aorte excisée est lavée par le chlorurcd'or et la glycérine. Les celluleair- . vpuses comprises dans la paroi phlo^osêepi'ésententuueprolirératiouéTidente et plus ou moins avaneée selon le moment de la mort des aninuni- ' D'abord, elles perdent leur aspect granuleux, puis leur protoplasoi ^ segmente en partie ou en totalité, et tes prolongements quil caivK dans les expansions de la cellule subissent également la segmentilim- Ainsi, l'enveloppe de la cellule nerveuse primitive renferme linalens' un grand nombre de p^iles cellules qui ne tardent pas à la traven* pour s'inlillrer dans le tissu voisin, et les cellules ganglionnaires enBiA* mées aboutiraient à la formation de nouveaux éléments de nature migitloire. Ces n'>sul(ats ne sont acceptables qu'avec une grande réserve; ce qù se multiplie en pareil r^s pourrait n'être pas la cellule nerveuse, du" bien l'élément conjonciif qui constitue son enveloppe. La multipliatii* des cellules nerveuses est d'ailleurs généralement niée, et si .Vep*'' et Fleisebe prétendent avoir constaté la prolifération inflammatoire il(* cellules nerveuses cérébrales, d'autres obser\'ateurs ont pu douter d»* fait. De nouvelles rerherches sont donc nécessaires pour admettre défiiiiivement cette prolifération à la suite d'une irritation pblegmasiqif'

HYPERPLASIES. 295

Néanmoins, il nous parait acquis que les cellules nerveuses de la moelle épinière et des ganglions sympathiques subissent, sous l'action des irritants, des modifications comparables à celles qui ont lieu au sein des cellules épithéliales ; semblables modifications ont d'ailleurs élé observéCîS dans les cellules de l'encéphale.

L'étude clinique des altérations du système nerveux conduit à des résultats peu différents de ceux que fournit l'expérimentation. On constate assez généralement au eein de foyers inflammatoires la tuméfaction du proloplasma des cellules nerveuses, et celle du cylindre-axe. L'hypertrophie de ces éléments, décrite par Charcot, n'est autre chose que la tuméfaction constituant le premier degré du processus phlegmasique. Dans un degré plus avancé, le protoplasraa troublé et tuméfié devient vitreux, quelquefois pigmenté et se désagrège; la cellule diminue de volume, s'atrophie plus ou moins complètement ou disparaît, tandis que les vaisseaux, d'abord chargés de noyaux, s'épaississent et subissent un certain degré de rétrécissement. La question de savoir si, comme dans les cellules épithéliales, les noyaux des cellules nerveuses peuvent se diviser, n'est pas encore résolue, quoique, dans un cas rapporté par Charcot, on aurait pu croire à une multiplication du noyau. En somme, les cellules nerveuses ont peu de tendance à proliférer et ne paraissent pas aptes à suppurer, carie pus que l'on rencontre dans les centres nerveux a sans doute pour origine le tissu conjonctivo-vasculaire. Tuméfaction causée par l'infiltration albuminoïde du protoplasma, modification de forme avec tendance à la destruction, tels sont donc les principaux caractères du processus phlegmasique des cellules nerveuses.

Les noyaux de substance grise, notamment ceux de la moelle épinière, et surtout les cornes antérieures, sont les parties des centres neigeux les plus prédisposées à l'inflammation. Celle-ci, quelquefois limitée à un territoire restreint, s'étend d'autres fois par une marche progressive et généralement ascendante à une plus ou moins grande partie de la substance grise de la moelle épinière. Les tubes nerveux, à l'exception de ceux qui sont situés tout près du foyer inflammatoire et de ceux qui sont «n rapport avec les cellules nerveuses, s'altèrent en général. L'altération de ces tubes, toujours consécutive h celle des cellules, consiste dans une modification de la moelle, qui devient granuleuse et finit par être résorbée, d'où l'atrophie du tube. Ce processus, assez semblable à celui qui succède à la section des racines spinales, parait se rattacher surtout à la destruction des cellules nerveuses. Les éléments conjonctifs et les vaisseaux participent le plus souvent à l'inflammation des éléments nerveux; mais dans les cas qui nous occupent, cette participation est trop faible pour n'être pas placée au second rang.

C'est pendant la période de développement, c'est-à-dire au moment où leur nutrition est le plus active, que les éléments nerveux ont le plus de tendance à s'enflammer ; l'enfant et l'adulte sont ainsi particulièrement prédisposés à cette altération à laquelle se rattachent notamment les désordres de la paralysie inrantile et ceux de l'atrophie musculaire progressive.

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