ARTICLE II. -. DES NÊOPLASIES
Cette dénomination nous sert à désigner tout un ordre de lésions nutritives caractérisées par la formation de tissus nouveaux, plus ou moins différents des tissus normaux, par leur texture et leur évolution (1). '
Disposés le plus souvent sous forme de masses circonscrites et plus ou moins arrondies, appelées du nom de tumeurs, les tissus constituants des néoplasies, plus complets et plus durables que ceux des phlegmasies, ont aussi plus que ces derniers la propriété d'envahir les tissus normaux et de s'étendre. Par contre, il est impossible d'arriver à les produire artificiellement, et si certaines exostoses peuvent être l'effet d'une irritation méca-
(1) Le sens que nous donnons au terme néopiasie est un peu différent de celui que lui ont attribué les auteurs qui nous ont précédé ; mais nous pensons qu'on nous saura gré de remplacer le mot tumeur ^ dont la signification est vague et incertaine, par une expression plus précise et plus scientifique.
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nique, c'est que ces lésions rentrent plutôt dans le groupe des phlegroasies que dans celui des néoplasies.
L étude dés néoplasies a depuis longtemps fixé l'attention des observateurs. Comme toujours, on ne s'occupa d abord que de la forme extérieure de ces altérations, et dans le groupe des tumeurs figurèrent toutes sortes de tuméfactions solides, liquides ou même gazeuses. Les anciens, tous ceux qui les ont suivis jusqu'à la Renaissance, et même bon nombre d'auteurs du xvii* et du xviir siècles, ont divisé les tumeurs en trois groupes : tumores secvndum naturam^ supra naturam, prœter naturam (1). Mais ils étaient loin de s'entendre sur la manière d'appliquer chacune de ces dénominations. Après les découvertes anatomiques et physiologiques du xvir siècle, qui permirent d'acquérir des notions plus précises sur les phénomènes de la nutrition, l'acception nosologique du mot tumeur se restreignit peu à peu, et l'école de Boerhaave s'en servit uniquement pour désigner les productions accidentelles surajoutées à l'organisme et caractérisées par la formation d'un tissu nouveau. Ce sens est encore celui qu'accordent aujourd'hui au mot tumeur la plupart des médecins; il faut en excepter le professeur Virchow qui, à l'exemple des anciens, décrit sous cette dénomination les altérations les plus disparates; aussi, pour éviter une semblable confusion , avons-nous cru devoir abandonner cette expression.
Cependant, dès le xvni* siècle, on savait déjà que certaines tumeurs peuvent être formées par le développement anormal d'un tissu normal. Ainsi Liltre, ayant montré à l'Académie des sciences, en 170/i, une tumeur de la cuisse constituée exclusivement par du tissu adipeux, donna quelques années plus tard (1709) le nom de lipomes aux tumeurs de ce genre. Plus tard, Hunter rapporta tous les tissus de formation nouvelle à la sécrétion d'une substance plastique qui devient aussitôt le siège d'un travail d'organisation, et annonça la diversité des affections confondues jusqu'alors sous le nom de cancer.
Laennec, inspiré par Bichat, donne pour la première fois une classification anatomique des tissus accidentels, qu'il divise en deux grandes catégories : 1° ceux qui ont des analogues parmi les tissus naturels de l'économie animale; 2" ceux qui n'ont pas d'analogues parmi les tissus normaux. Ces deux grandes classes de tumeurs, qui répondaient en partie aux tumeurs bénignes et aux tumeurs malignes des anciens, ont été depuis lors désignées sous les noms de tumeurs homologues et de tumeurs
(1) Consultez le Traité des tumeurs du profcsBeur Broca, où se trouve un historique fort bien fait de la question. Paris, 1866, 1. 1, p. 1 et suivantes.
hétérologues, La première classe comprenait, pour ainsi dire, autant d'espèces de tumeurs homolog:ucs qu*il y a de tissus normaux ; la seconde classe se divisait, pour Laennec, en quatre espèces, savoir : les tubercules, les squirrhes, l'encéphaloïde et la mélanose. Moins parfaite que la précédente, cette dernière subdivision avait le tort de séparer des lésions semblables, comme l'encéphaloïde et le squirrhe ; mais elle n'en élait pas moins un progrès. Vers la même époque, Abemethy, qui ne pouvait, comme Laennec, profiter des principes d'anatomie générale exposés par [Bichat, abordait néanmoins la question obscuYe et difficile de la classification des tumeurs qu'il divisa en trois genres : les sarcomes^ les tumeurs enkystées, les tumeurs osseuses. Son travail donnait un appui à l'idée de Hunter touchant la multiplicité de nature des tumeurs confondues sous le nom de cancer ; il fut très-bien accepté des chirurgiens anglais.
A partir de cette époque, l'étude des néoplasies ne présenta rien de bien important, jusqu'au moment où le microscope permit de pousser plus loin l'analyse de ces produits pathologiques. L'application de cet instrument à l'étude des néoplasies fut faite dès 1838, par J. Muller, qui, lui aussi, divisa les tumeurs en deux groupes : tumeurs cancéreuses ou malignes, et tumeurs non cancéreuses. Ce moyen d'investigation ne tarda pas à être mis en usage ; mais, comme il arrive toujours en pareille circonstance, les premiers pas dans cette nouvelle voie furent souvent incertains ; aujourd'hui même ils sont encore mal affermis, n'en déplaise aux hislologistes les plus éminents, ce qui tient surtout à la connaissance incomplète que nous avons des tissus normaux. Cette connaissance est, en effet, la base sur laquelle doit se fonder l'étude des néoplasies, qui ne sont que des végétations de ces tissus ; autrement on risque de comparer entre elles des altérations dissemblables et de faire fausse route. C'est pour éviter cette faute que les néoplasies propres à chaque groupe de tissus seront successivement étudiées. Nous examinerons : 1» les néoplasies nées au sein des tissus formés parle feuillet moyen du blastoderme; 2** les néoplasies développées aux dépens des tissus provenant des feuillets interne et externe.
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§ 1. — NÉOPLASIES DES TISSl'S PROVENANT DU FEUILLET MOYEN DU BLASTODERME. — NÉOPLASIES CONJONCTIVES.
Les tissus de ce groupe ne sont pas seulement aptes à s'enflamme (voyez p. 219), ils ont encore la plus grande tendance à donner naissance à des produits qui, soit par leur simple présence, soit par \m accroissement iiidéKni, peuvent engendrer des désordres sérieux dans Torganisme. Ces produits, ou tissus pathologiques, représentent plus ou moins fidèlement les tissus physiologiques d'où ils proviennent, el, pour ce motif, ils sont dits homologues ou hétérologues. Tantôt, en eiïet, la ressemblance entre le tissu sain et le tissu pathologique est très-grande, Thomologie est parfaite , la néoplasie est homopbutifit ou typique ; tantôt au contraire, la ressemblance est éloignée, et le tisso pathologique, quoique composé des éléments plus ou moins modifiés do tissu normal, diffère notablement de ce dernier par sa texture et surtont par son évolution, la néoplasie, du moins en ce qui concerne le pronostic, est hétéroplastique ou atypique. Semblables aux tissus normani, les produits homoplastiques cessent de s'étendre après un certain temps et se limitent en général aux points directement irrités ; les antres, au contraire, ont souvent une extension indéfinie, et sont quelquefois infectieux (1).
Les néoplasies conjonctives se présentent sous la forme de masses plus ou moins fermes, d'un volume qui varie depuis la grosseur d'na pois jusqu à celle d'une tête d'adulte. Peu distinctes du tissu ncmnil dans quelques cas, elles constituent d'autres fois des tumeurs bien délimitées, ordinairement sphériques, arrondies ou lobulées, et dont la forme peut être modifiée par la résistance qu'opposent certains tissus à leur extension. Ainsi, on voit quelques-unes de ces tumeurs contourner I» os, se mouler sur les tendons, sur les nerfs, et prendre un aspect bosselé, irrégulier. La coloration de ces lésions est en rapport avec IcW vascularisation ; leur consistance varie pour chaque espèce de tissa conjonclif, mais, en général, elle est d'autant plus faible que le néoplasme renferme plus de tissu embryonnaire. Ces lésions, du reste, se modifie»!
(1) Il importe de distinguer la généralisation de l'infection dans les tumears. LeiléflMir dans la généralisation, s'étendent toujours à des tissus de même ordre ; dans Tinfediiti au contraire, elles émanent d'un point unique, afToctcnt indifféremment tonte espèce^ tissu. Les néoplasies des tissus de substance conjonctive sont beaucoup plus expoi^^ la généralisation qu'à l'inrection. .C'est ainsi qu'on les voit envahir les méniognt ^ plèvres^ le péritoine, dans une plus ou moins grande étendue^ tandis que toutes ieftnt'^ parties de l'organisme restent absolument saines.
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avec l'âge; plus fermes dans le principe, elles perdent souvent de leur consistance au fur et à mesure de leur développement; néanmoins, elles ont peu de tendance, malgré une végétation quelquefois excessive, à détndre les tissus voisins et à s'ulcérer.
U composition histologique des néoplasies conjonctives comprend des éléments propres à Tune des espèces de tissus de substance conjonctive cl des vaisseaux. Les éléments de substance conjonctive ne diffèrent |itt de ce qu'ils sont à Tétat normal, du moins à Tune des périodes de leur développement ; dans quelques cas seulement, ils sont hypertRfhiés ou légèrement modifiés dans leur forme. Les vaisseaux ont one très-grande ressemblance avec les vaisseaux normaux, ils sont divernment disposés et constituent un réseau le plus souvent très-riche. Ils nrrent révolution du tissu qu'ils parcourent ; c'est ainsi qu'ils offrent des parois très-minces, simplement cellulaires, dans les néoplasies cornpnées de tissu embryonnaire, comme certains fibromes, taudis qu'ils idjoiërent un développement complet dans la plupart des tumeurs formées par des tissus adultes, comme les lipomes, les ostéomes, etc. Ces vaisseaux comprennent des branches artérielles quelquefois d'un assez gros 3alilire, donnant lieu à un réseau capillaire très-riche, lequel constitue i son tour un système veineux remarquable par Tectasie plus ou moins Dirqaée de ses branches. Cette ectasie et un certain degré de compression [HPoduit par la masse de nouvelle formation exposent ces veines à s'oblitérer pir coagulation de leur contenu, et de là un obstacle à la circulation 31 des désordres divers dans la nutrition de la tumeur. C'est pourquoi ''injection que l'on pratique par ces vaisseaux réussit mal, tandis qu'elle ttt facile si elle a lieu par les artères. Plusieurs observateurs ont signalé ^existence de vaisseaux lymphatiques dans quelques-unes de ces prohctions qui paraissent également renfermer des filets nerveux de nouvelle formation.
Une étude chimique des néoplasies conjonctives à leurs différentes ïériodes d'évolution serait du plus grand intérêt; malheureusement, îette élude est entièrement négligée. Les recherches de Kuhne ont bien 4>pris que les tissus pathologiques de formation récente renferment de • substance glycogène; mais personne jusqu'ici n'a eu l'idée de faire un *Jamen chimique comparatif des formations conjonctives et des tumeurs *pilhéliales, qui, sans aucun doute, ne présentent pas la même composi- *0û. Toutefois, suivant Beneke (1), les néoplasies sont d'autant plus riches
(l)Bencke, {Archiv /. wiss, Heilkunde, II, 1866, tiSchmidVs Jahrbûcher,i. CXXXIV, •«46,1867).
en myéline et en cholestérine quelles sont plus malignes; abondant dans les carcinomes, ces substances seraient au contraire très-rares dai les fibromes, où Ton en trouve à peine des traces.
La genèse des néoplasies conjonctives présente les mêmes incertitud que la genèse des différentes variétés du tissu conjonctif normal ; na nous retrouvons ici en présence de la théorie du blastème et de la théor de la prolifération cellulaire. Quelle que soit celle de ces théories quoi adopte, on voit apparaître au sein du tissu physiologique des noyao] arrondis, clairs, fortement réfringents, et en même temps des cellute plus ou moins volumineuses, arrondies, étoilées, fusiformes, le tout renfermé dans une gangue amorphe, uniforme, striée ou fibrillaire. Puis il s'établit dans la nouvelle formation des différences notables en rapport avec les conditions particulières de santé de Tindividu malade et la nataie du tissu affecté. Dans certains cas, les jeunes éléments continuent leur évolution de façon à constituer un tissu définitif (fibromes) ; d'autres fois, leur multiplication est tellement rapide et luxuriante qu'ils s'aiTétentdam leur développement (sarcomes). Bien évidemment, le nombre des ?ai^ seaux développés au sein du néoplasme n'est pas sans jouer un certain rôle dans cette évolution ultérieure, mais il reste à savoir ce qui règle cette vascularité avant -de comprendre la cause de cette diBerenoe d'évolution. Malheureusement nos connaissances sur ce point ne so&l pas plus avancées que celles que nous possédons sur un grand nombre de maladies, la variole, par exemple, où les conditions de la suppuratioa et de la malignité nous sont complètement inconnues.
Les néoplasies conjonctives s'accroissent par la multiplicatioD des éléments du nodule primitif, quelquefois par la formation de nouveiu nodules, souvent aussi par l'addition de zones nouvelles aux cou^ anciennes. Effectivement les éléments centraux de r^s néoplasies ioA toujours plus anciens que ceux de la périphérie, et, tandis que les premiers sont en voie de métamorphose rétrograde, les seconds sort le plus ordinairement dans leur période d évolution ascendante. Bis plus, les tissus voisins de ces productions sont souvent modifiés di9S une certaine étendue, et tout préparés à former une nouvelle ttpe d'altération. C'est là une disposition qu'il importe de ne jamais ouMi* dans la pratique chirurgicale, si l'on ne veut s'exposer à voir appartltt* une récidive sur place.
Les vaisseaux sanguins sont ordinairement respectés par cesnêoplasieSi et si, dans quelques cas, les veines sont envahies par le bourgeonû** itient des tumeurs, c'est uniquement lorsque celles-ci sont embryoB" naires et luxuriantes. Dans ces conditions, il arrive que les parois (fc*
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veines sont déimites et que la végélalion remplit la cavité vasculaire dans une plus ou moins grande étendue, d'où la possibilité d'une embolie, d'autant plus qu'un thrombus sanguin s'ajoute ordinairement à la masse végétante. Les vaisseaux lymphatiques sont aussi quelquefois envahis par ces productions, surtout par les fibromes embryonnaires ; mais leur altération, comme celle des ganglions, est beaucoup plus rare ici que dans les néoplasies épithéliales, et n*a pas lieu si la tumeur est entourée d'une toile solide, fibreuse.
La marche des néoplasies conjonctives est très-variable : la plupart ont une évolution lente, arrivent à un complet développement et se modifient peu ^fibromes, lipomes); quelques-unes ne peuvent acquérir ce même développement, elles s'arrêtent dans leur évolution et manifestent la plus grande tendance h dégénérer.
Les dégénérescences de ces tissus pathologiques ne diffèrent pas de celles des tissus physiologiques. L'une des plus communes, la dégénérescence graisseuse, s'observe plus spécialement dans les tumeurs fibreuses, et principalement dans celles de ces tumeurs qui restent à l'état embryonnaire et que l'on désigne sous le nom de sarcomes. Elle consiste en une infiltration des éléments cellulaires par des granulations protéiques et gi'aisseuses qui donnent à la tumeur une teinte jaunâtre ou blanchâtre caséiforme. La dégénérescence amyloïde est rarement observée au sein de ces néoplasies; la dégénérescence muqueuse, plus commune, est la principale cause des kystes qui s'y développent. L'infiltration Ciilcaire est le propre des tumeurs d'origine conjonctive, dans lesquelles peut même se produire une véritable ossification . Ainsi, les tissus qui constituent les néoplasies conjonctives, non-seulement vivent et se nourrissent comme les tissus normaux, ils sont encore soumis aux mêmes altérations que ces derniers.
Les tumeurs dépendantes de la série des tissus conjonctifs, quelquefois multiples d'emblée, sont souvent solitaires. Les tumeurs multiples se rencontrent oi*dinairement dans un même système de tissu, par exemple les fibromes dans le système nerveux, les chondromes dans le système osseux. Les tumeurs solitaires accroissent leur nombre, tantôt, comme dans les myomes utérins, par suite de la persistance de la prédisposition locale, tantôt par l'effet d'une véritable infection émanant de la tumeur primitive. Ce dernier mode de généralisation s'opère par les veines ou par les vaisseaux lymphatiques : par les veines lorsque la tumeur vient à végéter jusque dans leur profondeur et aider à la formation de concrétions que le courant sanguin transporte dans les organes ; par les lymphatiques quand cette même formation, envahissant ces
LANCEREAUX. — Trailé d'Anat. I. -*- 20
vaisseaux, vient y produire des coagulums susceptibles de s'étendre plutôt que de se déplacer. Il est d'autres modes de propagation plus particulièrement propres aux néoplasies conjonctives embryonnaires ; mais jusqu'ici leur mécanisme nous échappe.
La récidive des néoplasies conjonctives est commune, surtout quand il s'agit de tissus jeunes, et, fait digne de remarque, la seconde formation n'a pas toujours les caractères de la première; il n'est pas rare de voir un sarcome se produire à la suite de l'ablation d'un fibrome, un myxome là où existait un lipome, et inversement ; en général, la tumeur récidivée est composée par un tissu plus jeune que l'ancienne, c'est une donnée que le chirurgien ne doit pas oublier.
Il importe pour le diagnostic de ces tumeurs de tenir compte de leur point de départ et de leur siège, comme aussi de leur faible tendance à l'ulcération. Constituées par un tissu plus ou moins jeune, les néoplasies conjonctives ont une grande ressemblance avec les phlegmasies prolifératives; elles en diffèrent par le fait d'un accroissement indéfini, d'une faible tendance à la régression. Leur pronostic est variable ; mais, en général, moins une néoplasie conjonctive a d'aptitude à constituer un tissu complet, plus elle a de tendance à s'étendre , à se généraliser et à récidiver; en d'autres tenues, plus la végétation s'écarte du développement normal, plus elle offre de danger pour l'organisme, et inversement. D'où cette conséquence que, pour avoir une connaissance exacte de ces néoplasies, il ne suffit pas de connaître le tissu qui leur donne naissance; il faut encore tenir compte de la manière dont s'effectue leur développement. C'est ainsi qu'une genèse lente du tissu conjonctif arrive à produire un fibrome, tandis qu'une génération plus rapide des éléments de ce tissu engendrera un sarcome encéphaloïde. Ajoutons que la malignité de certaines tumeurs dépend en outre de la structure et de Timporlance fonctionnelle de l'organe dans lequel elles se développent. Plus cet organe est vasculaire, plus l'extension est facile.
Quoique nombreuses et variées, les causes des néoplasies conjonctives peuvent se grouper sous trois chefs : influences physiques et mécaniques, influences physiologiques, influences pathologiques.
Les influences physiques et mécaniques, si puissantes à engendrer l'inflammation, n'ont au contraire qu'une faible tendance à produire des néoplasies. Ce n'est pas toutefois qu'il manque de faits où ces altérations soient survenues à la suite d'un traumatisme. Un certain nombre de fibromes adultes ont été rencontrés sur le lobule de l'oreille (1 ), au point même où
(1) Sninl-Vol, Gaz, des hôpitaux ^ 1864, p. 84.
HYPERPLASIE$« 307
siègent les anneaux; des li bromes embryonnaires ou sarcomes ont été oksenés à la suite d'une fracture des os (1) ou dune simple contusion du tissu conjonctif (2). Moutard-Martin (3) a publié un cas de gliome cérébral chez un individu qui avait fait une chute sur le crâne. Les individus qui portent habituellement des fardeaux ont quelquefois plusieurs lipomes sur le dos. Un coup, un simple choc, une fracture, peuvent être le point de départ d'un chondrome. Nélalon (U) cite l'exemple d'un homme parfaitement guéri, au bout de deux mois, d une fracture à la jambe, et qui, cinq ans plus tard, fut atteint d'une nouvelle fracture au même «Miroit, où s'était développé un enchondrome. EnKn, un certain nombre d'auteurs, dont quelques-uns sont cités par Virchow (5), ont également publié des faits d'enchondrome survenu à la suite d'un traumatisme, l'osléome se rapproche à ce i>oint de \ue de l'enchondrome, il est produit quelquefois par la même influence. Par conséquent, il n'est pas douteux que le traumatisme ne joue un certain rôle dans la genèse des Déo|dasies conjonctives. Mais qiiel est ce rôle? Si le traumatisme produisait ici, comme dans Tinflammation, des effets constants, il serait clair qu'il agirait comme cause efficiente; mais il n'en est rien, et ce n'est qu'exceptionnellement que les altérations néoplasiques des tissus conjonclifs lui succèdent. On est alors forcé de reconnaître qu'il existe une prédisposition générale ou locale de Torganisme, et, de la sorte, le traumatisme n'a plus que le rôle de cause occasionnelle. Un portefaix a un épaississement ou natoie un ulcère de la peau du dos, il est évident que ces lésions sont le resultat de sa profession ; la preuve est qu'elles disparaissent s'il vient à la <!esser. Mais si ce même individu est affecté dune tumeur graisseuse qui, nialgré la cessation de Tirritation, continue de s'accroître, il est impossible de mettre le traumatisme seul en cause, et il faut bien admettre l'exisUmce, dans le tissu, d'une prédisposition particulière pour telle «tt telle altération. Cette prédisposition, intimement liée à la nutrition fe tissus, la chimie plutôt que l'hislologie est propre à en dévoiler la nature par la connaissance de la composition exacte des déchets nutritifs, lies circonstances physiologiques qui influent sur la genèse des néo-
! (t) Stich, Berlin, kiin. Wochenfchnft , 1873.
P) H, Larrey, Union méd.^ 1852, p. 03. — Seuftieben, Àrchiv f. kL Chirurg, '\ I, li8.
P) Moutard-MarUn, Union médicale^ n^ 66, 4 juin 1868. — Lancercaux et Lacker- •*^w, Atiai (tanatomie pathologique^ p. 417.
W Nélaton, Gaz. des hôpitaux, 1855, n" 67.
W Virchow, Pathologie des tumeurs, t. I, p. 483.
plasies conjonclivcs sont la dentition, la puberté et la gestation, plus rarement la ménopause, car ces foimations, plus ou moins intimement liées au développement normal des systèmes organiques, appartiennent surtout aux périodes de croissance et d état de Tétre humain. De même que le traumatisme, ces influences ne sont que de simples causes occasionnelles et n'ont d'efl'et qu autant qu'il existe au préalable une prédisposition générale ou locale de loyganisme. Contrairement auiL phlegmasies, les néoplasies conjonctives ne sont jamais produites par des agents virulents, du moins il n'est pas possible de citer un seul exemple de transmission de ces lésions par inoculation. L'hérédité n'est pas indifférente à leur formation ; elle se trahit quelquefois de très-bonne heure, dès la naissance, par une série de petites tumeurs désignées sous le nom de na3vi ; dans d'autres circonstances, elle ne se révèle pas avant la (in de la période d'accroissement, pour le^ papillomes et les fibromes, par exemple. Certaines familles de ma connaissance ont pour ces dernières lésions une disposition des plus manifestes, à tel point que la plupart de leurs membres présentent, à une certaine époque de leur existence, des tumeurs semblables en des points déterminés du corps (1), comme s'il s'agissait d'organes spéciaux. C'est là une sorte d'anomalie de formation du genre de celle qui expose toute une descendance à la sexdigitation, et sans doute un résultat de sélection naturelle.
De même que les tissus conjonciifs physiologiques ont entre eux uoé? corrélation intime, en ce sens qu'ils sont susceptibles de se transformer les uns en les autres, et (|u'il n'y a pas toujours de limites tranchées entre leurs diverses formes, de même les productions pathologiques de ces tissus sont liées entre elles par le fait d'une coïncidence.fréquente, de I» possibilité de leur transformation réciproque et de leur naissance dans des tissus de forme différente (enchondrome du testicule, de la parotide, ostéome de la dure-mère, etc.). C'est à tort qu'on a admis qu'î^ y avait en pareil cas hétéroplasie, et qu'on a voulu tirer de là des indî— (dations pronostiques d'une certaine gravité. 11 convient, pour montpf*-*' l'erreur commise à cet égard, de rapprocher la description des altérations néoplasiques conjonctives et de les séparer des formations épilhéliales. Nous étudierons successivement les néoplasies des tissus de sut»stance conjonctive celluleuse, réticulée, muqueuse, puis, celles des tissU* adipeux, cartilagineux, osseux, Gbreux, vasculaire et musculaire.
(i) A pisis Pisones, ciccribus Cicérones, lentibus Lcntulos appeUatos esse.
HYPERPLASIES. 309
1. — Néoplasies du tissu de substance conjonctive simple ou celluleuse. — Endothéliomos.
Le tissu de substance conjonctive celluleuse est formé d'éléments indépendants, généralement aplatis, renfermant peu de contenu, arrondis, polygonaux ou fusiformes, quelquefois dentelés. Ces éléments, ou cellules, simplement accolés entre eux, sont disposés sous forme de membranes existant surtout à la surface des cavités closes ; ils constituent lesfoux épilhéliums des cavités séreuses, des capsules articulaires, des bourses muqueuses, etc., ceux du cœur et des vaisseaux, des parois des capillaires et des plus petits espaces lymphatiques, les gaines des cellules ganglionnaires et des fibres nerveuses périphériques.
Quoique privé de vaisseaux, ce tissu peut végéter : assez souvent il devient le point de départ de formations spéciales, décrites sous des noms divers, fibrophytes de la dure-mère, tumeurs tibro- plastiques ou sarcomateuses de la dure-mère (Cruveilhier), tumeurs sarcomateuses intracrftnieDnes (Lebert et quelques histologistes), sarcomes angiolithiques (Comilet Uanvier). Exagérant l'importance d'un caractère tout à fait secondaire, rinfiltration calcaire d'une partie de leurs éléments, Virchow a appelé ces productions du nom impropre de psammomes. Ch. Robin, après avoir montré qu'elles proviennent de la couche épithéliale qui tapisse la dure-mère et les séreuses en général, les a décrites sous le nom depithélioma des séreuses.
Bien que mes recherches personnelles m'aient depuis longtemps conduite partager la manière de voir de ce professeur distingué, quant à l'origine de ces productions néoplasiques, il m'est cependant difficile de les assimiler aux tumeurs épithéliales dont elles diffèrent au moins autant que les endothéliums diffèrent des épithéliums proprement dits. Effective- Bttenl, en dehors de leur structure, elles se distinguent des véritables épithéliomes, et par leur évolution, et par l'infiltration calcaire dont elles sont 'c siège ; de plus, elles n'ont pas comme ces derniers le triste privilège d'infecter l'organisme. C'est pourquoi, rattachant ces altérations au tissu conjonctif qui leur donne naissance, il me parait naturel de '^ désigner par le mot endoihéliome.
f^fscription. —Les néoplasies endothéliales, dont le siège ordinaire est la surface de la dure-mère cérébrale ou rachidienne, principalement la partie antérieure du cerveau ou de la moelle épinière, ont encore étéren- ^nirées sur le feuillet viscéral de l'arachnoïde et sur d'autres points de l^ï'ganisme. Ch. Robin les a trouvées à la surface du péritoine et dans la
310 ANATOMÎE PATHOLOGIQUE.
veine iliaque interne ; Neumann, dans la cavité orbitaire : il n'est pas douteux qu*une élude plus approfondie ne permette de les découvrir en d'au-' très endroits (1). Ordinairement solitaires, ces néoplasies sont quelquefois au nombre de deux et dépassent peu ce chiffre. D'un volume qui varie entre la grosseur d'une lentille et celle d'un petit œuf de poule, elles sont ovoïdes, sphéroïdales, quelquefois aplaties par la résistance des tissus avoisinants ; le plus souvent elles sont sessiles, et, dans quelques cas, on les trouve lixées par un court pédicule à la surface des séreuses. Leur consistance est fenne ou môme dure, et quand des sels de chaux viennent à les incruster, elles crient sous le scalpel; néanmoins elles ont, dans quelques cas, une friabilité très-grander, toute particulière, et presque terreuse. Elles ne contiennent pas de suc ; leur coloration, rosée et semée de points rouges dus à des extravasations sanguines, est quelquefois grisâtre ou blanchiltre, surtout à la suite d'une incrustation calcaire. Elles se détachent facilement de la membrane qui leur donne origine et n'adhèrent pas aux membranes voisines.
Les endothéliomes sont essentiellement composés de cellules aplaties ou fusiformes auxquelles sont ajoutés quelques noyaux ronds et des vaisseaux plus ou moins nombreux. Ces éléments réunis agissent, du moins dans la cavité crànienm\par la pression qu'ils exercent sur le cerveau ou sur les nerfs, et par conséquent leur situation, plutôt que leur volume, décide de leur degré d'importance : il y a quelquefois delà pachyméningileà leur voisinage. Les cellules ont les caractères des éléments endothéliaux des vaisseaux artériels ou veineux, des membranes séreuses; elles sont libres, accolées entre elles, ou concentriquement disposées en globes semblables aux globes épidermiques. Libres, elles sont pâles, et quelquefois tellement minces que, malgré des dimensions colossales, il est difficile de les voir, à moins d'un grossissement considérable. De forme irrégulièrement i)olygonale, ces cellules sont aplaties, assez semblables à un voile plissé à un de ses angles, quelquefois allongées et effilées vers une seule ou vers leurs deux extrénîilés (lig. 93). Entraînées parle liquide sousk champ du microscope, elles se montrent tantôt avec leur forme lamelleuse polygonale, tantôt sous la forme d'un fuseau. Vues de face, leur bord est difficih» à suivre tant il est mince; vues de profil, elles ressemblent à une cellule fusiformes très-longue, dont le centre est occupé par le noyau.
(i) Je ne doute pas, pour mon compte, que ces tumeurs ne puissent se rencont'**' partout où existent des cellules endothéliales, et je suis porté à croire que bien »obî«* elles ont été décrites sous le nom de sarcomes Pibro-plastiques ou sarcomes ftaso^o"*' laires à grosses cellule?. C'est du moins ce que me parait avoir fait Virchow (tôt. Pfl/A^ logic destumeurff, trad. franc., t. 11, p. 191).
HYPERPLASIES.
SeiTées les unes contre les autres, elles offrent une apparence fibrillaire ou
fibroïde qui peut tromper un observateur peu attentif (fig. 9U a). Enfin
quelques-unes de ces cellules, plus ou moins régulières ou fusiformes,
peuvent mesurer jusqu'à un ou deux
dixièmes de millimètre en longueur ;
chacune d'elles possède un ou deux
noyaux situés vers son centre, noyaux
munis ou non d'un petit nucléole
central.
Les cellules, concentriquenient disposées, forment des globes sphéroïdaux, composés à leur centre de petites cellules rondes et d'une masse amorphe et granuleuse, le plus souvent incrustée de sels calcaires. Autour de ce centre ou noyau globulaire, sont juxtaposées des cellules plates et allongées, qui, vues de champ, ressemblent à une bandelette fusiforme, limitée par des lignes foncées.
Si l'on fait rouler sous le verre du microscope ces agrégats cellulaires éclatés par la compression, on voit les cellules détachées conserver sur un de leurs côtés la forme courbée et concave (fig. 9U). La plupart de ces globes sont simples, quelques-uns seulement sont composés, c'est-à-dire qu'ils présentent deux ou trois petits noyaux à leur centre ; ces derniers sont quelquefois ovoïdes ou allongés. Au milieu de ces globes calcifiés se rencontrent quelquefois des bâtonnets cylindriques ou aciculaires également incrustés de chaux, terminés par une extrémité plus ou moins effilée, souvent entre-croisés en diverses directions et donnant à la préparation un aspect élégant (fig. 96 c). Virchow les attribue à l'incrustation des faisceaux de tissu conjonctif, mais il est possible, comme le prétend Robin, qu'ils ne soient que des amas de cellules très-cohérentes et calcifiées. Les grains calcaires se dissolvent lentement par l'acide chlorhydrique, et dégagent de l'acide carbonique en petite quantité; en sorte qu'il est probable qu'ils renferment plus de phosphate que de carbonate de chaux. Ils laissent après eux une gangue incolore ou grisâtre, finement grenue, conservant parfois la trace des stries concentriques présentées par les concrétions calcaires.
Fig. 93. — a, </, cellules endolhéliales libres'; b, c, mômes cellules concentriquement disposées autour de noyaux centraux et formant des globes sphériques.
312 ANATOHIE PATHOLOaiQUE.
Entre ces {tarlies on observe des cellules ol des noyaux libres ay^^ou sans nucléole, et de minces traînées de tissu conjonctif parcourues pudes vaissiiaux rapilluires nssez volumineux [»our être aperçus il Ifcil nu.
''ic. 9A. — El£in«nU provenani d'une tumeur île l'arnclinaMe. n, lei uni sux autrei. timulcnl un tixu Hbrillniro; b, cellules eiilouraat dei e, bllonnetit cylinilriqiies : it, e, eellulea librci; /, cellule* vancenlriqiiementi autour rie glcbci »phériqucE; m, baguettcE calciires ; v, viiiieau calciBé; J(i(M cellulaire ealeiHé à son cpnlre. Gro»ii<BmGii[, lâO.
Ces viiissi'au\, owi Irai renient aux globules calciliés, sont plus aboudaidt dans les tumeurs du Teuiliet viscéral que dans celles du feuillet pariétal l'arachnoïde , ce qui porte h croire <|ue lu siège n'est pas tout à Tait s influence sur tes caraclèi'cs de la nouvelle foiTuation. Les tuniques de vaisseaux sont entièrement formées de cellules semblables k celles dei masse entière. Cornil et Itanvier rattachent à un bour^eonnemeut de tuniques la formation des globt^s calcifiés, cl ce processus serait popr de tous points semblable aux modilieations physiologiques des vaîsseM du plexus choroïde. Mais si cette disposition peut se rencontierdl quelques cas, il faut reconnaître qu'elle est relativement l'are.
L'ooiulion. — Les endothéliomes naissent à la surface des membn sêi-euses et pi'ennent naissance vi-ajseniblablcmenl aux dépens des celt endotbéliales. La présence de jeunes éléments i-onds au sein deces tuini porte à croire qu'elles proviennent d'un tissu embryonnaire et non d'' simple division des éléments celluleux , leur siège et leur taiWc indiquent qu'elles s'accroissent surtout aux dépens de leur propre
HYPERPLASIES. 313
Leur marche est généralement lente, autant du moins que la clinique permet d'en juger par les phénomènes de compression qu'elles déterminent. C'est peu à peu, au fur et à mesure de leur accroissement qu'il s'y fonne des globes cellulaires que viennent incruster des sels de chaux. Quoique leur présence soit en quelque sorte accidentelle, ces globes, lorsqu'ils existent, n'en ont pas moins une valeur diagnostique des plus importantes. En dehors de l'infiltration calcaire, les endolhéliomes sont peu exposés aux dégénérescences habituelles des néoplasies conjonctives.
Diagnostic et pronostic, — Les endothéliomes sont faciles à reconnaître histologiquement, car, indépendamment des globes cellulaires qu'on y rencontre, leurs cellules transparentes, dilTérentes de forme suivant qu'elles sont vues de face ou de côté, ne permettent pas de se tromper. Les gommes syphilitiques et les agglomérations de tubercules qui, à l'œil nu, leur ressemblent, sont tout à fait distinctes, pour l'œi! armé du microscope, par le faible volume et la forme arrondie de leurs éléments cellulaires. Le pronostic de ces lésions est grave à cause de leur siège habituel qui les met à même de troubler les fonctions cérébrales ; il l'est encore par la ténacité et la persistance de ces tumeurs, qui n'ont aucuni» tendance à être résorbées. Leur étiologie nous échappe à peu près entièrement, car s'il a été possible de les attribuer, dans quelques cas, à un traumatisme, on ne peut admettre que cette influence ait été leur seule et unique cause.
Bibliographie. — Cruveilhier, Anatomie pathol, du corps humain et Traité d*anatom. pathol, générale. Paris, 1855, t. 111, p. 6U2, — Lebert, Physiologie pathologique. Paris, 18/i5, t. II, p. 15!. Traité des malad, cancéreuses. Paris, 1851, p. 755, Traité d'anatom. pathol. Paris, 1861, t. II, p. 73, pi. 101. — Bouchard, Lacrousille, Hayem, dans Bull, de la Société anat.^ 187û, sôr. 2, t IX, p. 21, 62, 323, IM. — Prévost et Vulpian, Bull de la Soc. anat., 1865, p. 38. — ViRciiow, Pathologie des tumeurs ; \rad. fr. Paris, t. Il, 1869, p. 10.) et p. 348. — J.-M. Charcot, Archives de physiologie normale et pathol.^ 1869, t. 11, p. 295. — Ch. Robin, Recherches anatomiques sur Vépithélioma des séreuses {Journal de V anatomie et de la phys., etc. Paris, 1869, p. 239). — C. Goijgi, Sulla struttura e sullo sviloppo degli psammomi. Pavia, 1869. — CornilcIRanvier, Man. d'hist. pathol., p. 238. Paris, 1869. — Lancerk.alv et Lackerbauer, Atlas d'ana- Umie pathol. Paris, 1870, p. 108-110, pi. xlvi, fig. 1 et 1', pi. xlii, tîg. U et W. — J. Eberth, Archiv f. path. Anat. und Phys.y 1870, t. XLIX, p. 51. — T. Neu- MANN, Uebci' Sarcom mit endothelialen Zellen{xirchiv d. Heilkunde, 1872, p. 305). — L. Sabatié, Étude sur les tumeurs des méninges encèphalirpi^s. Thèse de Paris, 1873. — RusTizKY, Epitheliakarcinom der Dura-mater mit hyalimr Degeneration {Arch. f. pathol. Anatom. und Physiol., LIX, p. 191 \
ASATOMIE PATHOLOGIQUE.
IL — Nûoploiiei de aubtUnce conjoni'live réticulée. — Lrinpbon
"•ff
La substance conjonclivo i-éliculoo se présenlesous la rornic de Hlules étoilt'fs, anastomosées on réseau, ou de fibres dérivées de ces cellulesel limitant |>lus ou moins oomplétenienl des espaces comblés pardeséléinenls cellulaires semblables à ceux du chyle ou de la lympbe; elle est parcourue par de nombreux capillaires qu'elle enveloppe, el auxquels elle forme une soile de gaine et de mancbon (lig. 95). Les libres qui la constituent sont formées, non d'une substance collogèiK ou élastique, mais d'un canposcapparlenantauxmatièns proléiques, puisqu'il est ûiso> lubie daus l'eau bouîllaided solublc seulement iva les alcalis caustiques.
Très-répandu comme substance de protection et d'enveloppe, le tissu conjoDrIil réticulé se trouve : 1* dus m-.. <}Ju — Thm ronionciir réiitulé il" un foiiiiuio toutes Ics glandcsfolliculcuses de l'ejer <iii l»pin adulte. iVtprl-» Frej. a, vois- (gjandes lymphatiques, raie, ieaux cai.illiiire»; 6, charpenteréticulée; c.cel- . ■ ■ . .i. i
Iules Ijinpiiatique». — Le de.im peut wrvir à amygdales, thvmus, follicoles représenttr le iiiêmc tissu dans un foUicule t»i\- Je l'estOmac, de riul«^slin)tl elionnaire. ID'après Frev.) , . . ,
dans certames régions des
muqueuses de lu langue, du phnr\'n\, du larynx, comme soutien lin parenchyme des cellules lympboïdes; 2° dans l'encéphale el li moelle épinièrc, où il compose pour ainsi dire toute la trune; dans la rétine, la choroïde et l'iris; 3° enfin, dans certaines glandes, eoinine substance de prateetion et d'enveloppe des éléments glandulaiix's (reins, foie, nie), Dr, quel que soit l'organe où il se rencontre, le tissu conjonctif mliculé peut végéter et donner naissance à des productions qu'il importe de grouper et d'étudier, comme le tissu normal, sous un même chef, puisfju'elles constituent une famille uutomo-patholu^iiiue des plus naturelles, malgi-é les noms divers sous lesquels elles ont été décrites : adénro, leucémie, lymphome, lymi^ déiiome, lympliosarcome, gUoine, gtiosarcome, sarcome globon»"*" laire, lymphadénoïde. etc.
Les végélati(ms du tissu n'-ticulé soni des plus communes, cequilieBl
nVPBBPLVSIES.
I la fois h lu jsr.iiido extensiuti de ce tiâsu ot îi ses propriêlés ^dnéntncfS spéciales. Il esl probable, en effel. que ce lîssu ilonntt naissance mjeunes cellules reiifermccs dans ses mailles, et l'on comprend que sous rinllnence d'une iiriliilîon ni^mo légèi-e la piYKiuction de rcs cellules derienne plus abondonle. Que les éléments du réseau se multiplient en JS^Die temps, il survient des tumeurs qui ont pour cai-actfii-es communs d'être constituées par uitf trame n^ticuli'^', au sein de laquelle seront iroulés en plus ou moins grande abondance des éléments lymphoîdes. Ca tumeurs uu végétations lymphatiques sont, suivant le plan adopté uuioet onvi-a^e, désignées sous le nom unique de lympliwnet (t).
Dettription. — Les lymphonies ont un volume qui varie depuis ■ jETOSseur d'une ginnulation miliaire jusqu'à eelle d'une pomme.
- U» ganglinn
s Je riiïielle
<lnns un cas cJ« leoeénuo. a. irlAre
[D'après lAll
a d'uni! lomi
potholoai-iu
Ali Laneereoul cL Latkerbnuer.)
ifuDe orange, ou du poing d'un adulte. Itarement solitaires, ils it le plus souvent multiples, toujours mal limités au sein des piea , tellement que dans les glandes lymphatiques , lorsqu'ils
K sont pas trop voluTuiiieux , ils passent facilemeal pour une mplc hypertrophie (fig. 96), Ils ont une apparence médullaire encé-
(l| i'ù antrelois {Altiiii rTanntomie pnlhnlogiqué) appelé du nnm de lymphomn lei lirtUani ginglionnairea qui >e rnUachiMil mijnurd'hui à l'intlninniilioD, Inodii que Je *™rituiaui |p noin de Igmphadéniimet \es tumcuri donl il ot ici question.
phaloïdc, une consistance un peu molle, une teinte grisâtre, avec (les points rougeâtres corn^spondanl à des dilatations vasculaires ou à de petits foyers hémorrhagiquos ; exceptionnellement ils présentent des parties opaques, lai*dacées, caséiformes; aussi n*ont-ils aucune tendance à l'ulcération. La pression en fait suinter un suc plus ou moins abondant et lactescent, dont les caractères macroscopiques rappellent le suc du carcinome. Ce suc est c/mstitué par des cellules rondes, petites, d'une dimension moyenne de iO mill. de millimètre, ne contenant qu'on seul noyau, et par des cellules plus volumineuses, moins abondantes, mesurant 20 mill. de millim. ou même plu§, et renfermant plusieurs noyaux. .4a niveau des points colorés, ces cellules contiennent du pigment sanguine différents degrés de coloration, comme il s'en rencontre dans la pulpe splénique. On y trouve en outre des cellules aplaties, d'apparence fusiforme, contenant des noyaux ovalaires, et provenant de la paroi te vaisseaux, puis des globules rouges et des noyaux libres, résultant dclt déchirure des cellules qui les contenaient (Cornil et Ranvier).
Artificiellement durcies et examinées au microscope, ces productions sont constituées par une trame ou stroma très-caractéristique et parte éléments cellulaires. Si, à l'aide d'un pinceau passé sur une coupe Goe. on vient à isoler ce stroma, il se montre sous la forme d'un tissu réticoB <iui, partant des capillaires, présente au niveau des entre-croisements te noyaux ovalaires. Les mailles de ce réseau emprisonnent les cellnles lynîphatiques ; elles sont parcourues par des vaisseaux plus ou moins dilatés, contenant, soit des globules rouges, soit des globules bhiKi <|ue colore le carmin. Dans le premier cas, la composition du sang n'es! pas sensiblement modiliée, si ce n'est par une diminution générale dn nombre des globules rouges ; le lymphome est dit anémique^ et la maladie à laquelle il se rapporte est décrite sous le nom d'adénie. Dans le second cas, les globules blancs se trouvent en gi*ande abondance dans le sang et dans les capillaires; le lymphome est dii leucémique^ ^^ maladie qui l'a produit est connue sous le nom de leucémie ou de feu»* cythémie. Il semblerait de prime abord qu'une différence aussi grande dans la couîposilion du liquide sanguin dût se rattacher à une différoicf non moins considérable dans la structure des tumeurs lymphatiques; mais jusqu'ici l'adénie et la leucémie paraissent être constituées pari* mêmes lésions essentielles, le tissu adénoïde en est la base principate- Cependant il est certain qu'une condition spéciale doit amener la leuce©!^» et quelques auteurs ont prétendu avoir trouvé celle condition dans la destruction des vaisseaux de la néoplasie qui déverseraient les ^ ments lymphatiques dans le sang. Mais nous croyons plutôt à la pa^
HYPERPLASIES. 317
ticipation de certains éléments, ceux des petits vaisseaux en particulier, au processus morbide ; ainsi, Deiters aurait trouvé dans un cas des traînées decellules fusiforraes dont les couches extérieures contribuaient à former la paroi des capillaires, tandis que les couches internes participaient à la production des globules lymphatiques.
Les lymphomes sont des végétations qui présentent de nombreuses Yariétés. Ces variétés se rattachent, les unes à la prédominance de Fun des éléments constitutifs, les autres à une influence topique.
Quelquefois les éléments cellulaires sont le siège d'une multiplication hxurianle : peu à peu le tissu réticulé est éloufl'é, il disparaît complétonent, et l'organe tout entier se transforme en un amas de cellules lymphatiques; les vaisseaux se rompent et donnent naissance à des lémonrhagies ; la néoplasie est molle et présente les apparences d'une Inmeur encéphaloïde ; tels sont les lymphomes anémique et leucémique. D^autres fois, la végétation des éléments de la trame, ou tissu trabéculaire, remporte sur celle des éléments lymphatiques, la capsule et les cloisons de la glande sont épaissies, le réseau fin de Tintérieur du follicule devient |los fort et se sclérose par places, en sorte que la glande afleclée ofl're im aspect fibreux ou squirrheux ; et, si ce tissu ne se développe pas fDtikement et reste à Tétat embryonnaire, la tumeur est plus molle et 0k même temps plus dangereuse. La variété de lymphome ainsi caraclérisée, est décrite par quelques auteurs sous le nom de It/mphosarcome . Lestonsilles et les glandes lymphatiques du cou en sont le siège le plus kbituel ; de là cette altération s'étend, tantôt dans les aisselles, tantôt et plus souvent dans le médiastin antérieur, comprimant la trachée, les labseaux et les nerfs de cette région. Solitaires, ou le plus souvent limitées à un groupe de glandes lymphatiques, les tumeurs dites lympbosarcomes peuvent se généraliser; le siège de prédilection de leurs métastases est la rate, et elles auraient même récidivé après avoir été extirpées. Quelques-unes des tumeurs ainsi dénommées peuvent, il est ▼rai, appartenir aux fibromes que nous appelons embryonnaires ou sarcomes.
Envisagés au point de vue de la région, les lymphomes offrent des difl'éïences sensibles. Au sein des glandes lymphatiques, ils représentent des Imneurs diffuses, mal limitées, facilement prises pour de simples hyper- ^phies ; car, malgré leur augmentation de volume, ces glandes consentent leur forme, leur coloration, et parfois aussi leur consistance lfig.97;. Toutefois, si l'accroissement de volume survient rapidement et
^quierl des proportions un peu considérables, les glandes incisées présen-
^^niun [H)intillé rougeàtre, produit par la dilatation des nombreux vaisseaux
318 ANATOHIK PATBOLOCIOnB.
qui les pitrcoiiiviit, ot qucl({ucfois par àf petits exlravasats sanguinlt mremeut, elles laissent voir des piirties (i|)aqucs, jaunâtres, lard c«es ou caséeusos. Les follicules, augnumlés de volume, sont coiiiprioiés et modiliés dans leur forme, el In substanre médullaire du gan-
glion est en quelque sorte remplacée par la suhstanoe corticale, affeCt»^ tout à la Tois d'Iiyperplasie et d'hypertrophie. Ainsi, la partie médullaire se trouve comme eOacée, et, sur une surface de section, on aperçoit les fentes qui correspondent aux sinus lymphatiques enveloppant les follicules. Surime coupe microscopique ()ratiquée après durcissement et traitée par le pinceau, le réticulumapparatt ivlié aux vaisseaux capillaires remplis, soit de globules l'ouges, solide {^lobules blancs, tandis que les fibrilles d réseau, beaucoup plus épaisses qu'i'i l'étal normal, montrent sur quelques
uns de leurs points d eiitrc-croisemenl des am&& de noyaux uvalaiies.
Les lyniphumes de la rate sont Aittas ou circonscrits et ressemblent à une hypertrophie simple, à des tumeurs plus ou moins volumineuses, de la dimension d'un pois, d'une noisette, d'un marron (voy. mon Aths, pi. 61), iig, 1). Ils se développent dans la pulpe et aussi dans les corpuscules de Malpighi ; ils ont un aspect l'ougeàtre, une densité plus grande que colle du tissu normal de la rate, et sont composés de cellules lymphatiques et d'un tissu réticulé épaissi. Dans un cas qui m'est personnel, la rate, adhérente au diaphragme d'une longueur de 36 centimètres et d'une largeur de Ti centimètres, formait une sorte de gâteau d'un poids de plus de 3 kilogrammes (lig. 96), Le thymus, lors même qu'il a subi une atrophie presque compléle,pcut devenir le point de départ d'une production lymphomateuse; aussi le voiton reprendre et acquérir un volume démesuré.
A la surface interne du tube digestif, partout oîi se rencontre le tissu adénoïde, dans l'estomac et dans l'intestin, les lymphomes se présentent comme des tumeurs bosselées, , grisAti-es ou rosties, molles, en forme do circonvotution, ou encore comme des plaques plus ou moins épaisses et saillantes , inégales et parfois ulcérées a leur centre. I>lte double disposition peut se rencontrer sur les mêmes points ou sur des parties différentes du tube inleslinal. A côté des glandes en tube, renfemiant un contenu gi-anuleux, on aperçoit au microscope un tissu réticulé de nouvelle formation, caractérisé par de larges mailles, avec contenu cellulaire, et des trabécules épaissies; souvent même les glandes épithéiiales ont disparu, il ne ivsle que le tissu réticulé, dont les mailles sont l'emplies de cellules lymphatiques. Dans un cas que j'ai vu, quinzeà vingt tumeurs grisâtres ou rosées, hémisphériques, irrégulièrement arrondies et du volume d'une |>olite noisette, faisaient saillie à lasur-
orgaae présente sur lu surface <le »
breuwg taches jaunes dues i it le [rajel des vi '
320 ANATOMIE PATOOLOGIQUE.
lace de la muqueuse épaissie de reslomac. Des tumeurs semblables, mais plus volumineuses, existaient à la face interne du duodénum et de la première portion dujéjunum anormalement dilatée. Plus loin, une large plaque d'un centimètre d'épaisseur et de près de M) centimètres de longueur occupait tout le pourtour de l'intestin. La surface externe decette plaque, unie, blanche et comme fibreuse, présentait quelques petites bosselures du volume d'un pois, tandis que sa face interne, irrégulière, blanche et roséepar places, était le siège, sur l'un de ses points, d'un piqueté noir hémorrhagique. Dans quelques cas, ces altérations se présentent sous forme de petites tumeurs acuminées, semblables aux follicules hyperplasiés de la fièvre typhoïde ou de la tuberculose, rarement déprimées ou ulcérées à leur centre. Constituées par les glandes de Lieberkûbn et un tissu réticulé de nouvelle formation se substituant au chorion muqueux, ces tumeurs me paraissent plus communes qu'on ne le suppose généralemenl. L'atlas du professeur Cniveilhier renferme, malgré Tabsence de tout examen microscopique, un exemple non douteux de cette altération (i:. La surface interne de l'estomac présente un grand nombre de repITs sinueux affectant la disposition des circonvolutions cérébrales, et dirigés de l'orilice cardiaque vers l'orifice pylorique, à une petite distance duquel ils s'arrêtent. Indépendamment de ces replis, la muqueuse épaissie de l'estomac offre une multitude de petites granulations plus ou moins saillantes à sa surface; les membranes sous-jacentes sont intactes (fig. 99). Larauqueusede l'intestin grêle, grisâtre et de consistance normale, est hérissée de milliers de saillies, discrètes pour le plus grand nombre, c^niluenteseo quelques points: ce sont les follicules hypertrophiés et transformés en kystes par dégénérescence muqueuse. Ces organes sont, les uns sessiles, aplatis, lenticulaires; les autres, pédicules, ovoïdes, semblables aune petite vessie, du volume d'un pois, de couleur rosée, avec de nombreuses ramifications de vaisssaux capillaires. On ne peut distinguer d'orilîcesur aucun, mais si on les ouvre avec le scalpel, il en sort un liquide visqueux analogue à celui (|ui tapisse les parois de l'estomac. Ces follicules existent 4ians toute l'étendue des deux intestins, ils sont nombi*eux surtout dansb première portion de l'intestin grêle. Les plaques de Peyer sont tuméfiées, comme aussi les ganglions lymphatiques annexés aux diverses parties du tube digestif, lesganglions sous-maxillaires et cervicaux, lesamygdalesetles follicules clos de la base de la langue. Le foie et la rate sont très-volumineux. Les membran(»s séreuses, dépendances du tissu lymphatique, ne sont
(1) Cet exemple est emprunté au docteur Briquet, qui l'a publié dans le joan»» L'Institut médical, ii» du 15 juillet 1839, sous le titre: Observation (t adénite chn^iq^ avec altération spéciale ries follicules muqueux du tube digestif»
HrPERPUKies, 32i
sewraples des alleinles du Ijiiiphome. Los ili-ux plcvies. dans un cas )porlé par .Vutnann, élaieul comme liuublws par une o
«1, (i'appareucc tiiédultaiiv, Tunnaul
;li(3 de tissu viiritable coussinet sous-
10. — Eitomae et ditodjnuoi dont les folticules cloi et le (ïmu adénaïde sous- Bqueux sont le siùge il'ime hyiicrplaiie considérable, o, ind^ion dviliniïc i montrer '[nûsÎMemeal de U muquouïc ; i, tumeur tpnglionnaire. Semblable alléralian extile irlmle l'étendue de l'inleitin grSIeel du gros inlcsUo.
ux, analogue à un pannicule ndlpcux. Ce tissu, sous rornic de plaques Ses, envahissait en arrière le périoste des corps vertébraux, en avant, «x postérieure du sternum, et envoyait des prolongements k travers . — Tniti d'Auit. 1. — 31
832 ANATOMIB P»THOL(KilOUK.
les raîscenux du gi'niid pectoral. D'une consistance somlilablu à celle d parenchyme des ganglions hypertrophiés, de teinte jaune pAle avec d points iiTéguIièrement injectés et confieslionnés, ce tissu, â la laissait échapper un suc abondnnl, blanchâtre, laiteux ; il était c d'un réticulum serré, d'un réseau capillaire et de petits éléments ronds, mats ou incolores. Dans les muscles envahis, les corpuscules lymphatiques occupaient le pénmysium, les fibrilles musculaires primitives étaient absolument intactes.
Développés dans les organes parenchymaleUTc, les hmphomes gnl a général l'apparence de petites tumeurs mal circonscrites, grisâtres c blaiichiUres, dont le volume varie depuis la grosseur d'un pois jusqu'il celle d'un marron. C'est sous cette fomie qu'ils se rencontrent dans foie, les reins, et sans doute aussi dans les poumons. Toulvlois. h ciitéd ces productions constituées comme celles du tube digestif par un tiss adénoïde réticulé, il existe quelquefois au sein de ces organes, romin l'ont vu Ollivier et Ranvier, dans un cas de leucémie, des noyau dapopiexie dilfuse de globules blancs, qu'il importe de ne pas confondi avec les lymphoraes iTais.
Il y a lieu d'être surpris que, malgré l'existence d'un tissu réticulé dana ' les centres nerveux, on n'ait jamais signalé la presence de tumeurs lymphatiques dans ces centres ; mais celte contradictiou n'est sans doute qu'apparente. Il est vraisemblable qu'un cerlain nombre siuoaj la plupart des tumeurs décriles sous le nom de gliomes doivent rentre dans le graupe des lymphomes, dont elles ne dilTèrent que par u]i0.fl structure un peu spéciale, en mp])ort avec la structure de la névroglJe.ï La natuiT du tissu-mère détermine en effet, du moins au début, lei'I caractères de la formation nouvelle ; plus lard seulement, celle-ci prenA'l dans sa niarehe les allures d'une production indépendante. D'ailleurs,! de même que les lymphomes, certains gliomes n'ont pas de limilâ^fl tranchée; ils apparaissent h la convexité des hémisphères comme umT circonvolutioit d'un développement colossal (voyez mon Allas d' Anatomù-M pathologique, p. Ul6 et pi. hi, iig. 3, 3' et 3"], et ne se distinguent dttf tissu sain que par une plus forte vascularisalion. Quelquefois ceperb danl, ces productions révèlent une forme aiTondie, sont mieux circon* sciites et constituent des tumeurs qui peuvent acquérir le volume d'uB^ marron. Ces tumeurs, molles, hIanchAtres, d'apparence médullaire, avec des stries ou des points rouge(ttres produits par des dilatations vasculaires ou des extravasats sanguins , sont composées de petites cellules rondes et de noyaux analogues aux cellules et aux noyaux de | la lymphe, dispersés entre les capillaires dans une espèce de stroma M j
HÏPERPI.ASIES. 323
le réseau exti-êmement fin (fig. 100). Ces formations iic s'élendenl génénlemenl pas nu delà de ia névrogiie; mais il csl vrai de dire que b lymphomes des glandes lymphatiques et ceu\ du tissu adénoïde de l'hileslin restent fréquemment limités à ces mêmes parties. Il y a par conséquent pour les néoplasies lymphatiqies, comme pour la plupart des naTelles formations des centres r^iaiiaux multiples.
Us 03, organes riches en tissu ■dJDoIde, sont aussi, dans certains EU,lesiégedelvmphomes. Ccsnéol^es déterminent une augmcn- Uiongénéraleet limitée du volume le l'os qui, à la coupe, présente lus ra partie médullaire des points ■ flots rougeàtres, souvent jau- *« ou lardacés, s'élendanl pariw jusque dans la substance compacte dont ils amènent la raréfacioD. Le tissu osseux, au niveau de ces tlots qui tranchent sur la partie une du voisinage, est diminué de consistance, et, pressé entre les loigls, il laisse généralement sourdre un suc abondant, blanchâtre, l^èTement tilant. Une coupe fine de ce tissu, lavée el examinée au ini- 3DNope, montre un stroma réticulé limitant des mailles plus ou moins ^nes, dans lesquelles sont comprises quelques cellules arrondies, Mdes noyaux libres revêlus d'une mince couche de protoplasma. Les firties rouges de cette néoplasie sont constituées par un tissu lymplialiqne en voie de formation, et dont l'abondance contribue ii amener la '^Mrplîon graduelle de la substance osseuse, tandis que les portions nues sont dues à une dégénérescence graisseuse plus ou moins avancée iw éléments cellulaires de ce même tissu. Cette altération, qui, à l'œil nu, «semble assez à la suppuration osseuse, coexiste toujours avec des lymphomes d'autres organes; néanmoins il y a lieu de se demander si quelles sarcomes myélogènes , isolés des os, n'ont pas leur place dans la Snnde famille des lymphomes.
Certaines tumeurs de la peau, généralement décrites depuis Mihert sous KnoDt de mycom fongolde, ont été rattachées il y a quelques années ■■ lymphadénie cutanée. Nous n'avons aucune objection à faire à cette "•nière de voir, si ce n'est que jusqu'ici ces tumeurs se sont montrées ii^peiKlantes de toute lésion de la rate et des glandes lymphatiques. ^Viidant, l'autorité de Ranvier, qui a trouvé ces tumeurs constituées
par
ANATOMIE rXTDOLOCIQUE.
Ii3 lissu lymphatique ou adénoïde de Ilis, ne doit laissoi nalure, el nous n'hésitons pas à les faiio
doute sur luur nalure, et nous n'hésitons pas à les Inno rentrer dans le groupe des lyniphomes. Ces tumeurs, saillantes à la surface de la peau, du volume d'un pois ou d'une noix, sont dures, élastiques, rosées ou rouge violacé, ce qui les a fait comparer par Alibert à des J tomates milres(lig. 101). J Elles sont isolées cohérentes sur c«rtaiiir| pointa, d'où l'aspect n meloimé de la niasse foBt goïde ; elles ne sont ja« mais pédiculées.
accroissement est en f; néral rapide, qu'elles ont aci^uis certain volume, elles rétent dans leur dévelof pemenl, les unes s'atrO^' phient et peuvent disparaître, tandis que les aur très, habituel lemeut les plus grosses, se ramolli^; sent el s'ulcèrent.
Le sang, en vertu i ses rapports intimes av( le système lymphatiqui est toujours pi us ou m
Fie. 101.- Tronc d-une malade atlciDU de mycosUfon- ™*"*'''é '^^^ '^S indlVÎ gDïde(]ymphoineculai]é).[LemcidèlGraitpiirlLeduniutée dus atteints de lympl Je ibipM S.l»i-L..i0. „,^5 muUiplos. Celle mo- '
dification porte spécialement sur les globules blancs, dont le nombre est en général augmentti, et quelquefois dans une proportion considérable (leucémie). Les globules rouges, au contraire, sont diminués de nombre et souvent de volume, l'albumine et la fibrine sont en faible proportion; le liquide séro-sanguinolenl retiré par moi de la plèvre d'un leucémique ne se coagula nullement. Les matières grass et les matières extractives, hypoxanthiue, leucine, etc., sont en pin grande abondance. Ces niodili cation s contribuent Ji amener des héni(H rhagies, accidents fi'é(iuents dans la leucémie surtout, où elles se i contrent jusque dans les organes non envahis par la néoplasic. ProduiM I
HYPERPLASIES. 325
parla rupture oes capillaires, ces hémorrhagies surviennent d'autant plus facilement que les vaisseaux renferment plus de globules blancs. Il est vraisemblable que le pouvoir adhésif de ces derniers favorise Tobstruction Tasculaire, augmente la tension sanguine et détermine les ruptures. Dans un cas qui m'est personnel, cette obstruction était tellement prononcée que tous les petits vaisseaux des hémisphères cérébraux, remplis de globules blancs, offraient les apparences de la plus belle injection merearielle. Quelquefois l'obstruction vasculaire détermine la formation é'inbrctus caractérisés par des Ilots blanchâtres, opaques, caséeux, ayant la structure du tissu adénoïde.
Évolution. — Si nous connaissons exactement le point de départ des lymphomes, par contre, nous savons moins comment ces tumeurs prennent naissance. Sont-elles TefTet direct d'une simple multiplication des éléments préexistants ; proviennent-elles du développement préalable d'un tissu embryonnaire? L'observation est difficile pour les Ijmphomes des glandes lymphatiques, où tous les éléments cellulaires paraissent végéter, les cellules lymphatiques dans l'intérieur des alvéoles, les cellules de tissu conjonctif dans les capsules, les trabécules et les réseaux formant les sinus ; mais elle est plus facile pour les autres organes. Comil et Ranvier admettent que la première phase de développeiD^t du lymphome des os consiste dans la production d'une masse de tissu embryonnaire aux dépens de la moelle osseuse, tandis que ce déyeloppement a pour point de départ, dans quelques autres organes, le tissQ conjonctif interstitiel. La seconde phase est représentée par la brmation, aux dépens des cellules embryonnaires, de prolongements fûf arrivés au contact les uns des autres, se soudent et composent le lads réticulé. Les cellules embryonnaires qui ne subissent pas ces modiications forment les cellules lymphatiques.
L'accroissement des lymphomes, généralement uniforme et continu, s'opère par la multiplication des éléments lymphatiques et par l'extension de l'altération aux parties voisines. Ces néoplasies ont fort peu de tendance à dégénérer; elles s'ulcèrent rarement, et n'arrivent jamais ^une résolution complète. D'un autre côté, elles ne déterminent aucune fente purulente des parties affectées.
Diapastic et pronostic. — Tumeurs mal circonscrites ou diffuses, les lyniphomes sont facilement confondus avec les hyperplasies phlegmasi- ?i^; ceux des glandes lymphatiques surtout ont, à leur début, une <^de ressemblance avec les adénites ganglionnaires. Comme ces
326 ASITOMIB PATBOLOGIQITK.
d<!i'iiii>i'eR, ils ronsistent dans une formalion cellutnirr plus ouiimms abuDdunlo ; mais ils se distingueut par une consistance uniforme, un certain degré de mobilité, et aussi par leur évolution. Eiïeclivemenl, tandis que la nouvelle fonnation de la lymphadéiiite est destinée » périr par dégénérescence graisseuse, caséeuse, ou par fonte purulente, celle des lymphomes, continuant de vivre et de se développer, persiste h peu près indéliniment, et cela en dépil des traitements les mieux administrés.
Pour ce motir, le pronostic des lymphomes est sérieux ; néanmoittiJ il présente des degrés de gi-avité qui sont en rapport avec les nooM breuses variétés des tumeurs lymphatiques. La variété dite lympbo-snl come est redoutable en raison de sa tendance à l'infection et aux récidives ; les autres variétés, moins malignes, sont le plus souvent fatales, par leur tendance h la dissémination. La gravité du pronostic ou mieux de li durée du mal se juge ordinairement d'après ta rapidité de la croissance, b général, on peut admettre que la maladie est d'autant plus dangereux qu'elle apparaît à un .tgu moins avancé, qu'elle se développe avec plus de rapidité, affecte un plus grand nombre d'organes et s'accompagne d'uui: altération plus profonde du liquide sanguin.
pathogéme. — Les lymphomes ne sont presque jamw congénitaux ; cependant Ils se rencontrent depuis la première annw jusqu'à l'âge de quarante à cinquante ans; plus taixl, ils sont ram. C'est entre huit et vingt ans que ces altérations ont leur plus grande fréquence, ce qui porte k croire qu'elles ne sont pas sans relation am i« développeraentdusystèmelyniphatique.Cestumeurs sont communes cIm les scrofuleux, les rachitiques, c'est-à-dii-e chez les individus où a prédominance dutempéramenl lymphatique. On les voit apparaître i|i quefois à la suite d'une intoxication maremmalique, mais trop ment pour que l'on puisse considérer cette intoxication comme cause efficiente. Mosler a obsené un cas de leucémie après un Irauin*tisme de la rate; mais, avant d'admettre l'inDuence de cette catiM, il serait nécessaire d'avoir des faits plus nombreux. En résumé, nous connaissons fort peu l'étiologiedeslymphomesetnous ne sommes pasnjieM renseignés quant à pi'ésent sur les conditions pathogéniquesde ces tumeui^-
BlBLiOGR.tPnlE. — 1.7inpfa(inicH anénilqae*. — 1° !>£$ gi.akdes LTH
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HYPEBPLASIÏS. 327
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HITEBPLASIKS. 3?9
III. — NéopUaies de lubilance conjonctive muqueuse. — Mytoinei.
Le tissu muqueux, oinsi dénommé à cause de sa. cotisislance et de sa composition chimique, oii il entre de la niucine, ef,[ Iri^s-commun chez les animaux inférieurs. Itépandu chez le Toetus humain, il conslilue certaines masses embryonnaires destinées à disparaître. Moins abondant chez l'adulte, oii il se transforme d'ordinaire eu tissu graisseux, excepté dans les parties génitales externes où il passe à l'état de tissu sous-culané lâche et forme le darlos, il se l'etrouvc dans le corps vitré, le bulbe dentaire, dans les parois et les valvules cardiaques, et dans quelques autres endroits. Mais sous l'influence de certains étals pathologiques, il peut réapparaître au sein d'une des variétés du tissu conjonctif. On l'a vu se produire aux dépens du tissu adipeux du péricai'de, de celui du hile du rein, du tissu sous-jacent à la dure-mère, de celui de la moelle osseuse, etc. I.c tissu muqueux se développe encore pnthologiquemcnt dans quelques tissus dont la composition se rapproche de la sienne : ainsi s'explique la fréquence relative des productions muqueuses dans la névroglie dont la structure, en certains points, notamment au niveau du calamus scriptorius, est des plus délicates et presque gela ti ni forme.
Le tissu muqueux ou gélatineux est fonné d'un réseau de cellules ou de nbres séparées par une substance fondamentale homogène, molle ou liquide, contenant de la mucine ou une substance iinalugue. Tout d'alwrd, ces éléments cellulaires de foiTne arrondie sont plongés dans la masse interctillulatre homogène ; mais cet état embryonnaire persiste rarement. Les cellules deviennent fusiformes, étoilées, tendent à se souder par leurs prolotigenienls ; puis la substance fondamentale prend un aspect strié, librillaire, on sorte que, peu à peu, la matière gélatineuse se trouve renfermée dans un réseau aréolaire. Ces changements sont importants à retenir, car ils pennetleni de bien comprendre les variétés des néoplasies muqueuses, altérations décrites sous les noms de tumeurs colloïdes ou gélatineuies, coUonéma, mt/xotnes.
Description. — Les myxomes s'observent quelquefois chez les nouveau-nés, où ils siègent principalement à l'insertion du cordon ombilical. Chez l'adulte, ils se rencontrent dans des points préalablement occupés par d'abondantes masses graisseuses, comme la cuisse, le cou ; oti bien dans des points où existe te tissu lAche connu sous l'épithète de dartoïde, dans le sein, les grandes lèvres, le scrotum. On les Irouve enfin dans la moelle des 03, à la surface du péritoine, de l'orachnoîde [fig. 1U3), et dans l'épaisseur des substances nen'euses, où ils ont pour point
330 ASATOBIK PATHOLOGIOUE.
(le d(-part la iiévio^lie ol le périnèvre (névrome de certains auUurs], Ces tumeurs se présentent sous ia Tonne déniasses nirenient diitutes, le plus souvent circonscrites, d'un volume variable, qui peut alleiiidw la grosseur du poing. Lisses, arrondies, souvent lohulées ou [téiliculées (polypes muqueux), elles se Tont remarquer par leur consislaiiw
qui est celle d'une substance gélatineuse, mais qui peut élre plus l moins ferme ; leur mollesse est quelquefois si gi'ande qu'elles donnenll sensation de fluctuation. La pression et le raclage en font sourdre, d pas un suc lactescent, mais uii liquide incolore ou légèivaietit jaunlK semblable h une solution de gomme arabique ou l'i du blanc à'œo.t,i telle sorte que si l'on s'en tenait â ce seul examen, on |>ourrait croirf un kyste. Ce liquide se comporte chimiquement comme le mucus, c'M à-dire que, précipité par l'alcool concentra, il est redissous par l'addiU de l'eau. Il est bon de savoir que les lumeui's muqueuses, reiirermant dl certaine proportion de substance fondamentale Rbreuse, sont susceptili de donner de la gélatine par la coction.
Histologiquement , les myxomes sont constitués par de grvM cellules allongées ou stellaircs, qui s'anastomosent entre elles etb ment un raseau dans les mailles duquel se trouve comprise la subsUBW tntermédiaira, transparente et gélatinifonne. A ce réseau cellulaire, reoi'^ appai'ent par l'addition d'une solution d'iode ou de carminate d'anuno' niaque, s'ajoutent généralement des cellules plus petites, arrondies 'J isolées, c'est-à-dire sans aucune connexion avec leurs voisines; «"■ f
HVPERPLASIES. 33)
sonl situées au milieu du liquide muqueux. Dans certains cas, au lieu détre cellulaire, fe réseau se trouve formé de véritables faisceaux de Sbrilles conjonctives on élastiques euformant des espaces où se trouvent twlenues la substance muqueuse et les petites cellules rondes (fig. 103). Lk raisseaux, relativement peu abondants, ioat logés dans les cloisons les plus épaisses ; ils contribuent à former les mailles qui rendraient la substance fondamentale.
Le inyxome comporte des variétés assez nombreuses qui se rattachent, les unes à certaines noditications de ses éléments constituants, les mires à la nature même du tissu d'où il émane. Us premières de ces variétés sont multiples. Dus certains cas, les cellules qui constitooit le myxome se chargent de graisse et se ^,^ 103 i*iiui«e.flLr«c. tnuformenten véritables cellules adipeuses, conjanciivea provensni, iw 1» tnmeup prend un aspect marbré et une """'•, "' ,■* '"'' "ï""» ?■'
■^ " muiclei, iBiautrei, 6, il un
l^le blanchâtre ou jaunâtre : c'est le mvxome m;ioinadéTaioppé(jrUfice lijK-leui. D'autres te, la substance" inU,r. Ï^ZÏ.^r'.'.'ï'nrr.; cellulaire est tout à fait molle, les cellules qui nittat de* ima« criauilin) I* composent subissent une dégénérescence ^"«""iw-Gf"- "«■ muqueuse; il se produit dans la tumeur des points liquides, fluctuants, (pli constituent le myxome dit cystoïde. II arrive encore que la substance intefcellulaire, abondante et riche en éléments fibreux, forme des tractus lésisiants, qui rendent le myxome blanchâtre et opaque, et le rapprodienl du fibrome : c'est le myxome fibreux (tumeur fibro-cellulairc de P«ï«l}- Si, enlin, l'élément vasculaire prédomine, et si les vaisseaux, mal soutenus par la substance intermédiaire très-molle, viennent à se dilater (*uàse rompre, le myxome est appelé lélangiectasique ou hémoiThagique. Les secondes variétés comprennent avant tout les myxomes des enve- '''Ppes du fœtus, du placenta notamment, parmi lesquels Virchow fait rentrer la mule hydatiquc. dette altération, rare avec un accouchement 'Iflnie, est au contraire très-commune dans l'œuf humain, lors d'un tTorlement. On observe l'expulsion d'une grosse masse qui semble con- 'i'tnde prime abord en un mélange de sang et de vésicules de grandeur ^*nable; mais en enlevant les caillots, on reconnaît que les vésicules ""ot réunies en grappes et supportées chacune par un pédicule. Ces ^pes adhèrent par de gros pédicules au chorion ou bien seulement au ""eau de l'insertion placentaire, ou bien dans toute l'étendue du *'»ceDta(fig. 104).
AN*TOMtE PATBOLDCIUUI!.
C'est diins les villosilt^s rurmées d'un (issu muqueux renreniunl àa anses vasculaires recouvertes d'épithélium que, suivant Virchow, dèbulc rafTeclion par une mutliplicatton de noyaux et de cellules qui subissent ensuite la métamorphose muqueuse. Le tissu muqueux compris entre le vaisseau central et l'épithélium augmente de volume et conslitnt des masses transparentes et gélatinifonnes, pédiculées, et qui, là oâ
Fie. 104. — Placenla dont les cotjlédoui aiteinli de mjxome formeol de* |rtpf« kjrgliques. a, cavité amniatique (callcuUon du docteur P^n).
se Tonnent une certaine quantité de parties fibreuses, conservent l'api rence d'une simple hyperplasie (myxome fibreux), tandis que pgtU où la substance interceilulaire est muqueuse, elles prennent l'aspect masses kystiques, renfermant un liquide lilant qui donne les réaclioS (le la mucine.
Lorsqu'ils prennent naissance dans la peau el les muqueuses, les mj'ï'*"
BYPERPLA8IES. 333
mes revétCDl h torme papillaire ou polypeusc. Bon nombre de lumenrs connues sous le nom de polypes muqueux, surtout dans les fosses nasales et l'ulérus, ne sont que des myxonies, quelquerois pénétrés de kystes. Toute la cavité utérine, dans un cas qui m'est personnel, se trouvait
FiC. 105. — Mjiome do lu muqueiKO ulérine (tiré Je: VAUin d'anaiomie palkologiqut de Lancorcauï i;l Loi'ln'rbauïr).
envahie par une néoplasic de ce genre (lig. 105). A la surface du péritoine, le myxome revêt souvent la forme papillaire ; c'est ainsi qu'un grand nombi-e de productions jiédiculées, situées principalement au niveau du ligament large et considérées coninie des kystes, doivent être rapportées au myxome. Développée au sein des muscles, cette tumeur altère et détruit le faisceau musculaire; dans les nerfs, elle étouffe le tube nerveux. Parti du périuèvre, le myxomc gagne de proche en proche tout le trajet d'un cordon ou d'un réseau nerveux, à tel point que lorsqu'il suit un trajet ascendant, il peut arriver jusque dans la boile mchidienne ou crânienne. Dans l'encéphale, cette tumeur se localisede préférence sur l'arachnoïde ou
33'l A>,lT0MI1i P.VTlIOLOlilOrE.
la pie-nièrp, principalement au niveau des parois du qualriéme venlrimlf. Jai observé un exemple de cette localisatiuii chez une jeune fille de spiie ans, atteinte de cécité. La lunieur, du volume d'un œuf de pigeon, ocoipait la paroi supérieure du ventricule ; elle avait déterminé des convulsions, des vomissements, de la glycosurie, et en dernier lieu du coma.
Évolution. — Les myxoraes proviennent d'un tissu embrjonnaire ne aux dépens des cellules du tissu muqueux ou d'une autre variété de tissu conjonctif; ils s'accroissent, soit par extension au tissu conjonclif voisin, soit plutôt par la multiplication des éléments de leur propre masse. Ces tumeurs évoluent lentement, mais elles peuvent prendre tout à coup une marche rapide et presque aiguë, surlout si elles sont le siège d'uue riclic vascularisation et constituées par un tissu jeune. Peu exposées aux dcgiiuérescences, elless'enflamnient racilenmont. Lorsqu'elles siègent ii la peia ou dans son voisinage, elles s'ulcèrent parfois. Rarement elles se gênémlisent ou récidivent après l'ablation; en général, elles ne détenuinealni infection, ni cachexie.
Diagnoilic eC pronostic. — Si le diagnostic clinique du niysomo n'osl pas toujours sans diflicullé, par contre, son diagnostic anatomiqur est généralement facile. Celte néoplasie est en eiïet trop distincte des endi}thélioines et des lymphomes pour qu'il ne soit pas possible de l'en sépwr. D'un autre côté, on ne saurait la confondre avec les kystes muqueui, dans lesquels le mucus entre, non plus comme partie constituante du tissu, mais simplement comme produit sécrété.
Lu tumeur muqueuse n'est pas très-dangereuse, si ce n'est par la ^ qu'elle peut apporter au fonctionnement d'organes importants, tels que le cerveau. Dans quelques circonstances cependant, et surtout quand elle se localise aux troncs nerveux, elle a de la tendance à se généraliser.'' le plus souvent aussi elle est l'occasion de vives douleurs. Toutes chws égales d'ailleurs, elle parait d'autant moins grave qu'elle renferme pluf de tissu fibreux ou de tissu adipeux.
La cause intime du myxomc nous échappe à peu près enlièiTnienl; " traumatisme n'est qu'une circonstance étiologique adjuvante. Nous w savons rien de la pathogénie de cette tumeur, si ce n'est qu'elle l'sl uK végétation du tissu muqueux, ou du moins du tissu conjonctif.
A c*Hé des myxomes exclusivement composés de tissu muqueui on myxomes primitifs, il est des tumeurs pailiellement formées par cp lisse. ou myxomes secondaires. En général, ce sont des lipomes, des rhondromes on des fibromes, dont une portion plus ou moins étendue *'"' transformée en tissu muqueux. Il en sera question plus loin.
HVPBBPLASIES. S35
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