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VIII. — Néoplasies vasculaires. — Angiomes

Le tissu vasculaire comprend les systèmes artériel, veineux, lymphatique, capillaires sanguin et lymphatique. Les gros vaisseaux, artères,vd]KS et lymphatiques, quelquefois atteints d'une dilatation avec ou sans épittsissement de leurs parois, ne parviennent jamais à végéter; au contiaife, les systèmes capillaires sanguin et lymphatique, dont la composition e^ infiniment plus simple, peuvent donner naissance à des fonnatioBS anormales, connues sous les noms de nœvus et de tumeur érectUt* Ces formations presque uniquement composées de vaisseaux fèsA par une faible quantité de tissu conjonctif, suivant qu'elles appaitieniKit au système sanguin ou au système lymphatique, se divisent en deos groupes : les aimangiomes, ou tumeurs vasculaires sanguines, et to lymphangiomes, ou tumeurs vasculaires lymphatiques.

Aimangiomes. — Ces tumeurs offrent les différents types de Iransfonnatioii du svstème artériel en svstème veineux . Cette transformation a lieu de fc»

HVPK8PL&SIB8. 38S

manières, ou par l'inlermediaire de vaisseauiL capillaires, ou par le moyen d'un syslème lacunaire, analogue au syslèmc caverneux des organes érectiles; de là deux variélés de tumeurs sanguines : les angiomes simples, capillaires ou téiangiecUisiques, elles angiomes caverneux. En réalité, il n'y a pas de difTérence absolue entre ces deux formes : l'angiome simple n'esl le plus souvent que le premier degré de l'angiome caverneux ; mais comme il ne suliit pa^ toujours la transformation caverneuse, il mérite une élude à part.

Vangiome capillaire (nievus vasculaire, télangiectasie, de t^Ï(, loin, ôyyiTn, vaisseau, et Itraiif, dilatation], Uniquement composé de capillaires et de petits vaisseaux dilatés et flcxueus, se montre sous la forme de tumeur, d'une simple tache ou d'une rougeur diffuse, suivant que la production des vaisseaux nouveaux ou l'ectasie pure prédomine. Sa coloration est d'un rouge cerise foncé ou d'un bleu d'acier, selon qu'il est plus ou moins profondémenl situé dans la peau ou dans les organes. Son volume varie depuis la grosseur d'une tèle d'épingle jusqu'à celle d'un grain de chènevis, d'un pois ou d'une petite amande. La tumeur qu'il forme est plate, légèrement saillante ou polypeuse, tantôt affaissée, lantâl gonflée ; elle est de plus i-éductible, c'est-à-dire qu'elle se vide plus ou moins lentemenl sous la pression, pour se remplir de nouveau dès que la pression a cessé. Dans quelques cas cependant, elle persiste, du moins en partie : c'est lorsqu'un tissu conjonctif ou même un tissu graisseux un peu abondant entre dans la composition de la tumeur. Située à la surface de la peau, cette tumeur siège d'ordinaire à la face, à l'orbite, au cou, et laisse apercevoir, à p,^ i3o. «oiliè anlmeure de 1« Ungue dont l'œil nu, à travers l'épiderme, le bord eilerne b esl le lîi^Re d'un angiome cède petits vaisseaux dilatés et ^erneui, h.

Hexueux. Après l'extirpation et lorsque le sang s'en est écoulé, elle ne présente presque rien d'anormal, à muîus d'être un peu volumineuse, cas dans lequel sa surface de section laisse voir une substance rouge pâle, raolle, composée de petits lobules. Si l'on y pousse une injection, on reconnaît que cette conliguration lobulée résulte de la végétation simultanée des pelils systèmes vascuiaires des glandes sudoripai-es. des glandes sébacées, des lobules gi'aisseux et de» follicules pileux, si distincts les unsdes autres.

38fl ANATOMIE PATBOLOGIUUE.

Dans quelques cas, ces pcliles tumeurs sont accompagnées d'un dév^rloppement considérable du système pileux, lequel paraltêlre sous la dépendance de l'e&cès de sang baignant les follicules pileux. Buiïou a rapporte un exemple de ce genre d'altération et nous en a laissé un dessin. {Sipplémmt, t. IV, p. 399, 1878.) lîn spécimen {f\^. lùOet lùl)non moins remarquable a été présenté k la Société d'anthropologie par M. de Ranse, pov M. Julien, de Lyon, qui l'avait observé dans le service du docteur Dron.

L'angiome ou ntevus vnsculaire est constitué par des capilltirs enlacés et contournés en méandres nu en lire-bouchons, plus rareniffll

el parlie anlérole enfant île quatre le d'angiome piteux {na:vus piloius). Li partie auptrieure des membres et la parlie antérieure du tronc préBerilfenl un épnisiiisement brunôlre de la peau qui est couverte de poils. Sur la face et sur lesextrémiléiinférieuresdesmembret, exiilcDtdepelilei lâches ùaté au liit. de la dimension d'un grnin de beauté, dont quelques-unes seulement présentent des poils.

fW, 111. — Li m£me enfant vue en itriM J Les poils se dirigent presque tous do hii bas et de dehora en dedans: une tai cutanée existe enlre les deux épiulet, ( région des fesses offre plusieurs petites lu» couvertes de poili.

droits et parallèles. Ces capillaires présentent des dilatations régiilii>0> I ampullaires ou cirsoîdes; ils ont des parois très-épuisses cl néanmoi» I assez transparentes, composées presque entièrement, selon Bœckct. '•J petites cellules arrondies renfermant un noyau volumineux. dfMfrl stance qui, jointe à la disposition contournée de ces vaisseaux, potinutl

faire croire à un tissu glandulaire, rt'élait le sang contenu dans leur intérieur.

Les vaisseaux, point dt; départ des angiomes, ont une alruclurc Irèssimple; ce sont des capillaires qui pi'ésenteiitd'itboi'd une dilatation cylindrique bienlAt suivie d'un bourgeonnement de leurs parois et de la formation de nouveaux canaux.

Ainsi se développent, suivant le type physiologique, des vaisseaux capillaires aux dépens des vaisseaux préexistants. Ces canaux sont unis par un tissu conjanctif de nouvelle formation, avec ou sans pelotons adipeux. Plus lard, si des couches de cellules nouvelles viennent à se déposer à leur pourtour, ils peuvent se Iransformer en veines ou en artères.

Les angiomes capillaires ne dépassenlgénéralement pas le tissu conjonclif sous-cutané; ce n'est que par exception qu'ils s'avancent dans les tissus plus profonds, les muscles ou les os. Ils s'accroissent non-seulement par leur centre, mais encore par leur périphérie; ils détruisent plus ou moins profondément les organes qu'ils envahissent, comme les glandes sudoripares ou sébacées, les papilles cutanées.

L'angiome caverneux {tumeur érectile, fongus hémalode ou vasculaire de la plupart des auli forme des tumeurs généralement arrondies, du volume d'un grain de chènevis, d'un pois, d'une

FlG. Itï.— Tronc el membres d'une friiiime qui porto un gnaâ nombre àe. pclilea lumeurs ércclilet Bous-cutanéei, Uiie de cei tumeurs, très- volumineuse, occupe la face interne de la j a aille giuche.

noisette ou d'un œuf, d'une teinte rouge ou bleupAle, élastiques et susceptibles de diminuer sous l'influence d'une pression prolongée (fig. 12ù), LÀiuxiiEÀ.01. — Traité d'Antt. I. — 36

386 ANATOHIB FATHOLOGIQUE.

Ces tumeurs, qui peuveut se goiiller par l'eCTet d'uue émotion ou l'exercice, ont aussi des pulsations plus ou moins nettes. Inci: elles s'atTaîsscnt sur elles-mêmes et présenlenl asscK exactement l'i pect du corps caverneux du pt;iiis; leur tissu réticulé, hlunc, dei résistant, renTenne quelqueioîs par places des caillots rouges, déco-' loi-és, ou même de petites coucréLions rondes calcifiées (phlébolithes). Souvent délimité par une membrane libreuse qui lui forme comme une poche kystique , l'angiome caverneux est d'autres Tois confondu aveCi les tissus avoisinants.

La slructure.de celte tumeur diffère pou de celle du tissu caverneux naire ; elle présente des ca viles ou lacunes communiquant les unes avec autres, à peu près comme les alvéoles d'un lobule pulmonaire. L< circule dans le sysléme alvéolaifc, qui lient lieu de système capillaire, si) qu'il esl ttjliv h-^ m h'ns et les veines (fig. 143). Les cloisons qui cii

scrivent les cavités aréolaii'es sont k mées d'un tissu fibreux plus ou (li'use, pouvant contenir des fibres n-llutes; elles possèdent quelquefois des vaisseaux qui leur servent de vaaa, vasomro, tt dans un cas on y ai vu des filets nerveux. Tapissées d' couche de cellules aplaties, d'apparence fusiforme, semblables k IVodotbélium des veines, ces cavités sont l'emplies par un sang normal, qui s'écoule tout entier par le fait de l'incision, et laisse un alfaissement plus ou moins considéralile de tumeur, suivant la pro|)ortion relal du tissu vasculaire et du tissu fibreux. La prédominance de l'un ou l'autre de ces tissus dans les angiomes constitue des variétés est facile de se faire une idée, mais sur lesquelles nous ne croy( pas devoir insister.

Les tumeurs sanguines caverneuses se rencontrent principalement di le tissu conjonctif sons-cutané, plus l'ai'ement dans ta peau el dans muscles, et presque Jamais dans les os. Au contraire, elles sont fré(|uentes dans le foie (1), surtout à la surface de cet organe; elles

vaaa^ lurai^H l'uiJH

LlUrDKO|liqU(l I

Fie. 143. — Coupe ii^

vere un angtoinc caverneux, r, eE|iacvi cavprneut tapisiÉs par dos cellules endotliélialel; g, globules sanguins remplissant ces espaces.

{!) Dans mu excelleni Traité dei tumeurs, le prohneur Broca considère co trèt^aret 1 Puis lei tumeurs caverneuses hépatiques- Je ne partage pu tout ifl

nypERPLASiES. 387

été observées aussi dans la rate et dans les reins. En général elles sont pour un tissu donné d'autant plus communes que ce tissu est plus vasculaire ; c'est ainsi que les tumeurs vasculaires de la peau sont plus fréquentes à la tète que partout ailleurs.

Rokitansky admettait que le tissu aréolaire qui compose les tumeurs caTerneuses sanguines se développe primitivement en dehors du système sanguin; mais cette opinion, qui ne repose sur aucun fait positif, est aujourd'hui abandonnée. Toute tumeur caverneuse débute par une formation de capillaires qui se dilatent, se confondent avec le tissu fibreux qui les entoure et établissent entre eux, sur plusieurs points, après usure du tissu intermédiaire^ de larges communications qui, finalement, donnent lieu à un tissu aréolaire. Ces faits, sur lesquels Broca et Bœckel insistent avec raison, conduisent à un résultat qui n'est pas sans importance : c est que la tumeur caverneuse n'est pas une variété, mais bien un second degré de l'angiome capillaire simple ou télangiectasie.

Un certain nombre de tumeurs caverneuses s'accroissent lentement, mais d'une manière continue ; d'autres se maintiennent sans aucun changement pendant un grand nombre d'années, pour s'étendre ensuite, sans cause connue ou par suite d'une irritation mécanique. Quelques-unes guérissent spontanément, presque toujours à la faveur d'un travail inflammatoire laissant à sa suite un tissu inodulaire dont le retrait détermine le ratatinement de la tumeur. Ce travail est généralement imité par les chirurgiens qui tentent de guérir les angiomes sanguins.

Ces angiomes sont exposés à subir des modifications diverses. Â côté des concrétions sanguines et calcaires dont les parois des vaisseaux des tumeurs caverneuses peuvent être le siège, il importe de signaler l'existence de kystes plus ou moins abondants, sur lesquels les chirurgiens anglais Hawkins, Holmes Cootes et Bickersteth ont plus particulièrement appelé l'attention. Ces kystes, que j'ai observés une fois dans un MBVus de la face, et trois fois dans des tumeurs caverneuses hépatiques, sont ordinairement multiples, sphériques, transparents, du vohme d'un grain de chènevis ou d'un pois. Ils renferment un liquide séreux ou séro-sanguinolent, et sont tapissés d'une membrane mince, lisse <* brillante, qui indique qu'ils ne sont que des portions de veines ou des lacunes transformées en cavités closes, et devenues le siège d'une absorp- «on et d'une exhalation qui, peu à peu, modifient leur contenu.

I^ tumeurs caverneuses sanguines n'ont pas plus que toutes les tu-

^ cette opinion^ puisque depuis dix ans au plus j'en ai rencontré environ vingt-

meurs conjonctives de tendance à se transformer en tumeurs malipe ce que Ton a dit de cette transformation est vraisemblablement le résuit d'une erreur qui a consisté à prendre pour des angiomes des fibrom ayant des vaisseaux nombreux et dilatés. On sait en effet que lestumeq érectile des os, considérées autrefois comme très-fréquentes, parce qu'c les confondait avec des cancers hématodes (fibromes embryonnain très-vasculaires), sont au contraire fort rares. Pour éviter sembhbl erreur, il suffit de rechercher si dans la tumeur même ou à son pom tour existe un tissu nouveau possédant les caractères du fibrome em brvonnaire ou du carcinome.

Séparés des affections avec lesquelles on a pu les confondre, les angiomes sanguins ne sont aptes ni à se généraliser, ni à récidiver; cequ'oi a dit de leur transformation en mélanomes n'est pas prouvé, et par conséquent ces tumeurs n'ont d'autre gravité que celle qui résulte des désordres locaux qu elles déterminent, compression, atrophie des organes enTironnants. Cependant les tumeurs diffuses peuvent s'étendre à un moment donné et doivent être soumises à une grande surveillance (Broca).

Les angiomes sanguins s'observent à tous les âges, principalement dans la jeunesse, et surtout dans le cours de la vie intra-utérine. Le professeur Depaul estime que le tiers des enfants nés à la Gliniqne d'accouchement de la Faculté ont des taches érectiles plus ou moins larges, sans saillie ou très-légèrement saillantes^ qui disparaissent pour la plupart spontanément au bout de quelques jours ou de quelques mois. Porta, sur un relevé de 151 cas d'angiomes, a trouvé que ces Uunears avaient été reconnues 65 fois au moment de la naissance, 32 fois dans le courant de la première année, UU fois entre un et quatorze ans, et iOibb entre quatorze et quarante ans. L'apparition de l'angiome a donc lien surtout pendant les périodes de formation et d'accroissement du système vasculaire, et ce fait porte à croire que le développenient de ce système joue un certain rôle dans la genèse de cette néoplasie.

La localisation de certains nsevi, de ceux notamment qui s'accompagnent d'une hypertrophie papillaire et que pour cette raison on appela verruqueux, a paru plusieurs fois correspondre à la distribution (te* cordons nerveux, ce qui a conduit quelques auteurs (1) à rattachf leur présence à une influence nerveuse analogue à celle qui engendre te zona et d'autres affections cutanées. Les faits sur lesquels on s'est appaj^

(1) Baercnsprung , Nœvus unius lateralis (Annclen des Chanté Krankenkân^ t. m, p. 91, 95. Berlin, 1863S — Th. Simon de Hambourg, Archiv fur Dermtio^ undSyphiiù, n® 1, 1872.

BTPEHPLA9IBS. 389

pour admellre (■«lie i-elalion, jusiju'ici [leu nombreux, ne soiil pas sans valeur; ils mérileiit au moins de lixer l'allentioii des observateurs,

L'étiologie des tumeurs vasculaires san^culnes est eulièrement incon nue Les idées populaires qui atlribuenl le nte vu s congénital à l'imagination maternelle n'ont pas plus de valeur que celles qui lui attribuent la formation des monstruosités. Il n'est pas de conditions de santé ou d'bérédilé auxquelles on puisse jusqu'à présent rattacher les angiomes congénitaux; et lorsque ces tumeurs surviennent après lu naissance, c'est presque toujours spontanément. Dans les quelques eas où on les a vues se développer j"! la suite d'une contusion ou d'une irritation mécanique, ii y a lieu de croire que le traumatisme a été une simple cause déterminante ; d'ailleurs, la multiplicité des angiomes, chez certains individus, indique manifestement l'existence d'une prédisposition généi'alede la part du système sanfniin-

' /.i/jnpimngiomts. — Le Ijmpbanjçiome (di

FiG. iià. — H,vperp]asie et ditatilion de «alsicaux Ijmph* tiques d'un des ganglioni inguinaux rcpréBstiUs ilani la Sgurc Ida, La pièce, iiijecLée au mercure, est déposée au mutée Dupuylren.

vaisseau}, ou tumeur érectile lymphatique (1), est une tumeur caractérisée par une nouvelle formation de vaisseaux lymphatiques. C'est seu-

(1) Les tumeur) vaacalaircs lymphatiques sont encore détignées sons les nomi de ItfmphaagiKiatie ganglionnaire, lymphanivritme, ailinolymphocèle , lyntphadineelasie.

390 ilHATOUIE PATHOLOCIQLTE.

Icmenl dupuis uni; douzaine d'années que l'attention a êlt- atliiw sur cette aiïeclion souvent diUicile â séparer de la simple dilatation des vaisseaux lymphatiques préexistants, et qui présente deu:i varit-tés correspondant aux variétés de l'angiome sanguin : le hmphangionte simple, ou des réseaux Umpha tiques, et le lymp h angiome caverneux.

Le hmphan^iome simple ou capillaire est une tumeur molle, élasljqae, dépressible, grisùlre, quelquefois semi-transparente lorsqu'elle est su|)e^ liciellement située. Cette tumeur est constituée par des lacis de vaissexui lymphatiques communiquant en général les uns avec les autres, el pouvant s'ouvrir à l'extérieur de façon à laisser écouler de la lymphe. C«s vaisseaux, ordinairement dilatés en chapelet, ont leurs parois épaissies H circonscrites par un tissu tihreux (iig. 1/|C|). Dans quelques cas il exislea

I. — (i.GIanilcE lymphatiques de l'aitie, eonsidjnblemtnl nugoienUes de votuM ^ par la dilatalioa el l'bifpflrpluic des vaisseaux et du sinus lymphatiques ; ti,s\ ' Je section d'une de ces glandes; <■, dcuxpeliles cuncréljonïjaunâltps.

mùmc temps une dilatation des réseaux formés par les espaces lyi phatiques, et même des cavités ou lacunes tapissées jiar un épitliéliuffl en tout semblable à l'éplthélium des lymphatiques normaux ; tnaisct) cavités caractérisent plus spécialement la tumeur lymphatique caver

Le lympbangiome caverneux occupe de préférence les glandes lympW tiques. 11 forme des tumeurs géuéralement recouvertes d'une atroospW'' graisseuse et que, pour celte raison, il n'est pas impossible de coni avec le lipome (lig. lûS). Ces tumeurs, qui pendant la vie laissCTl toml" par l'incision un liquide possédant tous les caractères de la lymphe, sO^ très-différentes d'aspect et de volume suivant qu'elles sont rempli^''

HYPERPLASIES. 391

gonflées par celle lymphe, ou vidées el affaissées après la movl. Elles sont entourées d'une enveloppe fibreuse qui envoie des cloisons dans leur épaisseur, où s'observe tout un système de canaux el de lacunes, disposition qui rappelle à la coupe la texture des tissus érectiles. D'ailleurs les vaisseaux lymphatiques, en pénétrant dans la glande, peixlent subitement leur tunique contractile, tandis que cette même tunique acquiert dans les vaisseaux afférents et efférents une épaisseur considérable (Anger). Dans certains organes non ganglionnaires, la langue en particulier, la tumeur lymphatique caverneuse a la même structure anatomique que la tumeur sanguine, avec cette différence que dans les mailles se rencontre, au lieu de sang, un sérum ressemblant à la lymphe.

Le lymphangiome peut être intra- ou extra-ganglionnaire, et quelquefois les deux variétés sont simultanées et en rapport l'une avec l'autre. Le lymphangiome non ganglionnaire a un siège très-varié. On Ta observé aux lèvres (macrochiliej, à la langue (macroglossie), au cou, à la région sacrée, sur quelques autres points du corps, où il occupe tantôt les parties superficielles, tantôt les parties profondes. Les viscères n'échappent pas à cette néoplasie, dont le rein semble être jusqu'ici le siège de prédilection, et cette circonstance est sans aucun doute importante à connaître au point de vue de la pathogénie toujours obscure de la chylurie.

Le développement des lymphangiomes a été peu étudié ; néanmoins il paraît avoir la plus grande ressemblance avec celui des tumeurs vasculaires sanguines, et se faire aux dépens d'éléments provenant de la végétation des capillaires lymphatiques. Dans un cas rapporté par Georgjevie, il existait autour des vaisseaux lymphatiques un amas de tissu de granulation dont la rétraction, agissant comme un tissu de cicatrice, parut avoir produit la dilatation de ces vaisseaux et leur métamorphose caverneuse. La croissance des tumeurs vasculaires lymphatiques est quelquefois rapide, mais souvent aussi elle est lente ou même s'arrête tout à fait. Leur ablation est rarement suivie d'accidents, leur récidive a été observée (Virchow). On a pu ponctionner impunément le lymphangiome simple ; mais il faut savoir que cette opération n'est pas toujours sans danger, qu'elle a été suivie d'érysipèle, et qu'il est prudent de ne pas toucher aux lymphangiomes ganglionnaires. De même que l'angiome sanguin, le lymphangiome est quelquefois le point de départ de kystes multiples plus ou moins volumineux, rencontrés jusqu'ici principalement au cou et à la région sacrée. Dans certains cas aussi il s'accompagne d'un épaississement fibreux qui peut le faire prendre pour un fibrome.

393 ANATOMIK PATHOLOGIQUE.

Le diagnostic anatomique du lyniphaiigiome roposi? sur la conip sition chimique du liquide qu'il renfeimp et sur les caraclèn* del'épithélium qui tapisse ses vaisseaux et ses lacunes. Son pronostic n'est pas grave ; cependant nous ferons remarquer que les tumeurs ganglionnaires sont généralement accompagnées d'un certain degré d'anémie qui a élé comparée par Anger à la cachexie des individus alleinls de lymphome. Solitaires ou multiples, ces tumeurs ne produisent jamsis rinfection de l'organisme.

Les tumeurs lymphatiques non ganglionnaires sont le plus souveul congénitales, tels sont les lymphangiomcs des lèvres, de la langue, da cou, etc. Les tumeurs lymphatiques ganglionnaires apparaissent d'ordinaire dans te jeune Age, le plus souvent chez des individus soumis A l'iclion des climats chauds.

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JX. — Néoplasies de tissu musculaire. — Myomes.

Le tissu musculaire comprend deux variétés de muscles, les uns à fibres lisses, les autres à fibres striées. Le tissu musculaire à fibres lisses est essentiellement constitué par des cellules contractiles, accolées entre elles à Taide d'une matière homogène et réunies sous forme de faisceaux par une enveloppe délicate de tissu conjonctif et de fibres élastiques.

S9/i ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

Généralement fusiformes, assez longues, cylindriques ou légèremeiv, aplaties, ces cellules, dont les extrémités sont quelquefois divisées, orxt une longueur moyenne de 0"",0/i/i à 0"",0/i9, et une largeur de 0»",0O4 à 0'°°,007. Elles sont formées d'une substance en apparence homogène, quelquefois granulée ou faiblement striée, au milieu de laquelle se trouve un noyau long et étroit, le plus souvent en forme de baguette. La matière qui unit ces éléments échappe à robservation; le tissu conjonctif qui les groupe en faisceaux est traversé par des vaisseaux nombreux qui se distribuent aux faisceaux, et par un petit nombre de nerfs. Le tissu musculaire à fibres lisses se développe par rallongement de cellules arrondies, dont le contenu tout entier se transforme en une substance homogène et contractile. Il existe dans tout le canal digestif dans les parois des vaisseaux, surtout dans la couche moyenne, dans h peau et dans tous les appareils sécréteurs et excréteurs.

Le tissu musculaire strié est composé de fibres ou faisceaux primitifs allongés, cylindriques, d'une longueur de 2,7 à ti centimètres, d'une largeur de 0,009 à 0,060 de millimètre, constitués par une enveloppe homogène, fine, élastique, sarcolemme ou myolemme^ i des fibrilles très-fines, soudées entre elles par une substance interstitidb homogène. Dans cette substance se rencontrent de nombreux corpuscules transparents, disposés par séries entre les fibrilles, et un nombre considérable de noyaux arrondis ou allongés sont situés à la face interne à sarcolemme. Une trame conjonctive, des vaisseaux et des nerfs réunisseÉl ces éléments entre eux, et forment le tissu musculaire strié. Celui-d ss rencontre dans les muscles du tronc et des membres, de Foeil et des oreilkaii dans la partie musculaire de certains viscères, le larynx, le phannit Tœsophage, la langue, le rectum à sa terminaison, les organes génitm bulbo- et ischio-cavemeux, les ligaments ronds ; enfin, dans certaiim parties du système vasculaire, le cœur et les grosses veines.

On sait qu'après la destruction du tissu musculaire par des lésio» traumatiques il survient ordinairement une cicatrice fibreuse. Cepei" dant les recherches modernes nous ont appris que ce tissu a la pW" priété de se régénérer. On voit certaines dégénérescences de h substance musculaire être suivies d'une régénération complète. U périmysium est le principal agent de cette régénération qui se p»* duit d'après un mode assez mal connu, mais vraisemblablemai suivant les lois qui président à la formation normale des musctaî lorsque la membrane enveloppante de la fibre musculaire iï*eà^ plus, la reproduction de la substance musculaire est difficile, sinot impossible.

HYPERPLASIES. S95

Les formations pathologiques des muscles ont été à tort contestées par certains observateurs; les deux variétés de tissu nmsculaire, le tissu musculaire à fibres striées et le tissu musculaire à fibres lisses, peuvent leur donner naissance. Ces formations sont connues sous la dénomination générale de myomes : on appelle rhabdomyomes les néoplasies des muscles striés, et léiomyomes les néoplasies des muscles lisses. Ajoutons que certaines tumeurs présentent des éléments de transition entre ces deux sortes de fibres.

\'* Rhobdomy ornes. — Les formations accidentelles dans lesquelles le tissu musculaire à fibres striées entre comme élément principal et essentiel, sont peu communes ; on en connaît seulement quelques cas, affectant le cœur ou la langue chez les enfants nouveau-nés. L'un de ces cas, rapporté par Recklinghausen , est relatif à une tumeur du volume d'un œuf de pigeon, faisant saillie tant à Tintérieur qu'à Textérieur du cœur. Deux autres cas ont été vus par Virchow. Un fœtus de huit mois, mort-né, et un enfant nouveau-né, présentèrent l'un et l'autre dans les parois du cœur de petites tumeurs arrondies et plus ou moins saillantes, composées de fibres musculaires striées, plates, parsemées de gros noyaux et d'éléments conjonctifs; la mort avait été le résultat de lésions syphilitiques disséminées dans plusieurs organes. L'altération congénitale de la langue connue sous le nom de macroglossie est quelquefois formée par l'hyperplasie des fibres musculaires de cet organe. Le cœur et la langue sont jusqu'ici les seuls organes où l'on ait observé, chez l'enfant, le myome à fibres striées; cette tumeur était congénitale.

Il n'est aucun fait absolument certain de myomes à fibres striées chez l'adulte. Cependant Buhl aurait observé deux individus adultes portant, l'un dans le muscle pectoral, l'autre dans un des muscles du dos, des tumeurs composées de fibres musculaires jeunes; mais il n'est pas prouvé qu'il n'y ait eu erreur sur la nature de ces éléments, et que des fibres musculaires anciennes et atrophiées par la présence d'une tumeur n'aient été prises pour des fibres jeunes et en voie de développement. Reconnaissons toutefois que le tissu musculaire strié peut entrer comme élément accessoire dans la composition de tumeurs de diverse nature. Virchow a trouvé des fibres musculaires striées de nouvelle formation dans le stroma fibreux d'un kyste ovarien Rokitansky, Billroth et Senftieben, dans des tumeurs du testicule ; Lambl dans le stroma d'un carcinome du tibia ; Wolkmann dans une tumeur de la cavité rachidienne d'un fœtus. J'ai de mon côté rencontré ces mêmes fibres dans une énorme tumeur d'aspect encéphaloïde, située dans

3M ANATOKIR PATHOt-OfilOOE.

le canal rachidien d'uD itouveau-ni^. Il n'en est pas moins vrai <|ue te I développement des tumeurs musculaires striées sur des points t n'existe pas de muscles à l'étal normal est un phénomttne des rares, car, ii part les cas de tumeurs cân^énilales, les Formations de libi musculaires striées n'ont été rencontrées que dans des altérations de; ticules et des ovaires.

H' Léiomyomtt. — Le tissu musculaire k bbres lisses, comme le tissti-4 musculaire à libres striées, peut faire partie de tumeurs congénitales di- | verses, plus ou moins malignes, et, de même que ce dernier, être l'élément principal de certaines formations accidentelles. Ces formations se présentent sous l'apparence de tumeurs rondes ou ovales, lisses uu légèrement tobulées, d'un volume très-variable, souvent celui d'uii« noisetle ou d'une noix, d'une consistance ferme, ou même cartilagineuse. ] sont presque toujoui's circonscrites, entourées d'une capsule de tissu conjonctif, plus rarement dilTuscs et perdues au milieu des tissus voîsim. Leiu surface de section est lisse, parsemée de traînées librillaii'es,gris&tres,l] nâtres ou blanchâtres, quelquefois disposées sous forme de cercles conce triques autour d'un noyau commun. Dans leur substance entre, eu mtx. temps que des fibres musculaires lisses ou fibres-cellules, une substani conjonctive librillaire, plus ou moins aliondante. Fortement accolées e elles, et très-difficiles à séparer, les tîbres-c Iules, de dimensions assez égales, munies d ou deu!c noyauv allongés, forment des faisceauSi! très-élégants, disposés au sein d'une Ira Hbreuse plus ou moins épaisse ;fig. tù6). vaisseaux peu nombreux s'ajoutent à ces é ments, et leur dilatation, dans quelques t donne à la tumeur une apparence de tissu a neux (niyome télangiectasique) . Les organes ai sein desquels se rencontrent ces tumeurs renf^v^ ment toujours du tissu musculaire à fibres lisses.;! Ln léiomïomrMbm ^''^ P'"* "mpoi'"'n's Sont l'œsoptiape, resloniaei.+ muacuiairetlisEvs, viiBiiians l'intestin, la prostate et surtout l'utérus. On] Ir^i^M'^Xcrnb^r"'; ^«'^ ■"'^■■^ coslumeurs se développer sous.j n, aréoieideiitsuconjonctir. la peau, aux endroits OÙ existent des fibre* 1 lisses, et notamment au niveau des dartos, dans les boui-ses chez l'homme' j (fig. 147) et les grandes lèvres chez la femme. Quelques auteurs, prJDcipft-' lement Billroth et Hiiidlleisch, se refusent à considérer comme des myotnee .' les tumeurs décrites sous ce nom. Itindlleisch soutient que les élémenlt.

Fie. idc-

HYPERPLASrES.

désignés sous le nom de libres-cellules ne sont qu'un de^ré dans ia sérîi' évolutive des cellules du lissu conjonclif, lesquelles peuvent rester slationnaires ou se transformer en tissu conjonclir. Mais si, indépendamment des caractères propres des tumeurs, on tient compte de leur point de départ spécial dans les organes musculeu\, on est naturelle-

7, — L^ian^yam^ (fônéraliSf prineipale. /, f , teMiciiles. {D'après VAtlaa dau et Lackerbauer.) Le deiiiii microscopique de MX

ment conduit it les considérer comme des végétations des muscles, tout en reconnaissant qu'à cAté des éléments musculaires il existe toujours des éléments de tissu conjonctif jeunes ou adultes.

Le déveluppement des myomes n'est pas très-bien connu; cependant il est probable que ces tumeurs naissent d'un tissu embryonnaire dont les cellules se transforment en éléments contractiles. Leur accroissement se Tait surtout aux dépens de la masse primitive, sans doute aussi par la formation de masses nouvelles, ce que semblent indiquer les nombreux nodules qui entrent dans la composition de ces tumeurs.

Les myomes à libres lisses, uniques ou multiples, sont généralement

enkystés, et ne se propagent guère aux parties voisines; dans quelques

cas cependant, ils paraissent pouvoir infecter l'organisme. Mon Atlof

L d'anatomie pathologique renrei-mc un fait qui vient à l'appui de cette

I manière de voir. Ces tumeurs évoluent d'une façon lente et progressive ;

398 ANATOMIE PATaOLOGIQUE.

et quelquefois, au lieu de continuer de s'accroître, elles restent slatî^^ naires. Ellos ne disparaissent pas spontanL-ment, mais elles peuvent ^(n expulsées par les contractions de l'organe qui les renferme {(ig. 14(i). Ce fait n'est pas exlri?inement rare pour les myxomes utérins ; \e pj^

Fie, 118. — LéEomïomc expulsé du vagin d' il g'élaii iraiiemblablemenl développé, i expulsion.

souvent on trouve ces tumeurs simplement engagées dans le musmu de tanche (fig. 1^9), d'où il est facile de les extraire. Les tumeurs muscuUii»' lisses ont d'ailleurs peu de tendance à subir la dégénérescence graisseuse, du moins elles ne sont qup terdivcment envahies par cette dégénérescence, qui leur faitpreodn' une teinte jaunâtre et learamidlit. Quelquefois elles a'intillnnl de sels dechaux (dégénéreiceDW calcaire) ; c'est alors qu'elle* {constituent ce qu'on a appelé h pierres de l'utérus. Elles soul peu exposées à l'inflamDaaliw el Ji la gangrène ; du moins ces riG. i.'iii. — i,.i.'(.i>"iiir ,!.■ 1 iilerus cnïoied'M- complications V ont été «répulsion et fmtaiil siillie a lr:ivers le tnuaenu de '^ ^ taache. ment constatées.

Les causes des myoniHs sont jusqu'ici peu connues; car dire que ces tumeurs se développent sous l'inlltiencc d'un état diathésiquo, ce n'est rien expliquer, puisqu'il m^ k chercher pourquoi el comment s'est produit cet état. Les pklegniasK^ chroniques des membranes muqueuses semblent jouer dans la production de ces formations le rflle de cause déterminante. Comme ta plupirl des tumeurs conjonctives, les myomcs surviennent pendant l'âge adulte; ceux de l'utérus apparaissent au moment où cet organe vient d'acquérir son complet développement, plus encore qu'à l'époque de la ménopause.

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§ 2. — Néoplasies des tissus provenant des feuillets externe et interne du blastoderme. — néoplasies épithéliales et nerveuses.

Les tissus épithéliaux, formés de cellules arrondies, cylindriques ou polygonales, intimement unies entre elles (voy. p. 283), tapissent en couches d'inégale épaisseur les surfaces extérieure et intérieure du corps, les culs-de-sac glandulaires et leurs canaux excréteurs, c'est-à-dire la peau et ses dépressions multiples, toutes les muqueuses du tube digestif et leurs glandes, la surface interne des organes de la respiration jusqu'aux lobules

AOO ànatomie pathologique.

pulmonaires, la surface interne des organes génilo-urinaires, et quelques autres parties complètement séparées des précédentes, comme les ventricules cérébraux, les cavités de l'œil et de Toreille. Les poils et les ongles, appendices de Tépiderme, appartiennent encore à ce môme groupe de tissus, dont la grande extension fait déjà pressentir l'importance pathogénique. Moins disposés que les tissus conjonctifs à se multiplier et à végéter, les éléments des tissus épithéliaux sont néanmoins le point de départ de formations ou tumeurs diverses, dont les unes restent toujours locales . tandis que les autres ont la plus grande tendance à se généraliser el i infecter l'organisme. Constituées par un tissu dont la structure ne diSèr^ pas sensiblement de celle du tissu normal, les premières sont dites homologues, homoplastiques ou typiques. Formées par un tissu un peu différent quant à l'arrangement et à l'évolution de ses éléments, les secondes sont dites hétérologues, hétéroplastiques ou atypiques; elles comprennent toutes les aiïections véritablement cancéreuses. L'élude intéressante de ces dernières fera suite à celle des tumeurs épithéliaies homoplastiques, puis viendra la description des néoplasies nerveuses.

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